Archives de catégorie : Relations aux enfants

Culpabilité et souffrance

S’ouvrir à sa souffrance pour dépasser sa culpabilité

J’ai connu une mère qui punissait systématiquement sa fille de 12 ans lorsqu’elle avait une mauvaise note au collège – en lui interdisant de sortir retrouver ses amies.

Sa fille avait grandi dans un contexte douloureux, son père ayant quitté la maison quelques années plus tôt après une tentative de suicide.

A 12 ans, cette adolescente a commencé à s’habiller tout en noir et à se scarifier les bras – et continué à ne pas travailler au collège.

La mère était tellement persuadée de faire le bien de sa fille en ne cédant pas à ce qu’elle appelait ses caprices et en lui répétant sans arrêt : « tu es vraiment nulle, tu n’arriveras jamais à rien, tu me fais honte », qu’elle ne s’émouvait pas plus que ça des blessures que sa fille s’infligeait.

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Enfant menteur, parent qui fait peur

à propos du mensonge et du goût de la vérité dans l’éducation

« Nous ne pouvons pas aimer vraiment s’il nous est interdit de voir notre vérité, la vérité sur nos parents et nos éducateurs, mais aussi sur nous-mêmes. Nous pouvons seulement faire semblant d’aimer. Mais ce comportement hypocrite est le contraire de l’amour. »

Alice Miller

« Tout être humain qui approche la vérité de ce qu’il vit, en propre, rencontre l’humanité tout entière. »

Fabrice Midal

Qu’est-ce que le mensonge ? Le Petit Robert le définit comme « Affirmer ce qu’on sait être faux, nier ou taire ce qu’on devrait dire. » La vérité étant « Ce à quoi l’esprit peut et doit donner son assentiment, par suite d’un rapport de conformité avec l’objet de pensée, d’une cohérence interne de la pensée. »

La vérité est donc l’accord de la pensée avec la chose telle qu’elle est, dire la vérité c’est donc dire les choses telles qu’elles sont. A l’inverse, mentir, c’est travestir ou cacher les choses telles qu’elles sont.

Une mère m’écrit :

Mon fils de 17 ans ment tout le temps et sur tout ! Je viens de me rendre compte qu’il m’a menti sur la personne chez qui il a dormi ce week-end et que ce n’est pas la première fois.

A chaque fois qu’il me ment, je m’en aperçois et il le sait mais il continue.

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Comment sortir de sa toxicité de parent ?

ou comment se déséduquer pour respecter son enfant tel qu’il est ?

« Si nous voulons éviter le viol inconscient de l’enfant et sa discrimination, la première chose à faire est d’en prendre conscience. Nous sensibiliser aux formes fines et subtiles d’humiliation d’un enfant est le seul moyen de nous aider à acquérir ce respect pour l’enfant dont celui-ci a besoin dès le premier jour de sa vie pour pouvoir se développer psychiquement. »

Alice Miller Le Drame de l’enfant doué

Devenir parent

Le désir d’enfant n’implique pas que les futurs parents seront à l’écoute de leur enfant à naître.

Le désir d’enfant d’une femme dépressive peut par exemple être un moyen pour elle de tenter de réparer – inconsciemment – un besoin d’affection non comblé.

Sans parler des nombreux cas de couples qui se réconcilient sur l’oreiller à travers leur mutuel désir d’enfant – vu comme une réponse à leurs difficultés relationnelles.

Il y a aussi les hommes immatures paniqués par la grossesse de leur femme et qui la quittent parce qu’elle est enceinte.

Et les jeunes mères qui ne savent pas, ne peuvent pas s’occuper de leur bébé.

Pour ne parler que de quelques cas.

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Sexisme ordinaire

« Avant mes 14 ans, les garçons de ma classe m’auront déjà traitée de salope, de pute, de connasse, de plein d’autres choses. C’est juste pour rire, bien sûr ! »

Cette phrase est extraite d’une vidéo* qui nous interpelle tous mais s’adresse spécifiquement aux hommes.

En effet, existe-t-il un seul homme qui de près ou de loin n’ait participé à l’humiliation des « filles », ne serait-ce qu’en ayant assisté à une maltraitance sexiste sans être intervenu ?

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Ma fille de 14 ans en est à sa 3ème tentative de suicide…

Ou comment rencontrer la souffrance de son adolescent ?

« Un animal, un enfant et un ignorant sont esclaves de leurs désirs. Ils veulent les satisfaire immédiatement, quels que soient le moment, le lieu ou les circonstances… A quoi reconnaît-on un homme ? Un homme, avant de satisfaire ses désirs, tient compte du temps, du lieu et des circonstances, car il cherche à atteindre un but. »

Swami Prajnânpad.

Un homme, a fortiori un père…

Qu’est-ce qu’être un père ?

« Alice au chat du Cheshire : – Voudriez-vous, je vous prie, me dire quel chemin je dois prendre pour m’en aller d’ici ? – Cela dépend en grande partie du lieu où vous voulez vous rendre, répondit le chat. »

Lewis Carroll.

Le contexte :

Paul est un homme d’affaires, toujours entre deux avions, qui m’a écrit une première fois fin 2013. Après une deuxième tentative de suicide (TS) en 3 mois, sa fille de 13 ans, Lucie, se trouvait depuis deux semaines dans un centre pour évaluation et observation des adolescents.

Paul m’expliquait que sa relation à la mère de Lucie avait toujours été très conflictuelle depuis la naissance de leur fille et qu’ils se déchiraient mutuellement à propos des droits de visite et des communications avec leur enfant. Ayant obtenu le droit de garde, il m’explique : « toute trace de sa présence chez sa mère a été supprimée par celle-ci, qui ensuite a déménagé dans un appartement où ma fille dort sur un canapé du salon lorsqu’elle vient en visite, un week-end par mois, et pendant la totalité des petites vacances. Ce rythme a été imposé par la mère et je l’ai accepté sans négocier, à la demande de ma fille qui voulait absolument déménager. »

S’ensuivent un suivi psychologique et plusieurs crises de spasmophilie (syndrome d’hyperventilation lié à un état anxieux) pour Lucie.

Paul se décrit lui même comme un père « cadrant », il estime qu’au contact de sa mère laxiste, Lucie a développé pour survivre « une considérable capacité de négociation / manipulation et de mensonge de laquelle elle semble devenue prisonnière. » Il termine son portrait psychologique par ces mots : « elle a aussi une tolérance à la frustration pratiquement nulle. »

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Être un parent acceptable…

« L’éducation n’a pas d’autre but que de faire d’un petit enfant un adolescent heureux. Ce n’est pas d’en faire un enfant bien élevé, un enfant sage, un enfant instruit, un enfant qui fasse honneur à ses parents, un enfant qui acquière les traditions de sa caste ou de sa classe – tout cela est secondaire. Si c’est nécessaire pour que l’enfant soit heureux, bien ; si c’est inutile pour que l’enfant soit heureux, inutile ; et si cela doit compromettre le bonheur de l’enfant puis de l’adolescent puis de l’adulte, alors non. Puissent les parents être animés seulement par ce seul but : je veux faire un petit être heureux et un adulte heureux. Il ne s’agit pas bien sûr de s’occuper de l’enfant du matin au soir ni de satisfaire tous ses caprices. Plus l’enfant apprend peu à peu la non-dépendance, plus il sera heureux. »

Extrait du chapitre « De l’Education » dans Un Grain de sagesse, d’Arnaud Desjardins*, Editions de La Table Ronde.

Illustration : Promenade au parc de Raphaëlle Jouffroy.

Les parents qui sont convaincus de la véracité de ces paroles et qui essaient de les mettre en pratique, je les appellerai des parents acceptables. Pas des parents parfaits (c’est impossible), mais des parents qui ont réfléchi aux implications de leur rôle et sont prêts à ne pas juste reproduire avec leurs enfants ce qu’ils ont vécu auprès de leurs propres parents.

Comment reconnaître un parent « acceptable » ?

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Pourquoi faut-il reconnaître sa toxicité à l’oeuvre dans sa relation à l’enfant ?

(et comment aider les parents à sortir de leur toxicité ?)

« C’est en vivant avec des adultes épanouis que les enfants deviennent à leur tour des adultes épanouis, pas en se faisant bourrer leur petite tête de principes moraux par des hypocrites bien intentionnés mais inconscients. »

Lee Lozowick.

A la fin de mon article sur les parents aux comportements toxiques* que j’écrivais en mai dernier, je précisais :

« Pour que tous les membres d’une famille apprennent peu à peu à vivre ensemble dans le respect et l’amour, il leur faut ne plus avoir le besoin de se manipuler les uns les autres sous le prétexte qu’il est douloureux de reconnaître ses maladresses. »

Après avoir lu cet article sur la toxicité à l’œuvre chez certains parents, un homme de 50 ans m’a écrit :

« Lorsque mon père me faisait des reproches, me battait ou m’insultait, c’est-à-dire tous les jours, je me taisais, maintenant, je n’accepte plus aucun reproche, justifié ou non, et je m’autorise la colère, sauf que maintenant c’est complètement débile, démesuré et n’a plus lieu d’être, je suis en colère contre moi de n’avoir pas eu la force de réagir mais je fais payer aux autres ce que j’ai subi. »

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à propos des parents aux comportements toxiques

Faut-il rester soumis à ceux qui ne nous respectent pas ?

Quel avantage y a-t-il à être attentif à la toxicité de ses parents ?

« Plus le niveau spirituel de l’éducateur est pauvre, plus sa morale est incolore, plus grand sera le nombre des injonctions et interdictions qu’il imposera aux enfants, non pas par souci de leur bien, mais pour sa propre tranquillité et son propre confort. »

Janus Korczak(1)

« C’est notre propre exemple qui apprend à l’enfant à mépriser tout ce qui est faible. »

Janus Korczak

Récemment je conversais avec une personne qui me disait que l’appellation « parents toxiques » qu’elle rencontrait ici et là sur internet lui semblait exagérée, que bien sûr ses parents n’étaient pas parfaits et qu’elle avait été malmenée par eux (comme nous tous, disait-elle), mais que cela ne l’empêchait pas de vivre « normalement. » Elle ajoutait que l’égoïsme faisait des ravages aujourd’hui et que puisque tous les parents avaient eu, eux aussi, leurs problèmes avec leurs propres parents, il était normal de les respecter et de les aimer en leur montrant présence et affection.

Elle estimait aussi que c’était le plus souvent « de bonne foi » qu’un parent obligeait son enfant à agir, qu’il le punissait « pour son bien », et que le simple fait que nos parents nous aient donné la vie et qu’ils aient eu leurs lots de peines et de soucis, justifiait à lui seul notre devoir de reconnaissance et de respect à leur égard.

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Le petit enfant et le désir des parents

« Ce que l’on devient dépend de la manière dont on reçoit les choses. »

Swami Prajñânpad

Question de Richard :

Profession : militaire.

J’aimerais savoir s.v.p. si je devrais forcer mon fils de 3 ans a continuer son cours d’apprentissage au patins a glace.

Situation :

Son premier cours, il a pleurer pas mal tout le long du cours mais a réussi a rester debout quelque fois, lorsqu’il tombe, bien sur il se fais mal au fesse etc.

Après le cours nous lui avons donner des encouragement positif : c’est beau t’es bon et tout.

Son deuxième cours, hier, il a pleurer pas mal tout le long du cours, j’ai noter quelque amélioration mais pas beaucoup. nous lui avons encore donner des encouragement et tout.

2h après le coucher, il se réveille en panique et impossible de le consoler, il dit non, non j’veux pas etc, alors je lui demande pourquoi non et tout, a un moment il dit je ne veux pas faire de patin, j’essai encore de le réconforter en essayant de lui faire penser a autre chose, c’est dur de le calmer et il se met a pleurer avec tristesse et finalement il s’endort.

Moi et ma femme avons conclus qu’il a probablement eu un mauvais rêve qu’il étais peut être dans un état de somnambulisme et tout.

Donc nous ne voulons surtout pas le traumatiser et le forcer sans raison mais aussi ont se dit que de le sortir du cours ne l’aideras pas a passer par dessus d’autres obstacle de sa vie,

Je sais pas trop quoi faire, pouvez vous m’aider s.v.p.

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Pourquoi sommes-nous agressifs envers nos enfants et comment y remédier ?

« Personne ne peut diriger le vent mais on peut toujours apprendre à ajuster ses voiles. »

Proverbe 

« Parler à un adolescent, ce n’est pas lui dire : « Maintenant je suis là pour t’aider », mais lui dire la phrase complète : « Je sais qu’à des moments, je n’ai pas été là quand tu m’attendais mais maintenant je suis là. »

Daniel Morin 

Question de Stéphanie :

Bonjour, je suis mariée et maman de trois enfants et mon mari me reproche souvent d’être agressive avec mes enfants, avec lui et même avec les étrangers.

Aujourd’hui, j’ai parlé agressivement à la directrice d’école maternelle où mon fils doit aller, car j’ai appris par une maman qu’elle avait fait entrer un enfant en début de semaine, donc je suis allé lui demander si je pouvais faire de même avec le mien et elle m’a répondu que cela n’était pas possible, qu’il n’y avait plus de rentrée après janvier, et là, au lieu de lui expliquer calmement ce que je venais d’apprendre par une maman, je me suis énervée. Maintenant, je m’en veux j’ai mal au ventre car je sais qu’au lieu de réfléchir à ma demande, ce sera « NON ».

Quant à mes enfants, j’aimerais qu’ils soient parfaits, même si je sais que ce n’est pas possible car je ne suis pas parfaite moi-même (et personne ne l’est). Du coup, ma fille aînée s’éloigne de moi et se rapproche de son père (malgré que je sois là toute la journée et pas lui), mon deuxième cherche à toujours être ailleurs. Ils me mentent car ils savent que je vais monter en flèche et ça m’énerve encore plus.

Je ne sais plus comment faire pour me sortir de cette spirale, j’aimerais que tout le monde m’aime, même si je sais que ce n’est pas possible !

J’ai cette sensation que tout le monde compte sur moi car j’ai du caractère, mais personne ne se préoccupe de savoir si je vais bien !!!!

Ma réponse :

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A propos de la violence éducative

S’il vous arrive de penser :

  • Qu’une claque n’a jamais fait de mal à personne,
  • Que c’est le seul moyen de mater certains enfants,
  • Que c’est normal d’infliger une humiliation à quelqu’un qui se croit tout permis,
  • Que l’important c’est de mettre des limites et que peu importe la façon dont on les met,
  • Qu’on n’est pas responsable des « baffes » qu’on inflige aux enfants parce qu’ils les ont cherchées…

Ou qu’au contraire vous sentez :

  • Que les fessées données aux enfants sont néfastes pour leur développement,
  • Que battre un enfant le force à s’endurcir pour moins souffrir,
  • Que plus on a été battu enfant plus on risque d’être violent soi-même comme parent,
  • Que s’attaquer à plus faible que soi est indigne d’un parent aimant,
  • Qu’un enfant éduqué avec douceur et patience aura toutes les chances de devenir un adulte épanoui…

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Comment accompagner un enfant dont la mère se meurt ?

L’éducation consiste à comprendre l’enfant tel qu’il est, sans lui imposer l’image de ce que nous pensons qu’il devrait être.

Krishnamurti.

Question de Solange :

Mon fils est séparé de la mère de ses deux filles (9 et 7 ans)

Elles voient régulièrement leur maman, mon fils entretenant de bonnes relations avec elle. Elle est atteinte d’un cancer très avancé dont malheureusement l’issue est fatale.

Comment préparer mes petites filles à ce terrible drame ?

Elles voient régulièrement un pédopsychiatre car leur comportement est difficile à l’école depuis la séparation des parents.

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