Archives de catégorie : Connaissance de soi

Comment mettre son psy face à ses responsabilités ?

Question de @hna :

Comment mettre une psychologue face à ses responsabilités ? Je n’arrive pas aller au-delà de l’arrêt brutal de la psychothérapie ayant contribué à réactiver mon ESPT alors que je suis partie voir cette personne pour ça.
Merci à vous.

Mes pistes de réponse

Votre question est d’autant plus légitime que l’Etat de Stress Post-Traumatique (ESPT) est un trouble anxieux sévère qui, s’il n’est pas traité, peut vous mener à d’autre troubles graves comme la dépression.

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Sommes-nous responsables de celui qui nous blesse ?

Question de @julie :

Je n’arrive pas à saisir précisément cette notion de « responsabilité ». Certes, nous sommes responsables de nos choix, des conséquences de nos actes, mais justement, quand quelqu’un nous blesse (infidélité, désistement d’un ami qui avait promis de nous aider, etc…), où se situe la limite entre comprendre et accepter l’individualité de l’Autre et se respecter soi ? En d’autres termes, est-il déplacé de nourrir une rancoeur face à un proche qui nous ment, qui nous « plante », etc ?

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Mes filles ne s’intéressent pas à moi, que faire ?

Question posée par @ingrid :

Mes filles sont grandes, mamans, et je les vois très peu. Elles ne m’appellent pas. Elles ne demandent pas si je vais bien, ne s’intéressent pas à ce que je vis. Je ne suis jamais invitée dans leurs belles familles respectives, alors qu’elles y vont tout le temps. Je me sens isolée. J’ai pensé leur écrire, mais je redoute leur réaction, et que ce soit pire encore, qu’elles pensent que je me plains. J’aimerais juste qu’elles s’intéressent à moi.
Merci.

Mes pistes de réponse :

Dans votre souffrance, vous pensez que vos filles devraient s’intéresser à vous.
Il existe un moyen presque infaillible pour que vos filles vous donnent ce dont vous avez besoin : une nouvelle manière de vous intéresser à elles qui fera qu’elles auront envie de s’intéresser à vous en retour, et cela passe par commencer par ne rien attendre d’elles. Plus vous focalisez votre attention sur l’espoir que vos filles s’intéressent à vous, plus vous vous repliez sur vous-même et votre souffrance.

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S’initier au travail intérieur

…le défi des candidats à la psychothérapie

« Trop de personnes qui ont peur d’agir utilisent l’idée d’acceptation pour renforcer leur soumission au mauvais sens du terme. Incapables de se redresser pour oser dire non quand la situation l’exige, ils encaissent, ils capitulent, ils baissent la tête, persuadés que l’enseignement1 leur demande cette attitude de victime. » 

Arnaud Desjardins

Trop souvent les candidats à la psychothérapie abordent cette dernière avec une mentalité de patient en attente d’être pris en charge. Ils font comme s’ils ignoraient – alors que tout le travail qu’ils font leur démontre le contraire – que c’est leur manière de voir les choses qui contribue à leur propre détresse.

Je cherche donc à travers ces quelques lignes à les encourager à assumer leurs propres responsabilités c’est-à-dire à les encourager à agir et à entreprendre un travail intérieur afin de se mieux connaitre.

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La confiance en soi pour gérer la relation à ses proches

[audiotrack title=”ÉCOUTEZ : La confiance en soi pour gérer la relation à ses proches” songwriter=”© RENAUD PERRONNET – Téléchargement du podcast en bas de page” mp3=”https://www.evolute.fr/wp-content/uploads/La-confiance-en-soi-dans-la-relation-a-ses-proches-18mn.mp3″]


Devenir libre de sa famille et de ses amis

« Notre véritable nature n’est pas un idéal auquel nous devons aspirer. C’est la personne que nous sommes maintenant et c’est ce avec quoi nous pouvons entrer en amitié et célébrer. »

Pema Chödrön (Moniale bouddhiste)

Tout le monde s’accorde pour dire qu’il est nécessaire d’avoir confiance en soi, comme si cela était facile, comme si nous n’avions qu’à aller pêcher cette confiance au fond de nous-même, comme si elle était là, tapie dans l’ombre, à attendre que nous nous intéressions à elle.

Or la confiance en soi-même n’est pas innée, il n’est donc possible de la trouver en soi-même que si elle y a été déposée. Si personne ne nous a donné l’opportunité de cultiver notre confiance en nous-même, il nous sera certainement très difficile, voire impossible de la ressentir.

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Les autres me déçoivent

Et il n’y a pas de place pour l’espoir

« C’est l’attente qui est la cause de tous les soucis. Vos espoirs et vos désirs sont en vous, alors que les actions des autres et les événements se déroulent dans le monde extérieur. Alors ? L’attente n’est-elle pas inutile ? Les choses peuvent tourner comme vous vous y attendez ou non. Tout dépend des facteurs extérieurs ! Et non de vous ! Alors ? Espérer quoi ? Vous devez accepter ce qui est arrivé, ce qui arrive. Il n’y a pas de place pour l’espoir. »

Swami Prajnanpad, Les Yeux ouverts, p. 110-111.

Question de Anavlis :

La communication avec les autres est devenue très délicate de nos jours. Il y a des gens qui, à tout moment, veulent s’imposer et font preuve d’une attitude de dédain envers l’autre.

Comment faire pour ne pas briser la communication sans pour autant rien avoir à concéder de ses valeurs et principes de vie.

Je vous remercie par avance de votre réponse.

Mes pistes de réponse :

La raison pour laquelle nous nous retrouvons déçus quand l’autre ne répond pas à nos attentes, c’est que nous considérons comme normal et naturel qu’il y réponde.

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Comment m’y prendre avec mes traumas ?

Question de @laura :

J’ai 24 ans et j’ai vécu des traumatismes durant toute mon enfance.
Une des conséquences de ces traumas est que je ne supporte pas que d’autres personnes que mon compagnon me touchent.
Il est arrivé récemment que la famille de mon compagnon me taquine en me poussant. Mon compagnon refuse que j’aille parler à sa famille de ce que je ressens et pourquoi je ne veux pas qu’ils me touchent à nouveau.
J’ai l’impression d’exagérer, mon compagnon est très affecté par cette situation.

Mes pistes de réponse :

Oui, votre impression d’exagérer est à la mesure de la non compréhension de votre compagnon de vos vécus traumatiques.
Car vous n’exagérez pas au contraire, vous êtes cohérente et rationnelle vis-à-vis de vous-même. Ayant vécu des traumatismes en relation avec le toucher, vous redoutez ce toucher de la part de tiers. C’est à la fois légitime et « normal », personne ne peut et n’a le droit de vous le reprocher.
Il vous faut comprendre que votre compagnon est affecté par votre comportement, à l’exacte mesure de sa non compréhension de ce que vous vivez (ne l’ayant pas personnellement vécu, il ne parvient pas à comprendre ce que vous vivez même si vous le lui avec expliqué). Il s’en suit que vous devez rester fidèle à vous-même, que votre compagnon vous comprenne ou pas, qu’il se sente en décalage et perdu à la fois vis-à-vis de sa famille et vous, ou pas.
Il lui faudra comprendre que de vous aimer, c’est vous comprendre, en même temps que de vous soutenir inconditionnellement dans vos besoins de vous protéger.
Il est donc très important que vous mettiez tout en œuvre pour rester fidèle à vous même et à ce que vous ressentez plutôt que de courir le risque de vous diviser davantage encore en culpabilisant et en pensant que vous exagérez.
Vous n’exagérez pas, vous faites exactement ce que vous pouvez compte tenu de vos vécus traumatiques passés. Comprenez que vous ne pouvez pas marchander avec vos traumatismes et que pour en sortir, il vous faut commencer par vous accepter vous-même telle que vous êtes pour le moment donc par reconnaître que vos traumatismes passés vous obligent à certaines émotions et ceci sans vous en vouloir.
Donc oui – sans devoir attendre le consentement de votre compagnon – il serait parfaitement légitime et courageux de votre part de tout mettre en œuvre pour vous respecter dans vos besoins, en commençant par expliquer à votre belle famille et sans vous sentir obligée de lui donner trop de détails intimes – qu’ayant vécu des violences dans le passé, il est particulièrement important et nécessaire pour vous de ne pas être bousculée, même de manière taquine.

Cela dit, je présume que vous faites un travail qui vous permettra de prendre soin votre mémoire traumatique ? Si ce n’était pas le cas, je vous inviterai à l’entreprendre conjointement sans tarder.

Pour aller plus loin, je vous invite à lire cet article qui vous concerne :

© 2024 Renaud Perronnet. Tous droits réservés

Est-ce que je ne me ferais pas un film par hasard ?

Deux histoires pour réfléchir sur nous-même

« C’est c’ui qui dit qui y est ! »

Parole d’enfant 

« Ce que tu es parle si fort que je n’entends pas ce que tu dis. » 

Ralf Waldo Emerson

Indéniablement, à chaque fois que nous prenons conscience – dans notre relation aux autres – de nos préjugés et de nos fausses certitudes, à chaque fois que – faisant preuve d’humilité – nous renonçons à nos opinions sur les autres, au profit de la vision des choses telles qu’elles sont, nous progressons vers plus d’équilibre et d’équanimité.

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Pourquoi ai-je peur du conflit ?

Question de @amande :

J’ai, avec deux amies, crée une agence d’évènementiel. Leurs attitudes, leurs reproches et leurs jugement envers mon travail sont toxiques mais je n’ose pas me défendre. J’ai perdu confiance en moi et ne parviens pas à être moi même face aux autres.

Pourquoi ai-je si peur du conflit ?

Merci de votre réponse.

Mes pistes de réponse :

Remarquez que nous vivons dans un monde duel, et que s’il y a deux, deux sont nécessairement différents, comme le disent les Upanishad.
La première chose à envisager est que le conflit est la conséquence de la loi de la différence. Compte tenu de nos caractéristiques propres qui diffèrent de celles des autres et quelle que soit notre bonne volonté, nous entrerons nécessairement en différence, en opposition avec les autres.
Comme l’affirmait Héraclite : « Le conflit est le père de toute chose. » Ainsi quand la vie advient dans la dualité, les contradictions jaillissent. Héraclite disait aussi : « L’homme ne saisit pas qu’en se contredisant, les choses s’accordent. »
À la fin de l’hiver les forces de vie du crocus qui se réveille sont en conflit avec les forces de la terre encore gelée.
De même que parvenue à un carrefour de votre promenade avec un ami, il arrivera que vous aurez le désir d’aller à droite et lui à gauche.
Dès lors la vraie question n’est plus conflit ou pas conflit puisqu’il est la nécessité de la différence, mais la manière dont nous allons le gérer, dans le respect de soi-même et de l’autre, dans l’échange et la négociation, ou dans la violence.

Beaucoup de personnes s’éliminent elles-mêmes en ayant peur de se défendre parce qu’elles ne se reconnaissent pas le droit à être qui elles sont. N’ayant de cesse de mettre en regard ce qu’elles sont et ce qu’elles pensent devoir être, elles se divisent, créant ainsi un conflit à l’intérieur d’elles-mêmes.
A contrario, la personne qui est devenue qui elle est respecte sa spécificité sans que la différence de l’autre ne lui fasse peur.
L’harmonie n’est rendue possible qu’à celle qui se respecte donc – comme vous l’avez senti – parvient à être elle-même.
À vouloir vous entendre avec tout le monde sans faire de vagues, vous courrez le risque de ne vous entendre avec personne. Quel autre choix avez-vous que celui d’assumer – coûte que coûte – ce que vous êtes, et ce que vous désirez ?

En effet, vous semblez être en mauvaise relation avec vous-même, il vous faudrait investiguer à partir de cette mauvaise relation, cette non confiance en vous-même. Sans doute avez-vous moins peur du conflit que vous n’avez peur de vous-même ? Comment auriez-vous appris à vous méfier ainsi de vous-même ? Cela parle à coup sûr de votre éducation. En fait, pour vivre et trouver l’équilibre, vous ne pouvez compter essentiellement que sur vous-même.

Pour aller plus loin, vous pouvez faire le test :

Et lire :

Consulter la fiche pratique :

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Je suis velléitaire, comment changer ?

Question de @ida :

Je ne termine jamais ce que j’entreprends. Un jour ma motivation disparaît comme si elle n’avait jamais existé et j’abandonne pour me lancer avec passion dans un autre projet qui finira de la même façon.
Pourquoi ?
Que faire pour changer ça ?

Mes pistes de réponse :

Pour comprendre ce que vous vivez, il vous faut d’abord admettre que vous n’êtes pas entière mais multiple. Quand vous dites « moi », remarquez que ce moi qui vit dans l’insatisfaction permanente n’est jamais rassasié, contraint par toutes sortes de tendances qu’il ne connaît pas lui-même, il n’est pas unifié mais composé de parts qui s’ignorent mutuellement et cela d’autant plus qu’elles évitent soigneusement de se rencontrer.
Un exemple banal : en rentrant de vacances, insatisfaite que vous avez été de votre corps sur la plage, vous décidez de commencer la rentrée en pratiquant gym ou yoga une vingtaine de minutes tous les matins. Quelques mois plus tard, votre motivation nettement affaiblie, vous vous permettez des incartades à votre entrainement pour finir par trouver sincèrement qu’avec la grisaille ambiante, il est préférable de rester au lit le plus longtemps possible le matin en ne faisant plus ni gym ni yoga. Au premier jour des vacances prochaines, vous voici de nouveau déçue en regardant votre corps…
L’être humain manque de constance parce qu’il ne sait pas ce qu’il veut. En lui, c’est le dernier qui a parlé qui a raison, et c’est ainsi qu’il devient la victime de ses propres engouements. Une part de lui-même prend une décision sans même avoir conscience que d’autres aspects de lui-même ne sont pas du tout favorables ou même franchement hostiles à cette même décision.
Si vous vous laissez gouverner par des parts minoritaires de vous-même qui prennent soudainement le pouvoir et vous passionnent, il faut vous attendre à des revirements, à des coups d’état permanents à l’intérieur de vous-même. Opportunité pour vous de vous fustiger en vous jugeant inconséquente et velléitaire.
En vous présentant comme lasse de vous-même, vous créez en vous une nouvelle division. Or votre capacité à trouver en vous-même la force de changer vos comportements, ne peut que passer par des moments de rencontre avec vous-même qui aboutiront à des réconciliations.
Si nous n’avons pas besoin d’être à 100% de nous-mêmes pour prendre et tenir une décision, nous avons, en revanche, besoin d’une certaine lucidité et bienveillance. Nous connaissant, sachant ce que nous voulons, mais également ce que nous ne voulons pas, il sera plus facile d’aller dans ce sens.
Qui donc êtes-vous ? Celle qui ne mêne pas ses projets à leur terme parce qu’elle en est lasse ou celle qui aspire à les poursuivre ? Qui, en vous, abandonne pour se lancer dans un nouveau projet ? Qui, en vous, aspire à persévérer ?
D’où provient votre motivation ? D’un devoir dont vous parvenez à vous lasser ? Ou de votre créativité à laquelle vous ne parvenez pas à rester fidèle ? Quelles sont les causes véritables de vos dispersions ? Par quelle part de vous-même vous faites-vous manipuler pour ne pas parvenir à la constance ?
Tant que vous n’entreprendrez pas un véritable travail de connaissance de vous-même qui vous permettra de vous découvrir dans votre profondeur afin de devenir « entière » et réconciliée avec vous-même, vous vous condamnerez à rester à la surface des choses, perdue et dans l’insatisfaction.

Pour aller plus loin vous pouvez lire :

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Que signifie « Pourquoi pas ? »

Question de @nan :

Pouvez vous m’éclairer ? Une connaissance me répond souvent : pourquoi pas. Que signifie cette réponse ? N’est-elle pas intéressée ?

Mes pistes de réponse :

A priori en effet, « pourquoi pas » montre que votre interlocuteur à bien peu le désir de ce que vous lui proposez.

Mais les choses ne sont pas toujours si simples, certaines personnes timides et inhibées n’osent pas s’exprimer, elles n’osent pas choisir.
Celui où celle qui – otage de sa peur – n’ose pas exister pour lui-même, dire et affirmer ses goûts, s’efface.
« Pourquoi pas » peut ainsi être une alternative à oser prendre position en disant oui ou non ou en mettant des limites à une proposition.
Cela met dans ce cas en évidence une personne frileuse incapable de prendre position et qui en conséquence veut se dégager de votre proposition en vous renvoyant la balle… Pourquoi pas vous laisse le choix.
« Pourquoi pas » est ainsi très proche de « c’est comme vous voulez » expression chère aux personnes qui – parce qu’elles ne veulent pas perdre – craignent de choisir.

Il peut être intéressant pour vous d’observer ce que le « pourquoi pas » de l’autre créé chez vous. Acceptez-vous volontiers de vous retrouver à l’initiative de votre proposition ou vous sentez-vous vous aussi dans le malaise de devoir choisir parce que l’autre vous fait faux bond ?

Pour aller plus loin vous pouvez lire :

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à propos des secrets de famille

Question de @mary :

Ma mère âgée de 90 ans m’a dit récemment qu’elle a un terrible secret sur sa famille dont elle ne nous a jamais parlé. Dois-je la pousser a se confier, pour ne pas peser sur les nouvelles générations par exemple, ou dois-je laisser ce secret à jamais voilé ?

Mes pistes de réponse :

C’est le plus souvent par inconscience des risques encourus qu’une personne consent à recevoir un secret d’une autre personne.
A contrario, révéler un secret de famille, est un acte courageux de la part d’un être qui ne consent plus à demeurer l’otage d’un autre.

J’ai le sentiment que vous vous donnez une responsabilité qui n’est pas la vôtre : le secret de votre mère pèse avant tout sur elle, il est comme un deuil indicible qu’elle a enfoui à l’intérieur d’elle-même comme on enfouirait un fantôme, et qui la hante depuis de longues années. Ce qu’elle vous a dit vous montre qu’elle ressent le besoin de parler, elle n’attend donc que votre écoute pour se soulager. Il ne vous reste plus qu’à l’accueillir avec simplicité et ouverture dans ce qu’elle a à vous dire afin que cela soit enfin su par l’ensemble de votre famille. Prenez garde à ne pas consentir au secret, si elle vous le demandait, vous en deviendriez prisonnière à votre tour.
Les secrets sont à coup sûr des non-dits pathogènes (perte, injustice, crime, inceste, bâtardise) qui ne peuvent que produire de l’angoisse chez ceux qui les gardent plutôt que de les révéler. Ils produisent des morts non enterrés, des fantômes, qui poursuivent leur œuvre en silence en hantant les vivants qui ne parviennent pas à comprendre pourquoi ils vivent ce qu’ils vivent. Ils peuvent ainsi se transmettre de l’inconscient d’un parent à l’inconscient d’un enfant en pesant sur des générations successives.
En écoutant votre mère, vous lui permettrez – sans doute – de pondérer ses angoisses, ce faisant, vous contribuerez certainement, au soir de sa vie, à l’aider à partir en paix.
Et comme vous le pressentez vous même, vous permettrez aussi aux générations successives de ne pas demeurer hantées par des fantômes.
Être dépositaire d’un secret est le plus souvent mortifère, s’en libérer c’est s’ouvrir à la vie qui ne s’attarde pas avec hier. Se libérer d’un secret c’est se libérer d’un poids, d’un mort, c’est le révéler en le parlant afin de l’identifier consciemment. Le démasquer c’est le dire puisque sa force ne réside que dans la manière dont nous allons implicitement l’approuver à travers notre silence.

Comme l’écrivaient dans L’écorce et le noyau, les psychanalystes Nicolas Abraham et Maria Török, qui ont été les premiers à poser la question de la transmission psychique transgénérationnelle :

« Dans le ventre de la crypte se tiennent indicibles, pareils aux hiboux dans une vigilance sans relâche, des mots enterrés vifs. Tous les mots qui n’auront pu être dits, toutes les scènes qui n’auront pu être remémorées, toutes les larmes qui n’auront pu être versées. »

Pour aller plus loin, vous pouvez lire :

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S’éveiller à sa propre dignité

Pour ne pas succomber aux injonctions d’une société dépressive

« Sentiment de dignité veut dire sentiment de son importance et de la nécessité urgente de sa propre vie : Oui, je suis quelque chose, je suis quelqu’un et j’éprouve une nécessité, j’ai une mission – si vous aimez les grands mots – quelque chose à faire, et sans faire cela, ma vie n’est rien, aussi je ne peux que le faire. »1 

Swami Prajnanpad 

« La dignité humaine ne dépend pas du compte en banque. Elle provient de ce que nous puisons dans nos ressources humaines inhérentes, en faisant les choses avec nos propres mains, ici et maintenant, correctement, magnifiquement. Nous pouvons réellement le faire ; même dans la pire des situations, nous avons le pouvoir d’infuser de l’élégance dans notre vie. »2 

Chögyam Trungpa

Comment se construirait un petit enfant sans le regard de ses parents ?

Difficilement puisque c’est sur le regard de ses parents (sur ce que ses parents, par leurs comportements, lui montrent qu’il est), qu’un jeune être s’appuie pour devenir peu à peu qui il est.

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