Archives de catégorie : Relations parents/enfants/parents

Plaidoyer pour la confiance

Quel regard posons-nous sur l’adolescent rebelle ?

Croire ou douter, il faut choisir. Lorsqu’aucune raison objective ne justifie la méfiance, choisir de douter de l’autre c’est se priver de la possibilité même d’une véritable rencontre. Faire confiance n’est jamais obtenir une garantie ; c’est accepter une part d’incertitude sans laisser la peur gouverner le lien. Celui qui veut être certain de ne jamais être trompé risque surtout de ne jamais faire de vraies rencontres.

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Doit-on tout accepter de ses enfants ?

Question de @nan :

Bonjour, doit-on tout accepter de ses enfants ? Mon enfant qui est en couple avec 2 enfants vient de temps en temps le soir pour dire bonjour et manger à la maison. Il vient vers 20h et repart parfois vers minuit, 1h du matin. Je l’aime beaucoup mais je suis fatiguée, j’ai plus de 70 ans et j’ai bien envie de lui dire de ne plus venir le soir car je n’en peux plus. Mon mari lui ça ne le dérange pas. D’autant plus qu’ils discutent ensemble. Et moi je suis là à les écouter.
Qu’en pensez vous ?
Merci.
Cordialement.

Mes pistes de réponse :

Vous aimez votre enfant, et cela ne fait aucun doute. Mais aimer ne signifie pas tout tolérer, ni surtout s’oublier soi-même.

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Mon fils ne change toujours pas !

Question de @patricia :

Bonjour, je vous avez posé une question sur mon fils je pensait qu’il changerai, mais je vois que notre relation est toujours au point mort. Aucune discussion il me reproche quoi ? Il est devenu ingrat, m’ignore, pas même un merci quand il est en difficultés. Cette année il m’a présenté sa copine, mais c’est par interêt pour prendre la voiture et lui faire visiter Nice. Je lui ai demandé sa date d’anniversaire, il m’a répondu que cela ne me regardait pas. Au bout de 8 ans rien de change.

Mes pistes de réponse :

Oui, c’est vrai, rien ne change lorsque nous attendons que l’autre change. Nos relations ne peuvent évoluer que si nous prenons l’initiative de changer nous-mêmes.

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Manipuler son enfant après une séparation

(Proposition de réflexion pour des parents en cours de séparation.)

« Plus le niveau spirituel de l’éducateur est pauvre, plus sa morale est incolore, plus grand sera le nombre des injonctions et interdictions qu’il imposera aux enfants, non pas par souci de leur bien, mais pour sa propre tranquillité et son propre confort. »

Janusz Korczak

Il est fréquent que des personnes, ayant perdu toute dignité et se sentant parfois misérables, dépourvues de ressources et d’estime d’elles-mêmes, tentent, pour survivre, croyant échapper à leur malheur, de se réfugier dans la haine de l’autre.

La haine de l’autre est toujours la conséquence d’une souffrance insupportable, c’est pourquoi un être en souffrance est potentiellement plus capable d’être dangereux pour un autre, qu’un être qui ne souffre pas.

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Le paradoxe de la jeune mère

Ce que toute jeune mère et tout jeune père vont vivre et qu’il est bon qu’ils sachent pour ne pas se perdre.

« Si nous voulons la réalité, nous devons sacrifier nos illusions.
On ne peut pas avoir la réalité et conserver ses illusions. »

Lee Lozowick

Ce texte a été écrit par Polly Döge (élève de Lee Lozowick) :

« Tu ne peux pas être un bon parent tant que tu ne t’avoues pas à toi-même que tes gosses t’emmerdent. »

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Comment avancer avec le cœur brisé ?

Question de @etoile :

Bonjour Monsieur Perronnet,

Mes parents ont toujours « divisé pour mieux régner ». La conséquence a fait du vide autour de moi, sauf un frère et une soeur. Ils gardent un semblant de contact à distance et ils peuvent avoir un comportement qui me montre bien le peu de considération pour moi vu que j’ai coupé les ponts avec mes parents.

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Se défaire de l’attachement pathogène à ses parents

À mes patients qui ne se sont pas encore délivrés de leur emprise !

« Vous devez rejeter la responsabilité des événements douloureux de votre enfance et la remettre à sa véritable place1 . »

Susan Forward

On sait aujourd’hui que la relation qu’un enfant a avec ses parents joue un rôle déterminant dans la construction de sa personnalité comme dans sa vie relationnelle future. On sait, grâce à la théorie de l’attachement2, à quel point un enfant a besoin de se sentir en sécurité pour bien se développer. Cela signifie que durant les premières années de sa vie, il a besoin de recevoir de l’attention (source de réconfort et base de sécurité pour son exploration du monde) de la part de sa figure d’attachement primordiale (sa mère ou son substitut).

Un enfant qui s’est senti en sécurité dans sa relation à ses parents, qui a notamment été pris dans les bras, cajolé, est un enfant qui est plus disponible pour les apprentissages, qui se développe mieux et se sent plus épanoui dans l’existence et qui en conséquence se sent capable d’entreprendre plus de choses.

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Comment réparer le lien à son enfant devenu hostile ?

Question posée par @laurence :

Après plusieurs années d’absence, mon compagnon a pu récupérer son autorité parentale, droit de visite et droit de communication. Malheureusement les appels ne se passent pas très bien, mon compagnon a du mal à s’imposer car il doit encaisser les paroles blessantes de ses enfants (je te déteste, tu n’es rien…) et impossible d’avoir un commun accord pour les visites.

Comment faire pour qu’il puisse créer un lien de confiance avec les enfants et renouer avec eux par le biais du téléphone ? 

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Ma fille rit du malheur des autres, est-elle sadique ?

Question posée par @caro :

Ma fille de 19 ans me dit qu’elle « aime bien » voir des personnes souffrir physiquement dans les films. Elle aime par exemple aussi voir des compétiteurs tomber lors d’une course, ou son petit cousin se prendre une gamelle. Cela la fait rigoler.

À côté de cela elle vient naturellement en aide aux personnes qu’elle croise, une personne handicapée, une personne âgée, un sans-abri.

Je suis donc déconcertée et je vois qu’elle aussi.

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Ce que votre ado ne peut pas vous dire

Être parent c’est pressentir notre responsabilité vis-à-vis de l’avenir du genre humain, disait Lee Lozowick. C’est la raison pour laquelle il serait nécessaire de nous éduquer à notre rôle de parent.

La plupart des parents le savent, certains d’entre eux le redoutent, les années de l’adolescence de leurs enfants peuvent être des années assez dures, des années pendant lesquelles ils devront assumer les bouleversements physiques et psychiques de ces êtres en transformation.

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Comment aider ma fille sans redevenir victime de son père ?

Question de @jeanne :

Le père de ma fille m’a inlassablement dénigrée auprès d’elle, interdisant notre affection et lui imposant d’exiger de moi des pensions pour lui et pour elle. Les juges s’opposaient au père et ma fille a longtemps résisté. Mais à 14 ans, face aux violences physiques et verbales, elle a mimé son comportement. À sa majorité, j’ai pris des distances pour me protéger, étant handicapée.

A 20 ans, elle m’appelle à l’aide.

J’ai peur d’eux.

Que dois-je faire ?

Mes pistes de réponse :

La première chose à sentir et à accepter est qu’il est parfaitement légitime de votre part (et encore davantage compte tenu de votre handicap) d’avoir pris des distances avec votre fille à sa majorité, compte tenu de votre besoin de vous protéger d’elle et de son père.
Cela doit être très clair pour vous car si vous deviez en culpabiliser ne serait-ce qu’un peu, ce serait un obstacle à votre capacité à faire du neuf dans votre relation à votre fille aujourd’hui.
Vous en avez la preuve aujourd’hui (même si vous n’en aviez pas conscience hier), les dénigrements de votre mari à votre égard auprès de votre fille n’ont pas définitivement interdit votre affection mutuelle puisqu’elle vous appelle aujourd’hui à l’aide et que vous aspirez à répondre à sa demande, votre question le montre.

Pour parvenir à répondre à son besoin d’aide, donc pour parvenir à répondre présent à votre rôle de mère, vous avez besoin de commencer par faire en vous la part entre la femme maltraitée par son ex compagnon manipulateur de sa propre fille, et la mère à qui des circonstances adverses ont empêchées l’expression de son affection pour sa fille.
C’est la femme maltraitée qui a peur « d’eux ». Je présume que la mère qui m’écrit – elle – aspire à s’ouvrir à ce qui lui a été pendant si longtemps interdit.
Si votre fille vous appelle à l’aide, n’est-ce pas parce qu’elle s’est enfin désolidarisée de ce « eux » qui vous a terrorisé pendant si longtemps ? N’est-ce pas parce qu’elle a enfin ouvert les yeux sur les comportements manipulateurs de son père ?
Si ses yeux sont ouverts, que devriez-vous craindre aujourd’hui ? Pour répondre à cette situation, il vous faudrait préalablement et à l’occasion d’une investigation avec un thérapeute, définir à qui – dans votre profondeur – vous souhaitez obéir ?
Même si vous doutez, vous semblez solide puisque vous avez été capable de vous protéger en restant distante de comportements mortifères.
Alors que devriez-vous craindre de vous-même ? Quelle peur intime et cachée devrait vous faire douter de votre capacité à aimer votre fille en accueillant sa demande ?

Pour aller plus loin vous pouvez lire :

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Je découvre que ma fille de 15 ans se scarifie…

Question de @minka :

J’ai découvert que ma fille 15 ans se scarifie. J’ai pris le rdv chez une psy (elle a accepté d’y aller après des nombreuses longues discussions). Elle me dit être malheureuse depuis toujours. Je suis désespéré car je la voyais heureuse, belle, pleine de vie. Nous n’avons pas eu des problèmes majeurs, pas de divorce, pas de déménagement, pas de conflit dans le couple, pas de problèmes financiers… quand je la questionne elle me dit qu’elle ne s’aime pas.

Avez-vous une piste de réflexion ?

Mes pistes de réponse :

De bien trop nombreux parents sont persuadés aimer leur enfant parce qu’ils se font du souci pour lui.
Le souci est moins une preuve d’amour qu’une preuve de fusion, dans la fusion on se confond avec l’autre et dans cette confusion, un parent croit toujours que son enfant devrait agir comme il pense que ce serait bien d’agir. L’antidote du souci pour son enfant est la confiance en lui. Quand un enfant ressent, pour l’avoir éprouvé dans sa chair, que celui ou celle qu’il aime lui fait confiance, il devient plus fort, se fait à son tour confiance et parvient à s’aimer plutôt que de se reprocher sans cesse d’être celui ou celle qu’il est comme on le lui a appris.
A contrario, plus le parent doute de son enfant en le lui faisant sentir, moins celui-ci deviendra capable de s’estimer lui-même. Nos angoisses de parent sont donc à coup sûr mortifères pour nos enfants qui ont besoin de se sentir estimés pour s’estimer eux-mêmes à leur tour.
Ce n’est donc pas parce qu’un parent pense avoir donné de l’amour à son enfant notamment à travers ses inquiétudes pour lui, que cet enfant l’a reçu. Aimer son enfant c’est beaucoup moins se faire du souci pour lui (le souci qu’on se fait pour l’autre n’est qu’une pathologie pour soi-même qui n’offre rien à l’autre) que de lui montrer qu’on lui fait confiance en ne redoutant pas pour lui ce qu’il peut lui arriver de redouter pour lui-même.

Il y a une bonne nouvelle dans votre partage, c’est que si votre fille de 15 ans vous confie qu’elle se sent malheureuse depuis toujours (ses scarifications sont un symptôme qui montre qu’elle ne parvient que maladroitement à refouler sa souffrance), c’est qu’elle vous fait un minimum confiance.
Lui montrer votre amour pour elle n’est donc pas lui expliquer qu’elle ne devrait pas être comme elle est en tentant maladroitement de vous rassurer vous-même, mais l’écouter le cœur ouvert. Cela signifie pour vous oser aborder le sujet sans mauvaise conscience ni déni, afin de l’aider à mettre des mots sur sa souffrance.
Persuadez-vous que votre fille a besoin d’une mère prête à tout entendre ce qu’elle a besoin de lui dire (et entendre ce n’est pas discuter).
Il ne faudrait donc pas que vos larmes de mère, votre souci de mère, soit un obstacle à l’accueil inconditionnel de ce que vit votre fille dans sa vérité à elle.
Êtes-vous prête à lui témoigner de votre écoute et de votre confiance plutôt que d’interpréter ses souffrances à travers votre moi de mère inquiète ? Pour ce faire vous devez comprendre que les scarifications de votre fille sont d’abord pour elle un acte qui lui permet de soulager ses tensions.
Souvenez-vous que de l’aimer commence toujours par lui faire sentir que vous l’accueillez telle qu’elle est. Se sentant accueillie elle commencera à se détendre, et c’est ainsi qu’elle sentira de moins en moins le besoin de retourner sa négativité contre elle-même.

Pour aller plus loin vous pouvez lire :

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Comment parvenir à me faire respecter par ma famille ?

Question de @whiteporpoise :

Merci pour tout ce que vous êtes et partagez.
J’ai coupé avec ma famille. J’ai écrit à ma mère au moins 2 fois que je ne voulais plus que l’on s’écrive, se voit ni se parle. Aucun membre de ma famille (car ils s’en mêlent tous, mon frère, mes sœurs) n’accepte. Mon frère me reproche de mettre la pression et est venu chez moi (heureusement je suis à randonner en itinérance). Ma mère est venue ou voulait venir.

Que dois-je faire ? Déménager, changer de ville ?
Que les étoiles scintillent pour vous.

Mes pistes de réponse :

Alice au chat du Cheshire :
« Voudriez-vous, je vous prie, me dire quel chemin je dois prendre pour m’en aller d’ici ?
Cela dépend en grande partie du lieu où vous voulez vous rendre », répondit le chat.

Ce que vous devez faire dépend donc de ce que vous voulez, de ce qui est vraiment important pour vous. Mais le savez-vous ?

Vous pouvez utiliser – de manière ferme et résolue – la procédure dite du « disque rayé » : répéter inlassablement à votre mère (et à votre famille), que vous ne souhaitez plus la voir, lui parler ou même lui écrire, que vous êtes déterminée, que c’est ainsi pour le moment et que si vous changez d’avis vous le lui ferez savoir. Auquel cas il n’y aurait rien d’autre à faire que de lui montrer votre résolution en n’entreprenant plus aucune sorte de discussion avec elle (ni avec votre famille).

Il est toujours légitime de fuir pour un être qui se sent en danger. Harcelée par votre mère comme par votre famille incapable de vous entendre et de vous respecter, il peut être juste de décider de vous mettre physiquement hors de portée d’eux, ce qui reviendrait à être résolue à « partir sans vous retourner » dans la perspective de mener votre vie à vous – enfin – à l’abri définitif d’influences que vous estimez toxiques. Auquel cas changer de ville ou de région peut être en effet une option salvatrice.

Mais vous pouvez aussi vous poser la question de ce qui nécessiterait votre fuite ? Qu’est-ce qui ferait que vous devriez vous considérer comme leur victime ? Qu’est-ce qui vous empêcherait de les regarder dans les yeux, non pas pour les agresser, mais pour parvenir à vous faire respecter d’eux ? Observez éventuellement en vous ce qui fait que vous n’y parvenez pas ? Que vous continuez de discuter à propos de sujets sur lesquels vous ne voulez plus discuter ? Que vous vous considérez en quelque sorte et malgré vous comme « leur chose » et non pas comme une femme libre et souveraine d’elle-même ?

Vous m’aviez récemment posé la question : « L’entourage peut-il avoir eu une telle force inhibitrice de notre être, qu’aujourd’hui nous en soyons à craindre et redouter nos capacités ? » La réponse est oui, certainement. Auquel cas c’est un travail psychothérapeutique qui pourra vous aider à trouver votre place légitime, notamment en apprenant à affronter votre mauvaise conscience à être par vous-même en prenant votre place.

Pour aller plus loin, vous pouvez lire :

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