Oser la colère, oser être vrai avec soi-même

(A vous tous qui avez été maltraités et qui vous interdisez la colère, lisez, relisez cet article puis mettez-vous à l’écoute de ce qui gronde en vous. Faites cela par amour et respect pour vous-même.)

Partage de X :

Bonjour,

Je suis X ; j’ai 26 ans et…

J’en veux à mon père de m’avoir violée plusieurs année dans mon enfance ainsi que ma grande sœur.

J’en veux à ma mère de ne pas avoir porté plainte contre mon oncle pour avoir fait subir à ma grande sœur des attouchement sexuels tout en le laissant continuer à vivre sous le même toit que nous, sous prétexte que la condamnation de mon père a 20, oui vingt ans de prison était amplement suffisant.

J’en veux à ma mère de ne pas nous avoir cru lorsque nous lui parlions des vidéos que papa faisait de nous et de ses visites dans nos chambres la nuit tombée.

J’en veux à ma mère d’avoir attendu que ce soit le directeur de l’école primaire qui ait enfin appelé la police après une discussion avec ma grande sœur.

J’en veux à ma mère d’avoir emprunté la voiture de ma grande sœur et de ne lui avoir jamais rendue sous prétexte qu’elle y avait fait des réparations.

J’en veux à ma mère de n’avoir jamais pris la peine de me rembourser les 7000 € que je lui ai prêté sous prétexte que comme elle dit…

J’en veux à ma mère d’avoir conforté ma sœur dans un mariage blanc et de lui avoir pris un quart de la somme qu’elle avait touchée.

J’en veux à mon père d’être sortie de prison après seulement 12 années et de m’avoir écrit pour me dire qu’il se trouvait dans une maison de repos avec un cancer des os en phase terminale et qu’il voulait me voir avant qu’il ne soit trop tard.

J’en veux à ma sœur d’avoir accepté de l’argent de mon père durant sa peine de prison.

J’en veux à ma sœur de continuer à saluer notre oncle lorsqu’elle le croise comme si de rien était.

Je suis en colère ! Je suis en colère ! Je suis en colère d’aimer cette famille qui ma été imposée par la Vie.

Je suis en colère de porter le nom de mon père.

Je suis en colère que cette famille fasse partie de moi et de mon histoire.

Je suis en colère d’avoir fui ma famille depuis maintenant 7 mois en espérant arranger le problème alors que je suis le problème.

Mes ex petit amis « paix à leur cœur » ont je pense un arrière goût de pisse en repensant à mon passage dans leur vie… à base de gifles, d’insultes en tout genre.

Je haïs ces colère, ces frustration, ces cris, cette agressivité que je suis.

Toutes ces choses qui une fois redescendues laissent place à une énorme Culpabilité qui au lieu de me calmer me pousse à m’enfoncer encore plus…

Je veux changer je veux être en paix avec moi-même.

Je veux être mon propre héros…

Merci.

Ma réponse :

A propos de la colère :

Ayant tous entendus, quand nous étions enfant qu’il était « mal » de se mettre en colère, nous sommes victimes aujourd’hui de la tendance à considérer la colère comme mauvaise, donc a priori illégitime.

Or qu’est-ce que la colère ? A quoi sert-elle ? Est-elle « mauvaise » ?

La colère est l’émotion de celui ou de celle qui, vivant une injustice, une blessure ou une frustration, ne tolère pas qu’elle perdure. Elle a donc pour but de lui permettre de se défendre à un moment précis. Elle est une énergie centrifuge (qui va de l’intérieur vers l’extérieur), qui est une réaction contre l’agresseur et se retourne donc contre lui.

La difficulté est qu’on nous a appris depuis toujours, dans un discours perverti par la morale, qu’on n’était « pas beau » quand on était en colère, qu’il ne fallait pas se mettre en colère, que c’était mal et qu’il fallait pardonner à ceux qui nous avaient fait du mal. On nous a appris à confondre la colère avec la méchanceté.

C’est ainsi que nous n’avons, pour la plupart d’entre nous, pas eu d’autre choix que de refouler notre colère au fond de nous-mêmes, contraints par ceux que nous aimions, ou (pire) par nous-mêmes, ayant faites nôtres les croyances erronées de nos proches.

Or – contrairement aux idées reçues (reprises même par certains thérapeutes) – la colère est une émotion qui peut être saine donc juste et même nécessaire, quand elle nous sert à défendre notre intégrité. Elle est alors une protestation contre ce que nous ne pouvons pas tolérer et elle nous aide, par l’énergie qu’elle nous donne, à préciser les limites que nous ne voulons pas voir dépasser.

Même si nous avons entendu que la colère était « aveugle » ou « mauvaise conseillère », il ne nous faut pas la confondre avec la violence qui – elle – est toujours pathologique parce qu’elle est l’expression de notre rage et de notre impuissance.

La colère est bel et bien nécessaire à notre survie et il est normal qu’une blessure remémorée déclenche une émotion à l’encontre de celui ou de celle qui nous l’a fait subir. Nous connaissons aussi l’expression « sainte colère », qui exprime bien le côté « pacificateur » de la colère dans nos relations avec les autres.

Il n’y a pas à censurer une colère qui est reliée à notre identité propre et à la vérité profonde de ce que nous sommes ici et maintenant. Pour nous libérer des conflits et des manipulations familiales, pour sortir de la confusion (et dans confusion, il y a fusion) d’avec nos proches, nous devons laisser se manifester notre unicité propre, donc être fidèle à notre colère si nous sommes en colère. Et c’est même la condition de notre possible réparation. Autrement, nous trahissons ce qui en nous veut vivre et nous devenons les victimes de notre destin comme cela est tragiquement souvent le cas aujourd’hui.

La guérison des blessures passe par la libération émotionnelle. Pour ce faire il n’est pas d’autre moyen que d’ouvrir ces blessures en osant les laisser s’exprimer, la colère étant l’une des émotions alliées qui le permet. Il ne faut pas oublier que les émotions sont des processus physiologiques qui ne durent pas, qui libèrent de l’énergie et qui nous aident à résoudre nos difficultés si on les laisse s’exprimer sans les refouler. Il faut donc laisser à l’émotion son libre cours dans un lieu adapté, comme par exemple le cabinet d’un thérapeute bienveillant.

Si les émotions n’ont jamais pu s’exprimer, elles continueront de vous encombrer longtemps en sous-sol (dans votre inconscient), parce que la simple évocation de votre blessure (ici de votre blessure liée au sexe), fera remonter tout ce douloureux refoulé qui crie encore à l’intérieur de vous.

C’est parce que vous oserez hurler votre colère que vous parviendrez peu à peu à vous libérer de votre haine, c’est à cette condition que pourra se manifester en vous la paix à laquelle vous aspirez si fort.

Je m’explique en vous répondant plus personnellement :

Vous avez été violée de nombreuses fois par votre père, et votre mère en ne vous croyant pas lorsque vous lui en parliez n’a pas su vous protéger.

Qui oserait prétendre que votre colère n’est pas légitime ? Qui pourrait oser prétendre que vous devriez « pardonner et tourner la page », comme on l’entend si souvent dire par des personnes dénuées de toute compréhension comme de toute empathie pour celui ou celle qu’ils prétendent écouter ?

Votre colère est à écouter pour ce qu’elle est, et c’est en ceci qu’elle est saine et « sainte ». Elle est l’alliée non pas de la « victime dépressive et honteuse » à l’intérieur de vous mais de la partie de vous-même qui veut vivre, qui ose courageusement ressentir ce qu’on lui a fait et qui l’écrit pour le crier. C’est en ce sens que votre partage est salutaire et thérapeutique pour vous-même, comme pour celles et ceux qui, s’identifiant à votre vécu, oseront le faire à leur tour.

Il faut beaucoup d’honnêteté et de courage pour oser crier sa colère plutôt que de la refouler, plutôt que de l’étouffer. En fait, votre colère est la saine et juste expression de votre fidélité à vous même. En l’exprimant de la sorte, vous montrez à la face du monde, en le prenant à témoin, ce que vos bourreaux vous ont fait endurer et ont fait endurer à votre sœur. Votre colère est féconde en ce qu’elle est un témoignage de votre amour profond pour la vie.

Un thérapeute de mes amis dit que la colère est de la « tristesse infectée ». N’est-il pas nécessaire de crever les abcès de nos infections si nous voulons vivre ? Et je songe, en vous écrivant cela, à toutes ces personnes « mortes vivantes » parce qu’elles n’osent pas accueillir leur souffrance, accueillir la vérité de l’expression de la vie en elles.

L’expression de votre colère contre votre père introjecté est totalement légitime. Pour oser l’estimer légitime, je me réfère à une idée simple, issue du respect et des droits dus à tout être humain, et qui dit que personne, jamais, ne nait pour être la chose ou l’objet de quelqu’un d’autre. Parce que personne n’est esclave, personne n’a le droit d’exiger que l’autre se conforme à ses exigences, n’en déplaise à la culture machiste et sexiste dans laquelle nous vivons.

C’est notre peur de juger nos parents qui nous empêche de juger leurs actes. Or, comme toute l’œuvre d’Alice Miller l’exprime, le seul moyen à notre disposition pour nous délivrer d’un mal est de le reconnaître comme un mal. Donc nous devons juger les actes commis en particulier par ceux qu’une partie de la société, dans son aveuglement, dit qu’il ne faut pas juger, à savoir nos propres parents, si nous avons souffert de leurs comportements et malversations. Et j’entends à quel point la désolidarisation de celle qui avait pour mission de vous comprendre et de vous soutenir dans votre blessure (à savoir votre propre mère), a été et est encore douloureuse pour vous.

Nous ne pourrons nous libérer d’un mal qu’en osant braver les interdits et les fausses croyances enracinées qui nous empêchent de nous en souvenir.

Quelle qu’ait été la pathologie de nos parents, cela ne doit jamais nous empêcher de reconnaître et de juger l’horreur de certains de leurs actes, parce qu’il est évidemment toujours légitime d’évaluer l’impact d’un comportement. Et je me dois de préciser que nous ne devons pas avoir nécessairement besoin de penser qu’il faut qu’un acte soit conscient de la part de celui qui l’a commis pour pouvoir oser en évaluer l’horreur. Pourquoi ? Parce qu’une cause de souffrance objective restera toujours une cause de souffrance objective.

C’est ainsi que de même que la plainte peut-être une étape nécessaire, l’indignation et la colère sont deux émotions salutaires dans un travail thérapeutique bien mené, à la seule condition que cette indignation et cette colère ne se trompent pas de cible.

Attention à bien vérifier la cible :

Oui, vous en voulez à votre père, à votre mère, à votre sœur, mais prenez garde de ne pas retourner votre colère contre vous-même ! Oser ressentir sa douleur et la crier rapproche de soi-même à condition de ne pas devenir soi-même le martyr de sa propre plainte.

Devenir vous-même (donc vous libérer de votre passé de souffrance), n’est possible que parce que vous ferez tout pour vous soustraire à la domination psychique de votre bourreau, or si vous retournez votre colère contre vous même, vous vous assujettissez justement à votre bourreau en ayant la même attitude que la sienne.

Vous vous en voulez « d’aimer cette famille qui (vous) a été imposée par la vie. » Votre colère contre vos bourreaux risque de vous contraindre (dans sa confusion), à vous haïr vous-même sous le prétexte que vous êtes issue de leur œuvre. En fait la vie fait naître chacun de nous fondamentalement inégaux. Certains naissent avec une infirmité physique, d’autres avec des handicaps mentaux, d’autres peuvent même être issus du viol de leur mère… pour ne citer que des cas dramatiques.

Personne ne connaît le pourquoi du comment, qu’ils l’appellent dieu, le destin, le fruit du hasard ou de la nécessité. Le pourquoi de l’alchimie particulière qui est à l’origine de notre venue reste un mystère pour nous tous.

Mais devons-nous éternellement rester soumis à cette inégalité en en devenant dépendants ou allons-nous nous construire, en osant devenir qui nous sommes quelle qu’ait été notre alchimie constitutive ?

Ce n’est pas vous qui avez choisi votre père, ni votre mère, ni votre oncle, ni votre sœur.

La vie vous a été donnée, on pourrait dire que vous êtes son œuvre. Mais qu’allez-vous en faire ? Allez-vous rester soumise à ses contingences ? N’avez-vous pas une part – même minime – de liberté à travers elle ?

Osez déjà reconnaître que vous êtes totalement innocente du choix de vos géniteurs. Pour ce faire, mettez-vous à l’écoute de votre colère qui crie si fort en vous, car elle vous aide à exister pour l’amour de vous-même. Il ne faudrait pas que vous ajoutiez une injustice à votre souffrance. Il ne faudrait pas que vous preniez le risque insensé de désaimer celle qui – en vous – a tant besoin de votre amour, en la tenant responsable de ce qu’elle n’a jamais voulu.

Avoir le besoin d’être « votre propre héros » comme vous le dites avec la force qui est la vôtre, revient à oser être soi-même et ne plus devoir se regarder à travers un passé de souffrance. Personne ne « mérite » la souffrance et il est totalement légitime de vouloir s’en débarrasser.

Comment ne pas comprendre que vous finissiez par haïr « ces colères, ces frustrations, ces cris et cette agressivité » qui sont vôtres j’en conviens, mais – je vous l’assure – que vous n’êtes pas.

De même qu’un être humain n’est jamais réductible à ses actes, vous n’êtes pas réductible aux émotions qui sont les vôtres et qui vous harcèlent.

Vous découvrirez que l’expression de vos émotions est une étape sur le chemin de votre libération, une étape nécessaire et pas une fin en soi.

Pour que vos émotions soient une étape sur votre chemin, vous avez besoin d’oser pleinement les vivre (et comme je vous l’ai déjà écrit), cela est thérapeutique pour vous. Oser pleinement les vivre va, doit vous permettre d’aller au-delà, d’atteindre un autre stade, (Elisabeth Kubler-Ross (1) a théorisé cela d’une manière très intéressante dans ce qu’elle a appelé « les étapes du mourir ») et de même qu’il existe des étapes pour permettre à celui qui va mourir de partir sereinement, il existe des étapes pour vous permettre de passer à un autre stade de votre relation à vous-même afin de vous retrouver un jour en paix.

Non, vous « n’êtes pas » le problème, en aucun cas. Il y a un problème en vous, ce n’est pas du tout la même chose : si vous étiez le problème il n’y aurait pas d’espoir, si vous avez un problème, l’espoir est permis, comprenez-vous ?

Des personnes qui pensent que d’autres personnes sont des problèmes existent, ce sont des extrémistes comme – par exemple – les nazis qui voulaient supprimer les juifs de la surface de la terre parce qu’ils pensaient que les juifs étaient des problèmes.

En fait personne n’est un problème, sur cette terre, il n’y a que des personnes qui souffrent et qui (dans leur confusion), en arrivent à croire que d’autres sont des problèmes, et c’est justement cela « avoir » un problème.

Donc non ! « Vous » n’êtes pas le problème !

Je peux même vous donner la preuve que vous n’êtes pas le problème, puisque vous dites que votre cœur souffre et que vous ne voulez pas le mal de l’autre. Regardez, à travers la générosité de vos propres mots vous partagez : « Mes ex petit amis « paix à leur cœur » ont je pense un arrière goût de pisse en repensant à mon passage dans leur vie… à base de gifles, d’insultes en tout genre. »

Cet arrière goût de pisse dont vous parlez n’est que l’émotion qui est la vôtre en repensant à la manière dont vous avez dû les faire souffrir (sans pouvoir vous en empêcher), à travers votre terrible souffrance à vous. En parlant d’arrière goût de pisse vous montrez votre humanité, vous montrez que vous n’êtes pas d’accord avec la part de vous-même qui était contrainte (parce qu’elle était elle-même blessée) de les faire souffrir par ses comportements durs et violents.

L’amour et la cruauté ne peuvent que s’exclure mutuellement. S’ils semblent à un moment se confondre pour un être, c’est parce que cet être a été contraint dans son histoire de considérer la cruauté à son égard comme un témoignage d’amour. Pour le comprendre, les livres d’Alice Miller vous attendent, ils sont « limpides » à ce sujet.

C’est toujours pour la même raison que nous sommes odieux, agressifs, imbuvables et même parfois violents avec les autres. C’est parce qu’il y a à l’intérieur de nous une part de nous-mêmes mal aimée qui se venge et qui continuera de se venger tant qu’elle ne sera pas reconnue comme ayant souffert.

Le poète R. M. Rilke écrit ceci (qui pour moi est une clé) :

« Peut-être tous les dragons de notre vie ne sont-ils que des princesses qui attendent de nous voir agir juste une fois avec beauté et courage. Peut-être tout ce qui est terrible est, dans sa plus profonde essence, quelque chose d’impuissant qui a besoin de notre amour. »

Les dragons de notre vie ne sont que notre propension à la monstruosité or les monstres n’existent pas, seuls existent des êtres humains déchirés, perdus, qui en devenant parfois les prédateurs des autres, rêvent, désespérément d’exorciser leurs souffrances inconscientes (2).

Derrière le masque de la Bête, il y a toujours une profonde blessure qui cache une « Belle » (ou un « Beau ») qui attend l’amour pour enfin se manifester à la plénitude de la vie.

Pour reconnaître et vous ouvrir à cette part de vous-même que vous n’osez pas aimer, cette part qui a été salie, maltraitée, humiliée et qui est devenue avec le temps votre part malaimée qui crie à l’intérieur de vous et que vous pouvez entendre hurler dans les moments de silence et de solitude, il vous faudra beaucoup de « beauté et de courage. »

Votre partage, votre légitime colère, crie votre désir de vivre en paix. Il vous faudra donc de la bonté pour reconnaître la légitimité de votre désir, et du courage pour parcourir le chemin qui à ce jour vous en sépare encore. Sur ce chemin, vous pourrez tomber, sombrer parfois dans des moments de désespoir. Vous pourrez douter de tout mais jamais de celle qui doute, c’est-à-dire de votre force de vie, parce que quelles que soient les fées (bonnes ou mauvaises) qui se sont penchées jadis sur votre berceau, vous êtes, ici maintenant, vivante.

En vérité, il n’y a rien de « sale ni de laid » en vous-même. En vérité nous pouvons tous (vos lecteurs), reconnaître avec gravité votre vécu, votre souffrance, et permettez-moi de le faire.

Puissiez-vous peu à peu vous réconcilier avec cet enfant blessé en vous, avec la jeune fille innocente que vous avez été. Et plutôt que de mourir de souffrance et de culpabilité, les laisser mourir, elles, en les exprimant tant et plus.

Notes :

© 2013 Renaud PERRONNET Tous droits réservés.

04/03/2013 X me répond :

A l’arrivée de votre lettre j’ai quitté ma cuisine pour allez m’asseoir sur les escaliers… ça faisait longtemps que le temps n’avait pas été si agréable.

Ca faisait longtemps que je n’avais pas pleuré de joie.

Je suis assise-là et je ne sais pas quoi dire…

Je vais juste apprécier ce que je ressens et retourner à ma cuisine, mais maintenant je comprends et je ne veux pas m’arrêter là.

A mes 13, 14 ans la juge a proposé un psychologue pour moi et ma soeur.
J’étais sans doute trop jeune pour y voir un intérêt, mais les chose ont été amenées de telle manière que j’ai eu l’impression d’être “la malade” à soigner et me suis braquée.

Je veux un rdv avec vous ou quelqu’un que vous me conseillerez.

Merci beaucoup.


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Lisa
Lisa
23 août 2018 14:49

@Robin : moi, je trouve cela très bien d’avoir envie de mettre son poing dans la face de celle ou celui qui a nous a un peu ou beaucoup détruit psychologiquement, je rêve de le faire pour certaines et certains; et encore, c’est nettement moins douloureux car lorsqu’on est cassé psychiquement, la reconstruction est très lente et difficile et on souffre. Je voulais remercier Rémi de ses beaux messages et encouragements : j’ai été maltraitée enfin entre des “parents” qui étaient plutôt ou complétement défoncés à leur désespoir ou alors je leur servais de défouloir. J’ai été pleine de rage… Lire la suite »

Jann
Jann
13 décembre 2016 22:07

Bonjour Robin, il faut du temps, beaucoup de temps, la souffrance que vous vivez ne va pas partir d’un coup de baguette magique! Non, je ne crois pas au miracle non plus! Mais je crois à mon thérapeute, parce que j’ai entièrement confiance en lui! je crois en cette relation! je crois à son écoute! Je crois à notre travail, car c’est un travail à deux, je crois à la sincérité de cette relation où il n’y a aucun jugement, il n’y a que Vous et votre mental, alors Robin fermez les yeux et si vous avez entièrement confiance en… Lire la suite »

Chantal
Chantal
Répondre à  Jann
12 octobre 2017 03:30

Il faut croire que je suis prête à entendre “ce qui gronde en moi” puisqu’après avoir lu votre article “Oser la colère” je viens de comprendre enfin pourquoi je retombe aussi souvent entre les griffes de la dépression. Plusieurs années de thérapie m’ont aidée à décrypter les ressorts qui animaient la violence de mes parents à mon encontre, à verbaliser ma souffrance sans jamais, pour autant, parvenir à soigner mon enfant intérieure. Jusqu’à aujourd’hui ce que j’appelle mes “émotions réflexes” face à des paroles blessantes que je vis comme dévalorisantes, humiliantes, sont capables de m’embarquer dans un cyclone autodestructeur, convaincue… Lire la suite »

Robin
Robin
6 décembre 2016 23:38

Donc oui, j’ai trouvé une thérapeute et oui je suis arrivé à me libérer d’une partie de ma colère. Je suis encore quand-même pas rassuré sur l’utilité de la colère parce qu’elle a un énorme pouvoir autodestructeur. Maintenant l’anxiété et la colère me rongent de l’intérieur et je n’arrive tout simplement pas à prendre ma vie en main. J’ai été victime de harcèlement moral ou je me suis fait abusé de ma confiance, abusé de l’autorité de la personne, manipulé et j’ai fini par avaler le poison qu’elle m’a forcé à boire. La personne était sensé avoir un rôle de… Lire la suite »

Robin
Robin
Répondre à  Renaud Perronnet
3 juillet 2018 21:16

Je compte bien poursuivre ce travail initié jusqu’au bout, mais je me contenterai de le faire seul. J’ai vraiment fait un petit bout de chemin avec ce thérapeute, sauf qu’avec le temps le contact avec lui devenait contre productif (il me disait à chaque séance de valoriser les pensées positives). Ce traumatisme est encore prégnant en moi et ma colère est bien le moteur pour me défaire de son impact. mon cheminement est long dans le sens où mes carapaces prennent du temps à se liquéfier avant que je puisse accéder à mes souffrances intérieures. Pour l’instant je supporte le… Lire la suite »

Robin
Robin
29 octobre 2016 16:04

La colère, c’est quand qu’elle s’arrête? Je ressens une énorme colère contre une personne qui m’a psychologiquement blessé, sauf que ça fait depuis des mois que je l’éprouve et maintenant elle me pourrit juste l’existence. Après je n’ai encore trouvé personne ayant montré de la compréhension pour moi, mais est-ce bien utile si ma colère est bien dirigée? C’est quand que je pourrai être en paix avec moi-même?

Jann
Jann
22 août 2015 22:55

D’accord avec vous, Vanina ! Celui qui me dit “il faut Lâcher Prise” alors que je suis pliée par le poids des douleurs, que mon mal est incurable qui va me tuer et que j’aime la vie ! Je lui fous mon poing dans la figure ! et je sais de quoi je parle, j’ai été moi même atteinte par un cancer, à ce jour, je suis guérie. Au début de ma maladie, j’en voulais à la terre entière, pourquoi moi ? Qu’est-ce que j’ai fais pour mériter cela ? Et pour combler le tout, à ma sortie d’hôpital, j’ai… Lire la suite »

vanina
vanina
Répondre à  Jann
10 septembre 2015 11:28

oui, bravo et merci Jannn de votre témoignage compréhensif. Merci à vous aussi monsieur Perronnet de m’avoir dirigé vers ces articles que je n’avait pas repéré; c’est ca ,accepter de s’absenter en tant que tenant, c’est dur mais c’est préférable par moment.
cordialement avec vous.

vanina
vanina
21 août 2015 12:48

bonjour, atteinte d’un mal que la médecine ne peut pas guérir et qui va me tuer, j’entends de droite et de gauche qu’il faut que je “lâche prise”. Je voudrais savoir si cette expression, visiblement à la mode, veut vraiment dire quelque chose lorsque le corps entier est raidi de douleurs lors des crises et que le psychisme est frustré de cette nouvelle temporalité de l’existence qui s’annonce trop courte. N’est ce pas faire violence que de dire ceci à quelqu’un qui veut s’accrocher à une vie qui à du sens ?
merci.

Lucette
Lucette
14 août 2015 14:43

Bonjour Monsieur, Est-il obligatoire de passer par la colère ? Après de longues réflexions je viens de comprendre que je ne m’étais pas sentie aimée par ma mère. Mais cela ne veut pas dire que elle ne m’aimait pas. J’ai une soeur 1 an plus âgée que moi et un petit frère trisomique (3 ans plus jeune que moi). Étant commerçante elle avait peu de temps à nous consacrer. Quand je suis née elle s’occupait bcp de ma soeur qui avait un an et qui demandait bcp d’attention et moi je restait sage dans mon lit puis mon frère est… Lire la suite »

Muriel
Muriel
14 septembre 2014 20:11

Grand merci à vous trois pour vos messages de sympathie et de soutien. Martine et Rémi: Je vous envoie à mon tour tous mes voeux solidaires de sérénité retrouvée et de bonheur personnel. J’aurai plaisir à continuer à échanger ici avec vous. Monsieur Perronnet, merci pour ces nouvelles pistes que vous me donnez si généreusement. Je crois que j’ai soulevé un “gros lièvre” là, me concernant, et qu’en effet il serait bien que je pense à un suivi thérapeutique. J’avoue que je me débrouille seule depuis pas mal d’années mais j’ai là une problématique qui me désarme et je suis… Lire la suite »

Remi
Remi
Répondre à  Muriel
14 septembre 2014 23:06

“Vous luttez toute seule” et c est bien la le probleme. Il faut en parler autour de vous a des gens qui seront en capacite de comprendre. Il faut en parler comme vous le faites sur ce type de forum ou vous pouvez rencontrer des personnes qui elles aussi rencontrees des chemins difficiles. Pourquoi? Ca vous liberes des pensees negatives qui vous assaillent,ca vous permet de parler avec des gens qui peuvent vous apporter leurs sentiments et compassion. Bref,ca fait du bien. J en ai parle a quelqu un la semaine derniere je me suis sentis mieux,j ai prevu de… Lire la suite »

Muriel
Muriel
13 septembre 2014 12:40

Merci à Rémi. La colère continue son chemin en moi… Aujourd’hui, je découvre qu’elle cache, entre autre, une lutte intérieure qui m’épuise depuis des années. Lutte entre la détestation pour la personne qui m’a tant fait souffrir et l’amour immense que j’avais pour lui. Quand j’ai pris conscience du tort qu’il me faisait, il y a très longtemps, enfant, j’ai décidé de ne plus l’aimer. Mais cet amour revient régulièrement saper mon travail de détachement. Je le vis mal, ce sentiment qui perdure malgré tous mes efforts et que je sens comme une menace à ma guérison. Une partie de… Lire la suite »

Martine
Martine
Répondre à  Muriel
14 septembre 2014 13:30

Vos Parents ont été ce qu’ils ont été. D’accord avec Vous, ils ont bousillé une partie de votre vie, c’est horrible ! Je suis un peu comme vous, Je n’aurais pas la prétention de dire comme vous, car chacun de nous, vit sa propre colère, sa propre souffrance. Personne ne peut vous aider, dans votre colère, qui habite votre intérieur, qui habite chaque cellule de votre corps, de votre peau. C’est à Vous qu’appartient la clé du bonheur ! C’est à vous qu’appartient la décision de vivre heureuse ! J’ai aussi un fils, il a 35 ans, je me suis… Lire la suite »

Remi
Remi
Répondre à  Martine
14 septembre 2014 15:48

Magnifique message de Martine,plein d humanite et d espoir

Personellement,Muriel je comprends pas vraiment pourquoi vous aviez encore de l affection meme si c etait involontaire et que vous subissiez une vrai forme d endoctrinement.
Moi,je vous promets que je les aimes pas et que si je me retenais pas je leur mettrais des tartes.

Non,mais,vous vous rendez compte ce qu on vous as fait?
C est une des choses les plus graves qui puisse arriver
ON VOUS AS VOLE VOTRE JEUNESSE!

Remi
Remi
Répondre à  Renaud Perronnet
14 septembre 2014 22:33

J ai ete maltraite psychologiquement mais j ai pas envie de tomber dans la violence contre des personnes agees qui commencent pour certaines a faire de l Alzheimer…..

Lisa
Lisa
Répondre à  Remi
15 octobre 2018 15:17

Bonjour Rémi, J’ai à peu près le même âge que toi et j’ai beaucoup aimé tes commentaires. J’ai vécu en plus des agressions sexuelles, des viols. Je n’arrive pas encore à tolérer mon histoire mais je l’ai beaucoup intellectualisé et je suis comme toi j’ai beau les haïr, moi j’ai coupé les ponts et j’essaye souvent de me contenir car quand je suis en colère, je me fais penser à elles. eux et c’est terrible, ça m’arrête net mais j’en souffre beaucoup. Et je me dis que non je ne veux pas être comme eux. Et j’ai coupé les ponts… Lire la suite »

Muriel
Muriel
28 août 2014 14:00

Merci beaucoup Rémi :), vraiment… Vous savez, je continue à me découvrir et je commence juste à m’aimer… Pour le travail sur le féminin/masculin, il y a longtemps que j’ai conscience du problème, depuis mes 1ers flirts en passant par mon mariage puis le renvoi de mon fils… Mais je n’ai pas pu l’aborder avant… J’ai été très longtemps dans le déni, l’immobilisme psychologique, l’évitement, je voulais juste oublier et vivre. Mais ce n’est pas comme ça que ça marche, n’est-ce pas? Aujourd’hui, mon fils est autonome, je suis fière de lui et de moi par la meme occasion. Je… Lire la suite »

remi
remi
Répondre à  Muriel
28 août 2014 19:19

Mais de rien.Si je vous ecris tout ca,c est que je le pense vraiment. Mais non,vous n etes pas seule,arretez ces betises.Votre fils, il compte toujours pour vous non?.Je connais pas l histoire,mais je suis sure que vous vous aimez,et que si vous avez besoin de l autre,vous vous aiderais meme s il habite loin. Arretez de penser que vous etes seule.S il faut,il y a des gens qui vous apprecient sans que vous le sachiez. Regardez,moi,je vous ai jamais vu et ben je vous aime bien,sinon j essaierais pas de vous aider. Non,ca marche pas comme ca. Il faut… Lire la suite »

remi
remi
Répondre à  remi
28 août 2014 23:34

D autres elements me viennent a l esprit. Vous avez toutes les raisons du monde de vous aimer. Non,mais serieux,vous avez une force en vous assez incroyable. Vous vous rendez compte de tout ce que vous avez realise malgre tout ce que vous avez du subir?. J ai l impression que n avez pas tout le recul neccessaire,pour constater ce que vous avez vraiment realise….. C est pas donne a tout le monde de se relever de la sorte,apres une enfance pareille. Beaucoup seraient tombe dans l alcolisme et la drogue,mais vous non. C est des gens comme vous qu… Lire la suite »

Muriel
Muriel
27 août 2014 19:02

Bonsoir Remi, d’après ce que j’en sais et ce que je ressens, je dirais moi: que cela correspond à la partie en nous que l’on ressent comme féminine et celle qui relève plus d’une énergie masculine ainsi qu’à la représentation que l’on s’en fait. Pourquoi les assimile-t-on aux parents intérieurs? Je suppose que c’est parce que ces 2 énergies ou tempéraments ont été influencés par nos père et mère réels, en fonction de leur comportement éducatif et affectif, notre mère nous a servi de modèle pour construire notre image de la femme et notre père pour construire celle de l’homme… Lire la suite »

remi
remi
Répondre à  Muriel
28 août 2014 12:37

Ah bon,c est ca? Ah ben,je croyais que vous vous etiez libere de vos problemes moi. Votre psy vous avais pas conseille de faire ca?Il est bidon ou quoi? Moi,je l ai fait instinctivement en fait,et oui je vous le conseille vivement. En fait,ca vous permet de comprendre pas mal de choses et de moins souffrir,quand vous avez trouve la clef. Oui,il est vital de comprendre le comportement de vos parents,en revenant sur leur histoire,par exemple Oui,le comportement de vos parents a largement influence votre comportement et caractere.Le cadre dans lequel vous vivez enfant,est crucial pour votre future vie d… Lire la suite »

remi
remi
27 août 2014 17:07

Ca correspond a quoi les parents en nous?

Muriel
Muriel
27 août 2014 11:36

Bonjour, Il me semble que ces propos font plus allusion à la représentation symbolique du père et de la mère qu’aux personnes réelles? Car, génétiquement et physiologiquement, nous ne sommes ni notre mère, ni notre père mais un etre unique résultant de la combinaison des deux. C’est très différent, je pense. D’autre part, si le père et la mère en nous en tant qu’image symbolique nous apparait haissable du fait de comportements perpétrés par les personnes réelles, il n’est pas justifiable, à mon sens, de refouler cette haine en s’interdisant la colère, sous prétexte que ces images sont en nous… Lire la suite »

j.
j.
27 août 2014 08:39

Merci à Rémi et Muriel je leur souhaite une Bonne Continuation dans leur chemin de vie. “Mais même si nous refusons de voir nos parents ou de leur parler, nous ne pouvons pas nous séparer complètement d’eux. Nous sommes faits d’eux. Nous sommes notre père, nous sommes notre mère, cela est vrai, même si nous pensons que nous les haïssons. Nous sommes la continuation de nos père et mère. Nous ne pouvons pas extraire ce matériau de nous-mêmes. Le fait d’être en colère contre nos parents n’y change rien. Nous sommes juste en colère contre nous-mêmes. Nous avons besoin de… Lire la suite »

remi
remi
26 août 2014 23:14

Mouais,c est exactement ca A ce qu il parait,on devient plus resistant a la maltraitance physique,alors que la maltraitance psychologique est plus dure a gerer. Vous voulez savoir ce qui me degoute? Ben,la plupart des gens pensait que j etais un garcon trop protege par mes parents et que c etait pour ca que j etais timide,alors qu en fait ils m ont pas assez protege Si la maltraitance psychologique laissait des traces,je serais couvert de cicatrices…. Il y a un truc qui m a frappe dans ce que vous avez decris plus haut,c est que vous dites que vous… Lire la suite »

Muriel
Muriel
26 août 2014 14:59

Rémi, permettez-moi de répondre après-coup à votre dernier message (il a fait son chemin). Je suis encore d’accord avec vous, la maltraitance psychologique est tout aussi grave que la maltraitance physique. Personnellement, j’ai connu les deux et je peux dire que la violence psychologique est ce qui m’a fait le plus souffrir à long terme, celle sur laquelle j’ai eu le plus de difficultés à progresser car comme vous dites, elle ne se voit pas. Invisible mais bien réelle et destructrice. Il est si difficile d’avancer des preuves de cette atteinte que, dans mon cas, chaque fois que j’ai voulu… Lire la suite »

Muriel
Muriel
25 août 2014 23:01

Bonsoir J.,
votre message, je le reçois comme un grand cri, celui que l’on pousse quand on n’en peut plus, qu’il faut que ça sorte. Ce long cri de désespoir et de souffrance que je m’entends encore pousser moi-meme. Pour ma part, il a été le point de départ à tout un processus salvateur. Je vous le souhaite, de tout coeur.

remi
remi
25 août 2014 21:34

@Muriel C est vraiment magnifique,ce que vous nous racontez. Je dis pas ca juste pour vous “cirer les pompes”,c est vraiment super Vous etes sur la bonne voie. Vous voyez juste ce qui peux arreter ce type de fleau,c est la communication Moi,je vous conseille de pas rester repliee sur vous meme,mais d en parler a des gens de confiance,pour virer toutes les pensees negatives qui minent votre moral. En realite,pas mal de personnes ne savent meme pas qu elles ont ete maltraites surtout lorsque c est de la violence psychologique,car ben oui ils se sont pas fait frappes donc… Lire la suite »

j.
j.
25 août 2014 19:43

Ma vie a été basée sur cette souffrance! Ma vie je l’ai construite à partir de cette souffrance! Toute ma vie tourne autour de cette souffrance! Cela a été mon éducation, mon seul point de repère pour avancer dans la vie! Cette souffrance! Je n’ai que “Elle” Au fond de moi je sais que c’est moche! Au fond de moi je sais que c’est moche de coucher avec son frère! Lui seul, m’a donné une éducation sexuelle. Dans mon mental, il était tout ! mon petit copain, mon fiancé, mon protecteur! Ma mère le savait et n’a rien fait pour… Lire la suite »

remi
remi
Répondre à  j.
25 août 2014 21:48

@J. Ce que vous decrivez est extrement triste. Vous n arrivez pas a etre en colere car on vous avais ete comme endoctrine…… . Ca a ete un veritable lavage de cerveau. Vous devez etre en colere car vous avez vecu dans la souffrance c est pas normal. Etiez vous heureuse dans cette souffrance? Meme si vous avez vecu que cela ca m etonnerais. Vous devez etre en colere car on vous a prive de nombreuses experiences et joies qui font la richesse de l existence humaine. Oh fait,regardez,tout le monde est pas mechant. Moi,je vous connais pas et ca… Lire la suite »

Muriel
Muriel
25 août 2014 10:12

Rémi, merci… Merci encore à m Perronet pour cet espace de témoignage et d’échanges. Osons parler, témoigner, en libérant la parole nous sortons de la confusion et de l’isolement. Plus nous serons nombreux à parler, à nous soutenir mutuellement, plus nous décristalliserons cette boule de souffrance et de honte en nous. Depuis que j’ose parler, je constate que le nombre de personnes ayant subi des maltraitances pendant leur enfance est impressionnant mais beaucoup n’en parlent pas. Nous ne sommes pas des cas rares, victimes de je ne sais quelle malédiction du destin qui nous aurait frappés. La maltraitance infantile existe… Lire la suite »

Muriel
Muriel
24 août 2014 07:47

Je suis bien d’accord. Avoir été abusé pendant toute son enfance, humilié, “cassé” par ceux-là meme qui étaient sensés nous faire grandir dans l’amour, est impardonnable. Rien ne peut excuser la torture physique ou psychologique, à plus forte raison si elle a été perpétrée par ceux dont le role naturel était de nous protéger. Personnellement, je n’ai pas à pardonner à mes tourmenteurs, ils ne le méritent pas, quelques soient les raisons qui les ont poussés à agir. Je reste persuadée que la guérison ne passe pas obligatoirement par le pardon surtout si l’on se sent obligé de le faire… Lire la suite »

remi
remi
Répondre à  Muriel
24 août 2014 23:37

Merci pour votre temoignage et soutien,ca fait du bien 🙂 . On peut pas expliquer la detresse a n importe qui, car tout le monde ne peux comprendre la detresse qu on vraiment vecu les maltraites, aussi je vous remercie du fond du coeur pour votre empathie. Comme j ai dit plus haut vous n avez pas a vous sentir coupable. Le probleme c est pas vous, c est eux. Vous avez bien fait de couper les ponts, c est le mieux pour vous. Honnetement, Muriel je me fais de soucis pour vous. Vu la maniere dont vous écrivez, cela… Lire la suite »

remi
remi
23 août 2014 23:32

Bonjour, Je suis parfaitement d’accord avec l’ensemble de cet article. Mais pourquoi devrions nous ne etre pas etre en colere contre la maltraitance? Tout ca,c est a cause de notre societe judeo-chretienne qui nous demande de pardonner autrui. Non,mais vous imaginez qu on a qu une vie et que des personnes se sont quand meme permis de la detruire,notamment lorsque l on etait jeune et que l on pouvais pas se defendre! Et l on devrais bien evidemment pardonner…..genial….. Moi,je pense qu il est aussi bon de verbaliser notre colere,cela nous permet d exterioriser toutes les energies negatives que l… Lire la suite »

bernadette
bernadette
7 juin 2014 19:10

Rebonjour Lilou et Muriel, Je suis bien d’accord avec vous, il faut dénoncer les violeurs. Si je ne l’ai pas fait, à ce moment- là, c’est que je n’avais plus la force de le faire, (mon martyr a duré 4 heures pendant lesquelles j’ai dû lutter et ruser avec mon agresseur pour rester en vie). Ensuite arrivée à Cannes, je n’avais qu’une envie, c’était de rentrer chez moi). Vous devez comprendre que je ne veux pas faire l’éloge de mon choix spirituel ou fanatiser, comme vous dites, ce que vous devez comprendre c’est qu’en ces moments-là, on n’a pas le… Lire la suite »

Muriel
Muriel
7 juin 2014 18:36

Oui, tout à fait, Lilou. J’aimerais rajouter que le fait de recevoir des excuses ou une demande de pardon de la part de son agresseur est très très important et je pense que cela aide considérablement car l’abus est reconnu donc c’est une réparation, précieuse pour la victime. Ce fut votre cas, Bernadette, et l’on peut dire que dans votre épreuve, ce fut une chance. Personnellement, je ne l’ai pas eu, tout a été nié, occulté, minimisé ce qui ajoute encore de la souffrance car on se demande sans cesse si on est pas fou, si on n’a pas tout… Lire la suite »

lilou
lilou
7 juin 2014 16:52

chère Bernadette Je voudrais vous dire qu’il me semble dangereux d’associer spiritualité, fatalisme et dette à payer. Le chemin spirituel qui consiste à nous élever ne doit pas nous faire perdre de vue nous existons AUSSI ici et maintenant au sein d’une humanité envers laquelle nous avons des responsabilités (si infimes soient-elles). Je suis d’accord avec Muriel : ne pas dénoncer un violeur c’est permettre qu’il puisse recommencer à nouveau. Il y a des enfants violés qui restent anéantis leur vie entière, d’autres qui quittent leur état de victime pour devenir bourreau à leur tour parce qu’ils n’ont pas eu… Lire la suite »

Muriel
Muriel
7 juin 2014 13:53

Je vous remercie à mon tour pour votre réponse Bernadette. Dans mon cas, comme pour bien des personnes, Il est question d’une maltraitance quotidienne, répétée pendant de longues années, dans le cercle familial et subie dès l’enfance. Croyez-vous qu’un enfant de 5, 8, 10 ans puisse dialoguer et ramener à la raison un adulte qui a les pleins pouvoirs sur lui, pour lequel il éprouvait amour et confiance? Ce que vous avez subi est terrible, vous l’avez vécu comme l’adulte de 26 ans que vous étiez alors et vous avez su adopter une attitude qui vous a sauvée. Votre religion… Lire la suite »

bernadette
bernadette
7 juin 2014 09:00

Bonjour Muriel, Je vais vous répondre avec ma propre expérience. A l’âge de 26 ans (j’ai 65 ans aujourd’hui) je suis partie faire un stage dans le sud de la France dans un monastère bouddhiste. J’y suis restée 2 mois à m’initier à toutes sortes de pratiques bouddhistes et cela fait aujourd’hui presque 40 ans que j’ai continue ma quête. Au bout des 2 mois, je devais rentrer en Belgique et prendre un train à Cannes. Au lieu d’attendre le bus, j’ai fait du stop pour arriver plutôt sur la plage. C’était la première fois que je voyageais seule et… Lire la suite »

Muriel
Muriel
6 juin 2014 23:32

Quand il est question de maltraitances physiques, sexuelles, morales, il y a atteinte à l’intégrité d’autrui, c’est une très grande violence qui lui est faite et dont il portera toute sa vie les stigmates. On peut toujours théoriser sur le bien ou le mal, sur les causes ou les conséquences, cela s’appelle un abus et c’est une réalité. Quant à la colère ressentie par la victime, elle n’a rien à voir avec une habitude ou un réflexe et qu’elle soit refoulée ou exprimée, c’est l’écho d’une grande souffrance intérieure qui demande à etre soulagée, là encore aucun rapport avec une… Lire la suite »

bernadette
bernadette
6 juin 2014 19:21

OSER LA COLERE Le concept de bien ou de mal implique une notion de jugement. Sur quelle base, peut-.on dire que quelque chose est bon ou mauvais . La seule distinction vient du résultat. En effet, si quelque chose cause de la peine, de la souffrance, on considère que c’est q.q.chose de négatif. Si cela apporte du bonheur, on considère que c’est positif. Néanmoins, dans un premiers temps, il y a des choses qui peuvent se révéler négatives ou positives sans l’être par la suite. Il faut donc le dire en fonction des résultats ultimes qu’il y aura. Donc, il… Lire la suite »

Muriel
Muriel
25 mai 2014 19:53

Dans mon cas, c’est le jour où j’ai pris conscience que je ne savais pas qui j’étais (tant j’avais été dépossédée de moi-meme par les maltraitances) que j’ai eu le sentiment d’un déclic, comme si la véritable clé était là. ça m’a pris des années à me demander “qui suis-je?” avec comme constat: si je ne sais pas qui je suis, c’est que je me suis perdue en route et qu’une autre femme vit ma vie à ma place. Les questions se sont enchainées: quand, comment, pourquoi? Elles m’ont obligées et encore aujourd’hui à revivre et ressentir les traumatismes subis,… Lire la suite »

ninava
ninava
25 mai 2014 16:54

Je suis désolée de me montrer pessimiste mais notre histoire de vie fait ce que nous sommes. Il m’apparait que reconnaitre ses douleurs, sa culpabilité, sa colère, comprendre les évenements malheureux survenus comme “à la chaîne”, leurs intrications et leurs répercutions probables sur notre psychisme ne soulage rien du tout. Je veux bien croire que ça peut nous aider à réguler nos névroses, à les tempérer mais ce qui nous a blessé ne nous rend pas plus fort, au contraire. Les armures de tout ordre qu’on se créait par la suite pour se protéger démontrent par leur simple existence la… Lire la suite »

Muriel
Muriel
25 mai 2014 01:19

Je découvre votre site et je vous remercie, monsieur Perronnet, pour cet espace de parole plein de compréhension et de bienveillance. J’ai 54 ans, mes deux parents ont été toxiques pour moi dès ma petite enfance. J’ai vécu, comme beaucoup dans ce cas, la sidération, la peur, le déni, les colères, la dépression, les somatisations. J’ai pu me libérer de l’emprise paternelle à l’age de 32 ans après une explication où il n’a rien démenti (attouchements, harcèlement, humiliations, cris) mais rien regretté non-plus. Après cela, j’ai pu enfin me marier et devenir mère et je ne l’ai plus jamais revu… Lire la suite »

Muriel
Muriel
Répondre à  Renaud Perronnet
25 mai 2014 12:33

Grand merci de m’avoir répondu si vite. Je me sens confortée dans mes ressentis et cela me donne du courage.

ninava
ninava
5 août 2013 14:39

bonjour, A l âge de treize ans après une première enfance stable, innocente et plutôt épanouissante ; j ai été violée par mon grand frere. il profitait de l absence de mes parents (cours du soir informatique) pour nous faire subir, à ma petite sœur mon petit frère et moi même ses jeux sexuels. Toujours, je défendais les petits et en payais le tribu. Je mourais d’envie, chaque lendemain matin, d’en parler a mes parents mais n y arrivais jamais et me renfermais sur moi même. Très vite je n’ ai plus supporté de dormir chez moi. Quand je rentrais… Lire la suite »

LILOU
LILOU
30 mai 2013 11:27

Je suis très émue par la lecture de cet article. voici mon témoignage Avec l’aide d’un premier témoin lucide, un psychologue, j’ai rompu avec ma famille toxique. j’ai été bannie et maudite. Les mois qui ont suivi ont été la période la plus horrible. j’avais peur des représailles et j’étais anéantie par la culpabilité, je ne dormais plus je ne mangeais plus j’avais perdu plus de 10 kg et presque tous mes cheveux A ce moment là, j’ai lu, relu, et relu encore tous les livres d’Alice Miller ; elle a un talent extraordinaire pour expliquer les fonctionnements de façon… Lire la suite »

Bernard
Bernard
23 mars 2013 16:04

La colère a toujours quelque chose à nous dire, parce qu’elle nous permet de secouer le joug qui nous a été imposé (ou que nous nous sommes mis, peut-être?) pour reconquérir notre dignité. Elle nous dit que non, nous ne sommes pas condamnés à la faiblesse, à la dépendance, au dénuement mais qu’au contraire, nous avons droit au respect et à la dignité, que nous avons le droit et même le devoir de nous défendre, de nous révolter, de dénoncer le mal et l’injustice et que nous avons droit à la réparation. Mais pour cela, nous ne pouvons rester seuls.… Lire la suite »

Léa
Léa
Répondre à  Bernard
12 novembre 2018 13:45

C’est très bien décrit. Effectivement, comme vous, les lectures ont été des alliées et le sont encore beaucoup. L’activité physique aussi pour ne pas sombrer. La compagnie d’animaux aussi. Des ami(e)s aussi, celles et ceux qui ont une oreille attentive et ne font pas aux autres ce qu’elles/ils n’aimeraient pas qu’on leur fasse. Il faut être bien entouré(e) pour avancer, revivre un peu au début. Après avoir changé d’environnement, sous l’impulsion d’une très sérieuse prise de conscience générale et de ma colère (et donc de ma haine, puisqu’elles ne s’excluent pas mais sont fortement corrélées dans les cas extrêmes comme… Lire la suite »

alya
alya
7 mars 2013 21:27

Bonsoir… le témoignage est boulversant, la réponse de monsieur peronet bienveillante et tellement vraie.. nos emotions etouffées nous etoufe jusqu’ a nous rendre etranger a nous meme… c’est apres une periode de grand desespoir , de souffrance que j’ai pu faire regarder s’exprimer ma colere… sans jamais cela ma permi de ne plus la diriger contre des inocents ni contre moi… j’ai exprimé mes emotions cela a mis du temps mais je regarde mes blessure avec compasion et respect elle ne me font plus souffrir……

Martine
Martine
4 mars 2013 14:31

Mais comment ? Comment se mettre en colère, après avoir été abusée sexuellement pendant la petite enfance par un propre parent ? Comment ? puisque plus rien ne sort en nous ? plus aucune émotion ? On vit cachée, on se cache derrière nos vêtements, on se cache derrière un pilier dans la cour de l’école à la récréation, on se cache à la maison, on n’entend plus rien, on ne voit plus rien, la nourriture est même dégueulasse, mais comment ? Comment se mettre en colère contre nos parents qui nous protège, des méchants loups qui rôdent au-dehors ?… Lire la suite »