Mes filles ne s’intéressent pas à moi, que faire ?

Question posée par @ingrid :

Mes filles sont grandes, mamans, et je les vois très peu. Elles ne m’appellent pas. Elles ne demandent pas si je vais bien, ne s’intéressent pas à ce que je vis. Je ne suis jamais invitée dans leurs belles familles respectives, alors qu’elles y vont tout le temps. Je me sens isolée. J’ai pensé leur écrire, mais je redoute leur réaction, et que ce soit pire encore, qu’elles pensent que je me plains. J’aimerais juste qu’elles s’intéressent à moi.
Merci.

Mes pistes de réponse :

Dans votre souffrance, vous pensez que vos filles devraient s’intéresser à vous.
Il existe un moyen presque infaillible pour que vos filles vous donnent ce dont vous avez besoin : une nouvelle manière de vous intéresser à elles qui fera qu’elles auront envie de s’intéresser à vous en retour, et cela passe par commencer par ne rien attendre d’elles. Plus vous focalisez votre attention sur l’espoir que vos filles s’intéressent à vous, plus vous vous repliez sur vous-même et votre souffrance.


A contrario si vous vous intéressez à vos filles sur la base de leurs perspectives, de leurs besoins à elles, vous gagnerez peu à peu vis-à-vis d’elles en confiance et en compréhension, et vous serez servie en retour.
Quelle que soit la relation que vous entretenez avec elles, et avez entretenue par le passé (mais vous ne m’en parlez pas), je vous propose de faire l’hypothèse que si vos filles ne s’intéressent pas à vous, c’est sans doute parce qu’elles ne ressentent pas l’intérêt que vous leur portez (peut-être même qu’elles vous redoutent, que vous les lassez et qu’elles craignent vos comportements, vos éventuelles remarques et/ou jugements ?) Dans un tel contexte, elles vous délaisseraient pour éviter de vous « supporter ». Peut-être vous ressentent-elles plus comme un poids que comme un stimulant ?
Les mêmes causes produisant toujours les mêmes effets, si vous changez la cause vous aurez un effet différent. Je vous invite donc à changer la cause : quelles qu’aient été les causes de leur éloignement vis-à-vis de vous, si vous changez radicalement d’attitude en leur donnant ce dont elles ont objectivement besoin – si vous vous montrez pour elles à la fois comme un stimulant et comme une ressource – leurs comportements en réponse changeront à coup sûr. Petit à petit mais ils changeront.
La plupart des êtres humains sont en demande de reconnaissance. Dans une famille, un être ne s’intéresse pas à son parent parce que quelque chose bloque : il ne le ressent pas comme s’intéressant à lui. La clé d’un changement radical dans les relations c’est que le parent montre à son enfant qu’il s’intéresse à lui, de telle manière qu’il le ressente.
Comprenez qu’une personne par laquelle nous nous sentons reconnus est nécessairement attirante : si vous sortez de votre ego en souffrance (donc de vos attentes) de manière à vous inscrire dans l’univers subjectif de vos filles, vous leur deviendrez en quelque sorte irrésistible.
Si vous sortez de ce qui pourrait s’apparenter à un malentendu entre vous et elles, elles ne pourront que se rapprocher de vous et peu à peu vous donner en retour selon vos besoins à vous.
Plus vous montrerez à vos filles de l’intérêt quant à leurs besoins propres, plus elles vous seront réceptives, plus vous communiquerez de façon fluide avec elles, plus vous vous exposerez à pouvoir obtenir ce que vous rêvez d’elles : quelles s’intéressent à vous.
Cela signifie que pour recevoir de l’amour des autres, il nous faut commencer par nous remettre en cause nous-même et en particulier remettre en cause les certitudes qui sont les nôtres d’avoir donné (alors que l’autre ne sent pas avoir reçu), et c’est là le plus difficile parce que dans notre enfermement, dans notre égocentrisme qui s’exprime à travers notre certitude d’avoir donné, nous ne sommes généralement pas prêts à nous remettre en cause.

Vous parviendrez à vous remettre en cause au moment où votre souffrance de ne pas recevoir de l’attention de la part de vos filles sera plus forte que votre croyance de leur en avoir donné.
La loi de la relation dit que quand une personne prétend avoir donné et que l’autre dit ne pas avoir reçu, c’est que celle qui prétend avoir donné n’a – en vérité – pas donné à l’autre ce dont il avait besoin. N’ayant pas donné à l’autre ce dont il avait besoin, l’autre le ressent comme si l’autre ne lui avait rien donné.
Il s’agit donc de veiller à bien donner à l’autre ce dont il a besoin plutôt que de donner, comme c’est si souvent le cas, ce qu’on croit bon pour l’autre, dans sa cécité concernant les besoins de l’autre. C’est à ce moment-là que vous découvrirez par vous-même que donner c’est recevoir.
Les êtres humains enfermés dans leurs certitudes le sont dans leurs prétentions mortifères, ils sont étanches aux autres. Comprendre cela est essentiel puisque ça vous permettra – ayant changé de stratégie – de recevoir de celles à qui vous avez donné. Pas tout de suite, attention de ne pas être pressée et de persévérer !

Si ce que je vous dis-là ne vous apparaît pas comme évident, vous pouvez vous faire accompagner par un thérapeute dans une véritable stratégie de réconciliation par l’amour pour vos filles.

© 2024 Renaud Perronnet. Tous droits réservés.

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Eka

Pareil 4 enfants élevés pratiquement seule leur père s’occupait de sa carrière, rentrait tard ils étaient couchés baignés endormis souvent. Certains sont proches d’autres non, J’en suis exclue surtout avec ma fille alors qu’on étaient très proches jusqu’à ce qu’elle ait son premier enfant, c’est devenue une mère elle a changé de rôle, d’ailleurs elle me l’a dit clairement “Maintenant il y a mon enfant tu ne comptes plus” c’est bizarre de me comparer à un enfant, bref si c’est sa logique pourquoi pas. Voilà le bec cloué contre toutes attentes, comme ça pas d’ ambigüité sur notre relation, Oui… Lire la suite »

Mélanie

Bonjour Renaud, Merci pour cet article. J’hésite à le transmettre à ma mère mais elle ne comprendra pas… vu que ma grande sœur rentre parfaitement de son schéma de souffrance en lui donnant présence, reconnaissance et amour …. moi, qui suis différente et en sortance du schéma familial de souffrance, je suis considérée comme l’ingrate, la malaimante voire l’intrus. Tant que les parents seront enfermés dans leur “role” ils ne pourront pas voir ce qui sont leurs enfants. J’ai beaucoup souffert que mes parents ne s’intéressent pas à moi, ne serait ce pour arrêter à chaque repas de me demander… Lire la suite »

Karine

Je me permet de réagir au post de cette dame qui se sent délaissée par ses filles. Vous répondez qu’il faut être à l’écoute de ses enfants et non se plaindre, je suis dans le même cas que cette dame j’ai voué presque 30 ans de ma via à élever mes 5 enfants seule, je n’ai jamais rien demander ni attendu d’eux aujourd’hui ils sont adultes, ils travaillent, il leur arrive de m’appeler mais sans plus, je demande juste un peu de reconnaissance, comme cette dame, et il faut surtout arrêter de nous dire donnez de l’amour en échange vous en… Lire la suite »

wendela

bonjour Renaud, je suis d’accord, je me fait moi même parfois prendre dans mon propre piège, d’avoir trop donné, pour mon besoin égoïste d’un peu de reconnaissance. Or c’est bien mon manque de reconnaitre ma valeur et de mettre de limites a temps qui me piège a me croire victime. L amour laisse libre, il n’enchaine pas. Quel bonheur pour cette mère quelque part de savoir que ses enfants sont en couple et vivent bien leurs vie, est-ce que cela ne veut pas dire que son rôle de mère est reconnue, elle à réussi a que c’est enfants ne dépendent… Lire la suite »

Marta34

Bonjour moi aussi j’ai des difficultés avec ma fille unique à qui j’ai tout donné y compris de l’argent que j’avais durement gagné pour qu’elle s’achète un appartement. Elle reconnaît que je lui ai tout donné avant même qu’elle demande je l’ai aidée et soutenue moralement et financièrement pendant 10 ans alors qu’elle était partie à au Mexique et que ça m’avait désespérée elle M’appelait sans arrêt me disait qu’elle m’aimait que j’étais son soutien (son père ne s’est pas beaucoup occupé d’elle et est mort quand elle avait 24 ans) et puis à 40 ans elle s’est mise à… Lire la suite »

Marie

Bonjour Je n’ai pu m’empêcher de sourire en lisant votre article. J’ai eu, il y a quelques années une discussion à ce sujet avec ma fille. Et elle m’a dit grosse modo la même chose. Et je suis d’accord. Mais ce qui m’a fait sourire, c’est de me rappeler qu’à la même période, ma mère m’a dit exactement le contraire : c’était à moi de m’interesser à elle… Alors maintenant, au bout de plusieurs années à espérer vainement des signes d’amour de l’une ou de l’autre, je n’attends plus d’attention de leur part. Et je fais ce que j’estime être… Lire la suite »