Archives de catégorie : Connaissance de soi

À ceux qui sont en proie au mal de vivre et au désespoir

(et par-delà à tous les êtres humains qui ne s’aiment pas tels qu’ils sont.)

« La vie ne se contrôle pas ; elle se reçoit.
Elle ne se programme pas ; elle se découvre.
Elle ne se garantit pas ; elle se risque. »

Fabrice Midal

Les conséquences du désespoir sont dévastatrices. Chaque année dans le monde, plus de huit cent mille personnes meurent par suicide – acte délibéré par lequel un être humain met fin à sa propre vie – et dix à vingt fois plus, désespérés, tentent de se donner la mort sans y parvenir.

On estime généralement que ces comportements trouvent leur origine dans ce que l’on nomme le désespoir, lequel peut se manifester sous la forme d’une haine de soi et d’un désir de mourir, souvent nourris par une solitude vécue comme angoissante et/ou par un isolement social accablant.

Une personne qui cherche à se suicider par désespoir est avant tout une personne en mauvais termes avec elle-même et le plus souvent avec les autres (parce qu’elle se sent abandonnée ou trompée par eux).

Continuer la lecture

Sortir de sa négativité

« On a tous un point sensible, la négativité ; le ressentiment et tout le reste se produisent parce qu’on essaie de dissimuler son côté tendre. »

Pema Chödrön, Entrer en amitié avec soi-même

« Pour changer quelque chose en vous, il faut que vous changiez quelque chose dans votre relation avec l’autre. (…) Je m’ouvre à la négativité de l’autre à mon égard. »

Arnaud Desjardins, La Paix toujours présente

Qu’il se mette à pleuvoir au moment où nous avons décidé de partir pique-niquer, que quelqu’un nous contredise au moment où nous affirmons une opinion, ou que nous ayons cassé un objet auquel nous tenons : autant d’événements insignifiants en apparence, mais révélateurs de notre rapport au réel. Autant de situations banales où notre négativité s’exprime à travers notre refus de nous adapter à ce que la vie nous impose.

Continuer la lecture

Pourquoi laisser tomber ?

Faut-il avoir raison dans la relation ?

« Plus on devient libre soi-même de ses émotions douloureuses et de ses peurs, plus on est disponible pour accueillir celles des autres et tenter de secourir ceux-ci dans toute la mesure de nos possibilités et la non-mesure de notre amour. »

Arnaud Desjardins

Comprendre la relation c’est comprendre que quand une personne vous dit quelque chose sur vous, elle vous révèle au même instant quelque chose sur elle.

Ainsi quand une personne vous fait des reproches, elle vous fait savoir au même moment qu’elle ne vous accepte pas tel(le) que vous êtes.

Continuer la lecture

Le piège de l’amour

Pourquoi nous devons remettre en cause ce qu’on nous a fait croire enfant

« Nous ne pouvons pas aimer vraiment s’il nous est interdit de voir notre vérité, la vérité sur nos parents et nos éducateurs, mais aussi sur nous-mêmes. Nous pouvons seulement faire semblant d’aimer. Mais ce comportement hypocrite est le contraire de l’amour. »

Alice Miller

Edgar Morin, philosophe et sociologue français, souligne que l’éducation, telle qu’elle est pratiquée de nos jours à peu près partout, a tendance à servir de moyen de contrôle social, incitant les élèves à accepter les idées et valeurs dominantes sans les questionner. Or, d’après lui, l’éducation devrait avant tout nous enseigner à penser de manière critique, en remettant en question les idées reçues et en développant notre esprit d’analyse.

Continuer la lecture

Attendre sans impatience

« Que se passe-t-il ? demande Hamm.

Quelque chose suit son cours, répond Clov. »

Samuel Beckett, Fin De partie

« À penser anxieusement au futur, les hommes oublient le présent, de sorte qu’ils finissent par ne vivre ni le présent ni le futur. Ils vivent comme s’ils n’allaient jamais mourir… Et meurent comme s’ils n’avaient jamais vécu. »

Le Dalaï-Lama

Vous connaissez peut-être cette histoire qui illustre que l’attente est une blague parce que demain n’existe pas ?

Continuer la lecture

Sortir du drame

ou comment entrer en relation vraie avec soi-même et les autres…

« Quand un homme a confiance en lui, il a le sentiment d’être ce qu’il est. « Je n’attends pas de moi davantage que ce que je suis capable de faire. J’ai fait ce que je pouvais. Je suis ce que je suis. Ce que les autres disent ne me touche pas. » Rappelez-vous : ne vous analysez pas en termes de « bien » et de « mal », analysez-vous plutôt en termes de « vérité » et de « réalité ». Ce qui est bien ou mal change en fonction du lieu, du moment, des personnes. Mais ce qui est vrai est stable comme le soleil. »

Swami Prajnanpad, Les Yeux ouverts

« Tout ce que l’on a à faire est de se démasquer, si pénible que cela soit ! »

Chogyam Trungpa, Pratique De la voie tibétaine

Le drame est un genre théâtral dont l’action généralement tendue, est faite de risques et de catastrophes. Dans notre vie quotidienne, le terme « drame » désigne une situation grave et tragique qui peut nuire à nos relations avec nous-même et avec les autres.

Dans la théorie de l’Analyse Transactionnelle on parle de jeux psychologiques destructeurs qui créent nécessairement un malaise entre les personnes. Pour les décrire Stephen B. Karpman a créé ce qu’il a appelé le Triangle Dramatique, à chaque extrémité duquel se trouve un rôle spécifique : Victime, Sauveur ou Persécuteur.

Pour comprendre le fonctionnement de ce triangle et mieux vous connaître à son propos, cliquez sur : Le Jeu de la victime

La spécificité de ces trois rôles est qu’ils sont à la fois en interaction et interchangeables. Ainsi la Victime (qui cherche à se justifier), évoluera avec facilité en Sauveur (j’ai essayé de t’aider), ou en Persécuteur (tu ne m’aides pas), en fonction du comportement de son interlocuteur, lui-même prisonnier de ces mêmes rôles dictés par ses besoins frustrés issus de ses blessures passées.

Continuer la lecture

Faire de son expérience une beauté

« Chaque expérience, chaque incident, chaque événement est comme il est. Il n’y a rien à quoi l’on puisse le comparer. Mais dire qu’il est comme il est, cela sonne un peu abstrait. Alors dites plutôt « c’est nouveau ». Qu’est-ce que la beauté ? Ce qui est toujours nouveau. Ainsi chaque événement devient une nouveauté. Il n’y a rien d’autre que la nouveauté. Devant vous se déroule un flot continu de nouveauté, une fête de la nouveauté, un festival de la nouveauté… partout et toujours ­ présente. »

Swami Prajnanpad, La Connaissance de soi, p. 83‑84

Celui qui change son regard sur une chose, change nécessairement l’expérience qu’il a de cette chose. Illustration :

Continuer la lecture

Démarche spirituelle ou développement personnel ?

« Tout apparaît et disparaît. C’est la caractéristique de la Nature : ce n’est qu’une simple manifestation ! Si « quelque chose » semble « se produire », cela ne veut pas dire que cela existe ; rien ne reste sous la même forme sans changer : le monde, c’est simplement le fait de changer, de bouger. Le monde n’arrête pas de bouger, et dans ce monde qui bouge, tout s’écoule, rien ne reste sous la même forme. Par conséquent aucune chose n’est, il n’y a que mouvement sans fin. Ce mouvement se manifeste comme apparition et disparition. »

Swami Prajnanpad

La « persona » (du latin per-sonare : parler à travers) désignait le masque porté par les acteurs de théâtre de l’antiquité. Ce masque avait pour fonction de leur donner l’apparence du personnage qu’ils interprétaient, permettant ainsi aux spectateurs de comprendre et de prédire leur action. La persona est donc un masque, une apparence.

Continuer la lecture

Revenir à l’intelligence du réel

« Distinguer un fait de son interprétation est le stade le plus élevé de l’intelligence humaine. »

Krishnamurti

La guérison de nos manquements, de nos maladresses et de nos infirmités
relationnelles passe par le développement de notre compassion envers nous-même et autrui.
Pour y parvenir il est crucial de mieux comprendre le fonctionnement de notre esprit et la
signification que revêt le fait d’être un être humain faillible et imparfait.

Cette compassion envers soi-même permet de développer progressivement la
confiance en soi nécessaire pour ne plus être victime de nos processus mentaux de
dévalorisation et d’arrogance. Se rééquilibrer mentalement revient à renouer avec
l’intelligence du réel, c’est-à-dire avec la compréhension de la nature des choses et avec la
signification des faits, afin de s’adapter aux exigences de l’action (ou de l’absence d’action) à
venir.

Continuer la lecture

Les malentendus fondamentaux

« La nature ne pardonne jamais la transgression de ses lois.

Il n’y a pas de pitié dans la nature, elle est inexorable. »

Swami Prajnanpad

Si le malentendu empêche l’accord, c’est la bonne appréciation des choses qui permettra l’harmonie. Vous cherchez l’harmonie ? Voici quelques principes qui – si vous vous y soumettez – vous aideront à trouver l’harmonie avec vous-même et dans votre relation aux autres.

Nos biais de pensée font que nous avons tendance à croire que nous sommes les seuls à avoir des difficultés.

Continuer la lecture

Réponse au découragement

C’est parce qu’on imagine simultanément tous les pas qu’on devra faire qu’on se décourage, alors qu’il s’agit de les aligner un à un.

Marcel Jouhandeau

Sans doute avez-vous déjà entendu l’expression proverbiale : « Il ne faut pas jeter le manche après la cognée ! » qui fait référence à une très ancienne histoire. Celle-ci raconte que dans une forêt profonde, alors qu’il cherchait à abattre un arbre, un bucheron a perdu le fer de sa hache (la cognée), qui s’était séparée de son manche et a disparu dans une eau profonde.

Désespéré, le bucheron a jeté le manche, oubliant par là-même qu’il lui aurait suffi de lui adapter un autre fer de hache pour pouvoir l’utiliser de nouveau.

Que s’était-il passé dans la tête de ce pauvre bucheron ?

Continuer la lecture

Se faire la guerre ou se comprendre

« Il est grand temps de passer d’une société orientée vers les choses à une société orientée sur les êtres. Si l’on pense que les machines et les ordinateurs, le profit et les droits de propriété sont plus importants que les personnes, alors le trio de géants – racisme, matérialisme et militarisme – est impossible à vaincre. »

Martin Luther King

Puisque, comme le disait Clausewitz1, l’objectif de la guerre est de contraindre l’adversaire à exécuter notre volonté, elle est nécessairement un carnage dans lequel chaque camp est incité à toujours davantage massacrer l’autre pour parvenir à le dominer.

L’histoire mondiale des peuples est une succession de conflits, plus ou moins sanglants. Les périodes de paix sont extrêmement rares. La seconde guerre mondiale (pour ne citer qu’elle) a été le conflit le plus meurtrier de l’histoire avec plus de 80 millions de personnes tuées entre 1939 et 19452. Dans un tel contexte, le concept de « lois de la guerre » peut sembler paradoxal mais c’est sans doute parce qu’ils se sont sentis repus de sang et de larmes que les dirigeants politiques de l’après 1945 ont estimé qu’il fallait plus que jamais développer et faire respecter ces fameuses « lois de la guerre ».

Continuer la lecture

Étudier sa prison

« Vous n’êtes prisonniers de rien d’autre que de vos pensées. Vous n’avez à vous libérer de rien d’autre que de vos pensées. Voilà la vérité. Et vous n’avez pas d’autre problème que celui de vos pensées. Vous n’avez aucun problème, ni avec votre santé, ni avec votre métier, ni avec votre patron, ni avec vos enfants, ni avec votre femme, ni avec votre voisin, ni avec votre propriétaire, ni avec le maire de votre commune. vous n’avez qu’un seul problème : un problème entre vous et vos pensées. »

Arnaud Desjardins

Imaginez que vous vous retrouviez emprisonné(e) et que – ne le supportant pas – vous fassiez grandir en vous le désir de vous évader de votre prison.

Quel autre moyen pourriez-vous vous donner à vous-même que celui de commencer par étudier votre prison de très près ?

Continuer la lecture