Archives de l’auteur : Renaud Perronnet

À propos Renaud Perronnet

Enseigne professionnelle de Renaud PERRONNET (en ligne depuis 1999), est depuis 1992 un organisme de formation destiné aux aidants et un cabinet d'accompagnement psychothérapeutique pour les particuliers. Cliquez ici pour en savoir plus

La bonne nouvelle

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Comment maîtriser un homme violent ?

Question posée par Leïla.

Si la colère est l’émotion de l’injustice, la violence en est sa pathologie.

La violence signe toujours l’échec de la relation parce qu’elle cherche à soumettre celles et ceux qu’elle contraint à la peur. La violence est irrationnelle par nature.

Si vous cherchez à maitriser la violence d’un homme sous le prétexte que vous pensez l’aimer, c’est que vous n’avez pas encore perçu que le véritable contraire de l’amour n’est pas la haine mais la peur.

Aimer un homme ce n’est pas chercher à lui appartenir car vous n’appartenez à personne d’autre qu’à vous-même. Albert Camus disait : « Être différent n’est ni une bonne ni une mauvaise chose. Cela signifie simplement que vous êtes suffisamment courageux pour être vous-même. »

Prétendre aimer un homme qui vous fait peur serait donc à la fois paradoxal et dysfonctionnel parce que ça reviendrait à ne pas être suffisamment courageuse pour vous respecter vous-même. C’est le non-amour de soi-même qui est le plus souvent à l’origine du comportement inadapté des victimes de violence dans le couple.

Ouvrir les yeux c’est comprendre que l’amour exige le respect mutuel sinon ce n’est pas de l’amour mais de la soumission à la peur. Beaucoup de personnes ont été contraintes – dans leur enfance – à appeler « amour » leur soumission à la peur (par exemple à croire aimer leur père qu’en vérité elles craignent), or l’amour et la peur ne peuvent que s’exclure mutuellement.

Ainsi plutôt que de vouloir changer l’autre – il est juste de principalement penser à soi-même. Penser à soi-même n’est ni mal, ni égoïste, c’est juste honorer le fait que l’on existe.

Cela vous amènera à songer très sérieusement à la manière dont vous allez vous y prendre (vous et peut-être les vôtres ?) pour réussir à vous mettre hors de portée de la violence de cet homme plutôt que de chercher à le maîtriser.

Un homme qui cherche à vous dominer par la violence est un homme devenu fou. Est-ce raisonnable de chercher à maitriser un fou ?
Sans doute ne voyez-vous pas qu’en voulant vous rendre maitre d’un homme qui dysfonctionne vous courez le risque de dysfonctionner vous aussi, c’est-à-dire d’obtenir l’inverse de ce que vous désirez.

Bien souvent les personnes qui, pendant longtemps, ont adopté un comportement de soumission sont dans l’espoir – quand elles en prennent conscience – de « prendre leur revanche », en cherchant à faire subir à l’autre ce qu’elles-mêmes ont si douloureusement subi.

On peut – bien sûr – le comprendre, même si c’est insensé, car tout besoin de revanche est une dépendance (et pas une indépendance) donc d’une aliénation.
Être libre c’est devenir capable d’agir en fonction de soi-même et non pas en fonction de son besoin compulsif de réagir à l’autre.

Un autre paradoxe dramatique est que si une femme, victime de la violence d’un homme, se met à penser que de renoncer à la relation serait un échec pour elle, elle court le risque de demeurer encore plus longtemps la victime de la violence de l’homme.
Il faut beaucoup d’amour pour soi-même pour sentir que ce n’est jamais un échec de se soustraire à la violence de l’autre puisque s’y soustraire c’est se respecter soi-même en ne subissant plus l’autre.
Parallèlement, exiger de son agresseur qu’il renonce à la violence au moment où il est lui-même mené par elle, c’est courir le risque de se mettre soi-même à mal en en devenant encore une fois la victime.

Prendre la mesure de la violence d’un homme en portant plainte contre lui pour violences est un comportement qui n’est malheureusement pas toujours assumé à cause de la peur et du manque d’estime de soi-même ; mais quel sens cela aurait-il d’exiger d’un homme qu’il ne soit pas violent quand il l’est et qu’on n’a aucun moyen de le maitriser ?

Si le respect de soi-même demande de la lucidité, il demande également de la prudence en n’exigeant pas de l’autre ce que l’on n’est pas sûr d’obtenir de lui. C’est aussi considérer que demander à un homme violent de n’être pas violent c’est encore être dans une attente vis-à-vis de lui.

Il est juste et sain pour une femme de tout mettre en œuvre pour se soustraire à la violence d’un homme, donc de se protéger et de se défendre de lui, tout en considérant avec lucidité que – s’il est le plus fort – il serait plus qu’hasardeux pour elle de chercher à le maitriser.

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Pour aller plus loin, lisez : Mon mari est violent comment l’aider ?

Illustration : Fractale.

© 2020 Renaud PERRONNET Tous droits réservés. 

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La civilisation moderne

De quoi souffrons-nous ?

« La contestation violente ou non violente du monde moderne et de la société de consommation prend chaque année plus d’ampleur. Mais les articles et les livres qui traitent de cette question entre toutes importante pour l’humanité et pour chaque homme en particulier, ne concernent que la surface des événements. Même ceux qui cherchent à dénoncer les causes derrière les symptômes méconnaissent que ces causes ne sont elles-mêmes que des effets, et qu’il est impossible d’y remédier tant que les principes mêmes sur lesquels repose notre civilisation actuelle ne seront pas à leur tour mis en cause. »

Arnaud Desjardins, Monde moderne et sagesse ancienne, Éditions La Table Ronde, 1973, p. 5.

Nous sommes aujourd’hui de plus en plus nombreux à nous poser des questions à propos du possible effondrement proche de notre monde (déjà commencé depuis plusieurs décennies) et de « l’après ».

L’autre jour à la télévision, l’astrophysicien artiste et philosophe Aurélien Barrau, très engagé sur les questions d’écologie politique, exprimait, avec sa fougue et sa perspicacité habituelles, aux oreilles d’un homme d’affaires à la fois éberlué et ahuri, ceci :

« La croissance, ça ne m’intéresse pas du tout, ce qui est intéressant c’est le progrès, c’est le bien vivre, c’est l’amour, c’est la créativité. La décroissance, je l’appelle de mes vœux, elle ne doit pas faire peur. Le PIB on s’en fiche complètement, c’est pas ça qui est important dans nos vies. Je m’inscris parfaitement en faux par rapport à ce dogme qui relève de la pensée magique qui voudrait que la croissance soit quelque chose d’indépassable, de fondamentalement bon pour nos vies. »

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Comment parvenir à ignorer une personne qui nous fait nous sentir mal ?

Question posée par Brigitte :

Comment parvenir à ignorer une personne qui nous fait nous sentir mal ?

Mes pistes de réponse :

Si nous sommes impuissants à changer l’autre quand il cherche à nous manipuler, nous avons une marge de manœuvre dans notre capacité à ne pas demeurer éternellement sa victime, c’est-à-dire dans notre capacité à devenir maître de nous-mêmes en ignorant ce qu’il a voulu nous faire subir.

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Ma fille de 8 ans me déstabilise, elle est mauvaise joueuse, perfectionniste, ses erreurs la font pleurer

Question posée par Alison :

Ma fille de 8 ans me déstabilise, elle est mauvaise joueuse et perfectionniste, l’erreur donne pleurs et cris.

Mes pistes de réponse :

Une belle après-midi ensoleillée de printemps se présente, vous décidez, vous et votre famille, d’aller pique-niquer dans les bois.
Vous avez préparé les paniers de nourriture et la nappe à carreaux. Il est 11h du matin, au moment de sortir… il pleut à verse.
Que pouvez-vous faire ?

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Comment dire au revoir à une personne aujourd’hui décédée ?

Question posée par Lisette.

À l’occasion du départ définitif d’une personne que nous aimons, certains d’entre nous se retrouvent le cœur brisé, désemparés, interdits et ne savent plus que faire.
Quand – sous le coup d’une intense douleur – notre peine s’exprime de manière très violente, nous nous recroquevillons sur nous-mêmes, incapables d’affronter ce que nous vivons donc – le plus souvent – incapables d’avoir le courage de nous adresser à celui qui part.

Comme le pressent votre question, il n’est jamais trop tard pour dire au revoir à une personne décédée puisque « dire au revoir » parle de notre besoin à nous, qu’il est important d’accueillir et de respecter.
Ce besoin parle de la manière dont nous allons nous y prendre avec nous-mêmes pour laisser partir celui qui est parti, plutôt que de le retenir.

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Comment gérer mon compagnon devenu hyperactif en vieillissant ?

Question posée par Catherine :

Comment gérer mon compagnon devenu hyperactif en vieillissant ? C’est épuisant !

Mes pistes de réponse :

D’une manière générale, la meilleure façon pour être en paix avec les comportements de l’autre qui nous gênent parce qu’ils nous énervent ou nous épuisent, c’est de comprendre les motivations qui sont les siennes pour agir.

En fait, l’autre est toujours dans sa logique à lui, en relation avec la manière dont il voit et sent les choses. Comprendre cette logique, c’est prendre la mesure de la cohérence qui est la sienne à agir comme il agit.

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