Archives de catégorie : Connaissance de soi

Pourquoi tant de haine de soi ?

« Il y a quelques années, un petit groupe composé d’enseignants bouddhistes et de psychologues américains et européens a invité le dalaï-lama à participer à un dialogue consacré aux émotions et à la santé. Lors de l’une de ces séances, un professeur de vipassana américain lui a demandé de parler de la souffrance causée par la haine de soi. Une pointe de confusion est passée sur le visage du dalaï-lama. « La haine de soi ? Qu’est-ce que c’est ? » a-t-il interrogé. Plus les thérapeutes et les enseignants présents dans la salle essayaient de le lui expliquer, plus sa perplexité semblait s’accentuer. « Cet état mental est-il un trouble nerveux ? » demanda-t-il. Quand ses interlocuteurs lui ont confirmé que la haine de soi, chez leurs élèves et patients, n’était pas une expérience inhabituelle mais plutôt quelque chose de banal, le dalaï-lama n’a pas caché sa stupéfaction. Il ne comprenait pas comment on pouvait avoir cette idée de soi-même alors que « tout le monde, précisa-t-il, a la nature de Bouddha ».

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Voir ou penser ?

Trois exemples

Quand vous pensez, vous êtes partial, influencé par l’ego. Quand vous voyez ce qui est, vous êtes indépendant de votre ego. Voir donne une perception scientifique, c’est-à-dire vraie, des choses et des événements. Quand vous pensez, le passé vous enchaîne au passé, paralyse votre action. C’est là la différence entre penser et voir. Voir libère.

Swami Prajnanpad

Je décide de faire deux œufs durs.

Je prends une casserole, la remplis d’eau et la pose sur la cuisinière. Sur un autre feu se trouve déjà une casserole vapeur contenant des artichauts cuits la veille.

Je règle le feu au maximum et j’attends que l’eau bouille.

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Voir loin

La vision d’ensemble

« Ne pas se précipiter mais d’abord, regarder, et si l’on est devant un mur, le voir. S’il est aussi haut que le ciel, le reconnaître. (…) Cette acceptation n’est pas une résignation, mais une vue. C’est la vue qui guérit, la vision vraie. Pas l’illusion, même si parfois la vérité est que nous n’avons pas de solution. Mais le reconnaître, le formuler, change tout. Comme si savoir que la porte est fermée, et l’accepter, vous la faisait traverser ! (…) La racine de la vue, c’est la contemplation, c’est l’attention. »

Christian Bobin

Tant que nous ne nous interrogeons pas sur le mal et la souffrance, nous demeurons enfermés en nous-mêmes, coupés du monde. Absorbés par nos préoccupations ordinaires, égocentrés, nous préservons notre confort en avançant sans voir. Et c’est précisément ainsi que, sans même y penser, nous devenons prêts à participer à toutes sortes de crimes.

Il est facile de ne pas voir.

Il est confortable de ne pas savoir.

Il est rassurant de rester enfermé en soi-même.

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Pourquoi l’humilité ?

« Seul l’espace d’humilité est conducteur de quelque chose de plus grand. »

Daniel Morin

« Quand tu es confronté à ce qui te dépasse, tu lâches prise, non comme une défaite mais par simple humilité devant la vérité : accepter ta limite, c’est la transcender. »

Christophe Massin

Nous cherchons tous à être forts parce que nous nous disons que si nous ne le sommes pas nous allons sombrer ou nous faire avoir. En vérité, nous sommes contraints par notre peur plutôt que courageusement prêts à affronter ce qui va nous échoir.

Et si nous cherchions plutôt à être vrais avec nous-mêmes plutôt que forts ?

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À ceux qui sont en proie au mal de vivre et au désespoir

(et par-delà à tous les êtres humains qui ne s’aiment pas tels qu’ils sont.)

« La vie ne se contrôle pas ; elle se reçoit.
Elle ne se programme pas ; elle se découvre.
Elle ne se garantit pas ; elle se risque. »

Fabrice Midal

Les conséquences du désespoir sont dévastatrices. Chaque année dans le monde, plus de huit cent mille personnes meurent par suicide – acte délibéré par lequel un être humain met fin à sa propre vie – et dix à vingt fois plus, désespérés, tentent de se donner la mort sans y parvenir.

On estime généralement que ces comportements trouvent leur origine dans ce que l’on nomme le désespoir, lequel peut se manifester sous la forme d’une haine de soi et d’un désir de mourir, souvent nourris par une solitude vécue comme angoissante et/ou par un isolement social accablant.

Une personne qui cherche à se suicider par désespoir est avant tout une personne en mauvais termes avec elle-même et le plus souvent avec les autres (parce qu’elle se sent abandonnée ou trompée par eux).

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Sortir de sa négativité

« On a tous un point sensible, la négativité ; le ressentiment et tout le reste se produisent parce qu’on essaie de dissimuler son côté tendre. »

Pema Chödrön, Entrer en amitié avec soi-même

« Pour changer quelque chose en vous, il faut que vous changiez quelque chose dans votre relation avec l’autre. (…) Je m’ouvre à la négativité de l’autre à mon égard. »

Arnaud Desjardins, La Paix toujours présente

Qu’il se mette à pleuvoir au moment où nous avons décidé de partir pique-niquer, que quelqu’un nous contredise au moment où nous affirmons une opinion, ou que nous ayons cassé un objet auquel nous tenons : autant d’événements insignifiants en apparence, mais révélateurs de notre rapport au réel. Autant de situations banales où notre négativité s’exprime à travers notre refus de nous adapter à ce que la vie nous impose.

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Pourquoi laisser tomber ?

Faut-il avoir raison dans la relation ?

« Plus on devient libre soi-même de ses émotions douloureuses et de ses peurs, plus on est disponible pour accueillir celles des autres et tenter de secourir ceux-ci dans toute la mesure de nos possibilités et la non-mesure de notre amour. »

Arnaud Desjardins

Comprendre la relation c’est comprendre que quand une personne vous dit quelque chose sur vous, elle vous révèle au même instant quelque chose sur elle.

Ainsi quand une personne vous fait des reproches, elle vous fait savoir au même moment qu’elle ne vous accepte pas tel(le) que vous êtes.

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Le piège de l’amour

Pourquoi nous devons remettre en cause ce qu’on nous a fait croire enfant

« Nous ne pouvons pas aimer vraiment s’il nous est interdit de voir notre vérité, la vérité sur nos parents et nos éducateurs, mais aussi sur nous-mêmes. Nous pouvons seulement faire semblant d’aimer. Mais ce comportement hypocrite est le contraire de l’amour. »

Alice Miller

Edgar Morin, philosophe et sociologue français, souligne que l’éducation, telle qu’elle est pratiquée de nos jours à peu près partout, a tendance à servir de moyen de contrôle social, incitant les élèves à accepter les idées et valeurs dominantes sans les questionner. Or, d’après lui, l’éducation devrait avant tout nous enseigner à penser de manière critique, en remettant en question les idées reçues et en développant notre esprit d’analyse.

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Attendre sans impatience

« Que se passe-t-il ? demande Hamm.

Quelque chose suit son cours, répond Clov. »

Samuel Beckett, Fin De partie

« À penser anxieusement au futur, les hommes oublient le présent, de sorte qu’ils finissent par ne vivre ni le présent ni le futur. Ils vivent comme s’ils n’allaient jamais mourir… Et meurent comme s’ils n’avaient jamais vécu. »

Le Dalaï-Lama

Vous connaissez peut-être cette histoire qui illustre que l’attente est une blague parce que demain n’existe pas ?

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Sortir du drame

ou comment entrer en relation vraie avec soi-même et les autres…

« Quand un homme a confiance en lui, il a le sentiment d’être ce qu’il est. « Je n’attends pas de moi davantage que ce que je suis capable de faire. J’ai fait ce que je pouvais. Je suis ce que je suis. Ce que les autres disent ne me touche pas. » Rappelez-vous : ne vous analysez pas en termes de « bien » et de « mal », analysez-vous plutôt en termes de « vérité » et de « réalité ». Ce qui est bien ou mal change en fonction du lieu, du moment, des personnes. Mais ce qui est vrai est stable comme le soleil. »

Swami Prajnanpad, Les Yeux ouverts

« Tout ce que l’on a à faire est de se démasquer, si pénible que cela soit ! »

Chogyam Trungpa, Pratique De la voie tibétaine

Le drame est un genre théâtral dont l’action généralement tendue, est faite de risques et de catastrophes. Dans notre vie quotidienne, le terme « drame » désigne une situation grave et tragique qui peut nuire à nos relations avec nous-même et avec les autres.

Dans la théorie de l’Analyse Transactionnelle on parle de jeux psychologiques destructeurs qui créent nécessairement un malaise entre les personnes. Pour les décrire Stephen B. Karpman a créé ce qu’il a appelé le Triangle Dramatique, à chaque extrémité duquel se trouve un rôle spécifique : Victime, Sauveur ou Persécuteur.

Pour comprendre le fonctionnement de ce triangle et mieux vous connaître à son propos, cliquez sur : Le Jeu de la victime

La spécificité de ces trois rôles est qu’ils sont à la fois en interaction et interchangeables. Ainsi la Victime (qui cherche à se justifier), évoluera avec facilité en Sauveur (j’ai essayé de t’aider), ou en Persécuteur (tu ne m’aides pas), en fonction du comportement de son interlocuteur, lui-même prisonnier de ces mêmes rôles dictés par ses besoins frustrés issus de ses blessures passées.

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Faire de son expérience une beauté

« Chaque expérience, chaque incident, chaque événement est comme il est. Il n’y a rien à quoi l’on puisse le comparer. Mais dire qu’il est comme il est, cela sonne un peu abstrait. Alors dites plutôt « c’est nouveau ». Qu’est-ce que la beauté ? Ce qui est toujours nouveau. Ainsi chaque événement devient une nouveauté. Il n’y a rien d’autre que la nouveauté. Devant vous se déroule un flot continu de nouveauté, une fête de la nouveauté, un festival de la nouveauté… partout et toujours ­ présente. »

Swami Prajnanpad, La Connaissance de soi, p. 83‑84

Celui qui change son regard sur une chose, change nécessairement l’expérience qu’il a de cette chose. Illustration :

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Démarche spirituelle ou développement personnel ?

« Tout apparaît et disparaît. C’est la caractéristique de la Nature : ce n’est qu’une simple manifestation ! Si « quelque chose » semble « se produire », cela ne veut pas dire que cela existe ; rien ne reste sous la même forme sans changer : le monde, c’est simplement le fait de changer, de bouger. Le monde n’arrête pas de bouger, et dans ce monde qui bouge, tout s’écoule, rien ne reste sous la même forme. Par conséquent aucune chose n’est, il n’y a que mouvement sans fin. Ce mouvement se manifeste comme apparition et disparition. »

Swami Prajnanpad

La « persona » (du latin per-sonare : parler à travers) désignait le masque porté par les acteurs de théâtre de l’antiquité. Ce masque avait pour fonction de leur donner l’apparence du personnage qu’ils interprétaient, permettant ainsi aux spectateurs de comprendre et de prédire leur action. La persona est donc un masque, une apparence.

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Revenir à l’intelligence du réel

« Distinguer un fait de son interprétation est le stade le plus élevé de l’intelligence humaine. »

Krishnamurti

La guérison de nos manquements, de nos maladresses et de nos infirmités
relationnelles passe par le développement de notre compassion envers nous-même et autrui.
Pour y parvenir il est crucial de mieux comprendre le fonctionnement de notre esprit et la
signification que revêt le fait d’être un être humain faillible et imparfait.

Cette compassion envers soi-même permet de développer progressivement la
confiance en soi nécessaire pour ne plus être victime de nos processus mentaux de
dévalorisation et d’arrogance. Se rééquilibrer mentalement revient à renouer avec
l’intelligence du réel, c’est-à-dire avec la compréhension de la nature des choses et avec la
signification des faits, afin de s’adapter aux exigences de l’action (ou de l’absence d’action) à
venir.

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