à propos des parents aux comportements toxiques

Faut-il rester soumis à ceux qui ne nous respectent pas ?

Quel avantage y a-t-il à être attentif à la toxicité de ses parents ?

« Plus le niveau spirituel de l’éducateur est pauvre, plus sa morale est incolore, plus grand sera le nombre des injonctions et interdictions qu’il imposera aux enfants, non pas par souci de leur bien, mais pour sa propre tranquillité et son propre confort. »

Janus Korczak(1)

« C’est notre propre exemple qui apprend à l’enfant à mépriser tout ce qui est faible. »

Janus Korczak

Récemment je conversais avec une personne qui me disait que l’appellation « parents toxiques » qu’elle rencontrait ici et là sur internet lui semblait exagérée, que bien sûr ses parents n’étaient pas parfaits et qu’elle avait été malmenée par eux (comme nous tous, disait-elle), mais que cela ne l’empêchait pas de vivre « normalement. » Elle ajoutait que l’égoïsme faisait des ravages aujourd’hui et que puisque tous les parents avaient eu, eux aussi, leurs problèmes avec leurs propres parents, il était normal de les respecter et de les aimer en leur montrant présence et affection.

Elle estimait aussi que c’était le plus souvent « de bonne foi » qu’un parent obligeait son enfant à agir, qu’il le punissait « pour son bien », et que le simple fait que nos parents nous aient donné la vie et qu’ils aient eu leurs lots de peines et de soucis, justifiait à lui seul notre devoir de reconnaissance et de respect à leur égard.

Alors, devons-nous obligatoirement aimer et respecter nos parents ?

Est-ce que le fait de faire « ce que l’on peut, comme on le peut » mérite le respect ? La volonté de bien faire aboutit-elle obligatoirement à « faire le bien » ?

Avoir peur de convenir que les « parents toxiques » existent, c’est croire qu’il est interdit de « toucher » aux parents sous le prétexte qu’ils sont des parents. Or il existe des parents respectueux de la personnalité et des besoins réels de leurs enfants mais aussi des parents aux comportements déviants, donc nuisibles, dans un monde qui a bien du mal à les repérer.

C’est donc par respect pour tous les parents respectueux de leurs enfants que nous allons tenter de comprendre ce que c’est que la toxicité d’un parent.

Qu’est-ce qu’un parent toxique ?

Bien sûr, on pense immédiatement aux parents alcooliques, coupables de sévices physiques ou d’abus sexuels sur leurs enfants. Ce sont là des comportements extrêmes qui ne doivent pas masquer la toxicité de parents plus « ordinaires » qui sont dominateurs, critiques, méprisants et/ou manipulateurs, et font ainsi preuve d’une toxicité insidieuse qui leur semble naturelle, persuadés qu’ils sont de la légitimité de leur comportement envers leurs enfants.

Les parents inconscients de leurs actes n’ont que rarement l’impression d’être véritablement nuisibles à leurs enfants. Ils sont certains de les aimer suffisamment et ils ne pensent pas pouvoir les maltraiter alors qu’ils sont en train de les humilier par exemple. Sous les apparences de l’éducation, les propos tenus aux enfants sont trop souvent des violences ordinaires qui conduisent à l’opposé de l’intention supposée de l’éducateur.

Par exemple une mère qui passe son temps à répéter à sa petite fille qu’elle va tomber dès qu’elle bouge est un parent toxique inconscient, en ce sens que son angoisse bride l’énergie de vie de son enfant.

En fait, ces parents inconscients s’emploient à infantiliser et à détruire leurs enfants avec des gestes et des paroles négatives, des décisions dévalorisantes parce qu’elles favorisent la dépendance et la perte de confiance en soi-même. C’est ainsi qu’ils provoquent, chez l’enfant sans défense, des dommages émotionnels qui s’insinuent peu à peu dans son être.

Cette façon inconsciemment perverse d’agir, trouve sa principale efficacité dans la répétition, qui structure peu à peu la personnalité de l’enfant, le fait souffrir en le persuadant que sa nature originelle est inadaptée et instille chez lui les poisons de la mauvaise conscience, de la peur et de la culpabilité.

Une toxicité ordinaire : le déni du vécu de l’enfant.

Un enfant tombe en courant dans la rue, il se fait mal, j’oserais dire il se fait « naturellement mal » ; son parent, le plus souvent culpabilisé dans son rôle, lui dira peut-être que ce n’est rien et qu’il n’a pas mal. Il veut le convaincre que la douleur qu’il ressent est moins importante que son désir qu’il aille bien. L’enfant, divisé intérieurement entre son ressenti douloureux et son désir d’être à la hauteur de ce qu’il sent important pour son parent, minimisera sa sensation de douleur en la ravalant, apprenant par là même que dans le choix entre ce qu’il sent par lui-même et ce que son parent lui dit qu’il doit ressentir, il a toujours intérêt à se conformer à la perception de l’adulte s’il veut être aimé, (et un enfant a besoin de se sentir aimé).

Plus tard, devenu adulte, ayant été pour ainsi dire formé à la confusion entre ce qu’il sent de lui-même et ce que sentent les autres de lui, il se méfiera de son propre ressenti et n’osera pas, par exemple, s’engager dans une relation amoureuse parce qu’il n’a jamais eu le droit, dans son enfance, de vivre ses propres émotions et en a très peur. Un homme de 40 ans peut ainsi refouler son désir homosexuel pour ne pas faire de la peine à sa mère. Cet homme croit aimer sa mère alors qu’il est soumis aux peurs de cette femme. Et c’est clair que du côté du parent, on ne peut pas parler d’amour quand on se permet de critiquer les choix de vie de son enfant devenu adulte.

Pourtant quel parent n’est pas un jour ou l’autre tombé dans le piège du « J’ai fait ça pour son bien » qui lui a permis de légitimer son action maladroite, pour ne pas dire maltraitante ?

Certains s’y enferment en n’en démordant pas ; ce faisant, ils deviennent des parents toxiques parce qu’ils ne voient les besoins de leurs enfants qu’à travers leurs besoins à eux, c’est ce que l’on appelle parfois une attitude « incestuelle », parce qu’elle fait obstacle à la séparation en empêchant l’enfant de se développer par lui-même donc d’accéder à son autonomie réelle.

Le parent respectueux de son enfant se remet en question et découvre (parfois même douloureusement) que, puisque son enfant n’est pas lui, il ne lui appartient pas. Il convient alors qu’il ne peut pas toujours savoir « ce qui est bon pour lui ». Il découvre en fait que, dans la plupart des cas, aimer son enfant c’est le laisser faire ce qu’il croit bon pour lui, quand bien même le parent est persuadé – à un moment donné – du contraire.

Wayne Dyer(2) disait : « L’amour est la capacité et la volonté de laisser ceux pour qui on a de l’affection être ce qu’ils choisissent d’être sans exiger que leur comportement vous donne satisfaction. »

Pour permettre à une personne de grandir, il faut la laisser commettre ses propres erreurs, donc la laisser tirer par elle-même les leçons de ses propres expériences.

La fille d’une amie est particulièrement désordonnée. Elle pose les objets n’importe où et passe son temps à les chercher. Le jour où le fait de ne pas retrouver sa carte d’étudiant à temps l’a empêché de passer un examen, elle a eu un choc suffisant pour se donner les moyens de changer. Lui avoir dit et répété que l’ordre est important n’avait servi à rien pendant des années.

C’est la preuve que l’expérience de l’autre n’a jamais été utile à personne. Pour apprendre à se relever, il faut être tombé, et plus un enfant grandit, plus il est à même de s’enrichir à travers ses expériences.

C’est notre peur (égoïste) de parent, qui nous contraint de croire que d’agir « pour le bien de notre enfant » s’appelle l’aimer. Ainsi empêcher un enfant de commettre certaines erreurs c’est lui voler l’outil de sa propre croissance, et c’est ce que les parents « toxiques » ne peuvent ni ne veulent pas voir.

Face à l’erreur de son enfant, le parent toxique râle, crie et lui assène qu’il n’aurait pas dû la commettre sous le prétexte qu’il l’avait prédite à plusieurs reprises ; le parent aimant – lui – comprend, soutient et accompagne alors même qu’il avait envisagé la possible erreur de son enfant, parce qu’il sait qu’il n’y a pas un domaine de l’existence où l’apprentissage ne passe pas par l’erreur.

Bien sûr, si votre enfant de 5 ans se penche par la fenêtre du 3ème étage, vous n’allez pas attendre qu’il tombe pour intervenir rapidement et sans lui demander son avis ; mais s’il a 17 ans et qu’il vit une liaison amoureuse avec une personne qui vous déplaît, le respecter – donc l’aimer – c’est avoir le tact et la douceur de « faire avec » la liaison qui est la sienne.

Les parents toxiques sont donc ceux qui, parce qu’ils sont persuadés du bien fondé de leurs jugements sur les autres, les imposent. Ils font à leur enfant un chantage à l’amour qui se traduit par cette fausse loi inconsciente : « J’ai nécessairement tort quand je ne pense pas ou n’agis pas conformément à la volonté de mon parent qui m’aime. »

Or qu’est-ce qui fait qu’un enfant se sent aimé ?

Un enfant « se sent aimé » par ses parents non pas parce que ceux-ci le lui disent, mais parce qu’il n’a pas besoin d’avoir peur de leurs réactions. Il se sent donc accepté tel qu’il est.

Pour que cette sécurité soit rendue possible à l’enfant, il faut que son parent soit lui-même autonome, c’est-à-dire capable de comprendre et de sentir que les émotions que le comportement de son enfant fait naître en lui (peurs, inquiétudes, angoisses), trouvent leur origine dans sa propre histoire. Ce dont les parents toxiques ne sont pas capables.

Un enfant dont les parents auront développé une réelle autonomie par rapport à leurs émotions, deviendra à son tour capable de développer une réelle autonomie : il pourra avoir ses propres convictions, ses propres sentiments, il sera capable d’être « vrai avec lui-même », il se définira par lui-même en faisant ses choix de vie propres, en accord ou non avec ses parents.

A l’inverse, un parent toxique « crée » le plus souvent des enfants conciliants et soumis qui ignorent leurs propres besoins parce qu’ils les pensent égoïstes. Mais parfois aussi les enfants de parents toxiques réagissent à la maltraitance en se rebellant pour survivre, ils sont alors injustement traités de « méchants » par leurs géniteurs. La peur de l’enfant, issue de la toxicité du parent, l’aliène, l’isole et le referme en créant en retour l’irrespect et la haine qui renforcent la toxicité du parent, dans un tragique cercle vicieux.

Quels que soient leurs comportements, tous ces ex enfants de parents toxiques, une fois devenus adultes valident et minimisent le plus souvent les attitudes maltraitantes de leurs géniteurs par des formules comme : « J’ai reçu quelques baffes mais je les méritais bien, ça m’a forgé le caractère, j’étais un enfant difficile. »

Ce serait trop terrible pour eux d’admettre qu’ils ont été mal aimés étant enfants, de renoncer à l’illusion de l’amour.

C’est au contact de son parent qu’un enfant développe (ou ne développe pas) sa confiance en lui-même et pour que l’enfant développe cette confiance, il faut que son parent le respecte. On pourrait ainsi dire qu’un parent qui respecte son enfant sera nécessairement respecté par lui car l’amour inspire et permet l’amour en retour.

Un enfant respecte naturellement son parent quand il a confiance en lui et c’est cette confiance en lui qui lui permet – par exemple – de ne pas avoir besoin de lui mentir ou de dissimuler (des mauvaises notes à l’école, par exemple.)

Pour un parent, convenir qu’il a pu avoir des attitudes toxiques envers son enfant est une grande opportunité pour lui permettre de réparer certains de ses manquements lorsque cet enfant entre en adolescence.

C’est dans ce contexte qu’un de mes amis me disait : « Parler à un adolescent, ce n’est pas lui dire : « Maintenant je suis là pour t’aider », mais lui dire la phrase complète : « Je sais qu’à des moments, je n’ai pas été là quand tu m’attendais mais maintenant je suis là. » parce que cela seul est générateur de confiance et d’amour. Et le moment de l’adolescence de son enfant pour un parent est un moment propice. En s’y prenant bien, en écoutant beaucoup sans juger, il peut soigner des blessures anciennes.

En réponse à ceux qui pensent que la maltraitance « n’a jamais fait de mal à personne ».

Sous-entendre que « le fait d’avoir été malmené ne nous empêche pas vraiment de vivre normalement », revient à dire aux victimes qu’elles n’ont qu’à se taire et souffrir en silence.  Ne pas croire les victimes, c’est donner de la légitimité aux bourreaux. De même, ne pas oser s’ouvrir à la victime que l’on a été, c’est emprisonner sa colère à l’intérieur de soi-même et prendre le risque de devenir un prédateur pour les autres.

Qu’est-ce que vivre « normalement » ?

Est-ce vivre « normalement » que de craindre – comme tant de gens – le conflit, parce qu’il a toujours été résolu pour nous à travers un rapport de force en notre défaveur ?

Est-ce vivre « normalement » que de croire que le meilleur moyen de persuader un enfant de ne pas recommencer une bêtise c’est de l’en rendre honteux et de le culpabiliser parce que nous en avons nous-mêmes été rendus honteux et culpabilisés ? Ou de lui donner des baffes parce que nous-mêmes en avons reçu dans des contextes similaires ?

N’est-il pas toujours légitime pour une personne qui souffre d’exprimer, de crier même parfois sa souffrance ? Devons-nous expliquer aux victimes qu’elles doivent se taire parce que leur souffrance remet en cause une sacro sainte croyance qui dit que le parent a toujours raison ? Devons-nous penser que les femmes qui, au siècle dernier, ont osé remettre en cause l’autorité de leur époux auraient mieux fait de se taire ? Et si non, pourquoi ce qui a pu nous sembler légitime pour une épouse ne le deviendrait-il pas pour un enfant ou un ex enfant devenu adulte ?

Autant de questions qui – si nous osons nous les poser – nous aideront à convenir que personne, jamais, ne mérite la violence ni la maltraitance, qu’elles soient physiques ou psychologiques.

Ce sont les personnes qui ont été maltraitées qui sont réduites à penser que les claques et les humiliations n’ont jamais fait de mal à personne (pour surtout ne pas s’avouer que leurs parents étaient toxiques.)

Nous vivons une époque dans laquelle nous osons enfin remettre en cause certains tabous qui nous contraignaient jadis à la complicité et à la « loi du silence. »

La condition de la possible remise en cause de nos propres comportements erronés (soi-disant aimants), passe par la constatation de nos erreurs et de nos maladresses et cette constatation passe également par la remise en cause de la possible toxicité des comportements de nos parents, car il est toujours légitime de reconnaître la toxicité d’un acte, fût-il celui de nos géniteurs.

Si nous observons notre enfant de manière neutre, comment ne pas remarquer qu’il est déjà bien ennuyé d’avoir cassé la bouteille de lait sur le carrelage de la cuisine. Comment ne pas remarquer que de lui dire : « Eh bien bravo, tu peux être content, quel maladroit tu fais ! » c’est lui infliger la cruelle injustice d’une double peine.

Il est important pour le parent de découvrir que son attitude culpabilisatrice et moqueuse (comment l’enfant pourrait-il « être content » de sa maladresse ?), n’est que la rançon présente de la manière dont à l’époque où il était lui-même enfant, il s’était senti humilié par ses propres parents et avait été obligé de considérer cela comme une marque d’attention à son égard (ce qui vaut mieux pour un enfant que de ne pas se sentir exister aux yeux de son parent.)

Pour que tous les membres d’une famille apprennent peu à peu à vivre ensemble dans le respect et l’amour, il leur faut ne plus avoir le besoin de se manipuler les uns les autres sous le prétexte qu’il est douloureux de reconnaître ses maladresses. Et ce travail est à initier par le parent qui montre l’exemple et qui dira par exemple à son enfant : « Viens, on va nettoyer ensemble, et je vais te montrer comment tenir cette grosse bouteille… » reconnaissant par là que la bouteille est difficile à prendre pour lui.

N’est-il pas légitime de ne pas nous laisser manipuler par le comportement égocentrique et totalitaire de notre vieille mère qui nous en veut parce que nous lui disons devoir partir, à l’issue d’une visite que nous lui avons faite, au sortir de notre travail, entre les courses et le dîner à préparer à la maison pour notre propre famille ? N’est-il pas légitime de ne pas tenir compte de ses plaintes quand elle nous les présente sous la forme d’un insupportable chantage ?

Pourquoi la parentalité comme la vieillesse devraient-elles donner des droits spécifiques ? Ne devons-nous pas tout bonnement réfléchir et apprendre à nous situer, c’est-à-dire à trouver la réponse juste face à la nocive inconscience de l’autre ? Et pour trouver la réponse juste à la toxicité, ne faut-il pas d’abord apprendre à la reconnaître comme telle ?

Dans le cas de la vieille mère « abusive », ce peut être d’y aller une fois par semaine, pas plus, de mettre en place un réseau d’aide et d’être très ferme sur ses limites.

En conclusion :

Pour pouvoir devenir peu à peu de plus en plus responsables de nous-mêmes, donc pour oser regarder nos propres imperfections en face, il nous faut commencer par balayer devant notre porte, ce qui revient à dire renoncer (au moins en partie) à notre propre tranquillité et à notre propre confort, (c’est-à-dire reconnaître nos comportements toxiques.)

Il est vrai que l’égoïsme fait des ravages aujourd’hui, mais nous ne parlons pas tous du même égoïsme. S’ouvrir à l’altérité, c’est commencer par arrêter de cautionner une culture judéo chrétienne dévoyée qui veut nous faire croire qu’il est égoïste de vouloir penser à soi comme de se préserver soi-même. L’égoïsme c’est de vouloir que l’autre se comporte comme soi. L’égoïsme, c’est l’intolérance de celui qui ne peut pas voir plus loin que le bout de son besoin à lui.

Convenir de son égoïsme est a priori impossible pour le prédateur, et c’est pour cela que nous devons apprendre à reconnaître, pour éviter de continuer à les subir, les comportements toxiques et pervers des autres, et en particulier ceux de nos parents (s’ils les ont eus ou les ont toujours).

Notes  (source Wikipédia) :

(1) Janus Korczak : Médecin-pédiatre et écrivain polonais. Avant la Seconde Guerre mondiale, il est une des figures de la pédagogie de l’enfance les plus réputées. Il laisse son nom à la postérité pour avoir choisi délibérément d’être déporté vers Treblinka avec les enfants juifs du ghetto de Varsovie dont il s’occupait dans un orphelinat.

(2) Wayne Dyer : Psychologue, conférencier et auteur de renommée internationale dans le domaine du développement personnel.

PS : Au moment où je mets cet article en ligne, je lis le livre de le Docteur Muriel Salmona “Le livre noir des violences sexuelles”, qui vient de paraître aux éditions Dunod et dont je ne saurai trop vous recommander la lecture.

Il y figure un passage qui éclaire la culture de beaucoup de personnes réticentes à convenir de la toxicité possible du parent. Le voici :

“De fait, l’enfant est encore trop souvent considéré comme la propriété de ses parents, auquel il doit respect et obéissance quoi qu’il arrive. Rappelons que jusqu’à la date récente du 5 mars 2002, l’article 371-1 du code civil sur l’autorité parentale, inspiré du cinquième des dix commandements bibliques, commençait en stipulant : « L’enfant, à tout âge, doit honneur et respect à ses parents. » Modifié, il commence maintenant par : « L’autorité parentale est un ensemble de droits et de devoirs ayant pour finalité l’intérêt de l’enfant, » l’article 371-1 précisant que cette autorité parentale « appartient aux père et mère jusqu’à la majorité ou l’émancipation de l’enfant pour le protéger dans sa sécurité, sa santé et sa moralité, Pour assurer son éducation et permettre son développement, dans le respect dû à sa personne. Les parents associent l’enfant aux décisions qui le concernent, selon son âge et son degré de maturité. »

© 2013 Renaud PERRONNET Tous droits réservés.

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Pour sentir de très près la toxicité des parents à l’œuvre, vous pouvez vous procurer les films éloquents :

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CC BY-NC-SA 4.0 à propos des parents aux comportements toxiques par Renaud Perronnet est sous Licence Creative Commons Internationale Attribution-Pas d'utilisation Commerciale-Partage à l'identique 4.0 .

652 réflexions au sujet de « à propos des parents aux comportements toxiques »

  1. Masque

    Comment faire entendre à des parents que leur attitude est par moment toxique ? Il est difficile de s’exprimer sur ce sujet à des parents, ils peuvent a la rigueur faire semblant de l’entendre, rien ne change, il est difficile d’entrevoir et ressentir ce que peu ressentir un enfant qui subit des ” violences psychologique “, le plus difficile est de ne pouvoir faire grand chose, d’autant plus qu’une certaine alchimie (empathie compassion) s’est noué entre moi et cet enfant, l’impression que moi même enfant…j’ai pu subir des traitements similaire, étant un proche de la famille, cet enfant s’est beaucoup attaché à moi, lui donne un peu de mon temps pour qu’elle prenne confiance en elle à travers les jeux, très difficile les séparations, d’autant plus qu’elle ne peu s’exprimer aisément (3ans), les parents sont plutôt impulsive et consacre peu de temps à l’enfant, même le temps qui lui est adressé et par moment accompagné de maladresse…pas assez à l’écoute de l’enfant ; évidemment, aucun parent n’est parfait, tout le monde peu s’emporter à un moment où un autre…faut il encore le reconnaître, pour tout les enfants…l’apprentissage est plus ou moins difficile ; l’intelligence (première) des touts petits est ralenti par un environnement social trop contraignant, pourtant, leur intelligence est bien plus grande que de la plupart des adultes.

    Sinon, votre article est très bien écris pour ceux qui se sont déjà fait une petite idée sur la question, très utile pour les enfants en âge de s’interroger sur leur propre enfance, seulement un peu trop culpabilisant pour des parents dis ” toxique ” ? Un peu trop à charge ? Le poids de la société, suffit déjà sa peine, un proverbe ” il faut tremper la pointe de la flèche dans du miel pour lancer une vérité “.

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  2. K.S

    Je lis beaucoup de choses et notamment des adolescents qui expriment beaucoup de rancœurs envers leurs parents.

    Loin de moi de faire l’apologie de la maltraitance, rien n’excuse un comportement toxique ou la violence psychologique. Mais, car il y a toujours un MAIS comme j’aime à le dire…

    Ce “mais” je vais le traduire par un commentaire qui va à l’encontre de beaucoup d’autres, qui rejettent systématiquement la faute à des parents qui peuvent être débordés, dépassés, qui n’arrivent tout simplement plus à gérer la complexité de l’éducation alliée aux diverses difficultés que la vie nous impose.

    Mes parents ont été toxiques, en particulier mon père rabaissement systématique sur absolument TOUT, une mère absente sur bien des plans, le tout dans un contexte familial extrêmement tendu. Enfin bref…

    À 17ans, j’en voulais énormément à mes parents, les haïssants pour la brillante absence positive dont ils ont fait preuve. Néanmoins, plutôt que de me sentir bridé et oppressé, je me suis détaché totalement de la sphère familiale et de son système de pensée très arrêté. Ce fut une période extrêmement difficile, conflits systématiques, violences verbales, jusqu’au violences physiques.

    A la fin de cette période “famille” ce n’était plus qu’un enfer dont chacun pensait qu’il était dans le juste.
    Mes parents avaient des torts, c’est un fait, et avec mes “grands principes de moralisateur” , j’étais le premier à en faire le procès, et souvent de manière houleuse et acerbe. Légitime ou non? Qui étais je à 16/17 ans pour juger? Je n’étais qu’un ado en pleine construction de soit même avec presque aucune expérience, ni épreuve de la vie derrière moi.
    (Rares sont les ados qui à cet âge ont suffisamment recul pour parler objectivement).

    Le point de rupture et de séparation familial a été atteint très rapidement vers 18/19ans. un moment brutal, dans les mots, les geste. Très tôt donc, j’ai construit mon existence selon mes préceptes, et plutôt que de ne pas avoir confiance en moi, c’est avec assurance que j’ai commencé à vivre la vie par moi même, sans aucune autre barrière que mes valeurs.
    N’ayant même pas le bac, j’ai d’abord travaillé dans le paysage et le BTP, un milieu rude tant sur plan physique que sur le plan humain, mais qui pourtant m’a beaucoup plu.
    Pour des raisons pécuniaire je me suis tourné vers l’usine, puis vers le côté commercial et de l’audit. Un Milieu précaire certe, mais qui rapporte. J’ai pu dans ce domaine approcher une sphère composée de gens réellement vicieux.
    Pour finalement terminer ma route en tant que rédacteur pour la presse payante ou encore réalisateur sur projet TV.
    Entre temps j’ai beaucoup voyagé (notamment au cœur de la jungle sud américaine) dans le but de fuir totalement le moule sociétal qui nous est tous imposé et que je trouve étouffant.
    Une vie parfaite au premier abord mais qui très rapidement, a basculée dans une terrible maladie destructrice. Une maladie dont j’ai réchappé à la suite d’un combat extrement éprouvant qui m’a coûté beaucoup sur le plan physique.

    Un parcours hétéroclite qui m’a beaucoup appris sur la nature humaine et la vie en général. Que ce soit travailler durement aux côtés d’un repris de justice au lourd passé, signer un gros contrat dans un bureau chic à Paris, se baigner la nuit dans une rivière loin de toute civilisation à côté d’un caïman, ou bien encore plus tristement, être sur un lit d’hôpital après une terrible souffrance et se demander si le lendemain on ne sera plus qu’un fantôme pour nos proches, sont autant d’expériences qui forgent une vie et qui donnent un aperçu de ce qu’un “enfant” de 17 ans peut juger hâtivement derrière sa récente existence.

    Avec le poids des années mon tempérament sulfureux, à défaut de se calmer, devient plus tolérant et plus apte à “accepter” le “pourquoi” du comportement toxique de certaines personnes, sans bien évidemment en comprendre totalement toutes les arcanes qui sont propre à chacun.

    Aujourd’hui je suis un papa, un papa toxique je dois tristement l’admettre.

    Mon petit garçon a à peine plus d’un an. Je l’aime, je joue beaucoup avec lui. Mais (encore une fois un mais), je hausse trop souvent le ton de ma voix sur ce petit bonhomme, et de façon bien trop virulente. Je n’accepte pas ses trop nombreuses gadiches, ni ses pleurs incessants.
    Malgré toute ma volonté je n’arrive pas à supporter les points négatifs et contraintes liées à un enfant.

    Toxique, je le suis malgré moi…
    J’ai vu et fait beaucoup de choses, je tente de garder l’esprit ouvert, mais voilà je ne suis pas une machine. Fatigué, usé par cette vie, par la maladie mais aussi par cet enfant qui est de par sa nature un être réclamant plus que je ne suis capable de donner.

    Pour ménager ma vieille carcasse ayant vécue tant de choses, mais étant devenue fragile, Je suis fevenu un papa toxique. Un papa aigri qui ne laisse pas son enfant faire tout ce qu’il souhaite.

    Un enfant, un bébé est incapable de tempérer ses émotions et actes et pourtant, la réalité s’impose à moi telle un infranchissable mur de métal froid.
    Fatigué de lui, fatigué des longues nuits blanche remplies de ses pleurs, fatigué de ramasser continuellement derrière lui, fatigué de l’entendre gémir à la moindre des contrariété. Fatigué de ne plus avoir un seul moment de répit.

    Mes mots sont durs, je suis strict. Totalement incapable d’être le Papa idéal que j’aurais voulu être.

    Il y a fort à parier qu’en atteignant l’adolescence, mon cher petit diable me fera le procès de mon incompétence. Rempli de certitudes et de rancœurs qu’il va juger légitime, il va sans doute utiliser des mots acerbes, incisifs envers la piètre image qu’il aura de moi. Il ne verra en son père qu’un vieux bonhomme aigri, violent dans ses paroles. Un vieux fatigué, qui ne travaille pas comme un homme devrait le faire et qui pourtant se prend pour une figure paternelle.

    En tant que parent, on ne fait pas les choses comme on veut, mais comme on peut. Les hommes s’élèvent puis redescendent au fil des ans, parfois très brutalement.

    Juger mes parents a été bien plus facile que de donner la bonne éducation à mon enfant.

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    1. Noz

      J’ai le meme comportement que vous avec mon fils de 2 ans. Et chaque jours je m’en veux. Je pense que l’on reproduit malheuresement la maniere dont nous avons nous même été élevé. Votre garçon na qu’un an. Le mien deux. Il est encore tant de mieux faire. Ca n’effacera rien c’est certains. Mais ca n’est pas trop tard.

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      1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

        Eh bien regardez le paradoxe qu’il y a à donner un conseil à un autre que vous ne parvenez pas à appliquer à vous-même.
        Ce n’est pas en vous en voulant que vous progresserez mais en découvrant que vos comportements vis-à-vis de votre enfant sont les conséquences de vos sentiments refoulés vis-à-vis de vos propres parents. Pour avancer, il vous faudrait donc oser les mettre à jour, ce qui se fait dans le cadre d’un travail thérapeutique.

        Répondre
  3. DELAGRANGE

    bonjour:notre fille unique;nous à exclus de sa vie,pour ne pas avoir accepter de lui faire la donation de notre maison;pour qu’elle puise acheter un bien dans le vaucluse:notre non,nous a interdit de voir notre petite fille de 4 ans en 2003:avons été de bons parents,ne sachant comment leur faire plaisir,voulions que leur bonheur,qu’ils vivent heureux:répondions toujours présent ,dimanche,jour férié: 2018 est là,est là:rien à changer,sommes rester des parents indignes,avons tout donner,sommes morts à ses yeux,rejeter,bannis,elle n’avait aucun sentiments envers nous,ni d’amour;ne compter que son bien étre,ou en serions nous si nous avions accepter !!!!!!!!!! méme notre petite fille était conditionnée à nous détestée:lui disant tant de mensonges à notre égard:vivre un tel calvaire horrible;constater ce mépris,de la part de son enfant un poids énorme;tant de larmes verssées,ridant ce visage de tristesse:penser à nous deux jamais,que faire plaisir à cette famille;ne leur dire oui;les satisfaire;notre plaisir;amour des siens:pensons que la mort approche avec l’age:resterons à jamais des exclus;quel VIE:le chagrin est immense car nous étions de bons parents:sans aucun reproches;les jours passent,les années;suivons notre chemin de ronces;la mort nous délivrera de ce supplice;ENFIN /

    Répondre
    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Je comprends parfaitement votre désarroi et pourtant les comportements de votre fille ne sont-ils pas aussi – au moins en partie – les conséquences des valeurs que vous lui avez inculquées dans l’éducation que vous lui avez donnée ? Votre douloureux sentiment d’injustice ne vous aveugle-t-il pas en vous faisant passer pour une victime exclusive de l’ingratitude de votre fille ?
      Tout cela pour vous dire que sans vous connaitre, je suis persuadé que le comportement de votre fille n’est pas la simple conséquence de votre refus de lui donner votre maison. Je le vois plutôt comme la conséquence d’un très ancien dysfonctionnement dont personne n’a jamais pris soin et qui a mené à une douloureuse usure relationnelle.
      A moins de considérer son enfant comme un « monstre » (auquel cas où donc serait l’amour ?) croyez-vous vraiment qu’un enfant puisse rompre toute relation avec son parent sans en souffrir lui-même ?
      Tout ça pour vous demander si ce si douloureux état de fait va être pour vous l’occasion d’un radical renouveau dans votre relation à votre fille ?

      Pour aller plus loin je vous invite à lire :
      Pourquoi faut-il reconnaitre sa toxicité à l’oeuvre dans sa relation à l’enfant ?
      Ne pas se remettre en cause

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  4. BAUDOIN

    Tout d’abord je tenais a vous remercier pour cet article qui m’a vraiment soulagé ainsi qu’ouvert les yeux.

    J’ai toujours sentis une distance entre moi et mes parents (surtout avec ma mère, mon père étant un peu plus ouvert) et une différence de traitement avec mon frère et ma sœur.

    Étant né prématurément, ceci ayant entraîner quelque séquelle moteur, j’ai passer une bonne partie de mon enfance entre les médecins et les kiné. Trimbalé à droite et à gauche sans avoir vraiment mon mot à dire.

    Le temps à passer et les pression psychologique que mes parents on exercé sur moi sont devenu de plus en plus fortes :
    pressions, chantage, prise de décision sans mon consentement, manipulations (au niveau du choix de mes études), ainsi que des comparaisons injuste et injustifiées entre moi et mon frère qui a tant “réussie” dans la vie et ma sœur qui est tellement “parfaite” car obéissante et dévoué à mes parents.

    Me rebellent souvent contre cette “construction” familiale établie, j’ai souvent été considéré comme une sorte de paria et mis à l’écart de la vie de famille.

    Tout ceci à fait de moi un enfant avec un grand manque de confiance et d’estime de sois, une grande peur et intolérance de l’échec, une parallélise de l’action et une censure quasi permanente de mes envies et passions (très longtemps cachés et gardés uniquement pour moi par peur de jugement).

    Il y a un peu près un an, j’ai arrêter mes études en communication visuelle qui ne m’apportais rien, pour revenir chez eux le temps d’une année sabbatique, pour pouvoir me remettre en question par rapport à mon avenir.
    (même si je n’ai jamais vraiment quitter mes parents durant mes études car je rentrais le soir chez eux).

    Durant ce laps de temps (même si tout n’a pas été simple), j’ai eu l’occasion de beaucoup progresser et de découvrir de nombreux outils pour me libéré et être enfin en accord avec moi même :
    l’auto éducation, l’entreprenariat ou le simple fait d’avoir une vision proactive.

    Tout ceci m’a déjà beaucoup apporté, mais je ressent quotidiennement la pression de mon environnement issue du comportement toxique de mes parents :
    Odres répétés à outrance, critiques, aucun soutient en ce qui concerne mon projet de création d’entreprise, une pression et un silence pesant… et cela ne se traduit pas uniquement par le comportement de ma mère, mais aussi celui de ma petite sœur, qui en plus de m’infantiliser, ne cesse de faire des réflexions sur mon style de vie et ma situation.

    Le plus dramatique pour moi étant que cette pression m’empêche de devenir indépendant et de
    me réaliser dans mes projets, mes créations et bien sûr ma vie future.

    Tout ceci ne s’arrangeant pas sachant que nous habitons dans une ferme en plein milieu des champs, créant une sorte de prison doré à mis chemin entre la beauté de la nature et l’isolement pesant.

    Je sais que je ne pourrais pas me libéré et vivre ma vie, sans partir de chez eux et minimiser le plus possible leur influence sur moi.

    Je me suis fixé pour objectif de trouver un appartement d’ici janvier 2019 et pouvoir pas à pas mettre en place mon entreprise et me réaliser enfin dans une vie qui me ressemble.

    Pour repère, je vais bientôt avoir 22 ans, j’ai un diplôme d’Infographiste et je n’ai pas mon permis (malgré une pression familiale importante pour l’obtenir enfin, après des années de d’abandons et de reprise, sans tenir compte de mon avis sur le sujet).

    Je voulais vous demander si vous auriez quelques conseils à m’apporter pour limité leur influence ou me permettre d’avoir toutes les chances de mon coté pour atteindre mon objectif en minimisant les effets néfaste de cet environnement (peur de l’échec, autonomie, lâcher prise, doutes …)
    pour afin de réaliser cet objectif qui me tient plus que tout a cœur :

    Partir de chez mes parents (et de leur influence) et construire peu a peu une vie qui me correspond et dans laquelle je peu me réaliser.

    Encore un grand merci pour votre article qui a mis des mots sur de nombreuses intuitions et sensations que je ne pouvais pas vraiment expliquer depuis des années.

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    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Certainement vous conforter dans votre décision de vous éloigner d’eux, même si encore 8 mois c’est long. Quel prix êtes-vous prête à donner au respect que vous vous devez à vous-même ?
      Lisez-mes articles qui vous permettront peut-être d’avoir le désir de vous faire accompagner :
      Comment parvenir à guérir de son enfance ? pour parvenir à prendre de la distance par rapport à votre passé.
      L’identification à son enfant intérieur pour parvenir à comprendre vos comportements dans votre relation à vos parents.

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