Archives de catégorie : 02 Connaissance de soi

Comment dire au revoir à une personne aujourd’hui décédée ?

Question posée par Lisette.

À l’occasion du départ définitif d’une personne que nous aimons, certains d’entre nous se retrouvent le cœur brisé, désemparés, interdits et ne savent plus que faire.
Quand – sous le coup d’une intense douleur – notre peine s’exprime de manière très violente, nous nous recroquevillons sur nous-mêmes, incapables d’affronter ce que nous vivons donc – le plus souvent – incapables d’avoir le courage de nous adresser à celui qui part.

Comme le pressent votre question, il n’est jamais trop tard pour dire au revoir à une personne décédée puisque « dire au revoir » parle de notre besoin à nous, qu’il est important d’accueillir et de respecter.
Ce besoin parle de la manière dont nous allons nous y prendre avec nous-mêmes pour laisser partir celui qui est parti, plutôt que de le retenir.

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Comment s’apaiser face à une menace potentielle ?

Question posée par Sophie.

Un exemple : « Pourvu que mon mari, avec lequel je suis en instance de divorce, ne cherche pas à me retirer la garde de mes enfants. »

On comprendra que face à une menace potentielle, la peur est légitime. Cela signifie qu’il ne sert à rien de se dire qu’on ne devrait pas avoir peur. Il ne s’agit pas d’un fantasme, on a peur de la menace parce qu’on sait pertinemment qu’elle peut se réaliser, elle nous pend au bout du nez.

Pour tenter de s’apaiser, il n’y a pas d’autre moyen que de regarder en face la réalité (plutôt que de tenter de la fuir en se racontant des histoires auxquelles on ne croira pas soi-même).

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Je passe mon temps à critiquer, à pointer du doigt les défauts des autres. Que faire ?

Question posée par Jeanne.

Si vous passez votre temps à critiquer les autres et à pointer du doigt leurs défauts, n’est-ce pas parce que vous ressentez le besoin d’en découdre avec tout le monde ?

On ne le répétera jamais assez : si vous ressentez le besoin d’agresser c’est parce qu’il y a de l’agressivité à l’intérieur de vous.

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Pédophilie, pédocriminalité et perversion

(Article inspiré par le récit de Vanessa Springora, Le Consentement.)

« À partir du moment où vous entrez en contact avec quelqu’un d’autre, il vous faut chercher le moyen terme entre vos critères et les siens. Ceci pourrait tenir lieu de règle de morale. »

Swami Prajnanpad

La pédophilie est un fantasme

Il n’est pas possible de comprendre la nature de la pédophilie sans se pencher d’abord sur la définition psychanalytique du fantasme : « Il est une construction imaginaire, consciente ou inconsciente, permettant au sujet qui s’y met en scène d’exprimer et de satisfaire un désir plus ou moins refoulé, de surmonter une angoisse.1 »

Le Dr Roland Coutanceau (psychiatre, psychanalyste et psychocriminologue) définit, dans une interview, la pédophilie comme : « Un attrait sexuel au niveau du fantasme pour un corps prépubère d’un garçon ou d’une fille.2 » La pédophilie est donc bien d’abord une construction imaginaire, un fantasme.

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Je suis en colère contre ma psy. C’est quoi la thérapie au final ?

Question posée par Julie :

« Je suis en psychothérapie et un jour lors d’une séance, j’ai voulu parler de l’agression physique ainsi que la séquestration que j’avais subi, dans mon logement par mes propriétaires. Cela a duré 1 heure, et il y a eu de la violence physique et psychologique. Ma plainte n’a jamais abouti.

Je ne me sentais pas capable de raconter, cet événement traumatique et j’ai fait lire à ma psychologue, le courrier que j’avais envoyé à mon avocat, au moment de l’agression qui expliquait de manière assez détaillée, ce que j’avais subi.

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Je souffre de TOC, peur d’être pédophile et incestueux, que faire ?

Question posée par Pierre.

La première chose que vous devez savoir est que la pédophilie est un fantasme (donc que ce n’est pas parce que vous avez peur d’être pédophile que vous l’êtes). D’autant plus que les fantasmes ne sont pas illégaux… contrairement aux passages à l’acte.

Sachez qu’il existe des pédophiles qui sont juste « attirés par les enfants » mais qui ne les ont jamais touchés (donc qui ne sont jamais passés à l’acte), on dit qu’ils sont des pédophiles abstinents.

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Qu’est-ce que la méchanceté gratuite ?

Question posée par Isa.

La « méchanceté gratuite » est une expression que nous entendons souvent et qui désigne un comportement dont nous ne comprenons pas la logique.

Les personnes qui ne comprennent pas les causes d’un comportement ont vite fait de dire que ce comportement est « gratuit » donc qu’il s’exprime « pour rien ».

Il y a là une profonde illusion car il n’existe pas d’effet sans cause. La gratuité ne peut donc pas exister, tout juste pouvons-nous dire que nous ignorons les causes d’un comportement.

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Egocentrisme et vulnérabilité

Comprendre son propre fonctionnement pour devenir capable d’en sortir

« On ne réfléchira jamais trop à la nécessité de se libérer vraiment de l’autre, mais aussi de lui laisser sa liberté en évitant de se former de lui une représentation déterminée. »

Etty Hillesum1 

Si l’égocentrisme est la tendance à être centré sur soi-même, on peut définir la subjectivité comme le caractère de ce qui appartient au sujet. L’égocentrisme est donc une manière de considérer le non-moi (le monde extérieur) exclusivement à travers le sujet, donc soi-même, et – plus précisément – à travers l’intérêt que l’on se porte à soi-même.

Une personne égocentrique est « imbue d’elle-même », imbu vient du verbe ancien « imboire », que l’on ne peut pas boire… donc impropre à la consommation.

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L’attention au monde

à propos des bouleversements du monde et de l’interdépendance

« Il existe un autre univers que celui que nous voyons et rencontrons, c’est celui que nous voyons en réalité mais que nous sommes détournés sans cesse de regarder et qui est caché par l’autre. »

Marcel Proust

Comment ouvrir davantage son être à une approche vivante du monde et des choses ? Comment sortir des habitudes ancrées dans notre relation aux autres ? Comment sortir de ce que notre rationalité moderne nous présente comme étant « la seule réalité » ? 

Peut-être qu’en nous ouvrant un tant soit peu à d’autres cultures, nous découvririons d’autres manières de faire, de voir, d’aborder et d’être au monde, à l’autre et à la relation. En tentant d’autres possibles, d’autres manières d’être en relation avec les principes qui fondent l’existence de tous les hommes…

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Ne pas se remettre en cause

…puisque c’est toujours de la faute des autres !

– Réflexion sur notre prétention –

Le paquet de biscuits

Peut-être connaissez-vous l’histoire de cette femme qui, devant attendre un long moment l’heure de son vol dans un aéroport, décide de s’acheter un roman ainsi qu’un paquet de biscuits.

Elle s’assoit dans la salle d’attente pour lire son livre.

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Esquiver ou digérer

Le chemin pour s’en sortir [1]

Il n’est pas possible de bien jouer avec des cartes truquées. Ainsi les comportements que les autres ont eu à notre égard, ceux que nous avons eus à leur égard, les mots qu’ils ont prononcés à nos oreilles, et ceux que nous avons prononcés à leur oreilles resteront inscrits en nous pour toujours.

Nous ne pourrons jamais revenir en arrière. La machine à remonter le temps qui nous permettrait de pouvoir délibérément changer l’orientation de nos destins n’existe pas.

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Transfert et contre-transfert

Peuvent-ils être des obstacles à la relation thérapeutique ?

Question de Jacinthe :

Tout d’abord je souhaite vous remercier de votre écoute.

J’ai découvert par hasard votre site et c’est un immense plaisir et apaisement de vous lire et apprendre à travers vos écrits.

Je viens à nouveau vers vous pour vous demander quelques éclaircissements par rapport à mon travail personnel.

Je vous ai déjà fait part que je suis en train de suivre un travail avec une psychologue mais j’ai arrêté car il y a eu transfert.

En effet j’avais écrit une lettre d’amour avec mes sentiments pour elle à cette psychologue et elle a demandé l’arrêt des soins. Par la suite elle m’a dit que le travail n’était pas fini mais que je ne pourrai pas le continuer avec elle car j’ai des sentiments pour elle.

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Le pervers narcissique

La violence psychologique, c’est de la violence tout court

« Le bourreau ou « pervers narcissique » peut être un homme ou une femme. La violence morale n’est pas l’apanage des seuls hommes, bon nombre de femmes sont des tyrans domestiques. Les médias donnent trop souvent l’impression que les harceleurs sont tous des hommes et nous devons bannir ce jugement erroné en nous souvenant que les hommes victimes ont tout simplement plus de mal à parler de leurs souffrances.

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