Archives de catégorie : Relations aux enfants

Je n’accepte pas la relation de ma fille de 21 ans

Question posée par Laure :

Ma fille de 21 ans a une relation avec un homme de 47 ans. Je ne l’accepte pas.

De plus on ne s’entend pas depuis longtemps. Je ne vis plus avec son père j’ai refait ma vie.

On s’est fâché, la communication est rompue, elle ne venait me voir que très rarement.

Comment faire ?

Mes pistes de réponse :

Quand Alice a demandé au chat du Cheshire :

« Voudriez-vous, je vous prie, me dire quel chemin je dois prendre pour m’en aller d’ici ? »

Le chat lui a répondu :

« Cela dépend en grande partie du lieu où vous voulez vous rendre. »

Pour savoir comment faire, il faut savoir « ce que vous voulez faire » donc ce que vous voulez obtenir dans votre relation à votre fille.

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Repérer les principes pernicieux de la pédagogie noire pour y remédier

« Les jugements de valeur vous ont été assénés quand vous étiez jeune, quand votre mental était réceptif, aussi sont-ils solidement ancrés. Pour vous en libérer, votre pouvoir de discrimination doit donc être clair et tranchant. Comment l’affûter ? En le frottant sur la vérité. »

Swami Prajnanpad

Il y a quelque chose de pathétique dans la manière dont les parents aux comportements pourtant toxiques et dysfonctionnels1 tiennent à leurs opinions sur l’éducation. Qu’ils en aient conscience ou non, ils sont les esclaves des façons de faire de leurs propres éducateurs et des affirmations péremptoires de ces derniers.

Je reprendrai donc ici quelques-unes de ces opinions qui ont la particularité de n’avoir jamais été remises en cause par ceux qui les chérissent et qui se les transmettent de génération en génération même si – enfants – ils en ont fait les frais.

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Ma fille de 8 ans me déstabilise, elle est mauvaise joueuse, perfectionniste, ses erreurs la font pleurer

Question posée par Alison :

Ma fille de 8 ans me déstabilise, elle est mauvaise joueuse et perfectionniste, l’erreur donne pleurs et cris.

Mes pistes de réponse :

Une belle après-midi ensoleillée de printemps se présente, vous décidez, vous et votre famille, d’aller pique-niquer dans les bois.
Vous avez préparé les paniers de nourriture et la nappe à carreaux. Il est 11h du matin, au moment de sortir… il pleut à verse.
Que pouvez-vous faire ?

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Mon fils de 13 ans me ment tout le temps, que faire ?

Question posée par Claire.

Plutôt que de vous persuader que votre enfant ne devrait pas vous mentir, il vous faut comprendre que puisqu’il n’existe pas d’effet sans cause, votre enfant a nécessairement une raison (et même une bonne raison pour lui-même) de vous mentir.

Bien sûr, en tant que parent, vous souhaiteriez que votre fils de 13 ans ne vous mente pas, or pour qu’il puisse – un jour – ne plus vous mentir, il vous faut commencer par vous rapprocher de votre enfant qui ment. (Beaucoup de parents maladroits font l’inverse : ils pensent que pour aller vers leur enfant, celui-ci ne devrait plus leur mentir, ils conditionnent leur amour au mensonge de leur enfant, faisant peser sur lui un chantage insupportable.)
Comprendre la raison pour laquelle il vous ment fait donc partie intégrante de votre rôle de parent.

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Ma fille de 16 ans est une ingrate !

Question posée par Peggy :

Ma fille de 16 ans est une ingrate, elle dit qu’elle ne ressent aucun lien avec nous malgré qu’on soit là pour elle toujours.

Mes pistes de réponse :

Il est des formes de repli sur soi, avec refus de la réalité et de la communication avec autrui qui contraignent des êtres à ne ressentir aucun lien avec leurs proches. Je me dois donc de commencer par préciser que – puisque je ne vous connais pas – je vous réponds en excluant a priori tout trouble schizophrénique ou en particulier autistique chez votre fille de 16 ans.

Votre observation est intéressante parce qu’elle ressemble à un enfermement et qu’il serait dommageable pour vous comme pour votre enfant de vous laisser prendre au piège de cet enfermement.
Mais je m’explique…

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Mon fils âgé de 27 ans est schizo/paranoïde, il délire, que faire pour l’aider ?

Question posée par Kamel :

« Il me dit qu’il est toujours en guerre pour me protéger car ils veulent me tuer pour l’atteindre et supprimer l’aide financière et tout soutien affectif. Il n’a que moi dans sa vie (c’est mon enfant unique et mon soleil, il a 27 ans et trois enfants (5 ans, 4 ans et 1 an), il me demande timidement de croire en lui et d’être son allié.)
Il considère sa femme comme une ennemie et pense qu’elle ne l’aime pas. Concernant sa maladie, il a des délires de persécution et nie qu’il est malade. En phase aiguë, il insiste pour que je ne parte pas au travail, ce que je fais afin de faire baisser sa tension psychotique.
Au début de sa maladie, en 2012, il a passé 21 jours à l’hôpital psychiatrique de Blida où il a rencontré une stagiaire en psychologie, il considère qu’elle l’aide et le protège, elle est l’amour de sa vie, c’est une ligne rouge à ne pas critiquer, ni dire que c’est son délire.
Il est très sensible concernant les souffrances des autres.
Merci infiniment de votre écoute et de votre sensibilité aux souffrances des autres. »

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J’ai donné une tape derrière la tête de ma fille suite à un quiproquo, j’en suis malade, help !

Question posée par Sandrine.

Avez-vous conscience qu’à travers votre malaise et votre mauvaise conscience vous cherchez à vous éliminer ? À définitivement vous disqualifier en tant que mère ?

Pour avoir un tel désir de vous rendre malade, cherchez ce que l’on a pu vous dire, dans votre histoire, à propos de votre propre valeur.

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Faut-il cacher à l’entourage les conneries de ses enfants ?

Question posée par Ali.

En principe nous cherchons à cacher aux yeux des autres ce dont nous avons peur ou honte, ce avec quoi nous nous sentons mal à l’aise, sinon quel mobile aurions-nous à vouloir le cacher ?

Cela vous amènera à prendre conscience de vos éventuels malaises de parent, de votre éventuelle honte face aux erreurs de vos enfants.
À comprendre que le « Tu me fais honte ! » du parent n’est que l’expression de son décalage vis-à-vis de son enfant, car un enfant qui ressent la honte de son parent à son égard ne peut pas se sentir aimé par lui.
Le parent qui voudrait cacher à son entourage les erreurs de ses enfants chercherait à se disculper d’eux. Or quel est le rôle d’une mère ou d’un père ?

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Parent efficace ou parent conscient ?

« Pour être un père ou une mère, une chose est précieuse : prendre la peine de se souvenir intelligemment de sa propre enfance, de sa propre relation avec ses parents, de ce qu’ont été les moments heureux, les moments douloureux, de ce qui nous a aidés, de ce qui nous a fait mal, et être extrêmement vigilant afin de ne pas mécaniquement reproduire les comportements néfastes dont nous avons été victimes. Il faut aussi complètement admettre que l’enfant est un autre que nous. Il est différent de nous et nous devons lui permettre de se développer dans sa ligne à lui. »

Arnaud Desjardins, Regards sages sur un monde fou, Éditions La Table Ronde, 1997, p. 65.

La vie est un processus qui se transmet de génération en génération et nous faisons tous partie intégrante de ce processus. De même que les causes produisent des effets, la manière dont nous allons éduquer nos enfants va influer pour le pire comme pour le meilleur sur ce qu’ils vont devenir.

Prendre la mesure de cela c’est garder constamment à l’esprit qu’au quotidien, l’enfant fera l’expérience de la vie, découvrira qui il est et ce qu’il peut attendre du monde et des autres à travers les comportements de ses parents. C’est ainsi qu’un enfant parviendra ou non à s’accomplir comme une personne équilibrée capable d’accéder au bonheur.

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Que faire d’un enfant qui culpabilise ses parents ?

Question posée par Renée.

Les parents ont très facilement le pouvoir de culpabiliser leur enfant parce que ce sont eux qui détiennent l’autorité et qu’a priori les enfants les croient puisqu’ils ont confiance en eux.

Mais qu’en serait-il d’un enfant qui aurait le pouvoir de culpabiliser son parent ? Ce serait assurément le monde à l’envers car c’est bien le parent qui est responsable de son enfant et non l’inverse.

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Quoi se dire pour supporter la mort de ses parents et devenir capable de ne plus les voir ?

Question posée par Jean-Pierre.

C’est vrai que la mort – parce qu’elle est irrémédiable – parait le plus souvent inhumaine à celle ou à celui qui vit dans la peur de la perte de l’autre.

Ainsi, à force de nous laisser conseiller par notre peur, nous pouvons nous laisser enfermer dans une solitude glacée et mortifère.

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L’enfant et les ballons

À propos de l’expérience du désir et de son refoulement

« Quand un enfant demande à être guidé, éclairez le sujet de la discussion autant que possible et permettez à l’enfant de décider. Faites un effort pour encourager l’enfant à trouver, à faire l’expérience. Il faut donner à l’enfant les trois L : Love (Amour), Light (Lumière ou explication), Liberty (Liberté ou absence de contrainte). »

Swami Prajnanpad

Un enfant demande, c’est naturel. Il ne sait pas encore refouler ses désirs. C’est à l’adulte de sentir s’il est juste de lui donner ce qu’il demande à ce moment-là ou pas.
Beaucoup de parents parlent des caprices de leurs enfants mais ce sont les mêmes qui les « gâtent » en leur offrant des objets que parfois ils ne désirent pas (encore).
Peu nombreux sont les parents qui savent qu’un désir refoulé et interdit prend une place démesurée ensuite dans la psyché de l’enfant.
Il peut souffrir vraiment du refus de son parent – qu’il ne comprend pas – et ensuite, après coup, dans son existence, en réaction à son refoulement, faire exprès des choses interdites et parfois dangereuses.

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Aimer inconditionnellement son enfant

un antidote à « qui aime bien châtie bien »

Ou comment ne plus être mené par la peur dans l’éducation de son enfant ?

« Sans amour, le monde serait inanimé. »

Djalâl ad-Dîn Rûmî

Préambule

Un tel titre pourra sembler exagéré et provocateur à certains, mais dans un monde qui le plus souvent conditionne l’éducation à la peur, il m’apparait juste de proposer aux parents une réflexion sur la manière dont ils croient aimer leurs enfants. Peut-être pour leur permettre de découvrir qu’ils les aiment plutôt mal et – l’ayant découvert – de les motiver à avoir le goût de les aimer davantage et mieux.

C’est-à-dire de les aider à se laisser toucher par ce qu’ils font subir à leur enfant quand ils leur demandent une obéissance inconditionnelle basée sur leurs angoisses de parent. L’objectif étant de leur permettre de découvrir que ce n’est que l’amour inconditionnel qui pourra – peut-être – un jour, permettre à leur enfant d’être heureux.

Les besoins propres de l’enfant

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