à propos des parents aux comportements toxiques

Faut-il rester soumis à ceux qui ne nous respectent pas ?

Quel avantage y a-t-il à être attentif à la toxicité de ses parents ?

« Plus le niveau spirituel de l’éducateur est pauvre, plus sa morale est incolore, plus grand sera le nombre des injonctions et interdictions qu’il imposera aux enfants, non pas par souci de leur bien, mais pour sa propre tranquillité et son propre confort. »

Janus Korczak(1)

« C’est notre propre exemple qui apprend à l’enfant à mépriser tout ce qui est faible. »

Janus Korczak

Récemment je conversais avec une personne qui me disait que l’appellation « parents toxiques » qu’elle rencontrait ici et là sur internet lui semblait exagérée, que bien sûr ses parents n’étaient pas parfaits et qu’elle avait été malmenée par eux (comme nous tous, disait-elle), mais que cela ne l’empêchait pas de vivre « normalement. » Elle ajoutait que l’égoïsme faisait des ravages aujourd’hui et que puisque tous les parents avaient eu, eux aussi, leurs problèmes avec leurs propres parents, il était normal de les respecter et de les aimer en leur montrant présence et affection.

Elle estimait aussi que c’était le plus souvent « de bonne foi » qu’un parent obligeait son enfant à agir, qu’il le punissait « pour son bien », et que le simple fait que nos parents nous aient donné la vie et qu’ils aient eu leurs lots de peines et de soucis, justifiait à lui seul notre devoir de reconnaissance et de respect à leur égard.

Alors, devons-nous obligatoirement aimer et respecter nos parents ?

Est-ce que le fait de faire « ce que l’on peut, comme on le peut » mérite le respect ? La volonté de bien faire aboutit-elle obligatoirement à « faire le bien » ?

Avoir peur de convenir que les « parents toxiques » existent, c’est croire qu’il est interdit de « toucher » aux parents sous le prétexte qu’ils sont des parents. Or il existe des parents respectueux de la personnalité et des besoins réels de leurs enfants mais aussi des parents aux comportements déviants, donc nuisibles, dans un monde qui a bien du mal à les repérer.

C’est donc par respect pour tous les parents respectueux de leurs enfants que nous allons tenter de comprendre ce que c’est que la toxicité d’un parent.

Qu’est-ce qu’un parent toxique ?

Bien sûr, on pense immédiatement aux parents alcooliques, coupables de sévices physiques ou d’abus sexuels sur leurs enfants. Ce sont là des comportements extrêmes qui ne doivent pas masquer la toxicité de parents plus « ordinaires » qui sont dominateurs, critiques, méprisants et/ou manipulateurs, et font ainsi preuve d’une toxicité insidieuse qui leur semble naturelle, persuadés qu’ils sont de la légitimité de leur comportement envers leurs enfants.

Les parents inconscients de leurs actes n’ont que rarement l’impression d’être véritablement nuisibles à leurs enfants. Ils sont certains de les aimer suffisamment et ils ne pensent pas pouvoir les maltraiter alors qu’ils sont en train de les humilier par exemple. Sous les apparences de l’éducation, les propos tenus aux enfants sont trop souvent des violences ordinaires qui conduisent à l’opposé de l’intention supposée de l’éducateur.

Par exemple une mère qui passe son temps à répéter à sa petite fille qu’elle va tomber dès qu’elle bouge est un parent toxique inconscient, en ce sens que son angoisse bride l’énergie de vie de son enfant.

En fait, ces parents inconscients s’emploient à infantiliser et à détruire leurs enfants avec des gestes et des paroles négatives, des décisions dévalorisantes parce qu’elles favorisent la dépendance et la perte de confiance en soi-même. C’est ainsi qu’ils provoquent, chez l’enfant sans défense, des dommages émotionnels qui s’insinuent peu à peu dans son être.

Cette façon inconsciemment perverse d’agir, trouve sa principale efficacité dans la répétition, qui structure peu à peu la personnalité de l’enfant, le fait souffrir en le persuadant que sa nature originelle est inadaptée et instille chez lui les poisons de la mauvaise conscience, de la peur et de la culpabilité.

Une toxicité ordinaire : le déni du vécu de l’enfant.

Un enfant tombe en courant dans la rue, il se fait mal, j’oserais dire il se fait « naturellement mal » ; son parent, le plus souvent culpabilisé dans son rôle, lui dira peut-être que ce n’est rien et qu’il n’a pas mal. Il veut le convaincre que la douleur qu’il ressent est moins importante que son désir qu’il aille bien. L’enfant, divisé intérieurement entre son ressenti douloureux et son désir d’être à la hauteur de ce qu’il sent important pour son parent, minimisera sa sensation de douleur en la ravalant, apprenant par là même que dans le choix entre ce qu’il sent par lui-même et ce que son parent lui dit qu’il doit ressentir, il a toujours intérêt à se conformer à la perception de l’adulte s’il veut être aimé, (et un enfant a besoin de se sentir aimé).

Plus tard, devenu adulte, ayant été pour ainsi dire formé à la confusion entre ce qu’il sent de lui-même et ce que sentent les autres de lui, il se méfiera de son propre ressenti et n’osera pas, par exemple, s’engager dans une relation amoureuse parce qu’il n’a jamais eu le droit, dans son enfance, de vivre ses propres émotions et en a très peur. Un homme de 40 ans peut ainsi refouler son désir homosexuel pour ne pas faire de la peine à sa mère. Cet homme croit aimer sa mère alors qu’il est soumis aux peurs de cette femme. Et c’est clair que du côté du parent, on ne peut pas parler d’amour quand on se permet de critiquer les choix de vie de son enfant devenu adulte.

Pourtant quel parent n’est pas un jour ou l’autre tombé dans le piège du « J’ai fait ça pour son bien » qui lui a permis de légitimer son action maladroite, pour ne pas dire maltraitante ?

Certains s’y enferment en n’en démordant pas ; ce faisant, ils deviennent des parents toxiques parce qu’ils ne voient les besoins de leurs enfants qu’à travers leurs besoins à eux, c’est ce que l’on appelle parfois une attitude « incestuelle », parce qu’elle fait obstacle à la séparation en empêchant l’enfant de se développer par lui-même donc d’accéder à son autonomie réelle.

Le parent respectueux de son enfant se remet en question et découvre (parfois même douloureusement) que, puisque son enfant n’est pas lui, il ne lui appartient pas. Il convient alors qu’il ne peut pas toujours savoir « ce qui est bon pour lui ». Il découvre en fait que, dans la plupart des cas, aimer son enfant c’est le laisser faire ce qu’il croit bon pour lui, quand bien même le parent est persuadé – à un moment donné – du contraire.

Wayne Dyer(2) disait : « L’amour est la capacité et la volonté de laisser ceux pour qui on a de l’affection être ce qu’ils choisissent d’être sans exiger que leur comportement vous donne satisfaction. »

Pour permettre à une personne de grandir, il faut la laisser commettre ses propres erreurs, donc la laisser tirer par elle-même les leçons de ses propres expériences.

La fille d’une amie est particulièrement désordonnée. Elle pose les objets n’importe où et passe son temps à les chercher. Le jour où le fait de ne pas retrouver sa carte d’étudiant à temps l’a empêché de passer un examen, elle a eu un choc suffisant pour se donner les moyens de changer. Lui avoir dit et répété que l’ordre est important n’avait servi à rien pendant des années.

C’est la preuve que l’expérience de l’autre n’a jamais été utile à personne. Pour apprendre à se relever, il faut être tombé, et plus un enfant grandit, plus il est à même de s’enrichir à travers ses expériences.

C’est notre peur (égoïste) de parent, qui nous contraint de croire que d’agir « pour le bien de notre enfant » s’appelle l’aimer. Ainsi empêcher un enfant de commettre certaines erreurs c’est lui voler l’outil de sa propre croissance, et c’est ce que les parents « toxiques » ne peuvent ni ne veulent pas voir.

Face à l’erreur de son enfant, le parent toxique râle, crie et lui assène qu’il n’aurait pas dû la commettre sous le prétexte qu’il l’avait prédite à plusieurs reprises ; le parent aimant – lui – comprend, soutient et accompagne alors même qu’il avait envisagé la possible erreur de son enfant, parce qu’il sait qu’il n’y a pas un domaine de l’existence où l’apprentissage ne passe pas par l’erreur.

Bien sûr, si votre enfant de 5 ans se penche par la fenêtre du 3ème étage, vous n’allez pas attendre qu’il tombe pour intervenir rapidement et sans lui demander son avis ; mais s’il a 17 ans et qu’il vit une liaison amoureuse avec une personne qui vous déplaît, le respecter – donc l’aimer – c’est avoir le tact et la douceur de « faire avec » la liaison qui est la sienne.

Les parents toxiques sont donc ceux qui, parce qu’ils sont persuadés du bien fondé de leurs jugements sur les autres, les imposent. Ils font à leur enfant un chantage à l’amour qui se traduit par cette fausse loi inconsciente : « J’ai nécessairement tort quand je ne pense pas ou n’agis pas conformément à la volonté de mon parent qui m’aime. »

Or qu’est-ce qui fait qu’un enfant se sent aimé ?

Un enfant « se sent aimé » par ses parents non pas parce que ceux-ci le lui disent, mais parce qu’il n’a pas besoin d’avoir peur de leurs réactions. Il se sent donc accepté tel qu’il est.

Pour que cette sécurité soit rendue possible à l’enfant, il faut que son parent soit lui-même autonome, c’est-à-dire capable de comprendre et de sentir que les émotions que le comportement de son enfant fait naître en lui (peurs, inquiétudes, angoisses), trouvent leur origine dans sa propre histoire. Ce dont les parents toxiques ne sont pas capables.

Un enfant dont les parents auront développé une réelle autonomie par rapport à leurs émotions, deviendra à son tour capable de développer une réelle autonomie : il pourra avoir ses propres convictions, ses propres sentiments, il sera capable d’être « vrai avec lui-même », il se définira par lui-même en faisant ses choix de vie propres, en accord ou non avec ses parents.

A l’inverse, un parent toxique « crée » le plus souvent des enfants conciliants et soumis qui ignorent leurs propres besoins parce qu’ils les pensent égoïstes. Mais parfois aussi les enfants de parents toxiques réagissent à la maltraitance en se rebellant pour survivre, ils sont alors injustement traités de « méchants » par leurs géniteurs. La peur de l’enfant, issue de la toxicité du parent, l’aliène, l’isole et le referme en créant en retour l’irrespect et la haine qui renforcent la toxicité du parent, dans un tragique cercle vicieux.

Quels que soient leurs comportements, tous ces ex enfants de parents toxiques, une fois devenus adultes valident et minimisent le plus souvent les attitudes maltraitantes de leurs géniteurs par des formules comme : « J’ai reçu quelques baffes mais je les méritais bien, ça m’a forgé le caractère, j’étais un enfant difficile. »

Ce serait trop terrible pour eux d’admettre qu’ils ont été mal aimés étant enfants, de renoncer à l’illusion de l’amour.

C’est au contact de son parent qu’un enfant développe (ou ne développe pas) sa confiance en lui-même et pour que l’enfant développe cette confiance, il faut que son parent le respecte. On pourrait ainsi dire qu’un parent qui respecte son enfant sera nécessairement respecté par lui car l’amour inspire et permet l’amour en retour.

Un enfant respecte naturellement son parent quand il a confiance en lui et c’est cette confiance en lui qui lui permet – par exemple – de ne pas avoir besoin de lui mentir ou de dissimuler (des mauvaises notes à l’école, par exemple.)

Pour un parent, convenir qu’il a pu avoir des attitudes toxiques envers son enfant est une grande opportunité pour lui permettre de réparer certains de ses manquements lorsque cet enfant entre en adolescence.

C’est dans ce contexte qu’un de mes amis me disait : « Parler à un adolescent, ce n’est pas lui dire : « Maintenant je suis là pour t’aider », mais lui dire la phrase complète : « Je sais qu’à des moments, je n’ai pas été là quand tu m’attendais mais maintenant je suis là. » parce que cela seul est générateur de confiance et d’amour. Et le moment de l’adolescence de son enfant pour un parent est un moment propice. En s’y prenant bien, en écoutant beaucoup sans juger, il peut soigner des blessures anciennes.

En réponse à ceux qui pensent que la maltraitance « n’a jamais fait de mal à personne ».

Sous-entendre que « le fait d’avoir été malmené ne nous empêche pas vraiment de vivre normalement », revient à dire aux victimes qu’elles n’ont qu’à se taire et souffrir en silence.  Ne pas croire les victimes, c’est donner de la légitimité aux bourreaux. De même, ne pas oser s’ouvrir à la victime que l’on a été, c’est emprisonner sa colère à l’intérieur de soi-même et prendre le risque de devenir un prédateur pour les autres.

Qu’est-ce que vivre « normalement » ?

Est-ce vivre « normalement » que de craindre – comme tant de gens – le conflit, parce qu’il a toujours été résolu pour nous à travers un rapport de force en notre défaveur ?

Est-ce vivre « normalement » que de croire que le meilleur moyen de persuader un enfant de ne pas recommencer une bêtise c’est de l’en rendre honteux et de le culpabiliser parce que nous en avons nous-mêmes été rendus honteux et culpabilisés ? Ou de lui donner des baffes parce que nous-mêmes en avons reçu dans des contextes similaires ?

N’est-il pas toujours légitime pour une personne qui souffre d’exprimer, de crier même parfois sa souffrance ? Devons-nous expliquer aux victimes qu’elles doivent se taire parce que leur souffrance remet en cause une sacro sainte croyance qui dit que le parent a toujours raison ? Devons-nous penser que les femmes qui, au siècle dernier, ont osé remettre en cause l’autorité de leur époux auraient mieux fait de se taire ? Et si non, pourquoi ce qui a pu nous sembler légitime pour une épouse ne le deviendrait-il pas pour un enfant ou un ex enfant devenu adulte ?

Autant de questions qui – si nous osons nous les poser – nous aideront à convenir que personne, jamais, ne mérite la violence ni la maltraitance, qu’elles soient physiques ou psychologiques.

Ce sont les personnes qui ont été maltraitées qui sont réduites à penser que les claques et les humiliations n’ont jamais fait de mal à personne (pour surtout ne pas s’avouer que leurs parents étaient toxiques.)

Nous vivons une époque dans laquelle nous osons enfin remettre en cause certains tabous qui nous contraignaient jadis à la complicité et à la « loi du silence. »

La condition de la possible remise en cause de nos propres comportements erronés (soi-disant aimants), passe par la constatation de nos erreurs et de nos maladresses et cette constatation passe également par la remise en cause de la possible toxicité des comportements de nos parents, car il est toujours légitime de reconnaître la toxicité d’un acte, fût-il celui de nos géniteurs.

Si nous observons notre enfant de manière neutre, comment ne pas remarquer qu’il est déjà bien ennuyé d’avoir cassé la bouteille de lait sur le carrelage de la cuisine. Comment ne pas remarquer que de lui dire : « Eh bien bravo, tu peux être content, quel maladroit tu fais ! » c’est lui infliger la cruelle injustice d’une double peine.

Il est important pour le parent de découvrir que son attitude culpabilisatrice et moqueuse (comment l’enfant pourrait-il « être content » de sa maladresse ?), n’est que la rançon présente de la manière dont à l’époque où il était lui-même enfant, il s’était senti humilié par ses propres parents et avait été obligé de considérer cela comme une marque d’attention à son égard (ce qui vaut mieux pour un enfant que de ne pas se sentir exister aux yeux de son parent.)

Pour que tous les membres d’une famille apprennent peu à peu à vivre ensemble dans le respect et l’amour, il leur faut ne plus avoir le besoin de se manipuler les uns les autres sous le prétexte qu’il est douloureux de reconnaître ses maladresses. Et ce travail est à initier par le parent qui montre l’exemple et qui dira par exemple à son enfant : « Viens, on va nettoyer ensemble, et je vais te montrer comment tenir cette grosse bouteille… » reconnaissant par là que la bouteille est difficile à prendre pour lui.

N’est-il pas légitime de ne pas nous laisser manipuler par le comportement égocentrique et totalitaire de notre vieille mère qui nous en veut parce que nous lui disons devoir partir, à l’issue d’une visite que nous lui avons faite, au sortir de notre travail, entre les courses et le dîner à préparer à la maison pour notre propre famille ? N’est-il pas légitime de ne pas tenir compte de ses plaintes quand elle nous les présente sous la forme d’un insupportable chantage ?

Pourquoi la parentalité comme la vieillesse devraient-elles donner des droits spécifiques ? Ne devons-nous pas tout bonnement réfléchir et apprendre à nous situer, c’est-à-dire à trouver la réponse juste face à la nocive inconscience de l’autre ? Et pour trouver la réponse juste à la toxicité, ne faut-il pas d’abord apprendre à la reconnaître comme telle ?

Dans le cas de la vieille mère « abusive », ce peut être d’y aller une fois par semaine, pas plus, de mettre en place un réseau d’aide et d’être très ferme sur ses limites.

En conclusion :

Pour pouvoir devenir peu à peu de plus en plus responsables de nous-mêmes, donc pour oser regarder nos propres imperfections en face, il nous faut commencer par balayer devant notre porte, ce qui revient à dire renoncer (au moins en partie) à notre propre tranquillité et à notre propre confort, (c’est-à-dire reconnaître nos comportements toxiques.)

Il est vrai que l’égoïsme fait des ravages aujourd’hui, mais nous ne parlons pas tous du même égoïsme. S’ouvrir à l’altérité, c’est commencer par arrêter de cautionner une culture judéo chrétienne dévoyée qui veut nous faire croire qu’il est égoïste de vouloir penser à soi comme de se préserver soi-même. L’égoïsme c’est de vouloir que l’autre se comporte comme soi. L’égoïsme, c’est l’intolérance de celui qui ne peut pas voir plus loin que le bout de son besoin à lui.

Convenir de son égoïsme est a priori impossible pour le prédateur, et c’est pour cela que nous devons apprendre à reconnaître, pour éviter de continuer à les subir, les comportements toxiques et pervers des autres, et en particulier ceux de nos parents (s’ils les ont eus ou les ont toujours).

Notes  (source Wikipédia) :

(1) Janus Korczak : Médecin-pédiatre et écrivain polonais. Avant la Seconde Guerre mondiale, il est une des figures de la pédagogie de l’enfance les plus réputées. Il laisse son nom à la postérité pour avoir choisi délibérément d’être déporté vers Treblinka avec les enfants juifs du ghetto de Varsovie dont il s’occupait dans un orphelinat.

(2) Wayne Dyer : Psychologue, conférencier et auteur de renommée internationale dans le domaine du développement personnel.

PS : Au moment où je mets cet article en ligne, je lis le livre de le Docteur Muriel Salmona « Le livre noir des violences sexuelles », qui vient de paraître aux éditions Dunod et dont je ne saurai trop vous recommander la lecture.

Il y figure un passage qui éclaire la culture de beaucoup de personnes réticentes à convenir de la toxicité possible du parent. Le voici :

« De fait, l’enfant est encore trop souvent considéré comme la propriété de ses parents, auquel il doit respect et obéissance quoi qu’il arrive. Rappelons que jusqu’à la date récente du 5 mars 2002, l’article 371-1 du code civil sur l’autorité parentale, inspiré du cinquième des dix commandements bibliques, commençait en stipulant : « L’enfant, à tout âge, doit honneur et respect à ses parents. » Modifié, il commence maintenant par : « L’autorité parentale est un ensemble de droits et de devoirs ayant pour finalité l’intérêt de l’enfant, » l’article 371-1 précisant que cette autorité parentale « appartient aux père et mère jusqu’à la majorité ou l’émancipation de l’enfant pour le protéger dans sa sécurité, sa santé et sa moralité, Pour assurer son éducation et permettre son développement, dans le respect dû à sa personne. Les parents associent l’enfant aux décisions qui le concernent, selon son âge et son degré de maturité. »

© 2013 Renaud PERRONNET Tous droits réservés.

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Après avoir lu cet article, je vous conseille vivement de faire le test :

Pour sentir de très près la toxicité des parents à l’œuvre, vous pouvez vous procurer les films éloquents :

Vous pouvez également télécharger les fiches pratiques inédites :

Et lire :

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Vous trouverez ci-dessous la liste des écrits sur les relations aux enfants parus à ce jour :

CC BY-NC-SA 4.0 à propos des parents aux comportements toxiques par Renaud Perronnet est sous Licence Creative Commons Internationale Attribution-Pas d'utilisation Commerciale-Partage à l'identique 4.0 .

546 réflexions au sujet de « à propos des parents aux comportements toxiques »

  1. dexterino

    Bonjour,
    Je sais que je vais paraître ridicule, mais je ressens une telle douleur en ce moment que j’ai besoin de l’exprimer et de comprendre ma situation.
    Voila, j’ai 30 ans, et toute ma vie j’ai eu une relation plus ou moins conflictuelle avec mes parents et surtout ma mère et malgré le fait qu’elle s’occupe de quasiment toute ma vie (d’ailleurs je suis presque incapable de m’organiser en quoi que ce soit), j’ai l’impression qu’il n’y a aucun amour réel de sa part, une sorte de « robot maman », qui fait tout bien comme il faut. Bien que je n’ai jamais été maltraité, toujours entretenus convenablement quand j’étais enfant et ados, je me retrouve dans les exemples que vous donnez dans votre article.
    D’abord par rapport au conséquence qu’une tel relation peut avoir sur un adulte :
    Je suis incapable d’avoir une relation amoureuse sérieuse, je suis incapable de prendre des risques, j’ai un égo minable et aucune confiance en moi.
    Pourtant, je suis informaticien, je suis pas dégeux physiquement et j’ai une grande facilité à me faire des amis.
    Ensuite par rapport aux exemple de comportement que vous avez donner :
    Mes parents ont toujours mis un focus sur ma situation à l’école, j’avais l’impression que c’était la seul chose qui comptait pour eux, mon père me répétait que j’allait finir clochard si je n’était pas bon. Et c’est maintenant le cas avec mon travail. Le « c’est pour ton bien » était la norme. Par exemple, quand j’avais 8 ou 9 ans, j’était un peu turbulent a l’école (je parlais beaucoup en classe et était souvent puni). La réaction de ma mère à été de demander à ce que la convocation auprès de la prof (dont j’avais une peur folle) se passe le jour de mon anniversaire sans me prévenir a l’avance bien sur. Mais c’était pour mon bien… Quand je refusait qu’ils entre dans ma chambre, il le faisait quand même, parce que leur raisons était plus importante que ma volonté. Il fallait qu’il me fasse la leçon sur des choses « importantes ».
    Ados, jamais je n’ai ressenti de la fierté de la part de mes parents, ni d’amour inconditionel comme je l’ai observer chez mes amis et dans ma famille. Il s’occupait de moi comme de « bon parents » (argent de poche, cadeau de noel etc…) mais jamais un « je t’aime », jamais un « je suis fier de toi ». Quand j’avais des bonnes notes à l’école c’etait un « c’est bien mon fils » et un petit cadeau, mais jamais de cadeaux pour le simple plaisir de m’en offrir.
    Ensuite quand j’ai commencé a me rebéller a l’adolescence, c’etait la guerre a la maison, et à chaque fois des reproches qui m’énervais et une volonté de me controller, et des que je commançais à haussé la voie, mon père intervenait et imposait son autorité « tu ne parles pas comme ça a ta mère » (avec menace physique), à partir de la, que j’ai eu raison ou tord, j’avais « perdu ». Je me suis même battu avec mon père a cause de cela, autant vous dire que depuis ma relation avec mon père est vide de sentiments.
    Des petites humiliation discrète quand on était en famille, dire des choses génante sur moi pour se moquer par exemple. Un jour lors d’une réunion de famille, je me suis disputé avec ma cousine (que j’adore d’ailleurs) parce qu’elle m’embétait et je l’ai insulté, sa mère a fait un scandale et ma mère m’a pris pendant 2 heures seul dans la chambre en répétant « la honte, la honte, la honte ». Comme si tout ce qui comptait c’etait l’opinion des autres sur nous.

    Il y a 4 ans je suis passé par une période de chomâge (choisis) pendant 1 ans et demi, et quand je suis rentré à la maison (perdu l’appart ou je vivais) ma mère n’a pas arreter de me harceler pour que j’aille chercher du travail, avec des discours très culpabilisateur dès que je refusait d’obéir a ses injonctions, des mots très dur « tu es vraiment une merde ». Je lui criais dessus pour que la « discussion » comme elle l’appelle s’arrete et ensuite je faisait des crise de larme pendant des heures sans qu’elle s’en aperçoive. Quand j’ai osé raconté ça à un amis, il m’a tout de suite remonté le moral et mon égo et grace à cela, j’ai remonté la pente et retrouver un job assez rapidement.
    Mais voila, je viens de me faire lourder par ma boite, et des le premier jour ou j’ai stopper le boulot, ma mère m’a bien fait comprendre « je vais recommencer à te harceler comme il y a 3 ans jusqu’à ce que tu retrouves un travail », alors même que ce licenciement est très dur pour moi, sa seule inquiétude est ma situation par rapport à ma recherche d’emploi. Il faut toujours que l’on « discute de ça » et dès que je refuse, dès que je sens que son insistance va me faire craquer, je hausse le ton pour qu’elle arrete et les dénigrement commence.
    Ayant un égo vraiment minable en ce moment et une vie pas vraiment marrante, je prends cela très mal et les crise de larme peuvent durer plusieurs heure. Ma mère biensur ne comprends pas cela et continue son harcelement, avec toujours le même résultat : forcer la « discussion », en fait un discours de sa part de ce que je devrais faire, je hausse le ton pour qu’elle arrete, et elle qui change complétement le sujet « mais pourquoi tu me parle si méchament ».
    J’aimerais savoir si ma situation correspond à votre article ou si c’est moi qui ai un problème? Et surtout, comment faire pour améliorer ma situation.
    Merci.

    Répondre
    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Oui, vous avez peur de paraitre ridicule parce que vous ne vous êtes jamais véritablement senti aimé. La manière dont vous exprimez le peu d’estime que vous avez pour vous-même le dit aussi, de même que les difficultés que vous rencontrez dans vos relations amoureuses.
      Oui, vous partagez que vous n’avez pas eu la chance de vous vivre comme un petit garçon qui méritait le respect. Ce qui explique la fausse idée négative que vous entretenez jusqu’à aujourd’hui sur vous-même. Vos parents vous ont gâté « d’avoir » et non pas « d’être ».
      Aujourd’hui vous êtes un adulte et ça va être à vous d’entreprendre ce fantastique travail qui vous permettra un jour de vous aimer vous-même, d’avoir de l’estime pour la personne unique que vous êtes. On a fait rentrer à force la honte en vous. Souvenez-vous que ce que vous avez appris, vous pouvez le désapprendre. Cela se désapprend à travers un travail psychothérapeutique de compréhension et de connaissance de soi-même.
      Votre mère est véritablement dangereuse puisqu’elle vous insulte et vous maltraite soi disant pour votre bien. Je vous en prie ouvrez les yeux, cela vous aidera à oser mettre de la distance entre vous et elle, vous en avez le droit !

      Répondre
      1. Bouboulle

        Ho …On a la même mère !
        Je ressens exactement la même chose …mêmes choses vécues dans l’enfance…Etre gâtée « d’avoir et pas d’être » Mon dieu comme cela me parle …encore maintenant la culpabilité de ne pas avoir envie d’y aller car je vais me ramasser la critique de A à Z et mon papa me dit d’accepter…et si je réplique ;  » on ne peut rien me dire ! » et puis après avoir fait mouche où je finis par fondre en larmes…hop changement de sujet comme si de rien n’étais !!! C’est devenu tellement douloureux que j’ai préféré ne pas y aller à la fête des mères car la mienne avec mes enfants étaient réussies mais elle allait me faire pleurer d’office ! J’ai eu les reproches de mon papa forcément, mais c ‘est trop tard ! J’ai eu le chantage du  » elle avait préparé le repas pour toi !  » ben fallait me le dire…j’ai 2 gosses et un mari sportif du dimanche qui n ‘ a pas d’heure pour revenir du sport …et la dernière phrase: « elle s’inquiète » et après c’est moi qui trinque !!! Donc en fait, je dois deviner que ma mère va faire à manger et lui, me demande d’accepter les reproches divers détournés car il en pâtira après …allez prends une dose de culpabilité !!! c’est bon pour nous et débrouilles toi avec tes idées à la con !

        Répondre
  2. Pat Chiquette

    Que pensez-vous d’une mère qui mets le blâme sur son fils pour les cancer qu’elle a eu ? En prétextant que c’est à cause de ce que je lui ai fait vivre ?

    Répondre
    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Je pense que votre mère veut inverser l’ordre des générations et que cela doit à la fois être cruel et pas facile pour vous de ne pas céder à la culpabilité.

      Répondre
  3. p

    Bonsoir,
    si je m’adresse à vous c’est parce que je suis désespérée. Je suis une mère toxique. J’aime mes enfants infiniment mais je leur ai fait beaucoup de mal: mère hyperprotectrice à l’excès leur interdisant plein de choses par peur de ce qui pouvait arriver ( et ce n’est qu’au bout de dix ans que je m’aperçois que c’était de l’égoïsme, je ne pensais qu’à mon petit confort personnel), mère extrêmement exigeante au niveau scolaire, mère très dure verbalement,….Je souhaite de tout coeur réparer mes erreurs et j’espère qu’il n’est pas trop tard. Ma fille ainée a 14 ans et elle a un soucis d’intestin irritable et je suis sûre que c’est à cause de ma dureté et de mes stupides angoisses. Je m’en veux tellement mais comment puis je faire pour l’aider à guérir et pour qu’elle soit épanouie à l’avenir. Je me suis excusée à plusieurs reprises, je fais des efforts pour être plus calme, nous avons été voir une psy mais cela n’a pas été très concluant. Mon comportement passé me dégoûte mais est ce irréversible, est il possible de réparer ses erreurs et de l’aider pour que ses soucis disparaissent. Pouvez vous me conseiller s’il vous plait?

    Répondre
    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      La mère toxique que vous désignez ainsi est une femme qui ne sait pas comment prendre soin de sa souffrance. Cela n’empêche pas sa potentielle dangerosité mais si – comme vous le dites – vous prenez conscience de votre égoïsme, cela doit vous permettre de comprendre et de mettre à jour vos propres besoins d’exigence et de dureté, conditions nécessaires à un changement radical dans vos relations à vos enfants.
      A quoi devrait vous servir de répéter « je suis une misérable » et de ne rien faire ?
      Il n’est jamais trop tard à un être humain sincère pour changer de chemin. Vos angoisses ne sont pas stupides, elles sont l’expression de vos propres dilemmes que vous n’avez à ce jour jamais mis à jour.
      Je vous invite donc à entreprendre un travail thérapeutique personnel pour ce faire et pour commencer, à lire ces articles :
      Comment sortir de sa toxicité de parent ?
      Pourquoi un travail thérapeutique ?

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  4. Maryn

    Bonjour,

    Je suis une mère célibataire seule, qui élève ses enfants « seule » depuis un peu plus de 6 ans.
    Ma fille a 10 ans et son petit frère en a 7.
    Je vis tous les jours sous pression car j’ai un boulot qui ne me permets pas de joindre facilement les deux bouts car il me faut payer le loyer, la scolarité, la popote, l’eau et l’électricité, la tété, la cantine, et sans compter que je n’ai pas d’assurance maladie donc quand l’un de nous trois (car nous vivons seuls) est malade, c’est encore une autre crise d’angoisse.
    Depuis cette année scolaire, je n’arrive plus à suivre le travail scolaire de mes enfants, quitte à envoyer la grande le faire pour moi auprès de son frère. C’est pénible car elle fera en juin un examen (entrée au collège) et je n’arrive pas à l’aider à travailler, ils sont pratiquement abandonnés.
    Mes relations professionnelles sont de plus en plus tendues, je ne parviens plus à retrouver mon calme et je m’emporte pour peu.
    Mais ma plus grande peur, c’est ce que subissent mes enfants.
    Je les aime plus que ma propre vie (du moins je le pensais, avant de tomber sur votre article), je suis une espèce de mère poule, je leur impose un peu trop la propreté et l’ordre jusqu’à les frapper quand ils ne m’écoutent pas. Je suis tellement dure avec eux, verbalement et physiquement.
    Ce matin, j’ai trouvé écrit sur le mur: « tu vas mourir Princia » (Princia est mon prénom) et les seuls qui ont accès à ce coté de la maison sont mes enfants et nous ne recevons pratiquement jamais.

    J’ai pleuré de chaudes larmes et pourtant, cela est comme un miroir qui me permets de voir combien je suis dure avec eux. Je fais tout pour leur bien être, je les élève seule, et quand je rentre du boulot, n’ayant pas les moyens pour avoir une ménagère ou une aide, je dois faire le ménage, la cuisine et les nourrir, quand tout est fait, je tombe dans mon lit car épuisé et le lendemain c’est reparti.

    Je veille à ce qu’ils ne manquent de rien, mais je pense que je suis parfois un peu maniaque sur les bords.

    Comment retrouver la « super maman » que j’étais avec mes enfants?
    Je me sens tellement mal…

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    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Vous vous décrivez comme une mère exténuée, d’autant plus que vous mettez la pression sur vos enfant et que cette pression devient un cercle vicieux qui se retourne contre vous.
      Il vous faudrait examiner ce qui vous contraint ainsi à la maniaquerie.
      Pourquoi ne vous feriez-vous pas aider par un psychologue, dans un CMP par exemple où les consultations sont gratuites ?
      Soyez certaine qu’avant de retrouver la super maman que vous étiez, il vous faut commencer par rencontrer pour l’apaiser, la femme que vous êtes.

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      1. Maryn

        Merci pour votre retour.

        Et mes enfants? ils en sont où? suite à ce message sur le mur.
        Dans mon pays, aucune consultation chez un spécialiste est gratuite, et ce n’est pas vraiment dans nos culture d’aller voir un psychologue, je ne sais même pas si il y en a.
        Mais oui, bien sûre, parler à un spécialiste. Ca me fait déjà un grand bien d’en parler car je ne me confie jamais, je n’ai confiance qu’en moi même et en mes enfants.

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        1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

          Eh bien sachez que la première chose à mettre en place c’est la parole, l’échange et l’écoute. Ne restez pas seule.
          Vos enfants ont certainement besoin d’être écoutés eux aussi. En les frappant vous ne faites que retourner la violence dont vous avez été vous-même la victime contre eux.
          La violence n’est JAMAIS la solution.
          Lisez : Les racines de la violence et vous comprendrez mieux.

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  5. Taffy

    Bonjour,
    Avant tout je tient a dire que cette article est vraiment formidable.
    Je vais peut-être paraître irrespectueux parce que tout le monde me le dit,ma mère est quelqu’un qui d’apparence est inoffensive mais quand vous la connaissez comme je la connais vous decouvrez quelqu’un qui vous humilie en public exemple j’étais dans un magasins de chaussure avec ma meilleure amie et ma mère et le vendeur me propose des chaussure blanche et la ma mère s’empresse de dire non non elle est trop sale pour des chaussure blanche avec un sourire au lèvres ce qui ma blessé.je l’admets j’ai un caractère Ford mais je suis quelqu’un aussi d’assez solitaire…ce que ma mère ne peut pas comprendre pour elle tout excuse est bon pour m’insulter..comme tu est une chienne tu est de la merde….tu es un pute imaginé a 15 ans recevoir des insultes pareil ça vous marque et j’ai 19 ans et ça me blesse toutjour autant .Je me suis toujours mis en question peut-etre que j’étais la faute de tout ça,elle ma même avoué a mon père lors de l’une de leurs bagarre que j’étais la cause pourquoi il étais toujours ensemble..ma mère prends un malin plaisir a me comparé a mon pere surtout quand je le choisi lui au lieu d’elle ou si je répond a ses insultes elle s’empresse de dire que mes soeurs ne lui on jamais dit ce genre de chose que je lui manque de respect mais pour moi le respect ça doit venir des deux côté je ne respecte pas quelqu’un qui ne me respecte pas c’est simple et selon mon entourage je suis le coupable car elle a mis de l’argent sur mon compte,elle ma élevé (ce qui est drôle car presque tout ce que je sais je l’ai appris à l’école ou en stage ) elle m’habille et la liste des reproches continue….elle m’etouffe et des que je fais quelque chose elle part le crié sur tout les toit (bonne chose) ce qui m’agace,elle ne se prive jamais de parler de moi a ses amies d’une bonne manière mais moi ça m’agace..îles difficile pour moi de me dévoilé a quelqu’un je suis toujours la a me demandé qu’est que l’amour ? je suis fatiguée,je ne sais plus quoi faire ni dire car visiblement je n’ai jamais raison.

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  6. Sophie

    Bonjour,
    Votre article m’a beaucoup émue, j’ai dû m’y reprendre à plusieurs fois pour pouvoir le lire jusqu’au bout, car je me reconnais beaucoup dans tout ce que vous dites, et votre article a énormément de sens à mes yeux
    Ma mère s’est toujours considérée comme une mère modèle, élevant seule ses enfants, avec un ex-mari (mon père), diagnostiqué bipolaire et plusieurs fois hospitalisé, qu’elle devait gérer. Elle ne se prend clairement pas pour de la merde, puisqu’elle était capable de tout faire seule et en plus se lever tous les jours à 5h30 du matin nous faire à manger et le ménage le week-end, et assurant en plus un travail à responsabilités. Jusqu’à mes 14 ans, je la voyais comme parfaite et je partageais avec elle son mépris pour les autres mères si souples et «  » » non protectrices de leur enfants «  » », ces mères-là étaient indignent puisqu’elles ne se préoccupaient pas si leurs enfants faisaient de bonnes notes ou non.
    Ça a commencé a changé lorsque mes amies m’ont fait plusieurs remarques comme quoi il y avait des choses pas normales dans mon comportement face à elle et dans le sien. Ça n’était pas normale non plus qu’elle me répète en boucle (elle l’avait fait devant mes amies, moi à l’époque je n’osais rien raconter à personne ce qu’elle me disait) que je suis « moche dans cette robe, j’ai honte que tu sortes comme ça ». Ça n’était pas normale que j’appréhende autans que ça de rentrer chez moi si j’ai perdu mon parapluie la journée dans le train. Car quand je fais des bêtises (perdre quelque chose oublier de fermer la porte à clé, casser une assiette), sa réaction est pour moi vraiment horrible, je le vis tellement mal. Elle hurle, me traite d’incapable, ingrate, de merde, m’humilie, mais surtout me fait profondément culpabiliser: « Je travaille à 100% et doit gérer ton père malade mentale, je me lève tous les jours à 5h te faire la cuisine et toi tu perds ton tupperware à l’école, tu n’as pas honte? Je ne connais personne qui perde ses choses comme toi, tu veux vraiment me tuer? » parfois aussi elle fait des comparaisons avec mon père qui est maniaco-dépressif: « comme ton père, incapable, malade mental, échec » et des comparaison inverses avec ma soeur « ta soeur se tient droite et s’habille bien, elle est rayonnante, toi tu es faible, molle, tu dégages quelque chose de dégoutant » elle a aussi beaucoup comme obsession la faiblesse, elle maîprise les gens « faibles », qui sont incapables de se défendre et qui se laissent envahir par leur problèmes. Dès qu’elle me voit déprimée pour quelque chose ou autre ça se passe comme ça, exemple soucis avec mon copain, je rentre elle voit que j’ai pleuré: 1. Elle me harcèle pour me demander ce qui ne va pas, si je refuses, elle dit des choses du genre qu’elle a besoin de savoir, qu’elle est déjà assez angoissée par tous ses problèmes pour pouvoir s’inquiéter de ce qui m’est arrivé 2. Je lui dis que ça va pas trop avec mon copain 3. elle commence par se moquer de la banalité de ce problème (comme quoi elle en a de beaucoup plus grave) et que je suis nulle de me laisser affectée par ça, et elle me dit fièrement « moi quand j’avais ton âge, c’était les hommes qui me couraient après, j’étais pas soumise comme toi à pleurer pour un homme » 4. elle s’énerve contre lui et me dit que de toute façon elle l’a jamais trouvé bien (bon ça c’est presque normal comme réaction) 5. Elle me dit qu’elle est pas étonnée « tu vois je t’avais dit que t’es grosse, aucun homme n’aime les grosses », tu es trop soumise, et molle, c’est pour ça qu’il te quitte, je te dis ça pour que tu changes

    Ma mère a été diagnostiquée de la leucémie en 2015, depuis c’est encore plus un enfer car elle nous rend responsable de sa maladie. Elle pense sincèrement qu’elle est tombée malade d’épuisement à cause de nous (ma soeur, mon père et moi), car elle travaillait comme un chien et qu’on ne faisait rien pour l’aider. Dans le fond, je sais que c’est vrai. Je ne sais pas faire à manger, à 20 ans, je n’ai jamais fait une seule laissive. À vrai dire, j’ai une angoisse assez anormale et profonde de tout ça. Une fois j’avais dû frire les rouleaux de printemps, je ne sais pas comment j’avais fait de mon mieux mais j’avais réussi à les faire crâmer, immangeables ils étaient. Ma mère m’a giflé, a lancé l’assiette parterre à côté de moi et est partie en hurlant comme quoi elle avait passé 3h à faire les rouleaux du printemps que je détruit, elle a dit « tu vois, tu ne peux pas te passer de moi, tu n’es même pas capable de te faire à manger, comment tu vas faire sans moi? la honte aucune fille est aussi nulle que toi, tous les jeunes de ton âge partent en voyage, sont indépendantes ». Ma mère s’occupe de tout, mais parfois elle aime me tester elle me fait faire des trucs en soi assez basique, et évidemment j’échoue alors elle m’humilie, sa phrase type c’est « tu vois, comment je peut te laisser seule? » et « a quoi tu sers? », comme si le fait de dire ces atrocités allaient me faire avancer dans la vie
    Elle vit dans un monde parallèle, elle ne voit que la faiblesse de sens enfants, en voyant la force des autres filles, belles, minces, indépendantes, stables. Elle fait des comparaisons incessantes, elle ne se rend pas compte que ces autres filles ont des doutes aussi parfois, traversent des période de déprime, ce qui est normal. Quand j’avais 12 ans, il y avait l’élection miss France, après elle nous avait mis ma soeur et moi toutes nues devant le miroir pour nous analyser. Elle joue aussi parfois avec mes bourrelets, elle attrappe ma graisse (je fais 65 kg pour 1m73) et les pince entre ses doigts en rigolant et en se moquant. J’ai déjà essayer de lui expliquer que son comportement n’est pas adéquat, mais rien à faire, c’est un mur. Pour elle son comportement est légitime, si elle me dit que je suis grosse c’est pour que je mincisse. Quand je lui dit qu’elle n’a pas le droit de me dire que je suis faible elle répond « mais c’est la vérité! Je vais pas faire semblant » comme si ça lui donnait le droit de dire ce qu’elle dit. Quand j’essaie de m’affirmer et de me défendre que je vaux ce que je vaux sa réponse c’est « prouve-moi! », « prouve-moi que tu n’es pas malade mentale », « prouve-moi que tu es indépendante », « prouve-moi que tu sais faire la cuisine » et vu que j’échoue (je suis incapable de cuisiner) alors elle vient sadiquement avec son « tu vois! » et pour conclure « qu’est-ce que vous ferez quand je serai morte? » bien angoissant et culpabilisant

    A certains moment par contre, elle entre dans une espèce de transe (quand j’avais reçu le prix scientifique de ma volée par exemple) comme quoi on est formidables, intelligente, belles, parfaites, et elle fait des comparaisons inverse avec les autres filles qui sont moches, bêtes etc. Mais le soir même, elle est capable de nous sortir en boucle « je suis déçue », j’ai toujours eu une telle admiration pour vous, mais je me rend compte que tu/vous êtes nulles. Elle est aussi très souvent contradictoire, me disant à un moment que je devrais faire une année sabbatique me reposer et m’amuser (je suis dans une école d’ingénieure et je galère franchement), et le soir même me dire qu’elle est gravement malade, que je dois finir vite les études et elle me compare aux enfants d’une amie à elle (devenus médecins) qui ont enchaîné les années d’étude sans redoubler et qui savent soulager leur pauvre maman. Certains jours elle se montre « encourageante » elle me dis « c’est pas grave chérie si tu rates, je suis là pour toi » mais à la première mauvaise note, ou au premier relâchement « je suis déçue, je fais tout pour vous et toi tu es incapable de te donner aux études, et moi je suis gravement malade », « ton copain ne te dis pas que t’es nulle? il devrait » « qu’est-ce que j’ai fait pour mériter une vie pareille? »

    À vrai dire, elle fonctionne vraiment comme un robot. Jamais elle ne lâche, jamais elle ne pleure pour quelqu’un, et dans ses relations amoureuses, ça n’est jamais elle qui fait le premier pas et elle s’en vante. Elle n’oublie jamais rien ni ne fait d’erreur et tous les jours sans exception elle nous fait à manger, et le ménage. Ce dont j’admirais avant tans chez elle me dégoute de plus en plus, elle paraît inhumaine. Parfois je réfléchis beaucoup, je fais une liste de tout le mal qu’elle me fait et dans les pires moment de haine je ressens un besoin de la punir et je m’imagine partir et disparaître pour toujours ou bien me suicider en laissant une lettre comme quoi c’est de sa faute. Malgré tout ça je ressens une culpabilité énorme, ce qu’elle dit est clairement monstrueux mais mon fond je me dis « et si c’est moi qui la rendait comme ça? » « je suis peut-être tellement nulle que n’importe quelle mère perdrait patience avec moi » « je suis sans doute vraiment indigne » en effet, je manque de réflexe, je ne sais pas m’occuper des autres, je n’ai pas de réflexe de responsabilité, n’importe quelle responsabilité m’angoisse, j’ai besoin tout le temps d’être rassurée. Un autre problème que j’ai c’est que je culpabilise pour tout, pas seulement les choses en rapport avec ma mère mais si dans mon travail quelqu’un me dit que je n’aurai pas du faire si ou ça ou dire si où ça, en bien je vais me sentir mal et avoir l’impression d’être une mauvaise personne. Je me laisse aussi facilement abusée, j’ai du mal à dire non, par le passé une « amie » a été vraiment incorrect avec moi (limite abusive), et je me laissais faire car j’avais toujours l’impression que c’est moi le problème. Je ne peux pas m’empêcher de me dire que je suis victime de harcèlement parce que je suis faible, et pas le contraire.

    Désolée pour le long pavé, mais j’ai besoin que ça sorte

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    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Oui, je comprends très bien qu’après avoir vécu ce que vous décrivez si bien vous ayez la fausse impression d’être le problème.
      C’est pour cela qu’avant toute chose il vous faut « voir les choses telles qu’elles sont » et pour cela vraisemblablement vous faire aider par un thérapeute qui saura discerner et objectiver les choses avec vous.
      Pour aller plus loin lisez cet article qui s’applique à toute personne quelque soit l’abus dont elle a été la victime : Oser en parler et j’ai bien conscience que c’est bien ce que vous commencez à faire en vous exprimant sur mon site.
      Seulement pour sortir de cet assujettissement, de cette dépendance, de cette culpabilité, il vous faudra oser aller beaucoup plus loin.

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  7. Sophie

    Merci beaucoup pour avoir pris le temps de me lire et pour votre réponse constructive. À vrai dire je vois une thérapeute depuis plus d’un an à la base pour d’autres soucis, c’est elle qui récemment après avoir rencontré une première fois ma mère a parlé d’abus. On est entrain d’aborder doucement le sujet, c’est difficile. Je fais pas mal de recherches depuis (c’est comme ça que je suis tombée sur votre article), j’essaie de comprendre qu’est-ce qui est normal qu’est-ce qui ne l’est pas. Je me suis rendue compte que point clé c’est vraiment la redondance et la répétition comme vous le dites plus haut. Si elle me lâche une fois « tu es nulle » ça va, le pire c’est vraiment quand elle m’engueule, elle répète en boucles les même phrases culpabilisantes durant des heures et me force à l’écouter, je n’ai aucun moyen d’y échapper, quand je m’enfermais dans ma chambre elle m’avait retiré la clé de la serrure et quand je hurle, quand je la supplie de se taire elle ignore et continue, je me sens tellement impuissance face à ça, car je dois attendre qu’elle s’épuise pour pouvoir me libérer…

    Je viens de lire Oser en parler que vous m’avez proposé, l’article reflète beaucoup d’aspects, je me reconnais dans certains. C’est vrai que j’ai tendance à me taire ou bien à en dévoiler très peu par honte, mais surtout j’ai peur que la personne en face de moi réponde « bah quoi? c’est pas grave » ou un « moi ça ne m’aurait pas affecté » face à mes aveux. Le fait que quelqu’un trouve un tel comportement de ma mère normal ou banal rend ma souffrance dérisoire et ridicule. C’est la principale raison pour laquelle je n’en parle pas, car j’ai trop peur que la personne à qui je me confie corrobore (sans faire exprès) l’idée comme quoi je suis une personne faible et fragile qui ne supporte pas les critiques

    Bonne soirée

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    1. Carole

      N’acceptez pas l’inncceptable, car plus tard vous le reproduirez. Non ce n’est pas normal et ce n’est pas votre faute si elle est malade. A force d’être méchante elle s’est pourrie toute seule de l’intérieur. Elle a du elle meme subir les pires choses de sa mere. Mais elle n’a pas fait le travail que vous faites aujourd’hui ( et que je fais aussi) qui consiste à reconnaitre que ses agissements sont des maltraitances et qu’ils vous ont détruit et que non ce n’est pas normal. C’est la première phase pour ne pas reproduire, enfin je crois mais la route est longue car on reproduit inconsciemment envers nos proches ce que l’on a vécu et ces agissement nous font sentir une merde toute notre vie meme si en fait on est génial (comme vous et moi 🙂 IL faut reprendre confiance et ce n’est pas facilemais il faut y croire, vous etes sur la bonne voie, ce site m’a ouvert les yeux et aujourd’hui je travaille tous les jours sur mes propres comportements toxiques envers mes enfants, qui sont assez proches de ce que peut vous fait subir votre mere. C’est inhumain et dans ce smoments là on ose dire que c’est pas amour… Si seulement on nous avait aimé on saurait ce que c’est! Quand on a pas de bons modèles il faut tout désaprendre et réaprendre à aimer dans la bienveillance et l’acceptation de l’autre tel qu’il est. Bien a vous!

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      1. Sophie

        Bonjour Carole, vous avez raison. Ma grand-mère (maternelle) est venue d’étranger s’intaller à la maison quand ma mère est tombée malade. Je me suis rendue compte que ce que ma mère appelle du respect envers sa mère, pour moi d’un point de vue extérieur s’apparente de plus en plus à de la docilité et de la soumission, ma mère n’a aucun mécanisme de défense, ça me fait de la peine. C’est triste aussi de voir à quel point elles n’ont aucune complicité, elles ne discutent que très rarement. Est-ce que ça représente notre futur relation entre elle et moi? Je n’ai jamais essayé de lui parler de sa relation avec sa mère, je ne sais pas si je devrais?

        Bravo, c’est courageux. Ça doit être tellement douloureux d’admettre qu’on fait du mal à ceux qu’on aime le plus. Je voudrais tellement que ma mère montre au moins une petite prise de conscience de son comportement, une reconnaissance de ma souffrance, mais non elle pense avoir tout fait pour notre bien… On perpétue de génération en génération les comportements nocifs de nos parents, jusqu’à ce qu’à un moment, pour une raison inconnue, une des générations a une prise de conscience, on casse le cycle et on revient à la lumière 🙂

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  8. Alexandra

    Bonjour Sophie,
    Je voudrais juste vous dire que vous avez de quoi vous sentir mal avec une mère pareille et l’indignation que j’ai ressentie à vous lire.
    Une mère bienveillante montre à sa fille comment cuisiner au lieu de lui hurler dessus, et même si elle brûle un repas, qui n’a jamais brûlé un repas?? ELLE a choisi de vous laisser cuisiner ces rouleaux de printemps tout en sachant que vous ne savez pas cuisiner, c’est au mieux de la bêtise et au pire du sadisme, puisqu’elle a pu alors se défouler sur vous. Elle n’attendait probablement que ça. Vous ne savez pas cuisiner parce qu’elle n’a jamais pris le temps de vous montrer, elle n’a pas ENVIE que vous sachiez cuisiner, cela lui donne du pouvoir sur vous! ELLE est responsable du fait que vous ne savez pas vous débrouiller. Elle fait tout ce qu’il faut pour casser votre confiance en vous.
    Je vous souhaite bon courage pour les prises de conscience à venir.
    Avec toute ma sympathie

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    1. Sophie

      Merci Alexandra, oui vous avez peut-être raison. Je ne sais pas si elle cherche le pouvoir, mais je crois que quelque part elle aime qu’on soit dépendantes d’elle, ça lui donne l’impression d’être une bonne mère

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      1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

        Moi non plus Sophie, je ne sais pas si votre mère cherche le pouvoir même si je sens à quel point elle peut avoir des comportements cruels pour vous à travers sa désorientation, sa névrose.
        Par contre – à la lire – je ne doute pas de la colère d’Alexandra contre ses propres parents, colère qu’elle projette manifestement sur les vôtres !

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  9. Alexandra

    Bonsoir,
    Oui bien sûr que je suis en colère contre mes parents, je ne viens pas sur ce site pour rien… ;o)
    Je m’occupe de cette colère, mais il est vrai que quand je lis ce genre de témoignage cela me fait réagir et fait résonner des choses de mon histoire, c’est certain et très clair pour moi…

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  10. Alexandra

    Merci pour votre réponse.
    Autrement dit, tant que je suis en colère, je reste dépendante de ma mère. (Mon père est aujourd’hui décédé, j’ai pu lui écrire un mot que j’ai fait mettre dans son cercueil, mot dans lequel j’ai pu lui dire le manque que cela a été tout au long de ma vie de ne pas avoir pu partager de relation père-fille avec lui, mais aussi lui souhaiter d’être en paix. Ma colère contre lui me semble assez apaisée.)
    Quant à la colère que je ressens contre ma mère, c’ est pour moi une protection pour ne pas me laisser envahir à nouveau, pour ne plus subir des choses que je n’ai pas envie de sa part. Comme un signal d’alerte qui me dit: « Attention, tu te laisses à nouveau envahir, manipuler, culpabiliser. » Je ne suis pas en colère en permanence contre elle, seulement quand elle fait des choses qui ne me conviennent pas. Elle me permet de garder ma mère à distance. Je sais que je devrais pouvoir le faire plus sereinement, mais c’est là où j’en suis…
    Merci pour votre site tellement utile…

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  11. Florent

    Bonjour,

    Tout d’abord merci pour votre site. Je viens aussi raconter mon histoire, le travail que j’entreprend sur moi meme, mes espoirs et mes craintes…. J’ai 31 ans, je suis fils unique, et j’ai commencé à me rendre compte de la toxicité de mes parents il y a seulement 6 ans. Je m’en suis rendu compte en voyageant, par exemple, lorsque j’ai rencontré des etrangers au hasard de ma route qui m’ont plus aimé en 15 jours que mon propre pere depuis toujours ou encore suite à une séparation ou je devenais moi meme toxique sans m’en rendre compte. J’ai depuis toujours senti que quelque chose ne tournait pas rond , mais sans jamais pouvoir mettre des mots. Je ne souhaite pas me victimiser à travers mon histoire mais simplement me liberer un peu plus, retracer les faits, comprendre qui je suis, progresser, pour un jour , c’est mon reve, donner à mes enfants autre chose.

    A ma naissance, ma mere à fait une grave depression, elle à été jugée inapte à s’occuper de moi et soi disant parceque mes parents n’etaient pas marié, mon pere s’est vu refusé ma garde ( je n’y crois pas , d’autant plus qu’ils m’avaient tous les deux reconnu avant ma naissance). J’ai donc passé les premiers jours de ma vie dans une pouponiére (orphelinat), mais mes parents étaient vivants et ne m’avaient pas abandonner au sens propre du terme. Drole de situation. J’ai appris cette histoire il y a 5 ans en questionnant mes parents et la famille. Mes parents m’ont parlé de cette histoire comme d’un détail, alors que dans les livres que j’ai pu lire, j’ai compris que les premieres semaines d’un nourrisson sont trés importantes dans son développement psycho affectif. Apres m’avoir récupéré, mes parents m’ont élévé « du mieux qu’ils ont pu » comme ils disent. Mon pere est un dictateur, il rabaisse sans cesse les autres , du moins moi et ma mere, et ne fais jamais preuve d’empathie. Il faut s’interesser à lui , mais lui ne s’interessera jamais aux autres. J’ai fais du basket pendant 8 années entre l’age de 7 ans et 15 ans, il avait le temps de venir me voir jouer, mais il n’est pas venu une seule fois. Je n’ai jamais vu mon pere faire preuve d’affection envers ma mere ni envers moi. Lorsque ma mere lui prend la main, il ne tient pas 1 min, il fuit l’affection. Je me rappelle que lorsque je n’avais pas ecole le mercredi apres midi, j’attendais que mon pere parte de la maison pour ne pas me retrouver à manger seul avec lui le midi car il ne me parlait pas, j’avais l’impression d’etre avec un etranger. La misére affective la plus totale. J’ai deja vu mon pere gifler ma mere 1 fois ou 2 mais ils ne nous a jamais battu régulierement, c’est une violence psychologique.

    Ma mere à une histoire difficile, deces de sa soeur suite à un cancer, suicide de son frere, suicide du fils d’une autre soeur skyzophrene ( mon cousin)… mais elle à quand meme une soeur jumelle qui mene une vie équilibrée. Un jour, ( j’avais 14 ans), ma mere m’a enmené voir des copains, elle n’ai jamais venu me chercher, car ce jour la elle s’est retrouvée brutalement en hopital psychiatrique. Elle s’est jetée sur un camion de pompiers avec sa voiture, comme pour appeler au secours. Elle est réstée à l’hopital plusieurs semaines, et on m’a rien expliqué. Pire , mon pere m’a livré des détails qui me hante encore : » ta mere est devenue folle, elle a mordu des infirmieres, ils ont étaient obligé de l’attacher ». 1 mois apres ma mere revenait à la maison comme si de rien n’etait. Cette histoire est restée tabou jusqu’a il y a 1 ans.
    L’été dernier ma mere s’est à nouveau retrouvée à l’hopital, mais cette fois ci c’est moi et ma compagne qui avont été obligé de l’interner. Elle s’est réfugiée chez nous un peu du jour au lendemain car elle voulait quitter mon pere. J’etais pret à l’aider et c’est ce qu’on a fait. Mais son état s’est tres vite dégradé, elle était dans un état de stress épouvantable avec un début de délire paranoiaque. On à été obligé de changer son numero de téléphone et les medecins nous ont ordonné de couper tous contact avec l’exterieur. L’hopital m’a appris que ma mere à été diagnostiquée il y a 16 ans maniaco depressive ( bipolaire). Mon pere était au courant mais il ne ma jamais rien dit. Et il ne m’a rien dit non plus cet été , meme quand je lui ai dit que ma mere était à l’hopital, alors que ca m’aurait permis de mieux comprendre ce qui se passé. Au lieu de prendre son courage a deux mains, il a preferé resté dans le deni, et faire comme si de rien n’etait. Pire, et c’est la ou on voit toute la toxicité de mon pere, il m’a accusé à plusieurs reprises, par écrit, d’avoir voulu manipuler ma mere pour qu’elle quitte mon pere, que j’avais organisé leur divorce, que si j’aidais ma mere c’etait pour lui prendre de l’argent mais qu’apres je la laisserai tomber etc…. C’est difficile de comprendre de tel agissements, ca fait mal. Apres 1 mois et demi d’hopital, avec quelques cadeaux et des fausses promesses mon pere à facilement convaincu ma mere de revenir avec lui. Ma mere ne m’a rien dit, ce sont les medecins qui m’ont averti de ces intentions. Malgré sa maladie, ma mere ne m’a jamais rabaissé, insulté ou violenter, elle est simplement réstée passive.
    Apres de tels faits, on pourrait s’attendre à ce que votre pere vous demande pardon en pleurant chaque jour qui passe. Mais lui , non, au contraire ( il a pas pris son téléphone une seule fois de toute son existence pour m’appeler, alors pourquoi le faire la, surtout si c’est pour entendre des reproches…) il m’ordonne d’oublier quand j’essaye de parler. On ne conteste pas l’ordre parental, on ne conteste pas le pouvoir, Mon pere a de l’argent, il m’en a donné pour m’aider à acheter un appartement, c’est sa facon de me faire taire ( ou de m’aimer je sais pas? ), il se donne une bonne image ainsi ( « Tu as de la chance que tes parents te donne de l’argent, et tu te plains ? » ) Contrairement à la misere financiere , la misere affective est invisible mais fait des ravages. Mon pere ne sait pas aimer et ma mere à une maladie difficile à vivre, c’est comme ca. Parfois je ne sais plus bien quoi faire avec mes parents, dois je couper les ponts, mettre simplement de la distance , attendre un changement qui n’arrivera probablement jamais..?
    Néanmoins, j’ai de l’espoir pour moi, meme si c’est difficile. J’aurais pu basculer plus jeune ( drogue, violence etc) mais je suis encore la, avec mes forces et mes faiblesses. Je souffre de troubles anxieux ( tocs et insomnie notamment) et j’ai quelques difficultés dans mes relations avec les autres mais je cherche à m’ameliorer chaque jour. J’ai peur de ne pas etre à la hauteur quand j’aurais des enfants. Mais le destin n’est pas une fatalité, c’est ce que je crois. Merci de m’avoir lu.
    Florent

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    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      En effet, votre destin d’avoir eu des parents tels que vous les décrivez n’est pas une fatalité non plus, à condition que vous deveniez d’accord avec vous-même pour ne plus rien attendre d’eux. Je crois que c’est à cette condition que votre vie à vous pourra se déployer.

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  12. moraines

    J’ai les larmes aux yeux à vous lire, tant cet article est bien écrit et m’eclaire sur ma vie. À 20 ans, je me rends compte de tout les ennuis que j’aurai pu éviter lors de ma dernière décennie si mes parents n’avaient pas été aussi ressemblants aux parents de toxicité ordinaire decrits dans votre texte. Je vous remercie pour m’avoir ouvert les yeux definitivement sur leur nature. Dès la prochaine rentrée, je pars de chez eux étudier dans une autre ville, et j’espère m’epanouir un minimum.

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  13. Caroline

    Bonjour,

    Je vais paraitre ridicule mais du haut de mes 17 ans j’ai l’impression de déjà en avoir marre de la vie. Bien que je ne veuilles pas mettre fin à mes jours cela va de soi. Je faisais des recherches sur le net quand je suis tombée sur cet article. J’ai dû m’arrêter une bonne dizaine de fois pour me moucher tellement je me reconnaissait et enfin comment je me sentait comprise.

    J’ai toujours eu très très peu d’estime de moi même, ce peu d’estime de soi m’handicape d’ailleurs quotidiennement notamment dans mes devoirs où je n’ose pas prendre d’initiative, très problématique en première S (même les professeurs me font la remarque sur mes copies) et dans ma vie sociale. Je suis partie au Canada trois mois au début de cette année scolaire dans le cadre d’un séjour linguistique et pas une seule fois mes parents ne m’ont manqué, j’étais très introvertie et ce séjour m’a totalement transformée. Si bien que quand a sonné l’heure de rentrer je n’avais pas envie de les revoir, je me suis même fait la réflexion que si on me disait tu restes au Canada toute ta vie et bien je n’est pas ressentie une once tristesse.

    Je pense que mes parents sont toxiques, je vous vois déjà me tomber dessus « mais tu es en pleine crise d’adolescence, tu en veux à la terre entière c’est normal que tu sois en colère ». Mais je pense sincèrement que mon mal être vient notamment de mes parents. Pour dresser un portraits rapide de mes géniteurs ce sont des êtres qui s’aiment depuis 20 ans, qui ont 4 enfants (je suis la deuxième), mon père vient d’une famille très catho conservatrice mais il s’est rebellé à 15 ans et à tout plaqué pour vivre en tant que païen depuis ce jour il est allergique à la religion mais le côté éducation psychorigide j’ai un balai dans les fesses lui est resté, il est aussi très nerveux (un côté de sa personnalité dont j’ai hérité). Ma mère quand a elle vient d’une famille extrêmement laxiste voir de parents irresponsables (sa mère l’emmenait en boite avec elle a 14 ans, ne ‘occupait pas d’elle), ses parents étaient divorcés. Mais depuis quelques années elle est tout le temps malade, fatiguée etc.

    Depuis ma tendre enfance j’ai un problème de communication, pendant des têtes à têtes de plusieurs heures le soirs j’ai eu le droit à des « c’est ça dès qu’on essaye de te parler tu te refermes comme une huître, ah bah c’est intéressant de parler avec toi ! » évidemment ils me demandaient ce qui n’allait pas mais comme je ne voulais pas leur faire de peine et pour garder leur amour je n’ai jamais osé dire mon ressentiment envers eux. Bien sûr il n’y avait pas que cela mais c’était déjà une grande partie de mon mal être.

    De plus du côté scolaire j’ai toujours eu de grandes facilitées, toujours dans les premières de la classe sans ouvrir un cahier. Mais dès que je ramenais de très bonnes notes j’avais droit à « et alors c’est normal », « de toute façon on attendait pas moins », « la prochaine fois tu auras 20 au lieu de 19 », tout le temps des petites piques qui me touchaient et me touchent toujours aussi profondément. Comme il ne me voyait pas me tuer à la tâche ils me rabâchaient sans cesse « de toute façon tu vas fini dans la rue, tu seras clocharde, en plus d’être une menteuse ».

    En plus de cela il faut aussi rajouter les les humiliations. Je suis très maladroite et très très bavarde ce qui m’a valu des mots des professeurs et des casses au sein de la maison. Je me sentais obligée de mentir car j’avais une peur bleue de mon père (peur que j’ai encore). Du coup mes parents me traitaient tous les jours de « menteuse », « voleuse » …. ils m’avaient même obligée à porter une pancarte quand j’étais en maternelle autour du cou où il était écrit un truc du genre « je suis une menteuse et une voleuse ». Dans un élan de « survie » j’avais même jusqu’à été signer un devoir quand j’étais en CM1, tellement j’avais peur des réprimandes parentales. Cela fait quelques années que j’y pense mais plus je réfléchi à ces situations plus j’ai l’impression d’être et d’avoir été victime de harcèlement moral de la part de mes propre parents. Je ne dit pas qu’ils ne m’aiment pas, je dis juste que la façon dont ils nous ont élevé m’a paru pour moi comme un enchainement d’humiliations.

    Comme je l’est mentionné plus haut mon père est très nerveux, une fois il s’était mis en colère pour un rien (je ne voulais pas finir les deux bouts de morceaux de viandes pleins de graisse car je n’aime pas particulièrement la viande mais j’ai surtout en horreur la graisse animale), et il m’avait prix par le bras et m’avait projetée contre le four. J’ai eu mal au bras pendant deux jours. Bien sûr il est venu après s’excuser de m’avoir fait mal mais je ne lui est jamais pardonné. Je trouve que c’est bien trop facile de faire puis de simplement s’excuser. Et donc comme il voit rouge très très vite, à la maison tout dit filer droit si l’on ne ne veut pas s’attirer les foudres paternel. Mais étant très têtes en l’air et maladroite j’ai souvent la chance de côtoyer ce côté de sa personnalité. Et il est aussi très peu expressif sur ses sentiments (surement son côté Basque qui ressort), mais du coup je souffre de ce peu de reconnaissance. Je n’ai jamais eu le droit à un « je t’aime » ou un « je suis fière de toi ma fille », ce sont des choses dont j’ai besoin.

    Ma mère quant a elle c’est quelqu’un qui me dit tout le temps des « je t’aime », on se fait tout le temps des câlins, elle me surnomme même « bébé câlins » etc, on parle beaucoup ensemble mais jamais de choses très personnelles de ma part, mais elle me raconte tout. Depuis quelques années elle a mal je ne sais où elle est tout le temps malade, fatiguée … au début je me sentais triste pour elle. Mon côté « bon samaritain » sortait et compatissait pour cette pauvre femme. Mais au fur et à mesure du temps de la rage, de la colère c’est accumulé en moi et au final je suis rendu à un stade où j’ai envie de la secouer et de lui dire d’arrêter de tout le temps se plaindre. Je n’en peux plus de la voir comme ça, sa me donne envie de vomir, je n’éprouve même plus aucunes pitié pour elle. Surtout qu’elle utilise son mal être pour nous faire un espèce de chantage affectif ou je ne sais quoi pour nous faire culpabiliser d’être de « méchants enfants », « pas aidant », « qui ne font pas d’efforts » … Alors que jamais auparavant on l’aide comme ça (ma soeur repasse, je fais quelques fois la poussière, je monte tout le temps de le linge, on fait ci on fait ça …) pleins de petites actions qu’elle ne relève pas mais qui lui enlève un poids considérable. Pourtant chaque jour on a le droit au réprimande journalière, comme quoi on ne fait rien pour l’aider, qu’on ne sait pas se prendre en main, que « vous allez finir par me tuer avec toute vos sottises » .. Pleins de petites phrases abjectes comme cela que j’entend depuis 17 ans et que je ne supporte plus.

    Pour finir avec mes parents ils font quelque chose que je déteste le plus au monde : Le parallèle entre moi et mes frères et soeur, surtout ma grande soeur d’ailleurs. Ma grande soeur est une personne qui n’a pas de facilité mais qui travaillent dur et qui à par conséquent de bonnes notes. Et bien chaque jour j’avais le droits à des « tu as vu ta soeur … toi c’est pas comme ça » et patati et patata, fin vous voyez le truc. Ey ça a le don de m’insupporter !
    De plus nous avons adopté mon petit frère (il vient d’Éthiopie) quand il avait 4 ans. Il a très mal vécu la séparation avec sa mère biologique car il l’aimait beaucoup, sa situation n’était pas trop mal mais un malheureux événement (la mort de son père) a bouleverser cette petite famille ce qui a conduit la mère a donner son fils à l’adoption international car elle pensait que si elle faisait cela son fils aurait beaucoup plus de chance d’avoir une famille aimante et une bonne situation pour qu’il puisse d’épanouir. Mais tout cela c’est fait sans donner à mon petit frère d’explication. Ce qui l’a conduit à un refus de sa part d’apprendre le français et de travailler à l’école. Cela fait 9 ans qu’il est là et il a de graves problèmes scolaires. Mes parents exacerbés de son comportement le rabroue sans cesse (à table, devant des invités, en vacances ..). Et du coup je me sens encore plus mal car je sais que au fond de lui il est très triste de cette situation. Je me sens responsable car c’est mon petit frère et que j’ai l’impression que de nous quatre (les enfants) c’est celui qui se rapproche le plus de moi sur le côté « fragilité mentale et sentimentale ». Plusieurs fois j’ai pleuré quand mon père lui crie dessus pendant les leçons. J’ai dit à mes parents plusieurs fois avec la voix qui tremblait de rage et de tristesse que ce qu’ils faisaient à son égard c’était du harcèlement morale. Mais ils ne voyaient pas ma peine et à chaque fois ils n’en tiennent pas compte et me prenne pout une illuminer qui essaye de défendre la veuve et l’orphelin.

    Je suis remplie d’un colère sombre, qui explose partiellement quand il y a un trop plein. Si j’écris cela aujourd’hui c’est pour me vider même si je sais qu’au fond de moi j’ai envie de le crier à mes parents et de les faire souffrir comme ils me font souffrir depuis si longtemps. Je sais que si un jour je m’aventure à leur dire leur quatre vérités ils seraient très affectés mais je pense qu’il ne comprendrait pas. Je n’avais jamais voulu d’aide extérieur (psychologue ..) mais depuis mon retour du Canada je sens comme une envie de tout balancer à la première personne venue alors que je suis extrêmement timide et que je détestes qu’on connaissent mes sentiments. D’ailleurs je ne sais pas pourquoi mais je haï profondément que l’on me voit faible (ex: pleurer), je retiens mes pleurs et l’on voit juste de grosses larmes couler, je ne respire plus et je bouillonne en moi. En fait j’en ai marre d’arriver tout les soirs à la maison à reculons parce que je ne veux pas entendre encore une fois les remarques de mon père pour ci pour ça pour des choses futiles, je ne veux pas entendre les tirades mélancoliques de ma mère au bord de la dépression et surtout je ne veux pas entendre ses cris que je ne supportes plus de ma mère hystérique et de mon père fou à lier.

    Je suis rendue à un stade de non retour ou je ne supporte plus aucune critiques de leur part tellement je suis écorchée à vif. Toutes ses années où j’ai cru être blindée, mais qui en fait s’accumulent s’accumulent. Depuis ma sixième je veux être interne pour ne plus les voir (bien que ce n’est pas cet argument que j’ai avancé). Aujourd’hui je suis en première et je suis rendue à tellement en avoir trop sur le coeur que je suis entre le redoublement et la terminale car ils n’ont pas su être avec moi. En même temps ils ont eu ma grande soeur en premier, une enfant sage, disciplinée qui savait se prendre en main etc. Alors forcément quand je suis arrivée, moi, le petit trublion un peu autiste sur les bord, ils ce sont dit qu’ils allaient réitérer la même façon de nous élever car ça avait porté ses fruits avec ma soeur. Mais pas de bol, ça a loupé et maintenant j’en récolte les frais et j’essaye de récolter les morceaux tant biens que mal avec mes démons.

    Merci pour votre attention

    Caroline

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    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Non Caroline, vous ne serez jamais ridicule en osant être qui vous êtes et « en avoir marre de la vie » est juste l’expression d’une souffrance, le symptôme de quelque chose qui ne va pas.
      Pour vous comprendre, sachez que ce que vous pensez de vous même est certainement en relation avec les jugements dont vous avez été la victime de la part des personnes qui avaient pour mission de prendre soin de vous. C’est dire à quel point je ne vous juge pas « en pleine crise d’adolescence ». Ou plutôt la « crise de l’adolescence » ne sert-elle pas aussi aux adolescents à regarder les adultes (enfin) avec plus d’objectivité ?
      Pour aller plus loin, lisez : Comment parvenir à guérir de son enfance ?

      Vous visez juste quand vous ressentez que c’est pour ne pas faire de peine à ses parents qu’il aime (et qui détiennent sa survie), qu’un enfant préfère retourner sa colère contre lui-même.
      Lisez : Les racines de la violence

      Des parents qui disent à leur enfant : « de toute façon tu vas fini dans la rue, tu seras clocharde, en plus d’être une menteuse », sont des parents qui projettent leur insécurité et leurs angoisses sur leur enfant.
      Je vous confirme que la pancarte qu’on vous a obligé à porter autour de votre cou avec son inscription est un abus, une humiliation grave qui s’apparente à de la torture psychologique et à du harcèlement.
      Oui vous avez été contrainte de mentir pour vous en tirer et ça ne fait évidemment pas de vous une menteuse, vous êtes lucide et c’est tant mieux.
      A propos du mensonge, lisez : Enfant menteur, parent qui fait peur

      Les enfants ne sont pas (donc ne doivent pas être) les confidents ou les thérapeutes de leurs parents s’ils le deviennent c’est parce que leurs parents inversent l’ordre des générations, ce faisant, ils courent le risque de perdre leurs enfants qui ont simplement besoin d’être reconnus par eux et de se sentir aimés.
      De même comparer son enfant à ses frères et soeurs (en mieux ou en moins bien) c’est détruire sa confiance en lui-même, nous sommes tous différents et avons le droit à cette différence. La comparaison est une arme d’autant plus redoutable qu’elle blesse l’enfant à l’endroit où il est le plus fragile.
      Lisez : Papa, apprends-moi à penser, Différence et Ordre.

      A croire devoir se blinder, un être humain s’épuise. Notre sensibilité est notre richesse puisque c’est à travers elle que la vie nous fait tressaillir. Si vous en avez honte aujourd’hui, c’est compréhensible parce qu’on vous a appris à croire (en vous humiliant sans cesse) qu’il fallait être le plus fort pour vivre.
      Je vous souhaite donc de découvrir un jour que la vie ne se résume pas à un rapport de force (autrement dit que l’amour existe). Et pour ce faire d’apprendre à vous vider de votre colère ce qui revient à dire à ne plus devoir être éternellement l’esclave de ceux qui vous ont fait tant souffrir. Donc de vivre… enfin.
      Vous pouvez lire : Oser en parler et Esquiver ou digérer

      Vos lumineuses prises de conscience (même si elles sont douloureuses) vous aident à vivre, alors n’hésitez pas à vous faire aussi aider pour aller plus loin, les prises de conscience sont à la base de tout travail thérapeutique réel. Bonne chance Caroline.

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  14. maia

    Caroline,
    Je t’ai lue avec beaucoup d’attention et les capacités de compréhension que tu as développées seront un atout tout au long de ta vie selon moi. Pense à toi, je t’envoie tous mes encouragements pour poursuivre ton cheminement.

    Merci aussi à M. Perronnet.

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  15. Romain

    Bonjour/bonsoir

    Avant toute chose merci pour votre article, très bien écrit et très intéressant ! Il m’a aidé à y voir plus clair.

    Je m’appelle Romain, j’ai 22 ans. Je sais pas si c’est vraiment en rapport, mais j’ai reconnu mon père dans ce texte.

    En fait petit à petit, j’ai l’impression que je dévelloppe une haine envers mon père, mais je ne sais pas vraiment comment l’interpréter.. C’est mon père, mais plus le temps passe, plus il me dégoute et plus je le tiens responsable de ma situation, même si c’est dur de dire ça.. J’ai vraiment l’impression qu’il m’est « toxique ».

    Pour un jeune homme de 22 ans je trouve que je manque énormément de confiance en moi, d’ailleurs ca se ressent dans mes relations amoureuses, avec mes amis, meme au travail. C’est un peu compliqué mais ma famille vie des temps difficiles, mes parents sont criblés de dettes, moi travaillant et donnant ce que je peu a mes parents pour les aider (surtout ma mère enfait), ma soeur de 25 ans qui voyage et qui se préoccupe de rien ni personne.

    Mon père a 53 ans, sans emploi. Il passe son temps sur le pc ou devant la télé, il dit tout le temps « y faut que », ou encore « fait ci, fais ca »mais lui ne fais jamais rien pendant que ma mère se tue à la tache. Son look m’énerve, ca fait quelques années qu’il se laisse aller complet, il a une coupe de cheveux a dormir debout, un bide a la homer simpson..

    Maintenant que j’ai un peu grandi, des fois on essaye de parler.. mais très vite ça part en biberine, ce qu’il dit est souvent vulgaire, beauf ou abject. Ou pôur me parler argent, ce que je ne supporte pas…Je n’arrive pas a avoir une discussion dans les deux sens avec lui, quand je lui parle j’ai l’impression qu’il s’en tanponne, il a toujours raison. Pourtant moi je l’écoute quand il se confie. Pas de compliments, rien, et quand il essaye il est souvent maladroit et ça en deviens ridicule… Quand j’entreprends quelque chose, c’est desuite des « pff » ou « hahaha ouais c’est ca » ou bien « ouais tu crois qu’ils t’attendent toi, romain », même si je parle de choses completement banales ou illusoires sur le ton de la blague je me prend un stop, en fait j’ai l’impression qu’il aime me dévaloriser pour je ne sais qu’elle raison, peut etre un moyen de me motiver qui sait…

    En fait j’ai comme un sentiment de devoir l’aider dans sa tache de père puisqu’il ne la remplit pas tout seul… Du coup, a vouloir jouer aux hommes tout les deux, c’est le carnage a la maison et c’est ma mère qui en souffre

    Après comme points qui m’énervent il a aussi cette tendance a fuir, a ne jamais s’affirmer, aucune confiance en lui…. Et j’ai l’impression que ca déteins sur moi…

    Dans l’histoire ce monsieur reste mon père. Je sais qu’il est maladroit, colérique et que ses soucis d’argent l’empechent de vivre comme il l’entend.. Il a un bon fond.. Mais voila, je peux pas continuer a vivre comme ça car moi ca m’empeche d’avancer, comme si j’avais un poid a soulever en plus a chaque pas.

    Cet hiver je suis parti travailler en saison donc logé nouri et prendre de la distance m’a fait un bien fou, par contre voila des que je reviens a la maison rebelotte donc c’est qu’il y a forcément un probleme a régler… Enfin voila, je sais pas trop quoi faire…

    Merci d’avance pour votre aide

    Cordialement Romain

    Répondre
    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Être conscient qu’on manque de confiance en soi est le premier pas pour en retrouver, cela vous montre que vous n’êtes pas totalement identifié à cette « non confiance en vous », c’est donc à partir de cette part de vous-même qui – manifestement – ne demande, à vous lire, qu’à se développer que vous allez progresser vers vous-même.
      Souvenez-vous que c’est vous (et pas votre mémoire blessée) qui pouvez devenir responsable de vous-même, de votre propre vie.
      Donc d’accord à tout ce que vous exprimez à propos de votre père. Pourquoi devriez-vous « laisser déteindre » tout cela sur vous comme vous le dites si bien ? La réponse est simple : parce que vous vous identifiez à ce que votre père peut dire de vous. Regardez donc de très près ce qui vous contraint encore à le faire alors que vous êtes devenu un jeune adulte.
      Pour aller plus loin, lisez : Comment parvenir à guérir de son enfance ?

      Répondre
  16. Anonyme_MR_

    Bonjour,
    J’ai actuellement 17 ans, en Première S, et j’entretiens depuis quelques temps des relations très tendues avec mes parents, en particulier ma mère. Non pas que je ne me sentes pas aimé, mais je trouve cette relation fausse. En effet, je subis de très nombreuses remarques désobligeantes, voir même assez honteuses lors de repas de famille ou autres. J’ai depuis le « rêve » d’entrer à Science Po. J’ai toujours eu des facilités mais suite à une orientation assez mal choisie, je me retrouve à ne pas aimer ce que je fais, ma moyenne a chuté à 13. Suite à quoi, ma mère ne cesse de me répéter, je cite « tu n’arriveras jamais à faire Science Po, tu feras un BTS ou un I.U.T, et en moins de 2 ans tu auras un job ».
    De plus j’ai facilement tendance à me décourager et je ne sais que faire. Lorsque j’essaye de lui expliquer quelque chose, elle arrive toujours à retourner la situation et se place en victime.
    Ma mère et mon père ont tous deux des revenus assez (très) faibles, ce qui me fait d’autant plus culpabiliser quand je veux sortir… Je n’ose pas inviter d’amis chez moi, je me sens mal à l’aise vis à vis des autres car mes parents ne souhaitent souvent pas m’emmener en voiture à moins de 15km pourtant.
    J’ai de moins en moins confiance en moins, j’angoisse de plus en plus souvent, et au fil du temps, je n’ai plus le droit de rien faire (sorties, consoles, wi-fi_!!!_ ,moyens de communications), ce qui a pour résultat que je m’éloigne de plus en plus de ma prise d’autonomie.
    Je vous remercie pour votre article, qui m’a permis de reprendre un peu confiance en moins, je pense maintenant que le défaut relationnel entre mes parents ne vient peut-être pas que de moi.

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    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Il semblerait que votre désir de faire des études longues réveille des angoisses chez votre mère qui souhaiterait vous voir rapidement sur le marché du travail.
      En même temps il est tellement important que vous puissiez réaliser ce que vous portez en vous de réaliser.
      Ne vous laissez pas décourager, dans un an vous serez majeur et peut-être pourrez-vous obtenir une bourse ?
      Ce que vous vivez est « normal », tous les enfants sont influencés par les projections négatives de leurs parents mais de les identifier comme vous le faites est le meilleur moyen de ne pas y succomber et de rester vous-même, alors courage !

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      1. Sophie

        Bonjour,

        Il ne faut pas que tu abandonnes ce que tu as envie de faire si la seule raison est la peur de l’échec et la culpabilité.

        J’ai fait cette erreur, je suis allée dans une voie plus « facile » que ce que j’avais envie de faire car divers événements (dont les mauvaises notes, comme toi) m’avaient mis en tête que je n’avais pas les capacités pour les études d’ingénieur.
        Je regrette amèrement ce choix qui n’était pas vraiment un choix. J’ai réellement perdu du temps, de l’énergie mais surtout vu que j’ai échoué dans cette nouvelle voie, ça a rendu tout encore plus difficile psychologiquement (confiance en soi, regard des autres) et ça a fait que ma mère n’a plus aucune estime pour mes capacités scolaires et me met beaucoup plus la pression qu’auparavant et s’est retrouvée encore plus angoissée, et vu comme tu la décris, je pense que ta mère réagira pareil si tu te lances dans quelque chose et que tu échoues. Au final, j’ai rassemblé tout mon courage et ai décidé l’an dernier de revenir là où je m’étais toujours destinée et de tenter l’école d’ingénieur. C’est effectivement difficile et je galère, mais j’y investis toute mon énergie et je préfère 10’000x plus tenter et échouer dans un domaine qui me plaît plutôt que de ne pas tenter du tout et de le regretter tout ma vie (non je n’exagère pas)

        Le fait que tu ne peux pas disposer des outils pour ta prise d’autonomie est, je trouve, réellement un problème, car cela t’enferme dans tes angoisses et t’empêche de prendre du recul avec les choses, ce qui est primordial pour pouvoir faire un choix sans qu’il soit parasité par certaines idées décourageantes. De plus, le fait d’être dépendant de tes parents te rend beaucoup plus perméable à la culpabilité et aux angoissent qu’ils te transmettent. Toute cette culpabilité et tous les doutes pompent énormément d’énergie, énergie dont tu auras besoin pour entreprendre des études à Science Po, ou dans n’importe quelle voie que tu choisiras.

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