Comment parvenir à guérir de son enfance ?

« Si vous n’avez pas confiance en vous, si vous ne vous aimez pas, alors ne pensez pas aux aspects douloureux de vos vies. Songez plutôt à ce fantastique potentiel d’être humain que vous détenez. Il ne demande qu’à croître. »

Dalaï-Lama.

« C’est nous qui acceptons d’être blessés. »

G.I. Gurdjieff.

Question de Marius :

A 5 mois de la retraite à Toulouse.

Bientôt 60 ans (malade), je n’ai toujours pas réussi à accepter mon enfance (blessures psychologiques), manque évident de confiance en moi… aucune envie… dépressif depuis mon enfance (avec des hauts et des bas).

Quels conseils pourriez vous me donner ?

Merci pour votre réponse.

Ma réponse :

Sans doute connaissez-vous la chanson de Jean Ferrat :

« Chacun de nous a son histoire

Et dans notre cœur à l’affût

Le va-et-vient de la mémoire

Ouvre et déchire ce qu’il fut

Nul ne guérit de son enfance. »

Nos cœurs sont-ils condamnés pour toujours à être meurtris par le passé ou est-il possible de définitivement guérir de ses blessures d’enfance ?

Pour y voir un peu plus clair, tentons de comprendre comment nous sommes devenus ce que nous sommes.

Au tout début, il y a notre innocence première : personne ne choisit délibérément les personnes qui l’accueillent sur la planète au moment de sa naissance. De même qu’une fondamentale inégalité physique nous caractérise (certains naissent même handicapés, d’autres pas) nous avons – les uns et les autres – été très diversement accueillis par ceux qui nous ont fait naître. Certains ont été aimés et se sont sentis aimés, d’autres (sans doute la majorité) ont des géniteurs qui prétendent les avoir aimés mais ils ne se sont jamais sentis réellement aimés, d’autres encore savent qu’ils n’ont jamais été aimés.

Tous méritent de vivre, tous ont – à égalité – le droit de vivre et d’être heureux, ceux qui ont été aimés au même titre que ceux qui ne l’ont pas été, mais tous ne parviendront pas à l’être car les conditions de leur venue sur terre vont peser très fort sur leur devenir.

Le début de la vie (naissance et premières années) se confond avec une extrême vulnérabilité. Nous n’avons aucune idée préconçue sur nous-mêmes, (nous ne savons pas qui nous sommes), mais juste des besoins et des désirs, les uns demandant à être respectés, les autres à pouvoir se projeter dans l’avenir. Nous sentons tous notre incomplétude et nous la crions (littéralement) corps et âme, en tentant d’y survivre.

Dans cette extrême dépendance, il nous est bien sûr impossible de « faire les difficiles » : obligés par la nécessité, coûte que coûte, nous sommes prêts à conclure n’importe quel pacte avec ceux qui nous accueillent, pourvu qu’ils nous permettent de survivre.

Pire, n’ayant aucune idée préconçue sur nous-mêmes, nous sommes prêts à croire tout ce que nous disent ceux qui nous accueillent dès que nous comprenons ce qu’ils expriment.

Pour le meilleur comme pour le pire, dès le premier jour de notre naissance, nous sommes tous constamment bombardés par des suggestions qui nous limitent : « tu vas tomber » (lorsque nous courons un peu vite), « tu vas salir » (quand nous jouons avec l’eau) « tu vas te faire mal » (quand nous jouons avec des ciseaux) etc. Nous sommes aussi  souvent la proie d’injonctions qui nous déterminent : « méfie-toi des hommes ma fille » ; « un garçon ne pleure pas » ; « dans la vie si tu ne fais pas partie des gagnants, tu seras un perdant » ; « tu dois être parfait » etc.

L’éducation, c’est la découverte progressive de ce que l’on va connaître, mais c’est aussi la fermeture à tout ce que l’on n’a pas pu apprendre.

Quand ceux qui détiennent notre survie nous expliquent, par exemple, que nous ne sommes pas assez gentils, nous n’avons pas d’autres choix que celui d’en convenir, avec l’espoir inconscient de nous sentir (en échange) aimés par eux.

Quand notre mère, en proie à une souffrance insupportable pour elle (cela arrive  sans que nous y soyons pour quoi que ce soit !) nous dit que nous sommes le drame de son existence, nous donnons notre accord pour « être » le drame de notre mère, donc pour nous renier nous-mêmes. Quand elle nous dit que nous sommes celui qui va pouvoir racheter la médiocrité de sa propre vie, nous la croyons et nous nous conformons, le plus souvent, à ce qu’elle veut que nous fassions de notre vie.

Mais quand elle nous fait sentir à travers la manière dont elle nous berce, dont elle nous parle et dont elle pose son regard sur nous, que nous sommes des êtres humains différents et respectables, là aussi, nous croyons que nous sommes des êtres humains différents et respectables parce que nous nous sentons aimés.

C’est ainsi que – peu à peu – et sur la base de ce que les autres ont dit de nous, s’est développée la première idée que nous nous sommes faits de nous-mêmes.

En fait, le sentiment premier que chacun a de lui-même, (tel qu’il est décrit par la psychologie moderne), provient du premier stade de son développement : l’idée que nous nous faisons de nous-mêmes et des autres est liée aux personnes avec qui nous sommes entrées en contact lors des premières années de notre vie. Tout au long de notre enfance, nous remodèlerons l’idée que nous nous faisons de nous-mêmes, à travers les réactions de notre entourage et par ce que nous renvoie notre environnement.

Parce que notre mère nous trouve mignon, nous allons penser que nous sommes mignons, donc faire le beau devant les adultes qui nous trouveront mignons. Parce que nous avons eu peur de lui, nous allons (par exemple) mentir à notre père qui, quand il s’en apercevra, nous traitera de menteur et de peureux, créant ainsi l’idée que nous nous faisons de nous-mêmes : une personne menteuse et peureuse (c’est-à-dire qui se conforme à ce que son père a dit d’elle).

Quand un être organise sa vie en fonction de quelques croyances négatives et fausses sur lui-même (ses « schémas »), il y a de fortes chances que le cours de son existence les confirme : parce qu’elle s’est sentie trahie par son père qui a quitté sa mère quand elle n’avait que dix ans, cette jeune femme se méfiera des hommes qu’elle rencontrera, induisant ainsi une réserve de leur part. Une autre, plus paranoïaque, ne pourra faire autrement que de s’imaginer que les hommes qui la complimentent se moquent d’elle, induisant ainsi une rupture que pourtant, à un niveau plus profond, elle redoute.

Par la suite, cette première image de soi-même (le plus souvent négative) est renforcée par les maîtres d’école, les professeurs, l’autorité et les gens que nous rencontrons. Le médecin, pédiatre et écrivain Janusz Korczak, qui s’est laissé déporter au camp d’extermination de Treblinka avec les enfants du ghetto de Varsovie pour ne pas les abandonner, faisait remarquer : « Plus le niveau spirituel de l’éducateur est pauvre, plus sa morale est incolore, plus grand sera le nombre des injonctions et interdictions qu’il imposera aux enfants, non pas par souci de leur bien, mais pour sa propre tranquillité et son propre confort. »

A l’inverse, si des liens affectifs solides se créent avec nos parents et nos éducateurs et que ceux-ci nous respectent, une saine estime de nous-mêmes s’élabore. Un enfant respecté est un enfant qui assumera ses actes et sera prêt à reconnaître et accepter ses contradictions parce qu’il aura confiance en lui-même.

C’est donc à partir de ce conditionnement permanent que se développe un sentiment habituel de soi basé sur les schémas de notre petite enfance et recréé à travers nos rencontres et nos comportements à mesure que nous nous développons dans l’équilibre ou la névrose.

Le philosophe et stoïcien latin Sénèque disait que « ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous n’osons pas, mais parce que nous n’osons pas qu’elles sont difficiles. » Ce qui signifie que le regard que nous posons sur nous-mêmes détermine nos comportements et que la plupart d’entres nous avons substitué en nous un état de méfiance à un état de confiance.

Il est donc crucial que nous nous intéressions de beaucoup plus près à la manière dont nous sommes devenus méfiants vis-à-vis de nous-mêmes, donc au regard (issu de notre apprentissage) que nous posons sur nous-mêmes, c’est à ce prix que nous parviendrons peu à peu à « liquider » nos blessures d’enfance.

Prenons l’exemple d’une personne à la personnalité dépressive :

Par définition, elle subit un certain nombre de croyances : elle se considère généralement (parce qu’elle l’a appris) la victime de son « caractère », soi-disant établi une fois pour toutes, elle se répète ainsi pendant des années qu’elle ne peut pas changer, créant en elle-même la certitude de son incurabilité. Parce que son entourage (bien souvent maladroit, mais les personnalités dépressives ne sont-elles pas extrêmement lourdes à gérer ?) la persuade que « quand on veut, on peut », elle pense aussi (à tort) qu’il suffit de « se secouer » pour aller mieux, elle s’en veut considérablement, renforçant ainsi son mal-être et sa culpabilité, quand elle essaye de se secouer et n’y parvient pas. Bon an mal an, elle tente de se revaloriser avec une image d’elle-même « dure au mal » qui l’empêche de demander de l’aide à un thérapeute.

Elle devient ainsi incapable de se poser les questions lucides concernant l’origine de sa manière de se représenter et de vivre l’existence, et donc de réaliser que son mal-être est réel et qu’elle a besoin d’aide :

  • Qui m’a appris que nous devons nous sentir condamnés à devoir toujours répéter les mêmes comportements ? Est-ce vrai ? (Je subis une influence.)
  • Quelle démonstration véridique ai-je de la formule « quand on veut, on peut » ? L’être humain est-il une pure volonté ? (C’est toujours mon impuissance actuelle qui est réelle.)
  • Est-ce vraiment égoïste de se prendre en compte ? Est-ce égoïste de considérer que prendre soin de l’autre ce n’est pas le prendre en charge ? (Je pense que je n’ai pas le droit de vivre.)

Récemment, un jeune homme avec qui je travaille et qui vit actuellement un épisode dépressif dans son existence, m’écrit, après une séance d’expression émotionnelle dans laquelle il avait beaucoup sangloté : « Je ne me rendais pas compte à quel point j’ai besoin d’amour et de marque d’affection (mais est-ce que j’en ai manqué ? je ne crois pas ?). Franchement je ne suis pas à plaindre. »

Remarquez que ce jeune homme – dans la même phrase – partage qu’il se rend compte de son besoin d’amour et d’affection (donc qu’il en manque) et s’empresse – manifestement inconsciemment – de préciser qu’il n’en a jamais manqué donc qu’il n’est pas à plaindre. Il obéit ainsi à l’injonction « tu n’as pas le droit de te plaindre », se mettant ainsi une pression terrible sur lui-même, qui est en partie à l’origine de son incapacité grandissante à agir.

Il va s’agir pour lui de comprendre de l’intérieur ce qui le pousse ainsi à ne pas oser s’ouvrir à ses propres besoins, à ses propres désirs. Le travail entrepris depuis quelques mois avec moi, lui a permis de découvrir que sa mère est une personne castratrice et autoritaire qui ne lui avait, par exemple, jamais permis d’avoir une liaison avec une femme, et qui avait exercé une pression considérable sur lui en lui tenant des propos du type « J’espère que tu ne me feras jamais la même chose que ce que m’a fait ton frère » (qui lui s’était permis d’avoir une petite amie). Il découvre donc qu’il avait préféré renoncer à toute relation sentimentale plutôt que de décevoir sa mère, quitte à déclencher des crises d’asthme… et que, aujourd’hui encore (alors même qu’il est marié et vient d’être père), il lui est impossible de renoncer à satisfaire les besoins de sa mère parce que cela serait « égoïste »…

La simple pensée d’obéir à ses propres besoins, en se donnant le droit de les avoir, comme de ressentir ses désirs – qui lui permettrait de se projeter dans l’avenir – lui paraît (pour le moment) plus handicapante que les crises d’asthme et d’angoisses, conséquences de son inhibition.

Pour sortir un jour de ses crises d’angoisses, il lui faudra oser remettre en cause son allégeance à sa mère, oser lui être infidèle, oser renoncer au pacte malsain qu’elle l’a obligé à faire, lui qui s’était juré de lui rester éternellement fidèle… dans une famille dans laquelle le père avait toujours brillé par son absence ou sa soumission.

Rompre la promesse mortifère faite à la mère tentaculaire et incestueuse… pour pouvoir vivre enfin !

Plus généralement, que pouvons-nous faire pour accepter notre enfance (telle qu’elle a été), pour que les blessures ou traumatismes anciens subis ne soient plus un handicap à notre épanouissement actuel ?

Voici 7 points qui me paraissent essentiels pour sortir de l’emprise de son enfance :

  1. L’enjeu n’est pas dans le passé mais ici et maintenant. Ce n’est pas « notre enfance » en elle-même qui est la cause de notre perturbation émotionnelle actuelle, car les perturbations émotionnelles que nous pouvons ressentir aujourd’hui à propos de notre enfance sont causées par ce que nous nous racontons à nous-mêmes en ce moment.
  2. Se confronter à ce que dit « la réalité ». Il est possible et souhaitable de confronter les idées qui nous troublent aujourd’hui en les comparant à la réalité de ce que nous vivons afin de découvrir si elles sont vraies ou fausses. Par exemple identifier une émotion que nous avons ressentie dans notre enfance et que nous ressentons encore aujourd’hui, voir si elle est adaptée ou non à la situation présente, puis identifier les idées (ce que nous nous disons à nous-mêmes) qui donnent naissance à cette émotion.
  3. Les choses sont toujours telles qu’elles sont. Ceux qui nous ont porté préjudice pendant notre enfance l’ont toujours fait en fonction des émotions qu’ils vivaient à cette époque, (dans un tel contexte) ils ne pouvaient pas s’empêcher de le faire. Chacun agit ici et maintenant selon sa nécessité émotionnelle, qu’elle soit avantageuse ou maltraitante pour l’autre n’y change rien.
  4. Rester fidèle à soi-même et à ce que l’on est. Nous avons parfaitement le droit de n’avoir aucune affection et même de détester ceux qui nous ont maltraité, quand nous pensons qu’ils sont à l’origine de notre souffrance. Nous ne leur devons rien, il ne s’agit donc pas de leur pardonner, mais de convenir posément qu’étant donné qui ils étaient, ils ne pouvaient pas agir autrement. (Personne ne choisit ses géniteurs ni ses éducateurs.)
  5. Oser prendre l’initiative de l’action. Nous pouvons « vaincre la malédiction » qui nous oblige à obéir à nos schémas répétitifs. (C’est, par exemple, parce que nous nous sommes habitués depuis l’enfance à considérer certains autres comme des dangers que nous les ressentons aujourd’hui comme tels et que nous adoptons à leur égard des comportements inappropriés de fuite ou de prudence exagérée.)
  6. S’assumer en tant qu’être humain. Ce qui est dramatique ce n’est pas de s’évaluer soi-même négativement mais de s’évaluer tout court. Personne ne vaut rien « en lui-même », chacun est « ce qu’il est », il est donc absurde et malsain de se comparer aux autres. La valeur d’une personne ou d’une chose n’exprime que le rapport qui s’établit entre les caractéristiques objectives de cette personne ou de cette chose et les désirs de celui qui peut voir en cette personne ou cette chose quelque chose d’utile et précieux ou d’inutile et nuisible. En réalité nous sommes tous incomparables et nous avons le droit de vivre ; si nous en restons là dans nos pensées, nous ne déprimerons jamais.
  7. Cesser de se lamenter. Il est possible de s’exercer à ne plus se plaindre de son enfance (la plainte est la démarche de celui qui n’a pas encore fait son deuil de ce dont il se plaint), donc travailler patiemment à changer les effets des influences négatives subies dans le passé, que nous continuons de subir tant que nous ne les confrontons pas à la réalité. Si aller mieux est un choix qui ne dépend que de nous, nous sommes les seuls responsables de notre vie.

Pour résumer, l’éducation parfaite n’existe pas, tout parent est un apprenti, c’est normal car il n’y a pas un seul domaine de l’existence dans lequel l’apprentissage ne passe pas par l’erreur.

En conséquence, chacun de nous a été plus ou moins malmené dans l’enfance, certains ont été carrément maltraités. C’est ainsi, il n’est pas possible de rembobiner le film pour le jouer différemment, notre seule chance de nous en sortir est de l’assumer en le traversant.

Les souvenirs de notre enfance seront toujours « ce qu’ils ont été », si nous focalisons notre vie sur eux, ils nous détruiront. Il n’est pas possible de tricher avec eux, mais il est possible d’être habile avec eux, d’être plus fins qu’eux.

Etre habile, c’est s’ouvrir à ces souvenirs douloureux de telle manière que nous pourrons les digérer au lieu de chercher à les oublier – ce qui leur donne de la force. C’est le seul moyen qui s’offre à nous pour transformer les blessures actuelles (qui purulent) en cicatrices propres.

Des habitudes contractées pendant nos années d’enfance et d’adolescence se sont forgées en nous, nous obligeant à obéir à des (fausses) lois (par exemple : « Je dois être parfait » ; « Je suis un homme donc je ne dois pas montrer mes émotions » etc.).Et comme la force d’inertie des habitudes est immense, il se peut que nous ayons besoin d’être aidés par un thérapeute pour prendre conscience que ces lois sont fausses, donc nous en libérer. Mais de même que – dit-on – celui qui se rend chez le médecin est déjà à moitié guéri, savoir qu’il est possible de guérir de ses blessures d’enfance c’est faire un immense pas vers la guérison.

Pour aller plus loin, cliquez sur Connaissance de soi, vous y trouverez aussi des articles sur la relation thérapeutique.

Et plus particulièrement : Pourquoi un travail thérapeutique ?

15/12/12

Quelques années après avoir écrit cet article je découvre ce texte d’Alice Miller (écrit le 01/06/05), qui résume à merveille ce que nous pouvons attendre d’un travail thérapeutique, (les passages sont mis en gras par moi-même) :

« Le chemin le plus long – ou que faut-il attendre d’une psychothérapie ?

Au cours de mon existence, aucun chemin n’a été aussi long à suivre que celui qui m’a menée à moi-même. Je ne sais pas si je suis une exception, ou si d’autres sont aussi passés par là. Certainement, certains y échappent, car il y a heureusement des personnes qui ont eu la chance d’être pleinement acceptées par leurs parents depuis leur naissance pour ce qu’elles étaient, avec leurs sentiments et leurs besoins. Elles y ont eu accès dès le départ, il ne leur a pas fallu les refouler, et elles n’ont pas été obligées d’emprunter des chemins très longs pour trouver ce qu’elles n’ont pas reçu au bon moment. Ce que j’ai vécu moi, c’est que toute une vie m’a été nécessaire pour que je m’autorise enfin à être comme je suis et à entendre ce que ma vérité intérieure me dit de façon de moins en moins cryptée, sans attendre une autorisation de l’extérieur, de la part de personnes qui symbolisent mes parents.

On me demande régulièrement ce qu’est pour moi une thérapie réussie, bien qu’indirectement j’en aie décrit les éléments dans différents livres. Mais après cette courte introduction, je suis peut-être en mesure de le formuler plus simplement : une thérapie est réussie dans la mesure où elle contribue à raccourcir le long chemin qui mène à se libérer des anciennes stratégies d’adaptation et à apprendre à faire confiance à son propre ressenti, ce que nos parents ont rendu difficile et quelquefois impossible. Nombreux sont ceux et celles pour qui ce chemin reste barré, parce que l’accès en a été interdit dès le début et que de ce fait on est rempli de crainte à l’idée de l’emprunter. Plus tard, le rôle que tenaient les parents est repris par les enseignants, les prêtres, la société, la morale, tant et si bien que la crainte devient dure comme du ciment, et chacun sait qu’il est fort difficile de ramener du ciment à l’état liquide.

Les nombreuses méthodes d’auto-apprentissage de la communication sans violence, ainsi que les conseils précieux et avisés de Thomas Gordon et Marshall Rosenberg, sont très certainement efficaces quand les personnes qui en font usage ont eu dans leur enfance la possibilité de manifester leurs sentiments sans se mettre en danger, entourées d’adultes dont la capacité à vivre au plus près d’eux-mêmes a pu leur servir de modèle. Mais les enfants gravement blessés dans leur identité ne sauront pas plus tard identifier ce qu’ils ressentent et ce dont ils ont véritablement besoin. Il leur faut d’abord en faire l’apprentissage au cours d’une thérapie, le vivre et ensuite le vérifier par de nouvelles expériences aussi souvent que nécessaire, jusqu’à acquérir la certitude qu’ils ne se trompent pas. Car ces enfants d’adultes émotionnellement immatures, ou même perturbés, ont dû tout le temps croire que leurs sentiments et leurs besoins étaient faux. Ils se disent que si ils avaient été vrais, leurs parents n’auraient quand même pas refusé d’établir la communication avec eux.

Je pense qu’aucune thérapie n’est capable de satisfaire le désir que ressentent sans doute bien des personnes, que soient enfin réglés tous les problèmes auxquels elles se sont heurtées douloureusement jusqu’alors. Ce n’est pas possible, parce que la vie nous confronte et nous confrontera toujours à des problèmes nouveaux, susceptibles de réactiver les vieux souvenirs dont le corps a gardé l’empreinte. Mais une thérapie devrait ouvrir la voie qui mène à ses propres sentiments, l’ancien enfant blessé devrait être autorisé à parler, et l’adulte devrait apprendre à comprendre son langage et à en tenir compte. Si le thérapeute a été un véritable témoin lucide et non un éducateur, son patient aura appris à laisser percer ses émotions, à comprendre leur intensité et à en faire des sentiments conscients, qui à leur tour laissent dans la mémoire des empreintes nouvelles. Naturellement, l’ex-patient, comme n’importe quelle autre personne, aura besoin d’amis avec lesquels il pourra partager ses soucis, ses problèmes et ses questionnements, dans une forme de communication plus mature, dans laquelle les rapports d’exploitation ne joueront aucun rôle parce que les deux parties ont déjà pris la mesure de l’exploitation subie dans l’enfance.

La compréhension émotionnelle de l’enfant que j’étais, et par là même aussi de son histoire, modifie ma façon d’accéder à moi-même, et me donne de plus en plus de force pour traiter autrement, plus rationnellement et efficacement, les problèmes qui apparaissent aujourd’hui. Ne plus jamais connaître de souffrances ni faire d’expériences douloureuses, ce serait quasiment impossible, cela n’existe que dans les contes. Cependant, si je ne suis plus une énigme pour moi-même, je peux avoir une réflexion et une action conscientes, je peux laisser de l’espace à mes sentiments, parce que je les comprends et qu’ils ne me font donc plus autant peur. C’est comme ça que les choses peuvent bouger, et l’on a aussi une sorte d’outil entre les mains qui peut être utile si une dépression ou des symptômes corporels viennent à réapparaître. On sait alors qu’ils annoncent quelque chose, qu’ils veulent peut-être faire remonter à la surface un sentiment réprimé, et on essaie de le laisser s’exprimer.

Comme le chemin qui mène à soi-même se prolonge sur toute la vie, il ne s’arrête pas avec la fin d’une thérapie. Mais on peut attendre d’une thérapie réussie qu’elle aide à découvrir ses propres besoins véritables, à les prendre en compte et à apprendre à les satisfaire. C’est précisément ce que les enfants blessés très tôt dans leurs vies n’ont jamais pu apprendre. Après une thérapie menée par un thérapeute, on devrait donc aussi être capable de satisfaire ses propres besoins, qui apparaîtront désormais beaucoup plus nettement et avec plus de force, d’une manière qui corresponde à l’individu concerné, et sans nuire à personne. Les restes d’une éducation reçue très tôt ne se laissent pas toujours éliminer complètement, mais on peut les mettre en œuvre de façon constructive, active et créative si on les prend en compte en toute conscience, au lieu de les subir de façon passive et autodestructrice comme avant. C’est ainsi qu’une fois devenu un adulte conscient, un individu dont la survie avait dépendu de ce qu’il avait réalisé pour complaire à ses parents devient capable de cesser de faire le sacrifice de ses besoins en servant les autres en priorité, comme il lui fallait le faire lorsqu’il était enfant. Il peut rechercher des chemins sur lesquels il déploiera ses capacités précocement acquises à comprendre les autres et les aider, sans négliger pour autant ses propres besoins. Il est possible qu’il devienne thérapeute par exemple, et qu’il satisfasse ainsi son envie de connaître, mais il ne fera pas ce métier pour se prouver sa puissance, car il n’a plus besoin de cette preuve, maintenant qu’il a revécu son impuissance d’enfant.

Il peut devenir un témoin lucide qui propose à son patient un accompagnement engagé. Il faudrait que cela se fasse dans un espace où n’existe aucune pression morale, dans lequel le patient fait l’expérience (souvent pour la première fois de sa vie), de ce que c’est que de sentir son vrai Soi. Et le thérapeute est en état de mettre d’emblée cet espace à disposition si lui-même a déjà fait cette expérience. Alors il est prêt à laisser tomber les vieilles béquilles, celles de la morale comme celles de sa formation (le pardon, les  » pensées positives « , etc…). Il n’en a plus l’utilité, parce qu’il voit qu’il a des jambes en bon état, et son patient également. Ni l’un ni l’autre n’ont plus besoin de ces béquilles dès qu’ils font tomber les voiles qui dissimulent ce que furent leurs enfances. »

© 2010 Renaud PERRONNET Tous droits réservés.

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CC BY-NC-SA 4.0 Comment parvenir à guérir de son enfance ? par Renaud Perronnet est sous Licence Creative Commons Internationale Attribution-Pas d'utilisation Commerciale-Partage à l'identique 4.0 .

110 réflexions au sujet de « Comment parvenir à guérir de son enfance ? »

  1. sonna

    Merci infinement pour tout ce que vous faite pour l’humanité
    votre emission est tellement importante j’y trouve beaucoup de résolutions à mes problèmes
    mais si vous me permettez
    questions :
    l’enfance est’elle toujours négative?
    L’Histoire à t’elle une place dans le monde d’aujourd’hui? je veux parler du rithme de vie et la façon dont se passe les choses il y a des moment ou j’ai l’impression que tout est dénaturé et il me semble que plus rien n’est à ça juste place.
    pourquoi tout est mélangé?
    est ce qu’il y a un modèle de vie universelle
    je tiens à vous remercier personnement de votre methode unique de vouloir sauvé le monde
    c’est meilleurs

    Répondre
    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      A vrai dire je n’en demande pas tant !
      Oui, nous vivons une époque bouleversée, dans un tel contexte, il est important d’avoir quelques repères.
      Si je parviens juste à pouvoir éclairer (donc donner un peu d’espoir à) quelques personnes qui se sentent perdues parce qu’elles ne parviennent pas à mettre du sens à ce qu’elles vivent et sentent, c’est à mon sens beaucoup… comme le font autour de moi des milliers d’aidants et de soignants anonymes.
      Bien sûr que l’enfance n’est pas nécessairement négative, des personnes qui – globalement – se sont senties aimées existent. Mais, malheureusement, beaucoup d’enfants sont éduqués de manière inconsciente…
      Je partage à nouveau avec vous cette phrase de Janusz Korczak qu’il est si important de méditer : « Plus le niveau spirituel de l’éducateur est pauvre, plus sa morale est incolore, plus grand sera le nombre des injonctions et interdictions qu’il imposera aux enfants, non pas par souci de leur bien, mais pour sa propre tranquillité et son propre confort. »

      Répondre
  2. Nadine

    C’est dur de guérir de son enfance.
    Lorsque notre enfance a souffert, oui je dis c’est le bilan de santé de mon mental.
    La guérison pour aller mieux et se soigner, bien sur cela resurgit dans les mauvais moments.
    Il faut passer par la case départ pour s’en sortir et au bout avec le thérapeute comme vous Renaud,
    la vie commence a être plus belle.
    Je dis c’est un nouveau départ même a 59 ans de vivre et le respect de ma personne
    Merci de tout coeur.

    Répondre
  3. edith

    C’est dur de vous lire !
    Dur parce que très intéressant, long, et qu’on a toujours envie de lire la (les) suite que vous suggérez…..!!!
    Bref, il faut prendre le temps mais combien c’est bon !!!
    On sort de vos lectures avec quelques « outils » pour avancer « mieux », avec quelques espoirs d’un « mieux-aller » si besoin est (ce qui est souvent le cas).
    Bref, je vous dis aussi merci !

    Répondre
  4. BENAROUS

    bonsoir,
    Je partage vraiment vos avis Sonna, Nadine et Edith que « l’humanité » gagnerait à côtoyer des personnes comme Renaud… en fait il en faudrait un par famille ! que dis-je un par personne ! Lorsque je le lis je me demande toujours s’il ne sort pas du fond de mon âme tellement la formulation de ses idées rejoint ce que je perçois, ressent, et vis intérieurement mais n’arrive pas à exprimer comme il le fait… je m’interroge : lorsqu’il écrit, les mots lui viennent-ils comme ça ? reprend-il certaines phrases pour les formuler différemment quelquefois ? que les personnes qui vivent à ses côtés ont de la chance ! c’est un puits de sagesse, de réflexion, d’introspection. Lorsque je pense à son site que j’ai vu évoluer depuis le début je me le représente mentalement comme un joyau, c’est une véritable mine d’or mais qui effraie en même temps… je me dis que vais-je y trouver qui résonnera en moi comme une douleur inscrite depuis la nuit des temps que je ne veux pas réveiller… ce soir je l’ai encore rencontré : l’incomplétude ! Je vous embrasse Renaud avec respect et considération

    Répondre
    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Si vous avez l’impression que je sors du fond de votre âme, c’est parce que le fond de votre âme fait écho à ce que je partage. Alors il s’agit bien de vous (et non pas de moi).
      Nos douleurs inscrites au fond de nous depuis si longtemps ne s’expriment que parce qu’elles cherchent à être entendues et reconnues. Pourquoi devrions-nous laisser les causes de nos souffrances tapies au fond de nous ?
      Je laisse parler le poète R. M. Rilke qui dit cela tellement mieux que moi :
      « Peut-être tous les dragons de notre vie ne sont-ils que des princesses qui attendent de nous voir agir juste une fois avec beauté et courage. Peut-être tout ce qui est terrible est, dans sa plus profonde essence, quelque chose d’impuissant qui a besoin de notre amour. »

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  5. Chantal

    Après une enfance et une adolescence submergée par la violence de mes parents je me suis peu à peu reconstruite. J’ai fait la part des choses entre ce qu’ils sont et qui je suis. Ceci étant je ne vous cache pas que c’est un « travail » de Pénélope et à 52 ans je continue à apprendre à être moi. Il est facile, lorsqu’on a été maltraité, humilié, piétiné, de retomber dans des travers de vicitmisation ou de culpabilité. Lorsque cela m’arrive le temps est mon meilleur allié, il me donne l’occasion de prendre de la distance et justement de me « distancier » de mes fragilités d’enfance. Les gens qui m’entourent m’aident aussi, ainsi que la volonté que je porte de ne pas me laisser aller à « croire » à ce que mes émotions peuvent parfois me dire et qui me parlent de ce que j’ai vécu, pas de ce que je vis. Je suis, avec mes forces et mes failles, les accepter et les respecter tout en « m’apprenant » et en étant dans le « respect » de moi-même et de l’autre, dans sa différence, même si parfois elle se heurte à mes besoins, elles m’enseignent pas à pas à négocier avec qui je suis et comment être en harmonie avec moi-même. Je m’étais promise, très jeune, de ne jamais transmettre à mes enfants cette folie qu’est la violence. J’ai réussi, c’est ma plus grande victoire. On peut changer son regard sur le monde et sur l’autre, ce n’est pas facile mais c’est possible en acceptant de regarder en face ses propres fonctionnement. En ce sens votre site est une mine d’or mais la vie de tous les jours également, tout comme la main tendue de personnes simples et sincères qui renforcent ma fierté d’être moi, tout simplement.

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    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Merci à vous pour votre partage plein d’espoir parce qu’il témoigne que quand un être humain est déterminé à ne pas reproduire ce qu’il a subi, il peut trouver en lui, la force de ne pas le reproduire, du moins s’il ose se regarder lui-même en face, sans concession.

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    2. Cynthia

      Merci pour votre commentaire, pour l’espoir que vous venez de ré-insuffler en moi qu’il est possible de sortir du schema de violence.

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  6. Anna

    Bonjour et merci pour votre site qui aide tant de personnes à progresser dont je suis. J’aimerais si cela vous est possible avoir votre avis sur ce qui suit.
    Mon père a découvert son cancer lorsque j’avais 12-13 ans. Il est resté très stoïque durant les 12 ans qu’a duré sa maladie, très courageux et de mon côté j’ai gardé le cap. Est-ce parce qu’il restait calme, que je n’y pouvais rien ? Je l’ai vu devenir avant l’heure un vieillard et j’ai traversé cela avec une certaine naïveté. Je n’y étais pas indifférente mais c’était le quotidien et je ne pouvais pas souffrir pour lui (auto-protection ?).
    J’ai été de ces petites filles dociles toujours gaie devant les autres (mais aussi très seule et solitaire), avec parfois une langue acerbe et critique mais globalement je n’ai pas fait de vagues, j’ai eu une scolarité correcte, sans écueil. Quand j’ai eu 21 ans et plus, j’ai commencé à vouloir vivre un peu car j’avais un peu de sous en poche mais ma mère était très exigeante envers moi, très contrôlante. Elle l’a toujours été. Culpabilisante aussi du genre : j’ai fait ça pour toi tu peux bien faire ça pour moi (le pire c’est que je m’entends dire la mm chose ou penser comme ça).
    Un soir que j’étais sortie avec des amies et que j’avais prévenu mon père -qui avait oublié de transmettre le pauvre- je me revois encore quitter précipitamment mes amies (il devait être 22h) pour rentrer et hurler dans le RER que j’avais 23 ans justement (elle me demandait quel âge j’avais pour me conduire de la sorte)… Elle demandait à mon père de me ‘gronder’ au téléphone histoire sans doute de ne pas supporter seule son autorité. J’ai compris qu’elle reportait ses angoisses sur moi :j’ai déjà bien assez de soucis comme ça avec ton père ;
    Quand on se retrouve en famille, je me mets sur pilote automatique pour prévenir tout reproche, je l’aide à préparer le repas (alors que j’ai déjà fait + d’1h30 de route) pendant que mon frère et mon compagnon (qui ressemble à ma mère dans certaines de ses attitudes) discutent tranquillement à côté.
    Systématiquement il faut l’aider pour ceci ou cela. Et si on regimbe un peu elle nous culpabilise en disant : je ne peux pas le faire seule, ce n’est pas grand chose etc. Et comme quand on était petits, quand elle commande quelque chose, on doit tout laisser séance tenante pour la suivre. On est différents d’elle, toujours en mouvements, elle ne le comprend pas.
    Elle ne soutient aucun de mes projets, pour certaines choses me sort des arguments stupides, des préjugés. Du coup je me sens cassée, comme si elle détenait la vérité. Jusqu’à il y a peu elle était une référence pour certaines choses mais grâce à mon compagnon j’ai compris que son attitude envers nous n’avait pas lieu d’être. Mais qu’il est difficile de sortir de ses schémas ! Parfois j’aimerais lui dire ses 4 vérités mais mon frère est contre le fait de lui faire prendre conscience de son attitude.
    Enfin je voulais aussi et surtout un conseil. Pendant le cancer de mon père et pour ne pas créer de soucis à ma mère, j’ai un peu été empêchée de vivre (elle me soulait mais à l’époque je trouvais normal d’être obéissante). Or ma mère a découvert dernièrement une boule au sein et doit faire des analyses complémentaires. Je suis mise à contribution pour l’emmener etc. Cela ne me gêne pas, au contraire la famille doit être un soutien. Mais si c’est un cancer je n’ai pas envie d’être culpabilisée de vivre ! Jusqu’où dois-je aller dans l’aide, l’assistance ? Elle prendrait très mal que je prenne mes distances ou que je ne sois pas à ses pieds probablement. J’ai besoin de conseils car je n’ai personne de qui en obtenir.

    C’était très long, merci si vous m’avez lue.

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    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Quelle attitude comptez-vous avoir face à une mère tyrannique qui ne vous comprend pas ? Tant que vous vous soumettrez docilement aux diktats et aux manipulations de votre mère, vous aurez envie de lui crier que vous n’êtes plus une enfant. Tant que vous aurez besoin de vous sentir comprise par une mère qui ne vous comprend pas, vous resterez dépendante d’elle. C’est cette dépendance qui vous obligera à culpabiliser de son éventuel cancer.
      Pour éclaircir davantage votre schéma, je vous invite à commencer par faire ce test :
      Etes-vous adulte ou fusionnel dans la relation à vos parents ?
      Pour sortir de votre schéma, il vous faudra découvrir que vous n’avez pas « qu’un peu » été empêchée de vivre, car c’est cette découverte qui vous donnera la force – un jour – de lui résister en arrêtant de penser que vous êtes une mauvaise fille si vous ne lui obéissez pas…
      En fait pourquoi devriez-vous vous sentir personnellement responsable de la manière dont votre mère interprète vos propos ? Votre réponse à cette difficile question déterminera la qualité du travail que vous ferez sur vous-même.

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      1. anna

        Bonjour M. Perronnet et merci de votre réponse.
        Je ne culpabilise pas du cancer de ma mère car je suis bien placée pour savoir que chacun doit affronter ses maux quels qu’ils soient. Cela fait quelques mois que j’ai compris que ma mère n’était pas ‘parfaite’ si je puis m’exprimer ainsi. Mais c’est quelqu’un que j’estime et elle va avoir les résultats de son examen. Je pensais sincèrement pouvoir l’accompagner (c’était mon souhait) pour ce jour pas évident mais voilà que mon conjoint souhaite partir une semaine en vacances dans la maison de sa famille et ne fait aucun effort (on aurait pu partir demain et revenir mercredi soir) pour concilier les 2. J’ai dû le dire à ma mère et si j’ai senti son désappointement, elle ne m’a pas verbalement culpabilisée ni fait de réflexions (peut-être plus tard lors d’une prochaine occasion).
        Peut-être direz-vous : celle-la a encore beaucoup de chemin à faire (cela ne me fait même pas plaisir de partir et je pensais y échapper cette année ; il ne peut repousser ce voyage).
        L’autre jour on était toutes les deux et je lui ai expliqué que je n’avais pas du tout apprécié qu’elle m’ait forcée à manger, un midi où il faisait très chaud et que je n’avais pas faim du tout (avec sa soeur ! elle aussi hyper compliquée). Qu’elle n’avait pas à m’obliger comme un enfant, que je sais quand j’ai faim… Là j’avais cédé car elles étaient 2 et qu’une amie à elle était avec nous. Je n’allais pas exploser ou perdurer dans mon attitude alors j’ai mangé son foutu gâteau. Quand on s’est expliqué j’ai tenu bon, j’ai parlé plus fort qu’elle et elle a fini à cours d’arguments.
        Ce même jour de sortie, je prenais des notes sur un bouquin que je voulais rendre à sa propriétaire le soir même et elle a décidé d’un coup de cueillir des prunes en le faisant savoir à tout le monde. J’avais déjà passé le samedi PM à son jardin, ce dimanche jusque 16h à leur m.. de brocante-exposition et là encore une fois… ? Non je suis restée sur mon ouvrage. Elle a continué : ceux qui ne m’aideront pas n’auront pas de prunes en dessert. (Lui ai-je dit : je finis ça et je viens ?)
        J’ai fini mon livre et suis allée l’aider. Elle m’a proprement jetée : trop tard ! Elle était furieuse. Mais !!! le lendemain, quand elle m’a demandé quelque chose, elle a précisé : quand tu auras terminé ce que tu es en train de faire…
        Vous avez raison pour l’obéissance. Pour moi il est très dur de faire la différence entre ça et la normalité. J’ai lu quelque part qu’il faut se poser la question avant de donner une réponse : est-ce que cela me dérange de rendre ce service ? Face à elle je n’ai pas dit souvent ‘non’. Un parent a de l’autorité et quand pendant 26 ans vous avez été habitué comme ça, il est difficile de faire autrement. Mais est-ce une excuse ?
        Cela sera difficile mais j’essaie de prendre du recul et d’analyser mes réactions par rapport à sa façon d’être. Je me sens parfois détachée et presque plus adulte quand je lui ‘réponds’, quand j’ose m’imposer. Ma mère est quelqu’un d’instruit et je croyais qu’elle était aussi intelligente. Mais quand elle m’oppose des arguments et qu’elle reste dessus sans aller voir, sans se renseigner, cela me sidère ! Elle veut nous éviter de commettre des erreurs et cela a toujours été. Mais à renoncer par crainte de se tromper on reste immobile ! Et on apprend de ses erreurs.
        Peut-on faire sa crise d’ado à 33 ans ou comprendre si tardivement que les parents (on le sait pourtant de façon empirique) ne sont pas parfaits ?
        Merci encore pour votre site et le partage de vos connaissances.

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      2. anna

        Je vous remercie de votre réponse.
        J’ai écrit hier une réponse mais depuis je réfléchis beaucoup sur les raisons qui me poussent à obtenir l’approbation de ma mère et, je m’en rends compte de jour en jour, de mon conjoint.
        Je n’ai pas confiance en moi car petite on me félicitait pour mes notes correctes ; or j’estimais toujours que c’était trop, que je ne méritais pas tant. J’accepte et je préfère la critique constructive et juste plutôt que des félicitations qui selon moi cachent la nécessité de faire encore mieux la prochaine fois. Je ne suis pas perfectionniste, j’essaie juste de faire de mon mieux.
        Par exemple récemment j’ai eu un CDD de 2 mois. J’ai bossé comme une folle, ne prenant que la moitié de mes jours de congés (les autres étaient perdus). J’ai terminé en me disant que j’avais fait mon possible et même plus, mes responsables étaient contents et m’ont gentiment remerciée. Mais par la suite ils ont été vindicatifs envers moi, très peu sympathiques pour des broutilles alors que j’ai mis tout dans mon travail et après. Cela m’a fait beaucoup de mal comme s’ils m’accusaient de je ne sais quoi à tort.
        Pour en revenir à mon besoin d’approbation. Ma mère dit de moi que je suis bohème, insouciante, légère (contrairement à elle qui se crée trop de soucis !). J’ai toujours considéré que les aînés avaient plus de maturité, d’expériences et que leur parole et leurs conseils valent plus que ce que moi je peux penser. J’ai besoin (!) d’être rassurée quant à la légitimité de mes pensées, de savoir si je fais bien… d’avoir l’assentiment de quelqu’un qui a toute ma confiance. Bien sûr je sais prendre de grandes décisions, ce n’est pas à ce point.
        Envers certains de mes actes, je dois souvent justifier à moi-même qu’ils étaient bel et bien réfléchis (j’agis rarement sans réfléchir à 2 fois), que j’avais épuisé tous les recours possibles, qu’il n’y avait à ce moment aucune autre issue etc. Je dois souvent me souvenir et me rappeler du pourquoi de mes actes.
        J’ai besoin je pense d’être légitimée par l’extérieur, sachant que mon avis sur moi-même et mes actes ne semblent pas me suffire sur le long terme.
        Mon compagnon actuel devient comme ma mère envers moi et moi comme avec ma mère envers lui. Sans vouloir lui être soumise, pour fuir ses remarques nulles et lourdes, je me vois lui céder. Par ex, il est radin sur l’eau qu’il paie : dès que j’ouvre un robinet, si je tire trop la chasse d’eau (2 à 3 x par jour), j’ai droit à une réflexion. J’ai proposé de lui payer l’eau, il a toujours refusé. Je ne peux pas laver ou faire une lessive quand je le veux. J’en suis arrivée à tirer la chasse d’eau à l’eau de pluie -mais là encore c’est trop pour lui- et à me laver une fois tous les 2 jours. Je commence à croire que c’est de ma faute qu’il est comme ça. C’est dû à mon comportement sans doute. Pourtant j’ai tout fait pour ne pas me laisser marcher dessus. Et aujourd’hui encore je lui dis quand sa façon d’être n’est pas légitime ou ne me plait pas. Il se tait mais c’est dit !
        J’ai pris la décision de le quitter. Je ne l’aime plus car je n’ai plus confiance en lui pour d’autres raisons et j’ai fait le chemin nécessaire pour partir sereine.
        Mais si son attitude est devenue telle à cause de moi, de ce que j’ai pu être… alors que je n’ai pas fermé ma gueule, que j’ai tenté de ne rien laisser passer, je ne sais plus quelle attitude adopter pour me faire respecter à l’avenir.
        Merci de vos remarques éventuelles à ce sujet.

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        1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

          Oui, votre schéma « moteur » vous oblige à douter de vous-même : ainsi vous pouvez vous arranger pour en faire trop (en tout cas ce qui n’est pas demandé), ce qui vous permet d’être perdante, frustrée et déçue.
          Evidemment votre besoin d’être ainsi légitimée par les autres fait que vous attirez des personnes qui ne vous respectent pas, car à chaque fois que vous êtes dans la dépendance, vous renoncez à vous-même.
          Il n’y a rien à « faire » pour se faire respecter des autres sinon apprendre à se respecter (s’aimer) soi-même.

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  7. anna

    Merci encore de vos réponses qui m’aident à avancer.
    En effet, c’est exactement cela sauf que je n’ai jamais eu ‘peur’ de perdre mon conjoint. Par contre, dans notre relation -qui est ma première expérience de couple installé- je sais que je me suis perdue en route. Paradoxalement je trouvais ma vie de solitaire plus riche que ma vie de couple et dans mon couple je me sens très seule depuis quelque temps. On est une présence l’un pour l’autre mais sa télé occupe toute son attention par exemple.
    Pour parvenir à me respecter il va falloir au départ de façon consciente pour créer une ‘habitude’ sans doute que je m’interroge, que j’écoute ce que je pense ou souhaite, que je fasse un effort pour m’écouter avant d’aller où l’autre veut que j’aille, que je donne une juste mesure et non ce que je crois devoir/devoir faire. En effet, par rapport à mon conjoint, j’ai perçu que plus j’allais aller dans son sens et me restreindre, plus il serait exigeant et moins ça allait me convenir.
    Pensez-vous que se respecter soi-même donne la sensation personnelle d’entrer en résistance ou est-ce une illusion ? Par rapport à quelqu’un qui oppose des arguments sans fondements dans le but inavoué de nous faire reculer (du moins c’est ainsi que j’analyse les choses), faut-il raisonner la personne ou lui dire je ne te demande pas ton avis je t’informe de la situation ou encore laisser dire et faire ? Laisser dire et agir comme si l’autre n’avait rien demandé est-ce une bonne solution ou est-ce d’une autre façon se fuir en n’assumant pas ouvertement une opinion ?
    J’ai encore beaucoup de pages à lire (d’ailleurs j’ai mis quelques pages de votre site en lien pour tenter de trouver des réponses à mes questions). Bonne semaine à vous.

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    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Cherchez pourquoi vous dites devoir faire un « effort » pour vous écouter et vous prendre en compte.
      Vous n’avez personne d’autre à qui obéir qu’à vous-même…
      Se respecter soi-même crée l’harmonie, avec soi-même et les autres.

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      1. anna

        Merci encore de vos réponses, questionnements, guides.
        Je ne sais pas combien de temps il me faudra pour me respecter totalement et ne plus laisser les arguments des autres me culpabiliser. Cela ne se fera pas en un jour et je suis certaine que c’est aussi un entrainement. J’essaie déjà de briser l’habitude de dire oui quand c’est non, d’accepter les émotions négatives suivant ce non, étrange mélange entre la culpabilité, la ‘violence’ de ma décision et la satisfaction de ne pas avoir cédé à ce qui pourrait être la facilité du oui. Faire comprendre à ces autres qu’on est libre, qu’ils ne peuvent nous manipuler.
        Je pense aussi que j’ai pas mal de frustrations et de colère en moi ou que j’accorde peut-être trop d’importance sans les résoudre à des situations passées. Je dis souvent par rapport à mon éducation que l’on m’a appris à respecter les autres mais pas à me respecter moi, d’où des situations subies. Sur certaines, je sais pourquoi cela a pu se produire, que j’ai fait mon ‘possible’ pour ‘traverser’ ces situations mais quand j’ai l’impression de les revivre aujourd’hui je suis révoltée de mon manque d’assurance et de capacités à me défendre. Je crois savoir que ce n’est pas seulement le geste qui me fait ‘mal’ mais de me voir à nouveau incapable d’y faire face.
        J’aime souvent tourner en dérision ma vie et les ‘absurdités’ qui m’arrivent mais je m’aperçois qu’elle n’est pas si marrante que ça. Sur certains aspects je suis adulte et responsable mais sur d’autres je reste une enfant effrayée et incapable de se défendre. Je ne le savais pas ! je voulais uniquement vous remercier de m’avoir répondu. J’ai encore beaucoup à faire !

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        1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

          Heureusement ce n’est pas aux autres à qui il faut faire comprendre que vous êtes libre (car ils peuvent toujours ne pas le comprendre) mais à vous-même, essentiellement à vous-même : le jour où vous aurez compris que vous avez le droit d’agir sans devoir craindre les opinions ou les observations des autres, vous serez devenue libre d’eux ! Donc en paix.
          Bon chemin !

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  8. Sophia67

    Ah l’enfance … tout un sujet.

    Je dis souvent que si on me laissait aujourd’hui le choix entre revivre mon enfance telle que je l’ai vécu et mourir : et bien je prendrai la deuxième solution.
    Ca me semble moi-même très extrémiste mais dans la réalité c’est la seule façon que j’ai trouvé d’exprimer à quel point cela a été dur pour moi.

    J’ai commencé à vivre (vraiment vivre) lorsque j’ai quitté mes parents, ma famille ! Que je suis partie loin d’eux (j’ai tout de suite mis 80km entre eux et moi), de leur poids, de leur influence, de leur regard oppressant, de leur jugement etc !!!
    J’ai eu le sentiment toute mon enfance de ne pas être assez bien et donc de devoir (par moi-même mais aussi par les autres) rentrer dans un moule qui n’était pas le mien.
    J’étais trop grosse, je ne jouais pas d’un instrument de musique, je n’étais « que » moyenne à l’école, j’étais bavarde et indisciplinée à l’école, je n’étais pas assez docile et patati et patata …
    Bref, j’étais toujours l’objet de comparaisons avec ma cousine qui elle était parfaitement parfaite et dont les parents pouvaient vanter les mérites hauts et forts (ce que bien sûr ne pouvaient pas faire mes parents).

    Comment peut-on se construire sur de telles bases ? Comment faire pour être soi quand on a l’impression qu’être juste soi ce n’était jamais assez bien ? Comment trouver sa voie quand on a tout fait pour correspondre à ce que nos parents voulaient que l’on soit pour pouvoir être fiers de nous ?

    Ce qui est injuste, c’est que lorsque l’on est enfant on a pas les armes pour dire NON, pour enrayer le système. Parce qu’on a besoin d’être aimé de nos parents !

    Quoi que moi je ne me suis pas vraiment laissée faire : je répondais à mes parents et à tout le monde d’ailleurs, je criai plus fort qu’eux et lorsqu’ils me « châtiaient physiquement je faisais en sorte qu’ils ne voient pas que cela me faisait mal (vous savez les « même pas mal », mets en moi une aussi à gauche ça te fera du bien » etc …). Mon précédent thérapeute m’a dit : vous avez trouvé la force (je ne sais où) de refuser l’humiliation et la violence ». Oui c’est vrai, mais c’est tout ce que j’ai réussi à faire ! Le reste, je n’ai pas réussi à lutter autant que je l’aurai voulu et me rends donc compte qu’aujourd’hui des séquelles il y en a plein : je ne sais pas qui je suis, ce que j’aime, ce que je veux être ou faire et pire je me rends compte que malgré tous mes efforts pour ne pas reproduire (alors que je n’ai même pas d’enfant) que malgré moi certaines « croyances » que l’on m’a inculquées sont inscrites en moi : « il faut réussir dans la vie », « il faut avoir de l’argent dans la vie », « il ne faut jamais abandonner », « être mal c’est pas bien », « c’est pas bien de perdre », « il faut toujours être le meilleur » … On ne m’a bien sûr pas dit tout cela mot pour mot (quoi que : certaines phrases peut être) : c’est plutôt ce que j’ai ressenti de certaines situations durant toute mon enfance. Dur à porter tout ça ..

    Du coup aujourd’hui : j’ai bcp de mal à pleurer, j’ai beaucoup de mal à admettre que je vais mal et à le dire à mes proches, je m’inflige d’être toujours la meilleure et de surtout faire toujours mieux dans tout …

    … Et le pire c’est que très souvent je suis aussi comme cela avec les autres !

    bref, j’ai conscience de bcp de choses et c’est pour ça que je me dis que je suis sur la bonne voie concernant la guérison de mon enfance, même si le chemin est encore long.

    Merci de m’avoir permis de sortir tout ça …

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    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Oui, quelle belle prise de conscience que ce partage. Je suis pleinement d’accord avec votre thérapeute, vous avez trouvé la force de refuser l’humiliation et la violence. Je rajouterai que si vous avez trouvé cette force c’est qu’il y a eu au moins une personne dans votre vie qui vous l’a communiquée, donc à travers qui vous vous êtes sentie exister, et qui vous a permis par là-même de n’être pas seulement celle qui subit. Savez-vous laquelle ?
      Vous ne serez plus « comme ça » avec les autres (vous n’en aurez plus besoin), le jour où vous ne serez plus « comme ça » avec vous-même…
      Oui, il est évident – à vous lire – que « vous êtes sur la bonne voie ».

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  9. Sylvie

    Bonjour et merci à l’avance pour l’éclairage que vous pourrez m’apporter.58ans,fille unique, une enfance désastreuse avec deux parents qui ne m’ont jamais désirée et donc pas aimée.Dépression sentiment profond d’abandon même adulte, une mère ayant le contrôle permanent sur ma vie.A 46ans, crise d’adolescence, prise de conscience du mal que me font mes parents et détachement brutal avec une rupture de 9ans sans aucun contact.A ce moment-là, je revis, je reprends ma vie en main avec bonheur , sans culpabilité.Malheureusement en 2008, mon père décède et ma mère me »raccroche », me faisant croire qu’elle ne peut vivre sans moi, elle me culpabilise.Je suis , aujourd’hui, retombée dans le même enfer alors que je croyais avoir tout réglé.Je souffre le martyre, je voudrais me détacher d’elle mais je n’y arrive pas.Elle a de plus, l’emprise sur un de mes fils (31ans) qui est dans la même dépendance que moi et qui s’accorde avec elle pour me rejeter, me critiquer.Quoi faire?Je retombe doucement dans la déprime, je suis fatiguée de ne pouvoir vivre comme je le voudrais.Comment faire pour la repousser, reprendre ma liberté, sans ressentir de culpabilité, ni ce manque atroce d’amour que je recherche inconsciemment auprès d’elle.J’ai besoin d’un conseil, merci à tous!

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    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Votre mère vous « raccroche » dites-vous, qu’est ce qui lui a permis de reprendre ainsi du pouvoir sur vous alors que vous aviez réussi à vous en éloigner ? C’est cela qu’il va vous falloir examiner à la loupe.
      Vous êtes devenue la victime de votre mère, croyant à tort pouvoir la sauver. Votre culpabilité vous lie follement à son destin à elle en vous empêchant de vivre votre vie à vous. Réveillez-vous ! Les parents ne sont toxiques que parce qu’on s’y soumet, c’est donc en examinant de très près ce qui vous oblige à vous soumettre que vous vous en sortirez peu à peu. Ce travail se fait dans le cadre d’une psychothérapie bien menée, y avez-vous songé ?

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      1. Sylvie

        Merci pour votre réponse mais j’ai déjà fait une psychothérapie qui m’a permis de prendre le large en 1999 et de vivre en paix pendant 9ans. Je ne vois aujourd’hui que dans ma névrose de rejet, dans ce manque d’affection qui me dévore, que je n’arrive pas à contrôler, les causes réelles de cette nouvelle soumission à ma mère toxique. Fuir à nouveau me semble la seule solution.

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        1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

          Ce manque d’affection vous dévore et vous oblige à vous soumettre à votre mère toxique. La fuite ne peut jamais être une solution pour celui qui aspire à la paix, car la seule personne que vous ne puissiez pas tromper c’est vous-même.
          Ne dites pas « j’ai déjà fait une psychothérapie » mais « j’ai commencé une psychothérapie », qu’il s’agit aujourd’hui de poursuivre avec une personne de confiance. Si – aujourd’hui – vous êtes rattrapée par votre névrose, c’est parce que vous ne l’avez pas démontée et qu’il reste encore des pans de votre psychée à explorer parce qu’ils vous obligent en vous conditionnant.

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  10. Bernard

    J’ai retenu cette citation car elle me fait vibrer: « Plus le niveau spirituel de l’éducateur est pauvre, plus sa morale est incolore, plus grand sera le nombre des injonctions et interdictions qu’il imposera aux enfants, non pas par souci de leur bien, mais pour sa propre tranquillité et son propre confort. »
    Lorsqu’on a fait un tel constat, pensez-vous qu’il faille aller chercher ailleurs qu’au sein de sa propre famille ce qui vous donnera une « colonne vertébrale », autrement dit une éthique et des valeurs positives? Est-ce que d’une certaine façon, ce n’est pas prendre le contrepied du modèle familial et, partant de là, continuer à en subir l’influence? Et puis ce n’est pas tout. Peut-on privilégier des émotions positives ou restera-t-il toujours quelque chose de tapi dans l’ombre? Parce que nous éprouvons tous des émotions, faut-il les contrôler jusqu’à s’interdire de les exprimer ou lâcher la bride? De par ce que j’ai vécu, je ne suis pas partisan de la première solution, loin de là. Ayant eu affaire à des sphinx, impassibles et immobiles, j’ai longtemps cru que pour faire face à l’adversité, il ne fallait rien monter de soi, et être un roc. Or, avec ce genre de comportement, on devient un zombie, un mort-vivant, et on ne règle rien du tout. Nous devons savoir que nous pouvons éprouver des émotions, reconnaître leur existence, sans que cela ne diminue quoi que ce soit en nous. Le problème, c’est qu’on passe au moins la moitié de sa vie à se bâtir une armure et le reste du temps à essayer d’en sortir, parce qu’en vérité, nous n’avons pas de « colonne vertébrale ». Vous soulignez à juste titre le fait que nous nous conformons à ce qu’on attend de nous lorsque nous sommes jeunes, mais si nous prenons le contrepied, si, pour retrouver notre propre estime, nous prenons le courage de déplaire, est-ce que ce n’est pas justement par réaction? Et si c’est le cas, est-ce que c’est forcément négatif? Peut-on vraiment faire comme si rien ne s’était passé alors que c’est justement ce qui s’est passé qui nous force à agir? Donc, je le répète, doit-on refaire entièrement son éducation et privilégier des émotions positives pour se « guérir de son enfance »?

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    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Si « ceux qui sont chargés par la vie » de vous donner à manger, vous laissent mourir de faim, ce n’est pas être dépendant d’eux que d’aller chercher ailleurs pour survivre. C’est obéir à ses besoins, ce qui est parfaitement juste et légitime.
      Le travail n’est pas de « privilégier des émotions positives » comme vous dites mais juste de regarder en soi-même les choses « telles qu’elles sont » avec authenticité. C’est cela qui vous fera progresser.
      A ce propos vous pouvez lire : Pensée positive ou travail sur les pensées ?
      Comme vous le pressentez, « contrôler » ses émotions est nécessaire puisque nous vivons avec les autres, contrôler signifie apprendre à discerner à quel moment il est juste de les exprimer, comme par exemple seul dans la forêt ou dans sa voiture.
      Il n’y a pas de différence – en apparence – entre une personne qui contrôle et une personne qui refoule, bien que l’une sache gérer ses émotions alors que l’autre est névrosée.
      Oui, la « colonne vertébrale » dont vous parlez est d’autant plus importante que nécessaire pour vivre en paix avec soi-même et les autres. Pour une personne « jeune » c’est-à-dire une personne qui « explore », il est juste et « normal » d’expérimenter différents états : la dépendance, la contre-dépendance, l’indépendance… pour un jour parvenir à l’autonomie. Une personne autonome est une personne qui a une « colonne vertébrale », elle n’est donc plus influençable comme un enfant. Ce n’est pas une personne amère, c’est une personne qui respecte ses propres besoins et qui est naturellement empathique avec les autres.
      Une personne autonome obéit à elle même et à sa juste perception des choses, elle est adulte parce qu’elle développe une individualité authentique qui se définit par le fait qu’elle n’est plus la victime de ses tendances conditionnées du passé (besoins niés, autopunition, peurs d’aimer et d’être aimé, dysfonctionnements interpersonnels etc).

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  11. nina3

    Bonjour, je souhaiterais aider une amie a « accepter » son passé pour avancer.
    Elle a 52 ans et ses blessures d’enfant non désirée et de père très autoritaire non jamais guéris.
    Moi même ayant vécu des choses très difficiles, j’ai réussi à accepter et pardonner.
    J’aimerai lui offrir un livre, auriez vous un ouvrage à me conseiller ?
    Difficile de lui demander de pardonner à ses parents (sa mère est décédée), elle risque de penser que je ne la soutiens pas. Je souhaiterais juste lui insuffler la possibilité de pardonner : comment m’y prendre ?
    J’espère avoir une réponse de votre part.
    En vous remerciant de m’avoir lu, je vous souhaite à tous une belle journée !

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    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Je comprends très bien votre désir d’aider votre amie, d’autant plus que vous avez l’impression d’avoir un vécu similaire au sien. Tant mieux si vous avez pardonné et que vous êtes aujourd’hui définitivement en paix avec votre passé, mais votre amie n’est pas vous, et (vous le sentez d’ailleurs) lui conseiller de pardonner risque fort d’être interprétée par elle comme une maladresse. L’acceptation est le fruit d’une maturation, l’acceptation forcée (qui n’est pas de l’acceptation mais une violence contre soi-même qui créé de la culpabilité) est une blessure supplémentaire…
      Je vous conseille donc de lire mon article « Le pardon ou la fidélité à soi-même ? » et peut-être de le partager avec votre amie…
      Avant d’aider votre amie, vous pouvez aussi lire ceci :
      Comment aider une personne qui se déteste ?
      Comment puis-je aider ma fille qui refuse d’être aidée ?

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  12. JoJo

    Bonjour à tous
    j’ai 53 ans et je constate que nous sommes nombreux ici sur la même ligne d’arrivée. Est-ce que c’est l’âge.
    j’ai fais ma grande dépression il y a 7 mois, en pensant que jenme relèverais rapidement après ce « coup de fatigue »
    Au fil du temps, après avoir accepté quelques semaines plus tard de prendre rdv et consulter au CMP, j’ai pris conscience que j’arrivais à mes limites et que pour me sortir de là, je n’avais plus aucun choix de me faire aider. Même si je ne suis pas complètement convaincu du succès. Ne sachant pas comment je vais réagir au bout de ce chemin d’apprendre ma vie.
    Depuis quelques années je m’accepte de moins en moins, car les gens de mon âge me paraissent de plus en plus inabordables et je me sens vulnérable auprès d’eux, à tel point que j’ai fini par quitter ma femme au bout de 23 ans de vie commune. N’ayant pu me faire comprendre j’ai préféré abandonner pour ne plus l’empoisonner, même si j’étais discret, mais on arrive difficilement à travestir une situation aussi complexe ou à chaque instant notre mémoire nous rappelle à l’ordre.
    l’origine de mon mal être et justement l’absence de mes origines et l’emprise de ma mère sur moi.
    Je ne connais pas mon père géniteur, et ma mère et son mari qui m’a reconnu m’ont toujours caché la vérité. Ainsi je ne sais pas pourquoi j’ai été porté dans le ventre de ma mère à Marseille, né à Versailles et baptisé à paris 17°
    Je ne sais pas non plus ce qui s’est passé durant les 4 années suivantes je n’ai aucune information aucun souvenir et on a volaitairement caché cette vérité qui pourtant m’appartient aussi.
    Bien entendu la famille s’est solidarisé à l’époque pour entretenir le tabou.
    J’ai appris cette vérité alors que j’avais 14 ans, tout simplment en fouillant dans une armoire pour tomber sur la correspondance de la famille de ce père, c’est à ce moment que j’ai appris la signification du mot « batard »
    Sur le coup j’ai gardé ça pour moi et n’ai surtout pas révélé que j’avais découvert la vérité.
    En fait s’il n’y avait que ça, ma foi je ne suis pas le seul et n’en suis pas mort, d’ailleurs nombreux sont ceux qui ignorent la vraie identité de leur père. A ce qui parait.
    Sauf qu’une fois la brèche ouverte ; j’ai fait plus ou moins un rejet en voulant m’éloigner et j’ai quitté le foyer à 16ans pour faire une formation professionnelle alors que j’étais promu à une belle réussite scolaire.
    Je suis parti de chez moi car ma personnalité ne correspondait pas et qui plus est, mais je m’en suis aperçu bien plus tard d’autant plus que certaines personnes de mon entourage m’on confirmé, sans que je leur demande, qu’il y avait eu d’énormes différences de traitement entre moi et ma soeur, fille des deux. Ce qu’ils ne savait pas et que je ne leur ai pas dis, c’est que je faisais sans l’objet de remontrance humiliatoires et aussi je prenais régulièrement des roustes par ma mère à terre recrocquivillé sur moi par terre pour mieux supporter les coups. Quand ça allait à peu près je n’entendais que des choses négatives sur moi même, que j’étais un solitaire, spécial, que je ne jouais pas avec les enfants de mo^n âge, que ma voix qui n’avait pas encore mué était une voix de fille, que le pénis d’un garçon était une chose moche, j’en passe sans oublier les recommandations idiotes mais sans cesse répétées qui ont fini par me faire prendre le large pour ne plus les supporter.
    Je n’ai pas pris conscience de ça à ce moment, ce n’est donc que bien plus tard et surtout ces dernières années ou je ne cesse de faire des comparaisons d’analyser voir de faire les rapprochements avec des humiliations qui me paraissaient normales à cette époque. Sans oublier que ma soeur était bien plus parfaite que moi. Pour ça que dans toute ma vie je suis dans un enfer. Je suis incapable de demander quoique ce soit à quiconque car je me méfie, je fais tout ce que je peux pour aider les autres sans exiger un retour, mais cela me fait encore plus de peine car je sais que je ne suis pas à la hauteur. Cela va jusqu’à préter de l’argent sans oser le réclamer. Je suis donc victime de ma personnalité car en voulant chercher l’amour que je n’ai jamais eu je suis pret à me mettre en péril.
    Ma sexualité est peut être boulvesée, bien que je l’accepte n’étant pas le seul,car pour trouver l’amour dont j’ai besoin je tombe aussi bien amoureux d’une femme que d’un homme. Oui je suis prêt à tous pour trouver le bonheur et pouvoir dire à quelqu’un qui je suis et être aussi ce que je suis sans faire d’artifice comme c’est mon cas avec tout le monde.
    Ayant été pris en charge par un infirmier du CMP j’ai été tout de suite mis en confiance lors des deux premiers entretien, la médecin psy aussi m’a bien reçu. Ce n’est que lorsque j’ai été confié à un psychotérapeute que ça s’est dégradé. Les entretiens ne durait que 10 à 15 mn et je n’entendais qu’un homme surpuissant qui me rabachait que je devais me bouger le cul et je n’avais pas de raison de continuer comme ça qu’il n’en tenait qu’à moi. Après 3 rencontres je n’ai pas renouvelé les séances je ne l’ai même pas prévenu car j’avais honte.
    J’ai suivi les conseils d’une amie qui m’en parlait depuis quelques mois et je me suis décidé à consulter un psychothérapeute indépendant qui me coute un peu plus d’argent mais cela fait 3 fois que je le vois et le courant passe, il n’est pas directif il m’écoute et me renvoie ses impressions. Il arrive à des conclusions qui me ressemble et c’est d’ailleurs pour cela que je tombe sur cette page après une brève recherche sur google.
    Aujourd’hui nous avons éléboré un plan pour crever cet absès et je vais rencontrer une tante la semaine prochaine pour lui demander de me raconter ma vie. L’épreuve sera difficile à commencer par le fait que je n’ai pas avoué l’objet réel de ma visite. Je pense donc que l’instant sera pénible pour elle d’apprendre après tant d’années ce que je suis devenu.

    Mais je réalise aujourd’hui que je n’ai plus le choix car ma vie n’avance plus, du fait de mon décallage de génération, et que sans rien faire cette histoire le mal n’ira pas en s’arrangeant. Je n’ai plus d’autre alternative.
    Mon thérapeute m’a fait, pour moi, une grande révélation, que j’avais 8 ans d’âge !!!!
    J’ai été surpris mais pas tant que ça, car lors des précédentes consultations avec les autres, je n’osais pas le dire si profond. Je disais 20 ans en pensant 15 ans.
    Je ne sais pas ce que je vais apprendre la semaine prochaine, ce que je vais en faire, et surtout encaisser le fait de voir les choses autrement, ce que me dis mon psy. Cela me fait bien peur car au fond de moi je n’ai pas envie de changer, je n’ai pas envie d’affronter ceux de mon âge car je suis trop innocent et j’ai peur d’une vision plus sévère encore du monde qui m’entoure.

    Quelle sera mon avenir sentimental avec les autres car aujourd’hui je ne vaut plus grand chose je me sens vulnérable et même inopérant tellement j’ai perdu confiance en moi que j’ai peur de décevoir sans pour autant imposer mes désirs. Pour ça je suis dans un stade de dégradation bien avancé bien que physiquement je suis l’inverse parce que je fais tout ce que je peux pour rester quelqu’un de sain et attirant au point qu’on me dit que j’ai encore le corps d’un homme de 30 ans. Mais à quoi bon je ne m’en sers plus.
    Mais tous ces compliments qu’on m’envoie me font encore plus rester sur ma réserve car je sais très bien qu’il n’y aura pas de suite et que c’est à chaque fois la même chose, car je sers plus de pansement et de soutien qu’on ne m’en apporte.

    Je prends aujourd’hui consicence dans la douleur du masacre de ma vie et sans doute celle de personnes qui m’on aimé mais qui n’ont pas compris, comme mon ex femme à qui je ne reproche rien d’ailleurs mais que j’ai quitté pour finalement vivre seul.

    Q

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    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Oui il est possible de faire un travail sur sa mémoire pour qu’elle ne nous « rappelle plus à l’ordre », comme vous dites si bien. Par définition, tout change tout le temps donc tout peut évoluer, il est possible pour un être humain de trouver la paix à laquelle légitimement, il aspire. Pour ce faire il lui faudra faire un travail d’élucidation entre ce qui ne dépend pas de lui et qu’il ne pourra donc pas changer et ce qui dépend de lui, qu’il pourra donc changer. Ayant vu clairement ces différences, il s’agira pour lui d’accepter donc de s’adapter à ce qu’il ne peut pas changer et d’agir pour tenter de changer ce qui est en son pouvoir de changer.
      Vous dites « Je suis donc victime de ma personnalité car en voulant chercher l’amour que je n’ai jamais eu je suis prêt à me mettre en péril » et je crois que vous êtes sur la bonne piste…
      Pour aller plus loin, lisez le livre d’Alice Miller « Ta vie sauvée, enfin ! » au titre révélateur.
      Parfois nos cœurs sont si meurtris (comme je sens qu’est le vôtre), que nous ne croyons plus cela possible. Là il nous faut oser nous faire aider par un thérapeute qui nous respectera et en qui on aura confiance.
      Il me semble que vous êtes sur cette voie, vous l’avez manifestement trouvé, vous ne vous êtes pas laissé découragé malgré une mauvaise rencontre.
      Alors bon vent et bon courage à vous dans cette quête de vous-même.

      Répondre
  13. DAVID

    Bonjour,
    Merci de votre lucidité et de votre approche simple du sujet traité.
    Cela me conforte dans mon état actuel d’adulte « guérissant » de ses émotions tronquées intégrées pendant l’adolescence. Depuis deux ans, je me suis déprogrammée pour enfin devenir moi-même, vivre en pleine conscience de mes valeurs, mes besoins, mes envies. Je prends beaucoup de recul sur mes sentiments, mes sensations, les laissent venir, vivre puis s’estomper. Mes relations aux autres sont beaucoup plus saines et sereines. Je ne suis plus dans la demande, mais dans le partage. J’ai intégré l’humour comme communication et ai beaucoup plus d’empathie pour les autres personnes. J’ai cassé les schémas négatifs appris précédemment d’une mère aimante mais dépressive et manipulatrice, ce qui me permet à présent de « redistribuer » les cartes et d’avoir avec elle une relation plus pacifiée et adulte. Elle ne m’accepte pas ainsi, ne comprend pas mon attitude, continue à user de chantage affectif pour me « récupérer », mais je ne lâche pas prise et suis mes émotions, mon chemin de vie. J’accède au bonheur, je donne du bonheur, je m’autorise à être heureuse et je me regarde avec tendresse et bienveillance. Merci de votre humanité et bonne continuation !

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  14. Virginie

    Bonsoir,

    Depuis quelques jours, je n’arrête pas de surfer sur internet pour trouver des textes sur la maltraitance.

    Et là, j’arrive sur votre blog et je vois que vous poster des textes d’Alice Miller…
    Je suis en arrêt maladie depuis un mois et demi, je relis des livres que j’avais déjà achetés dont ceux d’Alice Miller.
    Prendre conscience de mon enfant intérieur m’a demandé 40 années, j’ai actuellement 41 ans et oui tout ce temps ou je me suis reniée, en ayant investi dans un travail thérapeutique et c’est fou comme c’est long!
    Votre travail et réflexion lucide me redonne du baume au coeur car le moral est au plus bas, je me sens étrangère à moi-même et me sens complètement perdue mais je cherche quand même, je cherche des thérapeutes lucides comme vous et conscient du travail de Mme Miller sur la région parisienne ayant des tarifs raisonnables…
    J’ai contacté deux personnes qui travaillaient avec Alice Miller mais elles habitent dans le sud donc géographiquement compliquées.
    A tous ceux qui liront ce message : connaissez-vous des thérapeutes lucides pratiquant sur Paris et ou banlieues?
    Merci infiniment pour votre aide

    Répondre
  15. Lucie

    Bonsoir,
    je tiens avant tout à vous remercier pour votre article qui me parle.
    Pour ma part je traverse une période très difficile pour le moment. Pour être honnête ça fait plusieurs années que je vis dans la souffrance (j’ai 26 ans).
    J’ai vécu une enfance très chaotique. Mes parents ont divorcé quand j’avais 5 ans. Ma maman a eu la garde de ma soeur et moi et je voyais mon papa un week-end sur 2. J’ai beaucoup de traumatismes de mon enfance. Ma maman a été très dure avec moi et j’ai subi de la maltraitance. Je peux dire que j’ai vécu dans la peur et j’étais constamment rabaissée, rejetée et maltraitée psychologiquement (j’ai reçu des claques également). Mon père était alcoolique et dépressif et donc pas présent dans son rôle de père.
    Aujourd’hui j’ai beaucoup de séquelles de mon enfance. Je vis constamment dans un sentiment de peur et d’insécurité. Je ressens bcp de culpabilité je me dis que si mes parents étaient comme ça c’est que je l’ai mérité. J’ai une très mauvaise image de moi même et je n’ai pas du tout confiance en moi.
    Avec ma psychologue on travaille sur les pensées qui peuvent amplifier les émotions.

    Ma question est : pensez-vous qu’il est possible de se reconstruire après avoir été maltraité constamment, dévalorisée, comparée et humiliée? Est-il possible de changer l’image qu’on a de soi même et de ne plus croire ce que notre mère pense de nous même mais parvenir à vivre pour soi et s’aimer soi?

    Merci d’avance pour la réponse
    Bonne soirée

    Répondre
    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Oui, je suis persuadé qu’il est possible de se reconstruire quand on a été humilié et maltraité.
      Vous comprendrez aisément que ce que vous avez appris, vous pouvez le désapprendre : il vous est possible de ne plus obéir aux fausses lois que vous avez apprises dans votre enfance à condition de les connaitre c’est-à-dire d’oser les regarder à l’oeuvre. Cela vous demandera de la détermination et de la persévérance et ce ne peut être fait que par amour pour vous-même. Un amour totalement légitime.

      Répondre
  16. Jeff

    Je suis dépressif depuis mes 16 ans, j’ai 26 ans, j’ai vu de nombreux thérapeutes. Aucun ne m’a donné d’espoir ou ne m’a paru sincèrement intéressé, ils se sont contentés de me complimenter ou de m’observer en silence comme un objets d’étude sans âme ni désir. Je me sens seul au point d’avoir le sentiment d’appartenir à une autres espèce ( bien plus sensible que l’homo sapiens ), et de me diriger lentement vers mon extinction.

    Dans votre dossier, il y a un point qui est complètement faux pour moi, le voici :
    Je n’ai jamais penser que mes sentiments était faux ou inappropriés et que c’est pour cela que mes parents ne voulaient pas les partager avec moi. Je les détestais, je ne voulais rien partager avec eux, je voulais juste les fuir, je les trouvaient profondément sots, violents et effrayants.

    Pensez vous que c’est pour cela que toute mes tentatives de thérapies ont été des échecs ?
    J’appelle à l’aide car aujourd’hui j’ai trouvé un certain équilibre précaire, mais j’en ai vraiment marre, je me sent extrêmement fatigué, je dors énormément et voue une haine pendant des heures à la chose qui a provoqué mon réveil. Je suis presque tout le temps en colère, je n’en peux plus, je déteste tout et tout le monde !

    je vis à Orléans

    Répondre
    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Si vous avez rencontré – Jeff – de nombreux thérapeutes et qu’aucun d’entre eux ne vous est apparu « sincèrement intéressé » par vous, vous n’avez pu établir aucune relation de confiance avec eux, ce qui est très dommageable pour vous. Vous n’êtes pas un « objet d’étude » mais un être humain sensible qui souffre.
      Soyez certain que votre colère a une cause liée à votre histoire et que c’est cela qu’il vous faut découvrir afin de vous respecter ce qui vous permettra de retrouver le goût de vivre.
      Pour aller plus loin, je vous invite à lire mes articles :
      La confiance, le thérapeute et la relation
      Se situer et trouver le bon thérapeute

      Répondre
  17. F.

    Bonjour,
    J’ai grandi avec un père très agressif et violent psychologiquement qui me hurlait dessus depuis mon plus jeune âge. Récemment dans mon travail, mon patron m’a crié dessus comme s’il n’y avait pas de séparation entre nous et qu’il avait tous les droits comme le faisait mon père. Cela m’a fait prendre conscience de bcp de chose et du fait que j’attendais qu’on me reconnaisse de la valeur. Je suis en thérapie et alors que j’étais prêté a affronter mes vieux démons, mon thérapeute m’a fait un discours sur le fait que j’ai de naissance un sentiment de, ou une valeur personnelle. Cela me mets ds une colère noire car si j’en étais convaincu je ne serai pas en thérapie. Comment être convaincu de cela quand mon père m’a traité d’une façon telle que j’ai intégré la croyance que je ne valais rien et ce depuis très petite?
    Merci

    Répondre
    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Hé bien je vous invite à faire part à votre thérapeute de votre colère noire contre lui car c’est son travail de l’accueillir et de vous aider à aller plus loin. D’autre part ce sera une excellente façon pour vous de tester celui en qui vous avez mis votre confiance…
      Courage, et n’oubliez pas que toutes vos émotions sont des opportunités pour approfondir le travail que vous avez entrepris !

      Répondre
  18. mioumiou

    Bonjour
    J ai lancé une bouteille à la mer avec les mots abandon homme dépression couple et famille qui vont mal
    Aide à mon homme meurtri et qui nous fait du mal ( discutions échanges impossibles .agressivité .nous ne sommes pas son fils et moi sa priorité .
    Comportement bizarre et égocentrique .
    Difficultés dans tous les moments de notre vie commune
    Impression que mon mari est bête , incapable de relations normales
    Et je suis tombé sur votre site !
    Si seulement il pouvait taper ces mots et vous lire (impossible!!!
    Nous sommes entrer en guerre dans la même maison , et je subis une situation impossible ,je voudrai qu il parte , respirer , ne pas être stressée .
    IL ne bouge pas. il RESTE .
    Je souffre parce que c’est un nouvel échec .
    Sa mère l a abandonné lui et ses frères dans une cage d’escalier .
    suivi de 10 foyers d’accueil .accueil en famille pour faire le boy .
    IL s’ est fait tout seul comme il dit . Mais maintenant c’est l’implosion . ..
    Quel chemin doit il suivre .connaître quelque un comme vous ?! Antidépresseurs ?
    Une adresse ?
    Je pense qu il acceptera de se faire soigner quand il s apercevra qu il nous a perdu .
    C’est seulement à cette condition que je reprendrais la vie commune .
    y a y il un espoir
    merci

    Répondre
  19. Kahina

    Grand merci pour ce site lumineux et généreux, pour votre disponibilité et votre aide. Je l’ai découvert en lançant une recherche « comment gérer mon agressivité ». Il m’a aidé à comprendre beaucoup de choses sur mon dysfonctionnement émotionnel. Avant je ne savais pas ce qui m’arrivait.
    J’ai pris conscience que si je souffre maintenant de la culpabilité et l’anxiété et d’autres émotions négatives et indésirables ce n’est pas de ma faute mais c’est parce que j’étais mal aimée et c’est à cause de mes schémas et croyances d’enfance et à l’idéalisation de mes parents.
    J’ai compris que je n’étais pas un enfant mauvais et adolescente rebelle comme on me répétait. Toute petite, j’étais jalouse de ma petite sœur née 2 ans après moi et que je frappais à chaque occasion. Adolescente, je n’acceptais pas les réprimandes de mon père et je répondais.
    Dans mon enfance, mon père m’a battu avec des coups de poings sur ma tête à deux reprises à l’âge de l’adolescence (je n’ai jamais oublié cette scène), il ne me faisait pas confiance et m’épiait pour savoir si je fumais… Ma mère n’était pas heureuse avec mon père et répétait tout le temps que si elle avait à choisir, elle n’aurait pas épousé mon père (forcée de se marier à l’âge de 15 ans) et n’aurait pas eu beaucoup d’enfants (moi je fais partie de ces enfants non désirés et je suis l’enfant écarté après la naissance de ma petite sœur)… Ma grande sœur qui a « contribué » dans mon éducation était triste, morose et dure. Elle me frappait chaque fois où je frappais ma petite sœur. Quand à l’école et au collège, les enfants des familles aisées étaient traités comme des rois et nous les enfants des pauvres, nous étions traités différement. Les maitres d’école primaire étaient violents (piquets, punitions physique, humiliations, … et FAVORITISME).
    Quand j’ai osé dire dernièrement dans ma famille « j’ai compris maintenant pourquoi je détestais mes parents quand j’étais adolescente » ils ont été CHOQUES. « t’entendre parler de nos parents comme ça, on croirait qu’ils étaient incestueux ou alcooliques ou qu’ils te battaient tous les jours. N’oublie pas, tu étais difficile … Prie Dieu pour leurs âmes maintenant qu’ils ne sont plus en vie ».
    Dans ma culture, on commence à oser critiquer les encadrants d’écoles mais oser dire un mot objectif sur les parents est un crime et c’est immoral. C’est équivalent à la malédiction. D’ailleurs, un enfant adulte qui désobéit à ses parents même pour ses légitimes choix et besoins, est encore considéré un enfant banni et maudit. Dans ma culture, les parents sont sacrés et il est hors de question d’en dire un mot « méchant ». Au contraire, ce sont les éloges qu’ils méritent tous d’ailleurs.
    En lisant vos courriers et ceux dans le blogue d’Alice Miller que j’ai découvert grâce à vous, j’ai passé des heures à PLEURER mon enfance et je pleure encore et encore. Avant-hier, je suis tombée sur photo de moi de l’âge de 11 ans et j’ai éclaté en sanglots sans me rendre compte. Je me suis rappelée qu’à cet âge, j’étais triste et seule alors que je vivais dans une famille nombreuse.
    Je souffre de la culpabilité et l’anxiété qui sont devenues mon 2ème oxygène que je respire. Je culpabilise pour rien et pour tout, le jour comme la nuit dans mes rêves. L’anxiété m’accompagne toute la journée et elle est apparente surtout au travail. Un psychologue m’a dit que l’anxiété est due à la précarité vue ma situation de femme divorcée et moi je dis que c’est à cause du manque de confiance en moi car j’ai une expérience très riche et des qualités professionnelles et humaines qui me permettraient de me débrouiller et de gagner ma vie. J’ai aussi un problème d’hésitation, elle est mon grand ennemie au moment où je veux choisir ou décider (simple exemple : j’ai commandé 2 livres d’Alice Miller et dès que je suis sortie de la librairie, j’ai regretté de ne pas avoir choisi d’autres titres à la place de ceux que j’ai choisis). Il faut toujours que je regrette ce que j’ai décidé ou ce que j’ai choisi. D’aileurs, combien de fois j’ai voulu vous poser une question et j’ai hésité car j’attends jusqu’à ce que les idées soient plus claires dans ma tête. En plus de tout cela, je soufre des idées obsessionnelles : ruminations continues me dérangent car elles ont fini par faire de moi une personne distraite.
    Depuis quelques mois que je m’observe : j’observe mes émotions et leur impact sur mon corps. C’est étonnant comment je souffre mentalement et depuis des années et comment mon corps souffre : palpitations, pesanteur à l’estomac, boule à la gorge et absence d’appétit, bouffées de chaleur, mots de tête, soupirs, …et le plus grave c’est mon pauvre sommeil qui est la victime numéro 1 de mes émotions du jour. Le sommeil est mon thermomètre de mon état émotionnel de la journée. Les relaxants ne servent à rien.
    Ce qui est étrange, c’est que quand j’ai compris intellectuellement les racines et les causes de ma souffrance, j’ai sauté de joie, je me suis sentie très légère, proche du bonheur et de la paix et j’ai réussi à faire de bonnes nuits de sommeil pendant plusieurs jours mais de nouveau, je me suis replongée dans ma souffrance.
    Je me sens coincée dans une impasse : Je continue encore à me lamenter sur mon enfance et à pleurer et en même temps je trouve toutes les excuses à pardonner mes parents surtout ma mère en pensant aux moments où elle était à mes côtés à l’âge adulte. J’ai peur de rester bloquée dans cet impasse et de ne pas m’en sortir et autant j’ai peur, autant j’angoisse. Je sens comme si l’anxiété et la culpabilité se sont renforcées.
    Vous dites qu’il faut s’ouvrir et accepter nos émotions et ne pas en avoir peur. Je n’arrive pas.
    Aidez moi à voir plus claire. Je vous en remercie.
    Cordialement / Une lectrice du Maroc

    Répondre
    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Bonjour Kahina et merci de votre retour de l’autre côté de la méditerranée, d’un pays qui est cher à mon cœur.

      Comme vous l’avez perçu, Alice Miller ne tolérait pas que la religion puisse servir de justification à la violence parentale. Je crois qu’aujourd’hui encore, ce tabou n’est levé dans aucune culture, même si dans certaines cultures il est encore plus loin d’être levé que dans d’autres.

      Comprenez que nous avons pu nous construire « non pathologiquement » si – au moment de l’enfance – nos parents nous ont renvoyé de nous-mêmes une image fiable.

      Parce que chacun a le droit d’exister pour lui-même, on pourrait aussi dire parce que personne n’est l’esclave de personne, nos parents sont responsables de leurs comportements et des conséquences psychiques que ces comportements ont eu sur nous, (de même que nous sommes responsables – en tant que parents – de l’image d’eux-mêmes que nous renvoyons à nos enfants.)
      Si vous n’avez pas eu l’opportunité d’avoir été élevée par des parents respectueux et bienveillants qui vous ont permis de développer ce que le psychanalyste Winnicott appellait votre « propre soi », vous êtes devenue prisonnière d’un « faux soi » qui vous menace dans votre existence même et vous empêche de vivre.
      Pour exister enfin, il va vous falloir travailler sur votre histoire (votre biographie), afin qu’elle ne soit plus bloquée aujourd’hui par des schémas handicapants que vous avez appris et intégrés dans votre enfance.

      Pour ce faire il vous faut découvrir vos traumatismes donc les rencontrer (on ne peut agir que sur ce qu’on connaît), et voir comment vos émotions refoulées sont actives et vous obligent à agir (donc les voir à l’œuvre c’est-à-dire apprendre à les repérer quand elles se déclenchent), c’est à cette condition que vous deviendrez peu à peu capable de dissocier votre « faux soi » et de faire émerger votre « vrai soi » donc de vivre de manière de plus en plus autonome, ce qui veut dire en ayant rompu les liens traumatiques et émotionnels qui vous liaient à vos parents.
      A ce stade, vous devenez bienveillante avec vous-même c’est-à-dire « adulte » (avec vous-même et les autres) c’est-à-dire sans référence particulière ni fixation pathologique à vos parents.

      Si le travail thérapeutique commence par la découverte de la vérité de ce que vous avez vécu dans votre histoire, il ne suffit donc pas d’avoir « reconnu » ses traumatismes pour en être délivré, il faut aussi – pas à pas – apprendre à devenir pour soi-même un interlocuteur fiable (et je crois qu’il est nécessaire pour cela de se faire accompagner par un thérapeute bienveillant et empathique qui jouera un temps pour vous le rôle que vos parents n’ont pas pu assumer.)

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  20. Kahina

    Bonjour et merci pour votre réponse,
    Il y a quelques années, j’ai consulté un psychologue suite à mes troubles de sommeils, de nervosité et surtout mes problèmes liés au travail: sensibilité envers les remarques de mon chef et ruminations. Avant je croyais que j’étais nerveuse alors que j’étais agressive. Le psychologue m’a conseillé de commencer d’abord par mettre de l’ordre dans ma vie quotidienne pour diminuer la pression et pour préparer ma fille à l’adolescence sans-complications : revoir ma relation avec ma fille et mon ex, permettre à ma fille de visiter son père ou sa grand-mère (sa famille paternelle l’aime beaucoup) autant de fois qu’elle le souhaite, responsabiliser son père pour les devoirs de l’école durant ses visites chez lui au lieu que ce se soit moi qui les fait tous les WE, le responsabiliser pour faire d’autres courses pour notre enfant (consultations aux médecins, achats de vêtements, ..). Petit à petit, son père s’est impliqué et j’ai senti que ma fille est devenue plus heureuse. Il a même pris l’initiative d’augmenter la pension quand il a vu les dépenses que je fais pour notre enfant. Ma fille est devenue autonome dans la gestion de sa relation avec son père et je ne m’y interfère plus depuis. A la fin de ma thérapie (vingtaine de séances) j’ai fini par construire une bonne communication avec le père de ma fille (notre relation avant était très froide et cela faisait du mal à notre enfant).
    Tout cela m’a beaucoup soulagé, la pression sur moi a diminué et j’ai commencé à avoir plus de temps pour moi pour m’épanouir.
    Quand j’ai dit au psychothérapeute « je ne veux pas que ma fille soit vulnérable comme moi », il m’a répondu « il faut apprendre à la respecter ». Il m’a sensibilisé sur l’impact de mes attitudes brutales sur son équilibre et depuis, j’ai fait beaucoup d’efforts dans ce sens mais cela n’empêche que j’ai encore des comportements toxiques avec elle.
    C’est vrai que le thérapeute m’a beaucoup aidé à mettre de l’ordre dans ma vie mais je reste toujours malheureuse de l’intérieur à cause de mes émotions indésirables.
    Je me demande pourquoi il n’a pas commencé d’abord par « attaquer » et analysé mes problèmes de mon enfance afin de soigner l’enfant blessé en moi. Dans ma dernière consultation, je lui ai dit « je veux apprendre à gérer mes émotions, c’est trop comment je culpabilise, …et j’en veux à mes parents qui m’ont mise au monde et n’ont pas su m’aimer », il m’a répondu « vos parents ont fait de leur mieux, ils ne pouvaient pas faire autrement et grâce à votre vécu que vous êtes devenue ce que vous êtes maintenant : une femme autonome, responsable, bataillante, …regarde ce que tu as réalisé jusqu’à maintenant, il faut positiver..»
    Entendre cela après avoir lu vos articles et ceux d’Alice Miller est choquant 
    Merci encore
    Avec mon immense respect

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    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Un psychologue est une personne qui a un diplôme de psychologie mais qui n’a pas fait nécessairement un travail sur lui-même et sa propre histoire. Je vous conseille donc de consulter un psychothérapeute (qui lui a normalement fait un travail approfondi sur sa propre histoire). Bien sûr un psychologue peut être également psychothérapeute, le mieux est de le lui demander comme j’y engage mes lecteurs dans cet article :
      Se situer et trouver le bon thérapeute

      Je ne sais pas si vos parents ont fait « de leur mieux » mais ce qui est certain c’est qu’ils n’ont pas pu faire autrement que « comme ils ont fait », c’est ainsi qu’ils ont eu des comportements qui ont généré chez vous de la souffrance. Bien sûr il faudrait que vous regardiez cela « à la loupe », ce qui vous permettrait de mieux vous connaître donc de mieux vous comprendre donc de vous apaiser pour découvrir à quelle « fausse loi » vous obéissez quand vous vous sentez poussée, à votre tour, à avoir des comportements toxiques avec votre fille.
      Si « positiver » veut dire apprendre à refouler vos comportements toxiques parce que vous ne savez pas quoi en faire, il ne faut pas positiver. Par contre il est important pour vous « d’avoir une approche positive » c’est-à-dire de sentir que « ce qui travaille en vous » en ce moment est la conséquence de vos forces de vie qui veulent s’épanouir, de vous qui aspirez si fort à grandir et à dépasser certaines de vos limitation (sinon vous ne vous seriez pas arrêtée sur ce blog.)

      Répondre
  21. Kahina

    Bonjour Docteur et merci pour votre réponse et pour votre humanisme,
    Jai lu l’article que vous m’avez conseillé http://www.evolute.fr/connaissance-soi/trouver-bon-therapeute .
    Si j’ai bien compris, le patient a le droit de poser des questions au psychothérapeute sur son vécu et son enfance et sur comment il s’en est sorti ?
    Votre article m’a guidé vers d’autres articles aussi riches et intéressants :
    http://www.evolute.fr/connaissance-soi/pourquoi-travail-therapeutique
    http://www.evolute.fr/connaissance-soi/schemas-renoncer
    Donc, pour me libérer de mon « faux soi », je dois me libérer de mes schémas et croyances d’enfance.

    Une autre question si vous voulez bien me répondre : On parle beaucoup de la TCC et la EFT sur internet.
    Est-ce vrai que ces approches peuvent nous libérer de nos émotions négatives et que le travail thérapeutique ne demande pas beaucoup de temps?
    Merci encore !
    Mes salutations cordiales

    Répondre
    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Je ne suis pas médecin et n’ai pas de doctorat.
      Non, l’expérience dit (et pas seulement la mienne), que ce n’est pas une petite affaire de se débarrasser de son « faux soi ». Cela vous demandera du temps, du courage et de la détermination.
      Faites vous-même vos expériences mais ne vous laissez pas influencer par les marchands d’illusions qui vous feront croire qu’en vous « tapotant » vous réglerez tous vos problèmes.
      Peut-être pouvez-vous lire ceci :
      http://www.evolute.fr/connaissance-soi/travail-pensees

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  22. Félix

    J’ai bien aimé le texte. Je voudrais bien prendre contact avec vous pour une échange personnel. Comment avoir votre contact? Bonne soirée. Et Heureux année 2015.

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  23. Virginie

    Bonjour,
    En cette nouvelle année, je souffre comme jamais… je ne fais que pleurer, pleurer et pleurer.
    Cela fait 14 ans que je fais un travail sur moi, mon enfance il n’y en pas eu, d’abord placé dans une famille de l’ADASS jusqu’à deux ans et 3 mois et après repris par des monstres qui m’ont humilié, maltraité et abusé sexuellement, une soeur en hôpital psychiatrique, c’était mes sorties le mercredi après-midi car je n’avais pas le droit de sortir, j’étais comme dans une prison et je sens toujours cette geôle en moi-même, mes deux parents étaient alcooliques et ne travaillaient pas, un de mes frère s’est suicidé et ils ont dit que c’était de ma faute… je sens toute cette histoire comme une profonde injustice car en thérapie je me suis rendue compte que je disais à ma famille nourricière  » lorsque j’allais en vacances chez eux, une fois l’année  » qu’ils picolaient qu’ils nous battaient et ont mangeaient pas à notre faim, mais la réponse était  » ce sont tes parents Virginie  » donc vaut mieux se taire car personne ne t’écoute et on s’en fout de toi ! j’ai toujours voulu m’en sortir en ne lâchant pas la thérapie… et me disant qu’un jour cela irait mieux, j’attends toujours ce jour, il y a du mieux à certains moments , il y a deux ans j’ai rencontré quelqu’un alors que cela faisait 13 ans que je n’avais pas été avec un homme et c’est à peu près à ce moment que j’ai commencé à voir quelqu’un par rapport au concept de l’enfant intérieur, c’était vraiment très flou à l’époque, je me rappelle d’une phrase qu’il m’avait dit à l’époque  » vous êtes une fleur qui a poussé sur un tas de fumier  » je me rappelle être sortie de cette séance avec un bien-être et effet cotonneux qui n’a malheureusement pas continué… Cette relation avec cet homme a bien commencé mais au bout de 4 mois j’ai commencé à avoir peur, à être angoissée, j’avais peur d’être abandonné, lui-même étant dans quelque chose de compliqué avec son ex par rapport à leur fils, ancien toxicomane à l’héroïne pendant 8 ans , j’avais affaire à quelqu’un de dépendant , bref je vivais cette relation comme une petite fille et lui en demandais trop… j’ai compris les traces qu’avaient laissé cette enfance de maltraitance, la peur de l’abandon, ne pas s’aimer, la jalousie car gros manque de confiance en soi… Il a fini par me laisser, et c’est depuis ce temps que je pleure et que j’ai ces angoisses, je continue à vivre ou à survivre car cela à ouvert encore la brèche plus béante qu’avant, je pense toujours à lui comme si c’était l’homme de ma vie, je pleure et pleure alors que je sais que je ne m’aime pas et que je ne peux aimer en retour… Je continue à faire ce travail sur l’enfant intérieur et c’est très difficile… je pleure sur ma vie qui ne marche pas comme je veux et mon thérapeute qui est un témoin lucide me dit que c’est la victime et non l’enfant intérieur qui pleure … comme je le dis ce travail est difficile, j’ai l’impression de ne faire que souffrir et il y a des moments ou cette souffrance est intolérable, se reconnecté à cet enfant n’est pas simple surtout quand il a été maltraité, je me sens de plus en plus seule et je pense que je l’ai toujours été, j’ai des envies de suicide quand je souffre trop  » alors qu’avant non « et me dis à quoi bon, cela ne marchera jamais il y a eu trop de choses et d’un autre côté je me dis que je n’ai pas fait ce travail sur moi pour rien, ce faux moi est en place depuis bien longtemps qui a généré cette dépression tellement je me suis éloigné de mon enfant intérieur.
    Ce travail est difficile, il n’y a pas de recette et on se sent sans filets, c’est assez vertigineux pour quelqu’un qui a toujours vécue dans l’insécurité et la peur !!!
    Merci

    Répondre
    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      C’est vrai, il n’y a pas de recette. Aussi cruel que cela vous apparaisse, la victime ne peut que pleurer et se lamenter. Votre planche de salut est donc de la reconnaitre en vous sans vous identifier à elle.

      Répondre
      1. Virginie

        Pensez-vous que l’on peut se sortir de ce genre d’histoire… Avez-vous connu des personnes ayant des souffrances liées à des maltraitances parentales du même registre ?
        Merci

        Répondre
        1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

          Il est possible de s’en sortir Virginie, à condition de remettre en cause la personne que vous croyez être, je ne connais pas d’autre moyen.
          Ce qui revient à dire identifier vos modes fondamentaux d’identification pour vous ouvrir enfin à l’être humain que vous êtes vraiment, derrière vos blessures.

          Répondre
          1. Lou

            Bonjour Virginie
            Je me permets de vous écrire ce petit mot à la suite de votre message qui m’a beaucoup touché, au delà de votre histoire personnelle mais pour la beauté de la personne qui transparaît derrière, « une fleur qui a poussé sur un tas de fumier » c’est exactement ce que je ressent aussi à travers vos écrits mais aussi « une fleur qui continue à prendre racine vers « Sa » belle terre ».
            Regardez, dans la nature, l’herbe continue à se frayer un chemin meme à travers du béton et vous etes issue de cette incroyable nature, vous avez en vous les mêmes capacités pour vous frayer votre propre chemin

            … »Vous ouvrir à l’Etre humain derrière vos blessures »

            Je vous envoie mes plus belles pensées Virginie et toute mon admiration pour la belle personne qui transparaît à travers vos écrits

            Répondre
            1. Virginie

              Merci à vous Lou d’avoir pris du temps afin de me laisser ces mots réconfortants et chaleureux, je fais de mon mieux afin d’aller vers un mieux-être, ce n’est pas tous les jours facile…

              Merci encore !

              Virginie

              Répondre
  24. marianna

    Bonjour, merci j’ai lu votre texte. Moi aussi il a fallu que je comprenne mes failles avec les hommes, bien sûr mon enfance en est la cause mais j’ai fouillé mes souvenirs d’enfants et ma vie d’épouse. J’ai fait une thérapie de trois ans, fais du yoga, vu une énergéticienne et je m’intéresse beaucoup au développement personnel. Aujourd’hui, je suis une femme qui existe pour moi même et mes enfants et petits enfnats. De toutes mes difficultés j’en ai tiré du positif, j’ai grandit. Par contre il me reste un point d’interrogation pour mon homme idéale, je ne sais pas et pourtant un ami comblerais ma vie maintenant mais je n’ai pas envie de cherché, le r^ver me suffit, je me demande si c’est normal ? Merci pour votre réponse.

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    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Le rêve est un exutoire qui permet de ne pas vivre sa vie en répondant à ses besoins. Observez ce qui vous vous empêche de rencontrer l’ami auquel vous aspirez…

      Répondre
  25. CHANTAL

    Après des années de souffrance physique et psychologique assénées par des parents toxiques j’ai toujours, à 55 ans, du mal à avoir confiance en moi et en l’autre. J’ai fait un travail sur moi pendant des années auprès de plusieurs thérapeutes mais autant j’ai tourné la page de mon enfance en « pardonnant  » à mes parents après avoir compris leur propre souffrance, autant je n’ai jamais réussi à guérir de tout ce que cette saleté d’enfance a ancré en moi. Comme si j’étais programmée pour ça j’ai fait dans ma vie des choix néfastes pour mon équilibre et mon épanouissement. Bien sûr il y a des périodes de mieux lorsque les circonstances de ma vie sont plutôt positives mais un rien et la souffrance de tout ce dont j’ai manqué revient. Alors je m’écroule au fond de moi. Bien sûr je le cache car dans cette société consumériste il est mal vu d’être « malheureux » et encore plus d’être en « demande d’attentions », ça gêne le confort des autres. Toute vérité n’est pas bonne à dire et celle là encore moins. Les gens positifs, bien dans leur peau attirent, les autres font fuir. En ce moment je suis à nouveau mal. Il a fallu d’un rien, juste le témoignage d’une femme entendu à la télé qui a fait remonter tellement de choses. Dans ces moments là je voudrais mourir pour ne plus souffrir, ne plus être, enfin. J’ai passé ma vie à détruire ma santé, suicide déguisé. Je ne crois plus que j’arriverai à dépasser ces manques qui entravent mon bonheur… potentiel. Tant mieux quand je vais bien sinon j’essaie de courber le dos et d’attendre que passe le creux de la vague, un point c’est tout. J’ai essayé d’être une meilleure mère que la mienne pour mes trois enfants. J’ai fait des choses bien, j’en ai raté d’autres ce que je regrette mais on ne refait pas le passé. Que mes enfants réussissent leur vie c’est pour moi le principal, en ce qui me concerne le reste sera ce qu’il sera, je n’ai plus d’illusions, je fais ce que je peux avec ce que j’ai…

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    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Oui Chantal, vous êtes désabusée et amère, car malgré vos efforts vous ne vous êtes pas « réhabilitée » vous-même : vous êtes encore à certains moments la victime de ces parents aux comportements toxiques, un être en souffrance qui n’a pas d’autres ressources que de courber le dos et d’attendre que ça se passe.
      C’est dire à quel point je ne crois pas que vous ayez « tourné la page » comme vous le croyez à tort. Sans doute avez-vous été influencée en cela par des thérapeutes qui vous ont persuadé de renoncer à vous même en parvenant à vous convaincre qu’il fallait pardonner.

      Pour aller plus loin, je vous invite à lire : Oser la colère, oser être vrai avec soi-même

      Répondre
      1. CHANTAL

        Après un certain recul je reviens sur votre réponse, on ne peut plus éclairée. Ainsi lorsque vous me dites « Je ne crois pas que vous ayez – tourné la page – comme vous le croyez à tort » je ne peux qu’abonder dans votre sens. En effet, bien que mon premier mariage ait été un fiasco j’ai jusqu’à ce jour conservé le nom de mes deux filles, ceci dans le but déclaré de maintenir l’unité de notre famille. Or depuis j’ai un fils qui porte un autre nom et après le divorce d’avec son père mon fils, souffrant de porter un nom différent du nôtre, m’a demandée de reprendre mon nom de jeune fille afin de les mettre tous les trois sur un pieds d’égalité. Tout en le rassurant de mon amour pour lui, je lui ai expliqué à quel point cela m’était impossible tellement je rejetais mon appartenance à cette prétendue « famille » qui m’avait tant maltraitée et à ses autres membres du même nom qui, bien qu’au courant de mes souffrances (je l’ai appris à mes quarante ans…) n’avaient, à aucun moment, levé le petit doigt pour me protéger. Ce choix est toujours d’actualité, confirmant par là même à quel point vous avez raison.

        Si j’ai conservé le nom de mes filles c’est parce que c’est le premier nom qui a signé définitivement ma différence d’avec mes parents et m’a ancrée dans ma propre famille. Mais, ironie du destin, il se trouve qu’à présent je me retrouve, au regard de la loi, dans l’illégalité, le père de mes filles n’ayant pas reconnu officiellement mon droit à porter son nom. Le père de mon fils, témoin de la malveillance de mes parents et informé de mon histoire, m’a gentiment proposé de prendre son nom mais je m’accroche à cette « identité » que je me suis « fabriquée » depuis tant d’années comme à un repère essentiel… bien qu’illusoire.

        Il est clair que cette situation me parle de mon incapacité à reconnaître MON identité. Comme vous le dites, là encore avec justesse, malgré mes efforts je ne me suis toujours pas « réhabilitée à moi-même ». Aujourd’hui j’en prends conscience et je ressens à quel point il est temps que je m’en préoccupe… Merci pour votre professionnalisme.

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  26. marianna

    Bonjour, ce commentaire me touche beaucoup. Il est temps d’apprendre à vous aimer, penser rien que à vous. Faites la liste de tout ce que vous avez de bien. Comme moi vous avez réussi l’éducation de vos enfants, bravo, si j’ai bien lu, vous n’aviez pourtant pas eu de bons modèles, c’est avec le négatif pourtant que vous avez élever vos enfants. Courage la vie est belle quand on veut, d’autres gens on vécu des atrocités dans leur enfance et sont sortis plus forts. Félicitez vous aussi, donnez vous de bonnes pensées , nous sommes que de passage sur terre alors faut rien gâcher. Bonne route.

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  27. Mathilde

    Bonjour Renaud,

    Mon copain m’a quitté ce week-end pas à cause d’une relation qui se dégradait. Mais il ressent le besoin d’être seul pour régler des difficultés relationnels. Ses parents ont divorcé, il les a toujours vu et les voit encore se déchirer et même à 25 ans, ça fait mal.

    Il est triste, il pense ne pas avoir le droit d’être aimé, qu’on lui apporte de l’attention… J’aimerais l’aider, je ne sais pas comment faire. Je lui ai conseillé d’aller consulter un professionnel. Je ne sais pas s’il fera la démarche. Il dit ne pas vouloir faire une croix sur moi, et me promet de me revoir. Je meurs d’envie de l’aider, savoir qu’il se retrouve à nouveau seul (même si c’est ce qu’il veut) ne règlera pas ses problèmes s’il n’agit pas et s’enferme dans son train train.

    Il me parait instable car en même temps qu’il me quittait, il est resté près de 20h avec moi ensuite. Et il me demandait si je voulais qu’on aille quand même en voyage à Paris prévu dans 3 semaines, il disait qu’il me trouvait jolie, et me faisait des promesses comme quoi on se reverra et qu’il n’oublie pas de réserver le logement pour Paris (je ne sais pas si c’est bon d’y aller), tout en me disant qu’on ne se remettra pas ensemble, et qu’il ne veut pas me donner de faux espoir.

    Que me conseillez-vous ? Comment puis-je l’aider ? Mettre des mots sur son mal-être et lui dire entre 4 yeux, il m’a beaucoup parlé de ça (je suis une des rares personnes, ce qui fait que je ne veux pas le laisser tomber)..

    Merci par avance

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    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Avant de vouloir aider votre ami, je vous invite à méditer cela : Histoire du papillon
      Vous pouvez aussi vous poser honnêtement la question de ce qui vous pousse ainsi à vouloir jouer au sauveur avec une personne qui vous montre son instabilité, sa non fiabilité.

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      1. Mathilde

        Justement il m’a demandé de l’aider. Mais pas immédiatement car l’émotion est encore forte suite à la séparation. Il souhaite me voir, être seul, il veut tout ce qui n’est pas possible.

        Je ne souhaite pas jouer au sauveur mais répondre à une demande qu’il m’a faite. Sans réussir à savoir à quel titre je devrais l’aider ? C’est ça ma principale interrogation finalement. Celle sur laquelle j’aimerais que vous m’éclairiez. Et savoir si, selon vous, ça ne lui ferait pas plus de mal que je l’aide (en prenant en compte la tendresse et les sentiments que nous avons l’un pour l’autre) ?

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        1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

          Comment voulez-vous que je vous réponde à propos d’un autre que je ne connais pas ?!
          Par contre je peux vous parler à vous qui m’écrivez : si vous ne savez pas « à quel titre vous devriez aider » ce garçon, si vous intellectualisez ainsi les choses, c’est que vous n’en avez pas le désir profond. Alors je me demande pourquoi vous devriez vous poser un problème qui n’existe en réalité pas.

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          1. Mathilde

            Je veux dire par là, que j’ai envie de l’aider car je l’apprécie. Je suis même amoureuse de lui. Mais j’ai peur de souffrir de le voir pour lui, il a été égoïste en me quittant alors que tout allait bien entre nous. Mais que dans sa tête ça ne va pas. Et il me demande de l’aide, j’ai d’un côté envie d’être égoïste aussi pour me protéger, mais une fois que j’aurais fait le deuil de notre relation et surtout que ça ne sera plus à vif, j’aimerais être disponible.
            Cela parait-il plus cohérent ?

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            1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

              Oui, vous êtes ambivalente et je crois que cette ambivalence parle plus de vous que de lui, voilà ce que je peux vous dire, sans pouvoir aller plus loin dans les commentaires de cet article qui ne sont pas le lieu pour cela.
              Le conseil que je vous donne est donc de vous interroger vous-même sur votre ambivalence.

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  28. Sumire

    Il est vrai guérir de son enfance est une chose difficile, qu’a force de critique – petit(e) que nous étions – on se bâtit une identité un « soi » faut « tu es trop mou(lle) », « espèce de binoclard(e) » et qu’une gentille camarade nous dise « meures » – chose qui m’est déjà arrivé – et j’en passe ! et bien…. cela nous laisse des séquelles au futur ! Et c’est exactement ce qui m’arrive.
    Quelque fois quand on me parle d’un ton trop désagréable, comme à une espèce de servante, ou qu’on se moque, si vous voyez au lieu de me dire que j’ai le droit au respect, d’être libre et non soumise, au lieu de cela je me blâme en me disant « tu es trop faible c’est pour ça qu’elles sont comme ça » et alors ma voix se fait petite et je suis plus en colère contre moi-même qu’alors c’est elles les « méchants » ce que je blâme le plus ce sont mes réactions de soumises, de « faible » et j’en viens alors à me détester. Pourtant je me dis que la personne que je veux devenir « mon idéal » l’est en moi et que je suis une fille qui a peut-être du caractère et pour l’instant c’est la moi « discrète » « timide » qui se montre et je n’arrive pas à la faire ressortir. Peut-être que la phase du collège dans laquelle je suis est celle où on se cherche le plus. Je me sens prisonniers du passé, je regrette qu’il y a pas longtemps, j’avais atterris dans une bonne classe et étais différente (plus « moi ») et maintenant je ne cesse de me comparer. Je veux juste changer et aller de l’avant.

    Répondre
    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      C’est vrai que dans la vie personne n’est le serviteur de personne sans son consentement libre. Vous en souvenir, c’est vous souvenir de la dignité que vous vous devez à vous-même.
      Se blâmer soi-même, se culpabiliser et s’en vouloir n’est jamais la solution car c’est – en effet – donner raison à ses détracteurs. En même temps, il ne nous faut pas non plus être trop sévères avec nous-mêmes, vous êtes jeune et comme vous vous en êtes aperçue, tout le monde commet des erreurs, vous pouvez donc aussi en commettre parfois avec vous-même. Pourquoi vous en vouloir trop cruellement ? Les remarquer sans vous juger, sans vous comparer est difficile, j’en conviens, mais comme vous le partagez si justement « ce que vous êtes » n’est « ce que vous êtes » que « pour l’instant ».
      Apprendre à vous aimer vous-même c’est mettre en pratique ce que vous dites-là. C’est prendre conscience que tout est impermanent, tout change sans cesse, à commencer par vous qui m’écrivez. Alors courage, vous n’avez été ce que vous avez été qu’un court instant. Alors le temps de vous juger et vous n’êtes déjà plus qui vous jugez…

      Répondre
  29. Sonia

    Bonjour,
    Alors voilà mon problème, depuis mon enfance, j’ai l’habitude de dire oui à une certaine personne (elle utilisait des méthodes d’intimidations depuis que je suis petites)…. J’en eu ai assez ! J’ai l’impression que cette personne me prend un peu pour sa servante de plus elle est assez…. agressive. Donc un jour je lui ai exprimé mon refus et elle a mal réagis, aussi bien physiquement que verbalement. Avec elle, j’ai l’impression de ne pas avoir le droit d’imposée une opposition sûrement à cause des  »lois » quelle me dictait…Alors dîtes moi, comment s’opposer au « fausse lois » de son enfance ? Pour enfin lui dire non clairement et sans craindre ses réactions ?

    Répondre
    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      En réalité, vous n’avez à obéir qu’à vous-même. C’est votre fausse loi qui vous fait croire que vous devez obéir aux autres.
      C’est parce que vous permettez à l’autre d’avoir un pouvoir sur vous (donc que vous vous situez comme son inférieure) que vous vivez dans la crainte.
      Le jour où vous serez persuadée que ses réactions sont abusives et illégitimes, vous le craindrez moins. Il vous faudra alors affronter votre mauvaise conscience à oser lui dire « non ».

      Répondre
  30. Delphine

    Bonjour
    Une question me taraude . Comment se respecter soi même en s’aimant et en prenant soin de soi même face à des personnes qui nous font des « reproches » légitimes ? A partir de quand doit on se remettre en question sur notre façon d’être ? car peut être ce que les autres nous disent est vrai ! peut être faisons nous des erreurs, ou des mauvaises choses . Ne risque t’on pas de tomber dans une sorte d’égoïsme ou de nombrilisme si l’on cherche toujours à satisfaire ses propres besoins ? J’ai très envie d’apprendre à m’aimer et me respecter plus mais j’ai peur de le faire au détriment des autres qui parfois ont peut être des choses constructives à nous apprendre . comment savoir quelles choses sont constructives, et lesquelles ne le sont pas ? et si on dit à l’autre ok j’ai noté ce que tu me dis tu as raison, je vais faire attention pour te respecter, peut être la personne en face va se dire qu’on ne se respecte plus et donc ne nous respectera plus non plu.

    Répondre
    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      En découvrant ce qui – à l’intérieur de vous – vous contraint à ne pas pouvoir faire la différence entre le légitime et ce qui ne l’est pas.
      Ce travail s’appelle une psychothérapie et permet notamment de s’appuyer sur soi-même en comptant sur son propre discernement. Il a pour fondation la confiance en soi-même.

      Répondre
  31. florence

    bonjour,

    J’ai 48 ans. Ma mère est décédée depuis 17 ans. Je n’ai pas de bons rapports avec mon père. J’ai lutté toute ma vie pour être indépendante et réussir ce que j’entreprenais. J’ai cru y arriver mais je reproduis les mêmes erreurs et c’est de plus en plus dur à assumer. J’ai fait une tentative stupide de suicide (un appel au secours plutôt) parce que mon compagnon me trompait.
    Je suis une enfant non désirée qui a empêché ma mère de quitter mon père qu’elle n’aimait pas. Elle avait déjà un enfant et elle ne se sentait pas capable de partir avec 2 enfants en bas âge. Ses parents ne voulant pas l’aider. Elle s’est « sacrifieé » pour ses filles et a attendu que nous soyons plus grandes pour partir. J’avais 14 ans. J’ai appris tout ça à ce moment là. Ma soeur m’a toujours détestée et j’ai enfin compris pourquoi. Ma mère avait passé sa grossesse en pleurs et ma soeur a du tout sentir. Après la séparation ma mère a rapidement rencontré quelqu’un avec qui elle est allée vivre, dans le même immeuble où nous nous étions installées, me laissant seule avec ma soeur de 4 ans mon ainée. Mon père a mal supporté notre départ et nous en a voulu d’avoir suivi notre mère. Je me suis sentie perdue, sans foyer, supportant la vie de jeune délurée de ma soeur, ramenant ses mecs dans notre petit T1. J’étais dépressive mais j’emmerdais tout le monde qui voulait profiter de sa nouvelle vie. J’ai quitté l’école à 16ans, j’ai malgré tout réussi mon bac en candidate libre avec un an d’avance. Je suis allée en fac et me suis mise en ménage avec un garçon un peu paumé lui aussi. Mon but était de m’en sortir et de leur montrer que j’avais besoins de personne. ça a marché un temps. J’ai eu un bon travail. Mais j’ai quitté mon ami au bout de 7 ans et j’ai fait la mauvaise rencontre. Un homme mythomane qui m’a fait faire beaucoup d’erreurs. J’ai perdu mon travail. Mais encore une fois je m’en suis sortie, j’ai repris les études, je me suis battue pour l’aider. J’ai fait un enfant, nous avons fait construire une maison, je suis devenue enseignante. Et je l’ai quitté au bout de 15 ans. J’ai vécu une passion amoureuse avec un homme mais au bout de 2an1/2 il m’a quitté, il était dépressif et ne voulait pas se soigner. Tout a basculé mais j’ai tenu pour mon fils. J’ai rencontré à nouveau quelqu’un il y a 3ans1/2 je voulais me stabiliser je ne l’aimais pas vraiment. J’ai découvert qu’il était sexe addict, allant sur les sites de rencontre. Et je suis restée avec lui. Il m’a dit qu’il changerait, j’ai pensé gagner du temps le temps dêtre plus forte (mon fils m’ayant quitté pour vivre chez son père). Et là je découvre qu’il recommence et c’est la grosse panique. Je l’ai quitté et impossible de vivre seule. J’ai donc fait cette tentative stupide. Je me sens coupable. Il est revenu avec moi bien sur car je lui ai fait peur. Jai l’impression d’être dans un mauvais film. Je pensais avoir assez réussi de chose pour être plus stable. L’expérience ne nous apprend donc rien ? Les réussites ne nous renforcent pas ? POurquoi les échecs sont encore si douloureux ? voire plus même ? Revivre l’abandon ne m’est plus possible ? Je ne veux plus dépendre des autres pourtant et j’ai tout fait pour. Je suis fonctionnaire, j’ai une maison, des amis. et pourtant Je me sens si fragile. Encore la faute de mes parents ? Je ne sais plus quoi faire . J’ai déjà fait plusieurs thérapie mais le résultat n’a pas l’air concluant… Merci d’avoir pris le temps de me lire

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    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Oui, vous avez été – enfant – l’otage de vos parents. Puis, alors même que – jeune adulte – vous viviez votre vie en voulant leur prouver que vous étiez capable de vous en sortir seule en ayant besoin de personne, vous avez donc maintenu inconsciemment cette dépendance. Aujourd’hui vous avez peur de la solitude comme si vous étiez « attachée » à cette dépendance vis-à-vis d’êtres humains qui ne vous respectent pas.
      Plus que nos réussites, ce sont les répétions de nos erreurs qui nous renforcent quand on ose les comprendre et pour les comprendre, il faut les « mettre à jour » dans un travail thérapeutique de connaissance de soi-même et de ce qui nous attache encore au passé révolu.
      Vous n’avez pas besoin de faire « plusieurs thérapies » mais d’entreprendre un travail régulier, sérieux et suivi avec une personne en laquelle vous mettrez votre confiance.

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  32. nadir

    les mots clés tapés dans le moteur de recherche m’ont mené a votre article
    je sais que je dois entreprendre une psychothérapie j’ai 30 ans ce ne sera pas pareil que lorsque j’avais 16 ans de toute façon j’ai l’impression que je n’arriverais pas a sortir la tete de l’eau je dois me faire aider mais c’est difficile de se dire que tout les épreuves vecues dans l’enfance ne m’ont rendu fort que temporairement et qu’a la moindre étape difficile de ma vie tout s’effondre
    je suis le fils de parents métis ma mere est vietnamienne marocaine et mon père vietnamien français (il n’a lui meme jamais connu son père français mais a été elevé par un beau père marocain difficile) mes grand pères marocains étaient des colons parti avec la france au vietnam pdt de nombreuse année a tel point qu’il ont pris femme et eu des familles sur place lorsque la guerre fut terminé ils rentrèrent tous au maroc ou mes grands mere et leurs enfants ont vécu une integration partielle voire nulle ce qui encouragea la famille de ma mere a s’expatrier en france ce qui permettrait a leur enfants d’avoir une meilleure education sans pour autant trop s’éloigner du maroc
    les traditions perdurant le mariage entre mes parents fut arrangé et célébré au maroc alors que la famille de ma mere vivait depuis deja plusieurs année en france ma mere avait 18 ans je suis né l’année suivante en corse ma mere a insisté pour ne pas rester au maroc 3 ans plus tard ca ne colle pas mon père est violent fermé au dialogue misogyne il n’est pas eduqué n’a pas bcp été a l’école et a eu un beau père violent ma mere s’enfuit pour nous protéger de sa violence divorce et se réfugie chez mon grand père qui lui ferme la porte au nez la renvoie chez mon père en lui disant que ne faisait pas ca chez nous
    elle serrera les dents et pansera nos blessures jusqu’a ce que j’ai 7 ans ou la goutte d’eau fait déborder le vase ce moment ou elle s’est senti assez forte on s’enfuit de famille en ami a force de combat la loi lui donne ma garde j’ai un beau père une nouvelle maison une nouvelle école une nouvelle vie
    mon père a le droit de me prendre pdt les vacances je ne veux pas y aller je la supplie de ne pas m’y envoyer mais elle est obligé et puis c’est quand meme mon père
    il m’enlève m’emmène au maroc ou je resterais caché chez des ami a lui, maltraité par des inconnu alors que lui est absent cela va durer 2ans je n’ai tirs pas revu ma mere elle ne sait pas ou je suis je ne sais pas comment la contacter
    je saurais plus tard qu’il a réussi a lui prendre la garde la menaçant de me laisser au maroc
    pour que je puisse avoir une scolarité convenable elle va lui signer ce papier qui lui donne tout les doits qui va m’emprisonner avec lui dans une petite ville près de marseille pdt 7 ans je n’ai tirs pas revu ma mere mais depuis et a force mes sentiments changent je raconte qu’elle est morte pour ne pas dire qu’elle ne me cherche pas
    7 années ou les coups me font moins mal a force que je grandit et je respecte de moins en moins les règles je fugue le baton je me drogue le baton je me fais remarquer a l’école le baton puis le baton se casse il utilise ses poings je vole je me fais arrêter et la je suis suivi par un éducateur une personne étrangère qui connait qui voit qui comprend et qui peut peut être m’aider je profite de sa presence un jour pour cracher toute ma haine a mon père et réussir a lui dire qu’il aurait du me laisser a ma mere
    le lendemain y a un numero de telehone sur mon bureau celui de ma mere il l’avait depuis tout ce temps ?
    je telephone on se revoit je découvre que jai 2 petits frères et un nouveau beau père
    les mois suivant avec mon père ont été insupportable au point qu’en urgence je suis allé vivre chez ma mere a toulouse je reverrais mon père 2 fois ou jen’ai pas réussi a avoir de remords de sa part ni de discussion ou d’explications il vit a present au vietnam ou il aurait refait sa vie
    ca a tenu qq mois avec ma mere j’étais un ado difficile elevé par mon père face a une mere que j’avais oublié dans une famille ou je n’ai pas ma place ou ma place a été prise
    fugue dispute violence
    je suis en envoyé en foyer dans une maison d’enfant a caractère social et éducatif
    pdt tout mon pensionnat ils ont essayé en priorité de rétablir le dialogue avec ma mere
    de m’eduquer de me guider de me calmer j’y ai vécu des moments difficiles mais aussi des bon moments le dialogue avec ma mere est en dents de scie
    mon premier appartement mes premiers emplois je me lance dans ma vie d’adulte
    je galere en amour je suis gay je galère professionnellement j’ai pas fait d’etudes j’ai fais de la coiffure mais j’ai laissé tomber je suis depuis barman boulot alimentaire qui m’a permit de vivre toutes ces années autonome mais en fait pas vraiment j’ai traversé des grosses depressions du a mon addiction au cannabis je ne gère pas du tout la solitude j’étais récemment en colocation avec des amis et l’idée que ca se terminait me terrifiait je suis trop dépendant des autres constamment besoin d’être rassuré qu’on me prouve son affection que l’on ne va pas m’abandonner
    a 28 ans j’ai décidé de quitter cette ville de m’éloigner pour assumer de me retrouver avec moi meme d’accepter de m’aimer pou rapprendre a pouvoir être bien avec moi meme je decide de me fixer des projets de changer de voies professionnelles mais en passant m’éloigner je me voilais la face j’essayais de me rapprocher de mon petit frère pour combler cette solitude mais ca vole en éclat il est plus solitaire que moi j’ai passé plusieurs mois chez ma marraine puis chez ma tante je ne suis plus sur de mes projets tout est brouillon j’ai encore je le vois tellement de chose qui me freinent
    je suis tellement angoissé par l’avenir je ne gère pas mes émotions quand je vais mal j’en veux a mes parents de m’avoir attaché ses boulets au pieds a mes frères parce qu’on n’est pas proche et si different a ma famille tout entière de s’être autant tous eloigné et d’être devenu si étrangers
    mes amis me manquent mais je dois apprendre a faire ma vie sans les autres sans me comparer a eux je suis maintenant a paris chez ma mere qui est en plein divorce et en galère avec le dernier qui a 14 ans ment fume et meme boit de l’alcool je ne peux m’empêcher de me dire que meme si j’ai pas vécu avec eux je suis indirectement responsable du mauvais exemple que j’ai pu donner lors des conflits avec ma mere
    il faut vite que je trouve du boulot que je retrouve une autonomie et que je suive un psychotherapie
    voila j’ai bcp écrit mais lire l’article et les commentaires m’ont donné envi de raconter un peu mon histoire

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    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Oui votre principal travail est d’oser être bienveillant avec vous-même, donc apprendre à compter sur vous c’est-à-dire sur toute cette énergie positive qui s’exprime quand vous osez vous regarder avec lucidité.

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  33. Cécile

    Bonjour tout le monde

    J’ai découvert ce site hier et ça m’a fait l’effet d’une bombe reçue en plein coeur, tellement tout ça est douloureux à vivre quand on a eu des parents immatures et ou absents pour nous montrer le chemin de la vie et quand les rapports entres frères et soeur ( nous sommes 4 , deux garçons, deux filles, suis la troisième, celle qui devait se faire discrète, docile, presque invisible et à l’adolescence j’ai changé du tout au tout et j’ai rencontré les opiacés / mon produit  » fétiche « , mon doudou pour survivre sans avoir envie de me tuer ), se résument à de la violence, des abus sexuels et de la rivalité, c’est ATROCE,

    Pour cette raison je pense que je vais passer Noël seule car mon frangin m’a agressé verbalement très violemment dimanche dernier et je ne m’y attendais pas du tout, j’ai vu alors sa haine, sa rage contre moi surgir d’un coup et ma mère et sa soeur ( ma tante, une vieille fille bigote et immature également qui a placé sa soeur ( ma mère ) sous emprise en se rendant indispensable avec son fric, bref elles me dégoûtent toutes les deux ) ont surgit dans le salon en disant de Me Taire,

    Pour une fois que je me défendais ! Ensuite elles m’ont dit que mon frère était Gentil, oui vous avez bien lu ! et qu’il était malade / enfin fou plus exactement car  » dans la famille de ton père, il y a beaucoup de  » gens comme ça  » … et toc ! prends ça dans les dents !

    Je commence à les détester vraiment de plus en plus, surtout après avoir lu ce site qui est très utile mais ça fait aussi très mal de comprendre que l’on est mal ou pas aimé, que ma vie est brisée,

    J’ai été suivie longtemps par une psy, puis par une autre quand la  » mienne  » est partie du centre, mais j’ai arrêtée car je pensais que  » ça allait  » maintenant, que je connaissais le fond du problème, mais apparemment c’est encore loin d’être terminé, j’en ai la triste certitude,

    Passer Noël seule pour éviter ses frères, et sa soeur ( si elle vient ) qui aimeraient que je me suicide afin de se débarrasser du problème que je leur pose à cause de ma façon d’être, mais c’est inconscient chez eux enfin j’espère !

    J’en peux plus, ça fait trop mal

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    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Non, votre vie n’est pas brisée, il y a une alternative aux opiacés et à la haine, c’est la bienveillance pour soi-même qui passe par oser courageusement s’éloigner d’un milieu que l’on sait toxique pour soi.
      Pourquoi ne retourneriez-vous pas consulter votre psy pour travailler avec elle à cela ?

      Répondre
  34. Cécile

    Merci de votre réponse rapide,

    Oui vous avez sans doute raison pour le fait de retourner voir ma psy, mais je n’ose plus trop la jpindre car j’ai cessé la thérapie sans la prévenir, enfin je crois qu’elle est habituée avec nous, dans ce centre spécialisé pour les dépendants aux drogues, je vais prendre mon courage et appeler lundi, savoir si elle peut me voir rapidement,

    sinon je n’ai pas de haine vous savez mais plutôt énormément de tristesse + de la colère quand on m’attaque verbalement et qu’on me dit  » ferme ta gueule !  » ça fait très mal car à la base, j’aimais ma famille mais elle m’a tellement déçue, enfin c’est notre éducation qui coince, depuis que mon père est mort, plus rien ne va car il y a eu des histoires d’héritage, enfin bref ! vous voyez le genre …

    merci encore pour votre écoute, c’est gentil et une bonne idée d’avoir créé ce site de partage !

    Répondre
    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Oui, a priori votre psy est POUR vous. « Prendre votre courage » comme vous dites, c’est faire un petit pas vers la jeune femme que vous êtes donc nous sommes sûrs que ça va dans le bon sens.
      Oui, derrière notre haine ou notre colère il y a souvent une immense tristesse. Un de mes amis dit que la colère c’est de la tristesse infectée.
      Tant que vous vous identifiez à la petite fille perdue qui – à l’intérieur de vous – aspire tant à être aimée, vous vous perdez parce que vous butez sur votre famille et votre éducation.
      En fait – quelle qu’ait été – votre éducation vous êtes juste, tout au fond de vous, une jeune femme qui aspire à vivre sa vie et c’est normal. Cette petite fille vous joue des tours voyez-vous, quand elle cherche à vous faire croire qu’elle est perdue toute seule.
      Trouver du courage en vous c’est oser agir sur la base de vos besoins plutôt que sur la nostalgie de ce à quoi elle aspire et que vous n’avez pas reçu…
      Bonne chance pour demain !

      Répondre
  35. corinne

    bonsoir,voila cette nuit je me suis réveillé en crise de larme et depuis je fais que pleurer,en fait mon enfance a ressurgis . j ai quand même 50 ans et je suis plutôt quel q’un de très positive et qui aime la vie . c’est vrai que je n’ai pas u une belle enfance du tout…..mais j’aimerais pourquoi maintenant?

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    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Vos larmes, donc votre émotion de cette nuit est le fil rouge qui vous permettra (si vous vous mettez à son écoute) de remonter jusqu’à ce qui est refoulé au fond de vous depuis si longtemps et qui demande à être reconnu et à s’exprimer.

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  36. salma 1

    bonjour,
    je veux votre aide, j’ai maintenant 14 ans et je me sens perturbée je ne sais pas pourquoi mais je crois c’est parceque j’ai vécu une enfance un peu dur car dans ma première et deuxième année primaire, mes camarades de classe se moquaient de moi toujours et des fois elles me donnez des coups, je me rappelle encore de leur nom et de leur visage meme de leur sourire de moquerie je ne disais rien du tous et j’étais toujours silencieuses je n’ai jamais dit ca a personne, mais je sents que je suis maintenant un peu agressif ainsi que je disais avant à ma soeur que je ne suis pas de cette palnète. S’il vous plait donnez moi un conseil et est ce que cela a influencé sur ma personalité je fais tous ce que me dit ma maman meme si je ne suis absolument pas d’accord ainsi que je ne suis pas sociable.

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    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Ce qui est certain c’est que vous avez le droit de réagir quand des personnes se moquent de vous, que vous avez le droit de ne pas vous laisser faire et même d’en parler à des adultes pour lesquels vous pensez qu’ils vous comprendraient et vous aideraient.
      Oui cela peut influer sur votre personnalité aujourd’hui tout en sachant qu’il n’est jamais trop tard pour ne plus se laisser abuser. Donc que les choses peuvent changer pour vous grâce à votre détermination et à votre courage.

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  37. Stephan

    Bonjour, moi comme beaucoup … Je n accepte pas mon enfance et plus ça va et plus je souffre… Des suivis psychologique j’en est depuis l âgé de 11 ans aujourd’hui j’en est 26 et pour ma part sa ne m’aide pas j’ai lu une partie de se que vous expliquez mais trop long … Jai eu maladie pertes de mémoire à 11 ans dons j’ai déjà perdu 11 ans de ma vie ensuite j’ai grandi avec un parent et pas deux et le deuxième j’en aurais tellement eu besoin qu’il m’a fait du mal à mes 20 ans, depuis plus de nouvelle, et aujourd’hui quand j essai de reprendre contact avec il me repousse ma famille m’a bani du côté de mes deux parents je suis seul avec ma fille j ai peurs de vivre jai tellement mal de tout se que je vis tout les jours je me pauses trop de questions aidez moi à comprendre le sens de ma vie svp aujourd’hui jai 26 ans et je vien d apprendre que j avait une sœur cacher par mis les 7 que j’ai appris à connaître au paravant …

    Répondre
  38. severine

    Bonjour j’aime assez cet article qui parle de comment guérir de son enfance.Comme beaucoup j’ai eu une enfance assez pénible faite de carences affectives sévères,père absent alcoolique et enfant je jouais souvent seule isolée,me sentant négligée,indésirable sans pouvoir le nommer..et j’ai fait pas mal de crises de colère enfant,ca s’est apaisé avec l’âge et de bons suivis et car j’ai pu verbaliser ma colère aussi et me donner ce droit,cette légitimité d’avoir été une enfant blessée et d’avoir manqué de soutien..J’ai fait aussi des épisodes dépressifs adultes quand mon père ou géniteur est revenu dans ma vie sans avertir,comme si de rien n’etait me faisant des reproches injustifiés j’ai d’ailleurs coupé les ponts avant sa mort mais j’ai culpabilisé énormément ‘a l’époque de ne pas avoir été a la hauteur,ce que je pensais jusqu’au jour ou j’ai compris que je n’y étais pour rien et remis les responsabilités a leur place.Mon père était l’adulte ,moi l’enfant quand il m’avait laissé ainsi que mes soeurs donc lui seul avait mal agi..j’ai aussi eu du mal a faire confiance aux hommes,en lien avec cet abandon évidemment m’attachant soit a des hommes inaccessibles soit a des hommes fuyants et instables comme..mon père ,il m’a fallu attendre plus de 30 ans pour le comprendre mais rien n’est perdu..Ceci dit j’ai toujours malgré mes thérapies un manque de confiance en moi et je doute souvent de moi. Par exemple si je réussis quelquechose,j’ai eu des diplômes mon premier reflexe sera de penser que j’ai eu de la chance même si j’ai des capacités.Je me dévalorise encore j’ai toujours gardé cette fâcheuse tendance malgré le travail sur moi a être perfectionniste,et vouloir que tout soit parfait a ne pas m’accorder non plus le droit a l’erreur.J’ai fait aussi des séjours en clinique et un psychiatre qui m’e connaissait bien m’avait fait la remarque que j’allais surtout vers les gens qui allaient mal et il avait raison.Même encore aujourd’hui bien que ca se soit atténué j’ai encore tendance a vouloir sauver les autres et a me sentir responsable d’eux bien que je n’en sois pas vraiment responsable..Je commence a faire les choses qui me plaisent vraiment mais j’ai aussi laissé tomber des activités qui me plaisaient me faisaient du bien,des personnes aussi dans le passé par peur ,par sentiment de ne pas les mériter..comment faire pour me dire une fois pour toutes que je mérite les bonnes choses,que les choses peuvent durer ..cela me chagrine parfois un peu encore car dans ma vie j’ai eu des belles rencontres amicales et autres mais peu durables…parfois je n’ai plus eu de nouvelle et si ca ne dure pas j’aurais quand même le réflexe de me sentir coupable et de penser que j’ai fait des erreurs,que j’ai pas donné assez d’amour ou pas été a la hauteur..même si j’ai deux bonnes amies restées fidèles malgré la dépression et mes épreuves très pénibles elles m’apprécient beaucoup..Je sais aussi qu’il faut être deux pour entretenir un lien mais la culpabilité je crois ne m’a pas complétement quitté car quand ca marche pas sur le plan relationnel ca vient me chercher encore parfois même si bien des personnes m’apprécient et que parfois je me dis qu’il aurait été dommage que je ne sois pas la que je suis quelqu’un de spécial….je voudrais savoir si on peut aussi inconsciemment bien sûr s’interdire le bonheur ou de réussir par fidélité a un parent? Je suis pratiquement sûre avec le recul,j’ai 44 ans avoir été fidèle a mon père ou ma mère dans les relations en choisissant des personnes qui me convenaient pas comme pour légitimer a quelquepart leur croyance « l’amour ca dure pas..ou encore »les hommes tu sais les hommes.. »paroles de ma grand mère que j’ai toujours contestée,elle n’ a pas toujours été heureuse avec mon grand père..Comment me délivrer définitivement de ça?
    Merci..

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    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Bien sûr qu’on peut s’interdire le bonheur par fidélité inconsciente à un de ses parents. Pour avancer dans un tel contexte, il vous faut d’abord mettre à jour vos propres stratégies de fidélité inconsciente qui sont des obstacles à être qui vous êtes (vous ne pouvez pas vous délivrer de ce que vous ne connaissez pas), puis oser affronter votre mauvaise conscience à être vous-même (donc infidèle à votre parent.)
      Ainsi – pas à pas – les choses bougeront.

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  39. Johanne

    Il me semble que la colère est le seul moyen que mon être ait trouvé pour survivre au désespoir, au vide.
    Le manque, la tristesse, la douleur, la terreur, le sentiment d’abandon, la solitude extrême, ont creusé chaque jour un peu plus le gouffre immense au milieu de ma poitrine.
    Sans défenses, comme un radeau jeté au milieu de la mer déchaînée.
    Incomprise, pas écoutée, pas entendue, secouée dans ma chair, jusque dans mes os, jusque dans mon âme.
    Pleine d’amour et de curiosité et pourtant brutalisée, humiliée, battue.
    Brisée l’insouciance, l’émerveillement, la candeur, la joie de vivre.
    Restent les rêves, l’imaginaire, les fantasmes… la « non-vie ».
    L’espoir d’une existence plus douce.
    Et cette question qui me hante, sans cesse : « Pourquoi ? »
    « Pourquoi me fais-tu du mal ? »
    « Pourquoi veux-tu me faire peur ? »
    « Pourquoi ne ressens-tu pas ma souffrance ? »
    « Pourquoi n’entends-tu pas mon appel au secours ? »
    « Pourquoi ne m’as-tu pas protégée de toutes tes forces ? »
    « Pourquoi n’as-tu pas su m’aimer ? M’aimer telle que je suis. »
    « Pourquoi m’as-tu toujours fais sentir que j’étais un fardeau et pas un cadeau ? »

    Petit à petit l’élan de vie a donné place à l’instinct de survie.
    Colère, haine, violence, défiance, méfiance, frustration, destruction, auto-destruction, montent en moi comme un relent d’acide.
    Et encore aujourd’hui, 35 ans après, la douleur toujours aussi vive, la plaie purulente, béante.
    Les images cauchemardesques, les larmes, toujours les larmes, tellement de larmes…
    Ces images qui me martèlent, me réveillent la nuit.
    Comme des épisodes qui tournent en boucle, pour quoi faire ?
    Que cherche à me faire comprendre mon inconscient ?

    Au niveau professionnel, comme familial avec mes enfants, je ne fais pas confiance.
    Pas confiance en mes jugements, mes intuitions, mon ressenti. Ce qui m’enlève toute réactivité, étant donné que je dois prendre un temps (long) de réflexion pour tout.
    Exigence énorme, je dois être parfaite et tout doit être comme je le conçois. Et comme ce n’est pas possible (et qu’une part de moi-même résiste à cette exigence), en découlent des angoisses terribles et de la frustration et donc de la colère.
    Je ne me sens pas capable de faire beaucoup de choses et donc je me limite beaucoup sur les voies possibles.
    J’ai peur d’explorer.

    Anesthésiée pendant 10 ans aux antidépresseurs, j’ai mis un couvercle sur la marmite brûlant, mais là le sevrage est rude mais libérateur à la fois.
    Non, je suis loin d’avoir digéré mon enfance.
    Elle me révolte, me dégoûte.
    Commence le deuil de l’enfance que je n’aurai jamais.

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    1. Chantal Berger

      Bonjour Johanne, comme vous j’ai eu une enfance brutalisée, niée, torturée autant physiquement que moralement par mes deux parents.

      Comment se lancer dans la vie avec une telle souffrance, souffrance porteuse de honte et d’un profond sentiment de n’être rien, ou pire encore de tromper son monde lorsqu’on fait quelque chose de bien. S’ils savaient combien je suis « pourrie », nulle et je dois le cacher pour vivre en société.

      Pendant des années j’ai été ainsi prisonnière de ma colère, en réalité de mon désespoir, pleine de haine pour mes « parents » ces gens qui n’en méritent pas le nom et ont gâchés ma vie d’adulte.

      Ce que j’avais vécu était tellement violent et destructeur que je ne permettais à personne, même pas à mon psy, de me dire « Je comprends ». NON la seule personne qui pouvait me comprendre c’est quelqu’un qui avait vécu ÇA, Personne d’autre ! C’est là que j’ai rencontré le livre « Tagueur d’espérance » de Tim Guenard. IL pouvait me comprendre et dieu sait que j’ai pleuré en lisant ses mots, il disait si vrai.

      À partir de là j’ai compris que la haine, la colère étaient toutes les deux porteuses d’une souffrance terrible et sans fin que je m’infligeais jour après jour. Lâcher l’affaire, laisser leur folie à ces gens, voir éventuellement arriver soit à couper les ponts soit à comprendre leur propre souffrance, dans laquelle eux-mêmes étaient englués et soudain réaliser que je n’étais plus leur jouet, j’avais grandi, j’étais devenue une adulte apte à accepter de vivre AU PRÉSENT, cesser de me victimiser. J’avais rencontré sur mon chemin tant de gens qui m’avaient beaucoup apportée, qui avaient comblé mon besoin d’être appréciée, d’être reconnue pour qui je suis vraiment. Bien sûr j’ai eu à faire face à des cons, surtout dans le milieu du travail, des êtres malsains, mal baisés, qui se prenaient pour des petits dieux. Bien sûr ça nous est difficile de faire face à ces gens-là, ils nous font peur et cette peur nous renvoit à notre enfance, impuissants et vidés de tout ce que l’on croyait bon en soi. MAIS NOUS SOMMES DE BONNES ET BELLES PERSONNES CE SONT CEUX-LÀ QUI DÉCONNENT, il n’est pas normal de vouloir écraser et/ou humilier les autres !

      Finalement j’ai pris le PRÉSENT à bras le corps, j’ai fait le point sur les compliments qu’on avait pu me faire, sur les moments qui m’avaient remplie de joie et/ou de fierté. De là j’ai compris que j’étais différente de mes parents, je n’étais pas l’image qu’ils m’avaient donné de moi dans leur folie, dans leur mal-être.

      Entre Présent et lucidité volontaire mais aussi grâce à ce livre formidable de Tim Guenard aujourd’hui j’arrive à ne plus souffrir d’un passé où j’étais une enfant victime tandis que maintenant je suis une adulte capable de décision personnelle.

      Bien sûr c’est un travail de Pénélope je ne le cache pas car il suffit d’un coup de griffe à l’âme pour que je vacille sur mes Propres bases. Seulement ça ne dure pas parce qu’il arrive un moment où je me rends compte que je joue à nouveau les victimes et nom d’un chien c’est tellement énergétivore que j’ai l’impression de régresser au stade de l’enfant victime MAIS JE NE SUIS PLUS UNE ENFANT. Si quelque chose me chagrine aujourd’hui j’en parle avec l’intéressé (ou les…), en face à face en ne cachant pas la peine que j’ai traversé ou par écrit si je me sens mieux à le faire comme ça mais surtout j’ose vider le sac de ma peine, je n’accumule pas. C’est un coup à prendre mais qui nous rend tellement libres et STOP À LA SOUFFRANCE STÉRILE, SANS FOND, SANS FONDEMENT, JE SUIS, NOUS SOMMES DE BELLES PERSONNES AVEC NOS QUALITÉS ET NOS DEFAUTS, NOS LIMITES AUSSI, PERSONNE N’EST PARFAIT EN TOUT, NOUS SOMMES COMPLEMENTAIRES. Enfin il faut apprendre à refuser de s’engluer dans des situations qui nous déstabilisent de trop. EN UN MOT PRENONS SOIN DE NOUS PUISQUE NOS PARENTS DANS LEUR FOLIE OU LEUR MAL-ÊTRE N’ONT PAS SU LE FAIRE ! ! ! Bonne route…

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      1. Johanne

        Bonjour Chantal, merci pour votre réponse/témoignage.
        J’ai également lu « tagueur d’espérance » ainsi que « plus fort que la haine » de Tim Guénard, qui vit pas très loin de chez moi d’ailleurs !
        Mais ce sont des livres que j’ai du lire en plusieurs fois, à plusieurs mois d’intervalle, tant ils m’ont bouleversés.
        Se détacher de l’enfant victime qui est en nous sans avoir l’impression de l’abandonner (encore) et prendre sa place d’adulte – qui a le choix – est un véritable défi et un travail de longue haleine.

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        1. Chantal Berger

          Bonjour Johanne. Vous dites « abandonner… encore… l’enfant victime qui est en nous ». Accepter de vivre au Présent, faire le point sur ce qui va bien dans notre vie d’aujourd’hui, simplement se dire « Je suis en vie, en bonne santé, je ne garde heureusement aucun séquelle physique de mon enfance, voire également de mon adolescence, je peux marcher, me balader, apprécier l’instant présent, mes enfants sont en bonne santé, ils peuvent profiter de la vie, j’ai réussi à ne pas leur transmettre la folie de mes parents, même si ça n’est pas parfait, à l’impossible nul n’est tenu, mais j’ai réussi le principal, faire d’eux des êtres sains ouverts à la vie. » Faire ce point-là ne signifie pas « abandonner notre enfant intérieur », au contraire c’est le bercer de douceur, de bien être, de Vie. Se faire du bien c’est lui faire du bien, ça n’est justement pas l’abandonner mais au contraire le nourrir de l’amour et de la tendresse dont il a tant manqué.

          Prendre soin de respecter nos besoins, nos limites, nos failles (tout le monde en a même si certains se font fort de les cacher, « errare humanum est », l’erreur est humaine, l’imperfection est humaine). Apprendre à regarder le monde qui nous entoure avec un regard volontairement positif chaque fois que c’est possible, chaque fois que l’on y pense, c’est peu à peu reconstruire en soi la confiance perdue en notre vie.

          NON NOUS NE SOMMES PAS VOUÉS À ENDURER LA VIE PARCE QUE NOS PARENTS NOUS ONT MALTRAITÉS. AUJOURD’HUI J’AI LE CHOIX, OU JE M’APITOIE SUR MON TRISTE SORT « PASSÉ » OU JE DÉCIDE DE TOURNER LES YEUX VERS LES GENS BIENS QUI M’ENTOURENT, VERS CEUX DONT LA PRÉSENCE M’APAISE ET J’OSE M’ELOIGNER, VOIRE ME SÉPARER, DE CEUX QUI NE M’APPORTENT PAS CET EQUILIBRE DONT J’AI BESOIN, AVEC MES FORCES ET MES FRAGILITES, NOUS SOMMES TOUS FAIT AINSI.

          Se décider à ouvrir ses yeux et son coeur au Présent s’est petit à petit se retrouver Soi et nourrir spontanément son enfant intérieur de tout ce qui lui a manqué jusqu’à oser dire La Vie n’est ni toute rose ni toute noire ou grise, elle est tantôt l’un tantôt l’autre. Quand le « temps » est à l’orage ou que la tempête fait vaciller mes bases J’ACCEPTE, JE NE ME RECEOQUEVILLE PAS, JE FAIS LE POINT ET SI BESOIN JE M’ENTOURE DE QUI PEUT M’AIDER, EN UN MOT JE FAIS PREUVE DE BIENVEILLANCE ENVERS MOI-MÊME ET AINSI JE L’OFFRE À MON ENFANT INTÉRIEUR.

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      2. severine

        Bravo chantal! waouh c’est magnifique! avec des gens comme Tim guénard,helen Keller sourde muette et donc incomprise mais qui a malgré tout réussi sa vie et eu de la reconnaissance et appris a communiquer c’a ma redonné un peu d’espoir en la vie,ces gens la sont mes LAMPES..je pense aussi que j’ai eu bien des belles personnes sur ma route comme vous même si je suis pas guérie a fond de mon passé..j’ai encore parfois des cauchemards,de la peine mais moins..mais j’en ai par périodes surtout Noel ..Oui nous sommes belles,importantes.;des fois je me dis même que si j’existais pas il faudrait m’inventer etje le pense.Je ne sais si c’est prétentieux mais bon tant pis! bien des gens m’ont apprécié et m’aident encore a voir ma valeur grace A dieu.je suis très touchée par votre témoignage.

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    2. severine

      pourquoi ne ressentez vous pas ma souffrance?Johanne qui peut la ressentir sauf nous! Je sais que tu as l’air très en colère mais en même temps la souffrance c’est intime a soi,seul nous pouvons ressentir ce que nous ressentons pas les autres.Pourquoi tes parents ton’ pas aimé?ils pouvaient pas,ils en étaient incapables c’est très dur a accepter mais c’est ainsi..certains parents sont défaillants et handicapés,incapables de donner de l’amour et attention a leurs enfants..pourquoi si ,pourquoi ca?peut être que tu resteras sans réponse et que pour avancer et guérir tu dois etre bonne pour toi,apprendre a t’aimer,te donner a TOI CE QUE TU N’AS PAS SANS l’ATTENDRE NECESSAIREMENT DES AUTRES.COMMENCE A T’AIMER TOI.;dur a dire je sais,j’ai été en colère des années après mon père mais pour réaliser quoi? Qu’il ne répondrait jamais a mes besoins car incapable de le faire.;c’est dur mais c’est un deuil a faire..d’autres l’ont fait..Ton enfance a été désastreuse mais ne doit pas te dégouter?Car si elle te dégoute tu te dégoutes toi de toi! il faut apprendre a aimer l’enfant en toi.;n’as tu donc eu personne enfant pour t’aimer,même un oncle,tante,grand parent?j’ai eu une grand mère super et croyante qui m’a beaucoup aidé..il faut te faire aider mais pas te dégouter de toi,c’est dommage! courage..

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  40. Chantal Berger

    Je suis tout à fait d’accord Séverine, si nous n’existions pas pour sûr il faudrait nous inventer ! ? S’il y a des gens à nous apprécier c’est que nous sommes de belles personnes et si nous ne plaisons pas à tout le monde c’est normal, inutile de perdre son énergie dans ce sens là.

    Et je suis aussi d’accord avec vous sur un point important, savoir ne pas toujours se prendre au sérieux, faire preuve d’humour ça rend bien souvent les choses plus simples, plus légères. Sourire et rire sont des cadeaux de la vie alors ne nous en privons pas ! Merci ?

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  41. pierre

    Bonjour,
    Je vais vous poser une question, que je me pose, sans que je puisse y répondre.
    J’ai été maltraité enfant par mon père, ce serait trop long d’expliquer, ça a été très loin.
    Mon épouse qui n’a pas connu cette situation, ne comprend pas comment j’arrive encore à parler à mes parents.
    Elle a l’impression que je redeviens un enfant quand je vais les voir, mon père ne pouvant s’empêcher de faire des réflexions à mon encontre.
    Je ressens ce besoin comme une culpabilité de les voir et en même temps je sais ce qu’il sait passé.

    En fait, je me sens obligé d’aller les voir régulièrement. Sinon je me sens fautif.
    Alors que dans le même temps à chaque fois que j’y vais j’en prends plein la figure de réflexion.
    Je n’arrive pas à comprendre moi même pourquoi j’ai ce besoin de les voir.
    Merci de votre réponse.

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    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Vous n’arrivez pas à comprendre pourquoi vous n’éprouvez pas encore le besoin de vous défendre de vos bourreaux (mais vous êtes sur une bonne piste en vous posant cette question.) Sans doute la valeur que vous leur accordez ou plutôt le regard douloureusement négatif que vous portez sur vous-même en osant pas encore affronter votre mauvaise conscience y sont-ils pour quelque chose ?

      Le meilleur moyen de répondre aux questions que vous vous posez sur vous-même est d’entreprendre un travail de connaissance de vous.
      Pour découvrir en quoi cela consiste et comment cela se fait, lisez cet article : Pourquoi un travail thérapeutique ?

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      1. pierre

        Je vous remercie de m’avoir répondu aussi rapidement.

        Effectivement, votre article en lien est saisissant.

        Je me suis posé ces questions alors que jusque maintenant je ne me les posaient pas.

        J’ai débuté, une psychothérapie depuis peu, et si les 2 premiers thérapeutes d’il y a quelque année, n’avait pu que révéler le problème sans approfondir, cette fois, je sens que tout remonte à la surface, moi qui croyais avoir tout enfoui.

        Je refoule effectivement ma colère, mais en réalité elle s’exprime, de façon anarchique et sous forme de coup de sang pour des choses futiles.

        Admettre le pire, est déjà impensable quand il s’agit d’inconnu, mais là il s’agit de mes parents, c’est cette barrière qui me bloque.

        Je me suis rebellé une première fois, en espérant avoir une reconnaissance de ce qui avait été fait, sans résultat.

        On ne c’est plus parlé pendant quelques années, puis un évènement fait que l’on se reparle, on a l’impression que les choses sont meilleures, puis les réflexions reviennent.

        J’agis comme le petit garçon discipliné, qui doit aller voir par obligation ses parents, parce c’est ce qu’ils m’ont appris.

        Le problème n’est pas eux si je comprends bien, mais bel et bien moi, en me mettant face à moi-même avec le thérapeute.

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  42. Chantal Berger

    Bonsoir Pierre ! Vous « entendre » parler de votre colère me ramène à la mienne, celle qui ne m’a pas quittée pendant des années jusqu’à ce que je comprenne que la colère cache bien souvent une grande détresse, pour ne pas dire une immense souffrance.

    Au fond de nous on attend désespérément de nos parents la reconnaissance de leur maltraitance autant qu’une preuve d’amour…

    Comme vous ceux qui connaissaient mon passé et constataient au Présent l’attitude de mes parents envers moi, désormais adulte, ne comprenaient pas que je ne coupe pas les ponts définitivement mais je m’en sentais incapable. D’un côté je creuvais de leur manque d’amour, de respect, de reconnaissance, de l’autre j’avais peur de les faire souffrir en coupant les ponts.

    Une thérapie m’a permis de sonder ma colère et après avoir exprimé toute la douleur qu’elle contenait peu à peu j’ai compris que je n’étais plus cette enfant victime, à présent j’étais une adulte capable de prendre soin de moi, de trouver les pistes nécessaires à mes besoins profonds et surtout j’ai appris à communiquer, à reconnaître mes émotions et trouver les mots simples pour les dire à l’autre en parlant de Mon ressenti et non de l’accuser de ne pas me « comprendre ». Par contre libre à lui d’être prêt à l’entendre ou pas, tout de suite, avec du recul ou jamais, là-dessus je n’ai aucune prise donc aucune raison de culpabiliser.

    Désormais je n’ai plus besoin de la reconnaissance de mes parents, j’arrive à les côtoyer sans colère parce que j’ai compris et accepté qu’ils soient incapables de se remettre en question, peu importe aujourd’hui je n’ai plus besoin d’eux pour remplir ma vie.

    À partir de là chacun a sa façon de réagir, couper les ponts ou pas, c’est une question très personnelle mais je vous souhaite de tout coeur de trouver enfin la paix et l’équilibre.

    Malgré tout la vie n’est pas un long fleuve tranquille aussi lorsque mes bases tremblent il m’arrive de vaciller mais je sais que dans ces moments-là mon meilleur allié ce sont mes mots, dits ou écrits ils m’aident à retrouver la sérénité. Là encore chacun sa différence, le tout est de respecter son besoin donc de se respecter.

    Bonne route Pierre !

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  43. pierre

    Bonjour Chantal,
    Merci de votre témoignage, qui rejoins mon sentiment.

    J’ai fait 2 psychothérapies, qui ont donné des résultats mitigés, enfin presque puisque le problème de mon enfance, m’a éclaté à la figure, mais à la fin de la 2è, le psychiatre de l’époque, m’a répondu gentiment : « la boîte de pandore est ouverte, il faut faire le tri ou la refermer, c’est vous qui le décidé ».

    J’ai cru un moment avoir fait mon choix, je me suis fâché avec mes parents par le biais de ma mère, sans finalement affronté mon père directement, car son emprise psychologique a été (et est encore) telle, que je le crains.

    J’ai brillé dans mes études, j’essaie de briller dans ma vie, j’en suis même arrivé à me créer de véritable douleurs, dont un nombre d’examens impressionnant, a juste révéler que j’avais une excellente condition physique, un comble pour un non sportif.

    Tout a été consciemment ou inconsciemment mis en oeuvre par moi, afin de les entendre s’occuper ou tout du moins avoir de la considération pour moi.

    Le changement c’est opéré en 2013 avec la naissance prématuré de notre troisième enfant, il a tutoyé la mort à 11 jours de vie, ça a commencé à cheminer dans ma tête.

    Cela faisait 5 ans que je ne parlais plus à mes parents, je me suis dis à tort, que les choses que j’avais vécues étaient du passé, et qu’il était temps pour moi de tourner la page, au début mon père était gentil, puis les travers sont revenus, les réflexions, l’infantilisation.

    Malgré cela, je me suis fais une carapace, n’écoutant pas les invectives, ce qui a souvent énervé mon épouse.

    Et puis, petit à petit sans le savoir, mon inconscient a pris le pas, voulant certainement combattre, mais pas de façon direct.

    Alors dans ces moments là, comme beaucoup de gens dans mon cas, on a développé des peurs irraisonnés, notamment du vide, a un tel point que je suis capable de faire un sacré détour juste pour éviter un endroit.

    J’ai donc consulté la Pitié Salpétrière à Paris, qui a une unité de réalité virtuelle pour soigner l’acrophobie.

    Sauf que si moi, j’ai l’impression que j’arrive bien à cacher mon problème, les psys de l’unité, on comprit qu’il n’y avait pas qu’un problème d’acrophobie, et que finalement ça n’était que le révélateur d’un mal plus profond.

    On m’as donc demandé de refaire une psychothérapie, pour notamment apprendre à me décontracter.

    Et c’est là qu’en 2 séances, je me suis aperçu, que tout été enfoui, ma colère intacte, car dès que l’on me susurre mon passé, je rentre dans une colère, que je n’exprime pas en temps normal.

    Mon épouse a pris la mouche ne comprenant pas, comment je ne pouvais pas lui parler, alors que je parlais à quelqu’un d’autre, comment répondre à une telle question, quand sois même on est bien incapable d’y répondre.

    C’est comme ça que je suis arrivé sur ce site, l’article mis en lien par M. Perronnet m’a ouvert les yeux.

    En réalité le travail avait été bien fait, j’ai juste refermé la pièce, parce que pas près, mais aujourd’hui j’y suis prêt et je commence à comprendre et à admettre.

    Avec mon épouse je lui ai expliqué avec des mots simples, ma souffrance, la nécessité de me laisser évoluer, tout en me soutenant, elle c’est d’ailleurs excusé et a compris ce à quoi sert une psychothérapie. Moi aussi, car en réalité peu importe l’interlocuteur, je ne lui parle pas, je me parle à moi même, la connaissance professionnel du thérapeute, m’aide à trouver la bonne porte et le bon chemin, en toute impartialité, ce qui ne sera pas le cas de mon épouse si aimante soit elle.

    Il a fallu pour la première fois de ma vie, reconnaître sincèrement mon problème, que j’ai toujours minoré, même si je reconnaissais partiellement ma maltraitance.

    Dire à son épouse, que je vais voir mes parents, parce que c’est une obligation que le petit garçon servile se doit de faire, n’est pas une mince affaire, c’est admettre d’être réduit, mais je l’ai fait.

    Maintenant entre la reconnaissance et mes actes, c’est un long travail que je dois accomplir.

    J’ai surtout compris que ce n’est pas parce que je me fâche avec eux, que mes problèmes sont résolus, et même si il a des torts mon père a toujours dit cette petite phrase « on me prend comme je suis », elle prend tous son sens au regard de ce que vous venez de me dire.

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  44. Abi

    Cette lecture ma beaucoup aidé. On mérite tous le bonheur et on a pas à être gêné de le penser. Par exemple ma mère ne m’a jamais offert de cadeaux à mon anniversaire alors j’ai toujours pensé ne pas en mériter. Mon anniversaire approche et je vais oser lui demander quelque chose, car oui je le mérite bien ^^ merci

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