Archives par étiquette : Enfant

L’identification à son enfant intérieur

Apprendre à le reconnaitre en soi pour arrêter de lui obéir

Vous êtes nombreux (plusieurs centaines de personnes par jour), depuis des années, à lire mes deux articles : A propos des parents aux comportements toxiques[1] et Comment parvenir à guérir de son enfance ?[2] , et pour certains d’entre vous (plus de 600 à ce jour), à avoir ressenti le besoin de partager votre propre vécu d’enfant, le plus souvent dramatique.

Nous vivons dans un monde où le sujet de la mère toxique et maltraitante est encore tabou. Une lectrice m’écrivait récemment que quand elle partageait l’histoire douloureuse de son enfance avec ses amies, ces dernières excusaient le plus souvent sa mère (pourtant maltraitante) en justifiant ses actes et en refusant d’admettre que c’était bien elle (et non sa fille) qui était toxique et avait un problème.

Comme si le seul fait d’être parent excusait tout. Comme si le quatrième commandement de la Bible « Tu honoreras ton père et ta mère », nous obligeait – même inconsciemment – à cautionner les dysfonctionnements de nos parents.

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Oser en parler

à propos de l’abus, des abuseurs et des abusés

Quand on parle d’abus, on fait le plus souvent allusion à l’abus sexuel ; dans Le Robert, il est écrit : « Abuser d’une personne, la posséder quand elle n’est pas en situation de refuser ; par euphémisme, la violer ». En fait abuser quelqu’un c’est « le tromper en abusant de sa crédulité ». C’est dans ce sens que nous utiliserons ce mot ici et que nous commencerons par convenir que tous les abus ne sont pas sexuels.

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Enfant menteur, parent qui fait peur

à propos du mensonge et du goût de la vérité dans l’éducation

« Nous ne pouvons pas aimer vraiment s’il nous est interdit de voir notre vérité, la vérité sur nos parents et nos éducateurs, mais aussi sur nous-mêmes. Nous pouvons seulement faire semblant d’aimer. Mais ce comportement hypocrite est le contraire de l’amour. »

Alice Miller

« Tout être humain qui approche la vérité de ce qu’il vit, en propre, rencontre l’humanité tout entière. »

Fabrice Midal

Qu’est-ce que le mensonge ? Le Petit Robert le définit comme « Affirmer ce qu’on sait être faux, nier ou taire ce qu’on devrait dire. » La vérité étant « Ce à quoi l’esprit peut et doit donner son assentiment, par suite d’un rapport de conformité avec l’objet de pensée, d’une cohérence interne de la pensée. »

La vérité est donc l’accord de la pensée avec la chose telle qu’elle est, dire la vérité c’est donc dire les choses telles qu’elles sont. A l’inverse, mentir, c’est travestir ou cacher les choses telles qu’elles sont.

Une mère m’écrit :

Mon fils de 17 ans ment tout le temps et sur tout ! Je viens de me rendre compte qu’il m’a menti sur la personne chez qui il a dormi ce week-end et que ce n’est pas la première fois.

A chaque fois qu’il me ment, je m’en aperçois et il le sait mais il continue.

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Ma fille de 14 ans en est à sa 3ème tentative de suicide…

Ou comment rencontrer la souffrance de son adolescent ?

« Un animal, un enfant et un ignorant sont esclaves de leurs désirs. Ils veulent les satisfaire immédiatement, quels que soient le moment, le lieu ou les circonstances… A quoi reconnaît-on un homme ? Un homme, avant de satisfaire ses désirs, tient compte du temps, du lieu et des circonstances, car il cherche à atteindre un but. »

Swami Prajnânpad.

Un homme, a fortiori un père…

Qu’est-ce qu’être un père ?

« Alice au chat du Cheshire : – Voudriez-vous, je vous prie, me dire quel chemin je dois prendre pour m’en aller d’ici ? – Cela dépend en grande partie du lieu où vous voulez vous rendre, répondit le chat. »

Lewis Carroll.

Le contexte :

Paul est un homme d’affaires, toujours entre deux avions, qui m’a écrit une première fois fin 2013. Après une deuxième tentative de suicide (TS) en 3 mois, sa fille de 13 ans, Lucie, se trouvait depuis deux semaines dans un centre pour évaluation et observation des adolescents.

Paul m’expliquait que sa relation à la mère de Lucie avait toujours été très conflictuelle depuis la naissance de leur fille et qu’ils se déchiraient mutuellement à propos des droits de visite et des communications avec leur enfant. Ayant obtenu le droit de garde, il m’explique : « toute trace de sa présence chez sa mère a été supprimée par celle-ci, qui ensuite a déménagé dans un appartement où ma fille dort sur un canapé du salon lorsqu’elle vient en visite, un week-end par mois, et pendant la totalité des petites vacances. Ce rythme a été imposé par la mère et je l’ai accepté sans négocier, à la demande de ma fille qui voulait absolument déménager. »

S’ensuivent un suivi psychologique et plusieurs crises de spasmophilie (syndrome d’hyperventilation lié à un état anxieux) pour Lucie.

Paul se décrit lui même comme un père « cadrant », il estime qu’au contact de sa mère laxiste, Lucie a développé pour survivre « une considérable capacité de négociation / manipulation et de mensonge de laquelle elle semble devenue prisonnière. » Il termine son portrait psychologique par ces mots : « elle a aussi une tolérance à la frustration pratiquement nulle. »

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Le petit enfant et le désir des parents

« Ce que l’on devient dépend de la manière dont on reçoit les choses. »

Swami Prajñânpad

Question de Richard :

Profession : militaire.

J’aimerais savoir s.v.p. si je devrais forcer mon fils de 3 ans a continuer son cours d’apprentissage au patins a glace.

Situation :

Son premier cours, il a pleurer pas mal tout le long du cours mais a réussi a rester debout quelque fois, lorsqu’il tombe, bien sur il se fais mal au fesse etc.

Après le cours nous lui avons donner des encouragement positif : c’est beau t’es bon et tout.

Son deuxième cours, hier, il a pleurer pas mal tout le long du cours, j’ai noter quelque amélioration mais pas beaucoup. nous lui avons encore donner des encouragement et tout.

2h après le coucher, il se réveille en panique et impossible de le consoler, il dit non, non j’veux pas etc, alors je lui demande pourquoi non et tout, a un moment il dit je ne veux pas faire de patin, j’essai encore de le réconforter en essayant de lui faire penser a autre chose, c’est dur de le calmer et il se met a pleurer avec tristesse et finalement il s’endort.

Moi et ma femme avons conclus qu’il a probablement eu un mauvais rêve qu’il étais peut être dans un état de somnambulisme et tout.

Donc nous ne voulons surtout pas le traumatiser et le forcer sans raison mais aussi ont se dit que de le sortir du cours ne l’aideras pas a passer par dessus d’autres obstacle de sa vie,

Je sais pas trop quoi faire, pouvez vous m’aider s.v.p.

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Pourquoi sommes-nous agressifs envers nos enfants et comment y remédier ?

« Personne ne peut diriger le vent mais on peut toujours apprendre à ajuster ses voiles. »

Proverbe 

« Parler à un adolescent, ce n’est pas lui dire : « Maintenant je suis là pour t’aider », mais lui dire la phrase complète : « Je sais qu’à des moments, je n’ai pas été là quand tu m’attendais mais maintenant je suis là. »

Daniel Morin 

Question de Stéphanie :

Bonjour, je suis mariée et maman de trois enfants et mon mari me reproche souvent d’être agressive avec mes enfants, avec lui et même avec les étrangers.

Aujourd’hui, j’ai parlé agressivement à la directrice d’école maternelle où mon fils doit aller, car j’ai appris par une maman qu’elle avait fait entrer un enfant en début de semaine, donc je suis allé lui demander si je pouvais faire de même avec le mien et elle m’a répondu que cela n’était pas possible, qu’il n’y avait plus de rentrée après janvier, et là, au lieu de lui expliquer calmement ce que je venais d’apprendre par une maman, je me suis énervée. Maintenant, je m’en veux j’ai mal au ventre car je sais qu’au lieu de réfléchir à ma demande, ce sera « NON ».

Quant à mes enfants, j’aimerais qu’ils soient parfaits, même si je sais que ce n’est pas possible car je ne suis pas parfaite moi-même (et personne ne l’est). Du coup, ma fille aînée s’éloigne de moi et se rapproche de son père (malgré que je sois là toute la journée et pas lui), mon deuxième cherche à toujours être ailleurs. Ils me mentent car ils savent que je vais monter en flèche et ça m’énerve encore plus.

Je ne sais plus comment faire pour me sortir de cette spirale, j’aimerais que tout le monde m’aime, même si je sais que ce n’est pas possible !

J’ai cette sensation que tout le monde compte sur moi car j’ai du caractère, mais personne ne se préoccupe de savoir si je vais bien !!!!

Ma réponse :

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A propos de la violence éducative

S’il vous arrive de penser :

  • Qu’une claque n’a jamais fait de mal à personne,
  • Que c’est le seul moyen de mater certains enfants,
  • Que c’est normal d’infliger une humiliation à quelqu’un qui se croit tout permis,
  • Que l’important c’est de mettre des limites et que peu importe la façon dont on les met,
  • Qu’on n’est pas responsable des « baffes » qu’on inflige aux enfants parce qu’ils les ont cherchées…

Ou qu’au contraire vous sentez :

  • Que les fessées données aux enfants sont néfastes pour leur développement,
  • Que battre un enfant le force à s’endurcir pour moins souffrir,
  • Que plus on a été battu enfant plus on risque d’être violent soi-même comme parent,
  • Que s’attaquer à plus faible que soi est indigne d’un parent aimant,
  • Qu’un enfant éduqué avec douceur et patience aura toutes les chances de devenir un adulte épanoui…

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Comment accompagner un enfant dont la mère se meurt ?

L’éducation consiste à comprendre l’enfant tel qu’il est, sans lui imposer l’image de ce que nous pensons qu’il devrait être.

Krishnamurti.

Question de Solange :

Mon fils est séparé de la mère de ses deux filles (9 et 7 ans)

Elles voient régulièrement leur maman, mon fils entretenant de bonnes relations avec elle. Elle est atteinte d’un cancer très avancé dont malheureusement l’issue est fatale.

Comment préparer mes petites filles à ce terrible drame ?

Elles voient régulièrement un pédopsychiatre car leur comportement est difficile à l’école depuis la séparation des parents.

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Dois-je forcer mon enfant à réussir ?

A tous les parents désemparés qui ont peur que leur enfant ne réussisse pas.

Question de Béatrice :

Nous avons une fille de 9 ans et demie. Notre fille n’a pas du tout confiance en elle. Nous devons passer des heures pour lui faire faire ses devoirs alors que le maître nous dit que cela doit durer 1 heure maximum. Nous voulons qu’elle réussisse et que si nous ne sommes pas derrière elle, elle ne les fera pas. Nous sommes pratiquement sûr que quand elle n’en a pas envie, elle nous répondra carrément de travers et on s’énerve à côté, on crie. On ne sait plus quoi faire. A l’école, le maître nous a dit qu’elle ne s’implique pas dans la classe, qu’elle ne finit jamais les exercices qu’elle a à faire. Nous avons fait un marché avec elle. Que si son maître nous disait que son travail ne s’était pas amélioré pendant la semaine, on ne l’inscrirait pas le lundi à son concours d’équitation qui devait avoir lieu le week-end d’après. En fin de semaine, nous avons revu le maître qui nous a annoncé que notre enfant s’était métamorphosée et que son travail était devenu parfait. Nous l’avons donc inscrite à son concours. Le vendredi d’après, le maître nous a annoncé que pour cette semaine, son travail était redevenu désastreux. Nous l’avons donc punie de son concours puis d’un mois d’équitation. Est-ce que nous avons bien fait car cela ne l’a pas beaucoup affecté. On ne sait plus quoi faire pour qu’elle apprenne à faire seule ses devoirs et qu’elle soit un peu plus responsable de ses affaires. C’est peut être un peu trop demander ? Nous n’arrêtons pas de nous énerver sur elle, de crier et de nous emporter et nous le regrettons après. Que doit-on faire sans jouer avec la carotte ? Car mon mari n’est pas tellement pour. Quelle position doit-on tenir devant elle pour ne pas s’énerver ? Il est vrai que nous l’avons eu tard car nous avons entre 46 et 54 ans. Nous avons peut-être moins de patience. C’est ce que mon mari pense. Pouvez-vous nous conseiller ? Nous vous en remercions d’avance.

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Mon enfant de 7 ans menace de se tuer

Question d’Anne :

Je vous remercie pour votre article « L’enfant et la mort » et vous adresse une question sur la mort mais dans un contexte différent.

J’ai un petit garçon de 7 ans qui, après avoir été très obéissant se met à refuser les règles et à déployer beaucoup d’agressivité et d’impulsivité. A la suite d’une lourde punition, il menace régulièrement de se tuer, en disant que la vie est nulle. Je tiens à dire que nous sommes une famille très unie, sans aucun problème. Est ce qu’un enfant de cet âge peut passer à l’acte ? Bien sûr à chaque fois qu’il parle de ça, je n’entre pas dans sa menace mais je lui explique toujours après que je l’aime et serai très triste s’il n’était plus là. Merci de me donner votre avis.

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Je n’arrive plus à communiquer avec mon fils de 11 ans ?

Question de Touraya :

Assistante de direction à Marseille, France.

J’ai deux garçons 11 et 7 ans, W. 11 ans est au collège avec un an d’avance. Le 1er trimestre a été bon (14,86/20 de moyenne) et depuis les vacances de Noël il a décidé de régresser, ses notes sont en chute libre, il me ment, il me cache ses devoirs et interrogations écrites.

Je suis à bout, j’ai discuté avec lui, j’ai puni, il se repli sur lui même dans un mutisme, il ne répond pas quand j’ai des discutions avec lui…

J’ai tout essayé ou alors je m’y prends mal…

J’ai besoin d’aide pour que mon fils reprenne en main sa vie scolaire et qu’il extériorise ses problèmes.

Je sais qu’il m’en veut, j’ai trouvé dans ses papiers « Je hais une certaine… » et c’est l’adresse de ma boite mail.

J’ai besoin d’aide pour que mon fils aille mieux et retrouve sa joie de vivre au lieu de toujours me cacher les choses comme il le fait depuis fin décembre…

Merci pour votre compréhension et vos précieux conseils…

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Manifeste contre la violence « éducative »

La France a signé et ratifié le 7 août 1990 la Convention des droits de l’enfant. L’article 19 de cette Convention stipule que les États signataires « prennent toutes les mesures législatives, administratives, sociales et éducatives appropriées pour protéger l’enfant contre toutes formes de violence, d’atteinte ou de brutalités physiques ou mentales ».

Or, en France, d’après un sondage SOFRES de janvier 1999, 80% des parents donnent à leurs enfants gifles et fessées quand ce ne sont pas des coups de martinet ou de ceinture. Presque tout le monde trouve cela normal, inoffensif et même nécessaire. Et les services sociaux et la Justice n’interviennent que dans les cas extrêmes.

Pourquoi est-il permis de frapper un enfant alors qu’il est interdit de frapper un homme adulte, une femme, une personne âgée et, en prison, le pire des criminels? Nos lois ne permettraient-elles d’agresser que les plus faibles?

Les enfants ont le droit d’être élevés sans violence, ce qui ne signifie pas sans fermeté.

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J’ai peur que ma petite fille de 5 ans n’ait été secouée par un décès

Question de Karine :

Je suis maman d’une petite fille de 5 ans et demi, nous avons fait face à un deuil au mois de décembre une arrière grand mère, le jour même de l’annonce j’ai préférée lui dire avec douceur et convictions religieuses, lui expliquant qu’elle était malade et que c’était préférable pour elle, qu’elle ne souffrirait plus. Mais depuis un certain temps elle me pose des questions, est elle vraiment morte ? Je ne veux pas que tu meures maman ? J’ai peur qu’elle est été secouer par ce décès. A part ces questions je ne vois aucun autre trouble, ses dessins sont vivant remplient de couleur. Dois-je m’inquiéter de toutes ces questions ?

Merci pour vos commentaires.

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