à propos des parents aux comportements toxiques

Faut-il rester soumis à ceux qui ne nous respectent pas ?

Quel avantage y a-t-il à être attentif à la toxicité de ses parents ?

« Plus le niveau spirituel de l’éducateur est pauvre, plus sa morale est incolore, plus grand sera le nombre des injonctions et interdictions qu’il imposera aux enfants, non pas par souci de leur bien, mais pour sa propre tranquillité et son propre confort. »

Janus Korczak(1)

« C’est notre propre exemple qui apprend à l’enfant à mépriser tout ce qui est faible. »

Janus Korczak

Récemment je conversais avec une personne qui me disait que l’appellation « parents toxiques » qu’elle rencontrait ici et là sur internet lui semblait exagérée, que bien sûr ses parents n’étaient pas parfaits et qu’elle avait été malmenée par eux (comme nous tous, disait-elle), mais que cela ne l’empêchait pas de vivre « normalement. » Elle ajoutait que l’égoïsme faisait des ravages aujourd’hui et que puisque tous les parents avaient eu, eux aussi, leurs problèmes avec leurs propres parents, il était normal de les respecter et de les aimer en leur montrant présence et affection.

Elle estimait aussi que c’était le plus souvent « de bonne foi » qu’un parent obligeait son enfant à agir, qu’il le punissait « pour son bien », et que le simple fait que nos parents nous aient donné la vie et qu’ils aient eu leurs lots de peines et de soucis, justifiait à lui seul notre devoir de reconnaissance et de respect à leur égard.

Alors, devons-nous obligatoirement aimer et respecter nos parents ?

Est-ce que le fait de faire « ce que l’on peut, comme on le peut » mérite le respect ? La volonté de bien faire aboutit-elle obligatoirement à « faire le bien » ?

Avoir peur de convenir que les « parents toxiques » existent, c’est croire qu’il est interdit de « toucher » aux parents sous le prétexte qu’ils sont des parents. Or il existe des parents respectueux de la personnalité et des besoins réels de leurs enfants mais aussi des parents aux comportements déviants, donc nuisibles, dans un monde qui a bien du mal à les repérer.

C’est donc par respect pour tous les parents respectueux de leurs enfants que nous allons tenter de comprendre ce que c’est que la toxicité d’un parent.

Qu’est-ce qu’un parent toxique ?

Bien sûr, on pense immédiatement aux parents alcooliques, coupables de sévices physiques ou d’abus sexuels sur leurs enfants. Ce sont là des comportements extrêmes qui ne doivent pas masquer la toxicité de parents plus « ordinaires » qui sont dominateurs, critiques, méprisants et/ou manipulateurs, et font ainsi preuve d’une toxicité insidieuse qui leur semble naturelle, persuadés qu’ils sont de la légitimité de leur comportement envers leurs enfants.

Les parents inconscients de leurs actes n’ont que rarement l’impression d’être véritablement nuisibles à leurs enfants. Ils sont certains de les aimer suffisamment et ils ne pensent pas pouvoir les maltraiter alors qu’ils sont en train de les humilier par exemple. Sous les apparences de l’éducation, les propos tenus aux enfants sont trop souvent des violences ordinaires qui conduisent à l’opposé de l’intention supposée de l’éducateur.

Par exemple une mère qui passe son temps à répéter à sa petite fille qu’elle va tomber dès qu’elle bouge est un parent toxique inconscient, en ce sens que son angoisse bride l’énergie de vie de son enfant.

En fait, ces parents inconscients s’emploient à infantiliser et à détruire leurs enfants avec des gestes et des paroles négatives, des décisions dévalorisantes parce qu’elles favorisent la dépendance et la perte de confiance en soi-même. C’est ainsi qu’ils provoquent, chez l’enfant sans défense, des dommages émotionnels qui s’insinuent peu à peu dans son être.

Cette façon inconsciemment perverse d’agir, trouve sa principale efficacité dans la répétition, qui structure peu à peu la personnalité de l’enfant, le fait souffrir en le persuadant que sa nature originelle est inadaptée et instille chez lui les poisons de la mauvaise conscience, de la peur et de la culpabilité.

Une toxicité ordinaire : le déni du vécu de l’enfant.

Un enfant tombe en courant dans la rue, il se fait mal, j’oserais dire il se fait « naturellement mal » ; son parent, le plus souvent culpabilisé dans son rôle, lui dira peut-être que ce n’est rien et qu’il n’a pas mal. Il veut le convaincre que la douleur qu’il ressent est moins importante que son désir qu’il aille bien. L’enfant, divisé intérieurement entre son ressenti douloureux et son désir d’être à la hauteur de ce qu’il sent important pour son parent, minimisera sa sensation de douleur en la ravalant, apprenant par là même que dans le choix entre ce qu’il sent par lui-même et ce que son parent lui dit qu’il doit ressentir, il a toujours intérêt à se conformer à la perception de l’adulte s’il veut être aimé, (et un enfant a besoin de se sentir aimé).

Plus tard, devenu adulte, ayant été pour ainsi dire formé à la confusion entre ce qu’il sent de lui-même et ce que sentent les autres de lui, il se méfiera de son propre ressenti et n’osera pas, par exemple, s’engager dans une relation amoureuse parce qu’il n’a jamais eu le droit, dans son enfance, de vivre ses propres émotions et en a très peur. Un homme de 40 ans peut ainsi refouler son désir homosexuel pour ne pas faire de la peine à sa mère. Cet homme croit aimer sa mère alors qu’il est soumis aux peurs de cette femme. Et c’est clair que du côté du parent, on ne peut pas parler d’amour quand on se permet de critiquer les choix de vie de son enfant devenu adulte.

Pourtant quel parent n’est pas un jour ou l’autre tombé dans le piège du « J’ai fait ça pour son bien » qui lui a permis de légitimer son action maladroite, pour ne pas dire maltraitante ?

Certains s’y enferment en n’en démordant pas ; ce faisant, ils deviennent des parents toxiques parce qu’ils ne voient les besoins de leurs enfants qu’à travers leurs besoins à eux, c’est ce que l’on appelle parfois une attitude « incestuelle », parce qu’elle fait obstacle à la séparation en empêchant l’enfant de se développer par lui-même donc d’accéder à son autonomie réelle.

Le parent respectueux de son enfant se remet en question et découvre (parfois même douloureusement) que, puisque son enfant n’est pas lui, il ne lui appartient pas. Il convient alors qu’il ne peut pas toujours savoir « ce qui est bon pour lui ». Il découvre en fait que, dans la plupart des cas, aimer son enfant c’est le laisser faire ce qu’il croit bon pour lui, quand bien même le parent est persuadé – à un moment donné – du contraire.

Wayne Dyer(2) disait : « L’amour est la capacité et la volonté de laisser ceux pour qui on a de l’affection être ce qu’ils choisissent d’être sans exiger que leur comportement vous donne satisfaction. »

Pour permettre à une personne de grandir, il faut la laisser commettre ses propres erreurs, donc la laisser tirer par elle-même les leçons de ses propres expériences.

La fille d’une amie est particulièrement désordonnée. Elle pose les objets n’importe où et passe son temps à les chercher. Le jour où le fait de ne pas retrouver sa carte d’étudiant à temps l’a empêché de passer un examen, elle a eu un choc suffisant pour se donner les moyens de changer. Lui avoir dit et répété que l’ordre est important n’avait servi à rien pendant des années.

C’est la preuve que l’expérience de l’autre n’a jamais été utile à personne. Pour apprendre à se relever, il faut être tombé, et plus un enfant grandit, plus il est à même de s’enrichir à travers ses expériences.

C’est notre peur (égoïste) de parent, qui nous contraint de croire que d’agir « pour le bien de notre enfant » s’appelle l’aimer. Ainsi empêcher un enfant de commettre certaines erreurs c’est lui voler l’outil de sa propre croissance, et c’est ce que les parents « toxiques » ne peuvent ni ne veulent pas voir.

Face à l’erreur de son enfant, le parent toxique râle, crie et lui assène qu’il n’aurait pas dû la commettre sous le prétexte qu’il l’avait prédite à plusieurs reprises ; le parent aimant – lui – comprend, soutient et accompagne alors même qu’il avait envisagé la possible erreur de son enfant, parce qu’il sait qu’il n’y a pas un domaine de l’existence où l’apprentissage ne passe pas par l’erreur.

Bien sûr, si votre enfant de 5 ans se penche par la fenêtre du 3ème étage, vous n’allez pas attendre qu’il tombe pour intervenir rapidement et sans lui demander son avis ; mais s’il a 17 ans et qu’il vit une liaison amoureuse avec une personne qui vous déplaît, le respecter – donc l’aimer – c’est avoir le tact et la douceur de « faire avec » la liaison qui est la sienne.

Les parents toxiques sont donc ceux qui, parce qu’ils sont persuadés du bien fondé de leurs jugements sur les autres, les imposent. Ils font à leur enfant un chantage à l’amour qui se traduit par cette fausse loi inconsciente : « J’ai nécessairement tort quand je ne pense pas ou n’agis pas conformément à la volonté de mon parent qui m’aime. »

Or qu’est-ce qui fait qu’un enfant se sent aimé ?

Un enfant « se sent aimé » par ses parents non pas parce que ceux-ci le lui disent, mais parce qu’il n’a pas besoin d’avoir peur de leurs réactions. Il se sent donc accepté tel qu’il est.

Pour que cette sécurité soit rendue possible à l’enfant, il faut que son parent soit lui-même autonome, c’est-à-dire capable de comprendre et de sentir que les émotions que le comportement de son enfant fait naître en lui (peurs, inquiétudes, angoisses), trouvent leur origine dans sa propre histoire. Ce dont les parents toxiques ne sont pas capables.

Un enfant dont les parents auront développé une réelle autonomie par rapport à leurs émotions, deviendra à son tour capable de développer une réelle autonomie : il pourra avoir ses propres convictions, ses propres sentiments, il sera capable d’être « vrai avec lui-même », il se définira par lui-même en faisant ses choix de vie propres, en accord ou non avec ses parents.

A l’inverse, un parent toxique « crée » le plus souvent des enfants conciliants et soumis qui ignorent leurs propres besoins parce qu’ils les pensent égoïstes. Mais parfois aussi les enfants de parents toxiques réagissent à la maltraitance en se rebellant pour survivre, ils sont alors injustement traités de « méchants » par leurs géniteurs. La peur de l’enfant, issue de la toxicité du parent, l’aliène, l’isole et le referme en créant en retour l’irrespect et la haine qui renforcent la toxicité du parent, dans un tragique cercle vicieux.

Quels que soient leurs comportements, tous ces ex enfants de parents toxiques, une fois devenus adultes valident et minimisent le plus souvent les attitudes maltraitantes de leurs géniteurs par des formules comme : « J’ai reçu quelques baffes mais je les méritais bien, ça m’a forgé le caractère, j’étais un enfant difficile. »

Ce serait trop terrible pour eux d’admettre qu’ils ont été mal aimés étant enfants, de renoncer à l’illusion de l’amour.

C’est au contact de son parent qu’un enfant développe (ou ne développe pas) sa confiance en lui-même et pour que l’enfant développe cette confiance, il faut que son parent le respecte. On pourrait ainsi dire qu’un parent qui respecte son enfant sera nécessairement respecté par lui car l’amour inspire et permet l’amour en retour.

Un enfant respecte naturellement son parent quand il a confiance en lui et c’est cette confiance en lui qui lui permet – par exemple – de ne pas avoir besoin de lui mentir ou de dissimuler (des mauvaises notes à l’école, par exemple.)

Pour un parent, convenir qu’il a pu avoir des attitudes toxiques envers son enfant est une grande opportunité pour lui permettre de réparer certains de ses manquements lorsque cet enfant entre en adolescence.

C’est dans ce contexte qu’un de mes amis me disait : « Parler à un adolescent, ce n’est pas lui dire : « Maintenant je suis là pour t’aider », mais lui dire la phrase complète : « Je sais qu’à des moments, je n’ai pas été là quand tu m’attendais mais maintenant je suis là. » parce que cela seul est générateur de confiance et d’amour. Et le moment de l’adolescence de son enfant pour un parent est un moment propice. En s’y prenant bien, en écoutant beaucoup sans juger, il peut soigner des blessures anciennes.

En réponse à ceux qui pensent que la maltraitance « n’a jamais fait de mal à personne ».

Sous-entendre que « le fait d’avoir été malmené ne nous empêche pas vraiment de vivre normalement », revient à dire aux victimes qu’elles n’ont qu’à se taire et souffrir en silence.  Ne pas croire les victimes, c’est donner de la légitimité aux bourreaux. De même, ne pas oser s’ouvrir à la victime que l’on a été, c’est emprisonner sa colère à l’intérieur de soi-même et prendre le risque de devenir un prédateur pour les autres.

Qu’est-ce que vivre « normalement » ?

Est-ce vivre « normalement » que de craindre – comme tant de gens – le conflit, parce qu’il a toujours été résolu pour nous à travers un rapport de force en notre défaveur ?

Est-ce vivre « normalement » que de croire que le meilleur moyen de persuader un enfant de ne pas recommencer une bêtise c’est de l’en rendre honteux et de le culpabiliser parce que nous en avons nous-mêmes été rendus honteux et culpabilisés ? Ou de lui donner des baffes parce que nous-mêmes en avons reçu dans des contextes similaires ?

N’est-il pas toujours légitime pour une personne qui souffre d’exprimer, de crier même parfois sa souffrance ? Devons-nous expliquer aux victimes qu’elles doivent se taire parce que leur souffrance remet en cause une sacro sainte croyance qui dit que le parent a toujours raison ? Devons-nous penser que les femmes qui, au siècle dernier, ont osé remettre en cause l’autorité de leur époux auraient mieux fait de se taire ? Et si non, pourquoi ce qui a pu nous sembler légitime pour une épouse ne le deviendrait-il pas pour un enfant ou un ex enfant devenu adulte ?

Autant de questions qui – si nous osons nous les poser – nous aideront à convenir que personne, jamais, ne mérite la violence ni la maltraitance, qu’elles soient physiques ou psychologiques.

Ce sont les personnes qui ont été maltraitées qui sont réduites à penser que les claques et les humiliations n’ont jamais fait de mal à personne (pour surtout ne pas s’avouer que leurs parents étaient toxiques.)

Nous vivons une époque dans laquelle nous osons enfin remettre en cause certains tabous qui nous contraignaient jadis à la complicité et à la « loi du silence. »

La condition de la possible remise en cause de nos propres comportements erronés (soi-disant aimants), passe par la constatation de nos erreurs et de nos maladresses et cette constatation passe également par la remise en cause de la possible toxicité des comportements de nos parents, car il est toujours légitime de reconnaître la toxicité d’un acte, fût-il celui de nos géniteurs.

Si nous observons notre enfant de manière neutre, comment ne pas remarquer qu’il est déjà bien ennuyé d’avoir cassé la bouteille de lait sur le carrelage de la cuisine. Comment ne pas remarquer que de lui dire : « Eh bien bravo, tu peux être content, quel maladroit tu fais ! » c’est lui infliger la cruelle injustice d’une double peine.

Il est important pour le parent de découvrir que son attitude culpabilisatrice et moqueuse (comment l’enfant pourrait-il « être content » de sa maladresse ?), n’est que la rançon présente de la manière dont à l’époque où il était lui-même enfant, il s’était senti humilié par ses propres parents et avait été obligé de considérer cela comme une marque d’attention à son égard (ce qui vaut mieux pour un enfant que de ne pas se sentir exister aux yeux de son parent.)

Pour que tous les membres d’une famille apprennent peu à peu à vivre ensemble dans le respect et l’amour, il leur faut ne plus avoir le besoin de se manipuler les uns les autres sous le prétexte qu’il est douloureux de reconnaître ses maladresses. Et ce travail est à initier par le parent qui montre l’exemple et qui dira par exemple à son enfant : « Viens, on va nettoyer ensemble, et je vais te montrer comment tenir cette grosse bouteille… » reconnaissant par là que la bouteille est difficile à prendre pour lui.

N’est-il pas légitime de ne pas nous laisser manipuler par le comportement égocentrique et totalitaire de notre vieille mère qui nous en veut parce que nous lui disons devoir partir, à l’issue d’une visite que nous lui avons faite, au sortir de notre travail, entre les courses et le dîner à préparer à la maison pour notre propre famille ? N’est-il pas légitime de ne pas tenir compte de ses plaintes quand elle nous les présente sous la forme d’un insupportable chantage ?

Pourquoi la parentalité comme la vieillesse devraient-elles donner des droits spécifiques ? Ne devons-nous pas tout bonnement réfléchir et apprendre à nous situer, c’est-à-dire à trouver la réponse juste face à la nocive inconscience de l’autre ? Et pour trouver la réponse juste à la toxicité, ne faut-il pas d’abord apprendre à la reconnaître comme telle ?

Dans le cas de la vieille mère « abusive », ce peut être d’y aller une fois par semaine, pas plus, de mettre en place un réseau d’aide et d’être très ferme sur ses limites.

En conclusion :

Pour pouvoir devenir peu à peu de plus en plus responsables de nous-mêmes, donc pour oser regarder nos propres imperfections en face, il nous faut commencer par balayer devant notre porte, ce qui revient à dire renoncer (au moins en partie) à notre propre tranquillité et à notre propre confort, (c’est-à-dire reconnaître nos comportements toxiques.)

Il est vrai que l’égoïsme fait des ravages aujourd’hui, mais nous ne parlons pas tous du même égoïsme. S’ouvrir à l’altérité, c’est commencer par arrêter de cautionner une culture judéo chrétienne dévoyée qui veut nous faire croire qu’il est égoïste de vouloir penser à soi comme de se préserver soi-même. L’égoïsme c’est de vouloir que l’autre se comporte comme soi. L’égoïsme, c’est l’intolérance de celui qui ne peut pas voir plus loin que le bout de son besoin à lui.

Convenir de son égoïsme est a priori impossible pour le prédateur, et c’est pour cela que nous devons apprendre à reconnaître, pour éviter de continuer à les subir, les comportements toxiques et pervers des autres, et en particulier ceux de nos parents (s’ils les ont eus ou les ont toujours).

Notes  (source Wikipédia) :

(1) Janus Korczak : Médecin-pédiatre et écrivain polonais. Avant la Seconde Guerre mondiale, il est une des figures de la pédagogie de l’enfance les plus réputées. Il laisse son nom à la postérité pour avoir choisi délibérément d’être déporté vers Treblinka avec les enfants juifs du ghetto de Varsovie dont il s’occupait dans un orphelinat.

(2) Wayne Dyer : Psychologue, conférencier et auteur de renommée internationale dans le domaine du développement personnel.

PS : Au moment où je mets cet article en ligne, je lis le livre de le Docteur Muriel Salmona « Le livre noir des violences sexuelles », qui vient de paraître aux éditions Dunod et dont je ne saurai trop vous recommander la lecture.

Il y figure un passage qui éclaire la culture de beaucoup de personnes réticentes à convenir de la toxicité possible du parent. Le voici :

« De fait, l’enfant est encore trop souvent considéré comme la propriété de ses parents, auquel il doit respect et obéissance quoi qu’il arrive. Rappelons que jusqu’à la date récente du 5 mars 2002, l’article 371-1 du code civil sur l’autorité parentale, inspiré du cinquième des dix commandements bibliques, commençait en stipulant : « L’enfant, à tout âge, doit honneur et respect à ses parents. » Modifié, il commence maintenant par : « L’autorité parentale est un ensemble de droits et de devoirs ayant pour finalité l’intérêt de l’enfant, » l’article 371-1 précisant que cette autorité parentale « appartient aux père et mère jusqu’à la majorité ou l’émancipation de l’enfant pour le protéger dans sa sécurité, sa santé et sa moralité, Pour assurer son éducation et permettre son développement, dans le respect dû à sa personne. Les parents associent l’enfant aux décisions qui le concernent, selon son âge et son degré de maturité. »

© 2013 Renaud PERRONNET Tous droits réservés.

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Après avoir lu cet article, je vous conseille vivement de faire le test :

Pour sentir de très près la toxicité des parents à l’œuvre, vous pouvez vous procurer les films éloquents :

Vous pouvez également télécharger les fiches pratiques inédites :

Et lire :

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Vous trouverez ci-dessous la liste des écrits sur les relations aux enfants parus à ce jour :

CC BY-NC-SA 4.0 à propos des parents aux comportements toxiques par Renaud Perronnet est sous Licence Creative Commons Internationale Attribution-Pas d'utilisation Commerciale-Partage à l'identique 4.0 .

521 réflexions au sujet de « à propos des parents aux comportements toxiques »

  1. dexterino

    Bonjour,
    Je sais que je vais paraître ridicule, mais je ressens une telle douleur en ce moment que j’ai besoin de l’exprimer et de comprendre ma situation.
    Voila, j’ai 30 ans, et toute ma vie j’ai eu une relation plus ou moins conflictuelle avec mes parents et surtout ma mère et malgré le fait qu’elle s’occupe de quasiment toute ma vie (d’ailleurs je suis presque incapable de m’organiser en quoi que ce soit), j’ai l’impression qu’il n’y a aucun amour réel de sa part, une sorte de « robot maman », qui fait tout bien comme il faut. Bien que je n’ai jamais été maltraité, toujours entretenus convenablement quand j’étais enfant et ados, je me retrouve dans les exemples que vous donnez dans votre article.
    D’abord par rapport au conséquence qu’une tel relation peut avoir sur un adulte :
    Je suis incapable d’avoir une relation amoureuse sérieuse, je suis incapable de prendre des risques, j’ai un égo minable et aucune confiance en moi.
    Pourtant, je suis informaticien, je suis pas dégeux physiquement et j’ai une grande facilité à me faire des amis.
    Ensuite par rapport aux exemple de comportement que vous avez donner :
    Mes parents ont toujours mis un focus sur ma situation à l’école, j’avais l’impression que c’était la seul chose qui comptait pour eux, mon père me répétait que j’allait finir clochard si je n’était pas bon. Et c’est maintenant le cas avec mon travail. Le « c’est pour ton bien » était la norme. Par exemple, quand j’avais 8 ou 9 ans, j’était un peu turbulent a l’école (je parlais beaucoup en classe et était souvent puni). La réaction de ma mère à été de demander à ce que la convocation auprès de la prof (dont j’avais une peur folle) se passe le jour de mon anniversaire sans me prévenir a l’avance bien sur. Mais c’était pour mon bien… Quand je refusait qu’ils entre dans ma chambre, il le faisait quand même, parce que leur raisons était plus importante que ma volonté. Il fallait qu’il me fasse la leçon sur des choses « importantes ».
    Ados, jamais je n’ai ressenti de la fierté de la part de mes parents, ni d’amour inconditionel comme je l’ai observer chez mes amis et dans ma famille. Il s’occupait de moi comme de « bon parents » (argent de poche, cadeau de noel etc…) mais jamais un « je t’aime », jamais un « je suis fier de toi ». Quand j’avais des bonnes notes à l’école c’etait un « c’est bien mon fils » et un petit cadeau, mais jamais de cadeaux pour le simple plaisir de m’en offrir.
    Ensuite quand j’ai commencé a me rebéller a l’adolescence, c’etait la guerre a la maison, et à chaque fois des reproches qui m’énervais et une volonté de me controller, et des que je commançais à haussé la voie, mon père intervenait et imposait son autorité « tu ne parles pas comme ça a ta mère » (avec menace physique), à partir de la, que j’ai eu raison ou tord, j’avais « perdu ». Je me suis même battu avec mon père a cause de cela, autant vous dire que depuis ma relation avec mon père est vide de sentiments.
    Des petites humiliation discrète quand on était en famille, dire des choses génante sur moi pour se moquer par exemple. Un jour lors d’une réunion de famille, je me suis disputé avec ma cousine (que j’adore d’ailleurs) parce qu’elle m’embétait et je l’ai insulté, sa mère a fait un scandale et ma mère m’a pris pendant 2 heures seul dans la chambre en répétant « la honte, la honte, la honte ». Comme si tout ce qui comptait c’etait l’opinion des autres sur nous.

    Il y a 4 ans je suis passé par une période de chomâge (choisis) pendant 1 ans et demi, et quand je suis rentré à la maison (perdu l’appart ou je vivais) ma mère n’a pas arreter de me harceler pour que j’aille chercher du travail, avec des discours très culpabilisateur dès que je refusait d’obéir a ses injonctions, des mots très dur « tu es vraiment une merde ». Je lui criais dessus pour que la « discussion » comme elle l’appelle s’arrete et ensuite je faisait des crise de larme pendant des heures sans qu’elle s’en aperçoive. Quand j’ai osé raconté ça à un amis, il m’a tout de suite remonté le moral et mon égo et grace à cela, j’ai remonté la pente et retrouver un job assez rapidement.
    Mais voila, je viens de me faire lourder par ma boite, et des le premier jour ou j’ai stopper le boulot, ma mère m’a bien fait comprendre « je vais recommencer à te harceler comme il y a 3 ans jusqu’à ce que tu retrouves un travail », alors même que ce licenciement est très dur pour moi, sa seule inquiétude est ma situation par rapport à ma recherche d’emploi. Il faut toujours que l’on « discute de ça » et dès que je refuse, dès que je sens que son insistance va me faire craquer, je hausse le ton pour qu’elle arrete et les dénigrement commence.
    Ayant un égo vraiment minable en ce moment et une vie pas vraiment marrante, je prends cela très mal et les crise de larme peuvent durer plusieurs heure. Ma mère biensur ne comprends pas cela et continue son harcelement, avec toujours le même résultat : forcer la « discussion », en fait un discours de sa part de ce que je devrais faire, je hausse le ton pour qu’elle arrete, et elle qui change complétement le sujet « mais pourquoi tu me parle si méchament ».
    J’aimerais savoir si ma situation correspond à votre article ou si c’est moi qui ai un problème? Et surtout, comment faire pour améliorer ma situation.
    Merci.

    Répondre
    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Oui, vous avez peur de paraitre ridicule parce que vous ne vous êtes jamais véritablement senti aimé. La manière dont vous exprimez le peu d’estime que vous avez pour vous-même le dit aussi, de même que les difficultés que vous rencontrez dans vos relations amoureuses.
      Oui, vous partagez que vous n’avez pas eu la chance de vous vivre comme un petit garçon qui méritait le respect. Ce qui explique la fausse idée négative que vous entretenez jusqu’à aujourd’hui sur vous-même. Vos parents vous ont gâté « d’avoir » et non pas « d’être ».
      Aujourd’hui vous êtes un adulte et ça va être à vous d’entreprendre ce fantastique travail qui vous permettra un jour de vous aimer vous-même, d’avoir de l’estime pour la personne unique que vous êtes. On a fait rentrer à force la honte en vous. Souvenez-vous que ce que vous avez appris, vous pouvez le désapprendre. Cela se désapprend à travers un travail psychothérapeutique de compréhension et de connaissance de soi-même.
      Votre mère est véritablement dangereuse puisqu’elle vous insulte et vous maltraite soi disant pour votre bien. Je vous en prie ouvrez les yeux, cela vous aidera à oser mettre de la distance entre vous et elle, vous en avez le droit !

      Répondre
  2. Pat Chiquette

    Que pensez-vous d’une mère qui mets le blâme sur son fils pour les cancer qu’elle a eu ? En prétextant que c’est à cause de ce que je lui ai fait vivre ?

    Répondre
    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Je pense que votre mère veut inverser l’ordre des générations et que cela doit à la fois être cruel et pas facile pour vous de ne pas céder à la culpabilité.

      Répondre
  3. p

    Bonsoir,
    si je m’adresse à vous c’est parce que je suis désespérée. Je suis une mère toxique. J’aime mes enfants infiniment mais je leur ai fait beaucoup de mal: mère hyperprotectrice à l’excès leur interdisant plein de choses par peur de ce qui pouvait arriver ( et ce n’est qu’au bout de dix ans que je m’aperçois que c’était de l’égoïsme, je ne pensais qu’à mon petit confort personnel), mère extrêmement exigeante au niveau scolaire, mère très dure verbalement,….Je souhaite de tout coeur réparer mes erreurs et j’espère qu’il n’est pas trop tard. Ma fille ainée a 14 ans et elle a un soucis d’intestin irritable et je suis sûre que c’est à cause de ma dureté et de mes stupides angoisses. Je m’en veux tellement mais comment puis je faire pour l’aider à guérir et pour qu’elle soit épanouie à l’avenir. Je me suis excusée à plusieurs reprises, je fais des efforts pour être plus calme, nous avons été voir une psy mais cela n’a pas été très concluant. Mon comportement passé me dégoûte mais est ce irréversible, est il possible de réparer ses erreurs et de l’aider pour que ses soucis disparaissent. Pouvez vous me conseiller s’il vous plait?

    Répondre
    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      La mère toxique que vous désignez ainsi est une femme qui ne sait pas comment prendre soin de sa souffrance. Cela n’empêche pas sa potentielle dangerosité mais si – comme vous le dites – vous prenez conscience de votre égoïsme, cela doit vous permettre de comprendre et de mettre à jour vos propres besoins d’exigence et de dureté, conditions nécessaires à un changement radical dans vos relations à vos enfants.
      A quoi devrait vous servir de répéter « je suis une misérable » et de ne rien faire ?
      Il n’est jamais trop tard à un être humain sincère pour changer de chemin. Vos angoisses ne sont pas stupides, elles sont l’expression de vos propres dilemmes que vous n’avez à ce jour jamais mis à jour.
      Je vous invite donc à entreprendre un travail thérapeutique personnel pour ce faire et pour commencer, à lire ces articles :
      Comment sortir de sa toxicité de parent ?
      Pourquoi un travail thérapeutique ?

      Répondre
  4. Maryn

    Bonjour,

    Je suis une mère célibataire seule, qui élève ses enfants « seule » depuis un peu plus de 6 ans.
    Ma fille a 10 ans et son petit frère en a 7.
    Je vis tous les jours sous pression car j’ai un boulot qui ne me permets pas de joindre facilement les deux bouts car il me faut payer le loyer, la scolarité, la popote, l’eau et l’électricité, la tété, la cantine, et sans compter que je n’ai pas d’assurance maladie donc quand l’un de nous trois (car nous vivons seuls) est malade, c’est encore une autre crise d’angoisse.
    Depuis cette année scolaire, je n’arrive plus à suivre le travail scolaire de mes enfants, quitte à envoyer la grande le faire pour moi auprès de son frère. C’est pénible car elle fera en juin un examen (entrée au collège) et je n’arrive pas à l’aider à travailler, ils sont pratiquement abandonnés.
    Mes relations professionnelles sont de plus en plus tendues, je ne parviens plus à retrouver mon calme et je m’emporte pour peu.
    Mais ma plus grande peur, c’est ce que subissent mes enfants.
    Je les aime plus que ma propre vie (du moins je le pensais, avant de tomber sur votre article), je suis une espèce de mère poule, je leur impose un peu trop la propreté et l’ordre jusqu’à les frapper quand ils ne m’écoutent pas. Je suis tellement dure avec eux, verbalement et physiquement.
    Ce matin, j’ai trouvé écrit sur le mur: « tu vas mourir Princia » (Princia est mon prénom) et les seuls qui ont accès à ce coté de la maison sont mes enfants et nous ne recevons pratiquement jamais.

    J’ai pleuré de chaudes larmes et pourtant, cela est comme un miroir qui me permets de voir combien je suis dure avec eux. Je fais tout pour leur bien être, je les élève seule, et quand je rentre du boulot, n’ayant pas les moyens pour avoir une ménagère ou une aide, je dois faire le ménage, la cuisine et les nourrir, quand tout est fait, je tombe dans mon lit car épuisé et le lendemain c’est reparti.

    Je veille à ce qu’ils ne manquent de rien, mais je pense que je suis parfois un peu maniaque sur les bords.

    Comment retrouver la « super maman » que j’étais avec mes enfants?
    Je me sens tellement mal…

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    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Vous vous décrivez comme une mère exténuée, d’autant plus que vous mettez la pression sur vos enfant et que cette pression devient un cercle vicieux qui se retourne contre vous.
      Il vous faudrait examiner ce qui vous contraint ainsi à la maniaquerie.
      Pourquoi ne vous feriez-vous pas aider par un psychologue, dans un CMP par exemple où les consultations sont gratuites ?
      Soyez certaine qu’avant de retrouver la super maman que vous étiez, il vous faut commencer par rencontrer pour l’apaiser, la femme que vous êtes.

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      1. Maryn

        Merci pour votre retour.

        Et mes enfants? ils en sont où? suite à ce message sur le mur.
        Dans mon pays, aucune consultation chez un spécialiste est gratuite, et ce n’est pas vraiment dans nos culture d’aller voir un psychologue, je ne sais même pas si il y en a.
        Mais oui, bien sûre, parler à un spécialiste. Ca me fait déjà un grand bien d’en parler car je ne me confie jamais, je n’ai confiance qu’en moi même et en mes enfants.

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        1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

          Eh bien sachez que la première chose à mettre en place c’est la parole, l’échange et l’écoute. Ne restez pas seule.
          Vos enfants ont certainement besoin d’être écoutés eux aussi. En les frappant vous ne faites que retourner la violence dont vous avez été vous-même la victime contre eux.
          La violence n’est JAMAIS la solution.
          Lisez : Les racines de la violence et vous comprendrez mieux.

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  5. Taffy

    Bonjour,
    Avant tout je tient a dire que cette article est vraiment formidable.
    Je vais peut-être paraître irrespectueux parce que tout le monde me le dit,ma mère est quelqu’un qui d’apparence est inoffensive mais quand vous la connaissez comme je la connais vous decouvrez quelqu’un qui vous humilie en public exemple j’étais dans un magasins de chaussure avec ma meilleure amie et ma mère et le vendeur me propose des chaussure blanche et la ma mère s’empresse de dire non non elle est trop sale pour des chaussure blanche avec un sourire au lèvres ce qui ma blessé.je l’admets j’ai un caractère Ford mais je suis quelqu’un aussi d’assez solitaire…ce que ma mère ne peut pas comprendre pour elle tout excuse est bon pour m’insulter..comme tu est une chienne tu est de la merde….tu es un pute imaginé a 15 ans recevoir des insultes pareil ça vous marque et j’ai 19 ans et ça me blesse toutjour autant .Je me suis toujours mis en question peut-etre que j’étais la faute de tout ça,elle ma même avoué a mon père lors de l’une de leurs bagarre que j’étais la cause pourquoi il étais toujours ensemble..ma mère prends un malin plaisir a me comparé a mon pere surtout quand je le choisi lui au lieu d’elle ou si je répond a ses insultes elle s’empresse de dire que mes soeurs ne lui on jamais dit ce genre de chose que je lui manque de respect mais pour moi le respect ça doit venir des deux côté je ne respecte pas quelqu’un qui ne me respecte pas c’est simple et selon mon entourage je suis le coupable car elle a mis de l’argent sur mon compte,elle ma élevé (ce qui est drôle car presque tout ce que je sais je l’ai appris à l’école ou en stage ) elle m’habille et la liste des reproches continue….elle m’etouffe et des que je fais quelque chose elle part le crié sur tout les toit (bonne chose) ce qui m’agace,elle ne se prive jamais de parler de moi a ses amies d’une bonne manière mais moi ça m’agace..îles difficile pour moi de me dévoilé a quelqu’un je suis toujours la a me demandé qu’est que l’amour ? je suis fatiguée,je ne sais plus quoi faire ni dire car visiblement je n’ai jamais raison.

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