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Connaissance de soi (23)
Question de @amande :
J’ai, avec deux amies, crée une agence d’évènementiel. Leurs attitudes, leurs reproches et leurs jugement envers mon travail sont toxiques mais je n’ose pas me défendre. J’ai perdu confiance en moi et ne parviens pas à être moi même face aux autres.
Pourquoi ai-je si peur du conflit ?
Merci de votre réponse.
Mes pistes de réponse :
Remarquez que nous vivons dans un monde duel, et que s’il y a deux, deux sont nécessairement différents, comme le disent les Upanishad.
La première chose à envisager est que le conflit est la conséquence de la loi de la différence. Compte tenu de nos caractéristiques propres qui diffèrent de celles des autres et quelle que soit notre bonne volonté, nous entrerons nécessairement en différence, en opposition avec les autres.
Comme l’affirmait Héraclite : « Le conflit est le père de toute chose. » Ainsi quand la vie advient dans la dualité, les contradictions jaillissent. Héraclite disait aussi : « L’homme ne saisit pas qu’en se contredisant, les choses s’accordent. »
À la fin de l’hiver les forces de vie du crocus qui se réveille sont en conflit avec les forces de la terre encore gelée.
De même que parvenue à un carrefour de votre promenade avec un ami, il arrivera que vous aurez le désir d’aller à droite et lui à gauche.
Dès lors la vraie question n’est plus conflit ou pas conflit puisqu’il est la nécessité de la différence, mais la manière dont nous allons le gérer, dans le respect de soi-même et de l’autre, dans l’échange et la négociation, ou dans la violence.
Beaucoup de personnes s’éliminent elles-mêmes en ayant peur de se défendre parce qu’elles ne se reconnaissent pas le droit à être qui elles sont. N’ayant de cesse de mettre en regard ce qu’elles sont et ce qu’elles pensent devoir être, elles se divisent, créant ainsi un conflit à l’intérieur d’elles-mêmes.
A contrario, la personne qui est devenue qui elle est respecte sa spécificité sans que la différence de l’autre ne lui fasse peur.
L’harmonie n’est rendue possible qu’à celle qui se respecte donc – comme vous l’avez senti – parvient à être elle-même.
À vouloir vous entendre avec tout le monde sans faire de vagues, vous courrez le risque de ne vous entendre avec personne. Quel autre choix avez-vous que celui d’assumer – coûte que coûte – ce que vous êtes, et ce que vous désirez ?
En effet, vous semblez être en mauvaise relation avec vous-même, il vous faudrait investiguer à partir de cette mauvaise relation, cette non confiance en vous-même. Sans doute avez-vous moins peur du conflit que vous n’avez peur de vous-même ? Comment auriez-vous appris à vous méfier ainsi de vous-même ? Cela parle à coup sûr de votre éducation. En fait, pour vivre et trouver l’équilibre, vous ne pouvez compter essentiellement que sur vous-même.
Pour aller plus loin, vous pouvez faire le test : Êtes-vous au clair avec les notions de conflit et de violence ? lire : Du conflit à l’art de l’esquive ainsi que : Comment gérer l’agressivité et la violence dans la relation d’aide ? et consulter la fiche pratique : 14 points pour régler ses conflits sans se perdre
Question de @ida :
Je ne termine jamais ce que j’entreprends. Un jour ma motivation disparaît comme si elle n’avait jamais existé et j’abandonne pour me lancer avec passion dans un autre projet qui finira de la même façon.
Pourquoi ?
Que faire pour changer ça ?
Mes pistes de réponse :
Pour comprendre ce que vous vivez, il vous faut d’abord admettre que vous n’êtes pas entière mais multiple. Quand vous dites « moi », remarquez que ce moi qui vit dans l’insatisfaction permanente n’est jamais rassasié, contraint par toutes sortes de tendances qu’il ne connaît pas lui-même, il n’est pas unifié mais composé de parts qui s’ignorent mutuellement et cela d’autant plus qu’elles évitent soigneusement de se rencontrer.
Un exemple banal : en rentrant de vacances, insatisfaite que vous avez été de votre corps sur la plage, vous décidez de commencer la rentrée en pratiquant gym ou yoga une vingtaine de minutes tous les matins. Quelques mois plus tard, votre motivation nettement affaiblie, vous vous permettez des incartades à votre entrainement pour finir par trouver sincèrement qu’avec la grisaille ambiante, il est préférable de rester au lit le plus longtemps possible le matin en ne faisant plus ni gym ni yoga. Au premier jour des vacances prochaines, vous voici de nouveau déçue en regardant votre corps…
L’être humain manque de constance parce qu’il ne sait pas ce qu’il veut. En lui, c’est le dernier qui a parlé qui a raison, et c’est ainsi qu’il devient la victime de ses propres engouements. Une part de lui-même prend une décision sans même avoir conscience que d’autres aspects de lui-même ne sont pas du tout favorables ou même franchement hostiles à cette même décision.
Si vous vous laissez gouverner par des parts minoritaires de vous-même qui prennent soudainement le pouvoir et vous passionnent, il faut vous attendre à des revirements, à des coups d’état permanents à l’intérieur de vous-même. Opportunité pour vous de vous fustiger en vous jugeant inconséquente et velléitaire.
En vous présentant comme lasse de vous-même, vous créez en vous une nouvelle division. Or votre capacité à trouver en vous-même la force de changer vos comportements, ne peut que passer par des moments de rencontre avec vous-même qui aboutiront à des réconciliations.
Si nous n’avons pas besoin d’être à 100% de nous-mêmes pour prendre et tenir une décision, nous avons, en revanche, besoin d’une certaine lucidité et bienveillance. Nous connaissant, sachant ce que nous voulons, mais également ce que nous ne voulons pas, il sera plus facile d’aller dans ce sens.
Qui donc êtes-vous ? Celle qui ne mêne pas ses projets à leur terme parce qu’elle en est lasse ou celle qui aspire à les poursuivre ? Qui, en vous, abandonne pour se lancer dans un nouveau projet ? Qui, en vous, aspire à persévérer ?
D’où provient votre motivation ? D’un devoir dont vous parvenez à vous lasser ? Ou de votre créativité à laquelle vous ne parvenez pas à rester fidèle ? Quelles sont les causes véritables de vos dispersions ? Par quelle part de vous-même vous faites-vous manipuler pour ne pas parvenir à la constance ?
Tant que vous n’entreprendrez pas un véritable travail de connaissance de vous-même qui vous permettra de vous découvrir dans votre profondeur afin de devenir « entière » et réconciliée avec vous-même, vous vous condamnerez à rester à la surface des choses, perdue et dans l’insatisfaction.
Pour aller plus loin vous pouvez lire : Accompagnement à la pratique du travail sur soi ainsi que La division contre soi-même
Merci pour cette réponse. Je n’avais jamais vu les choses sous cet angle.
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Question de @nan :
Pouvez vous m’éclairer ? Une connaissance me répond souvent : pourquoi pas. Que signifie cette réponse ? N’est-elle pas intéressée ?
Mes pistes de réponse :
A priori en effet, « pourquoi pas » montre que votre interlocuteur à bien peu le désir de ce que vous lui proposez.
Mais les choses ne sont pas toujours si simples, certaines personnes timides et inhibées n’osent pas s’exprimer, elles n’osent pas choisir.
Celui où celle qui – otage de sa peur – n’ose pas exister pour lui-même, dire et affirmer ses goûts, s’efface.
« Pourquoi pas » peut ainsi être une alternative à oser prendre position en disant oui ou non ou en mettant des limites à une proposition.
Cela met dans ce cas en évidence une personne frileuse incapable de prendre position et qui en conséquence veut se dégager de votre proposition en vous renvoyant la balle… Pourquoi pas vous laisse le choix.
« Pourquoi pas » est ainsi très proche de « c’est comme vous voulez » expression chère aux personnes qui – parce qu’elles ne veulent pas perdre – craignent de choisir.
Il peut être intéressant pour vous d’observer ce que le « pourquoi pas » de l’autre créé chez vous. Acceptez-vous volontiers de vous retrouver à l’initiative de votre proposition ou vous sentez-vous vous aussi dans le malaise de devoir choisir parce que l’autre vous fait faux bond ?
Pour aller plus loin vous pouvez lire : Consentement, responsabilité et respect de soi-même, ainsi que Ressentiment ou responsabilité.
Merci, c’est plus clair pour moi.
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Question de @claire :
J’ai cette volonté d’être une personne meilleure, et je souhaite le bon à tout le monde, mais force est de constater que lorsque une personne réussie, j’ai des difficultés à me réjouir pour elle. Quand je réussis quelque chose je veux garder pour moi ce qui m’a permis de le réussir, comme si, on pouvait me le voler, comme si la réussite de l’autre pouvait effacer la mienne.
Je m’en rends compte et je voudrais être heureuse pour les autres sans amertumes.
Mes pistes de réponse :
On peut tricher avec tout le monde sauf avec soi-même, et vous ne trichez pas avec vous-même quand vous constatez avec lucidité que des forces à l’intérieur de vous s’opposent manifestement à ce que vous voulez dans votre profondeur.
Ainsi, la fausse loi à laquelle vous semblez vous soumettre est de croire que si vous vous réjouissez du bonheur de l’autre vous allez vous appauvrir.
Il semblerait que ce soient des aspects de vous-même actifs – liés au ressentiment et à la rancœur – qui vous condamnent à y croire.
Vous vous sentez donc inconsciemment et constamment menacée, en rivalité avec les autres (comme si cette rivalité était nécessaire à votre survie.) Il vous faut chercher contre qui vous ressentez le besoin d’en découdre ?
Votre travail est de parvenir à vous réunifier, à tout accueillir en apprivoisant éventuellement votre honte à le faire : il n’existe pas de lumière sans ombre.
Si vous parvenez à cette réunification, au fur à mesure de votre détente, vous serez de moins en moins dans la rivalité vis-à-vis des autres et vous parviendrez peu à peu à leur souhaiter le meilleur sans que ce meilleur ne vous fasse de l’ombre à vous.
Que devriez-vous redouter, l’essentiel n’est-il pas acquis puisque vous souhaitez devenir une personne meilleure ?
C’est la manière intelligente dont vous vous servirez de la compréhension fine de vous-même et de vos mécanismes inconscients à l’œuvre qui vous permettra d’avancer de façon à ne plus avoir besoin de l’amertume.
Pour aller plus loin, vous pouvez lire : Comment enlever toute trace de méchanceté dans mon cœur ? ainsi que L’ombre travaille au service de la lumière
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Question de @fabio :
Comment savoir qu’une action est spontanée et sans intention personnelle ? Qu’est-ce que l’action juste dans l’instant ? Pourriez-vous partager un exemple que vous avez vécu ?
Merci.
Mes pistes de réponse :
Chercher le critère d’une action juste dans le présent, c’est commencer par apprendre à différencier une action d’une réaction.
Dans la réaction, vous êtes identifié à votre égocentrisme, c’est-à-dire identifié à vos penchants comme à vos aversions. Dans la réaction, il vous est impossible de tenir compte de l’autre, puisque c’est le « moi exclusif » qui par définition commande.
A contrario, l’action juste vous demande de tenir compte de l’ensemble de la situation dont l’autre fait intrinsèquement partie, ce n’est donc plus le moi exclusif qui fait la loi.
C’est donc en fonction du but que vous vous donnerez à vous même, donc de vos motivations à agir, que vous parviendrez à déterminer si votre action est juste ou non.
Pour ce faire, plutôt que de vous posez la question : « Qu’est-ce que je veux ? De quoi ai-je besoin ? », vous pouvez vous poser plus largement la question : « Qu’est-ce qui m’est demandé ? » C’est ainsi que vous vous aiderez vous-même à composer avec la totalité de la situation dont les autres font partie.
Prenons un exemple dans la vie quotidienne. J’apprends qu’il vient d’avoir lieu un séisme dans une partie du monde, des milliers de personnes sont blessées et sans abri, sans compter les morts. J’estime qu’il est de ma responsabilité (donc qu’il m’est demandé) de faire rapidement un don généreux, en même temps que tenant compte des moyens qui sont les miens, à une association caritative.
Autre exemple, imaginons que je voie mon fils s’énerver ouvertement devant moi contre son enfant, sûr de sa maladresse, j’ai très envie de lui faire une remarque critique. Je me souviens de prendre en compte l’ensemble de la situation (désavouer un père devant son fils est à coup sûr maladroit parce que cela risque de le blesser.) Je contrôle donc ma remarque en la gardant pour moi.
Vous sentirez par vous-même que vous avez agi justement, à la mesure du sentiment d’équilibre (entre trop et trop peu) et de paix intérieure que vous ressentirez après avoir agi.
Pour aller plus loin dans le ressenti de la juste attitude, je vous invite à lire le partage de Martine et ma réponse : Comment gérer le désespoir d’une femme qui vient de perdre sa mère ?
serait ce le que votre volonté soi faite des crétiens ou le oui d arnaud desjardin ?
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Question de @marie :
Bonjour,
63 ans, enfant non désirée, abusée par un oncle vivant chez nous, élevée par des parents se souciant peu de moi. Grâce à une longue thérapie, j’ai compris le pourquoi de mes actes et réactions. Mais mes réflexes de défense, de protection disproportionnés persistent.
Vous dites que les émotions enfouies doivent être « vécues » pour être « dépassées ». Mais, concrètement, comment faire ? Comment faire passer l’acceptation de ce qui a été, du cerveau « aux tripes » ?
Merci beaucoup.
Mes pistes de réponse :
Le travail est de parvenir à vous réconcilier avec la part de vous qui a été si douloureusement blessée (et qui refuse jusqu’à ce jour de l’avoir été.)
Comprendre le pourquoi de vos actes est insuffisant, il vous faudra aussi comprendre que derrière le pourquoi de certaines de vos réactions, se cache encore la peur et peut-être la colère, autrement dit des émotions encore non exprimées parce qu’interdites. Vos réactions sont le produit du refus de ce que vous avez vécu dans le passé.
Pour se faire il vous faudra commencer non pas par comprendre avec la tête mais par voir avec les yeux du cœur et pour cela vous entraîner à avoir le goût de la vérité : le goût des choses telles qu’elles sont.
C’est à partir de cet entrainement que vous parviendrez un jour à « accepter » avec la totalité de vous-même ce que vous avez vécu donc à faire en sorte que votre passé ne laisse plus de trace en vous.
C’est un travail long et exigeant que celui de s’ouvrir à sa propre souffrance : sentir les choses avec la vulnérabilité de son cœur pour soi-même. C’est une alchimie intime et c’est votre cœur qui doit se rapprocher de vous-même d’abord. La compréhension viendra naturellement après.
« Voir1 », c’est dissiper l’illusion, l’esprit veut des recettes, on ne peut se réconcilier avec ce qui a été qu’en « voyant » inconditionnellement la réalité telle qu’elle est.
Par exemple, réussir à accepter n’avoir pas été désirée revient à consentir un jour à ne plus en avoir besoin, notamment parce que ce qui est certain c’est que vous avez été désirée par la vie puisque vous êtes vivante. Personne ne peut créer de toutes pièces un tel consentement, il s’agit de s’ouvrir à l’évidence, de vous laisser toucher par ce qui est là, pas loin, tout près de vous.
Pour ce faire, prenez-vous pour une chercheuse, il faut que vous parveniez à vous rencontrer d’une manière nouvelle de façon à vous accepter totalement.
Pour aller plus loin, vous pouvez lire : Esquiver ou digérer ?
Note :
1. À propos de « voir », lisez : Dissiper l’illusion, pour découvrir ce qui empêche de voir, lisez : Le Mental
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Question de @whiteporpoise :
Monsieur,
Merci énormément pour les étoiles que vous rayonnez.
Face à un patron qui s’en prend à moi injustement, je reste paralysée incapable de répondre. J’ai l’impression d’être une petite fille.
J’ai beau avoir compris ce qui s’était passé dans mon enfance, l’histoire de mes parents, je reste incapable de réagir quand on me gronde comme une petite fille.
Comment parvenir à surmonter cette soumission ?
Que Dame Nature vous emmène dans sa valse sémillante et joyeuse.
Mes pistes de réponse :
S’il n’y a pas d’effet sans cause, c’est la connaissance de soi-même qui permet de connaître la cause de nos comportements.
C’est ainsi que le comportement de votre patron réveille en vous une petite fille interdite et terrorisée qui n’a jamais pu s’exprimer et qui a appris à se soumettre pour survivre.
Cela signifie qu’en vous faisant une remarque, votre patron vous oblige à redevenir la petite fille que vous n’êtes plus et cela parce qu’elle n’a jamais été véritablement entendue jusqu’à ce jour.
Tant que votre histoire n’a pas encore été émotionnellement mise au jour, elle vous hypnotise. Des émotions interdites restent dangereusement enfouies à l’intérieur de vous qui – tant qu’elles ne se sont pas exprimées – vous empêchent de vous défendre, au minimum de répliquer.
C’est un travail psychothérapeutique qui vous permettra de rencontrer pour les apaiser, des parts de vous-même qui vous obligent à des comportements que vous ne voulez plus.
Pour aller plus loin, vous pouvez lire : Comment parvenir à ignorer une personne qui nous fait du mal ?
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Question de @kriss :
Il y a de nombreuses circonstances ou je me sens victime, pas légitime, ce qui me rend triste. J’ai beau accueillir ce sentiment et souhaiter le traverser pour trouver la quiétude, je ne sais pourquoi je n’y parviens pas… peut-être ne dois-je pas « vouloir » trouver la quiétude et que c’est elle qui me trouvera ?
Mes pistes de réponse :
Ce n’est pas tant votre aspiration à la quiétude qui est problématique (elle est légitime), que la manière dont vous vous y prenez pour y parvenir.
A vous lire, j’ai le sentiment que votre émotion de tristesse est la conséquence de la manière dont vous refusez de vous sentir victime en vous jugeant de l’avoir été.
C’est certainement le plus difficile pour une personne qui a été la « victime » d’une autre, d’en convenir en le reconnaissant, et pourtant ce qui s’est passé s’est passé.
Il va vous falloir parvenir à envisager que par définition une victime n’a rien fait de mal.
C’est donc en prenant appui lucidement sur ce qui s’est passé (en le reconnaissant plutôt que de courir le risque de vous infliger une double peine en en ayant honte), que vous parviendrez petit à petit à traverser complètement votre sensation d’avoir été une victime, sans plus ressentir le besoin de vous juger.
C’est après avoir traversé cette sensation que vous parviendrez à trouver l’équilibre et la quiétude. A contrario, tant que le fait d’avoir été victime vous fait réagir en vous rendant triste, vous entretenez inconsciemment votre blessure qui ne pourra donc pas cicatriser.
Pour aller plus loin, vous pouvez lire : Ressentiment ou responsabilité.
Bonsoir,
Merci encore pour votre réponse.
Je comprends qu’il ne convient pas seulement de vouloir traverser son sentiment de tristesse mais le ressenti d’avoir été une victime afin de trouver la quiétude derrière la couche d’émotion.
Le souci pour moi doit sans doute être qu’intellectuellement je pense l’avoir été mais que le ressenti ne vient pas vraiment. Donc j’en déduis qu’un travail de conscience est à faire à ce niveau.
Merci
Bonjour,
Je repense souvent à votre réponse mais en ne sachant pas trop comment je dois avancer sur le mot de “victime” d’où ma question :
“comment “savoir” si j’ai été ou suis réellement une victime lorsque mon entourage (mère, soeur et restant de la famille), en apparence ne comprend pas mon malaise et a tendance à penser que c’est mon “caractère” qui est ainsi, que je suis née avec un fort et mauvais caractère … que je suis “un peu spéciale”. Cela n’a pas été dit clairement mais bien insinué, et comme je les vois tous, autour de moi continuer (de vivre normalement) comme si de rien n’était en me laissant dans mon mal être, pour cela parfois j’ai l’impression d’être dans le brouillard, même si je sens au fond de moi que j’ai été malheureuse …
C’est ce que je voulais rajouter.
Merci à vous
Bonjour,
J’y vois beaucoup plus clair, votre réponse me permet d’avoir une nouvelle compréhension de la situation et j’en ressens une véritable joie intérieure.
Merci,
Bien à vous
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Question de @coucou :
Que signifie le fait d’avoir des envies de meurtre à l’égard de ses géniteurs quand on a soi-même atteint l’âge de 60 ans ?
J’ai déjà ma petite idée.
Mes pistes de réponses :
Bien sûr que vous avez déjà votre petite idée, vous vous doutez que vos pulsions ne tombent pas du ciel, puisqu’elles sont la conséquence de ce que vous avez vécu dans votre histoire et en particulier dans votre enfance.
Vos envies de meurtre vous mettent à l’épreuve de votre culpabilité et de votre mauvaise conscience qu’il va vous falloir affronter.
À partir de ce travail, vous allez pouvoir vous questionner, quoi que vous en pensiez, quelles qu’ont pu être les horreurs que vous avez pu vivre dans votre relation avec vos géniteurs. Est -il juste pour vous de tolérer indéfiniment d’être la proie de pulsions dont l’origine ne vous appartient pas.
Comme n’importe quelle autre personne, il est juste que vous aspiriez à l’amour et à la paix, vous avez le droit de ne plus devoir crier la nuit à l’occasion de vos cauchemars. Cela passe certainement par la mise au jour de vos pulsions de meurtre à l’égard de vos géniteurs.
Pour aller plus loin, vous pouvez lire : Oser la colère, oser être vrai avec soi-même
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Question de @beatrice :
Au fil du temps, j’ai l’impression d’anesthésier mes sentiments sauf la rage et même la haine qui m’envahissent et m’empoisonnent au point que mon âme peut me paraître défigurée.
Mes problèmes anciens sont récurrents.
Que faire ? Merci.
Mes pistes de réponse :
Oui, comprenez qu’une personne blessée vit dans la peur d’elle-même, c’est ainsi qu’elle peut en arriver à anesthésier ses sentiments, à se blinder pour tenter de moins souffrir en ne les montrant pas, c’est à partir de là que peuvent apparaître les émotions de rage et de haine.
Si « votre âme vous paraît défigurée » ne serait-ce pas simplement parce qu’une part de vous-même a conscience de ce qui se joue en vous et le reproche à la part de vous-même qui a peur ?
Ne vous accablez pas, n’en rajoutez pas contre vous-même, vous faites « comme vous pouvez. »
Commencez toujours par la réconciliation (avec vous), pour aller vers l’acceptation. Après (et après seulement), viendra la compréhension (c’est dans cet ordre que les choses fonctionnent.)
Donc « acceptez » d’être – pour le moment – la proie de la rage et de la haine, et en même temps sentez comment vous allez vous y prendre (comment vous allez vous faire aider), pour prendre en compte vos « problèmes anciens » qui ne sont récurrents que parce qu’ils n’ont jamais été mis au jour.
La pratique du déni ne fait qu’amplifier l’étouffement de la part de vous qui aspire à la paix et qui vit l’insupportable.
Laissez tomber vos jugements sur vous-même et prenez le risque d’écouter ce que murmure votre âme. Comme chaque être humain, vous portez en vous-même ce que l’écrivain Yvan Amar nomme un « chant de création », exprimez-le, osez vous laisser inspirer par lui.
Pour aller plus loin, vous pouvez lire : Pourquoi un travail thérapeutique ?
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Question de @oumyahia :
Comment prendre son envol à l’âge adulte si enfant nous étions rejetés, humiliés, rabaissés ajouté à cela un mutisme handicapant ?
Mes pistes de réponse :
La première chose c’est de comprendre que vous avez besoin de vous rapprocher de vous-même : vous n’êtes pas ce que l’on vous a dit que vous étiez.
Pour le moment vous êtes la proie d’un phénomène d’identification à ce que l’on vous a fait croire et subir. Et c’est « normal » un être humain qui a été constamment humilié et rabaissé aura une énorme difficulté à croire en sa valeur. Votre mutisme est vraisemblablement la conséquence de votre peur de « prendre votre place. »
Comprendre cela est immense parce que ça vous permettra de mettre en doute vos propres croyances maltraitantes sur vous-même. Mettre en doute l’idée selon laquelle vous n’auriez pas de valeur.
À partir de cela – pour prendre votre envol – il vous faudra découvrir pas à pas qui vous êtes vraiment c’est-à-dire prendre confiance en vous en vous appuyant sur ce que vous êtes. Cela peut se faire à travers un accompagnement thérapeutique à la connaissance de soi-même.
Pour aller plus loin, vous pouvez lire : Comment parvenir à guérir de son enfance ? Puis : Pourquoi un travail thérapeutique ?
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Question de @mina :
Pourquoi lorsque j’essaie d’écrire mes sentiments rien ne sort de moi ? Je sens qu’il y a quelque chose, mais rien
Mes pistes de réponse :
Vous sentez quelque chose parce que par-delà vos inhibitions à être, vous êtes « vivante. »
Baudelaire écrivait : « Le génie de chacun, c’est sa sensibilité. »
Vous avez vraisemblablement enfoui votre génie au fond de vous-même, peut-être même – comme tant de personnes – avez-vous appris à en avoir honte ?
Pourquoi ? Sans doute pour rester conforme au regard des autres en ne faisant surtout pas de vagues avec votre originalité, votre particularité. Pourquoi êtes-vous mal à l’aise avec votre spécificité ?
Si, aujourd’hui, votre sensibilité ne se laisse pas approcher, apprivoiser, c’est parce que vous vous êtes endurcie, vous vous êtes censurée, sans en avoir conscience.
Il va donc vous falloir apprendre à devenir vulnérable (c’est un apprentissage), en vous laissant sentir les choses et en faisant peu à peu confiance à ce que vous sentez, c’est ainsi que vous pourrez un jour découvrir et exprimer votre sensibilité, c’est ce travail qui vous permettra d’être la femme que vous êtes.
Plus vous vous laisserez toucher par le monde et les autres, plus vous deviendrez capable d’exprimer vos sentiments. Donc arrêtez de vous contrôler et de vous censurer et pour ce faire, laissez vos émotions sortir.
Swami Prajnanpad était très explicite sur ce sujet : « Tant que les émotions refoulées ne sont pas exprimées, il n’est pas possible de fonctionner normalement. »
Si rien ne sort de vous, vous pouvez être certaine que c’est parce que la censure est trop forte, alors apprenez à ne plus avoir peur de vous en vous faisant aider.
Pour aller plus loin, vous pouvez lire : Sensibilité, vous pouvez aussi faire cet exercice afin de vous mieux connaître : 25 questions pour mieux se connaître
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Question de @pascal :
Ma mère était méprisée dans notre famille, car elle n’avait aucun diplôme et n’était pas très intelligente. Mon père régissait à tout.
Pourtant, aujourd’hui, à 60 ans, je me rends compte que j’ai toujours voulu être un « bon garçon » pour plaire à ma mère.
Comment ne plus être un « bon garçon » ?
Mes pistes de réponse :
Il n’est jamais trop tard pour vivre en soi-même une prise de conscience lumineuse.
Oui, vous avez énormément souffert de la manière dont votre père méprisait votre mère. En conséquence vous avez – pendant une grande partie de votre vie – cru qu’il vous fallait être un « bon garçon ». Vous avez cru devoir compenser la relation cruelle qu’entretenaient vos parents.
Aujourd’hui vous découvrez à la fois que vous êtes un adulte et un homme libre, vous n’avez donc plus besoin de plaire à votre mère.
Pour avancer, vous avez besoin d’un but, il vous faut donc réfléchir à ce potentiel de liberté qui est en vous et à ce que vous voulez en faire.
Ne plus être un bon garçon passe par découvrir les stratégies mises en œuvre pour l’être (notamment celle de vouloir racheter les erreurs des autres parce qu’elles vous sont insupportables), afin de parvenir à les déjouer, en vous faisant accompagner si vous ne vous en sentez pas capable seul.
Pour aller plus loin, faites le test : Etes vous adulte ou fusionnel dans la relation à vos parents ? et lisez : L’identification à son enfant intérieur
Lisez également mon article : Pourquoi le mépris ? qui vous aidera à sentir les causes du besoin de mépriser de votre famille.
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Question de @sandrine :
Si des maltraitances dans mon passé ont été vécues et que j’en ai parlé à ma mère qui a complètement démenti mes propos, dois-je me dire que ces maltraitances n’ont jamais existé, ou au contraire que je les ai vraiment vécues dans mon enfance ?
Merci de votre réponse car moi je ne sais plus quoi penser !
Mes pistes de réponse :
En effet, beaucoup de parents nient (ou minimisent) volontiers les expériences négatives vécues par leurs enfants quand elles ne leur sont pas favorables. Craignant de se remettre en cause, ils ne veulent pas courir le risque de se retrouver en déséquilibre, même si c’est au détriment de leur enfant.
Pourquoi devriez-vous nier les expériences maltraitantes que vous avez vécues dans votre passé ? Serait-ce parce qu’il est important pour vous de donner raison à votre mère contre votre propre vécu et ressenti ?
Vous seriez donc prête à tout, prête à vous renier vous-même pour obtenir l’approbation de votre mère ? Cela en dirait vraisemblablement très long sur votre degré de dépendance et d’aliénation vis-à-vis d’elle.
Quoi qu’il en soit, savoir quoi penser c’est oser s’appuyer sur soi-même et ses intuitions. Pour ce faire vous avez un allié qui ne peut pas se tromper : votre corps, gardien de votre mémoire, et qui vous permet de sentir et connaître ce que votre psychisme peut avoir tendance à vous cacher.
Des maltraitances « ont été vécues » dites-vous. Par qui ? Votre dignité propre c’est d’oser reconnaître ce que vous avez vécu, c’est le seul moyen pour que ce vécu maltraitant ne vous hante pas toute votre vie.
Pour aller plus loin, vous pouvez lire : Pourquoi un travail thérapeutique ?
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Question de @anonyme :
Pourquoi la souffrance réveille-t-elle la culpabilité ?
Mes pistes de réponse
À l’origine de votre culpabilité se trouve nécessairement une pensée sur vous-même. La voir à l’œuvre, c’est déjà pouvoir la remettre en cause en comprenant que vous n’êtes pas obligé d’adhérer à des pensées occasionnées par votre adhésion aux jugements des autres sur vous-même.
Si le coupable souffre, c’est bien parce qu’il pense qu’il a commis une faute, pour laquelle il vit (étymologiquement) dans la peur d’être coupé.
C’est donc au moment où vous oubliez de remettre en cause vos simples opinions sur vous-même que vous courrez le risque de culpabiliser donc de souffrir.
Pour aller plus loin, vous pouvez lire : Culpabilité et souffrance
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Question de @jf :
Existe-t-il des thérapies centrées sur l’examen de la relation enfants/parents et son évolution ?
Mes pistes de réponse
Je crois que toutes les thérapies analytiques (donc qui passent par la parole) passent nécessairement par la mise au jour, la compréhension et la digestion de ce qui s’est passé dans la relation entre le sujet et ses parents.
Pour aller plus loin, vous pouvez lire : Comment parvenir à guérir de son enfance ? et aussi : Parent efficace ou parent conscient ?
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Question de @anne :
J’ai 64 ans et je n’ai pas osé vivre, je suis restée toute ma vie à faire semblant d’aimer mon mari. Grâce à vous j’ai pris conscience de la peur qui m’a toujours habitée, cette peur de mourir.
Comment apaiser ma souffrance ?
Merci pour aide.
Mes pistes de réponse :
Vous êtes sur le bon chemin puisque vous êtes sur le chemin de la vérité de vous-même. Votre prise de conscience est décisive, vous savez maintenant que ce qui vous empêche d’agir pour vous-même, c’est votre peur de mourir… qu’il va vous falloir rencontrer, investiguer.
Quand vous aurez découvert – à l’occasion d’un travail thérapeutique de connaissance de vous-même – que votre peur de mourir n’est que le prétexte (paradoxal parce que nous allons tous mourir), dont vous vous servez pour ne pas oser vivre, vous en serez délivrée.
Cela impliquera d’accueillir la part qui – en vous – ressent le besoin de cette peur, de la comprendre en lui permettant de partager son histoire refoulée (comment et de quoi elle a beaucoup souffert.)
Pour aller plus loin, vous pouvez lire : J’ai peur de la mort, elle a pris quelque chose de moi
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Question de @emmy :
Pourquoi lorsque je m’énerve ou me dispute avec quelqu’un j’ai tout de suite cette envie de lui mettre un coup de poing ?
Je me retiens mais c’est dur et c’est pas tout le temps faisable…
Mes pistes de réponse :
Je vous invite à voir les choses avec simplicité : si vous vous sentez agressive face aux autres et même avec des désirs de violence, c’est qu’il y a de la violence refoulée à l’intérieur de vous qui s’infiltre à l’occasion de vos différents avec les autres.
Un travail thérapeutique de connaissance de vous-même vous permettrait d’investiguer pour découvrir que derrière votre agressivité se cache une souffrance qui cherche à se dire depuis longtemps.
Pour retrouver votre équilibre perdu dans vos relations, il vous faut mettre au jour cette souffrance refoulée au fond de vous-même (chercher qui a souffert et de quoi ?), sinon vous courez le risque d’exprimer inopinément votre violence, avec toutes les conséquences notamment pénales auxquelles vous vous exposez.
Pour aller plus loin, vous pouvez lire : Comment gérer l’agressivité et la violence dans la relation d’aide ?
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Question de @belladone :
Je suis perpétuellement angoissée par le futur. Je pense que je me suiciderai si je devais me retrouver seule, alors que je ne me crois pas suicidaire. Mon cerveau associe la solitude à la mort.
Comment arrêter d’angoisser ainsi sur cette idée de solitude et simplement vivre ma vie présente ?
Mes pistes de réponse :
Montaigne (Les Essais, I, 39, 241), homme plutôt extraverti, écrivait :
« Il faut se réserver une arrière boutique toute nôtre, toute libre, dans laquelle nous établissons notre vraie liberté et notre principale retraite dans la solitude.
Sans cette arrière boutique, comment vivre ? La solitude n’est que l’état dans lequel l’être humain puise ses ressources en lui-même pour trouver son équilibre.
Mais plus que la solitude, vous semblez redouter les pensées que vous présumez que vous aurez sur vous-même à l’occasion de votre solitude.
Pour vivre votre vie présente sans angoisses, il vous faudrait investiguer pour découvrir les causes (traumatiques ?) de votre parti pris. Par qui donc vous êtes-vous sentie abandonnée ? Par quelle funeste magie assimilez-vous la solitude à la tristesse et à la mort ?
Il vous faut élaborer les angoisses qui sont les vôtres et qui vous conditionnent paradoxalement à penser devoir vous précipiter vers la mort pour vaincre votre peur de la solitude et de la mort.
Pour aller plus loin, vous pouvez lire : Solitude.
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Question de @marie :
Est-il possible de guérir d’un traumatisme sexuel dont on n’a aucun souvenir excepté la certitude physique ?
Mes pistes de réponse :
Il n’y a pas d’autre possibilité – pour guérir – que celle de rencontrer ce que l’on a vécu pour le traverser.
Je présume, à vous lire, que votre chemin de réhabilitation de vous-même doit passer par l’accueil de votre « certitude physique », autrement dit entrez en dialogue avec votre corps, de manière à découvrir avec certitude qu’il ne peut pas mentir.
C’est à ce prix que vous pourrez guérir de votre traumatisme en en faisant l’équivalent d’une cicatrice propre.
Pour aller plus loin, vous pouvez lire : Oser la colère, oser être vrai avec soi-même et aussi Esquiver ou digérer ?
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Question de @marylene :
On parle beaucoup de l’éveil à sa vraie nature, de quoi s’agit il vraiment ?
Mes pistes de réponse :
La promesse de la spiritualité c’est qu’elle affirme que tous les hommes vivent dans le sommeil et qu’ils peuvent s’éveiller à leur vraie nature. Cela signifie que nous sommes non pas mauvais mais coupés et séparés de nous-mêmes, qu’il y a en nous tous quelque chose de permanent qui n’est jamais né et qui ne mourra jamais, et que nous pouvons chercher et trouver.
Rencontrer sa vraie nature, c’est donc se retrouver dans cet espace non affecté qui se trouve au-delà de l’identification à ses réactions et à ses peurs.
Cette recherche commence généralement sur la base de la prise de conscience que nous ne sommes ni libres, ni conscients de nous-mêmes, mais que nous pouvons le devenir, que nous pouvons nous évader de notre prison à condition de commencer par nous mettre à l’étudier.
L’allégorie de la caverne de Platon parle de cela, ainsi que la fameuse formule de Socrate « Connais-toi toi-même » dont on ne cite généralement pas la fin : « …et tu connaitras le secret de l’univers et des dieux. »
Pour comprendre mieux cela, je vous invite à visionner cette courte vidéo : Sommes-nous prisonniers de nos perceptions ?
Pour aller plus loin, vous pouvez lire le très concret, précis, pratique et passionnant livre d’entretiens entre Emmanuel Desjardins et son père Arnaud, Spiritualité de quoi s’agit-il ? qui vient d’être réédité en Pocket.
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Question de @anonyme :
Je suis une jeune retraitée libérée épanouie sauf que j’ai peur de souffrir, de mourir et peur pour tous ceux qui m’entourent. Je suis bénévole en soins palliatifs.
Mes pistes de réponse :
Ce que vous exprimez là est parfaitement cohérent, nous vivons dans un monde dans lequel le plaisir est inhérent à la souffrance et vice versa.
Swami Prajnanpad disait :
« Généralement les gens veulent éviter la souffrance et sont désireux de garder le plaisir ; donc ils obtiennent la souffrance ou le déplaisir. Pourquoi obtiennent-ils le déplaisir ? Le déplaisir n’est rien d’autre qu’une réaction ou le résultat du plaisir. Vous ne pouvez l’éviter, éliminer le déplaisir, parce qu’il n’a pas d’entité indépendante. Dès que vous dites : « Je veux faire quelque chose et y prendre du plaisir », alors vous devez être certain que la souffrance viendra après. »
Votre peur parle de votre absence de confiance en la vie qui ne nous est pas contraire, continuez de vous épanouir, et en même temps, voyez que la souffrance fait intrinsèquement partie de la vie, il n’y a pas de recto sans verso, de lumière sans ombre, de plaisir sans souffrance, pas non plus (vous le savez en tant que bénévole) de naissance sans mort.
Pour aller plus loin, vous pouvez lire : La vie n’est pas injuste mais elle est cruelle
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Question de @claudine :
Mon auxiliaire de vie est toujours en retard, je ne parviens pas à la gérer… je lui ai dit mon mécontentement avec calme, colère, etc. rien à faire, mes plaintes n’ont aucun effet. Elle me fait bondir de l’intérieur !!
Alors comment lui parler avec « amour » ?
Mes pistes de réponse :
Oui, rien n’y fait, mais regardez la manière dont vous vous divisez vous-même en voulant « parler avec amour » à votre auxiliaire de vie au moment où elle vous énerve. C’est tout simplement impossible !
Commencez par essayer de comprendre ce qui vous fait bondir chez elle et pourquoi. Cela parle vraisemblablement de quelque chose dont vous n’avez pas pris soin chez vous.
Ensuite regardez les choses en face : vous n’avez qu’une seule auxiliaire de vie, par contre elle a de nombreux clients. Sentir à quel point la relation est inégale (ce que vous êtes pour elle est sans commune mesure avec ce qu’elle est pour vous) vous aidera à vous adapter.
Pour aller plus loin, vous pouvez lire : Comment enlever toute trace de méchanceté dans mon cœur ?
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Relations amoureuses (6)
Question de @abed :
Comment faire quand une femme n’a plus d’intérêt pour toi. Et t’ignore volontairement ?
Mes pistes de réponse :
Le processus du deuil commence avec l’acceptation de la perte.
Si une femme vous montre ostensiblement qu’elle n’a plus d’intérêt pour vous en même temps qu’elle fait manifestement exprès de vous ignorer, de quoi est-ce le signe selon vous ?
Seulement voilà tant qu’on n’accepte pas de l’avoir perdue, il reste impossible de faire son deuil d’une relation.
Le mental est donc à l’œuvre : on pense, on rêve, on se dit des choses à soi-même qui vont dans le sens de l’illusion dont on est persuadé avoir besoin pour vivre.
Remarquez que penser avoir besoin d’être en relation avec une personne pour vivre n’est pas de l’amour, mais juste une dépendance (qui cherche à vous persuader que c’est de l’amour.)
Que faire alors ?
Tenter de parvenir à voir les choses telles qu’elles sont : voir qu’on cherche à entretenir l’illusion, qu’on cherche à se mentir à soi-même et que c’est ainsi qu’on entretien la souffrance : si l’autre ne consent pas à vous aimer où vous situez-vous ?
Trouver en soi la force de se rendre à l’évidence de la réalité plutôt que de faire durer les choses en entretenant le rêve donc en souffrant.
Oser rompre à son tour, c’est oser regarder volontairement ailleurs pour parvenir à revivre enfin. Ce peut être assez difficile au début mais – à moins de s’enfermer dans une pitié de soi mortifère et à coup sur pathologique – cela passe. La vie ne s’attarde jamais avec hier ce qui signifie que votre vie est ailleurs que dans votre passé.
N’étiez-vous pas vivant avant cette rencontre ?
Se respecter soi-même, n’est ce pas parvenir à ne plus être dépendant d’un être qui nous ignore ? Votre vie n’est-elle pas pleine et riche au-delà de vos dépendances ? Si non, c’est ce ce côté qu’il vous faut aller voir.
Pour aller plus loin, vous pouvez lire : Le travail de deuil ainsi que : Continuer à voir un ex empêche-t-il de faire le deuil de l’amour passé ? et aussi : À propos de l’amour et de l’altruisme.
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Question de @sisorette :
Voilà, j’expose mon problème, mon conjoint avec le temps est devenu insupportable, hâte d’être à la retraite, râle tout le temps. Moi je suis toujours dans la bienveillance et là je n’en peux plus de son mauvais caractère, il est souvent en colère, je lui ai dit s’il est comme ça à la retraite je ne supporterai pas son comportement et préférai vivre seule même si j’ai une petite retraite.
Que faire ? Merci.
Mes pistes de réponse
A vous lire la perspective de votre conjoint d’être enfin à la retraite sonne pour lui comme une délivrance. Il y a donc à parier que les choses s’équilibreront pour lui quand il y parviendra.
Auquel cas de quoi devriez-vous vous inquiéter ? Souvenez-vous que vous vivez dans l’impermanence : tout passe tout le temps.
À un autre niveau, vous connaissez sans doute la formule « On récolte ce que l’on sème », cela signifie pour vous que votre conjoint (quoi qu’il fasse) sera toujours (pour vous son épouse), le reflet de la manière dont vous l’interpréterez.
En conséquence, soyez attentive à vos interprétations. À prétendre être « toujours dans la bienveillance » avec lui, je vous invite à prendre conscience de la manière dont vous vous y prenez au moment où vous l’interprétez comme insupportable…
Autrement dit un couple n’est pas que la simple addition de deux personnes isolées : prendre soin de son couple, c’est aussi être attentif aux interprétations que l’on fait de l’autre.
Pour aller plus loin, vous pouvez lire : Ne pas se remettre en cause parce que c’est toujours de la faute des autres.
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Question de @virginie :
À 43 ans, je n’ai jamais été amoureuse alors que je suis de nature passionnée.
Ai-je un problème ?
Mes pistes de réponse :
A la mitan de votre vie – comme de nombreuses personnes – vous vous interrogez sur vous-même.
Le simple fait que vous vous posiez la question de savoir si vous avez un problème laisse à penser que vous en avez un.
Un être sans problème donc insouciant, en équilibre avec lui-même, ne pense a priori pas en avoir un.
Votre question laisse croire que rétrospectivement vous auriez aspiré à être amoureuse, auquel cas pourquoi ne l’avez-vous jamais été ? Auriez-vous vécu un traumatisme particulier qui vous en aurait empêchée ?
Beaucoup de personnes vivent dans la peur donc le manque d’audace pour elles-mêmes ; même de nature passionnées, elles se contraignent à « ne pas vivre », elles sont en réalité inhibées sans le savoir.
Tomber amoureuse vous aurait obligée à consentir à relâcher vos défenses pour vous ouvrir – enfin – à votre désir de vivre. Savez-vous pourquoi vous auriez du mal à relâcher vos défenses ?
Vous êtes la seule à savoir pourquoi vous avez renoncé au défi de ne pas vivre prudemment depuis toutes ces années.
Il est cependant possible que votre prise de conscience fasse pour vous – aujourd’hui – office de déflagration capable de vous permettre de mordre soudainement la vie à pleines dents ?
Pour aller plus loin, vous pouvez lire : Sommes-nous légitimes à vivre ?
Sans doute la peur de la dépendance que crée la relation amoureuse peut-elle faire obstacle à sa naissance, de même que le manque de confiance en soi que des parents sans s’en rendre compte bloquent par des jugements négatifs sur nous, etc… Mais je ne suis pas sûr “qu’on tombe amoureux”(ou amoureuse),je crois beaucoup que l’on est amoureux (se) du regard que quelqu’un va porter sur nous, et par ce regard nous ouvrir à l’amour….. Mais pour cela il faut se voir être regardé(e)… Alexandre
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Merci de ces pistes de réflexion, Alexandre.
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Question de @eliz :
Je souffre des agissements verbaux de mon compagnon. Il faut le suivre dans tout ce qu’il veut faire. Si je suis occupée et qu’il faut être à sa disposition, il se met en colère et me dit qu’il ne me supporte plus. Je pense qu’il est malade. Je dois partir en vacances une semaine avec lui, et je redoute un peu.
Mes pistes de réponses :
A vous lire je comprends que c’est parce que vous ne supporteriez pas vous-même de ne plus être supportée par votre compagnon que vous vous obligeriez à vous adapter à lui.
Vous souffririez donc principalement de votre soumission à votre compagnon.
Pourtant vous semblez penser correctement : un homme qui ne supporte pas que sa compagne ne soit pas constamment à sa disposition est, comme vous le dites, un « malade », un tyran domestique… et je comprends que vous redoutiez de partir en vacances avec lui une semaine !
Penser que l’on doit supporter ce que l’on ne supporte pas est une contrainte masochiste n’est-ce pas ?
Alors ? Seriez-vous d’accord pour envisager de regarder de beaucoup plus près ce qui, en vous, vous empêche d’être conséquente avec vous-même et votre souffrance ? Donc ce qui vous oblige à croire devoir supporter un homme manifestement cause de souffrance pour vous.
Pour aller plus loin, vous pouvez lire : Consentement, responsabilité et respect de soi-même
Il est clair que votre relation est malsaine et que vous avez un choix à faire, difficile, mais nécessaire. Vous vivez dans l’ombre, sortez vers la lumière, VOTRE lumière fiez-vous à votre intuition, vous avez sûrement beaucoup signes.
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Question de @anna :
Je n’arrive pas à avoir des relations amicales proches, j’ai l’impression que tous finissent par m’abandonner et me remplacer malgré tous mes efforts pour être une bonne amie. Je me sens trahie et seule.
Comment faire pour ne plus souffrir de cette solitude et de l’abandon ?
Peut-on être heureux sans avoir d’amis proches ?
Mes pistes de réponse :
Si vous ne parvenez pas à obtenir de la vie ce à quoi vous aspirez, il est fort probable que vous soyez sous l’emprise d’un « schéma » inconscient qui vous contraint à renoncer à ce dont vous vous sentez avoir besoin.
C’est ainsi que votre schéma d’abandon peut vous obliger (malgré vos efforts constants), à faire peur à vos amis en vous accrochant trop à eux, pour finalement les perdre et vous retrouver seule. Cela s’étudie de très près à l’occasion d’un travail thérapeutique de connaissance de soi.
S’aimer c’est commencer par se donner à soi-même le droit d’être ce que l’on est sur le moment. En croyant que vous ne pouvez pas y arriver seule et que vous avez nécessairement besoin d’amis pour vivre, vous tournez en rond en même temps que vous vous condamnez à la dépendance et à l’insatisfaction.
C’est au moment où vous parviendrez à vous appuyer sur vous-même en vous faisant confiance que vous parviendrez (à votre plus grand étonnement), à avoir des relations amicales stables.
Pour aller plus loin, vous pouvez lire : Voir ses schémas à l’œuvre pour y renoncer.
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Question de @louise :
J’ai 32 ans et je viens de terminer une nouvelle relation amoureuse (8 de 1 à 10 mois depuis mes 20 ans). En général, les hommes arrêtent la relation assez rapidement. Ils sont peu investis, assez distants, et moi je suis amoureuse.
Comment arrêter ces échecs à répétition ?
Mes pistes de réponse :
Vous êtes vraisemblablement la proie d’un « schéma ». Pour arrêter ces échecs que vous ne voulez pas mais dont vous vous sentez être la « victime », je vous invite à investiguer du côté du premier homme que vous avez rencontré dans votre vie : votre père.
Il va ainsi vous falloir découvrir et mettre au jour, dans un travail thérapeutique de connaissance de vous-même, comment la relation que vous avez entretenue avec votre père conditionne jusqu’à ce jour votre relation d’échec avec les hommes.
Pour aller plus loin, vous pouvez lire : Je me sens transparente en public, déconnectée, invisible, pourquoi ? et aussi Voir ses schémas à l’œuvre pour y renoncer.
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Relations aux enfants (13)
Question de @martine :
Mon petit-fils s’est perdu, comment l’aider ?
Théo a vécu douloureusement la séparation de ses parents à 8 ans. Extrêmement gâté, sans trop de discipline il est devenu à 17 ans un ado rebelle, déscolarisé sans projets, en conflit avec son beau-père (un petit frère est né) vivant plus ou moins en marge de sa famille, avec fréquentations douteuses (+ cannabis).
Sa maman a perdu tout contrôle sur lui.
Mes pistes de réponse :
Votre partage montre à quel point – depuis sa naissance ou presque – votre petit-fils est balloté par des adultes qui n’ont pas vraiment su prendre soin de lui.
La vie est cruelle en ce sens qu’on récolte toujours ce que l’on sème. Votre petit fils trop gâté (aimé de façon dysfonctionnelle c’est-à-dire aimé par des parents qui songeaient plus à eux qu’à lui), se perd à travers ce qu’on lui a laissé croire qu’il était et se prend aujourd’hui pour un roi rebelle. Remplacé par un petit frère, il est en conflit avec son beau-père et n’a plus de repères, sa propre mère est elle-même dépassée et ne sait plus comment s’y prendre avec lui, il le sent, s’éloigne de ceux par qui il devrait se sentir aimé, il cherche donc et trouve sa propre valeur là où il peut : à travers des fréquentations marginales et douteuses. Dans un tel contexte, vous pouvez être certaine qu’il utilise inconsciemment le cannabis pour fuir sa vie douloureuse et sans repères.
Si vous voulez l’aider, commencez par lui faire sentir que vous ne le jugez pas quoi qu’il fasse où quoi qu’il ait fait (il ne contrôle lui-même rien de sa propre vie ou si peu, il fait comme il peut pour survivre à toutes sortes de souffrances et de difficultés liées à ce qu’il se sent être.) Donc pas de chantage à l’amour ni de leçons de morale inutiles car – n’étant pas en estime de lui-même – il ne pourrait pas les entendre et les retournerait contre lui-même et contre vous en vous jugeant négativement à son tour.
Par contre si vous réussissez à lui faire sentir que vous ne le jugez pas, en même temps que de porter sur lui un regard inconditionnellement bienveillant, vous créerez avec lui un lien spécifique qui deviendra petit à petit réciproque et – même si ce peut être assez long – la rencontre se fera.
Souvenez-vous de continuer de créer un lien d’amitié avec lui quoi qu’il fasse.
Dans ce tableau plutôt sombre, il faut qu’il ressente sa grand-mère comme une personne déterminée à le comprendre par-delà ses frasques. Un adolescent réellement éclairé par l’amour de ses grands-parents – pas par leurs conseils, injonctions ou plaintes – peut faire des bêtises, il ne peut pas sombrer. Il vous faut donc vous-même être suffisamment solide par rapport à ses « bêtises » pour garder le cap de votre confiance en lui malgré elles.
Nous vivons dans un monde dans lequel beaucoup d’adultes perdent tout contrôle sur leurs enfants qui, se sentant abandonnés, sont seuls et se perdent à leur tour avec leurs pairs qui leurs offrent l’attention qu’ils ne trouvent plus chez leurs parents depuis longtemps (on estime que 68% des parents ne parlent pas à leurs enfants et n’évoquent donc jamais avec eux ce qu’ils ont fait dans la journée).
Peut-être qu’à force d’avoir compris qu’ils ne devraient pas être toxiques pour leurs enfants, certains parents perdent toute confiance en eux-mêmes et en leur rôle, arrivant ainsi à délaisser leurs enfants pour les abandonner à des pairs eux aussi perdus ? C’est ainsi que les enfants se regroupent en bandes ou en gangs, transformés en racailles par le regard que certains portent sur eux, ils s’y conforment et peuvent devenir criminels.
Pour aller plus loin, vous pouvez lire : Je réalise que mon fils de 17 ans part à la dérive, que faire ?
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Question de @marie :
Ce Noël mon fils ne m’invite pas et je resterai seule pour Noël ce qui n’a jamais été le cas donc je ne verrai pas mes petits enfants que je vois seulement si je me déplace car ils sont loin. Comment faire pour garder l’amour de ses enfants quand on vieillit et pouvoir voir ses petits enfants quand les parents se ferment à vous sans raison ?
J’ai toujours donné, élevé seule mes enfants.
Comment réagir ?
Mes pistes de réponse :
Il vous faut d’abord comprendre que se morfondre n’est jamais bon, car plus vous tomberez dans la victimisation et la pitié pour vous-même, plus vous souffrirez. (Le moteur de la souffrance est la victimisation et le repli sur soi.)
Comme alternative à la pitié de soi, je vous propose la réflexion, l’ouverture du cœur, puis l’action.
Comment s’y prendre pour garder l’amour ? La réponse est simple : nous ne pouvons recevoir que parce que nous donnons. Cela signifie que le moyen – en votre pouvoir – le plus sûr pour que votre fils s’ouvre à vous, c’est de vous ouvrir à lui (et comprenez que ce sera d’autant plus difficile pour vous que vous pensez de bonne foi lui avoir toujours tout donné). Il vous faut donc découvrir ce qui vous empêche de donner ce que votre fils veut recevoir de vous. Donner, c’est non pas donner ce que nous donnons volontiers, mais donner ce que nous sentons que l’autre demande (et que nous n’avons peut-être pas envie de donner), afin que l’autre le reçoive, ce qui n’est pas du tout la même chose.
Notre résistance à donner est souvent liée à notre désir de toute puissance (notre négativité), qui nous empêche de nous ouvrir à l’autre tel qu’il est. Or le meilleur moyen d’obtenir ce que nous voulons de l’autre est de commencer par nous adapter à lui.
C’est votre cœur de mère qui souffre qui pense que votre fils se ferme à vous « sans raison ». Si vous osez sortir de la manière dont votre souffrance filtre les choses, vous découvrirez qu’il y a nécessairement une cause à la fermeture et à l’incompréhension de votre fils. Une personne qui se ferme a toujours une raison à elle de se fermer, (elle se sent le plus souvent blessée et incomprise), et c’est cette raison qu’il vous faut mettre au jour pour pouvoir vous y adapter et ainsi pouvoir à terme, réaliser votre vœux le plus cher.
Plus vous tenez à vos raisons de souffrir (moins vous en démordez), plus la relation se durcira et moins vous aurez de chances de voir vos petits enfants à Noël, l’an prochain. A contrario moins vous obéissez à la part de vous qui souffre et se referme, plus vous vous ouvrez à votre fils, plus vous comprendrez qu’il a « ses raisons à lui », d’agir comme il agit. (Ses raisons à lui signifie ses raisons qui ne vous regardent pas parce qu’il ne vous appartient plus, et que l’aimer tel qu’il est vous demande de vous adapter à lui.)
C’est à cette condition que vous permettrez à l’énergie de circuler de façon fluide entre vous et lui. La relation étant apaisée, vous aurez mis toutes les chances de votre côté de pouvoir être invitée par lui, donc de pouvoir raisonnablement espérer passer le prochain Noël en compagnie de vos petits enfants.
Pour aller plus loin, vous pouvez lire : Ma fille de 16 ans est une ingrate et Ma fille de 18 ans veut fuir notre amour, que faire ?
Merci beaucoup pour votre réponse.
Par contre je ne vois pas comment faire, je fais de mon mieux, je ne vois pas comment être ce que je ne suis pas.
Bonjour,
Merci pour vos réflexions qui m’aident tant.
Vous parlez de la toute puissance, liée à la négativité. Pourriez-vous développer cela? Puisque ce “sentiment” bloque beaucoup de nos réactions, j’aimerai le comprendre pour pouvoir le dépasser. Car je sens que oui, ce sentiment de toute puissance est à la base de beaucoup de nos maux. Merci
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Question de @pascal :
Ma petite-fille de trois ans et demi est très désagréable avec son frère, de deux ans son cadet. Elle lui vole ses jouets, lui bloque le passage quand il veut aller quelque part, le pousse… Ses parents ne semblent pas s’inquiéter de cette attitude.
Est-ce que je peux faire quelque chose ?
Mes pistes de réponses :
Votre question est très pertinente, il faut tout mettre en œuvre pour éviter le traumatisme possible de l’aîné à la naissance de son petit frère ou de sa petite sœur.
Je connais des parents conscients qui – à la naissance de leur second – avaient pris soin que le bébé ne soit pas présent au moment des retrouvailles (après l’accouchement) de la mère avec son aîné. Ce n’est qu’après un temps laissé à ces retrouvailles que le nouveau né – qui avait été confié à un proche – a été présenté à l’aîné en pleine relation avec sa mère.
De même ils s’étaient arrangés pour que la naissance du second soit une occasion non pas de couvrir de cadeau le nouveau né qui n’en avait que faire (comme ça se fait habituellement de manière parfaitement inconsciente), mais l’aîné qui a pu ainsi associer sa propre joie à celle de la naissance du second.
Votre petite fille est vraisemblablement très jalouse de son petit frère, elle se ressent douloureusement détrônée depuis sa naissance et ne manque pas une occasion de se faire justice en cherchant à éliminer celui qui n’est pour elle qu’un intrus.
Le pouvoir d’un grand-père est immense puisque vous êtes dans une position privilégiée pour tout mettre en oeuvre afin de réparer son traumatisme. Ne pas intervenir ouvertement contre elle au profit de son petit frère dans les situations qui vous apparaissent comme injuste pour lui, mais a contrario vous y prendre d’une manière suffisamment ingénieuse et habile avec votre petite fille pour qu’elle se sente en quelque sorte « réhabilitée » dans sa place, reconnue et comblée.
Pour pouvoir trouver une relation équilibrée à son petit frère, votre petite fille a besoin de recevoir davantage d’amour, de patience et de reconnaissance.
Tout cela en gardant à l’esprit que c’est à ce prix que son petit frère trouvera la paix dans sa relation à sa grande sœur.
Pour aller plus loin, vous pouvez lire cette si éloquente histoire : L’enfant et les ballons, ainsi que Parent efficace ou parent conscient ?
Merci pour cette réponse, brève mais éclairante.
Je vois mieux dans quelle direction aller.
PL
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Question de @slolelll :
Comment aider mon fils de 20 ans à reprendre l’école, travailler. Comment le motiver ? Bac en 2019 et depuis il attend que le temps passe. Intérim, petits boulots, mission locale, pôle emploi, pas de concrétisation !
Pour nous de le voir dériver, vivre la nuit, dormir la journée n’est plus possible. Je ne sais plus quoi faire et dès que je le conseille, on se dispute.
Mes pistes de réponse :
J’entends à quel point il vous sera sans doute difficile de ne pas partir de votre révolte et de votre indignation à voir les comportements de votre fils que vous jugez inappropriés.
Comme vous l’exprimez si bien, le voir dériver n’est plus possible « pour nous » sa famille.
Tant que vos remarques partent de ce « pour nous », vous vous condamnez à la dispute : c’est et ça restera « vous » contre « lui ».
Or si vous voulez vraiment « aider votre fils », si vous cherchez à entrer en communication avec lui, il va vous falloir établir un pont entre vous et lui, ou plus exactement il va vous falloir faire en sorte qu’il ressente ce pont que vous allez essayer d’établir entre vous et lui.
Pour qu’il ressente ce pont (donc pour qu’il ressente le besoin de s’ouvrir à vous), il ne vous faut pas partir de vos jugements sur lui, mais partir de lui et de l’amour et de la compréhension que vous avez pour lui.
Votre fils est adulte et majeur maintenant, ne doutez pas que ses comportements ont un sens qui expriment vraisemblablement ses difficultés et ses souffrances à entrer dans la vie telle qu’il la ressent, et cela même si ses comportements vous font passer des nuits blanches entières.
N’oubliez jamais, votre fils ne vous appartient pas, il est « un autre » qui appartient au monde de demain, le seul moyen qu’il ne se cabre plus à vous entendre, c’est pour vous de réussir à lui faire sentir que vous avez radicalement changé dans votre relation à lui (donc que vous ne le jugez pas.)
C’est à cette condition qu’il s’ouvrira peut-être et que se sentant entendu et aimé par vous, il parviendra à vous entendre.
Pour aller plus loin, vous pouvez lire : Ma fille de 14 ans en est à sa 3ème tentative de suicide…
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Question de @eka :
Mon fils de 36 ans a fait un burn out, il a été suivi par un psychiatre et une psychologue qui ont posé sur lui le diagnostic autiste Asperger.
Mon fils a suivi une scolarité normale il est ingénieur. Je n’ai jamais rien remarqué de tel dans son comportement.
Depuis il s’est éloigné de moi ne donne plus de nouvelles lui-même. Il ne répond plus au téléphone ou alors par texto.
Mes pistes de réponse :
À mon avis le danger serait de faire une histoire personnelle du diagnostic établi sur votre fils.
Pendant longtemps, beaucoup de personnes ont grandi alors qu’il n’y avait pas encore eu de recherches sérieuses et organisées sur l’autisme ; d’autre part une personne Asperger léger peut facilement passer inaperçue au cours de son enfance et de son adolescence.
Par contre il est probable que la détection d’un syndrome d’Asperger chez votre fils qui faisait un burn out lui permette d’expliquer les causes de certains de ses comportements qu’il ne pouvait pas s’expliquer auparavant (maladresse sociale, propension à la solitude, évitement du contact visuel, intérêt obsessionnel pour une activité particulière, difficultés d’adaptation à ce qui est nouveau, etc.)
Comprenez que permettre à votre fils de mieux se comprendre lui-même est certainement une opportunité pour lui de s’appréhender avec empathie en même temps que d’améliorer ses compétences sociales.
Tout cela pour vous dire que votre fils a vécu un profond bouleversement dans la compréhension qu’il a de lui-même, et qu’il va vous falloir à votre tour faire un grand effort de compréhension dans la manière dont vous allez l’appréhender.
Comprendre le fonctionnement spécifique de votre fils autiste, c’est donc ne pas vous laisser décourager par ce diagnostic soudain. Ne restez pas isolée, renseignez-vous : il existe des groupes de parole et de soutien destinés aux parents des personnes autistes.
Pour aller plus loin, vous pouvez faire le test : Etes-vous au clair avec les notions de stress, de croyance et d’adaptation ? Et lire : Adaptabilité
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Question de @geraldine :
Les relations avec mon fils de 30 ans, parti vivre et travailler dans un pays européen proche de la France sont compliquées. Il ne nous donne jamais de lui-même de ses nouvelles. Il a un métier instable et dangereux, vit seul. Je le sens déprimé, ne pas trouver son bonheur. Il rappelle toujours mais reste froid, distant.
Comment agir ? Cela m’attriste.
Mes pistes de réponse :
Vous avez raison, il faut agir, et pour ce faire, je vous propose – en vrac – quelques pistes pour continuer d’être sa mère :
Accueillez votre tristesse révélatrice de votre cœur de mère, soyez-y vulnérable ; et en même temps sentez qu’aimer votre fils c’est ne pas faire peser cette tristesse sur lui.
Considérez que s’il rappelle toujours, c’est la preuve qu’un lien réel est tissé entre lui et vous, même si vous ne sentez pas ce lien à la mesure de votre besoin à vous, sa mère.
N’attendez plus indéfiniment de ses nouvelles en pensant qu’il devrait vous appeler donc prenez l’initiative de le faire et en même temps respectez sa possible indisponibilité.
Laissez-vous plus inspirer par votre amour pour lui que par votre inquiétude, ne courez pas le risque d’être trop pesante, soyez légère, enjouée, racontez-lui des anecdotes plaisantes.
En même temps respectez-le, respectez son besoin de mise à distance, de se protéger et de vivre dangereusement, ne lui adressez pas de reproches, ni de sous-entendus, vous l’aimez donc permettez-lui d’être qui il est.
Considérez qu’il fait ce qu’il peut comme il le peut, mais soyez-là pour lui et arrangez-vous, non pas pour le lui dire, mais pour qu’il le sente.
Soyez opiniâtre et persévérez, c’est au moment où vous n’attendrez plus rien de lui que – peut-être – il s’ouvrira : il ne peut pas y avoir de certitude avec « un autre » même si c’est votre fils, et en même temps, quoi qu’il arrive, vous aurez fait ce que vous aurez pu.
Pour aller plus loin, vous pouvez lire : Pour ne plus avoir peur de la bonté ni de l’impuissance
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Question de @fanfan :
Mes deux fils de 15 et 20 ans passent leur temps à se déchirer. Ils ont des caractères opposés ; l’un est un très bon provocateur et l’autre réagit au quart de tour ! Ils rejettent sans cesse la faute sur l’autre ! Ils disent se détester !
Je ne sais plus quoi faire ; doit-on consulter un thérapeute ou y a-t-il des pistes à exploiter pour tenter de renouer le dialogue entre eux ?
D’avance je vous remercie pour le moindre début de piste à suivre car je me sens perdue !
Mes pistes de réponse :
Avez-vous songé à commencer par tenter de changer votre regard sur vos fils ? Cela reviendrait de votre part à accepter qu’ils aient des caractères opposés, accepter qu’ils ne s’entendent pas puisqu’ils ne s’entendent pas, cela vous permettrait donc de leur faire sentir que vous êtes d’accord pour qu’ils soient comme ils sont.
La plupart d’entre nous n’osons généralement pas regarder le soleil en face, mais à le faire on peut parfois renverser les situations de manière étonnante.
En leur permettant de sentir que vous respectez strictement leurs différences, vous allez sans doute pouvoir commencer à dialoguer avec honnêteté et franchise avec eux, c’est du moins mon hypothèse qui pourrait être votre premier but. Ils ne pourront accéder à leur propre franchise, à l’évidence de leur propre vécu, que s’ils se sentent écoutés par vous (et pour ce faire il ne faut pas qu’ils se sentent jugés par vous.)
Comprenez qu’ils ne sont pas de « mauvaise volonté », y a une cause au fait qu’ils se déchirent. Cette cause est nécessairement une souffrance qui – tant qu’elle n’est pas mise au jour – continue d’agir de manière souterraine et destructrice.
Consulter un thérapeute – pourquoi pas – mais comment parvenir à ce qu’ils y consentent ? Pour ce faire, il leur faudrait commencer par sentir qu’ils y trouveraient chacun leur propre intérêt.
En fait, pour comprendre ce qu’ils vivent, il faudrait investiguer à propos de leur relation. Il est possible (par exemple) que l’aîné n’ait jamais accepté la manière dont il s’est senti définitivement détrôné par la naissance de son frère ? Et que le cadet se sente constamment agressé par lui…
Si cette piste vous inspire, sans doute pouvez-vous commencer par l’investiguer personnellement avec un professionnel ?
Pour aller plus loin, vous pouvez lire : Comment gérer l’agressivité et la violence dans la relation d’aide ?
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Question de @yasmina :
Voilà j’ai besoin d’aide mon fils de 13 ans essaie de changer de comportement au collège et de se mettre au travail mais son principal ne le lâche pas il est toujours sur son dos. Aucune discussion n’est possible on me reproche de protéger mon fils et on me traite de menteuse.
Que faire ?!
Mes pistes de réponse
Parfois dans la vie les choses nous semblent d’autant plus injustes que nous nous sentons certains de notre « bon droit » : vous aimez votre fils de 13 ans, vous le soutenez d’autant plus que vous le sentez faire des efforts pour réussir, et voilà que le « monde extérieur » (ici le Principal), semble vous en empêcher.
Il est de l’intérêt de votre fils que vous ne soyez pas en trop mauvaise relation avec son Principal n’est-ce pas ? Alors faites le dos rond en sachant pourquoi vous le faites, on vous traite de menteuse, et alors ? Appuyez-vous sur vous-même, vous savez que vous faites ce que vous avez à faire en croyant en votre enfant.
Pour aller plus loin, vous pouvez lire : Comment sortir de sa toxicité de parent ?
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Question de @nanou :
Maman de 3 garçons, 12, 8 ans et 18 mois. Le 1er est en pleine crise d’ado le 2ème à des soucis émotionnels et de compréhension. Ils me font vivre un peu la misère depuis un moment et du coup je me rends compte maintenant que je suis agressive et vulgaire avec eux. Dès qu’ils répondent et qu’ils n’écoutent pas je sors de mes gonds…
Je cherche une solution pour rester ZEN malgré tout…
Merci !
Mes pistes de réponse :
Il vous faut garder en mémoire qu’en voulant faire le bien, on peut faire son mal : vouloir rester zen « malgré tout » est une voie de maltraitance de vous-même puisqu’elle est une contrainte à devoir réussir en forçant les choses.
Une femme qui s’en veut elle-même ne peut pas réussir à être à la hauteur des besoins de sa famille et de ses propres enfants.
Votre travail est donc de commencer par vous réconcilier avec vous-même plutôt que de vous en vouloir en vous jugeant.
Commencer par convenir que si vous devenez agressive, vulgaire et que vous sortez de vos gonds, c’est que vous êtes dans une fatigue extrême.
La solution que vous cherchez passe donc par accueillir la femme que vous êtes avec douceur et bienveillance, pour lui permettre de s’apaiser. Ce n’est qu’après ce préalable que vous deviendrez capable de trouver un juste équilibre entre votre idéal de mère et la femme que vous êtes.
C’est ainsi que vous parviendrez à découvrir que ce sont, non pas vos enfants, mais vos propres exigences, qui vous poussent à croire que vos enfants cherchent à vous faire vivre la misère.
Pour aller plus loin, vous pouvez lire : Comment sortir de sa toxicité de parent ?
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#13 @sandrine :
Comment faire pour ne plus assimiler mes deux enfants (12 et 8 ans) à une contrainte / privation de liberté permanente ?
Je cherche à y voir plus clair dans mes relations avec eux pour mieux vivre avec eux et avec moi-même.
Mes pistes de réponse :
Je crois que votre question parle moins de vos enfants que de votre fatigue extrême. C’est votre fatigue qui vous fait interpréter vos enfants comme une contrainte. Si vous prenez soin de votre fatigue, vous découvrirez nécessairement des changements dans la perception que vous aurez de vos enfants.
Pour ce faire, observez la manière dont vous vous laissez influencer négativement par vos contraintes et pourquoi ? Cela parle aussi sans doute de l’image de « bonne mère » à laquelle vous cherchez à être conforme coûte que coûte.
Victime de votre idéal de mère, vous vous fatiguez trop. Paradoxalement, c’est en permettant à votre idéal de mère de se relâcher que vous parviendrez à être une mère à la fois acceptable et détendue.
Pour aller plus loin, vous pouvez lire: Pourquoi faut-il reconnaître sa toxicité à l’œuvre dans sa relation à l’enfant ? et Être un parent acceptable.
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Question de @jacky :
Mon fils de 18 ans que nous avons adopté dès l’âge de deux mois, né sous X, part à la dérive depuis trois ans, trouble du comportement et des addictions au tabac et fume du cannabis. Il a eu son bac avec mention avec un an d’avance mais depuis reste à la maison.
Mes pistes de réponse :
Votre remarque revient à poser la question : Comment parvenir à entrer en relation réelle avec son enfant en souffrance ? Comment l’écouter pour lui permettre de se dire, de dire ses inhibitions, ses refoulements, ses peurs, ses hantises qui l’empêchent de vivre sa vie en étant à la hauteur de ses capacités et de ses talents ?
Comment votre enfant pourrait-il ne pas souffrir s’il doute de sa légitimité à vivre ?
Aimer son enfant est une chose, parvenir à faire en sorte que son enfant se sente aimé alors qu’il est arrivé sur terre « abandonné » en est une autre, et d’autant plus délicate pour vous qu’elle ne dépend pas que de vous.
Dans sa dérive, votre enfant cherche à se fuir, à se déprécier, à ne surtout pas se rencontrer. Qui donc parviendra à être pour lui un pilier sur lequel il pourra s’appuyer, et qui lui permettra de découvrir que nous n’avons pas besoin d’avoir été accueillis par nos parents biologiques pour nous sentir accueillis par la vie elle-même ?
Courage, si vous vous sentez démuni pour ce faire, prenez vous-même appui sur un professionnel.
Pour aller plus loin, vous pouvez lire : Aimer inconditionnellement son enfant et aussi Ma fille de 14 ans en est à sa 3ème tentative de suicide… le sous-titre en est : ou comment rencontrer la souffrance de son adolescent ?
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Question de @iheb :
Ok si mon fils est homo et si ma fille est enceinte à 16 ans mais le bordel à la baraque me rend folle.
Mes pistes de réponse :
En êtes-vous certaine ? Le désordre de votre maison qui vous rend folle ne serait-il pas le symptôme d’un malaise plus profond et dû à la non acceptation de ce que vivent vos enfants ?
Il vous faut regarder ce qui se passe en vous de très près.
En même temps souvenez-vous :
« Vos enfants ne sont pas vos enfants. Ils sont les fils et les filles de l’appel de la Vie à elle-même. Ils viennent à travers vous mais non de vous. Et bien qu’ils soient avec vous, ils ne vous appartiennent pas. »
Khalil Gibran, Le Prophète.
Pour aller plus loin, vous pouvez lire : Stress, intelligence émotionnelle et cohérence cardiaque et aussi Comment s’apaiser face à une menace potentielle ?
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Question de @anonyme :
Que faire quand votre ado part vivre chez son père pervers narcissique et se coupe de toute communication avec sa maman ?
Mes pistes de réponse :
On sait que le Syndrome d’Aliénation Parentale (SAP) est aujourd’hui une notion très largement controversée. Pour vous répondre de façon fiable, il faudrait donc investiguer;
Aussi douloureux et injuste que cela soit pour vous dans l’immédiat, tentez de prendre conscience que votre relation à votre enfant ne s’arrêtera pas à aujourd’hui, les drames, comme les choses agréables sont impermanents.
Ce qui se passe aujourd’hui n’est que la conséquence de ce qui s’est préparé hier, et ce qui se passera demain sera la conséquence de ce que vous aurez préparé aujourd’hui. Cela signifie que votre manière d’intervenir dans votre relation à votre fils aujourd’hui conditionnera la relation que vous aurez avec lui demain.
Cela parle en particulier de votre relation à vous-même et à la manière dont vous allez accepter la douloureuse réalité d’aujourd’hui qui est, ne l’oubliez pas, momentanée. Cela parle aussi de votre confiance en la vie, de votre confiance en ce que vous avez semé dans le passé, de votre confiance dans la manière habile dont vous allez prendre les choses et les gérer aujourd’hui afin de pouvoir retrouver – demain – un lien vivant avec votre enfant.
Pour aller plus loin, vous pouvez lire : Je n’arrive plus à communiquer avec mon fils de 11 ans et Ma fille de 14 ans en est à sa 3ème tentative de suicide.
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Relations aux parents (11)
Question de @mary :
Ma mère âgée de 90 ans m’a dit récemment qu’elle a un terrible secret sur sa famille dont elle ne nous a jamais parlé. Dois-je la pousser a se confier, pour ne pas peser sur les nouvelles générations par exemple, ou dois-je laisser ce secret à jamais voilé ?
Mes pistes de réponse :
C’est le plus souvent par inconscience des risques encourus qu’une personne consent à recevoir un secret d’une autre personne.
A contrario, révéler un secret de famille, est un acte courageux de la part d’un être qui ne consent plus à demeurer l’otage d’un autre.
J’ai le sentiment que vous vous donnez une responsabilité qui n’est pas la vôtre : le secret de votre mère pèse avant tout sur elle, il est comme un deuil indicible qu’elle a enfoui à l’intérieur d’elle-même comme on enfouirait un fantôme, et qui la hante depuis de longues années. Ce qu’elle vous a dit vous montre qu’elle ressent le besoin de parler, elle n’attend donc que votre écoute pour se soulager. Il ne vous reste plus qu’à l’accueillir avec simplicité et ouverture dans ce qu’elle a à vous dire afin que cela soit enfin su par l’ensemble de votre famille. Prenez garde à ne pas consentir au secret, si elle vous le demandait, vous en deviendriez prisonnière à votre tour.
Les secrets sont à coup sûr des non-dits pathogènes (perte, injustice, crime, inceste, bâtardise) qui ne peuvent que produire de l’angoisse chez ceux qui les gardent plutôt que de les révéler. Ils produisent des morts non enterrés, des fantômes, qui poursuivent leur œuvre en silence en hantant les vivants qui ne parviennent pas à comprendre pourquoi ils vivent ce qu’ils vivent. Ils peuvent ainsi se transmettre de l’inconscient d’un parent à l’inconscient d’un enfant en pesant sur des générations successives.
En écoutant votre mère, vous lui permettrez – sans doute – de pondérer ses angoisses, ce faisant, vous contribuerez certainement, au soir de sa vie, à l’aider à partir en paix.
Et comme vous le pressentez vous même, vous permettrez aussi aux générations successives de ne pas demeurer hantées par des fantômes.
Être dépositaire d’un secret est le plus souvent mortifère, s’en libérer c’est s’ouvrir à la vie qui ne s’attarde pas avec hier. Se libérer d’un secret c’est se libérer d’un poids, d’un mort, c’est le révéler en le parlant afin de l’identifier consciemment. Le démasquer c’est le dire puisque sa force ne réside que dans la manière dont nous allons implicitement l’approuver à travers notre silence.
Comme l’écrivaient dans L’écorce et le noyau, les psychanalystes Nicolas Abraham et Maria Török, qui ont été les premiers à poser la question de la transmission psychique transgénérationnelle :
« Dans le ventre de la crypte se tiennent indicibles, pareils aux hiboux dans une vigilance sans relâche, des mots enterrés vifs. Tous les mots qui n’auront pu être dits, toutes les scènes qui n’auront pu être remémorées, toutes les larmes qui n’auront pu être versées. »
Pour aller plus loin, vous pouvez lire : Comment parvenir à guérir de son enfance ?
Merci pour votre réponse je me sens désormais plus a même d apporter une réponse juste à cette situation.
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Question de @whiteporpoise :
Merci pour tout ce que vous êtes et partagez.
J’ai coupé avec ma famille. J’ai écrit à ma mère au moins 2 fois que je ne voulais plus que l’on s’écrive, se voit ni se parle. Aucun membre de ma famille (car ils s’en mêlent tous, mon frère, mes sœurs) n’accepte. Mon frère me reproche de mettre la pression et est venu chez moi (heureusement je suis à randonner en itinérance). Ma mère est venue ou voulait venir.
Que dois-je faire ? Déménager, changer de ville ?
Que les étoiles scintillent pour vous.
Mes pistes de réponse :
Alice au chat du Cheshire :
« Voudriez-vous, je vous prie, me dire quel chemin je dois prendre pour m’en aller d’ici ?
Cela dépend en grande partie du lieu où vous voulez vous rendre », répondit le chat.
Ce que vous devez faire dépend donc de ce que vous voulez, de ce qui est vraiment important pour vous. Mais le savez-vous ?
Vous pouvez utiliser – de manière ferme et résolue – la procédure dite du « disque rayé » : répéter inlassablement à votre mère (et à votre famille), que vous ne souhaitez plus la voir, lui parler ou même lui écrire, que vous êtes déterminée, que c’est ainsi pour le moment et que si vous changez d’avis vous le lui ferez savoir. Auquel cas il n’y aurait rien d’autre à faire que de lui montrer votre résolution en n’entreprenant plus aucune sorte de discussion avec elle (ni avec votre famille).
Il est toujours légitime de fuir pour un être qui se sent en danger. Harcelée par votre mère comme par votre famille incapable de vous entendre et de vous respecter, il peut être juste de décider de vous mettre physiquement hors de portée d’eux, ce qui reviendrait à être résolue à « partir sans vous retourner » dans la perspective de mener votre vie à vous – enfin – à l’abri définitif d’influences que vous estimez toxiques. Auquel cas changer de ville ou de région peut être en effet une option salvatrice.
Mais vous pouvez aussi vous poser la question de ce qui nécessiterait votre fuite ? Qu’est-ce qui ferait que vous devriez vous considérer comme leur victime ? Qu’est-ce qui vous empêcherait de les regarder dans les yeux, non pas pour les agresser, mais pour parvenir à vous faire respecter d’eux ? Observez éventuellement en vous ce qui fait que vous n’y parvenez pas ? Que vous continuez de discuter à propos de sujets sur lesquels vous ne voulez plus discuter ? Que vous vous considérez en quelque sorte et malgré vous comme « leur chose » et non pas comme une femme libre et souveraine d’elle-même ?
Vous m’aviez récemment posé la question : « L’entourage peut-il avoir eu une telle force inhibitrice de notre être, qu’aujourd’hui nous en soyons à craindre et redouter nos capacités ? » La réponse est oui, certainement. Auquel cas c’est un travail psychothérapeutique qui pourra vous aider à trouver votre place légitime, notamment en apprenant à affronter votre mauvaise conscience à être par vous-même en prenant votre place.
Pour aller plus loin, vous pouvez lire : Doit-on prendre sur soi pour faire plaisir à l’autre ? et Consentement, responsabilité et respect de soi-même.
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Question de @whiteporpoise :
Peut-on écrire à sa famille : Je vous hais et je hais le lien qui nous unit.
Merci pour votre conseil.
Que Dame Nature vous enveloppe dans toute sa tendresse.
Mes pistes de réponse :
J’entends le besoin qui est le vôtre d’exprimer votre ressentiment vis-à-vis de votre famille à une personne qui vous écoutera, vous comprendra et ne vous jugera pas, par exemple à un thérapeute. Mais écrire à votre famille que vous la haïssez, pour qu’elle en garde la trace et s’en souvienne, pourrait-il être autre chose qu’une réaction hâtive ? Un besoin de vengeance actuel que vous pourriez regretter un jour ?
Je crois que – dans un monde régi par l’impermanence – il est nécessairement imprudent de tenir des propos définitifs à un autre, a fortiori à sa famille.
La haine n’est pas une liberté mais un assujettissement. Avez-vous déjà songé que votre haine pourrait être une dépendance négative à votre famille ? Il y a semble-t-il en vous un besoin interdit qui cherche à s’exprimer et vous contraint à la haine.
Derrière votre haine interdite se cache une blessure inavouée qui demande à être accueillie et écoutée grâce à un travail de connaissance de vous-même.
Vous ne devez rien à votre famille en ce sens que vous ne leur avez rien demandé, et en même temps, avez-vous conscience qu’elle est le moule à travers lequel il vous est permis d’être vivante ?
Quels qu’aient été les différents que vous avez pu avoir avec votre famille (et je sais que la vie en est riche), vous éprouverez peut-être un jour le besoin de leur dire « Je vous remercie pour ma vie ».
Il ne s’agit certainement pas de chercher à nier quoi que ce soit en vous, mais à moins de haïr votre propre existence, comment pourriez-vous haïr le moule qui l’a permise ?
Pour parvenir à effacer certaines traces de souffrances encore vives dans votre cœur, je vous invite à prendre par la main pour le chérir, l’enfant encore blessé qui est en vous. Une fois qu’il se sera senti accepté et aimé par vous, je peux vous affirmer que le regard que vous poserez sur les autres et le monde sera différent.
Pour aller plus loin, vous pouvez lire : Colère et refoulement dans l’éducation ainsi que Repérer les principes pernicieux de la pédagogie noire pour y remédier et Je suis envahie par la rage et la haine
Bonjour Monsieur,
Merci beaucoup pour votre réponse.
Après réflexion, il me semble (mais ceci n’engage que mon opinion) que votre réponse est à adapter à la personne qui vous écrit.
Si je n’étais pas venue au monde je n’aurais rien senti. Et pour tout ce que j’ai souffert “j’en serai bien heureuse”!
Je ne leur ai rien demandé et surtout pas à venir.
André Gide finalement a eu lui le courage de l’écrire !
Finalement, lorsque je vous ai écrit cela, la nième lettre pour ma mère était déjà partie. Et il me semble avoir terminé celle-ci par “je te hais, je te hais”. Par contre effectivement je ne l’ai pas écrit à mon frère et mes sœurs sur la réponse de deux personnes.
Je l’ai hurlé à vélo et quelque part tout cela m’a fait du bien. Peut-être que l’écrire à eux aussi m’aurait libérée. Même si je sais très bien que cela ne fait rien avancer. Au moins j’aurais exprimé pour une fois exactement ce que j’avais sur le cœur.
Effectivement je comprends que mon frère et mes sœurs ont été désignés par mes parents pour me haïr.
Aujourd’hui je ne leur en veux plus même si j’ai une énorme peine.
J’ai bien compris ce qui s’était passé, l’histoire de mes parents (bien qu’ils ne m’ait jamais raconté mais grâce à des remarques et anecdotes).
J’ai compris le rôle qui m’avait été assujetti.
Et quelque part j’ai une “chance”: c’est tout ce que cela m’a apporté et permis de vivre et découvrir. Mais si j’avais le choix je préférerais ne jamais être née.
Merci énormément pour votre aide et vos écrits. J’ai encore du travail avec mon psychologue.
Mon frère m’a battue devant tous sans que personne ne bouge car il me jugeait coupable. J’avais de nouveau énormément maigri et c’était le mariage de ma sœur. Aujourd’hui je peux enfin dire que non je n’ai pas régler mon anorexie de mes 16 ans.
Et pour la première fois j’ai pu l’exprimer au psychologue.
Splendide semaine à vous avec les ramages des hirondelles et la valse enchantée des chauves-souris. Que Dame Nature vous apporte sa douceur et son bonheur, Monsieur.
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Question de @pascal :
Mon père attachait beaucoup d’importance à l’effort. Rien n’avait plus d’importance à ses yeux. Aujourd’hui, j’ai peur de réussir, car cela signifierait que je n’ai plus d’effort à faire, donc plus aucune chance de satisfaire mon père.
Mes pistes de réponse :
Vous avez raison, le fonctionnement psychique est retors mais pour ne pas en être la victime, il ne faut pas en être pas dupe.
Dans votre soumission à devoir satisfaire votre père vous devez absolument faire des efforts (c’est ce qu’il vous a appris), en bon fils de votre père, vous assimilez donc toute réussite à l’effort.
Vous faites ainsi vraisemblablement partie de ces gens qui trouvent « courageuses », des personnes qui réussissent alors même qu’elles font simplement ce qu’elles ont le désir de faire.
Vous ne savez pas encore (vous ne l’avez pas vécu dans votre expérience personnelle) qu’il est possible de prendre soin de ses désirs en les traitant avec amour et délicatesse.
C’est à cette condition que vous parviendrez à réussir sans effort, en apprenant à gagner la confiance de vos désirs.
Le découvrir commence pour vous par mettre en évidence le fait que jusqu’à aujourd’hui vous avez préféré appartenir à votre père plutôt qu’à vous-même.
Peut-être est-il temps pour vous de découvrir ce que vous voulez vraiment ? Vivre une vie soumise aux injonctions de votre père ou devenir vous-même ?
Si vous aspirez à devenir vous-même, il vous faudra apprendre à désobéir à votre père donc affronter votre mauvaise conscience à le faire, pour découvrir que pour réussir vous n’avez qu’à trouver ce qui est important pour vous et non pas pour le petit enfant soumis à son père pour lequel vous vous prenez encore.
Trouvez un thérapeute compréhensif et empathique qui vous accompagnera dans cette démarche.
Pour aller plus loin, vous pouvez lire : Le petit enfant et le désir des parents
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Question de @marylene :
Ma mère âgée de 89 ans se plaint énormément car elle voit de plus en plus mal. Autour d’elle je vois diverses réactions, il y a ceux qui essaient de la consoler, ceux qui en ont marre et qui essaient de lui montrer qu’il y a bien plus malheureux qu’elle.
Quant à moi c’est plutôt la fuite, écouter une histoire, ne surtout jamais ouvrir les vannes en demandant « comment ça va ? »
Que faire ?
Mes pistes de réponse :
Ceux qui essayent de consoler votre mère ont un point commun avec ceux qui veulent lui montrer qu’il y a plus malheureux qu’elle : dans les deux cas, parce qu’ils ne l’acceptent pas telle qu’elle est, ils essayent de la changer – vainement – puisqu’elle est la seule à pouvoir y parvenir.
Votre mère est la seule à pouvoir faire peu à peu le deuil de sa vue, tant qu’elle exprime son refus de ce que les choses se déroulent comme elles se déroulent pour elle, elle se condamne à souffrir.
Peut-être – et c’est une hypothèse – est-il simplement difficile pour vous de l’écouter se plaindre parce que cela active chez vous votre impuissance à la soulager ?
Auquel cas les plaintes de votre mère seraient une opportunité pour vous de rencontrer votre propre impuissance pour l’accepter et par là-même – faisant la différence entre ce qui dépend de vous et ce qui ne dépend pas de vous, de saisir l’opportunité de découvrir ce qu’il vous est possible de faire pour elle ? Par exemple lui prêter vos yeux en lui lisant de temps en temps un livre qui pourrait lui plaire ?
Sinon je présume que vous avez opté pour l’attitude la plus sage en vous y prenant de manière à ne pas courir le risque d’ouvrir les vannes comme vous dites, puisque vous savez que vous pourriez vous retrouver facilement submergée.
Faire au mieux, c’est trouver un équilibre entre vous et elle qui ne soit ni trop douloureux pour elle, ni trop douloureux pour vous !
Pour aller plus loin, vous pouvez lire : Pour ne plus avoir peur de la bonté ni de l’impuissance…
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Question de @ronald :
Après avoir lu votre article sur la timidité, je me suis reconnu.
J’ai été victime de maltraitances quand j’étais enfant, j’avais droit à des coups de ceinture. Aujourd’hui, j’ai un manque de confiance en moi, je comprends que ma mère est un femme castratrice et qu’au fond de moi je suis sous son emprise.
Que faire ?
Mes pistes de réponses :
Il va vous falloir agir sur la base de ce que vous comprenez « au fond de vous », votre prise de conscience est donc votre premier pas.
Le second sera d’investiguer en vous-même de manière à découvrir précisément quels comportements, votre soumission à une mère castratrice, vous oblige à adopter encore aujourd’hui, par exemple avec votre femme (?) et les autres. Découvrir que vous êtes avec votre femme (?) et les autres, comme vous avez appris à être avec votre mère.
Votre manque de confiance en vous vous montre qu’aujourd’hui encore vous obéissez à votre mère dans la manière dont elle a réussi à vous faire douter de vous-même.
Votre travail se résume donc à sortir de l’influence de votre mère, autre manière de dire « en devenir libre » et, pour ce faire, regarder minutieusement la manière dont elle vous contraint en ce moment à l’intérieur de vous.
Pour sortir d’une emprise il faut d’abord se réconcilier avec le fait qu’on soit sous emprise, afin de comprendre ce que le fait d’être sous emprise nous oblige à faire, afin précisément de parvenir à ne plus le faire.
Pour aller plus loin, vous pouvez lire : Je me sens honteux, je suis éreutophobe et je rougis, que faire ?
Je vous sens à la croisée de votre chemin de vie entre vous choisir vous et votre mère. Vous avez des décisions importantes et aussi déchirantes pour votre survie. Je ne doute pas que vous avez des talents, que vous êtes une belle et bonne personne. Vous vous devez puiser au fond de vous le courage et la force de faire naître qui vous êtes. Vous ne pouvez pas changer votre mère, elle a son propre bagage de vie , et je ne dis pas de l’abandonner, mais vous pouvez changer l’orientation et votre relation avec elle. Ayez autour de vous des gens positifs, allez vers eux votre timidité s’en portera mieux. Mettez en route votre projet de vie pour vous et non pour votre mère. Vous n’avez qu’une vie, il est peut-être temps maintenant d’en prendre conscience et de la bâtir pour votre bonheur et épanouissement.
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Question de @anna :
Mon père est en EHPAD, j’ai l’impression de l’avoir complètement abandonné, il est dans un mouroir, peu de personnes s’occupent de lui, je n’ai pas les moyens de faire autrement, c’est un véritable chagrin qui m’habite comment puis-je faire ?
Merci à vous.
Mes pistes de réponse :
A l’impossible nul n’est tenu, même dans une relation avec un vieux père que l’on aime.
Pour parvenir à être en paix dans la relation à votre père, il va vous falloir commencer par l’action. Je m’explique :
Votre impression d’avoir « complètement abandonné » votre père est liée à votre sentiment d’impuissance à pouvoir l’aider.
Ne vous laissez pas dévorer par une émotion de culpabilité, par contre laissez votre chagrin vous habiter, c’est lui qui a la réponse à votre question.
La vérité c’est que votre père est en EHPAD et que cela vous effraie parce que vous l’aimez. Tant que vous refusez émotionnellement que votre père soit « dans un mouroir », votre accablement inhibe en vous toute capacité à agir.
Il vous faut donc focaliser votre attention non pas sur le fait que vous n’avez pas les moyens de faire autrement, mais sur la manière dont, compte tenu du fait que votre père est en EHPAD, il va vous être possible d’agir.
Un être qui aurait aimé en faire beaucoup plus pour un autre aura toujours des difficultés à envisager ce qu’il pourra faire a minima.
Ce minima est « ce que vous pouvez faire pour lui », compte tenu da la situation dans laquelle il est, alors je vous invite à le faire, plutôt que de vous laisser entraver par ce que vous pensez que vous auriez dû faire.
Pour découvrir qu’il se passe parfois des choses incroyables dans un EHPAD, lisez le témoignage de Martine : Avec vous, il n’y a pas de problème !
Si cet ehpad ne vous convient pas,trouvez la structure bienveillante où” l humanitude” est prioritaire..il y en a .mon frère de 70 ans était dans un ehpad pas très chaleureux,ni bientraitant( il y en a encore).il était ” enfermé ” en raison de sa maladie neurologique et son comportement. J ai visité dans le village voisin une structure très chaleureuse,dominée par les sourires et les câlins..mon frère y a été accepté en unité ouverte.depuis il y est bien.Je suis ravie qu il soit à présent bien accompagné, entouré..il a le droit à des bains.il fait du sport ,participe à un atelier mémoire. Il fait de la sophrologie.ce jour une thérapeute de l extérieur vient lui proposer un massage du dos qui le fait souffrir.il voit également un kiné, une orthophoniste et une psychologue….il se promène dans le parc chaque jour et participe à beaucoup d activités et de sorties.la famille et les amis l emmenent régulièrement..
Bref il a retrouvé le sourire même s il preferre sa maison..malgré les gros manques de personnel,cet ehpad est très chaleureuse autour des 130 résidents..
Il y fait bon vivre..
C est tellement bon de savoir mon frère dans ce lieu de Vie!!
Anna,Cherchez ,vous allez trouver…et la culpabilité va s envoler…Elizabeth
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merci elizabeth pour votre message. mais je crains en ce qui concerne mon pere cela soit deja trot tard il a plus de 86 ans et la maladie est bien installée..je n’ai plus qu’a accepter l echeance
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Question de @jonathan :
Depuis la naissance de mon enfant (7 mois), la relation avec mes parents septuagénaires se dégrade alors que leur santé est inquiétante.
Une fois par semaine, ma mère garde notre fille, mais nos désidératas (sur le type de nourriture, de jeux, de rythme) ne sont pas respectés. Quand je tente le dialogue, elle fait intervenir mon père en culpabilisateur.
La rupture semble inévitable, mais j’ai peur du traumatisme et des accusations de ma sœur en cas de mort sans réconciliation. Je me sens coincé.
Mes pistes de réponse
Vous ne vous sentez pas respecté parce que vous ne l’êtes pas.
La rupture sera en effet d’autant plus inévitable que vous continuerez de vous mettre dans une situation de dépendance avec des personnes qui ne respectent pas vos demandes et cherchent à avoir un effet sur votre mauvaise conscience.
Si les accusations de votre sœur vous mettent à mal et que vous vous sentez coincé, c’est simplement parce que vous n’avez pas encore pensé à devoir faire un choix.
En ne demandant plus à vos parents de garder votre fille une fois par semaine, en prenant une certaine distance avec eux, vous ne leur fournirez plus l’occasion de vous critiquer d’une manière qui vous est insupportable (peut-être même qu’ainsi, votre père ne ressentira-t-il plus le besoin de vous culpabiliser puisque vous aurez moins l’opportunité de le contredire.)
C’est ainsi que vous pourrez garder un équilibre relatif avec eux, équilibre qui vous permettra de ne plus ressentir le besoin de rompre, auquel cas vous ferez l’économie de votre mauvaise conscience.
A contrario penser que vous avez nécessairement besoin de recourir aux services de parents par lesquels vous ne vous sentez pas respectés dans vos demandes, ne peut que mettre à mal votre relation à vous-même comme votre relation à vos parents.
Pour aller plus loin, vous pouvez lire : À propos des parents aux comportements toxiques
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Question de @whiteporpoise :
J’ai coupé toutes relations familiales. Mais ils essaient toujours de me contacter, de me faire culpabiliser. Cela me chamboule, me provoque des cauchemars.
Comment sortir de ce cercle infernal ? Je leur en veux encore. Pourtant je me dis que je leur pardonne, cela ne me sert à rien.
Mes pistes de réponse :
Oui, vous vous sentez d’autant plus fragile que vous êtes ambivalente. C’est parce que vous êtes divisée que vous avez une vraie difficulté à mettre une limite à ceux qui vous harcèlent.
Rester fidèle à soi-même et à ce que l’on ressent ici maintenant c’est progresser, plutôt que de se raconter qu’on ne devrait pas en vouloir aux autres et de leur en vouloir en culpabilisant.
Vous avez raison, vous dire que vous pardonnez ne vous sert à rien d’autre que de rester dans la confusion. Pour faire confiance à ce que vous ressentez, avancez pas à pas, ce qui vous aidera à faire un choix, et souvenez-vous qu’au besoin, vous réajusterez les choses plus tard.
Si vous voulez une chose et son contraire, vous ne pouvez que vous perdre !
Pour aller plus loin, vous pouvez lire : Ressentiment ou responsabilité
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Question de @sandra :
Comment sortir d’une relation toxique (ambiance incestuelle père-fille) ?
Mes pistes de réponse :
L’ambiance incestuelle créé un climat propice à la confusion et à l’absence de limites qui sera d’autant plus pervers que son auteur le niera systématiquement.
Ce climat s’exprime avec des gestes, des regards, des mots sous entendus, de l’humour déplacé, des comportements (violents ou doux), qui se présentent souvent sous le jour de la liberté, pire encore de la normalité.
Pour mettre en évidence un tel climat il faut donc à la fois avoir des repères solides et des certitudes. Il faut aussi du courage puisque souligner de tels comportements, les dénoncer, c’est courir le risque d’être démenti(e), ridiculisé(e), stigmatisé(e) ou même banni(e).
C’est aussi courir le risque que ce qui est considéré comme ridicule se transforme en culpabilité pour la personne qui le subit.
Le climat incestuel est nécessairement poisseux puisqu’il se nourrit de ce qui est inapproprié, douteux et immoral. Il se nourrit aussi du doute, de la sincérité et de l’honnêteté de la personne qui le subit et cela pour la perdre.
Vous comprendrez que pour commencer à en sortir, la personne qui vit une telle épreuve, aura besoin d’un allié, un témoin (ami, thérapeute) sur lequel s’appuyer et qui validera ses doutes en la croyant.
Pour aller plus loin, vous pouvez lire : Pédophilie, pédocriminalité et perversion
Et regarder cette vidéo :
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Question @anonyme :
Comment puis-je faire comprendre à mes parents qu’ils sont complètement cons ?
Mes pistes de réponse :
La première chose à faire c’est de comprendre que si vous souhaitez changer vos parents c’est parce que vous les considérez encore comme responsables de votre souffrance.
En les considérant comme responsables de votre souffrance – paradoxalement – vous leur donnez beaucoup de pouvoir.
Parallèlement il est vrai que de vouloir que son enfant soit conforme à ce que l’on veut qu’il soit est absurde et déraisonnable puisque nous sommes tous uniques et différents.
C’est en vous donnant le droit d’être qui vous vous sentez être que vous n’éprouverez plus le besoin de changer vos parents, donc que vous en deviendrez libre.
Pour aller plus loin, vous pouvez lire : Repérer les principes pernicieux de la pédagogie noire pour y remédier et aussi : Comment gérer celui qui dit du mal de nous ?
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Relations d'aide (2)
Question de @floggy :
Est-il possible d’utiliser le mimétisme en miroir avec des personnes handicapées afin de leur faire prendre conscience qu’elles se parlent mal entre elles ?
Mes pistes de réponse :
Avant toute chose il me semble important de savoir ce que vous voulez faire avec elles, c’est-à-dire de savoir quel est votre rôle ? Aider des personnes handicapées à faire avec leur handicap, y compris dans leurs relations sociales, ou chercher à les éduquer pour les changer ?
Votre rôle est-il de réussir à faire en sorte que ces personnes ne se parlent plus mal ? Ou, plus humblement – compte tenu de leur handicap – de savoir les prendre d’une manière suffisamment non dramatisante pour parvenir à ce que le fait qu’il arrive à ces personnes de se parler mal ne soit plus un problème pour elles ni pour vous ?
Cela pour faire l’hypothèse qu’il est possible que vous souhaitiez éduquer ces personnes parce que leurs comportements vous déplaisent et vous sont trop difficiles à gérer ?
Puisque nos neurones miroirs, s’activent quand on fait quelque chose ou qu’on regarde une personne faire quelque chose, il va vous falloir, en tant qu’aidante, prendre toute votre responsabilité par rapport à ce phénomène : oser être à la fois en écoute active et en empathie avec ces personnes handicapées, vous adapter à elles, quels que soient leurs comportements, ce qui est – à ce niveau – assez éloigné de chercher (de près ou de loin) à les faire évoluer.
Et là – grâce à votre patience et aux neurones miroirs – peut-être découvrirez-vous des changements inespérés ?
En voulant obtenir des changements des personnes handicapées, en voulant les éduquer, vous courez le risque de l’épuisement. Par contre en restant vous-même, consciente des comportements professionnels qui vous sont demandés, sans trop vous soucier des comportements des personnes dont vous vous occupez, je fais le pari que vous resterez une professionnelle à la fois satisfaite et équilibrée.
Pour aller plus loin, vous pouvez lire : Comment aider une personne handicapée mentale lors de l’annonce d’un décès ?
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Question de @dida :
Quel est le rôle de l’enseignant face à l’élève immature ?
Quelle éthique doit-il adopter ?
Mes pistes de réponse :
Tant que l’enseignant, accablé par ses émotions personnelles, pense que son élève devrait être mature quand il est immature, il ne peut pas lui apprendre.
L’éthique de l’enseignant est de tout mettre en œuvre pour que l’élève se sente accueilli tel qu’il est, c’est à cette condition que – se sentant accepté – l’élève pourra ressentir le désir de s’élever jusqu’à lui donc d’apprendre.
C’est donc au pédagogue à s’adapter pour aller chercher l’élève au niveau où il est, et non l’inverse. Cela lui demandera donc une qualité de cœur : la patience.
Krishnamurti disait :
« L’éducation consiste à comprendre l’enfant tel qu’il est, sans lui imposer l’image de ce que nous pensons qu’il devrait être. »
Pour aller plus loin, vous pouvez lire : Éduquer ou dresser et aussi Oser être un prof de français heureux
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Réponses à paraître prochainement (2)
Question de @minka :
J’ai découvert que ma fille 15 ans se scarifie. J’ai pris le rdv chez une psy (elle a accepté d’y aller après des nombreuses longues discussions). Elle me dit être malheureuse depuis toujours. Je suis désespéré car je la voyais heureuse, belle, pleine de vie. Nous n’avons pas eu des problèmes majeurs, pas de divorce, pas de déménagement, pas de conflit dans le couple, pas de problèmes financiers… quand je la questionne elle me dit qu’elle ne s’aime pas.
Avez-vous une piste de réflexion ?
Mes pistes de réponse :
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Question de @jeanne :
Le père de ma fille m’a inlassablement dénigrée auprès d’elle, interdisant notre affection et lui imposant d’exiger de moi des pensions pour lui et pour elle. Les juges s’opposaient au père et ma fille a longtemps résisté. Mais à 14 ans, face aux violences physiques et verbales, elle a mimé son comportement. À sa majorité, j’ai pris des distances pour me protéger, étant handicapée. A 20 ans, elle m’appelle à l’aide. J’ai peur d’eux. Que dois-je faire ?
Mes pistes de réponse :
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