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La confiance en soi pour gérer la relation à ses proches

ÉCOUTEZ : La confiance en soi pour gérer la relation à ses proches(© RENAUD PERRONNET - Téléchargement du podcast en bas de page)


Devenir libre de sa famille et de ses amis

« Notre véritable nature n’est pas un idéal auquel nous devons aspirer. C’est la personne que nous sommes maintenant et c’est ce avec quoi nous pouvons entrer en amitié et célébrer. »

Pema Chödrön (Moniale bouddhiste)

Tout le monde s’accorde pour dire qu’il est nécessaire d’avoir confiance en soi, comme si cela était facile, comme si nous n’avions qu’à aller pêcher cette confiance au fond de nous-même, comme si elle était là, tapie dans l’ombre, à attendre que nous nous intéressions à elle.

Or la confiance en soi-même n’est pas innée, il n’est donc possible de la trouver en soi-même que si elle y a été déposée. Si personne ne nous a donné l’opportunité de cultiver notre confiance en nous-même, il nous sera certainement très difficile, voire impossible de la ressentir.

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à propos des secrets de famille

Question de @mary :

Ma mère âgée de 90 ans m’a dit récemment qu’elle a un terrible secret sur sa famille dont elle ne nous a jamais parlé. Dois-je la pousser a se confier, pour ne pas peser sur les nouvelles générations par exemple, ou dois-je laisser ce secret à jamais voilé ?

Mes pistes de réponse :

C’est le plus souvent par inconscience des risques encourus qu’une personne consent à recevoir un secret d’une autre personne.
A contrario, révéler un secret de famille, est un acte courageux de la part d’un être qui ne consent plus à demeurer l’otage d’un autre.

J’ai le sentiment que vous vous donnez une responsabilité qui n’est pas la vôtre : le secret de votre mère pèse avant tout sur elle, il est comme un deuil indicible qu’elle a enfoui à l’intérieur d’elle-même comme on enfouirait un fantôme, et qui la hante depuis de longues années. Ce qu’elle vous a dit vous montre qu’elle ressent le besoin de parler, elle n’attend donc que votre écoute pour se soulager. Il ne vous reste plus qu’à l’accueillir avec simplicité et ouverture dans ce qu’elle a à vous dire afin que cela soit enfin su par l’ensemble de votre famille. Prenez garde à ne pas consentir au secret, si elle vous le demandait, vous en deviendriez prisonnière à votre tour.
Les secrets sont à coup sûr des non-dits pathogènes (perte, injustice, crime, inceste, bâtardise) qui ne peuvent que produire de l’angoisse chez ceux qui les gardent plutôt que de les révéler. Ils produisent des morts non enterrés, des fantômes, qui poursuivent leur œuvre en silence en hantant les vivants qui ne parviennent pas à comprendre pourquoi ils vivent ce qu’ils vivent. Ils peuvent ainsi se transmettre de l’inconscient d’un parent à l’inconscient d’un enfant en pesant sur des générations successives.
En écoutant votre mère, vous lui permettrez – sans doute – de pondérer ses angoisses, ce faisant, vous contribuerez certainement, au soir de sa vie, à l’aider à partir en paix.
Et comme vous le pressentez vous même, vous permettrez aussi aux générations successives de ne pas demeurer hantées par des fantômes.
Être dépositaire d’un secret est le plus souvent mortifère, s’en libérer c’est s’ouvrir à la vie qui ne s’attarde pas avec hier. Se libérer d’un secret c’est se libérer d’un poids, d’un mort, c’est le révéler en le parlant afin de l’identifier consciemment. Le démasquer c’est le dire puisque sa force ne réside que dans la manière dont nous allons implicitement l’approuver à travers notre silence.

Comme l’écrivaient dans L’écorce et le noyau, les psychanalystes Nicolas Abraham et Maria Török, qui ont été les premiers à poser la question de la transmission psychique transgénérationnelle :

« Dans le ventre de la crypte se tiennent indicibles, pareils aux hiboux dans une vigilance sans relâche, des mots enterrés vifs. Tous les mots qui n’auront pu être dits, toutes les scènes qui n’auront pu être remémorées, toutes les larmes qui n’auront pu être versées. »

Pour aller plus loin, vous pouvez lire :

© 2023 Renaud Perronnet. Tous droits réservés

Comment parvenir à me faire respecter par ma famille ?

Question de @whiteporpoise :

Merci pour tout ce que vous êtes et partagez.
J’ai coupé avec ma famille. J’ai écrit à ma mère au moins 2 fois que je ne voulais plus que l’on s’écrive, se voit ni se parle. Aucun membre de ma famille (car ils s’en mêlent tous, mon frère, mes sœurs) n’accepte. Mon frère me reproche de mettre la pression et est venu chez moi (heureusement je suis à randonner en itinérance). Ma mère est venue ou voulait venir.

Que dois-je faire ? Déménager, changer de ville ?
Que les étoiles scintillent pour vous.

Mes pistes de réponse :

Alice au chat du Cheshire :
« Voudriez-vous, je vous prie, me dire quel chemin je dois prendre pour m’en aller d’ici ?
Cela dépend en grande partie du lieu où vous voulez vous rendre », répondit le chat.

Ce que vous devez faire dépend donc de ce que vous voulez, de ce qui est vraiment important pour vous. Mais le savez-vous ?

Vous pouvez utiliser – de manière ferme et résolue – la procédure dite du « disque rayé » : répéter inlassablement à votre mère (et à votre famille), que vous ne souhaitez plus la voir, lui parler ou même lui écrire, que vous êtes déterminée, que c’est ainsi pour le moment et que si vous changez d’avis vous le lui ferez savoir. Auquel cas il n’y aurait rien d’autre à faire que de lui montrer votre résolution en n’entreprenant plus aucune sorte de discussion avec elle (ni avec votre famille).

Il est toujours légitime de fuir pour un être qui se sent en danger. Harcelée par votre mère comme par votre famille incapable de vous entendre et de vous respecter, il peut être juste de décider de vous mettre physiquement hors de portée d’eux, ce qui reviendrait à être résolue à « partir sans vous retourner » dans la perspective de mener votre vie à vous – enfin – à l’abri définitif d’influences que vous estimez toxiques. Auquel cas changer de ville ou de région peut être en effet une option salvatrice.

Mais vous pouvez aussi vous poser la question de ce qui nécessiterait votre fuite ? Qu’est-ce qui ferait que vous devriez vous considérer comme leur victime ? Qu’est-ce qui vous empêcherait de les regarder dans les yeux, non pas pour les agresser, mais pour parvenir à vous faire respecter d’eux ? Observez éventuellement en vous ce qui fait que vous n’y parvenez pas ? Que vous continuez de discuter à propos de sujets sur lesquels vous ne voulez plus discuter ? Que vous vous considérez en quelque sorte et malgré vous comme « leur chose » et non pas comme une femme libre et souveraine d’elle-même ?

Vous m’aviez récemment posé la question : « L’entourage peut-il avoir eu une telle force inhibitrice de notre être, qu’aujourd’hui nous en soyons à craindre et redouter nos capacités ? » La réponse est oui, certainement. Auquel cas c’est un travail psychothérapeutique qui pourra vous aider à trouver votre place légitime, notamment en apprenant à affronter votre mauvaise conscience à être par vous-même en prenant votre place.

Pour aller plus loin, vous pouvez lire :

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Peut-on dire à sa famille qu’on la hait ?

Question de @whiteporpoise :

Peut-on écrire à sa famille : Je vous hais et je hais le lien qui nous unit.
Merci pour votre conseil.
Que Dame Nature vous enveloppe dans toute sa tendresse.

Mes pistes de réponse :

J’entends le besoin qui est le vôtre d’exprimer votre ressentiment vis-à-vis de votre famille à une personne qui vous écoutera, vous comprendra et ne vous jugera pas, par exemple à un thérapeute. Mais écrire à votre famille que vous la haïssez, pour qu’elle en garde la trace et s’en souvienne, pourrait-il être autre chose qu’une réaction hâtive ? Un besoin de vengeance actuel que vous pourriez regretter un jour ?
Je crois que – dans un monde régi par l’impermanence – il est nécessairement imprudent de tenir des propos définitifs à un autre, a fortiori à sa famille.
La haine n’est pas une liberté mais un assujettissement. Avez-vous déjà songé que votre haine pourrait être une dépendance négative à votre famille ? Il y a semble-t-il en vous un besoin interdit qui cherche à s’exprimer et vous contraint à la haine.
Derrière votre haine interdite se cache une blessure inavouée qui demande à être accueillie et écoutée grâce à un travail de connaissance de vous-même.
Vous ne devez rien à votre famille en ce sens que vous ne leur avez rien demandé, et en même temps, avez-vous conscience qu’elle est le moule à travers lequel il vous est permis d’être vivante ?
Quels qu’aient été les différents que vous avez pu avoir avec votre famille (et je sais que la vie en est riche), vous éprouverez peut-être un jour le besoin de leur dire « Je vous remercie pour ma vie ».
Il ne s’agit certainement pas de chercher à nier quoi que ce soit en vous, mais à moins de haïr votre propre existence, comment pourriez-vous haïr le moule qui l’a permise ?
Pour parvenir à effacer certaines traces de souffrances encore vives dans votre cœur, je vous invite à prendre par la main pour le chérir, l’enfant encore blessé qui est en vous. Une fois qu’il se sera senti accepté et aimé par vous, je peux vous affirmer que le regard que vous poserez sur les autres et le monde sera différent.

Pour aller plus loin, vous pouvez lire :

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