Archives de catégorie : Connaissance de soi

Faut-il se pardonner ?

Question de Whiteporpoise :

J’ai aujourd’hui 40 ans, je commence à vivre et à être heureuse. J’ai coupé les liens familiaux et progresse pas à pas seule bien plus qu’en 24 ans de thérapie.

J’apprends à habiter la personne que je suis devenue, à la comprendre et à l’interroger. Certaines périodes sont plus empreintes de nostalgie. Mais il y en a aussi des splendides.

Un point m’effraie néanmoins : à une période je suis revenue temporairement vivre dans ma famille. Tous me rejetaient par leur comportement (critique, mépris, jalousie). Je refoulais totalement la personne que j’étais. J’étais odieuse et en même temps je cherchais entièrement leur reconnaissance, amour, regard. Au final je leur offrais fleurs, cadeaux pour me faire pardonner.

Comment me pardonner ?

Mes pistes de réponse :

Il n’y a, en effet, rien de plus précieux pour un être que de sentir qu’il peut enfin vivre et parvenir à être heureux, même si le prix à payer en est de devoir s’éloigner – ne serait-ce que temporairement – de sa famille. (Je précise « temporairement » parce que le test de la paix intérieure est bien de ne ressentir le besoin de s’éloigner de personne.)

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Le travail d’acceptation

Pour apprendre à vivre avec les choses telles qu’elles sont

« Vivre, ce n’est pas attendre que l’orage passe.

Vivre, c’est apprendre à danser sous la pluie. »

Sénèque

De quoi s’agit-il ?

La naissance est le début de l’aventure1 : parce que l’autre existe, je ne suis pas seul, il y a deux et s’il y a deux, deux sont différents, remarquait-on dans l’Inde ancienne.
C’est la dualité du moi et du non-moi.
Or le moi (par nature égocentrique2 et possessif), pense que le monde (l’autre, le non-moi), doit lui obéir et satisfaire ses désirs. Si, par exemple, le moi souhaite obtenir quelque chose que le non-moi refuse, il y aura nécessairement opposition et conflit.

Tant que le moi, dans son égocentrisme et sa possessivité, estime avoir besoin, pour être satisfait, de refuser que le non-moi soit ce qu’il est, il souffre.
Le défi du moi est donc d’accepter que le non-moi soit ce qu’il est.

Celui qui accepte la dualité du moi ET du non-moi peut être en paix car il accepte la totalité de la vie : le positif ET le négatif de l’existence, ce qui lui plaît ET ce qui lui déplaît.

Celui qui n’accepte de la vie que la seule moitié qui lui convient, se condamne donc à être malheureux quand il se retrouve confronté à l’autre moitié qu’il refuse (celle qui ne lui convient pas).

Il s’agit donc de découvrir que tout ce que nous refusons – qui est déjà là et donc ne peut pas ne pas être – nous condamne à la souffrance.

Imbus que nous sommes de la certitude que ce qui ne nous convient pas ne devrait pas exister, nous le refusons en créant une illusion, un caprice, que nous nommons : « ce qui aurait pu » ou mieux « ce qui aurait dû » arriver. Insatisfaits des choses telles qu’elles sont, nous créons un idéal fantasmé conforme à notre désir.

Dès lors, nous ne sommes plus dans le monde réel mais hypnotisés par un monde illusoire que nous avons créé conforme à nos désirs. Au moment où nous sommes confrontés à la réalité telle qu’elle est, c’est la désillusion, nous souffrons et nommons très subjectivement la réalité : la « triste réalité des choses », parce qu’elle ne nous convient pas.
Si j’ai prévu un pique-nique et qu’il pleut à torrents, je ne souffre que si je continue à faire exister par la pensée mon fantasme du beau temps et du pique-nique. Si je reconnais la réalité (il pleut), et que je l’accepte, je ne souffre plus et je change mes plans. Donc nous ne souffrons que lorsque nous accordons foi à une pensée3 qui est en conflit avec la réalité telle qu’elle est.

La souffrance provient du refus que les choses soient ce qu’elles sont ; or que nous les refusions ou que nous les acceptions, les choses sont toujours ce qu’elles sont. La parole du Maître Zen Dōgen l’exprime magistralement :

« Même si on aime les fleurs, elles fanent ;
même si on n’aime pas les mauvaises herbes, elles poussent. »

Il nous est cependant possible de percevoir les faits sans y résister, sans la confusion découlant de notre lutte intérieure à vouloir que les choses soient conformes à nos désirs.

Prenons un exemple :

Un plongeur situé sur le plongeoir du 1er étage de la piscine, en accord avec lui-même et le monde extérieur (le moi et le non-moi), plonge et, parfaitement à l’aise, il fend l’eau de la piscine.

Celui qui, poussé par un camarade, tombe du plongeoir situé au 1er étage de la piscine et refuse la situation est condamné à souffrir parce qu’il a peur.

S’il souffre, ce n’est pas parce qu’il tombe dans l’eau poussé par un camarade mais parce qu’il refuse de tout son être d’y avoir été poussé.

S’il ose convertir son refus (d’avoir été poussé), en plongeon volontaire, il se retrouve parfaitement à l’aise et fend l’eau de la piscine.

Il applique là parfaitement la parole d’Épictète4 :

« Il ne faut pas vouloir que les choses arrivent comme tu le veux, il faut les vouloir comme elles arrivent. Ainsi ta vie sera heureuse. »

Nous sommes convaincus – depuis l’enfance5 – qu’il faut refuser les choses de la vie qui ne nous plaisent pas. En conséquence, nous avons pris l’habitude de créer des problèmes en entrant en conflit avec « ce qui est. » C’est ainsi que nous nous condamnons à souffrir, sans même être conscient de la manière dont nous nous y prenons pour ce faire. Souffrir est devenu normal.

Parce que depuis la naissance, nous avons souffert que nos attentes ne soient pas comblées, nous nous sommes condamnés à souffrir à chaque fois que la vie n’était pas conforme à ce que nous en attendions. Au fur et à mesure de notre histoire, parce que certaines choses nous semblaient insupportables, nous avons appris à les nier, créant par-là des refus inconscients.
Aujourd’hui, nous répétons toujours inconsciemment, tels des automates, nos refus inconscients.

Le travail de connaissance de soi :

Notre perception du monde étant liée à la manière dont nous avons appris à le percevoir, c’est à partir de l’étude de la manière dont nous avons appris à percevoir le monde que nous pourrons évoluer. Comme nous appuyons sur l’interrupteur pour faire de la lumière dans une pièce, il s’agit de contacter ses refus inconscients pour les voir en plein jour et les démasquer.
Pour cela nous avons un allié de taille : l’émotion qui est le signal du refus. « Tiens, quelque chose ne me plaît pas (puisque je ressens une émotion), qu’est-ce que je refuse ? » L’analyse minutieuse de la dynamique du refus nous permet de voir comment nous résistons à ce qui est, ce qui facilitera notre possible retour à l’évidence : « cela est, oui ou non ? »

Le travail d’acceptation (de ce qui est déjà là) est une mise en contact avec sa propre expérience intérieure : émotions, désirs, scénarios de défense, croyances fausses, sur la base d’échantillons issus de son expérience quotidienne.

Il y a émotion parce qu’il y a un décalage entre ce qui est et ce que j’en attends (quand je n’attends rien, il n’y a pas d’émotion.) Ce signal – précieux pour qui veut se connaître – me prévient que je quitte la réalité (puisque j’ai créé une illusion que je privilégie).
Pourquoi suis-je déçu(e) alors qu’il pleut et que je me préparais à aller en pique-nique ? Parce que plutôt que de constater l’évidence qu’il pleut et que je n’irai pas en pique-nique, je surajoute sur la réalité de la pluie, la pensée égocentrique illusoire que ce qui est (la pluie) ne devrait pas être.

Le travail est donc de commencer par constater que – comme des enfants – nous sommes dans une attente constante que la réalité corresponde à notre désir. Puis de détecter nos refus inconscients au moment où ils se manifestent sous la forme d’émotions, ou après coup dans la relation thérapeutique.

Un travail sur l’inconscient est parfois nécessaire :

Si les refus inconscients perdurent et nous soumettent à leur pouvoir terrorisant en nous empêchant de pratiquer (le retour à ce qui est), le travail d’expression de l’inconscient peut s’avérer nécessaire, dans la mesure où il aide à faire apparaître le refus premier, à l’origine des refus compulsifs suivants.
Là, l’objectif est de s’ouvrir (en osant ne pas se protéger) et d’exprimer (sans retenue) ce que nous ressentons (les peurs terribles, les refus et conflits douloureux que nous portons en nous-même), pour pouvoir les intégrer consciemment avec le thérapeute6 dans un second moment.

Ainsi quand nous avons affronté ce qui nous fait le plus mal, la peur de le ressentir peut disparaître.

« Peut-être tous les dragons de notre vie ne sont-ils que des princesses qui attendent de nous voir agir juste une fois avec beauté et courage. Peut-être tout ce qui est terrible est, dans sa plus profonde essence, quelque chose d’impuissant qui a besoin de notre amour. »

Rainer Maria Rilke, Lettre à un jeune poète.

En conséquence :

Le premier travail d’acceptation commence par « une nouvelle manière de vivre l’instant » : voir le refus pour pouvoir accepter – d’avoir refusé. Comme le fait un funambule, il s’agit d’apprendre à bien gérer les déséquilibres, cela s’acquiert avec la pratique.

Comme la souffrance provient toujours d’une pensée issue du refus que ce qui est soit, si j’accepte les deux aspects de la vie, (les choses désirables et les choses non-désirables), je peux parvenir à arrêter de souffrir et être en harmonie avec la totalité.

Il s’agit donc de découvrir pas à pas que nous pouvons être heureux même si nos désirs ne sont pas satisfaits7 , en cassant la certitude que ce qui ne nous plaît pas ne devrait pas exister.

© 2021 Renaud PERRONNET Tous droits réservés.

Notes :

1. Lire : Comment parvenir à guérir de son enfance ? 

2. Lire : Égocentrisme et vulnérabilité

3. Lire : Peut-on se libérer des pensées ?

4. Épictète, Manuel, Pensée VIII.

5. Lire : Parent efficace ou parent conscient ?

6. Lire : Pourquoi un travail thérapeutique ?

7. Lire : Voir les choses telles qu’elles sont : La leçon des feuilles


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Peut-on se libérer des pensées ?

(Déterminisme ou liberté ?)

« Celui qui est maître de ses pensées, est plus grand que celui qui est maître du monde. »

Le Bouddha

« Tant que vous vous inquiétez, vous ne voyez pas clair. Votre perception est inévitablement déformée. Vous ne souffrez jamais que d’une émotion cruelle et de pensées douloureuses provoquées par une situation que vous ne voyez pas telle qu’elle est, justement parce qu’elle est déformée par votre condamnation, par le jugement ou la peur, en un mot la qualification. »

Arnaud Desjardins, La Paix toujours présente, p. 105.

Il apparaît comme une évidence, à la plupart d’entre nous, que nous sommes libres, c’est-à-dire que nous sommes les maîtres de nos pensées comme de nos actions.

Nous pouvons même affirmer que lorsque nous nous proposons de poser une action, nous pourrions tout aussi bien ne pas la poser, ce qui reviendrait à affirmer que notre liberté n’a pas besoin d’être prouvée et cela serait parfaitement arbitraire.

Il s’agit là d’une croyance, non démontrée par les faits qui – comme nous allons le voir – est à l’origine de nombreuses confusions et difficultés.

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Sommes-nous légitimes à vivre ?

(Je n’ai pas été désiré par mes parents !)

Question de Marc :

Je suis le dernier des 4 enfants et non désiré. J’ai perdu mon père a 12 ans. J’ai 2 sœurs et 1 frère. Je n’ai jamais compris pourquoi ma mère ne me regardait jamais et me refusait tout au profit de mon frère dont elle était fière.
Je ne vais plus la voir depuis 4 ans, j’aimerais comprendre.

Mes pistes de réponse :

Votre besoin de comprendre l’injustice que vous vous sentez subir est légitime.
En même temps vous semblez ressasser depuis des années la même insoluble question, incapable d’y répondre, elle finit par se retourner contre vous et vous enferme dans votre souffrance.

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Pourquoi je me sens la poubelle émotionnelle des autres ?

Question de Lucie :

Professionnelle du droit, je me sens la poubelle émotionnelle des autres et cela m’atteint dans mes propres blessures.

Comment gérer ces situations et nos colères respectives ?

Mes pistes de réponse :

Professionnelle du droit, votre métier vous oblige à recevoir et à accueillir les émotions des personnes que vous vous proposez d’aider en les défendant.

Tant que vous n’avez pas réglé – en vous-même – ce qui fait écho aux émotions des autres, vous vous condamnez à devenir la victime des émotions des autres. Il ne peut pas en être autrement.

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Comment enlever toute trace de méchanceté dans mon cœur ?

À propos de la dualité, de l’ombre et de la lumière

Question (anonyme) :

Comment enlever toute trace de méchanceté dans mon cœur ?

Mes pistes de réponse :

Votre question est à la fois touchante et naïve dans la mesure où elle laisse croire que le respect des autres passe par l’éradication de sa propre méchanceté.
Vision sacrificielle et manichéenne de l’existence qui amène à croire que dans un monde duel dans lequel le bien est relatif au mal, le mal relatif au bien, il serait possible et souhaitable d’effacer le mal au profit du bien.

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Je me sens transparente en public, déconnectée, invisible, pourquoi ?

(Qui suis-je ?)

Question (anonyme) :

Je me sens transparente en public, déconnectée, invisible, pourquoi ?

Mes pistes de réponse :

Si – par exemple – un être humain se trouve beau ou laid, c’est parce qu’en contemplant son image, il l’a interprétée à travers les critères esthétiques de la société dans laquelle il vit. Il s’est appliqué ces critères à lui-même et a conclu : « je suis beau ou laid », exprimant par là même ce que l’on nomme communément son goût.
Le goût d’un être humain est, le plus souvent (dans la dépendance ou la contre-dépendance), celui de sa mère, de son père, de sa famille, de sa culture, celui des personnes avec lesquelles il a été mis en contact au début de sa vie.
Nous avons tous commencé notre vie en admettant à propos de nous-mêmes et des autres (sans preuve ni vérification), des critères « extérieurs » à nous-mêmes, nous avons tous été – plus ou moins – (mais plutôt plus que moins), modelés par les critères de notre entourage.

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J’ai peur de la mort, elle a pris quelque chose de moi

Question de Claudette :

C’est au sujet de la mort et du deuil, il est difficile pour moi d’aller au service de quelqu’un (frère, belle-sœur), ma réaction est très forte, ce n’est pas à cause de mon frère, je me sens prisonnière de la mort, la mort a pris quelque chose de moi.

La mort me fait vivre des expériences qui ne sont pas à moi.

Merci pour votre beau travail.

Mes pistes de réponse :

La première maltraitance contre soi-même c’est de considérer que l’on devrait être capable de faire ce que l’on ne peut pas faire.

Tout être humain a ses limites qu’il se doit de respecter. Personne n’a le droit de vous imposer de faire ce que vous même sentez que vous ne pouvez pas faire parce que c’est au-dessus de vos forces.

La paix intérieure vous sera donnée par le respect de vos limites et non par l’obéissance obligée à l’autre, sous le prétexte qu’il faudrait être à son service.

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J’ai l’impression que le travail thérapeutique ne fait que remuer le couteau dans la plaie, que se passe-t-il ?

Question posée par Anouch :

J’ai lu et relu l’article sur le pourquoi du travail thérapeutique1 et je me reconnais bien dans tous ces dires. Je comprends l’intérêt de ce travail avec quelques bémols. J’ai pris quelques rendez-vous l’an dernier à la même époque pour entreprendre cette thérapie. Au bout de quelques séances, je me suis sentie mal à farfouiller au plus profond de mon enfance, mettant à la lumière du jour les souffrances issues des violences que j’ai subies, remuant pour ainsi dire le couteau dans la plaie. Pourquoi ? Parce que j’ai pris conscience du fait que mon attitude parfois inappropriée face à des situations de crises est la conséquence de ces souffrances anciennes et le fait d’en réaliser l’impact ne m’aide pas vraiment à éviter mon comportement inapproprié car c’est plus fort que moi, sans compter que de le savoir m’angoisse de plus belle.

Tout ceci pour dire que j’ai le profond sentiment que beaucoup de personnes sont dans la même situation que moi et je me demande comment m’en sortir sans en souffrir à remuer le passé et surtout combien de temps le travail thérapeutique doit durer pour être guéri ?

Mes pistes de réponses :

Je trouve votre témoignage intéressant parce qu’il pose clairement la question : n’est-il pas préférable de ne pas aller voir ses démons puisque d’aller les voir les dérange et nous met à mal ?

Présentée ainsi, la réponse me semble claire : il est certainement préférable de ne pas chercher à les rencontrer, donc de ne pas « remuer le passé », ne serait-ce que parce que ce n’est pas de le remuer qui lui permettra de changer pour ne plus nous coller à la peau. Je vous suis parfaitement là-dessus, ce qui est fait est fait, et le passé est le passé.

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Pourquoi je ne parviens pas à choisir ?

Question posée par Lily :

J’aimerais travailler à nouveau mais d’un autre coté je suis comme paralysée, je n’ai que le bac et je n’arrive pas à mettre à la cantine ma petite de 4 ans (pour les grandes, 12 ans et 9 ans, c’est bon.)

Qu’est ce qui ne va pas chez moi ? 

Mes pistes de réponse :

Pour vous comprendre vous-même, pour comprendre pourquoi vous vous sentez paralysée (donc incapable d’agir quand vous y aspirez), vous avez besoin de savoir que vous êtes « ambivalente » : d’un côté  vos scrupules de mère vous font hésiter à mettre votre petite fille de 4 ans à la cantine parce que vous la trouvez encore jeune (d’autant plus que je présume qu’elle n’en a pas elle-même le désir, sinon il n’y aurait plus de problème), vous aimeriez agir sur la base de ses besoins à elle en ne la brusquant pas. Et de l’autre, vous aimeriez « travailler de nouveau » (peut-être vous remettre aux études puisque vous précisez que vous n’avez que le BAC ?), gagner de l’argent dans la vie active, en tout cas ne plus vous consacrer exclusivement à votre rôle de mère.

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La dissociation consciente

Comment s’y prendre pour sortir de l’enfer ?

« C’est difficile à entendre. Tout ce dont vous êtes certains, tout ce pourquoi vous vous êtes peut-être donné tant de mal, dans la mesure où vous y êtes identifiés – je dis bien : dans la mesure où vous y êtes identifiés – je vous le présente comme votre prison. »

Arnaud Desjardins, Un grain de sagesse, p. 253 – 254.

« Chacun est le produit de ses pensées. »

Swami Prajnanpad, Entretiens avec Swami Prajnanpad, p. 57.

 

Arnaud Desjardins posait très clairement la question de la confusion qui est habituellement la nôtre : « Si vous vous confondez avec des aspects de vous-mêmes qu’on vous a appris à juger honteux, méprisables, coupables, comment voulez-vous ne pas mener une vie d’enfer ? »

L’unique moyen de s’en sortir est clair : arrêter de se confondre avec des aspects de soi-même que nous jugeons honteux, méprisables ou coupables. Autrement dit travailler sur la manière dont nous nous « identifions » – avec tant de facilité – à des comportements que nous jugeons méprisables.

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Comment parvenir à ignorer une personne qui nous fait nous sentir mal ?

Question posée par Brigitte.

Si nous sommes impuissants à changer l’autre quand il cherche à nous manipuler, nous avons une marge de manœuvre dans notre capacité à ne pas demeurer éternellement sa victime, c’est-à-dire dans notre capacité à devenir maître de nous-mêmes en ignorant ce qu’il a voulu nous faire subir.

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Comment dire au revoir à une personne aujourd’hui décédée ?

Question posée par Lisette.

À l’occasion du départ définitif d’une personne que nous aimons, certains d’entre nous se retrouvent le cœur brisé, désemparés, interdits et ne savent plus que faire.
Quand – sous le coup d’une intense douleur – notre peine s’exprime de manière très violente, nous nous recroquevillons sur nous-mêmes, incapables d’affronter ce que nous vivons donc – le plus souvent – incapables d’avoir le courage de nous adresser à celui qui part.

Comme le pressent votre question, il n’est jamais trop tard pour dire au revoir à une personne décédée puisque « dire au revoir » parle de notre besoin à nous, qu’il est important d’accueillir et de respecter.
Ce besoin parle de la manière dont nous allons nous y prendre avec nous-mêmes pour laisser partir celui qui est parti, plutôt que de le retenir.

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