Je suis une garce !

Question de @lolaunlivreparsemaine :

J’ai mal de cet amour de 23 ans qui se termine, (15 à 23 ans) c’est moi qui ait lancé l’idée de la séparation. Je l’ai même trompé. 5 mois plus tard je regrette mais c’est trop tard. Je n’arrive pas à l’accepter. J’en meurs moralement. Je suis une garce, il ne m’aime plus.

Mes pistes de réponse :

Vous êtes en train de réaliser que chacun récolte ce qu’il sème. Vous êtes sur le point d’admettre que vous avez fait des erreurs. et il va vous falloir en assumer les conséquences, il ne peut pas en être autrement, c’est la loi de la vie.

Cependant, pourquoi vous accabler alors que vous pourriez lucidement reconnaître qu’à un moment donné, vous ne mesuriez pas votre attachement ? Ne le mesurant pas, vous avez agi en conséquence, comme le prouve le fait que vous l’avez même trompé.
Nos comportements reflètent souvent la manière dont nous ne réfléchissons pas ou peu, une sorte de légèreté qui nous empêche de mesurer les conséquences de nos actes, afin de décider comment on va agir.

Aujourd’hui vous pouvez simplement :
Constater que vous avez été légère.
Constater que cette légèreté a un coût.
Constater que ce coût est à payer – sans vous exterminer pour autant.

Pourquoi utiliser la morale pour vous juger et vous éliminer définitivement ? Pourquoi ajouter une haine personnelle contre vous-même à une simple erreur ?

Swami Prajnanpad disait : « Ne vous servez pas du sens de la moralité pour vous déprécier. La moralité n’a aucun rapport avec la vérité. »

La vérité est à la fois simple et inconfortable :
Vous n’êtes pas une garce.
Vous êtes une femme qui a agi sans mesurer les conséquences de ses actes, et qui en affronte maintenant les conséquences. Point.

Transformer votre erreur en mépris de vous-même est une fuite, pas une responsabilité.
La mépris pour vous-même ne peut pas être une preuve de responsabilité, c’est juste une illusion morale : il n’efface rien, il n’élève rien.
Par contre, en ouvrant les yeux, vous pouvez convenir et assumer qu’à l’époque, vous n’étiez pas consciente de ce que vous risquiez de perdre. Aujourd’hui, vous y voyez clair et cela vous oblige – cela ne doit pas vous éliminer.
Croire que vous devriez souffrir encore davantage ne va pas vous rendre plus juste ni honnête.

Votre responsabilité vis-à-vis de vous-même commence où s’arrête votre mépris pour vous-même.
Vous n’avez pas le droit de vous reprocher de ne pas avoir protégé chez vous, quelque chose que vous ne saviez pas encore être si précieux. Vous êtes simplement humaine.

Il vous faut donc, en cet instant, de la lucidité et du courage et j’ai le sentiment qu’un peu de compassion envers vous-même (qui passe par la compréhension de vous-même par vous-même), vous ferait beaucoup plus de bien que de souffler sur les braises de votre souffrance en vous jugeant.

Pour aller plus loin, je vous invite à lire :

Haine de soi, Le piège de l’amour et Comment ne plus faire le mal qu’on ne veut pas faire ?

  • Isabel dit :

    Merci pour cette réflexion pleine d’humanité et de bienveillance. Nous ajoutons si souvent du jugement à nos erreurs qui nous empêche de nous relever après un faux pas.
    Se pardonner nous permet d’aimer, aimer nous permet de vivre sans ployer sous la culpabilité. Vous lire ce matin, me redonne la force d’aimer, ceux qui font des erreurs et moi-même, c’est un grand soulagement. Merci encore, vous n’imaginez pas le bien que vous faites à nombre de vos lecteurs !

  • Annemarie dit :

    Bonjour M.Perronet,
    Je souhaiterais pouvoir vous exposer ma situation, malheureusement je ne sais pas comment faire ? Puis-je vous écrire…merci d’avance.

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    3 réflexions au sujet de « Je suis une garce ! »

    1. Annemarie

      Bonjour M.Perronet,
      Je souhaiterais pouvoir vous exposer ma situation, malheureusement je ne sais pas comment faire ? Puis-je vous écrire…merci d’avance.

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    2. Isabel

      Merci pour cette réflexion pleine d’humanité et de bienveillance. Nous ajoutons si souvent du jugement à nos erreurs qui nous empêche de nous relever après un faux pas.
      Se pardonner nous permet d’aimer, aimer nous permet de vivre sans ployer sous la culpabilité. Vous lire ce matin, me redonne la force d’aimer, ceux qui font des erreurs et moi-même, c’est un grand soulagement. Merci encore, vous n’imaginez pas le bien que vous faites à nombre de vos lecteurs !

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