Archives de catégorie : Connaissance de soi

Esquiver ou digérer

Le chemin pour s’en sortir [1]

Il n’est pas possible de bien jouer avec des cartes truquées. Ainsi les comportements que les autres ont eu à notre égard, ceux que nous avons eus à leur égard, les mots qu’ils ont prononcés à nos oreilles, et ceux que nous avons prononcés à leur oreilles resteront inscrits en nous pour toujours.

Nous ne pourrons jamais revenir en arrière. La machine à remonter le temps qui nous permettrait de pouvoir délibérément changer l’orientation de nos destins n’existe pas.

Continuer la lecture

Le pervers narcissique

La violence psychologique, c’est de la violence tout court

« Le bourreau ou « pervers narcissique » peut être un homme ou une femme. La violence morale n’est pas l’apanage des seuls hommes, bon nombre de femmes sont des tyrans domestiques. Les médias donnent trop souvent l’impression que les harceleurs sont tous des hommes et nous devons bannir ce jugement erroné en nous souvenant que les hommes victimes ont tout simplement plus de mal à parler de leurs souffrances.

Continuer la lecture

Transfert et contre-transfert

Peuvent-ils être des obstacles à la relation thérapeutique ?

Question de Jacinthe :

Tout d’abord je souhaite vous remercier de votre écoute.

J’ai découvert par hasard votre site et c’est un immense plaisir et apaisement de vous lire et apprendre à travers vos écrits.

Je viens à nouveau vers vous pour vous demander quelques éclaircissements par rapport à mon travail personnel.

Je vous ai déjà fait part que je suis en train de suivre un travail avec une psychologue mais j’ai arrêté car il y a eu transfert.

En effet j’avais écrit une lettre d’amour avec mes sentiments pour elle à cette psychologue et elle a demandé l’arrêt des soins. Par la suite elle m’a dit que le travail n’était pas fini mais que je ne pourrai pas le continuer avec elle car j’ai des sentiments pour elle.

Continuer la lecture

L’identification à son enfant intérieur

Apprendre à le reconnaitre en soi pour arrêter de lui obéir

Vous êtes nombreux (plusieurs centaines de personnes par jour), depuis des années, à lire mes deux articles : A propos des parents aux comportements toxiques[1] et Comment parvenir à guérir de son enfance ?[2] , et pour certains d’entre vous (plus de 600 à ce jour), à avoir ressenti le besoin de partager votre propre vécu d’enfant, le plus souvent dramatique.

Nous vivons dans un monde où le sujet de la mère toxique et maltraitante est encore tabou. Une lectrice m’écrivait récemment que quand elle partageait l’histoire douloureuse de son enfance avec ses amies, ces dernières excusaient le plus souvent sa mère (pourtant maltraitante) en justifiant ses actes et en refusant d’admettre que c’était bien elle (et non sa fille) qui était toxique et avait un problème.

Comme si le seul fait d’être parent excusait tout. Comme si le quatrième commandement de la Bible « Tu honoreras ton père et ta mère », nous obligeait – même inconsciemment – à cautionner les dysfonctionnements de nos parents.

Continuer la lecture

Culpabilité et souffrance

S’ouvrir à sa souffrance pour dépasser sa culpabilité

J’ai connu une mère qui punissait systématiquement sa fille de 12 ans lorsqu’elle avait une mauvaise note au collège – en lui interdisant de sortir retrouver ses amies.

Sa fille avait grandi dans un contexte douloureux, son père ayant quitté la maison quelques années plus tôt après une tentative de suicide.

A 12 ans, cette adolescente a commencé à s’habiller tout en noir et à se scarifier les bras – et continué à ne pas travailler au collège.

La mère était tellement persuadée de faire le bien de sa fille en ne cédant pas à ce qu’elle appelait ses caprices et en lui répétant sans arrêt : « tu es vraiment nulle, tu n’arriveras jamais à rien, tu me fais honte », qu’elle ne s’émouvait pas plus que ça des blessures que sa fille s’infligeait.

Continuer la lecture

Oser en parler

à propos de l’abus, des abuseurs et des abusés

Quand on parle d’abus, on fait le plus souvent allusion à l’abus sexuel ; dans Le Robert, il est écrit : « Abuser d’une personne, la posséder quand elle n’est pas en situation de refuser ; par euphémisme, la violer ». En fait abuser quelqu’un c’est « le tromper en abusant de sa crédulité ». C’est dans ce sens que nous utiliserons ce mot ici et que nous commencerons par convenir que tous les abus ne sont pas sexuels.

Continuer la lecture

Le mécanisme de l’émotion

Qu’est-ce que l’émotion ?

Le mot émotion vient du latin emovere : mettre en mouvement.

Le Petit Robert nous parle d’un « état de conscience complexe, généralement brusque et momentané, accompagné de troubles physiologiques (pâleur ou rougissement, accélération du pouls, palpitations, sensation de malaise, tremblements, incapacité de bouger ou agitation). »

L’émotion est donc ce qui nous « meut », ce qui (venu de l’intérieur de nous) nous fait bouger et nous déstabilise.

Peut-on contrôler l’émotion ?

Continuer la lecture

N’ayez pas peur !

« Le plus grand ennemi de l’homme, c’est la peur – qui apparaît sous des formes aussi diverses que la honte, la jalousie, la colère, l’insolence, l’arrogance… Quelle est la cause de la peur ? Le manque de confiance en soi. »

Swâmi Prajnânpad

« La peur n’évite pas le danger. »

Proverbe

Dans son livre Ma Plus belle évasion, Michel Vaujour[1] « ennemi public n°1 » à l’époque, multirécidiviste de l’évasion, (notamment de la prison de la Santé à bord d’un hélicoptère piloté par son épouse), partage : « Quand le regard de l’adversaire détermine notre attitude, alors on a perdu. »

Ce qu’il veut dire c’est qu’alors (quand notre attitude est déterminée par le regard de notre adversaire), nous consentons à nous laisser dominer par lui et renonçons à l’action (attaquer pour nous défendre) et devenons donc la victime de la peur qu’il nous inspire et, dans ce cas, nous sommes vraiment mal partis.

Continuer la lecture

Voir les choses telles qu’elles sont : la leçon des feuilles

« La vie est un jeu, un défi, une conquête, simplement parce que les choses n’arrivent qu’une fois. Ce n’est jamais la même eau qui coule sous le pont. Tout ce qui arrive est nouveau, donc précieux, source de lumière. Tout ce qui vient, vient seulement pour vous enrichir, pour vous illuminer, uniquement quand vous êtes prêt à l’accepter. Alors, soyez toujours prêt à être étonné. »

Swâmi Prajnânpad

« Il t’est arrivé de voir une main arrachée, un pied, une tête coupée, gisant séparés du reste du corps ? Voilà ce que se fait à lui-même celui qui n’accepte pas ce qui arrive et qui se sépare du Tout. »

Marc Aurèle

« Ne sentirez-vous donc pas qui vous êtes, pourquoi vous êtes nés, quel est ce spectacle auquel vous avez été admis ? »

Epictète

Le contexte :

L’être humain fonctionne comme une respiration : inspir puis expir. Si nous voulons agir sur le monde et aider les autres, il nous faut alterner entre vivre dans le monde et nous retirer du monde. C’est ainsi que celui qui est dans le rôle de l’aidant, donc en première ligne, devra à un moment se mettre en retrait(e) avant de pouvoir retourner en première ligne.

Puisque dans la dualité il y a l’extérieur et l’intérieur, inséparables, je suis allé prendre soin de mon « intérieur » en allant « faire retraite » pendant une semaine complète dans un lieu de silence et de paix, dans un lieu propice à la méditation, à la réflexion, dans un lieu propice à un abandon vivant.

Continuer la lecture

Le consentement, c’est tout !

« Du latin consentire ; de cum, avec et sentire, sentir, penser. Tomber d’accord sur, accepter, admettre. »

Le Larousse

« Donner est toujours juste, quand il y a quelqu’un pour recevoir. »

Swami Prajnanpad

« Ces amis trop empressés qui vous rendent des services qu’on ne leur a pas demandés – la pire forme d’indiscrétion. On ne devrait pas s’occuper de nous sans notre consentement. »

Emil Cioran

 

JE SUIS UNIQUE

Je suis donc moi-même et pas quelqu’un d’autre

Personne ne m’est identique

ainsi

Continuer la lecture

Ne pas rester à la surface des choses

(Pratique émotionnelle.)

Il y a quelques jours, en ouvrant mon téléphone portable, je suis tombé sur un mail que ma femme venait de m’envoyer. Impulsivement, sans même prendre le temps d’en lire l’objet, je l’ai ouvert. Il contenait une photo à télécharger.

Un clic plus tard, je reconnaissais le hêtre du jardin, splendide avec ses couleurs automnales.

La photo avait été prise de l’intérieur de la maison de telle sorte que le montant de notre porte fenêtre la barrait en son milieu.

Continuer la lecture

Pourquoi un travail thérapeutique ?

De quoi s’agit-il ?

En hommage à Alice Miller

(Si vous envisagez d’entreprendre un travail thérapeutique avec moi, il est important que vous commenciez par comprendre intellectuellement ce dont il s’agit. Pour ce faire, lisez et relisez attentivement ce texte en laissant passer plusieurs jours entre vos lectures afin de ressentir s’il vous parle.)

On commence souvent une démarche thérapeutique en sachant davantage « ce qu’on ne veut plus » que « ce qu’on veut vraiment. »

Beaucoup de personnes souffrent de ne pas être autonomes, c’est-à-dire qu’elles n’osent pas se démarquer de ce que les autres attendent d’elles, ainsi elles oscillent sans arrêt entre négliger leurs propres besoins et se soumettre à ceux des autres, ou imposer leurs points de vue de manière plus ou moins agressive, quitte à culpabiliser après coup d’avoir été désagréables et de se sentir « nulles. »

Etymologiquement, « autonome » vient de « auto » (soi-même) et « nomos » (la loi). Une personne autonome – qui se régit elle-même en utilisant ses propres lois – a des comportements adaptés aux situations relationnelles qu’elle rencontre.

Par contre la personne que l’on pourrait appeler « émotionnellement endommagée », ne peut pas accéder à son autonomie, elle ne peut que se nuire à elle-même et nuire aux autres, parce qu’elle est « en souffrance. »

Pourquoi sommes-nous si confus ?

Continuer la lecture

La vie n’est pas injuste mais elle est cruelle

(à propos de la perte, de la mort et de l’irrémédiable)

« Le jour de l’enterrement de sa mère, C. a été piquée par une abeille. Il y avait beaucoup de monde dans la cour de la maison familiale. J’ai vu C. dans l’infini de ses quatre ans, être d’abord surprise par la douleur de la piqûre puis, juste avant de pleurer, chercher avidement des yeux, parmi tous ceux qui étaient là, celle qui la consolait depuis toujours, et arrêter brutalement cette recherche, ayant soudain tout compris de l’absence et de la mort. Cette scène, qui n’a duré que quelques secondes, est la plus poignante que j’aie jamais vue. Il y a une heure où, pour chacun de nous, la connaissance inconsolable entre dans notre âme et la déchire. C’est dans la lumière de cette heure-là, qu’elle soit déjà venue ou non, que nous devrions tous nous parler, nous aimer et même le plus possible rire ensemble. »

Christian Bobin, « Ressusciter », Éditions Gallimard.

La vie est injuste

  • Comment la nature peut-elle être aussi injuste ? J’avais pourtant mis toutes les chances de mon coté pour avoir un bébé en bonne santé, alors que certaines personnes n’en font même pas la moitié et ont de beaux bébés. Et le mien… Je n’ose même pas dire ce qu’il a. Je ne comprends pas. J’ai fait tout ce que le médecin m’a dit, à la lettre. La vie est trop injuste !
  • Mon fils a eu un terrible accident avec sa moto samedi en fin de matinée… il est mort sur le coup… j’ai beaucoup de mal à écrire ça car je n’arrive pas à y croire. Il venait d’avoir 20 ans. Il était tellement heureux de se payer sa première moto. Quand je pense à toutes les choses qu’il ne connaîtra pas, il laisse un vide terrible… Je me demande pourquoi lui ? Pourquoi nous ? C’était un gentil garçon, discret, respectueux et apprécié de tous. Pourquoi une telle injustice ?
  • Mon père a travaillé dur pendant toute sa vie, et quelques jours avant sa retraite, il nous a dit, à mes frères et moi : « Ah, je vais enfin pouvoir me reposer et passer du temps au jardin ». Mais six mois après, il était mort. C’est vraiment pas juste !

Continuer la lecture