Archives de l’auteur : Renaud Perronnet

À propos Renaud Perronnet

Enseigne professionnelle de Renaud PERRONNET (en ligne depuis 1999), est depuis 1992 un organisme de formation destiné aux aidants et un cabinet d'accompagnement psychothérapeutique pour les particuliers. Cliquez ici pour en savoir plus

Je suis en couple, stable depuis 3 ans, et depuis 6 mois je m’imagine avec d’autres hommes !

Question posée par Akira.

Pour vous répondre, je présume que vous êtes une femme libre et que vous ne devez rien à personne.

Premier point, ne pas courir le risque de vous juger vous-même, vous n’êtes pas responsable de vos fantasmes mais de ce que vous allez en faire.
Alors regardons les choses telles qu’elles sont posément.

Il est normal pour un être humain d’être la proie de fantasmes (nous en avons tous), et personne n’en est maître, vous ne devez donc pas vous laisser impressionner par le fait de vous imaginer avec d’autres hommes par lesquels vous pouvez vous sentir attirée, il y a là quelque chose de banal et « normal ».

Par contre si vous vous sentez fortement troublée par vos fantasmes, c’est vraisemblablement parce qu’ils ont besoin d’être partagés et élaborés, ce qui peut se faire dans le cadre d’une relation thérapeutique.
Il est tout à fait légitime de votre part de chercher à connaître ce qu’ils vous disent de vous-même.
Disent-ils votre insatisfaction ? Votre désir refoulé ? Parlent-ils de vos désirs interdits ? Du clivage de votre moi, c’est-à-dire des façons dont vous vous êtes inconsciemment arrangée pour dénier une réalité à l’occasion d’un traumatisme ancien ?

Parallèlement, et après avoir exploré ces pistes, vous avez-là une belle opportunité de découvrir ce qui est important pour vous dans cette relation de couple que vous définissez comme « stable. »
Voici une belle occasion de vous mettre au clair avec ce que vous voulez vraiment.

Il vous faut regarder en face la manière dont vous allez permettre à votre sentiment de liberté (ou à vos peurs et à vos inhibitions) de vous laisser définir ce que vous voulez.

Si vous fantasmez par insatisfaction, peut-être est-ce pour vous l’opportunité d’en prendre la mesure et d’agir ?
Pourquoi ne parleriez-vous pas à votre compagnon de votre manque, de manière à pouvoir vous donner les moyens d’y remédier à travers des comportements concrets ?
Insatisfaction relationnelle ? Sexuelle ? Besoin de tendresse pas pris en compte ?
Dans tous les cas le fait de vous confronter à vos manques sans en avoir peur vous permettra de les reconnaître pour pouvoir y remédier.
Qu’est-ce que vous recherchez au juste ?
Qu’est-ce que vous demandez vraiment à votre relation de couple ?

Votre vécu peut être aussi la conséquence de votre immaturité affective. Peut-être êtes-vous à la recherche de « l’âme sœur » qui pourra combler vos manques, de l’Autre idéal que vous pouvez rechercher pendant longtemps puisqu’il n’existe pas… ?
Auquel cas vous voici devant l’opportunité de mûrir en vous posant de vraies questions : comment pourrais-je attendre d’être comblée par un autre puisque cet autre ne peut qu’être nécessairement différent de moi ? Qui mieux que moi peut combler mes manques ?

Une relation ne peut exister pour nous que « dans le relatif » donc compte tenu de la différence et des spécificités de l’autre que nous avons à accepter pour les respecter et les intégrer.

De vous poser ces questions, et d’y répondre pour vous-même, vous aidera sans doute à prendre la pleine responsabilité de vos décisions comme de vos comportements futurs.

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Pour aller plus loin, vous pouvez lire les articles : À propos de l’autonomie et de la différence dans la vie de couple et Pédophilie, pédocriminalité et perversion.

Illustration : Fractale.

© 2020 Renaud PERRONNET Tous droits réservés. 

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Faut-il cacher à l’entourage les conneries de ses enfants ?

Question posée par Ali.

En principe nous cherchons à cacher aux yeux des autres ce dont nous avons peur ou honte, ce avec quoi nous nous sentons mal à l’aise, sinon quel mobile aurions-nous à vouloir le cacher ?

Cela vous amènera à prendre conscience de vos éventuels malaises de parent, de votre éventuelle honte face aux erreurs de vos enfants.
À comprendre que le « Tu me fais honte ! » du parent n’est que l’expression de son décalage vis-à-vis de son enfant, car un enfant qui ressent la honte de son parent à son égard ne peut pas se sentir aimé par lui.
Le parent qui voudrait cacher à son entourage les erreurs de ses enfants chercherait à se disculper d’eux. Or quel est le rôle d’une mère ou d’un père ?
C’est de montrer à ses enfants qu’il est solidaire de ce qu’ils sont (ce qui est différent de leur dire qu’il trouve leurs comportements toujours appropriés). Mais qu’il les trouve appropriés ou pas, les enfants les ont eus ! Et leur faire sentir que nous sommes avec eux alors même que nous estimons que certains de leurs comportements n’ont pas toujours été appropriés, c’est justement leur permettre de se sentir aimés par nous.

Pour rester à notre place de parents (qui est celle de faire sentir à nos enfants que nous les aimons), nous ne devons pas être dans la confusion entre nous et eux.

En fait ce que nous appelons souvent « leurs conneries » ne sont – en réalité – que leurs tentatives plus ou moins maladroites de trouver l’équilibre dans l’apprentissage qui est le leur. On apprend parce qu’on tombe, on apprend en tombant et en se relevant. « On se relève en prenant appui sur le sol même sur lequel on est tombé », dit un proverbe bengali cité par Swami Prajnanpad, il n’y a pas d’autre moyen de se relever.

Penser qu’on n’aurait pas dû tomber alors qu’on est tombé est mortifère parce que cela nous condamne à rester à terre.

Le parent bienveillant pour ses enfants, n’a pas peur de leurs erreurs. Il les assume donc de façon solidaire auprès de son entourage.

Peut-être que ce sera à ce prix que son fils ou sa fille, adolescent, se sentant inconditionnellement aimé, pourra ressentir quelque chose comme « mon père (ou ma mère), c’est quelqu’un ! »
Et soyez assuré qu’un enfant qui se sent aimé et respecté par son parent jusque dans les erreurs qu’il commet ressent à son tour le désir d’être respectueux et aimant vis-à-vis de son parent.

Pour aller plus loin, vous pouvez lire : Éduquer ou dresser et Être un parent acceptable.

Illustration : Fractale.

© 2020 Renaud PERRONNET Tous droits réservés. 

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Parent efficace ou parent conscient ?

« Pour être un père ou une mère, une chose est précieuse : prendre la peine de se souvenir intelligemment de sa propre enfance, de sa propre relation avec ses parents, de ce qu’ont été les moments heureux, les moments douloureux, de ce qui nous a aidés, de ce qui nous a fait mal, et être extrêmement vigilant afin de ne pas mécaniquement reproduire les comportements néfastes dont nous avons été victimes. Il faut aussi complètement admettre que l’enfant est un autre que nous. Il est différent de nous et nous devons lui permettre de se développer dans sa ligne à lui. »

Arnaud Desjardins, Regards sages sur un monde fou, Éditions La Table Ronde, 1997, p. 65.

La vie est un processus qui se transmet de génération en génération et nous faisons tous partie intégrante de ce processus. De même que les causes produisent des effets, la manière dont nous allons éduquer nos enfants va influer pour le pire comme pour le meilleur sur ce qu’ils vont devenir.

Prendre la mesure de cela c’est garder constamment à l’esprit qu’au quotidien, l’enfant fera l’expérience de la vie, découvrira qui il est et ce qu’il peut attendre du monde et des autres à travers les comportements de ses parents. C’est ainsi qu’un enfant parviendra ou non à s’accomplir comme une personne équilibrée capable d’accéder au bonheur.

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Mon compagnon prétend m’aimer et me trompe allègrement, je suis perdue…

Question posée par Estelle :

« Mon compagnon dit m’aimer pourtant cela ne l’empêche pas de regarder les femmes dans la rue, de causer avec des femmes sur les sites de rencontre. Il drague des femmes, a parfois des aventures. Il leur dit qu’il n’a personne et cherche une femme à aimer. Ensuite il revient toujours vers moi en prétendant que je suis la seule femme qu’il aime. Je suis perdue et je souffre énormément de cette situation. »

L’autre jour je lisais une interview de la comédienne Isabelle Carré1 qui partageait sa fragilité extrême quand elle était adolescente : à 14 ans elle faisait une tentative de suicide suite à un chagrin d’amour.
Elle raconte qu’elle avait appris que son amoureux n’était sorti avec elle que pour gagner un pari avec ses potes. C’est alors qu’elle a vidé l’armoire à pharmacie en prenant soin d’avaler tous les cachets « ne pas dépasser la dose prescrite. »

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Comment s’apaiser face à une menace potentielle ?

Question posée par Sophie.

Un exemple : « Pourvu que mon mari, avec lequel je suis en instance de divorce, ne cherche pas à me retirer la garde de mes enfants. »

On comprendra que face à une menace potentielle, la peur est légitime. Cela signifie qu’il ne sert à rien de se dire qu’on ne devrait pas avoir peur. Il ne s’agit pas d’un fantasme, on a peur de la menace parce qu’on sait pertinemment qu’elle peut se réaliser, elle nous pend au bout du nez.

Pour tenter de s’apaiser, il n’y a pas d’autre moyen que de regarder en face la réalité (plutôt que de tenter de la fuir en se racontant des histoires auxquelles on ne croira pas soi-même).

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Que faire d’un enfant qui culpabilise ses parents ?

Question posée par Renée.

Les parents ont très facilement le pouvoir de culpabiliser leur enfant parce que ce sont eux qui détiennent l’autorité et qu’a priori les enfants les croient puisqu’ils ont confiance en eux.

Mais qu’en serait-il d’un enfant qui aurait le pouvoir de culpabiliser son parent ? Ce serait assurément le monde à l’envers car c’est bien le parent qui est responsable de son enfant et non l’inverse.

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