à propos des parents aux comportements toxiques

Faut-il rester soumis à ceux qui ne nous respectent pas ?

Quel avantage y a-t-il à être attentif à la toxicité de ses parents ?

« Plus le niveau spirituel de l’éducateur est pauvre, plus sa morale est incolore, plus grand sera le nombre des injonctions et interdictions qu’il imposera aux enfants, non pas par souci de leur bien, mais pour sa propre tranquillité et son propre confort. »

Janus Korczak(1)

« C’est notre propre exemple qui apprend à l’enfant à mépriser tout ce qui est faible. »

Janus Korczak

Récemment je conversais avec une personne qui me disait que l’appellation « parents toxiques » qu’elle rencontrait ici et là sur internet lui semblait exagérée, que bien sûr ses parents n’étaient pas parfaits et qu’elle avait été malmenée par eux (comme nous tous, disait-elle), mais que cela ne l’empêchait pas de vivre « normalement. » Elle ajoutait que l’égoïsme faisait des ravages aujourd’hui et que puisque tous les parents avaient eu, eux aussi, leurs problèmes avec leurs propres parents, il était normal de les respecter et de les aimer en leur montrant présence et affection.

Elle estimait aussi que c’était le plus souvent « de bonne foi » qu’un parent obligeait son enfant à agir, qu’il le punissait « pour son bien », et que le simple fait que nos parents nous aient donné la vie et qu’ils aient eu leurs lots de peines et de soucis, justifiait à lui seul notre devoir de reconnaissance et de respect à leur égard.

Alors, devons-nous obligatoirement aimer et respecter nos parents ?

Est-ce que le fait de faire « ce que l’on peut, comme on le peut » mérite le respect ? La volonté de bien faire aboutit-elle obligatoirement à « faire le bien » ?

Avoir peur de convenir que les « parents toxiques » existent, c’est croire qu’il est interdit de « toucher » aux parents sous le prétexte qu’ils sont des parents. Or il existe des parents respectueux de la personnalité et des besoins réels de leurs enfants mais aussi des parents aux comportements déviants, donc nuisibles, dans un monde qui a bien du mal à les repérer.

C’est donc par respect pour tous les parents respectueux de leurs enfants que nous allons tenter de comprendre ce que c’est que la toxicité d’un parent.

Qu’est-ce qu’un parent toxique ?

Bien sûr, on pense immédiatement aux parents alcooliques, coupables de sévices physiques ou d’abus sexuels sur leurs enfants. Ce sont là des comportements extrêmes qui ne doivent pas masquer la toxicité de parents plus « ordinaires » qui sont dominateurs, critiques, méprisants et/ou manipulateurs, et font ainsi preuve d’une toxicité insidieuse qui leur semble naturelle, persuadés qu’ils sont de la légitimité de leur comportement envers leurs enfants.

Les parents inconscients de leurs actes n’ont que rarement l’impression d’être véritablement nuisibles à leurs enfants. Ils sont certains de les aimer suffisamment et ils ne pensent pas pouvoir les maltraiter alors qu’ils sont en train de les humilier par exemple. Sous les apparences de l’éducation, les propos tenus aux enfants sont trop souvent des violences ordinaires qui conduisent à l’opposé de l’intention supposée de l’éducateur.

Par exemple une mère qui passe son temps à répéter à sa petite fille qu’elle va tomber dès qu’elle bouge est un parent toxique inconscient, en ce sens que son angoisse bride l’énergie de vie de son enfant.

En fait, ces parents inconscients s’emploient à infantiliser et à détruire leurs enfants avec des gestes et des paroles négatives, des décisions dévalorisantes parce qu’elles favorisent la dépendance et la perte de confiance en soi-même. C’est ainsi qu’ils provoquent, chez l’enfant sans défense, des dommages émotionnels qui s’insinuent peu à peu dans son être.

Cette façon inconsciemment perverse d’agir, trouve sa principale efficacité dans la répétition, qui structure peu à peu la personnalité de l’enfant, le fait souffrir en le persuadant que sa nature originelle est inadaptée et instille chez lui les poisons de la mauvaise conscience, de la peur et de la culpabilité.

Une toxicité ordinaire : le déni du vécu de l’enfant.

Un enfant tombe en courant dans la rue, il se fait mal, j’oserais dire il se fait « naturellement mal » ; son parent, le plus souvent culpabilisé dans son rôle, lui dira peut-être que ce n’est rien et qu’il n’a pas mal. Il veut le convaincre que la douleur qu’il ressent est moins importante que son désir qu’il aille bien. L’enfant, divisé intérieurement entre son ressenti douloureux et son désir d’être à la hauteur de ce qu’il sent important pour son parent, minimisera sa sensation de douleur en la ravalant, apprenant par là même que dans le choix entre ce qu’il sent par lui-même et ce que son parent lui dit qu’il doit ressentir, il a toujours intérêt à se conformer à la perception de l’adulte s’il veut être aimé, (et un enfant a besoin de se sentir aimé).

Plus tard, devenu adulte, ayant été pour ainsi dire formé à la confusion entre ce qu’il sent de lui-même et ce que sentent les autres de lui, il se méfiera de son propre ressenti et n’osera pas, par exemple, s’engager dans une relation amoureuse parce qu’il n’a jamais eu le droit, dans son enfance, de vivre ses propres émotions et en a très peur. Un homme de 40 ans peut ainsi refouler son désir homosexuel pour ne pas faire de la peine à sa mère. Cet homme croit aimer sa mère alors qu’il est soumis aux peurs de cette femme. Et c’est clair que du côté du parent, on ne peut pas parler d’amour quand on se permet de critiquer les choix de vie de son enfant devenu adulte.

Pourtant quel parent n’est pas un jour ou l’autre tombé dans le piège du « J’ai fait ça pour son bien » qui lui a permis de légitimer son action maladroite, pour ne pas dire maltraitante ?

Certains s’y enferment en n’en démordant pas ; ce faisant, ils deviennent des parents toxiques parce qu’ils ne voient les besoins de leurs enfants qu’à travers leurs besoins à eux, c’est ce que l’on appelle parfois une attitude « incestuelle », parce qu’elle fait obstacle à la séparation en empêchant l’enfant de se développer par lui-même donc d’accéder à son autonomie réelle.

Le parent respectueux de son enfant se remet en question et découvre (parfois même douloureusement) que, puisque son enfant n’est pas lui, il ne lui appartient pas. Il convient alors qu’il ne peut pas toujours savoir « ce qui est bon pour lui ». Il découvre en fait que, dans la plupart des cas, aimer son enfant c’est le laisser faire ce qu’il croit bon pour lui, quand bien même le parent est persuadé – à un moment donné – du contraire.

Wayne Dyer(2) disait : « L’amour est la capacité et la volonté de laisser ceux pour qui on a de l’affection être ce qu’ils choisissent d’être sans exiger que leur comportement vous donne satisfaction. »

Pour permettre à une personne de grandir, il faut la laisser commettre ses propres erreurs, donc la laisser tirer par elle-même les leçons de ses propres expériences.

La fille d’une amie est particulièrement désordonnée. Elle pose les objets n’importe où et passe son temps à les chercher. Le jour où le fait de ne pas retrouver sa carte d’étudiant à temps l’a empêché de passer un examen, elle a eu un choc suffisant pour se donner les moyens de changer. Lui avoir dit et répété que l’ordre est important n’avait servi à rien pendant des années.

C’est la preuve que l’expérience de l’autre n’a jamais été utile à personne. Pour apprendre à se relever, il faut être tombé, et plus un enfant grandit, plus il est à même de s’enrichir à travers ses expériences.

C’est notre peur (égoïste) de parent, qui nous contraint de croire que d’agir « pour le bien de notre enfant » s’appelle l’aimer. Ainsi empêcher un enfant de commettre certaines erreurs c’est lui voler l’outil de sa propre croissance, et c’est ce que les parents « toxiques » ne peuvent ni ne veulent pas voir.

Face à l’erreur de son enfant, le parent toxique râle, crie et lui assène qu’il n’aurait pas dû la commettre sous le prétexte qu’il l’avait prédite à plusieurs reprises ; le parent aimant – lui – comprend, soutient et accompagne alors même qu’il avait envisagé la possible erreur de son enfant, parce qu’il sait qu’il n’y a pas un domaine de l’existence où l’apprentissage ne passe pas par l’erreur.

Bien sûr, si votre enfant de 5 ans se penche par la fenêtre du 3ème étage, vous n’allez pas attendre qu’il tombe pour intervenir rapidement et sans lui demander son avis ; mais s’il a 17 ans et qu’il vit une liaison amoureuse avec une personne qui vous déplaît, le respecter – donc l’aimer – c’est avoir le tact et la douceur de « faire avec » la liaison qui est la sienne.

Les parents toxiques sont donc ceux qui, parce qu’ils sont persuadés du bien fondé de leurs jugements sur les autres, les imposent. Ils font à leur enfant un chantage à l’amour qui se traduit par cette fausse loi inconsciente : « J’ai nécessairement tort quand je ne pense pas ou n’agis pas conformément à la volonté de mon parent qui m’aime. »

Or qu’est-ce qui fait qu’un enfant se sent aimé ?

Un enfant « se sent aimé » par ses parents non pas parce que ceux-ci le lui disent, mais parce qu’il n’a pas besoin d’avoir peur de leurs réactions. Il se sent donc accepté tel qu’il est.

Pour que cette sécurité soit rendue possible à l’enfant, il faut que son parent soit lui-même autonome, c’est-à-dire capable de comprendre et de sentir que les émotions que le comportement de son enfant fait naître en lui (peurs, inquiétudes, angoisses), trouvent leur origine dans sa propre histoire. Ce dont les parents toxiques ne sont pas capables.

Un enfant dont les parents auront développé une réelle autonomie par rapport à leurs émotions, deviendra à son tour capable de développer une réelle autonomie : il pourra avoir ses propres convictions, ses propres sentiments, il sera capable d’être « vrai avec lui-même », il se définira par lui-même en faisant ses choix de vie propres, en accord ou non avec ses parents.

A l’inverse, un parent toxique « crée » le plus souvent des enfants conciliants et soumis qui ignorent leurs propres besoins parce qu’ils les pensent égoïstes. Mais parfois aussi les enfants de parents toxiques réagissent à la maltraitance en se rebellant pour survivre, ils sont alors injustement traités de « méchants » par leurs géniteurs. La peur de l’enfant, issue de la toxicité du parent, l’aliène, l’isole et le referme en créant en retour l’irrespect et la haine qui renforcent la toxicité du parent, dans un tragique cercle vicieux.

Quels que soient leurs comportements, tous ces ex enfants de parents toxiques, une fois devenus adultes valident et minimisent le plus souvent les attitudes maltraitantes de leurs géniteurs par des formules comme : « J’ai reçu quelques baffes mais je les méritais bien, ça m’a forgé le caractère, j’étais un enfant difficile. »

Ce serait trop terrible pour eux d’admettre qu’ils ont été mal aimés étant enfants, de renoncer à l’illusion de l’amour.

C’est au contact de son parent qu’un enfant développe (ou ne développe pas) sa confiance en lui-même et pour que l’enfant développe cette confiance, il faut que son parent le respecte. On pourrait ainsi dire qu’un parent qui respecte son enfant sera nécessairement respecté par lui car l’amour inspire et permet l’amour en retour.

Un enfant respecte naturellement son parent quand il a confiance en lui et c’est cette confiance en lui qui lui permet – par exemple – de ne pas avoir besoin de lui mentir ou de dissimuler (des mauvaises notes à l’école, par exemple.)

Pour un parent, convenir qu’il a pu avoir des attitudes toxiques envers son enfant est une grande opportunité pour lui permettre de réparer certains de ses manquements lorsque cet enfant entre en adolescence.

C’est dans ce contexte qu’un de mes amis me disait : « Parler à un adolescent, ce n’est pas lui dire : « Maintenant je suis là pour t’aider », mais lui dire la phrase complète : « Je sais qu’à des moments, je n’ai pas été là quand tu m’attendais mais maintenant je suis là. » parce que cela seul est générateur de confiance et d’amour. Et le moment de l’adolescence de son enfant pour un parent est un moment propice. En s’y prenant bien, en écoutant beaucoup sans juger, il peut soigner des blessures anciennes.

En réponse à ceux qui pensent que la maltraitance « n’a jamais fait de mal à personne ».

Sous-entendre que « le fait d’avoir été malmené ne nous empêche pas vraiment de vivre normalement », revient à dire aux victimes qu’elles n’ont qu’à se taire et souffrir en silence.  Ne pas croire les victimes, c’est donner de la légitimité aux bourreaux. De même, ne pas oser s’ouvrir à la victime que l’on a été, c’est emprisonner sa colère à l’intérieur de soi-même et prendre le risque de devenir un prédateur pour les autres.

Qu’est-ce que vivre « normalement » ?

Est-ce vivre « normalement » que de craindre – comme tant de gens – le conflit, parce qu’il a toujours été résolu pour nous à travers un rapport de force en notre défaveur ?

Est-ce vivre « normalement » que de croire que le meilleur moyen de persuader un enfant de ne pas recommencer une bêtise c’est de l’en rendre honteux et de le culpabiliser parce que nous en avons nous-mêmes été rendus honteux et culpabilisés ? Ou de lui donner des baffes parce que nous-mêmes en avons reçu dans des contextes similaires ?

N’est-il pas toujours légitime pour une personne qui souffre d’exprimer, de crier même parfois sa souffrance ? Devons-nous expliquer aux victimes qu’elles doivent se taire parce que leur souffrance remet en cause une sacro sainte croyance qui dit que le parent a toujours raison ? Devons-nous penser que les femmes qui, au siècle dernier, ont osé remettre en cause l’autorité de leur époux auraient mieux fait de se taire ? Et si non, pourquoi ce qui a pu nous sembler légitime pour une épouse ne le deviendrait-il pas pour un enfant ou un ex enfant devenu adulte ?

Autant de questions qui – si nous osons nous les poser – nous aideront à convenir que personne, jamais, ne mérite la violence ni la maltraitance, qu’elles soient physiques ou psychologiques.

Ce sont les personnes qui ont été maltraitées qui sont réduites à penser que les claques et les humiliations n’ont jamais fait de mal à personne (pour surtout ne pas s’avouer que leurs parents étaient toxiques.)

Nous vivons une époque dans laquelle nous osons enfin remettre en cause certains tabous qui nous contraignaient jadis à la complicité et à la « loi du silence. »

La condition de la possible remise en cause de nos propres comportements erronés (soi-disant aimants), passe par la constatation de nos erreurs et de nos maladresses et cette constatation passe également par la remise en cause de la possible toxicité des comportements de nos parents, car il est toujours légitime de reconnaître la toxicité d’un acte, fût-il celui de nos géniteurs.

Si nous observons notre enfant de manière neutre, comment ne pas remarquer qu’il est déjà bien ennuyé d’avoir cassé la bouteille de lait sur le carrelage de la cuisine. Comment ne pas remarquer que de lui dire : « Eh bien bravo, tu peux être content, quel maladroit tu fais ! » c’est lui infliger la cruelle injustice d’une double peine.

Il est important pour le parent de découvrir que son attitude culpabilisatrice et moqueuse (comment l’enfant pourrait-il « être content » de sa maladresse ?), n’est que la rançon présente de la manière dont à l’époque où il était lui-même enfant, il s’était senti humilié par ses propres parents et avait été obligé de considérer cela comme une marque d’attention à son égard (ce qui vaut mieux pour un enfant que de ne pas se sentir exister aux yeux de son parent.)

Pour que tous les membres d’une famille apprennent peu à peu à vivre ensemble dans le respect et l’amour, il leur faut ne plus avoir le besoin de se manipuler les uns les autres sous le prétexte qu’il est douloureux de reconnaître ses maladresses. Et ce travail est à initier par le parent qui montre l’exemple et qui dira par exemple à son enfant : « Viens, on va nettoyer ensemble, et je vais te montrer comment tenir cette grosse bouteille… » reconnaissant par là que la bouteille est difficile à prendre pour lui.

N’est-il pas légitime de ne pas nous laisser manipuler par le comportement égocentrique et totalitaire de notre vieille mère qui nous en veut parce que nous lui disons devoir partir, à l’issue d’une visite que nous lui avons faite, au sortir de notre travail, entre les courses et le dîner à préparer à la maison pour notre propre famille ? N’est-il pas légitime de ne pas tenir compte de ses plaintes quand elle nous les présente sous la forme d’un insupportable chantage ?

Pourquoi la parentalité comme la vieillesse devraient-elles donner des droits spécifiques ? Ne devons-nous pas tout bonnement réfléchir et apprendre à nous situer, c’est-à-dire à trouver la réponse juste face à la nocive inconscience de l’autre ? Et pour trouver la réponse juste à la toxicité, ne faut-il pas d’abord apprendre à la reconnaître comme telle ?

Dans le cas de la vieille mère « abusive », ce peut être d’y aller une fois par semaine, pas plus, de mettre en place un réseau d’aide et d’être très ferme sur ses limites.

En conclusion :

Pour pouvoir devenir peu à peu de plus en plus responsables de nous-mêmes, donc pour oser regarder nos propres imperfections en face, il nous faut commencer par balayer devant notre porte, ce qui revient à dire renoncer (au moins en partie) à notre propre tranquillité et à notre propre confort, (c’est-à-dire reconnaître nos comportements toxiques.)

Il est vrai que l’égoïsme fait des ravages aujourd’hui, mais nous ne parlons pas tous du même égoïsme. S’ouvrir à l’altérité, c’est commencer par arrêter de cautionner une culture judéo chrétienne dévoyée qui veut nous faire croire qu’il est égoïste de vouloir penser à soi comme de se préserver soi-même. L’égoïsme c’est de vouloir que l’autre se comporte comme soi. L’égoïsme, c’est l’intolérance de celui qui ne peut pas voir plus loin que le bout de son besoin à lui.

Convenir de son égoïsme est a priori impossible pour le prédateur, et c’est pour cela que nous devons apprendre à reconnaître, pour éviter de continuer à les subir, les comportements toxiques et pervers des autres, et en particulier ceux de nos parents (s’ils les ont eus ou les ont toujours).

Notes  (source Wikipédia) :

(1) Janus Korczak : Médecin-pédiatre et écrivain polonais. Avant la Seconde Guerre mondiale, il est une des figures de la pédagogie de l’enfance les plus réputées. Il laisse son nom à la postérité pour avoir choisi délibérément d’être déporté vers Treblinka avec les enfants juifs du ghetto de Varsovie dont il s’occupait dans un orphelinat.

(2) Wayne Dyer : Psychologue, conférencier et auteur de renommée internationale dans le domaine du développement personnel.

PS : Au moment où je mets cet article en ligne, je lis le livre de le Docteur Muriel Salmona “Le livre noir des violences sexuelles”, qui vient de paraître aux éditions Dunod et dont je ne saurai trop vous recommander la lecture.

Il y figure un passage qui éclaire la culture de beaucoup de personnes réticentes à convenir de la toxicité possible du parent. Le voici :

“De fait, l’enfant est encore trop souvent considéré comme la propriété de ses parents, auquel il doit respect et obéissance quoi qu’il arrive. Rappelons que jusqu’à la date récente du 5 mars 2002, l’article 371-1 du code civil sur l’autorité parentale, inspiré du cinquième des dix commandements bibliques, commençait en stipulant : « L’enfant, à tout âge, doit honneur et respect à ses parents. » Modifié, il commence maintenant par : « L’autorité parentale est un ensemble de droits et de devoirs ayant pour finalité l’intérêt de l’enfant, » l’article 371-1 précisant que cette autorité parentale « appartient aux père et mère jusqu’à la majorité ou l’émancipation de l’enfant pour le protéger dans sa sécurité, sa santé et sa moralité, Pour assurer son éducation et permettre son développement, dans le respect dû à sa personne. Les parents associent l’enfant aux décisions qui le concernent, selon son âge et son degré de maturité. »

© 2013 Renaud PERRONNET Tous droits réservés.

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Après avoir lu cet article, je vous conseille vivement de faire le test :

Pour sentir de très près la toxicité des parents à l’œuvre, vous pouvez vous procurer les films éloquents :

Vous pouvez également télécharger les fiches pratiques inédites :

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CC BY-NC-SA 4.0 à propos des parents aux comportements toxiques par Renaud Perronnet est sous Licence Creative Commons Internationale Attribution-Pas d'utilisation Commerciale-Partage à l'identique 4.0 .

631 réflexions au sujet de « à propos des parents aux comportements toxiques »

  1. Sabine

    Bonjour,
    Tout d’abord je tiens à vous remercier pour cet article qui, m’effraie, mais m’aide à analyser la situation dans laquelle je me trouve.
    J’ai 49 ans, mère d’une fille de 19 ans et d’un garçon de 14 ans.
    Depuis presque un an je vis des situations conflictuelles avec ma fille que je ne parviens pas à résoudre.
    Elle fréquente un garçon de 23 ans sans situation. Pas de boulot ,pas d’argent, il fume et pas que la cigarette, qui plus est, bipolaire. Il n’a plus de parents. Il est continuellement en galère. Donc…. Je ne l’aime pas. A mes yeux il constitue un danger et à une potentielle mauvaise influence sur ma fille. Naturellement ma fille voudrait que je l’accepte. Depuis qu’ils se connaissent elle a stoppé ses études. Ne passe pas son code. Elle a un peu travaillé et l’entretien avec le peu d’argent quelle gagne. Elle vis encore à la maison tandis que lui squatte chez un copain. Je ne sais pas comment me comporter face à cette situation. Suis je toxique de ne pas vouloir accepter ce garçon et voir ma fille gâcher son temps ? En lisant l’article j’ai l’impression que oui. J’ai toujours eu confiance en elle mais j’ai découvert quelle me mentait. Pourtant elle me soutient droit dans les yeux qu’elle est sincère.
    Je voudrais savoir comment faire pour rétablir un climat de confiance entre ma fille et moi. Dois je la laisser vivre son histoire d’amour même si c’est au détriment de son avenir ? Comment faire pour accepter sans se laisser dominer par son enfant ? par expérience je sais que si j’accorde certaines choses comme par exemple le fait qu’ils viennent chez moi quand je n’y suis pas, il ya des débordements que je ne peux supporter. Ma fille me reproche alors un manque de confiance. Ça l’est effectivement mais cest la conséquence d’un précédent. J’ai donné une seconde chance mais le débordement s’est reproduit. On tourne en rond en quelques sortes.
    En résumé je me demande si je suis une mère toxique pour ma fille. Est ce rattrapable ? Comment en sommes nous arrivée là ? J’ai pourtant eu l’impression de lui inculquer les bonnes valeurs. Mon mari est aussi perdu que moi.
    Merci d’avance pour votre aide et pour m’aider à retrouver le bon chemin.

    Répondre
    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Il vous fait commencer par remettre en cause les certitudes angoissantes qui sont les vôtre au sujet de votre fille. A quoi servirait de la protéger si elle ne se sent pas protégée ? Bien sûr qu’il est possible de faire revenir un climat de confiance entre votre fille et vous, les clés sont entre vos mains.
      Je vous invite pour commencer à lire mon article : Comment sortir de sa toxicité de parent ? et – s’il vous inspire – à prendre contact avec moi, nous parlerons de votre fille et de la meilleure manière de l’aimer de façon à ce qu’elle se sente aimée.

      Répondre
  2. Didijo

    Bonjour
    Merci pour votre article. Je cherche de l aide face a une mere qui est toxique avec moi depuis ma naissance. Car en conflit avec mon pere elle a refusé qu il me reconnaisse. Je n ai connu mon pere qu à 27 ans! Je suis une fille unique qui a vecu seule avec sa mere et tres tôt dans ma jeunesse j etais en conflit avec ma mere. Elle avait une bonne situation et a en quelques sorte pu s en sortir courageusement du fait d avoir pu s acheter 2 appartements et bien gagner sa vie…sauf qu elle n a jamais pu refaire sa vie amoureuse et est donc restée seule . Tres souvent elle me devalorisait, m insultait par rapport à mon pere alors qu elle avait refusé que je le connaisse. Puis j ai appris a grandir seule et me forger un caractere assez different de ma mere. Ma mere a un rapport à l argent qui est malsain. Sans elle je ne suis rien. C est grace a elle que j ai fait des etudes car c est son argent que j ai bénéficié…ceci cela. Ma mere m a toujours devalorisée face à mes problemes de poids importants à un tel point que j ai un complexe sur mon poids mon physique jusqu a ce jour .
    Puis elle a réussi a me déstabilisée sur ma vie amoureuse. Pour elle aucun copain, homme n est bien s il n a pas assez d argent. Pour elle tous mes copains m aimaient a cause de son argent…malheureusement j y ai cru. Je souffrais tellement d un besoin d amour que dans la precipitation je suis tombé amoureuse d un homme qui au final ne m aimait pas au fond et je me suis jeter dans un mariage trop vite car je me disais depuis toute petite quand j aurais un mari je serai aimé par lui et je serais heureuse sans ma mere. Mais au final ce mariage a été un echec en plus soldé par le deces de l un de mes bebes car j avais eu des jumeaux. Mon mari ne s entendait pas avec ma mere qui voulait tout controler dans mon couple. Ma mere critiquait la famille de mon mari, qu il etaient des pauvres , elle les insultait et j etais obligée de subir les reproches de mon mari et ceux de ma mere. Apres le deces de ma fille j ai craqué et j ai decidé de divorcer je n avais plus la force. Je souffrais de la perte de mon enfant mais ma mere continuait ses critiques et elle disait que tout ce qui m arrivait etait ma faute car je ne l avais pas écouté selon elle. Tampis pour moi elle disait alors que j avais besoin de son soutien et son amour….puis 2 ans plus tard j ai fait la connaissance d un homme qui m a aimé et ma aidé dans le deuil de la perte de ma fille. Notre amour etait passionnel et je revivais. Voulant montrer a mere que cet homme etait l homme de ma vie je lui ai présenter et à ma grande surprise elle l a aimé tres rapidement , mais ce que je cragnais arriva. Elle et lui se sont associés sur un projet immobilier elle lui a confié de l argent 15 000 euros. Et lui a dépensé trop vite cet argent quand elle a souhaité recupérer l argent mon ami l avait investit pensant lui rendre 2 mois plus tard. Je n etais pas informé de leur projet ma mère avait fait preter serment a mon ami de ne jamais me révéler leur association. Mais vu que mon ami avait fait cette erreur de toucher a cette somme, ma mere m a accusé , torturer fait tout ce qu on ne fait pas avec un enfant en pretextant que c etait ma faute car je n attirais que des hommes mal intentionnés et qu au final mon ami ne m aimait et que c etait son argent sa richesse que les hommes voulaient à travers moi. J en ai beaucoup souffert j ai beaucoup culpabilisé. Mon ami a rembourser ma mere 6 mois apres .entre temps je suis tombee enceinte et nous avons eu un petit garcon. Durant ma grossesse elle me torturait l esprit , m humiliait que je portais l enfants d un voleur. Mon ami a ete traumatisé du mal que ma mere lui a fait subir….notre couple a traversé des tempetes, une separation . Ma mere se mettait en victime et me poussait a me separer de mon ami. Mais j ai tenu et lui aussi a tenu. Aujourdhui nous sommes mariés et je suis enceinte à nouveau et j attends encore des jumeaux….surement un signe de Dieu.
    Ma mere ne s est pas calmé vis a vis de mon mari. Elle en est devenu folle. Elle me dit que je suis une mauvaise fille qu elle ne m a jamais aimé et que je n aurais pas son heritage…pfff je m en tape completement. Mon mari a pourtant cherché son pardon , son son soutien pour l erreur qu il avait commise il y a 10 ans. Mais non elle continue de parler de reprocher cet histoire d argent comme si c etait hier pourtant ca fait 10 ans. Elle me dit que normalement j aurai du quitter mon mari et ne pas tomber enceinte encore de lui. Je n y crois pas et pourtant j ai toujours essayé de la respecter d eviter de lui faire du mal.
    Aujourdhui je souhaiterai couper les ponts définitivements mais j ai peur…du fait qu elle vit seule et qu elle est vieille. J ai 38 ans maintenant elle m a bousillié ma vie. Elle ne m a jamais dit je t aime. Elle continue de me dire que c est grace a elle que j ai un metier car elle m a payé mes etudes ect…qu elle aurait pu mettre dans un orphelinat…quand elle parle c est comme si elle m a recueillit dans une poubelle et que selon elle je lui doit de la reconnaissance a vie. Ma mere mon bourreau mais en meme temps elle est vieille bientot 70 ans et est seule…comment faire pour m echapper de son emprise psychologique. Je sais tout le mal qu elle m a fait et je sais que pour elle je ne suis pas sa fille mais comment couper les ponts avec son age…

    Désolée pour ce message long. En tout cas ca m afait du bien de vous ecrire.
    Merci.

    Répondre
  3. Didijo

    Merci pour votre retour rapide.
    Mon blocage vient du fait que je suis traumatisee par cette mere manipulatrice. Un genre d emprise. Je n ai vecu qu avec elle et je me suis construite autour d elle c est ce qu elle souhaitait: controler ma vie.

    Répondre
  4. Agnes

    Bonjour, j’ai 53 ans. Des parents très exigeants pour lesquels j’ai coché toutes les bonnes cases (études prestigieuses, bis professionnelle valorisante, mariage). Hélas, j’ai grandi entre un père tyrannique et caractériel et une mère victimisée qui restait pour les enfants. Elle s’est totalement investie dans ses enfants en devenant abusive et envahissante. Leurs disputes et les crises étaient incessantes. Je pense avoir hélas génétiquement héritée de leur côté dépressif que j’ai ressenti dès l’enfance. Je l’ai médiqué en me jetant dans les études. Et ensuite lorsque j’ai commencé à travailler, j’ai contracté une addiction aux achats. Ma seule valorisation, mon vrai pouvoir… Aujourd’hui, je fais un bilan très amer de tout cela même si j’ai beaucoup travaillé sur moi. Mes parents octogénaires se disent la pour moi mais en fait, nient tout ce qui s’est passé et qui m’a détruite. Je sais qu’on ne peut pas changer les gens, mais de là à être aussi révisionniste… j’ai l’impression qu’ils ne me connaissent pas et n’ont aucune envie de me voir comme je suis. Leur deuil de l’enfant et de l’adulte idéal ne se fera probablement jamais. Que dois-je faire? J’ai pris mes distances mais aujourd’hui comme je suis en difficulté (seule, en recherche d’emploi et sans économies), ils jouent de ma culpabilité et sans le vouloir, me démolisse à chaque fois que je les vois (1 à 2 fois par mois). Leur emprise reste manifestement très grande parce que j’ai grandi dans leur jugement, puis celui des profs et ensuite des patrons. Dois-je rompre les ponts? Je me prends même à fantasmer sur leur mort… Pardon pour cette leghorée et merci pour vos conseils précieux.

    Répondre
    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Que faire ? Eh bien accepter de ne pas pouvoir les changer puisque vous ne le pouvez pas. Ou bien encore faire un travail de connaissance de vous-même qui vous permettra de voir et de comprendre pourquoi vous n’arrivez pas à vous résoudre à ne pas pouvoir les changer. Et cela afin de vous y résoudre.

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