Emotions et pensées

 

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CC BY-NC-SA 4.0 Emotions et pensées par Renaud Perronnet est sous Licence Creative Commons Internationale Attribution-Pas d'utilisation Commerciale-Partage à l'identique 4.0 .

11 réflexions au sujet de « Emotions et pensées »

    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Il ne s’agit pas de « ne plus croire en soi » Vanina mais (au contraire) de mettre en doute certains automatismes mentaux dont nous sommes les esclaves. De devenir le témoin éclairé de ces automatismes souvent mortifères afin – justement – de pouvoir croire en son vrai soi.
      Votre remarque vous montre à quel point vous vous identifiez à vos pensées.

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  1. Anne

    Bonjour,
    Je ne suis pas tout à fait d’accord avec votre approche; bien sûr que le regard que nous portons sur ce que nous vivons influence notre état émotionnel mais les évènements eux mêmes peuvent provoquer des “émotions directes” : plaisir de l’enfant qui reçoit un sourire ou un cadeau, tristesse à la perte d’un être cher etc..
    Bien sûr si l’on veut forcer le trait afin d’entrer dans votre raisonnement , il est toujours possible d’avancer que si pour moi tout cadeau est empoisonné “d’emblée” car relié à une expérience de tromperie par ex ou par une insincérité (je ne sais pas si ce mot existe !) ou si par une grande sagesse je me dis qu’après la tristesse vient le soleil, ou que toute épreuve est source d’apprentissage et de connaissance sur moi, je pourrais peut être à la limite vivre une perte de manière neutre ou positive. Mais tout de même vous m’accorderez que nous ne sommes pas tous habités par une grande sagesse et que parfois des évènements nous confrontent à des émotions ‘brutes” sans qu’il soit possible de les filtre par le biais de la pensée
    Dites moi ce que vous en pensez. Merci!

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    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Votre manière de formuler le dit, c’est bien parce que « cet être lui est cher » que l’enfant est triste, toutes les nombreuses morts du jour ne l’affectent pas. Et je vous assure que si l’enfant ne pense pas que ce cadeau correspond à quelque chose qu’il désire, il ne manifestera aucun plaisir à le recevoir. C’est donc bien ce que l’enfant se dit à propos d’une perte ou d’un cadeau qui va être la cause de son émotion de tristesse ou de joie.
      La pensée est le filtre à travers lequel nous interprétons les événements.
      C’est ainsi qu’une femme qui a – par exemple – perdu son mari, et qui pense que ça va être enfin l’occasion pour elle de retrouver sa liberté, peut devenir ce qu’on a appelé une « veuve joyeuse ». La perte d’un mari ne cause aucune émotion en soi, c’est la perte d’un mari que l’on pense aimer qui est cruelle.
      Les événements – en soi – ne sont pas cause d’émotion, l’annonce d’un tremblement de terre en Chine ne crée pas d’émotion, à moins que vous ne pensiez « ces pauvres gens », mais au moment où vous réalisez que votre fils bien aimé est justement en voyage en Chine, c’est encore autre chose.
      Les événements sont donc simplement pour nous l’occasion d’avoir des pensées qui sont la cause des émotions qui elles-mêmes sont la cause de nouveaux événements et ainsi de suite.
      Dans l’état de sommeil profond vous n’avez pas de pensées, donc pas d’émotions. Une personne dépressive est dépressive à cause de ses pensées négatives sur elle-même et sur les autres, elle est donc la proie d’émotions qui l’accablent mais elle n’a pas d’émotions quand elle dort d’un sommeil profond, c’est même ainsi qu’elle se régénère.
      L’important c’est de comprendre que c’est ce que vous faites des événements (à travers vos conditionnements) qui détermine votre monde émotionnel. Donc si vous voulez avoir une autre relation aux événements qui vous arrivent, vous pouvez observer de beaucoup plus près les conditionnements qui sont les vôtres, ce sont eux qui vous forcent à réagir émotionnellement d’une certaine façon. C’est justement ce travail-là qu’il est possible de faire dans une relation thérapeutique.
      Par exemple, si vous êtes la proie de la croyance d’être une mauvaise fille quand vous mettez une limite au comportement dysfonctionnel de votre vieille mère, vous ne mettrez jamais cette limite et cela à cause de votre émotion de culpabilité issue de votre fausse croyance. Et c’est au fur et à mesure d’un travail thérapeutique bien mené que vous pourrez par exemple découvrir qu’il est à la fois possible de mettre des limites à un comportement dysfonctionnel d’une vieille mère ET d’être en paix.

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  2. Barbara

    un praticien de médecine alternative m’a dit récemment… vous pensez trop, vous cultivez la frustration ;-), hihihi… … bon, de la à dire qu’il ne faut plus jamais réfléchir il y a un pas mais il est vrai qu’il y a des tas de pensées qui nous font plus de mal que de bien (genre.. tu aurais pu faire mieux… ) ou qui ne sont que des ruminations sans mener à aucune action mais mettent plein de poussière dans la vie (exemple: je ne lui pardonnerai jamais…)

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    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Je vous connais un tout petit peu Barbara et je suis complètement d’accord avec votre praticien. Ne confondez pas penser et réfléchir. La réflexion est noble car elle élabore pour nous permettre d’agir conformément à “ce qui est”, la pensée (du moins telle que je la définis ici), nous éloigne de l’être, elle est un simple automatisme que nous pouvons remettre en cause. Et vos exemples sont excellents !

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  3. Barbara

    Merci Renaud. Je crois avoir identifié “la” pensée/croyance majeure qui me cause tant de souci. Elle est si evidente et si presente depuis toute petite que je n’y fais meme plus attention et pourtant elle me cause bien des soucis. Elle est simple: “ils veulent se débarrasser de moi”. Dans le quotidien, elle va faire de moi une personne a tendance paranoiaque, je vais me méfier d’autrui, me replier, éviter l’autre, lui en vouloir, avoir mal.
    Bon, ok. Ceci est dit et présent.
    Maintenant j’essaie de regarder cette croyance automatique et me dire “mais enfin, est-ce vrai? as tu des éléments concrets qui te dit cela? “…je vais les imaginer, monter de petites choses en chantilly, le pire est que je vais éventuellement agir (par des mots, des attitudes…) pour qu’en fin de compte, exaspéré, l’autre me rejette. Si ca se passe au boulot c’est extremement grave. J’ai démissionné deux fois et suis partie en pensée des milliers de fois en pensant cela, et en ne pouvant plus supporter ma propre pensée “ils ne veulent pas de toi, alors pars…) .
    Je sais d’ou vient cette pensée, comment elle a été alimentée par l’enfance, les histoires parentales, les évenements de vie. Elle m’empêche de me lier aux autres et d’avoir une vie sociale riche et amusante…
    Mais elle est (et sera?) toujours la… J’apprends a parler à cette émotion et la petite fille qui a peur “qu’on la perde” pour trouver moi-même du reconfort, j’arrive à ne pas régir tout de suite, a effacer le mail desastreux… mais… ca ne guérit pas… elle n’est jamais pleinement rassurée et c’est comme si avec l’âge ca devenait de plus en plus sensible au lieu de, au contraire, cicatriser et être apaisé. la moindre anicroche et ça prend une ampleur intérieure assez tsunamienne… je concois bien (reflexion!) le transfert… la névrose… le refoulement de la detresse enfantine… mais
    Comment puis-je aller plus loin?
    Quel est ce besoin que je n’arrive pas à combler enfin?
    d’etre prise dans des bras et trouver un refuge rassurant est la seule pensée qui me vient alors… bon, ou est-ce que je loue un gros nounours (pas besoin j’ai plein de doudous dont une chatonne mega caline, mais pourtant, flute, ca semble ne pas suffire… argh… )?
    de simplement prendre le temps d’aceuillir cette douleur et l’entendre et la laisser passer?
    de regarder plus précisemment et avec la plus grande objectivité possible comment se déroule un echange, une relation, qui va m’amener à penser de telles choses et finir par “tout casser”? pour voir ou j’aurais pu faire cesser la pensée des sa naissance (si j’ose dire), avant qu’elle ne devienne trop envahissante?
    je pédale dans la semoule à ce stade de mes reflexions et ressentis… (mais j’aime le couscous, je vais y arriver, rire)

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    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Je crois que si vous « identifiez » vraiment un mécanisme, vous n’êtes plus entrain de vous demander « mais enfin est-ce vrai ? » Tout cela pour vous dire qu’il vous faut agir avec rigueur. Il ne s’agit plus « d’imaginer » mais de « constater les choses telles qu’elles sont ».
      Comme vous l’exprimez vous même, vous êtes à ce moment non pas entrain de plaisanter légèrement (comme il est agréable de le faire à certains moments de la vie), mais entrain d’évaluer le mécanisme auquel vous êtes soumise depuis fort longtemps et qui vous contraint contre vous-même, ce n’est donc pas une petite affaire et cela va vous demander de mobiliser toute votre perspicacité, tous vos talents, une certaine gravité aussi.
      Ce n’est pas parce que vous connaissez la provenance d’un mécanisme que vous en êtes libre. Comme vous le pressentez il y a fort à parier que ce mécanisme soit encore présent en vous pendant longtemps mais ce n’est pas un problème puisqu’il ne s’agit pas de l’éradiquer mais d’apprendre à ne plus lui obéir. Reconnaitre aussi en vous que c’est la petite fille qui a peur sans pour autant vous identifier à cette petite fille puisque vous n’êtes plus cette petite fille.
      Donc voir que la petite fille n’a pas besoin d’être pleinement rassurée, dédramatiser ce besoin qu’à la petite fille d’être rassurée. A vouloir louer de gros nounours vous ne faites que la conforter dans ses besoins. Je préfère en effet « simplement prendre le temps d’accueillir cette douleur et l’entendre et la laisser passer. »
      (Voir à ce sujet mon article : L’identification à l’enfant intérieur qui tente d’expliquer cela.)
      Dernier point. Si vous avez l’impression de « pédaler dans la semoule » c’est simplement parce que vous restez au stade de la pensée, au stade de « vous dire à vous même ce que vous devez faire » ce qui est différent de le faire réellement, de l’entreprendre et de le vivre. Une fois encore il ne s’agit pas de penser à pratiquer quelque chose mais de pratiquer vraiment donc de quitter la pensée pour rentrer dans le faire.

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  4. Barbara

    je me rappelle soudain d’une psy me disant “il y a trop de monde dans votre tête”.. maintenant, je comprends, trop de voix des autres avec leurs injonctions propres, ces pensées qui sont générées par notre cerveau bien sur mais qui ne sont pas initialement les nôtres… les “il faut”, “sois”, “tu devrais”… voire “tu es” et “tu n’es pas” (eu lieu de je suis et je ne suis pas)… ouh ca fait peur quand même de prendre conscience de cette “emprise” (on dirait Possession dans un fil d’horreur non?)

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  5. Barbara

    Merci Renaud oui je comprends bien l’idée de passer de la réflexion à la pratique. Je crois que j’ai commencé, il y a des situations plus faciles à gérer que d’autres mais je vais continuer à “m’entrainer”. A bientôt.

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