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Doit-on tout accepter de ses enfants ?

Question de @nan :

Bonjour, doit-on tout accepter de ses enfants ? Mon enfant qui est en couple avec 2 enfants vient de temps en temps le soir pour dire bonjour et manger à la maison. Il vient vers 20h et repart parfois vers minuit, 1h du matin. Je l’aime beaucoup mais je suis fatiguée, j’ai plus de 70 ans et j’ai bien envie de lui dire de ne plus venir le soir car je n’en peux plus. Mon mari lui ça ne le dérange pas. D’autant plus qu’ils discutent ensemble. Et moi je suis là à les écouter.
Qu’en pensez vous ?
Merci.
Cordialement.

Mes pistes de réponse :

Vous aimez votre enfant, et cela ne fait aucun doute. Mais aimer ne signifie pas tout tolérer, ni surtout s’oublier soi-même.

Quand on donne au-delà de ce que l’on peut vraiment offrir, par devoir plus que par élan, on finit souvent par s’épuiser et on risque alors l’hypocrisie et le ressentiment. C’est ainsi que l’épuisement peut, avec le temps, fragiliser la relation au lieu de la nourrir. Vous avez le droit de respecter votre fatigue, votre âge, votre besoin de calme.

Respecter votre enfant ne veut pas dire vous manquer de respect. Vous n’êtes pas obligée de rester éveillée ni d’écouter les conversations si votre corps vous dit qu’il est temps de se reposer. Votre mari peut continuer à profiter de la présence de votre fils, même si vous choisissez d’aller vous coucher.

Vous pouvez simplement exprimer, sans reproche et sans justification excessive, que vous êtes fatiguée et que vous allez dormir, tout en lui souhaitant de passer encore un bon moment avec son père. C’est une parole vraie, posée, et profondément respectueuse – pour vous comme pour lui.

Il peut être utile de méditer cette parole de Pascal : « Qui veut faire l’ange fait la bête. »

Autrement dit, à force de vouloir être toujours généreuse, toujours disponible, toujours compréhensive – parfois au détriment de vous-même – vous risquez un jour de réagir avec dureté ou rejet, simplement parce que vous serez allée trop loin.

Pour ne pas en arriver là, il est important de vous méfier de ce besoin de « faire l’ange » en vous oubliant. Vous avez le droit d’avoir des limites et de les respecter. Être humaine, ce n’est ni être égoïste ni manquer d’amour : c’est reconnaître ce que vous pouvez donner… comme ce que vous ne pouvez pas donner.

En vous respectant, vous protégez aussi la relation. Et c’est ainsi que vous éviterez, plus tard, de courir le risque de dire ou de faire des choses que vous regretteriez.

Pour aller plus loin, je vous invite à lire :

Colère et refoulement dans l’éducation

« L’amour et la cruauté s’excluent mutuellement. On ne gifle pas par amour, on gifle parce que dans une situation similaire, alors qu’on était sans défense, on a soi-même été giflé et contraint à considérer cela comme un témoignage d’amour. »

Alice Miller

L’autre jour, une lectrice m’a écrit que sa fille de 11 ans l’avait frappée et qu’en réaction elle s’était mise violemment en colère. Après coup elle a eu peur d’avoir traumatisé son enfant. Elle en a conclu que l’expression de sa colère n’était certainement pas une bonne chose, en même temps qu’elle s’interrogeait sur sa capacité à être capable de faire autrement.

On définit habituellement la colère comme un violent mécontentement accompagné d’agressivité à la fois physique et psychique. On parle aussi volontiers de colère aveugle, blanche, noire ou bleue mais aussi de colère rentrée, contenue, froide ou même folle et furieuse. C’est dire à quel point on utilise un seul et même mot pour désigner un comportement émotionnel dont l’expression peut considérablement varier quant à son intensité.

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Je veux rester zen avec mes enfants !

Question de @nanou :

Maman de 3 garçons, 12, 8 ans et 18 mois. Le 1er est en pleine crise d’ado le 2ème à des soucis émotionnels et de compréhension. Ils me font vivre un peu la misère depuis un moment et du coup je me rends compte maintenant que je suis agressive et vulgaire avec eux. Dès qu’ils répondent et qu’ils n’écoutent pas je sors de mes gonds…

Je cherche une solution pour rester ZEN malgré tout…

Merci !

Mes pistes de réponse :

Il vous faut garder en mémoire qu’en voulant faire le bien, on peut faire son mal : vouloir rester zen « malgré tout » est une voie de maltraitance de vous-même puisqu’elle est une contrainte à devoir réussir en forçant les choses.

Une femme qui s’en veut elle-même ne peut pas réussir à être à la hauteur des besoins de sa famille et de ses propres enfants.

Votre travail est donc de commencer par vous réconcilier avec vous-même plutôt que de vous en vouloir en vous jugeant.

Commencer par convenir que si vous devenez agressive, vulgaire et que vous sortez de vos gonds, c’est que vous êtes dans une fatigue extrême.

La solution que vous cherchez passe donc par accueillir la femme que vous êtes avec douceur et bienveillance, pour lui permettre de s’apaiser. Ce n’est qu’après ce préalable que vous deviendrez capable de trouver un juste équilibre entre votre idéal de mère et la femme que vous êtes.

C’est ainsi que vous parviendrez à découvrir que ce sont, non pas vos enfants, mais vos propres exigences, qui vous poussent à croire que vos enfants cherchent à vous faire vivre la misère.

Pour aller plus loin, vous pouvez lire :

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