à propos des parents aux comportements toxiques

Faut-il rester soumis à ceux qui ne nous respectent pas ?

Quel avantage y a-t-il à être attentif à la toxicité de ses parents ?

« Plus le niveau spirituel de l’éducateur est pauvre, plus sa morale est incolore, plus grand sera le nombre des injonctions et interdictions qu’il imposera aux enfants, non pas par souci de leur bien, mais pour sa propre tranquillité et son propre confort. »

Janus Korczak(1)

« C’est notre propre exemple qui apprend à l’enfant à mépriser tout ce qui est faible. »

Janus Korczak

Récemment je conversais avec une personne qui me disait que l’appellation « parents toxiques » qu’elle rencontrait ici et là sur internet lui semblait exagérée, que bien sûr ses parents n’étaient pas parfaits et qu’elle avait été malmenée par eux (comme nous tous, disait-elle), mais que cela ne l’empêchait pas de vivre « normalement. » Elle ajoutait que l’égoïsme faisait des ravages aujourd’hui et que puisque tous les parents avaient eu, eux aussi, leurs problèmes avec leurs propres parents, il était normal de les respecter et de les aimer en leur montrant présence et affection.

Elle estimait aussi que c’était le plus souvent « de bonne foi » qu’un parent obligeait son enfant à agir, qu’il le punissait « pour son bien », et que le simple fait que nos parents nous aient donné la vie et qu’ils aient eu leurs lots de peines et de soucis, justifiait à lui seul notre devoir de reconnaissance et de respect à leur égard.

Alors, devons-nous obligatoirement aimer et respecter nos parents ?

Est-ce que le fait de faire « ce que l’on peut, comme on le peut » mérite le respect ? La volonté de bien faire aboutit-elle obligatoirement à « faire le bien » ?

Avoir peur de convenir que les « parents toxiques » existent, c’est croire qu’il est interdit de « toucher » aux parents sous le prétexte qu’ils sont des parents. Or il existe des parents respectueux de la personnalité et des besoins réels de leurs enfants mais aussi des parents aux comportements déviants, donc nuisibles, dans un monde qui a bien du mal à les repérer.

C’est donc par respect pour tous les parents respectueux de leurs enfants que nous allons tenter de comprendre ce que c’est que la toxicité d’un parent.

Qu’est-ce qu’un parent toxique ?

Bien sûr, on pense immédiatement aux parents alcooliques, coupables de sévices physiques ou d’abus sexuels sur leurs enfants. Ce sont là des comportements extrêmes qui ne doivent pas masquer la toxicité de parents plus « ordinaires » qui sont dominateurs, critiques, méprisants et/ou manipulateurs, et font ainsi preuve d’une toxicité insidieuse qui leur semble naturelle, persuadés qu’ils sont de la légitimité de leur comportement envers leurs enfants.

Les parents inconscients de leurs actes n’ont que rarement l’impression d’être véritablement nuisibles à leurs enfants. Ils sont certains de les aimer suffisamment et ils ne pensent pas pouvoir les maltraiter alors qu’ils sont en train de les humilier par exemple. Sous les apparences de l’éducation, les propos tenus aux enfants sont trop souvent des violences ordinaires qui conduisent à l’opposé de l’intention supposée de l’éducateur.

Par exemple une mère qui passe son temps à répéter à sa petite fille qu’elle va tomber dès qu’elle bouge est un parent toxique inconscient, en ce sens que son angoisse bride l’énergie de vie de son enfant.

En fait, ces parents inconscients s’emploient à infantiliser et à détruire leurs enfants avec des gestes et des paroles négatives, des décisions dévalorisantes parce qu’elles favorisent la dépendance et la perte de confiance en soi-même. C’est ainsi qu’ils provoquent, chez l’enfant sans défense, des dommages émotionnels qui s’insinuent peu à peu dans son être.

Cette façon inconsciemment perverse d’agir, trouve sa principale efficacité dans la répétition, qui structure peu à peu la personnalité de l’enfant, le fait souffrir en le persuadant que sa nature originelle est inadaptée et instille chez lui les poisons de la mauvaise conscience, de la peur et de la culpabilité.

Une toxicité ordinaire : le déni du vécu de l’enfant.

Un enfant tombe en courant dans la rue, il se fait mal, j’oserais dire il se fait « naturellement mal » ; son parent, le plus souvent culpabilisé dans son rôle, lui dira peut-être que ce n’est rien et qu’il n’a pas mal. Il veut le convaincre que la douleur qu’il ressent est moins importante que son désir qu’il aille bien. L’enfant, divisé intérieurement entre son ressenti douloureux et son désir d’être à la hauteur de ce qu’il sent important pour son parent, minimisera sa sensation de douleur en la ravalant, apprenant par là même que dans le choix entre ce qu’il sent par lui-même et ce que son parent lui dit qu’il doit ressentir, il a toujours intérêt à se conformer à la perception de l’adulte s’il veut être aimé, (et un enfant a besoin de se sentir aimé).

Plus tard, devenu adulte, ayant été pour ainsi dire formé à la confusion entre ce qu’il sent de lui-même et ce que sentent les autres de lui, il se méfiera de son propre ressenti et n’osera pas, par exemple, s’engager dans une relation amoureuse parce qu’il n’a jamais eu le droit, dans son enfance, de vivre ses propres émotions et en a très peur. Un homme de 40 ans peut ainsi refouler son désir homosexuel pour ne pas faire de la peine à sa mère. Cet homme croit aimer sa mère alors qu’il est soumis aux peurs de cette femme. Et c’est clair que du côté du parent, on ne peut pas parler d’amour quand on se permet de critiquer les choix de vie de son enfant devenu adulte.

Pourtant quel parent n’est pas un jour ou l’autre tombé dans le piège du « J’ai fait ça pour son bien » qui lui a permis de légitimer son action maladroite, pour ne pas dire maltraitante ?

Certains s’y enferment en n’en démordant pas ; ce faisant, ils deviennent des parents toxiques parce qu’ils ne voient les besoins de leurs enfants qu’à travers leurs besoins à eux, c’est ce que l’on appelle parfois une attitude « incestuelle », parce qu’elle fait obstacle à la séparation en empêchant l’enfant de se développer par lui-même donc d’accéder à son autonomie réelle.

Le parent respectueux de son enfant se remet en question et découvre (parfois même douloureusement) que, puisque son enfant n’est pas lui, il ne lui appartient pas. Il convient alors qu’il ne peut pas toujours savoir « ce qui est bon pour lui ». Il découvre en fait que, dans la plupart des cas, aimer son enfant c’est le laisser faire ce qu’il croit bon pour lui, quand bien même le parent est persuadé – à un moment donné – du contraire.

Wayne Dyer(2) disait : « L’amour est la capacité et la volonté de laisser ceux pour qui on a de l’affection être ce qu’ils choisissent d’être sans exiger que leur comportement vous donne satisfaction. »

Pour permettre à une personne de grandir, il faut la laisser commettre ses propres erreurs, donc la laisser tirer par elle-même les leçons de ses propres expériences.

La fille d’une amie est particulièrement désordonnée. Elle pose les objets n’importe où et passe son temps à les chercher. Le jour où le fait de ne pas retrouver sa carte d’étudiant à temps l’a empêché de passer un examen, elle a eu un choc suffisant pour se donner les moyens de changer. Lui avoir dit et répété que l’ordre est important n’avait servi à rien pendant des années.

C’est la preuve que l’expérience de l’autre n’a jamais été utile à personne. Pour apprendre à se relever, il faut être tombé, et plus un enfant grandit, plus il est à même de s’enrichir à travers ses expériences.

C’est notre peur (égoïste) de parent, qui nous contraint de croire que d’agir « pour le bien de notre enfant » s’appelle l’aimer. Ainsi empêcher un enfant de commettre certaines erreurs c’est lui voler l’outil de sa propre croissance, et c’est ce que les parents « toxiques » ne peuvent ni ne veulent pas voir.

Face à l’erreur de son enfant, le parent toxique râle, crie et lui assène qu’il n’aurait pas dû la commettre sous le prétexte qu’il l’avait prédite à plusieurs reprises ; le parent aimant – lui – comprend, soutient et accompagne alors même qu’il avait envisagé la possible erreur de son enfant, parce qu’il sait qu’il n’y a pas un domaine de l’existence où l’apprentissage ne passe pas par l’erreur.

Bien sûr, si votre enfant de 5 ans se penche par la fenêtre du 3ème étage, vous n’allez pas attendre qu’il tombe pour intervenir rapidement et sans lui demander son avis ; mais s’il a 17 ans et qu’il vit une liaison amoureuse avec une personne qui vous déplaît, le respecter – donc l’aimer – c’est avoir le tact et la douceur de « faire avec » la liaison qui est la sienne.

Les parents toxiques sont donc ceux qui, parce qu’ils sont persuadés du bien fondé de leurs jugements sur les autres, les imposent. Ils font à leur enfant un chantage à l’amour qui se traduit par cette fausse loi inconsciente : « J’ai nécessairement tort quand je ne pense pas ou n’agis pas conformément à la volonté de mon parent qui m’aime. »

Or qu’est-ce qui fait qu’un enfant se sent aimé ?

Un enfant « se sent aimé » par ses parents non pas parce que ceux-ci le lui disent, mais parce qu’il n’a pas besoin d’avoir peur de leurs réactions. Il se sent donc accepté tel qu’il est.

Pour que cette sécurité soit rendue possible à l’enfant, il faut que son parent soit lui-même autonome, c’est-à-dire capable de comprendre et de sentir que les émotions que le comportement de son enfant fait naître en lui (peurs, inquiétudes, angoisses), trouvent leur origine dans sa propre histoire. Ce dont les parents toxiques ne sont pas capables.

Un enfant dont les parents auront développé une réelle autonomie par rapport à leurs émotions, deviendra à son tour capable de développer une réelle autonomie : il pourra avoir ses propres convictions, ses propres sentiments, il sera capable d’être « vrai avec lui-même », il se définira par lui-même en faisant ses choix de vie propres, en accord ou non avec ses parents.

A l’inverse, un parent toxique « crée » le plus souvent des enfants conciliants et soumis qui ignorent leurs propres besoins parce qu’ils les pensent égoïstes. Mais parfois aussi les enfants de parents toxiques réagissent à la maltraitance en se rebellant pour survivre, ils sont alors injustement traités de « méchants » par leurs géniteurs. La peur de l’enfant, issue de la toxicité du parent, l’aliène, l’isole et le referme en créant en retour l’irrespect et la haine qui renforcent la toxicité du parent, dans un tragique cercle vicieux.

Quels que soient leurs comportements, tous ces ex enfants de parents toxiques, une fois devenus adultes valident et minimisent le plus souvent les attitudes maltraitantes de leurs géniteurs par des formules comme : « J’ai reçu quelques baffes mais je les méritais bien, ça m’a forgé le caractère, j’étais un enfant difficile. »

Ce serait trop terrible pour eux d’admettre qu’ils ont été mal aimés étant enfants, de renoncer à l’illusion de l’amour.

C’est au contact de son parent qu’un enfant développe (ou ne développe pas) sa confiance en lui-même et pour que l’enfant développe cette confiance, il faut que son parent le respecte. On pourrait ainsi dire qu’un parent qui respecte son enfant sera nécessairement respecté par lui car l’amour inspire et permet l’amour en retour.

Un enfant respecte naturellement son parent quand il a confiance en lui et c’est cette confiance en lui qui lui permet – par exemple – de ne pas avoir besoin de lui mentir ou de dissimuler (des mauvaises notes à l’école, par exemple.)

Pour un parent, convenir qu’il a pu avoir des attitudes toxiques envers son enfant est une grande opportunité pour lui permettre de réparer certains de ses manquements lorsque cet enfant entre en adolescence.

C’est dans ce contexte qu’un de mes amis me disait : « Parler à un adolescent, ce n’est pas lui dire : « Maintenant je suis là pour t’aider », mais lui dire la phrase complète : « Je sais qu’à des moments, je n’ai pas été là quand tu m’attendais mais maintenant je suis là. » parce que cela seul est générateur de confiance et d’amour. Et le moment de l’adolescence de son enfant pour un parent est un moment propice. En s’y prenant bien, en écoutant beaucoup sans juger, il peut soigner des blessures anciennes.

En réponse à ceux qui pensent que la maltraitance « n’a jamais fait de mal à personne ».

Sous-entendre que « le fait d’avoir été malmené ne nous empêche pas vraiment de vivre normalement », revient à dire aux victimes qu’elles n’ont qu’à se taire et souffrir en silence.  Ne pas croire les victimes, c’est donner de la légitimité aux bourreaux. De même, ne pas oser s’ouvrir à la victime que l’on a été, c’est emprisonner sa colère à l’intérieur de soi-même et prendre le risque de devenir un prédateur pour les autres.

Qu’est-ce que vivre « normalement » ?

Est-ce vivre « normalement » que de craindre – comme tant de gens – le conflit, parce qu’il a toujours été résolu pour nous à travers un rapport de force en notre défaveur ?

Est-ce vivre « normalement » que de croire que le meilleur moyen de persuader un enfant de ne pas recommencer une bêtise c’est de l’en rendre honteux et de le culpabiliser parce que nous en avons nous-mêmes été rendus honteux et culpabilisés ? Ou de lui donner des baffes parce que nous-mêmes en avons reçu dans des contextes similaires ?

N’est-il pas toujours légitime pour une personne qui souffre d’exprimer, de crier même parfois sa souffrance ? Devons-nous expliquer aux victimes qu’elles doivent se taire parce que leur souffrance remet en cause une sacro sainte croyance qui dit que le parent a toujours raison ? Devons-nous penser que les femmes qui, au siècle dernier, ont osé remettre en cause l’autorité de leur époux auraient mieux fait de se taire ? Et si non, pourquoi ce qui a pu nous sembler légitime pour une épouse ne le deviendrait-il pas pour un enfant ou un ex enfant devenu adulte ?

Autant de questions qui – si nous osons nous les poser – nous aideront à convenir que personne, jamais, ne mérite la violence ni la maltraitance, qu’elles soient physiques ou psychologiques.

Ce sont les personnes qui ont été maltraitées qui sont réduites à penser que les claques et les humiliations n’ont jamais fait de mal à personne (pour surtout ne pas s’avouer que leurs parents étaient toxiques.)

Nous vivons une époque dans laquelle nous osons enfin remettre en cause certains tabous qui nous contraignaient jadis à la complicité et à la « loi du silence. »

La condition de la possible remise en cause de nos propres comportements erronés (soi-disant aimants), passe par la constatation de nos erreurs et de nos maladresses et cette constatation passe également par la remise en cause de la possible toxicité des comportements de nos parents, car il est toujours légitime de reconnaître la toxicité d’un acte, fût-il celui de nos géniteurs.

Si nous observons notre enfant de manière neutre, comment ne pas remarquer qu’il est déjà bien ennuyé d’avoir cassé la bouteille de lait sur le carrelage de la cuisine. Comment ne pas remarquer que de lui dire : « Eh bien bravo, tu peux être content, quel maladroit tu fais ! » c’est lui infliger la cruelle injustice d’une double peine.

Il est important pour le parent de découvrir que son attitude culpabilisatrice et moqueuse (comment l’enfant pourrait-il « être content » de sa maladresse ?), n’est que la rançon présente de la manière dont à l’époque où il était lui-même enfant, il s’était senti humilié par ses propres parents et avait été obligé de considérer cela comme une marque d’attention à son égard (ce qui vaut mieux pour un enfant que de ne pas se sentir exister aux yeux de son parent.)

Pour que tous les membres d’une famille apprennent peu à peu à vivre ensemble dans le respect et l’amour, il leur faut ne plus avoir le besoin de se manipuler les uns les autres sous le prétexte qu’il est douloureux de reconnaître ses maladresses. Et ce travail est à initier par le parent qui montre l’exemple et qui dira par exemple à son enfant : « Viens, on va nettoyer ensemble, et je vais te montrer comment tenir cette grosse bouteille… » reconnaissant par là que la bouteille est difficile à prendre pour lui.

N’est-il pas légitime de ne pas nous laisser manipuler par le comportement égocentrique et totalitaire de notre vieille mère qui nous en veut parce que nous lui disons devoir partir, à l’issue d’une visite que nous lui avons faite, au sortir de notre travail, entre les courses et le dîner à préparer à la maison pour notre propre famille ? N’est-il pas légitime de ne pas tenir compte de ses plaintes quand elle nous les présente sous la forme d’un insupportable chantage ?

Pourquoi la parentalité comme la vieillesse devraient-elles donner des droits spécifiques ? Ne devons-nous pas tout bonnement réfléchir et apprendre à nous situer, c’est-à-dire à trouver la réponse juste face à la nocive inconscience de l’autre ? Et pour trouver la réponse juste à la toxicité, ne faut-il pas d’abord apprendre à la reconnaître comme telle ?

Dans le cas de la vieille mère « abusive », ce peut être d’y aller une fois par semaine, pas plus, de mettre en place un réseau d’aide et d’être très ferme sur ses limites.

En conclusion :

Pour pouvoir devenir peu à peu de plus en plus responsables de nous-mêmes, donc pour oser regarder nos propres imperfections en face, il nous faut commencer par balayer devant notre porte, ce qui revient à dire renoncer (au moins en partie) à notre propre tranquillité et à notre propre confort, (c’est-à-dire reconnaître nos comportements toxiques.)

Il est vrai que l’égoïsme fait des ravages aujourd’hui, mais nous ne parlons pas tous du même égoïsme. S’ouvrir à l’altérité, c’est commencer par arrêter de cautionner une culture judéo chrétienne dévoyée qui veut nous faire croire qu’il est égoïste de vouloir penser à soi comme de se préserver soi-même. L’égoïsme c’est de vouloir que l’autre se comporte comme soi. L’égoïsme, c’est l’intolérance de celui qui ne peut pas voir plus loin que le bout de son besoin à lui.

Convenir de son égoïsme est a priori impossible pour le prédateur, et c’est pour cela que nous devons apprendre à reconnaître, pour éviter de continuer à les subir, les comportements toxiques et pervers des autres, et en particulier ceux de nos parents (s’ils les ont eus ou les ont toujours).

Notes  (source Wikipédia) :

(1) Janus Korczak : Médecin-pédiatre et écrivain polonais. Avant la Seconde Guerre mondiale, il est une des figures de la pédagogie de l’enfance les plus réputées. Il laisse son nom à la postérité pour avoir choisi délibérément d’être déporté vers Treblinka avec les enfants juifs du ghetto de Varsovie dont il s’occupait dans un orphelinat.

(2) Wayne Dyer : Psychologue, conférencier et auteur de renommée internationale dans le domaine du développement personnel.

PS : Au moment où je mets cet article en ligne, je lis le livre de le Docteur Muriel Salmona « Le livre noir des violences sexuelles », qui vient de paraître aux éditions Dunod et dont je ne saurai trop vous recommander la lecture.

Il y figure un passage qui éclaire la culture de beaucoup de personnes réticentes à convenir de la toxicité possible du parent. Le voici :

« De fait, l’enfant est encore trop souvent considéré comme la propriété de ses parents, auquel il doit respect et obéissance quoi qu’il arrive. Rappelons que jusqu’à la date récente du 5 mars 2002, l’article 371-1 du code civil sur l’autorité parentale, inspiré du cinquième des dix commandements bibliques, commençait en stipulant : « L’enfant, à tout âge, doit honneur et respect à ses parents. » Modifié, il commence maintenant par : « L’autorité parentale est un ensemble de droits et de devoirs ayant pour finalité l’intérêt de l’enfant, » l’article 371-1 précisant que cette autorité parentale « appartient aux père et mère jusqu’à la majorité ou l’émancipation de l’enfant pour le protéger dans sa sécurité, sa santé et sa moralité, Pour assurer son éducation et permettre son développement, dans le respect dû à sa personne. Les parents associent l’enfant aux décisions qui le concernent, selon son âge et son degré de maturité. »

© 2013 Renaud PERRONNET Tous droits réservés.

VOS COMMENTAIRES SONT EN BAS DE PAGE, JE VOUS RÉPONDRAI LE CAS ÉCHÉANT.

————–

Moyennant une modeste participation aux frais de ce site, vous pouvez télécharger l’intégralité de cet article (7 pages) au format PDF, en cliquant sur ce bouton : 

—————-

Après avoir lu cet article, je vous conseille vivement de faire le test :

Pour sentir de très près la toxicité des parents à l’œuvre, vous pouvez vous procurer les films éloquents :

Vous pouvez également télécharger les fiches pratiques inédites :

Et lire :

722 réflexions au sujet de « à propos des parents aux comportements toxiques »

  1. Masque

    Comment faire entendre à des parents que leur attitude est par moment toxique ? Il est difficile de s’exprimer sur ce sujet à des parents, ils peuvent a la rigueur faire semblant de l’entendre, rien ne change, il est difficile d’entrevoir et ressentir ce que peu ressentir un enfant qui subit des  » violences psychologique « , le plus difficile est de ne pouvoir faire grand chose, d’autant plus qu’une certaine alchimie (empathie compassion) s’est noué entre moi et cet enfant, l’impression que moi même enfant…j’ai pu subir des traitements similaire, étant un proche de la famille, cet enfant s’est beaucoup attaché à moi, lui donne un peu de mon temps pour qu’elle prenne confiance en elle à travers les jeux, très difficile les séparations, d’autant plus qu’elle ne peu s’exprimer aisément (3ans), les parents sont plutôt impulsive et consacre peu de temps à l’enfant, même le temps qui lui est adressé et par moment accompagné de maladresse…pas assez à l’écoute de l’enfant ; évidemment, aucun parent n’est parfait, tout le monde peu s’emporter à un moment où un autre…faut il encore le reconnaître, pour tout les enfants…l’apprentissage est plus ou moins difficile ; l’intelligence (première) des touts petits est ralenti par un environnement social trop contraignant, pourtant, leur intelligence est bien plus grande que de la plupart des adultes.

    Sinon, votre article est très bien écris pour ceux qui se sont déjà fait une petite idée sur la question, très utile pour les enfants en âge de s’interroger sur leur propre enfance, seulement un peu trop culpabilisant pour des parents dis  » toxique  » ? Un peu trop à charge ? Le poids de la société, suffit déjà sa peine, un proverbe  » il faut tremper la pointe de la flèche dans du miel pour lancer une vérité « .

    Répondre
  2. K.S

    Je lis beaucoup de choses et notamment des adolescents qui expriment beaucoup de rancœurs envers leurs parents.

    Loin de moi de faire l’apologie de la maltraitance, rien n’excuse un comportement toxique ou la violence psychologique. Mais, car il y a toujours un MAIS comme j’aime à le dire…

    Ce « mais » je vais le traduire par un commentaire qui va à l’encontre de beaucoup d’autres, qui rejettent systématiquement la faute à des parents qui peuvent être débordés, dépassés, qui n’arrivent tout simplement plus à gérer la complexité de l’éducation alliée aux diverses difficultés que la vie nous impose.

    Mes parents ont été toxiques, en particulier mon père rabaissement systématique sur absolument TOUT, une mère absente sur bien des plans, le tout dans un contexte familial extrêmement tendu. Enfin bref…

    À 17ans, j’en voulais énormément à mes parents, les haïssants pour la brillante absence positive dont ils ont fait preuve. Néanmoins, plutôt que de me sentir bridé et oppressé, je me suis détaché totalement de la sphère familiale et de son système de pensée très arrêté. Ce fut une période extrêmement difficile, conflits systématiques, violences verbales, jusqu’au violences physiques.

    A la fin de cette période « famille » ce n’était plus qu’un enfer dont chacun pensait qu’il était dans le juste.
    Mes parents avaient des torts, c’est un fait, et avec mes « grands principes de moralisateur » , j’étais le premier à en faire le procès, et souvent de manière houleuse et acerbe. Légitime ou non? Qui étais je à 16/17 ans pour juger? Je n’étais qu’un ado en pleine construction de soit même avec presque aucune expérience, ni épreuve de la vie derrière moi.
    (Rares sont les ados qui à cet âge ont suffisamment recul pour parler objectivement).

    Le point de rupture et de séparation familial a été atteint très rapidement vers 18/19ans. un moment brutal, dans les mots, les geste. Très tôt donc, j’ai construit mon existence selon mes préceptes, et plutôt que de ne pas avoir confiance en moi, c’est avec assurance que j’ai commencé à vivre la vie par moi même, sans aucune autre barrière que mes valeurs.
    N’ayant même pas le bac, j’ai d’abord travaillé dans le paysage et le BTP, un milieu rude tant sur plan physique que sur le plan humain, mais qui pourtant m’a beaucoup plu.
    Pour des raisons pécuniaire je me suis tourné vers l’usine, puis vers le côté commercial et de l’audit. Un Milieu précaire certe, mais qui rapporte. J’ai pu dans ce domaine approcher une sphère composée de gens réellement vicieux.
    Pour finalement terminer ma route en tant que rédacteur pour la presse payante ou encore réalisateur sur projet TV.
    Entre temps j’ai beaucoup voyagé (notamment au cœur de la jungle sud américaine) dans le but de fuir totalement le moule sociétal qui nous est tous imposé et que je trouve étouffant.
    Une vie parfaite au premier abord mais qui très rapidement, a basculée dans une terrible maladie destructrice. Une maladie dont j’ai réchappé à la suite d’un combat extrement éprouvant qui m’a coûté beaucoup sur le plan physique.

    Un parcours hétéroclite qui m’a beaucoup appris sur la nature humaine et la vie en général. Que ce soit travailler durement aux côtés d’un repris de justice au lourd passé, signer un gros contrat dans un bureau chic à Paris, se baigner la nuit dans une rivière loin de toute civilisation à côté d’un caïman, ou bien encore plus tristement, être sur un lit d’hôpital après une terrible souffrance et se demander si le lendemain on ne sera plus qu’un fantôme pour nos proches, sont autant d’expériences qui forgent une vie et qui donnent un aperçu de ce qu’un « enfant » de 17 ans peut juger hâtivement derrière sa récente existence.

    Avec le poids des années mon tempérament sulfureux, à défaut de se calmer, devient plus tolérant et plus apte à « accepter » le « pourquoi » du comportement toxique de certaines personnes, sans bien évidemment en comprendre totalement toutes les arcanes qui sont propre à chacun.

    Aujourd’hui je suis un papa, un papa toxique je dois tristement l’admettre.

    Mon petit garçon a à peine plus d’un an. Je l’aime, je joue beaucoup avec lui. Mais (encore une fois un mais), je hausse trop souvent le ton de ma voix sur ce petit bonhomme, et de façon bien trop virulente. Je n’accepte pas ses trop nombreuses gadiches, ni ses pleurs incessants.
    Malgré toute ma volonté je n’arrive pas à supporter les points négatifs et contraintes liées à un enfant.

    Toxique, je le suis malgré moi…
    J’ai vu et fait beaucoup de choses, je tente de garder l’esprit ouvert, mais voilà je ne suis pas une machine. Fatigué, usé par cette vie, par la maladie mais aussi par cet enfant qui est de par sa nature un être réclamant plus que je ne suis capable de donner.

    Pour ménager ma vieille carcasse ayant vécue tant de choses, mais étant devenue fragile, Je suis fevenu un papa toxique. Un papa aigri qui ne laisse pas son enfant faire tout ce qu’il souhaite.

    Un enfant, un bébé est incapable de tempérer ses émotions et actes et pourtant, la réalité s’impose à moi telle un infranchissable mur de métal froid.
    Fatigué de lui, fatigué des longues nuits blanche remplies de ses pleurs, fatigué de ramasser continuellement derrière lui, fatigué de l’entendre gémir à la moindre des contrariété. Fatigué de ne plus avoir un seul moment de répit.

    Mes mots sont durs, je suis strict. Totalement incapable d’être le Papa idéal que j’aurais voulu être.

    Il y a fort à parier qu’en atteignant l’adolescence, mon cher petit diable me fera le procès de mon incompétence. Rempli de certitudes et de rancœurs qu’il va juger légitime, il va sans doute utiliser des mots acerbes, incisifs envers la piètre image qu’il aura de moi. Il ne verra en son père qu’un vieux bonhomme aigri, violent dans ses paroles. Un vieux fatigué, qui ne travaille pas comme un homme devrait le faire et qui pourtant se prend pour une figure paternelle.

    En tant que parent, on ne fait pas les choses comme on veut, mais comme on peut. Les hommes s’élèvent puis redescendent au fil des ans, parfois très brutalement.

    Juger mes parents a été bien plus facile que de donner la bonne éducation à mon enfant.

    Répondre
    1. Noz

      J’ai le meme comportement que vous avec mon fils de 2 ans. Et chaque jours je m’en veux. Je pense que l’on reproduit malheuresement la maniere dont nous avons nous même été élevé. Votre garçon na qu’un an. Le mien deux. Il est encore tant de mieux faire. Ca n’effacera rien c’est certains. Mais ca n’est pas trop tard.

      Répondre
      1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

        Eh bien regardez le paradoxe qu’il y a à donner un conseil à un autre que vous ne parvenez pas à appliquer à vous-même.
        Ce n’est pas en vous en voulant que vous progresserez mais en découvrant que vos comportements vis-à-vis de votre enfant sont les conséquences de vos sentiments refoulés vis-à-vis de vos propres parents. Pour avancer, il vous faudrait donc oser les mettre à jour, ce qui se fait dans le cadre d’un travail thérapeutique.

        Répondre
    2. Elo Flo

      J’ai lu votre message. Et je crois que vous êtes en bonne voie pour que votre fils ne vous fasse pas vivre ce que vous avez fait vivre à vos parents à l’adolescence. En effet il me semble que -comme je le lisais dans l’article ou dans un autre- vous serez capable de lui dire :  » je sais que j’ai commis des erreurs, je le reconnais, mais (vous dites l’apprecier ce mais 😊) tu dois aussi savoir qu’élever un enfant est la chose la plus difficile et la plus enrichissante que j’ai vécue… J’essaie de te comprendre mais je n’y arrive pas toujours, j’essaie d’être à la hauteur de tes attentes mais je sais que je te déçois souvent et ce sentiment au final est réciproque ! Sachons accepter de commettre des erreurs et apprenons d’elles pour nous aimer de mieux en mieux😉 ».

      Répondre
      1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

        Voici une réponse particulièrement intéressante dans la mesure où elle nous montre comment un parent peut s’y prendre pour ne pas assumer totalement ses responsabilités.
        La relation parent / enfant n’est pas une relation égalitaire puisque c’est le parent qui a la responsabilité de prendre soin de son enfant et non l’inverse.
        Tant que vous êtes dans la crainte que votre fils vous fasse vivre ce que vous-même pensez avoir fait vivre à vos parents à l’adolescence, vous êtes dans le monde à l’envers.
        Les comportements des enfants sont les conséquences de la manière dont ils se sentent aimés et respectés par leurs parents. Si un enfant devient infernal il faut arriver à comprendre ce qui l’a rendu infernal, c’est cela la responsabilité du parent. Tant que le parent se vit comme la victime du comportement de son enfant il ne peut pas se comporter comme un parent. Dans ce contexte il lui faut donc découvrir en lui-même les émotions refoulées qui l’empêchent d’assumer son rôle.
        Donc la formule : « tu dois aussi savoir qu’élever un enfant est la chose la plus difficile et la plus enrichissante que j’ai vécue » est maladroite parce qu’elle est un plaidoyer du parent aux oreilles de l’enfant. Ce plaidoyer ce serait au psy du parent à l’entendre, comprenez-vous ? Pas à l’enfant qui se développe et n’a pas à devoir gérer les difficultés qu’a son parent à son egard.
        Chaque chose a besoin d’être à sa place pour que l’équilibre dans la relation soit possible.
        Ainsi votre enfant n’a pas besoin de savoir que vous vous sentez déçue par lui. En le lui disant vous l’accablez en le culpabilisant, votre enfant n’a pas à être votre confident. Il est une personne qui vous est confiée pour que vous l’aidiez à grandir donc à parvenir un jour à l’autonomie (ce qui revient à dire à se passer de vous). Pour le moment il a le besoin – pour se construire – de sentir votre amour et non pas d’écouter vos plaintes qui ne peuvent que le troubler donc amener à son tour chez lui des comportements dysfonctionnels.

        Répondre
        1. Elo

          Ah oui!! Merci d’avoir répondu! En fait ce que j’exprime est super juste mais je vois avec votre éclairage ce qui n’est pas à dire à l’enfant car ça sonne mal à ses oreilles. Il faut réussir à être exemplaire et parfaitement clair avec ce qu’on fait ou ce qu’on dit pour être un parent responsable! C’est très difficile au quotidien, nos comportements ne peuvent pas changer du jour au lendemain, un travail thérapeutique est tjrs long…

          Répondre
          1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

            Ce que vous exprimez est juste pour vous, pas pour votre enfant.
            Vous négligez avec facilité – comme beaucoup de parents – d’estimer la manière dont votre intérêt personnel peut affecter votre enfant, sous le prétexte que c’est difficile pour vous de vous réformer.
            Être responsable ne veut pas dire être exemplaire, mais plutôt penser à l’autre comme à un autre, donc penser votre enfant comme un enfant, c’est-à-dire un être en développement. C’est sa cécité qui empêche le parent d’agir justement.
            J’ai l’impression que, parce que vous avez peur de vos propres maladresses, vous en minimisez l’impact. Ce faisant, je crois que vous vous condamnez à ne pas pouvoir vous réformer. A l’inverse si vous osez sentir que l’effet d’une parole culpabilisatrice est non pas de « sonner mal à l’oreille de votre enfant, mais de le tuer émotionnellement, je présume que cela sera une aide pour vous avant de lui parler.
            Pour aller plus loin je vous invite à lire Comment sortir de sa toxicité de parent ?

            Répondre
  3. DELAGRANGE

    bonjour:notre fille unique;nous à exclus de sa vie,pour ne pas avoir accepter de lui faire la donation de notre maison;pour qu’elle puise acheter un bien dans le vaucluse:notre non,nous a interdit de voir notre petite fille de 4 ans en 2003:avons été de bons parents,ne sachant comment leur faire plaisir,voulions que leur bonheur,qu’ils vivent heureux:répondions toujours présent ,dimanche,jour férié: 2018 est là,est là:rien à changer,sommes rester des parents indignes,avons tout donner,sommes morts à ses yeux,rejeter,bannis,elle n’avait aucun sentiments envers nous,ni d’amour;ne compter que son bien étre,ou en serions nous si nous avions accepter !!!!!!!!!! méme notre petite fille était conditionnée à nous détestée:lui disant tant de mensonges à notre égard:vivre un tel calvaire horrible;constater ce mépris,de la part de son enfant un poids énorme;tant de larmes verssées,ridant ce visage de tristesse:penser à nous deux jamais,que faire plaisir à cette famille;ne leur dire oui;les satisfaire;notre plaisir;amour des siens:pensons que la mort approche avec l’age:resterons à jamais des exclus;quel VIE:le chagrin est immense car nous étions de bons parents:sans aucun reproches;les jours passent,les années;suivons notre chemin de ronces;la mort nous délivrera de ce supplice;ENFIN /

    Répondre
    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Je comprends parfaitement votre désarroi et pourtant les comportements de votre fille ne sont-ils pas aussi – au moins en partie – les conséquences des valeurs que vous lui avez inculquées dans l’éducation que vous lui avez donnée ? Votre douloureux sentiment d’injustice ne vous aveugle-t-il pas en vous faisant passer pour une victime exclusive de l’ingratitude de votre fille ?
      Tout cela pour vous dire que sans vous connaitre, je suis persuadé que le comportement de votre fille n’est pas la simple conséquence de votre refus de lui donner votre maison. Je le vois plutôt comme la conséquence d’un très ancien dysfonctionnement dont personne n’a jamais pris soin et qui a mené à une douloureuse usure relationnelle.
      A moins de considérer son enfant comme un « monstre » (auquel cas où donc serait l’amour ?) croyez-vous vraiment qu’un enfant puisse rompre toute relation avec son parent sans en souffrir lui-même ?
      Tout ça pour vous demander si ce si douloureux état de fait va être pour vous l’occasion d’un radical renouveau dans votre relation à votre fille ?

      Pour aller plus loin je vous invite à lire :
      Pourquoi faut-il reconnaitre sa toxicité à l’oeuvre dans sa relation à l’enfant ?
      Ne pas se remettre en cause

      Répondre
  4. BAUDOIN

    Tout d’abord je tenais a vous remercier pour cet article qui m’a vraiment soulagé ainsi qu’ouvert les yeux.

    J’ai toujours sentis une distance entre moi et mes parents (surtout avec ma mère, mon père étant un peu plus ouvert) et une différence de traitement avec mon frère et ma sœur.

    Étant né prématurément, ceci ayant entraîner quelque séquelle moteur, j’ai passer une bonne partie de mon enfance entre les médecins et les kiné. Trimbalé à droite et à gauche sans avoir vraiment mon mot à dire.

    Le temps à passer et les pression psychologique que mes parents on exercé sur moi sont devenu de plus en plus fortes :
    pressions, chantage, prise de décision sans mon consentement, manipulations (au niveau du choix de mes études), ainsi que des comparaisons injuste et injustifiées entre moi et mon frère qui a tant « réussie » dans la vie et ma sœur qui est tellement « parfaite » car obéissante et dévoué à mes parents.

    Me rebellent souvent contre cette « construction » familiale établie, j’ai souvent été considéré comme une sorte de paria et mis à l’écart de la vie de famille.

    Tout ceci à fait de moi un enfant avec un grand manque de confiance et d’estime de sois, une grande peur et intolérance de l’échec, une parallélise de l’action et une censure quasi permanente de mes envies et passions (très longtemps cachés et gardés uniquement pour moi par peur de jugement).

    Il y a un peu près un an, j’ai arrêter mes études en communication visuelle qui ne m’apportais rien, pour revenir chez eux le temps d’une année sabbatique, pour pouvoir me remettre en question par rapport à mon avenir.
    (même si je n’ai jamais vraiment quitter mes parents durant mes études car je rentrais le soir chez eux).

    Durant ce laps de temps (même si tout n’a pas été simple), j’ai eu l’occasion de beaucoup progresser et de découvrir de nombreux outils pour me libéré et être enfin en accord avec moi même :
    l’auto éducation, l’entreprenariat ou le simple fait d’avoir une vision proactive.

    Tout ceci m’a déjà beaucoup apporté, mais je ressent quotidiennement la pression de mon environnement issue du comportement toxique de mes parents :
    Odres répétés à outrance, critiques, aucun soutient en ce qui concerne mon projet de création d’entreprise, une pression et un silence pesant… et cela ne se traduit pas uniquement par le comportement de ma mère, mais aussi celui de ma petite sœur, qui en plus de m’infantiliser, ne cesse de faire des réflexions sur mon style de vie et ma situation.

    Le plus dramatique pour moi étant que cette pression m’empêche de devenir indépendant et de
    me réaliser dans mes projets, mes créations et bien sûr ma vie future.

    Tout ceci ne s’arrangeant pas sachant que nous habitons dans une ferme en plein milieu des champs, créant une sorte de prison doré à mis chemin entre la beauté de la nature et l’isolement pesant.

    Je sais que je ne pourrais pas me libéré et vivre ma vie, sans partir de chez eux et minimiser le plus possible leur influence sur moi.

    Je me suis fixé pour objectif de trouver un appartement d’ici janvier 2019 et pouvoir pas à pas mettre en place mon entreprise et me réaliser enfin dans une vie qui me ressemble.

    Pour repère, je vais bientôt avoir 22 ans, j’ai un diplôme d’Infographiste et je n’ai pas mon permis (malgré une pression familiale importante pour l’obtenir enfin, après des années de d’abandons et de reprise, sans tenir compte de mon avis sur le sujet).

    Je voulais vous demander si vous auriez quelques conseils à m’apporter pour limité leur influence ou me permettre d’avoir toutes les chances de mon coté pour atteindre mon objectif en minimisant les effets néfaste de cet environnement (peur de l’échec, autonomie, lâcher prise, doutes …)
    pour afin de réaliser cet objectif qui me tient plus que tout a cœur :

    Partir de chez mes parents (et de leur influence) et construire peu a peu une vie qui me correspond et dans laquelle je peu me réaliser.

    Encore un grand merci pour votre article qui a mis des mots sur de nombreuses intuitions et sensations que je ne pouvais pas vraiment expliquer depuis des années.

    Répondre
    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Certainement vous conforter dans votre décision de vous éloigner d’eux, même si encore 8 mois c’est long. Quel prix êtes-vous prête à donner au respect que vous vous devez à vous-même ?
      Lisez-mes articles qui vous permettront peut-être d’avoir le désir de vous faire accompagner :
      Comment parvenir à guérir de son enfance ? pour parvenir à prendre de la distance par rapport à votre passé.
      L’identification à son enfant intérieur pour parvenir à comprendre vos comportements dans votre relation à vos parents.

      Répondre
  5. tikoo

    Bonjour,
    j’ai 45 ans maintenant et 2 magnifiques garçons.
    Mes 2 parents sont toxiques : pour ma mère dépression, alcoolisme et bipolaire, pour mon père égocentrique et hypochondriaque.
    Je ne les ai jamais laissé rentrer dans ma sphère affective depuis que je suis enfant ( pas de calin et pas de discussion) . Ils ne sont pas méchants mais beaucoup trop anxiogène et perturbant donc je les vois mais ils ne peuvent pas me dire ce que je dois faire.
    Si ils se plaignent et disent qu’ils se sont occupés de moi enfant , je réponds que c’était leur job.
    Pour chacun je leur ai dit en face ce que j’avais vécu à cause d’eux : insécurité, panique nocturne, anorexie et crise d’anxiété et après je leur ai dit que je leur en voulais pas mais que je leur interdisais que ce que j’étais devenu adulte c’était gràce à eux !
    Maintenant ils vieillissent et ils se rendent compte que finalement avoir des enfants cela permet d’être moins seul mais il est trop tard … toutes leurs extravagances d’avant ils les payent et pourtant on les avaient prévenus mais ils nous avaient répondu que nous n’avions rien a leur dire alors maintenant ils sont seules .

    Répondre
  6. Augnac

    Je pense qu’il existe aussi des parents qui cèdent tout à leurs enfants et qui, d’une certaine façon, deviennent à leur manière des parents toxiques. Ils n’apprennent pas à leurs enfants à gérer la frustration, alors que c’est indispensable pour que l’enfant s’épanouisse. En grandissant, ils deviennent de parfaits petits tyrans qui croient que tout leur est dû, ils sont incapables de supporter la moindre frustration lorsqu’on oppose un « non » à leurs demandes incessantes. Et si le « non » est catégorique, il mettent en oeuvre des stratagèmes pour obtenir ce qu’ils veulent, avec le chantage, la culpabilisation, les crises de nerf, et j’en passe… ces comportements sont néfastes autant pour l’enfant qui finalement se met en colère souvent et pour un rien (dès qu’on s’oppose à leur volonté), ET pour l’entourage qui doit supporter l’inaction (l’abandon même !) des parents.

    Répondre
  7. enidan

    Je reconnais au moins le mérite à votre site de pouvoir s’exprimer, se libérer peut etre et s’ amener à refléchir…moi j’ai eu de parents que je jugeais toxiques lorsque j’avais 17 ans et plus et qui m’ont fait bcp souffrir, et maintenant à bientot 70 ans nous sommes des parents qui avont été toxiques pour nos enfants.
    Ca n’empeche que nos enfants aux alentours de la quarantaine connaissent quant ils en ont besoin le chemin de la maison….car c’est encore là si même tout n’y est pas parfait qu’ils peuvent se refugier…Nous sommes aussi là en temps que foyer stable/refuge pour ecouter nos petits enfants bléssées souvent par leurs parents séparés..et toxiques!!!
    Juste pour dire que le métier de parents est difficiles, que chacun un jour peut être le deviendra, et que ça peut aider non pas à moins souffrir mais à relativiser et à se mettre à la place de l’autre de temps en temps. On ne refait pas à mon avis les mêmes erreurs mais on en fait d’autres. Maintenant mes parents ont disparus et je me rappelle surtout ce qu’ils ont fait de positifs pour nous, j’aurai mieux fait de commencer par là et arreter de m’écouter… Vivre n’est il pas souffrir car chaque jour il faut se confronter à des difficultes avec les les autres, les evennements, et…avec soi-même!!!!
    Bon courage à tous;

    Répondre
  8. Anya

    Je vous remercie sincèrement pour cette article.

    Le lire m’aura soulagée et m’aura ouvert les yeux sur ma situation actuelle.

    En effet, du haut de mes 15 ans, les relations avec mes parents sont difficiles, douloureuses… tant d’adjectifs sauraient décrire ma souffrance actuelle.
    J’ai rapidement développé une incommodité vis-à-vis de mes parents. À 8 ans, je craignais déjà leurs colères, leur autorité, leurs jugements… je les sentais absents, je ne me sentais pas aimée, pas écoutée. Ils m’avaient laissée seule face aux brimades régulières à l’école, face à une phobie sociale paralysante. Je me sentais abandonnée, non écoutée. D’autant plus que, face à des exigences hautes, je me sentais être un enfant imparfait, qu’ils ne voulaient pas. Je n’osais pas être moi-même.
    Bientôt 8 ans plus tard, la situation a empiré drastiquement. Conflits systématiques, j’ai été mise de force en internat par des parents qui ne voulaient plus me voir. Les violences verbales sont désormais mon quotidien. « Tu n’es plus ma fille », « quelle gamine lamentable »… voici deux phrases qui m’ont touchées hautement. Mes relations, ma personne, tout est remis en cause lorsqu’il s’agit de moi. J’ai développé une dépression qui m’a poussée à des comportements suicidaires à de nombreuses reprises. Je traverse des crises d’angoisses lorsqu’il s’agit de rentrer à la maison. Je crains pour moi dès que je me trouve chez moi.
    J’ai mal. Mais ils renient ma souffrance. Ils ont ri face à ma détresse, face à ma dépression et mes envies suicidaires. Ils m’ont prise de haut.
    Les êtres que j’aime ont réussi à me donner une raison de me relever et de vivre, mais… actuellement, je survis plus que je ne vis. Il n’y a plus d’amour, il n’y a rien.

    Et j’ai retrouvé mes parents en cet article.
    Maintenant que je comprends mieux les choses, je me dis que je ne suis peut-être pas cette fille ingrate.
    Merci alors. Sincèrement.

    Répondre
    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Souvenez-vous toute votre vie que les enfants ne peuvent pas naître ingrats, ils naissent tous innocents, mais peuvent devenir de jeunes adultes ingrats, à force d’avoir été mal aimés.
      Si cet article vous aide à comprendre et oser sentir que vous n’êtes pas ce que vos parents dysfonctionnels ont dit que vous étiez (car leurs jugements sur vous parlent de leurs dysfonctionnements à eux et certainement pas de vous), tant mieux, cela vous permettra de devenir vous-même plutôt que l’expression de leurs ressentiments.
      Souvenez-vous aussi que l’important est moins d’avoir été abandonné par ses parents que de s’abandonner soi-même. De même que tout être a le droit de se défendre, vous avez le droit de ne pas rester fidèle à ceux qui vous ont délaissés.
      Ce qui revient à dire continuer de vous tourner vers des êtres qui vous aimeront pour vous-même et non pour ce que vous leur rapportez.
      En fait l’amour est partout pour celui ou celle qui parvient à célébrer la vie et c’est ce que je vous souhaite.

      Répondre
  9. duipis

    bonjour:j’ai tout donner à ma famille,amour;temps,écoute,services,disponibilité;pensant qu’à leur bonheur;en oubliant ma vie de couple,le cordon avec mes parents jamais coupé:le dimanche debout de bonne heure pour aller aider ma mére à préparer le repas,mon mari lui bricolage,ou jardinage,mes deux fréres onze ans plus jeunes,rester dans leur lit,venant que mettre les pieds sous la table;avec leurs épouses:ensuite vaisselle,nettoyer maison s’il le fallait,puis rentrer ,reprendre lundi le boulot:cause de discorde avec notre fille;le jour de l’an 2005;mon pére nous le reprocha,résulte dispute insulte de mon pére;pour moi le cahot,ses paroles mon anéanties,moi qui l’aimait temps;un cauchemar:cette vie de 32nans à leurs avoir consacrer mon attention,amour,réduite à zéro:à ce jour;j’entends encore les paroles horribles de mon pére: les larmes accompagnes mon quotidien ,cette tristesse immense;plus de fille,ni famille;vie avec mon mari qui lui m’aime vraiment:ce bonheur de vie de couple est extraordinaire,réconfortante pour moi,quel chance de l’avoir:sans lui à mes cotés le néant;plus envie de continuer cette vie de chagrin:la rage est en moi;avoir tout fait pour les siens,et jeter comme une chaussette puante;oui ils n’avaient aucun sentiments pour moi,je n’étais qu’une bonne à tout faire ainsi que mon mari:comme c’est bien triste:nous finirons au jardin du souvenir,avec la vermine que nous sommes:::::

    Répondre
  10. Anne-Elisabeth

    Bonjour,
    Je viens de découvrir votre article bien que je me sois rendue compte il y a un an que j’avais une mère toxique… à l’âge de 43 ans tout de même. Positivons : mieux vaut tard que jamais !
    Nous avons soigné mon père qui souffrait de la maladie de Parkinson de ma naissance jusqu’à ce que j’ai 23 ans puisqu’il est mort à cette époque. Mon père lui aussi était soumis parce que sans doute très amoureux.
    C’est l’homme que j’ai rencontré qui m’a fait prendre conscience de la toxicité de ma mère. Vous décrivez fort bien ce que j’ai vécu. Toujours des critiques : laisse-moi faire, tu es nulle, tu es vraiment nulle, tu ne sais pas le faire, tu devrais faire comme ci ou comme ça…
    Avant de rencontrer cet homme, j’ai vécu 13 ans avec un autre compagnon qui finalement encourageait ma mère dans sa toxicité. J’ai été seule pendant 4 ans et j’ai fait la bêtise de retourner vivre avec ma mère ! Aujourd’hui, elle a 79 ans et je n’arrive pas à me résoudre à la quitter parce que j’ai peur qu’elle ne se suicide ou qu’elle n’arrive pas à se débrouiller seule. Quelle culpabilité !
    Je viens de lire des articles en ligne pour savoir si on était obligé d’aimer ses parents. De plus, je me dis que ce n’est pas sa faute parce qu’elle n’a pas été aimée. Ma grand-mère était incapable d’aimer et mon grand-père est mort quand ma mère avait 4 ans. Pourquoi elle aussi n’aurait-elle pas le droit d’être aimée et d’être heureuse ? Est-ce trop tard ?
    Merci si vous me répondez (article de 2013…)

    Répondre
    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Aimer demande de l’humilité mais certainement pas la soumission… Et c’est le propre d’une famille dysfonctionnelle que de confondre les deux je crois.
      Oui toujours la culpabilité, c’est pour cela qu’il vous faudra oser affronter votre mauvaise conscience à avoir les besoins qui sont les vôtres.
      Non, pourquoi serait-ce trop tard ? Cela dépend de vous et de vos sentiments, mais souvenez-vous qu’en voulant forcer l’amour en soi on attise son ressentiment futur !

      Répondre
  11. Chrys

    Un grand merci pour cet article, qui me parle tant hélas.
    C’est difficile de considérer ses parents comme toxiques, pourtant c’est le cas. J’ai vécu selon leurs peurs, leurs volontés ; je suis allée dans leur sens afin de me sentir « aimée », me disant que si j’étais moi ils ne m’aimeraient pas assez, que je les décevrais…c’est possiblement le cas, et ils me l’ont prouvé en début d’année, quand j’ai demandé le divorce et se sont mêlés de ma vie, ont appelé mon frère, mes amis, ont pris position pour mon mari, afin de me raisonner et d’empêcher que je divorce car « c’est très grave ». Ils m’emm**dent ! Il m’en a fallu du temps pour ouvrir les yeux, et ceci je l’ai fais grâce à mon coach, et grâce à moi qui ai bien voulu ouvrir les yeux. Je n’ai jamais osé leur dire qu’un tel comportement m’était inacceptable ; bien que j’ai encore peur de leur réaction et peur du conflit, je vais le faire. Je commence à reproduire le comportement de mon père avec ma fille, du type « dominant », alors que j’en ai souffert ! Je ne veux pas être un parent toxique, pourtant sur certains point je le suis. Heureusement que des outils existent dans l’éducation positive, heureusement que j’ai commencé un travail sur moi il y a longtemps. Et merci à ma fille qui me fait grandir et me faire voir mes failles, pour moi et pour elle je veux changer, afin que cette toxicité cesse. Mes grands-parents eux-mêmes étaient toxiques avec mes parents ; je ne veux pas que cela perdure de génération en génération. Et pour régler cela, je dois déjà régler mes problèmes avec mes parents, au moins leur dire ce que j’ai sur le coeur. J’ai aussi envie de laisser une chance à une relation plus saine et plus apaisée ; peut-être que ça ne sera pas le cas et que cela conduira à un éloignement, tant pis…le tout est que je me libère et que je vive enfin pour moi, quitte à être traitée « d’égoïste ». Quel poids sur mes épaules dont je veux me délester !
    Je trouve qu’être parent n’est pas toujours aisé, parce que la peur de mal faire est là…mais est-ce que je pense cela car je me comporte d’une manière qui n’est pas toujours bonne pour ma fille ? J’ai à charge un petit être en devenir, pleine de vie, de joie et de possibilités ; je veux l’aider à faire grandir cette flamme en elle et non pas être un parent toxique « enfermant » et écrasant.

    Répondre
  12. Céline

    A 39ans, maman d’une petite fille de 18 mois et enceinte d’un petit garçon, je prends conscience que mon père ne m’aime pas.
    Rien de ce que je fais ne lui plait, la personne que je suis devenue, il ne l’aime pas, je le dérange et je ne sais pas pourquoi.
    Il ne me témoigne aucun intérêt, me regarde à peine et a failli marcher sur ma fille (en reculant) sans même s’en rendre compte …
    Il ne m’appelle jamais, ne passe pas, quand je l’ai au téléphone, il ne dit rien … Et quand on discute d’un sujet et que je suis d’un autre avis (sans énervement, juste pas de son avis), il tourne la tête et ne me regarde plus.

    Pour lui, je lui dois le respect parce qu’il est le parent, je lui dois tout parce qu’il a payé mes études …
    C’est un homme rempli de peur et d’émotions refoulées, tout est dans la façade et le paraître, l’image qu’il se donne vis à vis des autres est sacro sainte.

    Parfois je me demande depuis quand je le déçois, il semblerait que ça remonte à très loin, mais dans le fond, quelle importance, je n’ai pas envie de creuser le passé mais de construire mon avenir, je vis au présent avec ma petite famille dans laquelle je me sens bien, papa, maman, ma fille et bientôt mon fils.
    Mais parfois, je ne peux m’empêcher une certaine tristesse accompagnée d’une incompréhension, comment est-ce possible de rejeter ainsi son enfant.
    Nous n’avons pas été une famille avec de « gros problèmes » mais nous avons été une famille dans laquelle le dialogue n’existait pas, les sentiments, les émotions n’avaient pas leur place … Ce n’est que depuis peu que j’arrive à prendre ma mère dans les bras, ça me fait encore un peu « bizarre » mais ça me fait aussi beaucoup de bien (toute petite j’étais très câline avec elle). Ma mère à évolué très différemment, on a beaucoup parlé, avec elle je peux être totalement moi-même.
    J’ai mal au coeur quand je vois la différence de traitement de mon père vis à vis de ma grande soeur, tout ce qu’elle fait est parfait, et pourtant je sais bien que leur relation est creuse, je sais qu’ils ne se parlent pas ouvertement, en fait, je pense qu’ils sont pareils.
    Cette situation me rend triste, j’ai tenté le dialogue il y a trois ans, ce fut une énorme catastrophe, je n’en n’ai pas dormi pendant des semaines, j’avais la trouille qu’il débarque à la maison et me maltraite, il a eu quelques accès de colère violent physiquement sur ma mère quand j’étais adolescente, j’avais mis ça de côté, et ça m’est revenu à cette période de conflit ouvert.
    Depuis lors, au moins c’est le calme, mais quand il y a un anniversaire ou autre et que je dois aller chez lui, ça m’est pénible, heureusement qu’il y a les enfants pour me distraire (la mienne et ceux de ma soeur), je n’ai qu’une envie c’est de partir. J’évite de parler, je ne veux plus de conflits, en fait, je préfèrerais carrément ne plus le voir. ça fait 2 mois qu’on n’a plus eu de contact et j’ai juste envie de laisser la situation comme ça, on n’est peut-être chacun plus heureux de son côté, je pense qu’on ne se comprendra jamais.

    J’aimerais arriver à ne plus être dans l’émotion par rapport à ça, elles seront toujours présentes et je les accepte mais je voudrais qu’elles ne me dominent plus, il reste toujours une petite partie de moi qui souhaite qu’il prenne conscience de son attitude envers moi mais je sais très bien que ça n’arrivera pas, il ne se remet pas en question, il est confit de principes hérités de sa famille, de ses parents, de son éducation.
    Je pense que je vais y arriver, il me faut encore du travail …

    Répondre
    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Cette petite partie de vous c’est l’enfant en vous, la petite fille qui souhaite que son papa l’aime. Il s’agit donc à la fois de la reconnaitre et de l’accepter puisqu’elle est là, présente (pas de déni), et en même temps de ne pas lui obéir puisque ce n’est pas à elle de diriger votre vie n’est-ce pas ?
      Pour aller plus loin, lisez : L’identification à son enfant intérieur

      Répondre
  13. Celine

    Merci pour cette réponse, j’ai eu à la fois envie de sourire et de pleurer tellement ça a résonné en moi,
    il y a quelques années j’avais lu un ouvrage sur la confiance en soi qui traitait de cet enfant intérieur.
    C’est à moi adulte de prendre cette enfant par la main.
    C’est tellement évident,
    j’ai lu l’article que vous m’avez conseillé, je vais me laisser le temps d’intégrer tout ça.

    Répondre
  14. Cymophane

    merci, cet article m’a permis d’être sûre de ce que je savais déjà et les choses sont plus claires maintenant. La toxicité de mes parents à mon égard me démolit dès que j’ai des rapports avec eux. Ma mère manipulatrice a construit depuis toujours une images de moi comme « personne capricieuse », qui demanderait des choses en permanence alors que je ne demande rien ; elle me dit des choses quand nous sommes seules puis les transforme et les modifie en parlant devant les gens de ma famille pour me susciter en moi une réactions que les autres ne peuvent pas comprendre. Mon père est prisonnier de cette manipulation qui le met en valeur, n’accepte pas qui je suis, mes projets, mes faiblesses : tout ce que je fais n’est pas ce que je devrais faire.
    J’ai 33 ans et n’est plus de domicile depuis plusieurs moi suite à une rupture. J’aménage un camion pour pouvoir y vivre et me réaliser, je me suis arrêter chez eux une semaine car il n’y avait pas d’autre lieu avec des outils où je puisse bricoler. En une semaine on m’a anéanti. Je suis totalement dépourvue. Mais au moins maintenant je suis armée de ma certitude : ce que je vis et ce que j’ai toujours vécu au sein de ma famille est anormal, et je décide d’arrêter de subir cette destruction. Jamais mon père n’acceptera qui je suis, jamais ma mère ne changera. Il faut que je parte et que j’abandonne mes affaires pour pouvoir me construire loin de cette influence destructrice. Je l’ai toujours su. J’ai juste cru un moment qu’il existait quelqu’un qui puisse m’aider dans la situation difficile que je traverse. Mais quand on a jamais eu de parents, on ne commence pas à en avoir à 33 ans… Souhaitez-moi bonne chance…

    Répondre
    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Ce qui est une évidence, c’est que vous êtes légitime à vous construire loin de toute influence négative et destructrice de qui que ce soit, n’est-ce pas ?
      Cela est le premier pas de la confiance en vous-même « je suis légitime à me défendre et à être autonome. »
      Le second sera de comprendre que ce n’est pas « la toxicité de vos parents à votre égard qui vous démolit » comme vous le pensez, mais plus précisément votre « vulnérabilité » à ces dysfonctionnements.
      Ayant senti cela de l’intérieur, vous allez pouvoir vous appuyer sur vous-même pour que les choses changent enfin et sur ce chemin je vous souhaite – en effet – bonne chance !

      Répondre
      1. Cymophane

        Merci beaucoup de votre éclairage supplémentaire.
        (très jolie aide que vous apportez par vos mots clairs à beaucoup je crois)

        Répondre
  15. Cocorêve

    J’ai 50 ans et je cherche à aider mon compagnon depuis 2 ans (50 ans également) qui ne supporte pas le bruit, la foule, le désordre, qu’on lui coupe la parole, qu’on conteste ce qu’il dit. Refoulé par des « parents » qui ne l’ont pas désiré, il s’est libéré de leur emprise à sa majorité, après une enfance et une adolescence à subir frustrations, punitions, sous-alimentation, humiliations quotidiennes en présence de sa soeur qui, elle, a été épargnée et a grandi relativement sereinement par rapport à son frère. Il a de temps à autre des réactions véhémentes, violentes mais uniquement verbales, suivies de mutisme profond. Ce sont la plupart du temps des tempêtes dans un verre d’eau, des réactions épidermiques lorsque je laisse traîner une casserole sale dans l’évier, que je l’interromps dans la discussion, que j’ai laissé un aliment sans couvercle dans le frigo… Il a alors l’impression qu’on lui manque de respect, ce qui lui fait le même effet que les brimades qu’il subissait étant petit. Je ne sais comment lui faire comprendre que je fais de mon mieux pour accepter son côté maniaque, ses exigences en matière de rangement, de gastronomie, d’entretien de la maison, de rythme de vie, et j’aimerais qu’il fasse un petit effort pour me comprendre aussi et accepter mon côté bohème, avoir une petite tolérance pour mes bouquins qui jonchent la table de nuit, ma vinaigrette qui n’est pas tout à fait comme la sienne, un verre mal essuyé, les serviettes de toilette pliées en 6 et pas en 4, ma voiture qui n’est jamais garée au millimètre près et ne le sera jamais ! Je ne sais pas comment gérer ces « crises »… râler à mon tour ne sert qu’à envenimer la situation, simuler l’indifférence n’apporte rien non plus, lui prendre la main et le rassurer j’y pense sans y parvenir car je ne veux pas le considérer comme mon enfant, même si dans ces moments-là c’est ce qu’il m’inspire ! Comment lui faire comprendre que s’il m’arrive de ne pas ranger/cuisiner/nettoyer/m’organiser comme lui cela ne fait pas de moi une méchante personne qui lui manque de respect, se moque de lui… mais juste quelqu’un qui fait différemment car il n’y a pas qu’une seule façon de faire les choses ! La relation toxique qu’il a eue avec ses « parents », bien que datant de plus de 30 ans, l’a influencé pour toujours. Bien qu’ayant particulièrement bien réussi sa vie, il n’a jamais voulu avoir d’enfant, n’a jamais bâti de réel foyer, n’a pas encore non plus réglé ses comptes avec ses géniteurs (ce que je l’encourage à faire avant qu’ils ne quittent ce monde). Il ne les a jamais revus depuis ses 18 ans mais souhaiterait avoir des réponses à ses questions, et surtout connaître la raison pour laquelle sa mère ne l’a jamais aimé… si toutefois il y a une raison.

    Répondre
    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      A vous lire, vous semblez lucide à propos de ce qui se passe… Peut-être un peu lasse aussi ? Je ne connais pas le moyen de changer l’autre. Si votre compagnon avait une maladie grave, ce n’est pas en prenant ses médicaments à sa place que vous réussirez à le guérir, n’est-ce pas ?
      Donc vous l’encouragez à prendre soin de lui, c’est très bien, mais s’il reste sourd à vos encouragements ? Peut-être n’est-il pas possible de le changer ? Peut-être êtes-vous condamnée à vous adapter donc à l’accepter tel qu’il est avec une patience infinie, qu’en dites-vous ?
      Pour aller plus loin je vous invite à lire : Comment aider une personne qui se déteste ?
      Peut-être aussi que le diaporama Histoire du papillon, vous éclairera ?

      Répondre
      1. Corinne

        Bonjour et merci pour vos encouragements !
        Je vais lire vos liens et essayer d’y trouver le réconfort dont j’ai besoin car j’avoue qu’en ce moment j’ai l’impression d’être à bout de ressources, de patience et de courage pour gérer cela en plus du reste, les soucis du quotidien, l’absence de soutien familial (mes parents sont décédés et mes enfants ont quitté le nid). Mais je reste persuadée que cela vaut le coup de me battre pour que mon couple tienne car le lien qui nous unit lui et moi est sincère et profond. Je veux tout faire pour l’aider à combattre ses vieux démons, l’accompagner dans ses joies et dans ses peines, tirer le meilleur de ce que la vie peut nous offrir. Avec une patience infinie comme vous l’écrivez si bien (je dois travailler sur ce sujet !)
        D’autres personnes sur ce site sont-elles dans le même cas que moi ?
        Cocorêve.

        Répondre
        1. Lisa

          Bonjour,

          Je ne sais pas si cela vaut le coup ou vaudra le coup mais je sais que les personnes -ex enfant maltraité ou non traité- ont de très profondes blessures en eux et que cela met énormément de temps pour cautériser. Etre patient(e) vous sera nécessaire, comme l’accepter tel qu’il était au départ de votre rencontre et qu’à votre contact, vous lui offrez énormément et en masse d’amour et de compréhension, ne pas lui parler de son histoire mais attendre qu’il s’en ouvre par exemple et à ces moments-là, lui être toute attentive et disponible, tout en lui offrant un autre regard de/sur lui, éviter les phrases à l’emporte pièce « tu dois aimer ta mère/ton père », « on ne guérit jamais de maltraitance infantile », « seule la thérapie vous sauvera »…, et le conforter quand il vous racontera un peu ce qu’il a vécu dans le fait que non ce qu’il vivait était complètement anormal : c’est un mélange de tout cela qui sauve définitivement.
          Enfin, il a 50 ans et a encore des bourrasques de violence : vous allez devoir vous armer de beaucoup, beaucoup, beaucoup de patience. Il pourra je l’espère trouver de l’amour et du soutien, du réconfort auprès d’autres personnes que vous car sinon cela pèsera trop tant sur vous que sur lui ou votre couple. Il faut une équipe pour sauver quelqu’un et souffler 🙂
          (il est lucide,n’est plus ou moins en contact avec les personnes toxiques c’est le premier pas durable dans la guérison).

          Répondre
          1. cocorêve

            Merci Lisa pour votre commentaire ! Il tombe à pic car justement hier soir il a souhaité, sans que je lui demande, me montrer des photos de ses parents et une vidéo de son père qui m’a permis de constater leur ressemblance physique. Je n’ai pas posé beaucoup de questions, il avait envie de me parler d’eux et je l’ai laissé faire. Même si je sens bien que la plaie n’est pas prête à se cicatriser le fait qu’il en parle est très positif. Un ami commun m’a d’ailleurs confié que, même s’il est parfois « difficile à vivre », c’est quelqu’un qui a un coeur pur, une personne « vraie », un caractère entier mais qui n’hésite pas à donner sans attendre de recevoir en retour. Petit à petit je lui ai fait connaître mes amis, certains trainent aussi leurs « casseroles », ce qui le fait relativiser, d’autres sont beaucoup plus heureux, ce qui lui fait du bien (être entouré de personnes saines et bien dans leur peau). Enfin, l’accompagner au quotidien (je n’ai pas la prétention de le guérir, seulement d’essayer) est relativement épuisant… Oui, vous avez raison, il faut pouvoir souffler !

            Répondre
  16. Saillard

    Merci pour vos articles qui font écho en moi!
    Je pense être une maman toxique (avec mon ami ) à un petit degré..
    je m’explique, on a une puce de 3 ans et un petit garçon de presque un an. Lorsque que notre grande essaie de faire quelque chose et n’y arrive pas en s’énervant , on a tendance à vite l’aider pour éviter les crises.. ils nous arrive aussi de hausser le ton par manque de patience lorsqu’on se sent dépassés.
    On essaie le plus possible d’écouter ses émotions mais ses colères sont plus difficilement acceptées si je puis dire, est ce parce qu’on n’a pas réussi à accepté notre propre colère d’enfant intérieur?
    Mon ami pense également qu’il faut inclure volontairement de la frustration dans la vie des petits pour qu’ils s’endurcissent car la vie de ne leur fera pas de cadeau (par ex: notre bébé n’aime pas les trajets en voiture, c’est une torturepour lui, mon ami voulait que je le prenne en voiture alors qu’il avait la possibilité de le garder.. mais il argumentait en me disant « qu’il faut bien qu’il s’habitue »).
    j’estime que si on a la possibilité de les épargner, on peut le faire, des frustrations ils en ont, en auront bien assez vite .. quand pensez vous? c’est quelque chose qui me tient à coeur maisje n’ai pas envie de lui imposer encore une fois de plus mon point de vue..
    Aussi, nous vivont en communauté avec des amis qui n’ont pas d’enfants (ne comptent pas en faire) et sont assez « carrés  » avec des idées arrêtées, « vieilles écoles » en ce qui concerne l’éducation des enfants.. j’aimerai avoir des conseils pour pouvoir les mettre sur le chemin de la bienveillance sans les offencer ni m’épuiser.
    Merci d’avance pour votre réponse et encore bravo pour vos articles que je dévore !
    Amicalement, Gaëlle.

    Répondre
    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Forcer l’adaptation naturelle d’un enfant à son environnement ne peut pas être sans conséquences graves pour son développement qui est entrain de se faire. Comme vous le percevez justement « des frustrations, ils en auront bien assez vite ». Pour permettre à un enfant de devenir capable de s’adapter aux difficultés et frustrations de la vie, il faut en effet commencer par respecter son développement naturel.
      Si votre ami pense que son enfant doit s’endurcir, c’est vraisemblablement parce qu’il a été lui-même maltraité et contraint de considérer ces maltraitances, ces « endurcissements » comme des preuves d’amour.
      Pour aller plus loin je vous conseille vivement de lire Les racines de la violence ainsi que mes articles sur la Relation aux enfants.

      Répondre
      1. Saillard

        Merci pour votre soutien!
        Mon ami a été élevé par sa mère (son père ne l’a pas reconnu à la naissance).
        je sais qu’elle ne faisait pas preuve de violence physique mais faisait comme elle pouvait avec son lot de chantages et humiliations.
        Concernant mes amis, comment pensez vous qu’il faille que je communique avec eux, par l’exemple ?

        Répondre
        1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

          Oui, vous pouvez toujours donner de bonnes explications aux comportements des autres mais cela ne doit pas vous empêcher d’intervenir pour soustraire vos enfants à des autorités nuisibles.

          Répondre
          1. Saillard

            merci pour vos conseils dénués de jugement, encore merci pour votre site, je le recommanderais à des parents cherchant des réponses à leurs questions.
            Bonne soirée à vous, Gaëlle.

            Répondre
  17. Nesrin

    Bonjour,

    j’ai pleuré quand j’ai lu cet article. Je me suis trouvée dans presque chaque mot. J’ai 31 ans aujourd’hui. et je suis une femme qui a des parents toxiques. durant mon enfance j’ai subi de la maltraitance physique et morale. j’avais 10 ans quand j’ai visité le premier psychiatre. à l’age de 17 ans j’étais diagnostiquée bipolaire de type 2 avec 3 tentatives de suicides.
    je me rappelle que j’étais terrifiée dans mon enfance. je ne jouait pas avec les gamins de mon age. j’étais isolée. je connais ce que c’est être profondément triste et malheureux. c’était l’enfer pour moi. mes parents sont quasiment absents. je ne les ai jamais trouvé dans mes situations les plus précaires. je me suis trouvée seule face à cette souffrance.
    je suis issue d’une famille musulmane là ou on vous dit tu iras à l’enfer si tu n’obéit pas à tes parents. que.. il faut que tu les obéisses quelque soit leurs comportements avec toi. d’ailleurs je vous parle là et ma mère m’a répété ça 2 jours en arrière lors d’une dispute avec elle. elle dit qu’elle est toujours juste et qu’elle est une mère parfaite alors qu’elle a oublié toutes ces baffes qu’elle m’a donné quand j’étais petite et les insultes qu’elle m’a fait entendre..
    Mon père de sa part m’avait aussi  » torturé » avec tous ces mots de rabaissement et les baffes que j’ai subi de lui même quand je dormais ( oui je recevais des claques en dormant parce que j’avais un problème d’incontinence urinaire)….
    à cet âge je n’arrive toujours pas à surmonter ces souvenirs.. qui ont fait de moi une personne isolée bipolaire et avec un manque de confiance énorme en soi..

    je ne pense pas pouvoir me débarrasser de tout ça.. car ça fait partie de mon passé..
    et je ne pense pas pouvoir les pardonner pour ce qu’ils m’ont fait subir.
    Maintenant ont me dit que je suis la bête noire de la famille parce que j’ai osé répondre les insultes par des insultes..
    je souffre variment.. aidez moi….

    Répondre
    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Oui Nesrin, c’est beaucoup de souffrances que vous me décrivez-là. Puissiez-vous un jour découvrir qu’aucun être humain n’est ce que l’on a dit qu’il était.
      Personne n’est réductible à son passé même si quand vous avez osé répondre aux insultes par des insultes vous étiez simplement conditionnée par votre passé.
      Tout le travail thérapeutique est là : comment se déconditionner pas à pas de son passé ? Cela vous demandera de regarder les choses en face pour ne plus devoir leur obéir.
      Pour aller plus loin je vous invite à lire : Comment parvenir à guérir de son enfance ?

      Répondre
    2. Amy

      Bonjour Nesrin,
      Ton message me touche beaucoup. C’est beaucoup de souffrances et de maltraitance, ce que tu as vécu.
      Aucun être humain ne vient sur terre pour être l’objet de l’autorité de quelqu’un d’autre.
      Ce que tu ressens est légitime !
      Et, pour reprendre des mots plus plus hauts : tu es légitime à te défendre et être autonome. Tu est légitime à te construire loin de toute influence négative et destructrice.
      Car oui, ce que tu as vécu est destructeur, même si les auteurs ne peuvent/veulent pas l’entendre et quoi qu’ils en disent et pensent.
      Il n’y a pas de lien relationnel qui passe par dessus ou suplante le principe fondamental de se mettre à l’abri de quelqu’un qui est violent. Ce que je veux dire :
      Elle est ta mère, il est ton père, c’est un fait, mais cela ne doit pas t’empêcher de commencer par te mettre à l’abri de leurs violences, et leurs mots et comportements actuels (déni « je suis une mère parfaite », et opération « bête noir de la famille ») en font partie.
      Rester près de ceux qui t’aiment pour qui tu es, et comme tu es.
      Le respect est le minimum vital, le strict strict minimum, avant même l’amour. Et à ce qu’il semble, ils ne sont pas en capacité de te respecter.
      Combien vaut ta vie ?
      Mets toi à l’abri, et cherche du soutien : accompagnement thérapeutique. (+ beaucoup de belles pages à lire sur ce site)
      Tout de bon et plein d’amour,
      Amy (avec un vécu pas très loin du tien, je me suis reconnue dans le « tout le temps triste, tout le temps peur »…)

      Répondre
      1. Nesrin

        Bonjour Amy,

        Je viens tout juste de lire ton message.. et je veux te remercier pour ces gentils mots. ça me touche..
        j’ai décidé depuis un mois presque de ne peux pas trop leur parler. je suis obligé d’échanger quelques mots avec eux parce que je vis sous le même toit qu’eux. ça ne leurs a fait aucun effet au fait. ils ne semblent pas être dérangés par ça. durant ces deux derniers mois j’ai eu la certitude qu’ils ne m’aiment vraiment pas…
        j’essaies de ma part de voir ma vie. j’ai quelques projets à réaliser et j’espère que bientôt je serai enfin capable de sortir de la maison.
        je te souhaite beaucoup de bonheur à toi Amy.. courage.
        Nesrin

        Répondre
        1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

          Oui Nesrin, il est complètement légitime pour un être de se soustraire à une influence qu’il sait nocive : souvenez-vous que personne – sur cette terre – n’appartient à personne.

          Répondre
        2. Lisa

          Courage Nesrin,

          Vous n’êtes pas seule et j’espère que vous arriverez à trouver des personnes qui vous respectent.

          Personne n’a le droit de vous faire subir des violences et bien davantage car justement ils auraient dû être non pas des géniteurs mais des parents qui vous aiment et vous mènent donc à l’indépendance psychique, intellectuelle, financière, matériel, et faire en sorte que vous ayiez vos propres ami(e)s à vous.

          Essayez de trouver des échappatoires avant de fuir totalement.
          Si vous avez des problèmes financiers, n’hésitez pas à vous tourner vers les associations.

          Prenez soin de vous, la route est longue.

          Lisa

          Répondre
          1. Nesrin

            Chère Lisa..

            Merci de ton message.. je sais que la route est bien longue.. et que je dois m’accrocher..
            je garde toujours espoir d’un meilleur avenir..
            Leurs défauts vont me servir d’avertissements. je saurais comment me comporter avec mes futurs enfants. si je suis sûre d’une seule chose, c’est que je vais aimer mes enfants inconditionnellement.. et que je serai là pour eux quelques soient les conditions.

            Je te souhaite beaucoup de joie dans ta vie <3

            Nesrin

            Répondre
  18. Deleville

    Bonjour, Je viens vous parler du cas de ma belle fille (29 ans) car je suis désespérée… Mon fils (33 ans) l’a rencontré il ya 3 ans environ, elle est encore chez sa mère qui est une personne toxique. A ce jour, elle est enceinte de bientôt 4 mois et ils ont un appartement depuis 2 mois dans lequel elle ne s’est pas encore installée. Elle continue à faire des allers et retours chez sa mère, à dormir là-bas la plupart du temps, même le week-end. A leur rencontre mon fils avait son studio et même après 2 ans de relation c’était la même chose… C’est pourtant elle qui paye le loyer, qui gère beaucoup de choses dont l’administratif, bref! mais elle n’est pas là. Mon fils ne veut plus voir la belle-mère car elle le dévalorise aussi quand il va là-bas. Elle fait du chantage affectif à sa fille, c’est une personne de 72 ans. Hier soir encore, j’ai rendu visite à mon fils qui était tout heureux de tester son four pour la première fois. Il avait acheté un poulet qu’ils devaient manger le soir même … Elle est arrivée du boulot, lui à dit bonjour, à regarder son courrier et finalement lui a dit que finalement elle allait chez sa mère car son frère venait manger….. Bref! Mon fils était encore seul hier soir dans l’appartement avec un poulet en train de cuire! Que faire? Il n’est pas bien et moi non plus, ça me fait mal de voir ça…..Quels sont vos conseils, comment mon fils devrait réagir? Pour l’instant il m’a dit qu’l préférait jouer l’indifférence parce-qu’il ne veut pas que ça se termine en dispute violente….

    Répondre
    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      En effet, je comprends qu’en tant que mère vous souhaitiez que votre fils réagisse, mais vous ne pouvez pas réagir à sa place, ce n’est pas votre rôle, de plus en lui prodiguant des conseils vous courez le risque de le braquer.
      Donc je vous invite à mettre à l’épreuve la confiance que vous avez en votre fils en ne cherchant pas à l’influencer, donc lui permettre de ressentir par lui-même son « seuil de tolérance » par rapport aux agissements de sa femme.
      C’est ce ressenti là qui lui permettra de trouver par lui-même la réponse adaptée à sa propre vie.

      Répondre
  19. lili mtx

    Bonjour,
    J’ai 31 ans et j’ai grandi avec une mère toxique.
    Pendant 20 ans j’ai passé la plupart de mon énergie à essayer de trouver de l’air, pour ne pas sombrer dans la folie et l’autodestruction, j’ai essayé de donner un sens à la violence psychologique, la manipulation, au manque de respect, aux mensonges, aux non dits, aux caprices, à la jalousie et à la haine de ma mère.
    La demande de ce genre de personne envers leurs enfants est: « Aime moi, comble moi, répare moi, donne moi l’amour inconditionnel que je n’ai pas reçu, soit la continuité de moi même mais ne me surpasse pas: n’existe pas!
    Ces gens font des enfants en espérant accoucher de parents, donc ils seront forcément déçus, et ils leurs en voudrons à mort d’exister, inconsciemment, tellement inconsciemment qu’ils seraient capable de reçentir une véritable empathie en lisant cet article sans que l’idée qu’il soit un parent toxique ne leur caresse l’esprit, même si leur gosse de 12 ans se mutile dans la chambre à côté.

    Les enfants ne sont pas responsables de la violence de leurs parents, elle était là bien avant eux, par contre la violence de l’enfant vient de celle des parents, je suis outrée de voir des gens remettre cette regle en question par rapport à l’article…. Le déni n’a aucune limite.
    Un jour ma mère m’a dit « Il n’existe pas de manuel pour apprendre à être parent! »
    Si j’avais eu l’âge d’avoir une carte de bibliotheque je lui aurai simplement répondu que: « Si! ».

    Mais ouvrir un livre pour cet enfant qu’on « aime »… pas le temps!
    Faire une thérapie pour guerrir ses blessures au lieu de s’empresser de faire un enfant pour leur voler leur vie afin de leur exiger un amour sur commande? Plutôt mourir!
    Comme la plupart des gens qui ont vécu ce genre de choses, j’ai minimisé, et cela m’arrive encore parfois, tellement la vérité est cruelle et dure à admettre: il n’y a jamais eu que l’illusion d’un amour, l’illusion d’une fusion, mais en realité, j’ai été un objet, pas d’amour la dedans.

    Je suis retombé souvent dans le piège à loup trop de fois, j’ai voulu y croire, j’ai voulu pardonner, mais rien n’y fait: ces gens ne changent pas, et restent toxiques, il faut partir et ne jamais revenir parfois.
    J’ai eu des petits copains, je me suis vu croire en mon amour pour eux alors que j’etais en train d’exiger d’eux amour absolu et réparation…

    Parfois il faut voir plusieurs psy pour tomber sur le bon, il ne faut pas baisser les bras il en va de votre équilibre,
    j’ai fait plusieurs essaie pendant 10 ans, mais depuis plus d’un an j’ai trouvé celui qu’il me fallait et c’est ce que je peux souhaiter de mieux à vous tous.

    Cela demande du travail, le courage d’accepter de laisser tomber ces certitudes, ses illusions… pour se tourner vers l’avenir. Cette personne m’apprend le respect, la bienveillance, l’empathie, à prendre soin de moi, à me tourner vers les autres, à donner aux autres… et surtout à acceuilir mes émotions et ma vérité, à lui donner une valeur quand elle l’a mis a mal tellement longtemps qu’il n’y avait rien de plus qu’un champ de mines.
    J’ai une énorme gratitude pour ce professionnel je vous souhaite à tous d’en trouver un comme cela.
    Je travaillerai à couper ce cordon jusqu’a ce que j’y arrive car mon équilibre et ma liberté d’aimer est à ce prix.

    Un message à tout les jeunes gens qui sont piégés dans de telles situations: personne n’a le droit de vous manquer de respect, de vous demander l’impossible, de vous faire tant de mal et de vous responsable de tout, il ne faut pas garder la colère en sois ni la retourner contre soit, il faut en parler a un adulte en qui vous avez confiance et qui n’est pas proche de vos parents, un prof, un educateur, l’infirmiere de l’ecole, et leur parler, ne serait ce que pour vider son sac… et peu être pour qu’ils vous aident à prendre rendez vous chez un psy sans que vos parents ne le sachent, il ne faut pas garder la haine que vos parents mettent en vous, vous meritez le respect et l’amour comme tout le monde. Vous n’etes pas responsable de vos parents, eux si.

    Si vous avez des remords en repensant aux bons moments passés malgres tout ensemble posez vous la question: est ce que ca arrive si souvent ou bien ces miettes sont tellement rares que je leur donne une importance démesurée? Est ce que ces moments arrivent seulement si je porte le masque, que je ravale ma peur et ma colère, que je me soumet?
    Etes vous pret à mourir psychiquement pour quelques miettes de seduction de personnes qui vous terrifient?

    Pour les adultes, il y a toute sortes de psy, ceux qui comme moi n’ont pas d’argent, les psychiatres secteur 1 sont entierement remboursés, ils ne donnent pas de medicaments si vous n’en avez pas besoin et la plupart proposent des psychotherapies. Les CMP proposent des consultations psy gratuites en villes. Les urgences psychiatriques acceuillent les gens qui n’en peuvent plus pour parler, il vaut mieux s’y rendre au lieu de faire une bétise, ce n’est pas reservé aux cas pathologiques).

    Maintenant un message à toutes ces victimes de la vie et de leur enfants si difficiles:
    Arretez d’en vouloir à la terre entière, de vous poser en victime, vous n’etes plus une victime à mes yeux à partir du moment ou vous en faites.
    Apportez vous l’amour dont vous avez besoin au lieu de l’exiger de vos enfants, ils ne sont pas des objets.

    Arretez de coller la responsabilité de vos actes sur le dos des autres (de la vie, du passé, du boulot, de vos enfants, de la société, des ondes gravitationnelles et des extraterrestres…)
    Allez voir un psy et soignez vous, ou mettez une capote.

    Bon courage a tous et merci pour cet article 🙂

    Répondre
    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Merci pour le souffle de votre partage.
      Oui, l’erreur est de continuer de croire éternellement que la capacité à s’aimer soi-même donc à se respecter passe nécessairement par avoir été aimé : c’est faux.
      Pour aller plus loin je vous invite à lire : Esquiver ou digérer ?

      Répondre
  20. Li-la

    Merci pour votre article! Jai seulement 22 ans et je commence tout juste a réaliser la toxicite de mes parents. Je vis aujourdhui au pays-bas depuis 3 ans pour me reconstruire loin de tout ca. Je nai encore jamais ose témoigné car comme dautres jeunes adultes, je ressens beaucoup de culpabilité. A 19 ans, jai eu une remontee de flashbacks qui ont fait ressurgir de nombreux traumatismes denfance. Cette periode a ete si difficile que je ne pouvais plus rester chez moi. Et tout a coup, ma famille que je croyais parfaite sest révélée au grand jour. Mon pere ma ma jetée dans la rue le soir meme et sest vanté de mavoir « foutu dehors » aux voisins. Ma mere elle s’est chargée de convaincre mon entourage que j’étais folle, elle ma aussi manipulée afin de menfermer en hopital psychiatrique. Heureusement, le psy a tout compris. Elle voulait maneantir car comme elle disait dans sa psychose « mieux vaut une personne qui meurt que toute la famille ». Le deni familial est flagrant, mon petit frere netant meme pas autorise a dire que je netais plus a la maison depuis des mois. Suite a leur chantage financier (je devais terminer ma 3eme annee a sciences po)jai cherchais de laide aupres de professionnels. Elle s’est empressée denvoyer emails pour les convaincre que je delirais, que jetais capricieuse et ingrate. Tous se sont accordés pour que je parte loin deux, mais je nai jamais reussi a couper les ponts. Aujourd’hui ils ne mappellent pas, cest moi qui minquiete pour eux. Ils sont terriblement seuls. Et bien sur, jai le droit ensuite a leur remarque désobligeante. « Cest nous qui payons, donc cest un peu grace a nous « . Mais en general leur soudaine gentillesse depuis notre distance geographique me fait tellement douter, jai limpression que leurs humiliations (que jai pourtant toutes notées face a leur deni et ricanements) nont jamais existees. Pourtant, tous les soirs, je cauchemarde et jai la nausées, presques des phobis suite a la violence de ma mere et son envie de « me tuer ». Je ne sais plus quoi faire. Dois je leur écrire tout ce que jai sur le coeur pour quils arrêtent de me contacter grand sourire? (Je me sens tres coupable de ma gene durant ces appels) ou est ce que je risque face a la comportement narcissique un énième deni? Jen souffre terriblement. Merci encore pour votre article et je souhaite tout le meilleur aux personnes qui ont témoigne!

    Répondre
    1. Armelle

      Bonjour Li-la,

      Je vous lis à l’instant, et je voudrais partager ce qui m’est venu en vous lisant :

      Vos parents sont remplis d’aggressivité, manifestement toxique et destructrice.
      On peut leur reconnaître le droit d’avoir leurs problèmes (et il y a fort à parier qu’ils en ont, leur intérieur est peut-être un champ de mines), MAIS avant tout vous devez être sûre que vous avez le droit de vous reconnaître, à vous, la légitimité absolue de vous protéger de leurs actes et de leurs mots en vous éloignant. La légitimité absolue d’écouter vos trippes pour votre bien, un bien décidé par vous et pour vous, et non pas décidé par eux et pour eux.
      Quoi qu’il arrive, vous êtes toujours légitime à vous mettre à l’abri de ce qui vous semble nocif.
      C’est ce que vous avez fait et c’est une bonne chose.

      Vous dites « Quand ils ne m’appellent pas, c’est moi qui m’inquiète pour eux. Ils sont terriblement seuls. ».
      Vous avez du grandir dans une grande insécurité pour maintenant avoir peur pour eux et ce qui peut leur arriver. Et il semble que vous sachiez vous-même très bien ce que ça fait d’être « terriblement seul », au point que vous ne vouliez surtout pas que cela leur arrive. Est-il possible que ce soit ce que vous avez, au fond, vécu dans votre enfance, être « terriblement seule » ?
      Et pourtant, regardez : ils sont « les grands » dans l’affaire. Ils sont ceux à qui revenait la mission de vous apporter la sécurité dont vous aviez légitimement besoin, vous qui étiez la petite. C’était à eux d’être à vos côtés, soutenants, et non l’inverse.

      En vous lisant j’ai pensé à la formule de Christiane Rochefort : « Le tort sur la victime ». La double peine. Etre maltraité, avoir envie de partir, mais culpabiliser de le faire, avoir intégré l’idée que l’on a tort, que l’on devrait rester là et aider ceux qui nous disent qu’ils nous aiment, bien qu’en réalité ils nous maltraitent.
      Vous avez peut-être grandi en recevant un « amour » qui se payait bien cher : « Je t’aime, ma fille (en fait, je te donne des miettes), si tu restes soumise à moi et si tu fais ce que j’attends de toi ». -?-

      Vous dites que vous vous sentez coupables de votre gêne pendant leurs appels.
      Est-ce que vous vous dites « Je devrais être capable de les aimer et être douce et gentille avec eux, puisqu’ils le sont (maintenant) » ?
      Que s’est-il passé pour vous, petite, pour que vous mettiez en doute vos ressentis, votre non-envie de ce contact souriant, qui mérite d’être respecté ?
      Auriez-vous appris qu’on reste en contact même si on n’a pas envie ? Qu’on doit prendre sur soi, car c’est l’envie de l’autre qui prime ?
      Je suis absolument certaine que vous avez de très bonnes raisons de ne pas avoir envie d’être gentille et souriante en écho à eux. Ecoutez cela. Ce qui gronde à l’intérieur de vous et qui ne veut pas du tout être gentil pour l’instant, a quelque chose à vous dire. Vous avez droit à votre colère, et vous avez le droit de ne pas avoir du tout envie d’être gentille avec eux.
      Et vous avez le droit de respecter votre envie, votre intuition. C’est même selon moi la plus belle chose que vous puissiez faire pour vous, respecter ce qui vous arrive.
      Vous forcer à être gentille et « tout sourire » avec eux serait une violence contre vous.
      Et il semble que votre corps – vos symptômes physiques – dise lui aussi qu’il n’a pas envie d’être gentil et ouvert à eux… Je pense qu’il vous indique que pour l’instant c’est vous la priorité, et que vous avez besoin d’aide.

      Vous êtes légitime à choisir la façon d’interagir qui vous convient, ni plus ni moins, quoi qu’ils en disent.
      Ils diront des choses. 🙂
      Et il reste que vous avez droit à votre vie à votre façon.

      J’espère que vous pourrez trouver de l’aide là où vous êtes.
      Bravo pour le chemin jusque-là et bonne chance pour tout !

      Répondre
  21. Ashley

    Bonjour,

    Je suis l’aînée de la famille mes parents veulent que je suive le chemin qu’ils m’ont tracé récemment j’ai pris la décision de quitter mes études et de suivre une autre voix. J’ai remarqué un changement de comportement mon père ne me parle plus comme avant et ma mère me reproche d’avoir abandonné alors qu’elle savait que je ne me sentais pas bien dans mes anciennes études. J’ai l’impression que depuis que j’ai abandonnée mes ils sont déçu et voyait en moi le moyen de concrétiser leur propres rêves en oubliant complètement les miens. J’espère avoir une réponse. Car je me dit que peut être c’est de ma faute si ils sont comme ça et que j’aurai dû continuer.

    Répondre
    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      J’attire votre attention sur le danger qu’il y aurait à « inverser l’ordre des générations ». Je présume que vous serez d’accord, ce sont les parents qui sont faits pour les enfants et non pas l’inverse.
      Beaucoup de parents ne le comprennent pas qui projettent sur leurs enfants leurs propres désirs frustrés.
      C’est ainsi que – très paradoxalement – vous vous interrogez en courant le risque de culpabiliser : peut-être suis-je une « mauvaise fille » qui ne veut pas réaliser le « rêve » de ses parents ? (Sans doute ne savez vous pas encore que chacun d’entre est le seul à pouvoir réaliser son rêve, et que de devoir réaliser le rêve de l’autre reviendrait à être son esclave.)

      Comme vous le partagez il est tout à fait plausible que vos parents aient vu en vous le moyen de concrétiser leurs propres rêves en oubliant votre volonté à vous. Auquel cas il serait dangereux pour vous (sous le prétexte de vouloir leur faire plaisir) de renoncer à ce que vous voulez pour vous-même.
      Etre adulte c’est savoir ce que l’on veut pour soi-même sans avoir le besoin d’y renoncer pour faire plaisir aux autres.
      Comme vous les décrivez, il est manifeste que la contrariété de vos parents les empêche de se souvenir que vous n’étiez pas bien dans vos anciennes études. Peut-être pouvez-vous leur rafraîchir la mémoire ? Peut-être s’en souviendront-ils ? Peut-être ne pourront-ils pas s’en souvenir, s’ils demeurent aveuglés par leur propres projections et croyances à votre sujet ?

      Pour aller plus loin et y voir plus clair dans votre relation à vos parents, je vous invite vivement à faire le test : Etes-vous adulte ou fusionnel dans la relation à vos parents ?
      Et puis à lire mon article sur la Le pardon ou la fidélité à soi-même.

      Répondre
  22. Julia

    J ai ete maltraitee enfant, adolescent et jeune adulte, j ai ete le douffre douleur de ma mere qui dechargeait sa colere sur moi. Mon pere absent par son travail soit prenait son parti soit se montrait silencieux devant elle pour ne pas s attirer ses foudres. Enfant j etais sensible et ma mere ne supportait mon
    Isolement ds ma chambre et mon interet pour la lecture, ma passion pour un chanteur raillee sur mon physique, des tas de sobriquets de chansons chantees par mon frere ainee pour se moquer de moi, sous le regard approbateur de ma mere. Je suis issue d une fratrie de 8 enfants je suis au milieu j avais peur de leurs evlats de voix dd leur violence, je ne me suis jamais sentie a ma place d ou l isolement ce qui renforcait leur colere, leur haine a mon endroit. J ignore ce qui a debute mes isolements parce que je me sentais mal a leur contact ou si c est eux qui en marquant ma difference par mes manieres, mon physique, ma sensibilite qui etaient decortiques. Toujours est il j etais la bete noire de ma mere qui se defoulait aisement sur moi par sa violence physique et psychologique. J etais douee a l ecole et elle salussait cette reussite tant valorisee par min pere xhez qui je trouvais un peu de reconfort. Elle ne manquait pas alors l occasion ds ses absences de m humilier et d encourager mes freres et soeurs a le faire. J ai beaucoup investit l exterieur et nouee des amities si bien que j etais tres sollicitee au telephone a la maison et ma famille prenait un plaisir a raccrocher au nez de mes amies. J ai vecu humiliations et brimades a repetitions et culpabilisait en retour de tte cette difference et de ce sentiment de ne pas appartenir a cette famille. J ai multiplie les scenarios familiaux ds ma tete ou je nourrissais l idee que ma mere devait etre ma belle mere et que sa haine a mon endroit liee au fait que j incarnais le passe sentimental de mon pere, j esperais en silence que ma vraie mere mes vrais parents viennent me delivrer de ce desordre affectif que je vivais. Jamais un mot gentil, de parole encourageante ou reconfortante, pas de caresse. Ma mere ne s interressait pas a moi sauf pour me rabaisser ou m utiliser pour la servir. Analphabete je gerais l administratif, elle ne reconnaissait pas mes competences scolaires mais pouvait s en servir pour son interet ou ses besoins. Au mieux j etais un faire valoir devant autrui et une merde a la maison. Je sentais la jouissance ds son regard quand elle m humiliait et si qqn avait une once de sensibilite pour moi elle parvenait toujours a le rallier a sa cause. C est ainsi que mon pere en silence etait touche par ma detresse mais qu il ne bronchait pas. C est ainsi aussi que mes freres et soeurs sont devenus mes bourreaux pour se proteger de la colere de ma mere. Quand elle etait debordee par son quotidien je devenais sa cible favorite si elle pouvait aussi s en prendre parfois violemment a mes freres et soeurs c est moi qui subissait les pires sevices, en furie elle allait ds ma chambre et se jetait sur mes posters punaises au mur. J ai grandi ds ce climat malsain, je m en voulais d encaisser mais j avais peur. J ecoutais en boucle les chansons de mon idole qui m apaisait je lisais et revais a un avenir meilleur, a une vie de famille que je contruirais ds l amour et le bonheur. Je haissais ma mere mais en meme temps je ne renoncais au fait qu un jour elle m approuve. He sentais que j avais besoin de son affection pour grandir alors je me suis construite en aidant servant et ecoutant les autres, les faisant pzsser avant moi ds une position sacrificielle.si bien qu a table si on manquait de viande je donnais ma part a mes freres et soeurs pour eviter qye ma mere sente le manque. Je me suis effacee peu a peu, je ne demandais rien, j ai fait un petit job a 13 ans je ne voulais pas etre un fardeau chez mes parents qui voyaient alors en moi une enfant raisonnable et responsable. Je les soulqgeais mais ds mon for interieure j etais triste, je vivais cela injustement de devoir travailler a mon age et me lever a 6 h du matin alors que mes pairs dormaient. J en voulais a mes parents de m avoir mise au monde. J avais des envies de mort recurrente tant j etais malheureusement de mon sirt, de cette histilite familiale qui me detruisait. Je me sentais seule malaimee et essayais de me donner une place un statut avec les fruits de mon travail, je devenais autonome financierement mais mes parents n approuvaient pas que je depense mon argent. Alors j ai paye ma carte orange ma cantine soulageant mon pere de cette charge. Pour mon entree en seconde ma mere m a fait demande de lui payer les livres qu elle avait achete l annee d avant pour mon frere. Je trouvais cela injuste mais elle ne voulait rien savoir et je me suis soumise pour avoir la paix. Mes resultats scolaires etaient en declin j etais anxieuse et suis allee me confier a ma mere et ma soeur ainee sur ma peur d echouer elles m ont rit au nez, d abord ma soeur m a dit qye je pouvais pas passer avex de telles notes et plus tard alors que je revisais mon bac ma mere m a dit ds une jouissance perverse ne revises pas tu n auras pas ton bac c est ta mere qui te le dit. J etais tetanisee et elle riait aux eclats quittant ma chambre. J ai rate mon bac j ai compris plus tard que inconsciemment je n ai pas voulu la faire mentir. J ai tellement interiorise ses paroles meprisante que je suis allee d zchecs en rchecs. Ma reussite lui faisait de l ombre ds sa toute puissance. Elle a refuse un saut de classe pour moi conseille par ma maitresse, je gagnais des points pour mes resultats scolaires qui se transformait en bons pour une activite. Ma mere s appropriait les places de bateaux mouches que j avais gagne et passait du bon temps avec mon pere et mes freres qui me narguaient ensuite. J etais devenue maso, je subissais de plein fouet sa mechancete. J ai grandi en pensant que je valais tien et qu il ne fallait pas que je fasse d ombre a ma mere et ma fratrie. J ai fait des etudes de psycho ce qui inquietait ma mere qui voulait que je sois  » juste maitresse d ecole » c etaient ces mots. Mon parcours universitaire a ete cahotique et a coincide avec la rencontre d un jeune homme possessif pour qui je suis tres vite devenu une bequille. Nous avons vecu une relation fusionnelle destructrice et j ai tente maintes fois de m en extraire mais culpabilisee par le chantage et les menaces de cet homme. J ai compris avec un travail therapeutique que cet homme refletait le fonctionnement de ma mere. Tout eloignement ou prise de distance de ma part etait vecu commme un abandon et generait sa violence et son desir de me posseder. Ma mere a vu d un mauvais oeil cette separation me faisant culpabiliser et se montrant soutenante avex mon agresseur car j ai ete violentee et harcelee par cet homme. Un travail sur moi m a permit de comprendre ce choix affectif. Depuis je suis mariee et j ai 3 enfants. J ai une situation et un mari attentif mais des sequelles enormes de ce que je nomme cette tragedie familiale. Meme si en apparencd je gere ma vie comme bon me semble et que je preserve mes enfants il n empeche que j ai un besoin d etre reparee et malgre 10 ans d analyse les blessures sont beantes et se reactivent a chaque evenement familial. J ai interiorise tellement de douleurs et d injonctions efucatives que je me sens tyrannisee par les hospitalusations multiples de ma mere qui m obligent d etre a son chevet alors que j ai besoin de la voir a dose homeopathique mais qu elle nous culpabilise d avoir une vie, de ne pas etre malade comme elle. Je prends sur moi, parviens a etre soutenante en meme temps c est mon metier helas car j en suis usee. Nous avons toujours porte nos parents et ma mere somatise enormement et attend tellement de nous. L appeler c est risquer de se faire saper le moral tant elle est toujours a se plaindre a vouloir nous angoisser avec la mort. Sa sante est tres fragile elle cumule de nombreuses pathologies si bien que je suis en conflit entre le desir d aller la voir piur la soutenir et le desir de m occuper de moi et des miens sans me sentir tiraillee par ce devoir interiorise. C est une femme tellement narcissique et autocentree qu elle ne s interesse qu a son sort, nos contraintes elle en fait fi. J ai envie de lui expliser a la figure mais je ne peux pas. Je suis enfermee ds ma souffranxe avex ma famille que je sens trop fragile pour supporter le moindre reproches ou sentiment negatif alirs je soigne j aide pour ne pas detruire mais si vous saviez comme j ai envie de leur rappeler tt ce qu ils m ont fait endurer et les consequences que cela a sur ma vie. J ai des aspurations professionnelles elvees que j ai l impression de ne pas realiser a cause de ce vecu, de ces responsabilites que je vais prendre et qui vont m eloigner et me rendre moins disponible a mes parents, pourtant c est ds l ordre des choses mais ma culpabilite me devore. J ai peut etre aussi peur de ne pas etre la hauteur, je me freine…J ai souvent le sentiment d avoir porte mes parents leurs souffrances et fragilites et de ne pas arriver a m extraire totalement de cela et etre ds mon desir d evolution professionnelle. Cela me frustre et parallellement je me dis, a l instar de ma mere, que j ai deja une vie confortable et qu il faut se contenter …. Merci de m avoir lu

    Répondre
    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Oui malgré votre lucidité sur vous-même, vous restez persuadée avoir besoin de l’affection de votre mère pour avancer, ce qui est faux. C’est votre principale difficulté que de continuer de le croire.
      Oui – bien sûr – vous ne pouvez pas faire autrement que de vous sentir tyrannisée par les multiples hospitalisations de votre mère. Vous avez le besoin urgent de choisir entre votre désir d’aller voir votre mère pour la soutenir et le désir (oh combien légitime) de vous occuper de vous et des vôtres.
      Seulement voilà, vous restez terrassée par votre mauvaise conscience et lui obéissez, alors même que la vie est là pour vous tout près.
      Vous avez le droit d’acquiescer à vos aspirations professionnelles élevées, comme de vous consacrer à votre famille. Je vous rappelle que dans l’ordre des choses, ce sont les parents qui sont pour les enfants et non l’inverse. L’inverse est mortifère pour vous comme pour vos enfants que vous serez obligée de délaisser pour rester fidèle à votre culpabilité.
      Il n’est pas possible pour un être de retrouver son équilibre sans affronter sa mauvaise conscience.
      C’est du moins ce que je vous souhaite pour vivre enfin.
      Courage.
      Pour aller plus loin, lisez : Mauvaise conscience et Esquiver ou digérer ?

      Répondre
      1. Julia

        Merci infiniment de votre reponse sur laquelle je vais mediter. Affronter ma mauvaise conscience j y arrive parfois mais ca se heurte le plus souvent a l image de la bonne fille qui m emprisonne. Etre la bonne fille qui soutient malgre ce qu elle a endure me confere un statut de femme forte a leurs yeux, temoin qu ils ne m ont pas totalement detruite ni contaminee par leur haine car je suis capable de bon mais a quel prix ?

        Merci de vos eclairages et articles d’un interet passionnant, nous aidant a cheminer et avancer.

        Répondre
        1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

          Oui, vous payez très cher votre allégeance à la « bonne fille », celle qui croit devoir se soumettre et obéir parce qu’elle n’a pas d’estime pour elle-même.
          Quand vous parviendrez à en avoir clairement conscience vous n’aurez plus besoin de croire à tort qu’on obéit et se soumet par amour.
          Par amour on donne avec le consentement du coeur qui ne laisse pas de trace. Tant que vous restez divisée et meurtrie vous obéissez à la peur et vous perdez.

          Répondre
  23. Marion

    Bonjour,

    Merci beaucoup pour vos articles. En le lisant, je me reconnais dans certains points, mais pas dans tous. En effet, je suis actuellement dans une situation conflictuelle avec ma mère (j’ai 25 ans). Après avoir traversé des années et des années de drames conjugaux entre mes parents, qui se sont transformés en histoires familiales, j’ai développé une espèce de blocage par rapport à mes deux parents. Par rapport à mon père car je me rends bien compte que je l’évite, et je ne le fais pas forcément de façon ouverte mais cela se voit par exemple dans ma façon de parler avec lui (je prononce le moins de mots possible) et de me comporter en sa présence (je me suis rendu compte récemment que je n’arrive pas à le regarder dans les yeux).
    Mais ici j’aimerais surtout vous parler de ma relation avec ma mère, qui ne supporte pas le fait que je prenne mon indépendance (je suis encore à la maison avec eux car je n’ai pas les moyens de vivre seule avant de terminer mes études). Je parle donc d’autonomie mentale plus que d’indépendance réelle. En fait, je pense que ma mère me voit (et mes frères et soeurs également) comme un prolongement d’elle-même, et le fait que je me rebelle contre cette façon de voir les choses lui fait penser que je suis égoïste et individualiste. J’ai vécu des années en fusion avec mes parents, et cela me provoquait énormément d’anxiété. Après 5 ans de thérapie, j’ai eu le courage de partir un an à l’étranger l’année passée, et j’ai passé une année formidable, sans aucune angoisse. Je suis de retour chez eux depuis quelques mois, et l’anxiété revient. Ma mère dit que j’ai changé, et que la personne que je suis devenue ne lui plaît pas. Cela me fait beaucoup de mal. Elle aimerait pouvoir me parler de ses problèmes de couple avec mon père comme si j’étais une amie. Je lui ai dit que cela me faisait du mal (ce qui est vrai, car elle l’insulte et me fait savoir des choses que je n’ai absolument pas envie de savoir), et me dit que je devrais pouvoir supporter au lieu d’en faire une montagne.

    Evidemment je ne peux pas vous donner une idée des comportements de ma mère en général, mais je crois vous avoir donné un exemple assez typique de ses comportements. En gros, ses besoins émotionnels sont plus importants que les miens, et selon elle je devrais l’écouter même si cela provoque une grande souffrance chez moi.

    Je ne vous écris pas simplement pour vous raconter ma vie, mais parce que je me pose une question. Je n’ai pas envie de devenir comme mes parents, et je veux être responsable de mon propre bonheur, je ne veux remettre cette responsabilité à personne. Je veux me remettre en question dans ma vie en général quand quelque chose ne va pas au lieu d’automatiquement rejeter la faut sur une autre personne comme le fait ma mère. Et me retrouvant dans une situation de conflit cristallisée avec elle, je ne sais pas bien comment agir. Je suis consciente qu’elle a eu et a encore des comportements toxiques. Mais n’aurais-je pas moi aussi une part de responsabilité dans la mauvaise relation qu’on a?

    Merci d’avance si vous prenez le temps de me répondre.

    Répondre
    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Je crois que votre principale responsabilité est celle de devenir vous-même.
      C’est parce que vous serez devenue vous-même que vous vous respecterez et que vous respectant, vous deviendrez capable de respecter les autres y compris vos parents.
      Respecter vos parents ce n’est pas penser devoir leur obéir ou vous soumettre à eux. Personne n’a à devenir la chose de l’autre et les parents n’ont pas à se servir de leurs enfants pour satisfaire leurs besoins émotionnels, ce que manifestement votre mère ignore qui croit pouvoir se servir de sa propre fille – par exemple – comme confidente. Et il est juste de votre part de lui signifier que vous n’êtes pas à sa disposition pour l’écouter. Ce faisant (en vous défendant d’une attitude incestuelle de votre mère), vous vous respectez.
      Evidemment depuis que vous êtes revenue de voyage, l’angoisse revient, vous vous sentez encore davantage prisonnière d’eux puisque vous acceptez de vous mettre dans une situation dans laquelle vous êtes facilement à la merci de leurs humeurs.

      Puisque vous cherchez à vous assumer par vous-même donc à être responsable de votre propre bonheur, votre tâche est de devenir vous-même et pour ce faire vous avez besoin de découvrir ce qui vous en empêche.
      Pour ce faire je vous invite à faire ce test vraisemblablement éclairant : Etes-vous adulte ou fusionnel dans la relation à vos parents ?

      Bien sûr que vous avez une part de responsabilité dans la mauvaise relation que vous avez avec vos parents (et surtout dans la mauvaise relation que vous avez avec vous-même quand vous vous laissez accabler par vos parents), notamment celle de croire que – puisque vous êtes jeune et faites vos études – il ne vous est pas possible de faire autrement que de rester dépendante de vos parents. Ce n’est pas toujours facile à reconnaitre…

      Répondre
  24. plume

    Bonsoir,
    J’aimerais partager ici mon expérience de toxicité parentale. Je me demande toujours aujourd’hui s’ils ont été vraiment si toxiques ou si c’est moi qui fait la chochotte par rapport à mon enfance. Mon mari a connu d’énormes maltraitances et en comparaison je me trouve presque chanceuse.
    D’abord au niveau de leurs personnalité, mon père est quelqu’un de très égoïste. Il était exclusif avec moi au point de faire en sorte que ma mère reste sur le bas côté par rapport à mon éducation. Il est aussi assez manipulateur. Ma mère, elle, est une femme faible de caractère, assez obsessionnelle, très anxieuse, peu démonstrative au niveau de l’affection, dépressive.
    Quand je suis née, je suis restée peu de temps avec ma mère, elle a vite repris ce qui était sa raison de vivre : son travail. Je suis donc allée la journée en nourrice. Un couple voisins de mes parents qui n’avait pas d’enfants. Apparemment, cette femme adorait s’occuper de moi. Je devais y être bien sans doute. Quand j’ai commencé à parler, mes parents en venant me chercher un soir, sont restés pour l’apéritif et là j’ai appelé le mari de la nourrice « papa ». Mon père a eu une énorme crise de jalousie et a décidé que je ne m’attacherai plus jamais à aucune de mes nourrices. Il a donc décidé de m’en changer régulièrement.
    J’ai d’ailleurs commencé à parler en bégayant. Ce bégaiement mettait la honte à mon père qui se disait que je passais pour une débile, il m’a donc fait voir une orthophoniste qui leur a dit que c’était le stress.
    J’ai fait 8 ans de nourrices, j’ai du en avoir autours de 6.
    Vers mes 8 ans, ayant ras le bol d’être toujours chez les autres (quand je n’étais pas à l’école) je leur ai dit que je pouvais rester à la maison pendant que je n’avais pas école et qu’ils travaillaient. Ils ont accepté. Donc dès mes 8 ans je suis restée seule les mercredis de 7h à 19,20 h puis les petites vacances puis vers les 10 ans le mois de juillet. Je me drivais toute seule, repas, devoirs etc.
    Concernant l’école, mon père étais très exigent, aucune félicitation quand je ramenais un 20/20. Il me disait t’aurais du avoir 21. Les journées étaient très longues puisque j’arrivais dans les premières le matin et partait dans les dernières le soir vers 19h voire plus (21h). A l’époque j’étais dans une école catho et les soeurs vivaient dans une maison voisines de l’école donc elle me gardaient tard sans trop rien dire. Mon père baratinant un surplus de travail. En réalité, ma mère obsédée par son boulot faisait des heures supp gratuitement pendant que mon père buvait avec le patron de ma mère (mon père était alcoolique).
    A la maison, avec ma mère je n’avais aucune activité, ni devoirs, ni jeux, ni discussion, rien. Mon père s’occupait de tout ça jalousement et ne faisait rien pour qu’elle s’approche de moi.
    Vers les 9 ans, j’ai commencé à avoir des idées suicidaires. J’avais tenté de me percer un grain de beauté parce que j’avais entendu ma grand mère dire qu’on pouvait avoir un cancer si on abîmé un grain de beauté. Je me le triturais souvent quand j’étais triste ou énervée.
    Mon adolescence a été marquée par pas mal de déprime, d’idées noires. J’idéalisais beaucoup mon père, pendant cette période, ma mère s’est intéressée au meilleur ami de mon père. Le week end pendant que mon père était absent (il allait à la chasse pour boire et faire la fête avec ses copains tranquillement) elle allait chez l’ami en question en me laissant à la maison. Je n’ai rien dit à mon père pendant pas mal de temps, gardant le secret puis après une énième engueulade avec ma mère à ce propos, j’ai balancé le morceau à mon père.
    Ils n’ont pas divorcé mais ont commencé à s’hurler dessus dès qu’ils étaient ensembles. Les verres volaient etc. J’ai commencé à aller de plus en plus mal jusqu’à ce que je prenne une 10zaines de somnifères que j’avais pris discrètement dans la chambre de ma mère. Cet événement les a finalement décidé à divorcer. Chose que je ne voulais pas. L’ami de mon père était un alcoolique également, j’ai donc suivi mon père qui était au plus mal suite au divorce (pensées suicidaires, dépression). A 15 ans je me suis retrouvée avec lui qui ne savait pas gérer une maison, j’ai donc pris la relève tant bien que mal. A cette époque, je n’avais quasiment plus d’interdits de sa part, je faisais tout ce que je voulais. Ayant déménagé dans un quartier difficile, j’ai eu pas mal de mauvaises fréquentations. Avec abus d’alcool et de cannabis. Au lycée je n’ai pas fait grand chose de bon, c’était un peu le chaos dans ma vie.
    Et puis j’ai fini par rencontrer un homme vers 18 ans. Il a vécu 1 an avec moi chez mon père puis nous nous sommes installés. Ma vie d’adulte les 20 années suivantes a été marquée par beaucoup de dépressions, une phobie sociale, une agoraphobie, alcoolisme, tentatives de suicide et des automutilations, impossibilité de maintenir des liens avec les amis, la famille etc.
    J’ai fini par couper les ponts avec mon père il y a 11 ans. Il ne me manque pas du tout. Ma mère qui n’a jamais été là pour moi est actuellement en train de perdre la tête. Bizarrement, j’ai eu un rapprochement avec elle (enfin de mon côté pas du sien) je me suis mise devenir protectrice avec elle depuis la mort de (l’ami de mon père) depuis 3 ans et demi elle fait des crises délirantes régulièrement. Je vis dans un stress permanent, les médecins ne sont pas très efficaces et je me heurte à beaucoup de murs.
    Actuellement, je commence à me détacher, je me demande si je l’aime vraiment, une espèce de lassitude sans doute. Un gros ras le bol. Au moment où enfin j’avais réussi à 40 ans à trouver un équilibre et où j’avais réussi à chasser mes démons. Le chaos recommence !
    Pensez vous que mes parents soient toxiques ? Ou est-ce moi qui aie un problème ? Parfois je me demande si je ne suis pas comme eux, si je ne suis pas mauvaise.
    Merci à ceux qui m’auront lu et qui me donneront leur avis.

    Répondre
    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Les êtres « mauvais » n’existent pas, les êtres dangereux pour eux-mêmes et les autres existent. Comment devient-on dangereux ? En subissant l’influence de personnes dysfonctionnelles ce qui revient à dire en croyant soi-même que l’on est devenu ce que les autres disent de nous quant ils nous maltraitent.
      Donc je présume que votre principale difficulté est de croire ce que les personnes toxiques qui vous entourent disent de vous.
      Or – vous avez le droit de vous libérer des influences toxiques de ceux qui vous ont maltraité.
      Pour aller plus loin, lisez : Comment parvenir à guérir de son enfance ?

      Répondre
  25. didier

    Bonjour
    J’ai lu et relu votre article concernant les parents toxiques . J’ai 64 ans , vécu toute mon enfance et ma jeunesse sous le meme toit que mes parents et grands parents maternels . Surveillé sans arret , je n’avais aucun droit . Pas d’amis , pas de copains, ou alors ils faisaint en sorte de les eloigner de moi . Je devais toujours etre visible . Le jour de ma première leçon de conduite , ils m’ont suivi dans leur voiture …. Je ne savais pas ce qui c’était de sortir avec des amis, les permissions du samedi soir s’arretaient a 21h30 ou 22h . A l’epoque tous avaient une mobylette, sauf moi. Le premier jour de mon travail, mon grand pére m’a accompagné a la porte sur odre de mes parents et ma grand mére . Jre me suis marié, un enfant qu’ils coyaient etre le leur Mon fils a grandi puis est entré dans la gendarmerie A 21 ans il s ‘st offert sa première moto . N’osant rien lui dire, ma mére s’en est pris a moi disant que j’étais un lache de ne rien dire… Lorsque j’ ai presenté ma seconde femme a ma mére elle m’a simplement «  »Mon dieu qu’est ce quelle fait vieille, et qu’est ce quelle est grosse »……….. J’ai vu , le jour de mes 41 ans, ma mere et ma grand mere se battre pour savoir a qui j’appartiens ………… Je n’ai jamais eu le courage de partir, sachant qu’ils m’auraient menaçé de chantage, presque de suicide collectif etc etc
    Je n’ai éprouvé de chagrin qu’au déçès de mon grand pére Je suis allé aux obséques des autres presque avec indifférence . J’ai révé dernièrement que je tuais ma mére a coups de pelle en lui hurlant dessus d’arreter de me surveiller , de me laisser faire une fois comme je voulais .Je suis tombé dans l’alcool a 18 ans . Après 4 cures je suis abstinent depuis 5 ans, depuis le jour ou mam mére est partie en maison de retraite ……………. C’est triste, mais je me sents libre, je me suis remis a la musique, a la moto J’ai enfin la jeunesse que je n’ai pas eu
    Mais tout est imprégné dans un coin de mon cerveau On n’effaçe pas 55 ans de vie en un seul jour …………

    Répondre
    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Le rêve de votre mère en dit long à propos de ce que vous avez enduré et refoulé jusqu’à aujourd’hui… Oui, bien sûr, on efface pas 55 ans de vie en un jour. Comme vous dites, tout est imprégné et pas seulement dans votre cerveau : vos réactions émotionnelles sont conditionnées par ce que vous avez vécu.
      Bravo à votre manière de « faire du neuf » : ne plus boire, se remettre à la musique et à la moto, c’est obéir à vous-même !

      Pour aller plus loin et vous aider à vous comprendre, lisez : Comment parvenir à guérir de son enfance ?
      Et puis aussi : Les racines de la violence.

      Répondre
  26. Cyso

    Cher Monsieur,

    J’ai 25 ans et suis la troisième d’une fratrie de 4 enfants.
    Ma mère a eu une enfance très compliquée (mère tyrannique qui a passé sa vie seule, père inconnu, et aucune autre famille que sa mère) mon père a quant à lui perdu ses parents très tôt (9 ans pour sa mère et 18 pour son père) et a été élevé en partie par sa grande sœur.

    J’ai eu moi aussi une enfance bien compliquée, faites de coups et de brimades.
    C’est simple ma mère nous tapaient à tour de bras, les violences étaient réelles puisque que l’école a appelé une assistante sociale à la vue des bleues sur le corps de ma grande sœur. Bien sûr rien n’a été fait.

    Ma grande sœur mentait beaucoup, ma mère la battue un jour avec une corde à sauter et nous demandait mon frère et moi de regarder et de rire, j’avais à peine 5 ans. Je me souviens parfaitement de se jour là.

    Ma grande sœur s’est mis à avoir très mal à la tête durant plusieurs mois, ma mère la traitait de « sale migraineuse comme sa tante -sœur de mon père qu’elle détestait », elle avait en faite une méningite et a finit à l’hôpital, s’est fait disputé pour ça, elle avait 10 ans.

    Quant à moi je n’ai reçu que très peu d’affection et d’amour de la part de ma mère, je me souviens d’un mariage ou petite j’avais fait semblant de m’endormir dans les bras de la mariée pendant que cette dame me faisait un câlin, je cherchais de l’affection partout.
    Ma mère me critiquait beaucoup sur mon physique, mes dents en avant (elle m’imitait parler en sortant ses dents de devant); mes cheveux et mes jambes arquées et mes lèvres charnues ainsi que mes mains que ma mère comparait à des grosses paluches. J’étais la seule à avoir des yeux foncés, on ne savait donc « pas d’où je sortais », elle m’appelait le vilain petit canard et j’ai grandi en entendant que j’étais là pomme pourrie de la famille, qu’il en fallait bien une.

    J’ai eu des difficultés petite à savoir lire, je mélangeais les lettres, ma mère passait des heures à me faire répéter les mots en me tapant si je me trompais.
    Au delà des coups je suis surtout marqué par les violences psychologiques.
    Elle ne me trouvait pas belle, me le disait et si j’avais le malheur de dire « oh mes cheveux sont jolies aujourd’hui » elle me répondait des trucs du genre « pfff elle se trouve belle en plus ». J’étais nulle et ne ferait jamais rien de ma vie, elle me disait que je finirait droguée dans un squatte.
    Une fois elle m’a puni en disant de me rendre à pied en ville (20km) en me disant que c’était bien si je me faisait violer sur le chemin, ça me remettrais les idées en place

    Ma petite sœur est née 5 ans après moi, ma mère est devenu mère à ce moment là, et elle l’assume puisque qu’elle a récemment dit qu’il n’y avait que pour ma petite sœur qu’elle a eu la maturité d’être mère.
    Ma petite sœur a d’ailleurs une bonne relation avec elle aujourd’hui et des souvenirs à 1000km des nôtres.

    Lors de mon année de cinquième au collège ma mère a voulu me faire placer car j’étais « folle », elle m’a emmener votre une assistance sociale, elle a dit devant moi qu’il fallait lui retirer ma garde car elle risquait de me tuer. Rien a été fait de nouveau ..
    A cette même période elle a cacher ma tête sur toute les photos de moi qu’il y avait dans le pêle-mêle dans le salon (pourtant bien rare ..) et jeté tous mes dessins que je lui avait fait enfant ainsi que les cadeaux des fêtes des mères fait à l’école.

    Ma grande sœur est partie en pensionnat à 15 ans, mon frère a suivi 2 ans après et je suis donc rester seule avec ma mère et ma petite sœur, j’avais un peu près 14 ans. Mon père étant au travail du matin au soir et ayant très peur d’elle (il l’avoue aujourd’hui) je suis devenue son principal souffre douleur.
    Elle pouvait me suivre 3 à 4heures dans la maison pour m’insulter, à l’adolescence j’étais devenue une p*te et mes copines étaient toutes des résidus de fausses couches. Elle me harceler beaucoup sur le fait qu’elle pensait que j’étais amoureuse de mon père et que je voulais coucher avec Iui.
    Elle aimait rentrer en conflit avec moi et faisait tout pour que je m’énerve à mon tour, les coups pleuvaient.
    Malgré une adolescence bien chaotique, faite de mauvaises notes , de problèmes des comportements au lycée, j’ai eu mon bac en sport étude en faisant du piano de mes 5 jusqu’à mes 18 ans, vu qu’elle avait toujours rêver de faire du piano, j’en ai fait pour elle.

    J’ai fait ma première tentative de suicide à 13 ans, de l’anorexie durant l’enfance (j’avais simplement arrêter de manger vers 6ans), après une semaine je suis allée au l’hôpital avec mon papa, j’étais très contente d’être à l’hôpital avec lui et ai remangé tout de suite là bas (j’étais donc « une sacré comédienne, jalouse de ma petite sœur »).
    J’ai commencé vers 13/14 ans à m’excoriée chaque boutons ou bosse sous la peau. J’ai aujourd’hui beaucoup de cicatrices sur le visage et sur la poitrine, ce qui me complexe énormément.
    A l’entrée à l’âge adulte j’ai été gravement anorexique puis boulimique. Dépressif depuis le lycée, toujours aujourd’hui.

    A côté de ça ma mère a toujours su donner le change, nous étions des enfants bien habillés vivant dans une belle maison (mon père a bien réussi professionnellement) et bien éduqués.. vu la facilité avec laquelle nous nous prenions des coups nous étions effectivement plutôt sages.

    Mes parents ont divorcés après une énième tromperie de la part de ma mère (elle la trompé aussi bien avec des hommes que des femmes), j’avais un peu prêt 17 ans ma mère me répétait qu’elle était « mal baisée avec mon père ».

    Elle a pris un appartement où il n’y avait qu’une chambre, pour ma petite sœur, je venais donc en invitée et dormait sur le clic clac dans le salon, si je dormais dans le lit de ma petite sœur je devais changer mes draps pour ne pas lui transmettre mes boutons. Mes habits restaient dans la valise.
    Ma mère a définitivement coupé les ponts avec moi l’année de mes 19 ans après que je lui ai reprocher tous les coups reçu enfant.
    J’ai revu ma mère il y a un peu près 1 ans à l’hôpital psychiatrique où j’ai été emmener après qu’elle ai appeler les gendarmes et les pompiers, j’étais enfermé dans ma chambre depuis plusieurs jours et je lui envoyait des messages d’insultes. Puisque les seuls réponses pour justifié la manière dont elle ma traité sont « tu n’as pas à juger la mère que j’ai été ».

    Mon grand frère et ma grande sœur ont toujours des contacts avec elle,ils habitent tout les deux à l’autre bout du monde, très conflictuelle pour ma sœur et très superficiel pour mon frère bien qu’elle soit en admiration devant lui (« je n’en revient pas d’avoir fait un enfant aussi beau »). Alors que récemment elle n’a pas su dire à ma grande sœur si elle avait été belle étant bébé, elle a fini par dire « les gens disaient que tu étais mignonne donc oui sûrement ».
    Elle voulait 4 garçons, ma grande sœur a un prénom mixte et moi un prénom masculin féminisé.. elle déteste les femmes.

    Mon grand frère et ma grande sœur s’en sortent mieux que moi malgré les séquelles forcément …
    Moi je suis toujours chez moi père (j’ai 25 ans) toujours en dépression, je touche le RSA et ai aucun ami. Mes seuls sorties sont les courses, que je fais le soir, je ne sors jamais en journée car je suis très complexée par mon physique.

    Mon père me tolère, puisque les langues se sont déliés et que ma grande sœur lui a aussi beaucoup reproché le fait de nous avoir laisser seules avec une femme qui nous battait. Je sais qu’au fond il s’en veut, même si ça fait 4 ans que je suis chez lui et que je ne fait rien du tout il veut que je parte et me dit que mes problèmes viennent de mon caractère (fainéante etc..) mais je sais qu’il préfère me savoir là qu’à la rue donc tolère mon inactivité totale.
    Je suis incapable de me prendre en main, et suis méchante malgré moi avec mon père à qui je fais constamment des remarques du genre ; pourquoi avoir fait 4 enfants quand tu as été incapable d’en élever un seul ? Ce à quoi il répond : je ne voulais pas d’enfants, j’en ai fait pour faire plaisir à ta mère et parce que les autres en faisaient.

    Mon père est faible de caractère (très soumis avec ma mère encore aujourd’hui « il ne faut pas la fâcher pour ne pas avoir d’ennui avec elle »mais néanmoins un vrai gentil, je suis moi même faible de caractère.

    J’ai fait plusieurs thérapies, vu plusieurs psychologue et ai ni la force ni l’envie ni les sous de recommencer, surtout que ça n’a rien donné vraiment. A 25 ans j’ai déjà l’impression d’avoir tout fait : psychologue, psychiatre, magnétiseur …

    Ma question est donc la suivante : guérie t on réellement un jour de ce genre de blessures ou suis je condamné à être prostrée comme un chien battu pendant que ma mère vit sa meilleur vie et me souhaite d’être « aussi libre qu’elle dans la mienne » ?

    Excusez moi pour la longueur du texte et pour le fait qu’il soit décousu.

    Merci

    Répondre
    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      J’ai lu votre partage avec attention.
      Le premier point positif est que vous semblez lucide quant aux nombreux traumatismes que vous avez subis.
      Comprenez que ce sont ces traumatismes qui vous obligent à avoir certains comportements mortifères contre vous-même qui sont donc devenus votre prison.
      Vous n’êtes donc condamnée éternellement à rien du tout. Comme n’importe quelle condamnée, le jour où vous sortirez de votre prison vous serez libre, comprenez-vous ?
      Dès lors le seul moyen de vous sortir de votre prison est de l’étudier minutieusement pour – l’ayant remise en cause – vous en libérer.
      Etudier sa prison c’est faire un travail psychothérapeutique long et sérieux qui vous permettra peu à peu de vous désidentifier de vos schémas qui vous obligent à avoir des attitudes mortifères contre vous-même. Cela revient à dire remettre en cause systématiquement avec une personne en laquelle vous aurez appris à avoir peu à peu confiance les manières dont – ayant été maltraitée – vous continuez aujourd’hui avec vous-même à perpétuer ces maltraitances.
      Par exemple votre besoin de prostration est une conséquence de vos traumatismes, en réalité vous avez le droit de vivre et d’être heureuse comme n’importe quel être humain.
      Comprendre cela intellectuellement est une chose qui reste insuffisante, pour vous libérer vous avez besoin de vous comprendre émotionnellement parlant donc de prendre tout le temps dont vous aurez besoin pour vous rencontrer vous-même en action dans les besoins qui sont les vôtres.
      Pour aller plus loin, lisez : Comment parvenir à guérir de son enfance ? Et Esquiver ou digérer ?

      Répondre
      1. Cyso

        Je vous remercie grandement pour cette réponse qui m’aide à y voir plus clair sur les comportements que j’ai envers moi même.

        Je vis effectivement dans une prison que j’ai créé moi même, pleine de routine et d’ennuie, il est pourtant bien difficile de se séparer d’habitudes néfastes mais que l’on chérit quand même.. puisque tous ces rituels me rassurent, et bien que j’ai l’impression d’être plutôt sociable, j’ai du mal à garder une amitié ou même d’en créer. Alors je passe beaucoup de temps seule, ce qui m’enferme encore plus.
        Je crois que le plus gros travail sera sur l’estime de moi même mais difficile d’avoir un peu d’ego quand on à passé sa vie à avoir l’impression de n’avoir aucune valeur, et que l’on a pas appris à se respecter.
        J’ai lu dans une de vos réponses à un commentaire qu’on pouvait s’aimer sans avoir été aimé.. ça me parait être un bien long chemin .. J’espere réussir à m’aimer un jour et quitter la colère qui m’habite et me résigner à ressasser.

        Merci de m’avoir écouté, bonne soirée.

        Répondre
        1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

          Quels que soient vos doutes et vos désespoirs, à n’importe quel moment de votre vie, vous aurez toujours le droit de vous dresser sur votre séant pour – au coeur de votre dignité – tenter de comprendre les mécanismes qui vous contraignent afin d’en devenir libre.
          Bonne chance sur ce chemin.

          Répondre
  27. Fidji

    Bonsoir.
    J’écris ce soir le coeur lourd.
    Il y a peu, j’ai découvert que pendant mes heures de boulo, mon conjoint s’occupait très mal de notre enfant.
    J’ai commencé un boulo de soirée/nuit. Je commencais mon boulo a 20h et rentrais a 3h du matin. Or, dès mon départ, mon conjoint mettait notre fils (de quasi 3 ans) au lit. Alors qu’en réalité il aurai du faire le rituel habituelle de jouer et ensuite faire les histoires. Il le privait donc de jouer, le privait d’histoires, ne lui proposait pas le pot pour faire ses besoins avant de dormir, ne lui proposait pas de boire non plus. Il le mettait au lit, seul, alors que habituellement je reste avec lui jusqu’à son endormissement a la demande de mon fils. Là mon conjoint la laissé l’appeler pendant 40 minutes , voix tremblante, sans venir. Le petit s’est endormi sur ses pleurs. Il a fait ca de façon récurrente jusqu’à ce que je le découvre….et quitte mon job pour éviter a mon fils de vivre ce genre de chose. Il lui aura fait subir ceci pendant 4 week end vendredis et samedis.
    Or, mon fils a essayé de me prévenir, il me disait «va pas au travail maman, j’aime pas rester avec papa»,«il esy mechant, on joue pas, j’ai pas l’histoire, il crit, y reste pas quand je vais au dodo». Lorsque j’en parlais a mon conjoint, il mentait, accusant notre fils de menteur. Sous ses yeux. Il la même appelé et lui a poser des questions «papa t’as deja laissé pleurer ? Je reste ou pas quand tu vas dormir? Ect» il a essayé de l’intimidé, ce qui a marcher car sous ses yeux, mon fils a dit ce que voulait entendre mon conjoint. Or, ce que ce dernier ne savait pas encore, c’est que devant les peurs de mon fils, et les mensonges de mon conjoint, j’ai du me faire mon propre avis. J’avais donc caché un enregistreur sous le matelas de mon fils. Oui, cela ne se fait pas. Mais devant les mensonges de son père qu’aurai je pu faire d’autre. J’ai confronté les enregistrements a mon conjoint, qui a eu une réaction des plus surprenante. Il aurait, mal pris, été vexé, que le premier week end ou je bossais, mon fils m’ai rapportée que cela ce passait mal, or pour lui cela avait été… et donc par vexation, il aurait décider de désormais mal s’en occuper, être méchant avec lui. Dans l’enregistrement je l’entend le mettre au lit bcp plus tot, le priver de jouer , d’histoire, le laisser pleurer, lui crier dessus, le petit l’appel parce qu’il tousse et s’étouffe , il etait malade, il ne vient pas. Il pleure pdt bien 40 minutes. J’ai peter une case, j’ai pris mon fils, mon chien et je suis partie chez mon père. Mais, mon fils demandait sa maison, son père. Alors nous sommes revenue a la condition que son père voit un psy. Or, depuis mon fils me livre des phrases qui me font peurs, il me dit «quand tu étais au travail, papa m’a taper sur la joue, comme ca, après sur l’autre et après ma joue était tout rouge»’ «il ma pincé les joues» «il m’a taper fort fort sur la tête». Mon conjoint jure que c’est faux (mais il avait déjà juré sur la tête de nos filles décédés «jumelles avec malformation avant notre fils» et sur la tête de notre fils qu’il ne le laissais pas pleurer ect……donc je ne le croit pas, mais il ne veut pas avouer !
    Quand j’en reparle a mon fils, ses versions change. Il me semble perdu. J’ai l’impression qu’il revient sur ce qui dit par peur des disputes entre son père et moi «je dit pas sinon papa y va être fâché».
    Je ne sais que faire. Je voudrais qu’il avoue déjà, pour le bien de mon fils.

    Répondre
    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Je comprends que vous m’écriviez le cœur lourd mais est-ce raisonnable de penser que l’adulte au comportement infantile que vous décrivez soit capable de reconnaître ses torts ?
      N’est-il pas préférable de s’éloigner de lui ?
      La mauvaise foi d’un être correspond à une terreur névrotique de convenir posément de la vérité des choses et je doute que vous puissiez le convaincre d’avouer !

      Répondre
      1. Fidji

        Comportement infantile, c’est ce que lui a aussi dit sa psy, qu’il était immature.
        Une chose est sûr jamais plus je ne le laisserai seul avec mon fils.
        Je lui ai dis que j’allais prendre rdv au pédopsychiatre pour notre fils, qu’il ferai parler notre enfant, qu’il vallait donc mieux pour lui d’avouer maintenant. Mais, encore une fois, il jure ne pas l’avoir toucher.
        Que si c’était le cas, vu l’état actuel des choses,les decouvertes que j’ai faite, il le dirai.
        Peut etre, que partir est la meilleure solution, je ne sais pas. Cela fait 13 ans que je suis avec.
        Ce qui me fait peur c’est, et si….et si je n’avais pas mis cet enregistreur, combien de temps aurait il agit ainsi avec notre fils. Car en plus….pour me rassurer, il m’envoyait des sms me disant tout va bien, on a joué, il va bientôt aller dormir ect alors que mon fils était déjà au lit depuis longtemps seul, et en pleurs.
        Il trouve meme disproportionnées, que je sois partie chez mon père.
        J’ose espérer qu’il sera honnête avec sa psy. Et qu’elle saura le convaincre d’avouer si il l’a fait.
        Moi, qui, aurai mis ma main a couper que jamais il ne leverai la main sur lui..

        Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *