Comment gérer le désespoir d’une femme qui vient de perdre sa mère ?

LE TRAVAIL DE NUIT D’UNE AIDE SOIGNANTE

« Les personnes qui travaillent dans les professions médicales sont vraiment celles qui aident le plus l’humanité et je leur voue une grande admiration. »

Dalaï-Lama.

Question de Martine :

Aide Soignante.

« Alors, c’est ça la mort ? Il n’y a plus rien, après ? »

Ce sont les cris d’une fille qui vient de perdre sa maman cette nuit.

Je n’ai pas pu lui répondre, j’ai gardé le silence.

D’autant plus que la maman, je ne la connaissais pas puisqu’elle était arrivé dans le service le matin même. C’était un transfert du service pneumologie, elle était arrivée chez nous, mourante.

La fille ne comprenait pas pourquoi on avait changé sa maman de service, alors qu’elle était au plus mal ! Je n’ai rien fait d’autre, que de lui donner raison. Pourquoi ?

Elle criait dans le couloir, elle criait au pied de la porte de la chambre, elle disait, en regardant sa maman morte, en la regardant de loin : « Ce n’est pas elle ! Ce n’est pas ma maman ! »

Nous étions toutes les deux sur le pas de la porte, la fille s’assoit sur une chaise et, là, j’ai caressé ses mains, sentant qu’elle ne me repoussait pas je lui ai fait une bise sur son front et je l’ai serrée très fort dans mes bras.

La fille refuse toujours de s’approcher de sa maman, et veut ranger les affaires personnelles de celle-ci dans son sac. Elle me demande d’aller chercher la trousse de toilette qui est restée sur la table de nuit. Elle ne veut pas s’approcher de sa maman morte !

Je me propose de l’aider, elle accepte.

En m’approchant tout près de la table de nuit, je dis à la fille : « Elle repose votre maman, elle ne souffre plus. »

Je pose en même temps une main sur le front de la morte, « Vous pouvez lui dire au revoir, vous pouvez lui faire une bise sur son front. »

La fille semble plus calme et me demande : « Elle n’est pas trop froide ! » Je lui réponds : « Non, elle n’est pas froide. »

Je caresse le visage de la morte, comme si je voulais la réchauffer, le temps d’une bise, le temps que sa fille, lui dise au revoir.

Doucement, la fille s’approche du petit lit blanc, timidement elle fait une bise sur le front de sa maman.

Je suis avec elle et je pose tendrement ma main sur la sienne, en même temps, elle attrape le visage de sa maman, elle l’enlace très fort et lui dit « Adieu. »

Maintenant, la fille pleure sur le visage de sa maman et avec ma main, tendrement, je les réchauffe toutes les deux.

Voilà, c’est mon travail de la nuit, mais cela, personne ne le voit, puisque je suis toute seule dans la chambre avec la morte et la fille.

Parfois je suis très fatiguée.

En écrivant, mon récit, je me pose des questions maintenant.

Est ce que, je suis normale ?

Je voudrais seulement, savoir si je suis normale ?

Ma réponse :

Quand quelqu’un que nous aimons nous quitte momentanément pour aller faire une course, nous ne nous sentons pas démunis car nous continuons de faire exister la personne que nous aimons à « l’intérieur » de nous, dans notre cœur.

Mais quand quelqu’un que nous aimons nous quitte définitivement, parce qu’il est mort, nous nous sentons le plus souvent démunis et – dans notre détresse – nous nous y prenons comme si parce que la personne que nous aimons n’existe plus « à l’extérieur », elle n’existe plus non plus « à l’intérieur », dans notre cœur.

C’est ainsi qu’une fille désespérée par la mort soudaine de sa mère s’écrie, confondant « l’intérieur » (son amour pour elle) et « l’extérieur » (son besoin qu’elle ne la quitte pas) : « Alors, c’est ça la mort ? Il n’y a plus rien, après ? »

L’émotion de détresse et de désespoir causée par l’irrémédiable et l’inéluctable, nous coupe de notre amour pour l’autre et nous condamne à la solitude, tragique solitude de celui qui en oublie de se relier par l’amour. Dans un tel contexte, nous pouvons être réduits à penser que tout est fini et qu’il n’y a plus rien après, que la souffrance et le vide de notre solitude.

Parce que le désespoir ne se raisonne pas et que vous l’avez senti, quand vous vous êtes retrouvée face à : « Alors, c’est ça la mort ? Il n’y a plus rien, après ? », vous avez accueilli l’émotion de désespoir de l’aidé en lui répondant avec tact, par votre silence.

Au paroxysme de la souffrance, s’est rajouté le trouble de l’incompréhension : « Pourquoi a-t-on changé maman de service alors qu’elle était au plus mal ? » Votre risque était de « combler le vide » laissé par l’aidé par une réponse déplacée (il faut que vous compreniez que…), là encore, vous n’avez pas cédé à la tentation, vous avez simplement accompagné son « Pourquoi ? » en vous sentant solidaire de sa question.

Quand dans une relation d’aide, nous ne savons pas quoi répondre (parce que ce n’est pas à nous de répondre ou tout simplement parce que nous ne connaissons pas la réponse), il nous est toujours possible d’accueillir la question, c’est-à-dire faire sentir à l’autre que nous sommes tout à fait d’accord pour qu’il la pose. Condition nécessaire pour qu’il se sente accueilli par nous.

Se sentant accueillie par vous, cette personne a donné libre cours à son émotion, elle regardait sa propre mère en criant, en disant que ce n’était pas sa mère. Quand la souffrance est trop forte, le déni – momentanément – peut nous aider à ne pas « trop » souffrir.

Et vous l’accompagnez en restant avec elle « là où elle est », sur le pas de la porte, dans un entre deux mondes plus supportable. Vous risquez le contact en caressant ses mains, vous sentez qu’elle le permet et vous vous enhardissez, toujours en silence, vous l’embrassez pudiquement sur le front et la serrez dans vos bras.

L’empathie est comme une danse à deux, c’est parce que vous percevez nettement que l’aidé vous donne son consentement que vous vous permettez de vous en rapprocher. (Nous sommes bien loin de la réaction émotionnelle de pitié qui trop occupée par elle-même, ne parvient pas à prendre l’autre en compte.)

Vous vous sentez « au service », à l’exacte mesure du besoin de l’autre. L’accompagnant – au début – n’initie pas, il se contente de répondre à l’initiative de l’aidé. Ici la fille a peur, vous le sentez et parce que vous le sentez vous êtes totalement disponible pour aller chercher la trousse de toilette qui est restée près de la morte. Puis, la danse (avec la vie) continue, vous concluez un accord avec la fille qui se sentant respectée et écoutée accepte votre aide.

Vous prenez l’initiative de vous rapprocher personnellement de la morte, loin de vous les paroles maladroites de réconfort qui ne pourraient être que mal perçues, juste l’écho du réel, de la vérité : cela s’appelle la mort et dans la mort il est vrai, la souffrance est finie.

Alors vous osez, vous osez lui proposer ce qu’elle va peut-être pouvoir faire (pas ce qu’elle doit faire), parce que vous savez que cela l’aidera infiniment à faire son deuil, (c’est-à-dire à être un jour en paix avec la mort de sa mère), vous lui proposez de faire le plus beau cadeau que l’on puisse faire à quelqu’un qui part (comme à celui qui reste) : lui dire « au revoir », l’embrasser une dernière fois et vous l’encouragez à passer à l’acte en osant le faire vous-même : vous posez la main sur le front de la morte.

La fille, dites-vous, « semble plus calme ». La confiance œuvre, une ouverture s’accomplit, au cœur de votre relation à trois, elle accepte, vous lui permettez de s’ouvrir ici et maintenant (par delà sa peur de la froideur) aux sentiments qui sont les siens pour sa mère. Sa vie durant, (et voilà quelque chose d’extrêmement précieux qui à été rendu possible à travers votre participation), elle se souviendra qu’elle a pu dire « adieu » et embrasser sa propre mère au moment de son départ, au moment où elle était encore chaude. Rien de macabre là-dedans, juste de « l’amour permis » qui aidera cette personne à continuer à faire vivre sa mère au-dedans d’elle (à l’intérieur) pour toujours.

Comprenez que vous avez été le lien entre ces deux personnes qui ont failli se perdre, se séparer à cause de la souffrance et du refus de la mort.

Le plus grand service qu’on puisse rendre à un être humain, c’est de l’aider à naître et à mourir et cela passe par lui permettre d’accepter la mort des autres et plus particulièrement de ceux qui lui sont chers. (C’est parce que nous serons en paix avec la mort de ceux qui nous sont chers, que nous pourrons – peut-être – être en paix avec nous, à la veille de notre propre mort. Plus de colère ni de regrets, juste l’acceptation de la vie « telle qu’elle a été. » Quel départ en beauté !)

Cette nuit là, vous étiez une passeuse de vie anonyme, (et une passeuse de vie accompagne aussi à la mort de l’autre), comme vous le dites « personne ne vous voit », pas de reconnaissance pas de gratitude, juste votre présence, dans le silence de la nuit.

Alors vous vous ouvrez à ce qui a été permis à travers vos actes et vos paroles, au cœur de l’intimité d’un humain dans sa relation à la mort de son parent.

© 2006 Renaud PERRONNET Tous droits réservés.

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53 réflexions au sujet de « Comment gérer le désespoir d’une femme qui vient de perdre sa mère ? »

  1. Cloé

    Comme vous l’avez formidablement fait, tout simplement.
    La mort fait partie intégrante de la vie, mais nous la refoulons au plus profond de notre inconscient pour supporter l’insupportable. Perdre un de ses parents est une épreuve particulière, son vécu, son enfance, sa relation, son attachement, son caractère sont tous des facteurs de réactions différents. Chaque être est unique, sa réaction aussi. Pas de paroles toutes faites, ni de gestes d’ailleurs. Chaque situation est particulière, différente, c’est pourquoi chaque relation d’aide est unique. D’ou la difficulté complexe de l’accompagnement de la personne et de ses proches.
    Où commence-t-elle ou s’arrête-t-elle ?
    Je n’ai pas la réponse mais ce que je sais, c’est ce que je fais à ce moment là, ce que je ressens au fond de moi. Je le vis alors avec ma sensibilité, mon caractère, mon vécu, mes lectures qui m’apportent alors une force pour aller aider l’autre. Sans idée préconçues, ni jugement mais simplement avec une sincérité qui est propre à chacun.
    Vous avez su répondre à l’attente inconsciente mais importante de cette femme. Dire au revoir à un être cher est important pour le travail de deuil, ne pas tomber dans le déni. Trouver les gestes, les paroles nécessaires pour qu’une relation vie-mort s’installe entre une mère et sa fille à un moment précis éphémère est merveilleux. C’est le rêve de tout soignant, être utile à l’autre. Ne pas perdre pied, non plus, est important, avoir du recul et de l’objectivité pour mieux se trouver et aider celle qui souffre.
    Prendre le temps d’écouter l’autre, lui permettre de se « vider » de ses peurs, angoisses est formidable, vous l’avez bien décrit et fait.
    A la question suis je normale, je répondrais : qu’est-ce que la normalité ?
    Etre bien rangée, dans une catégorie avec des mots et des attentions toutes prêtes, sans surprise ou alors être soi, sortir des sentiers battus et avoir une sensibilisé qui permet une relation d’aide exceptionnelle, humaine, chaleureuse et rassurante ?

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    1. françois

      Bonjour, nous n’avons plus notre Maman depuis 30 jours déjà elle est décédé dans une polyclinique à Aix en pce dans des conditions extrêmes de delaissement des infirmières et aides soignantes sans humanité, jamais une fois nous avons vu un medecin reanimateur parler à là malade nous l’avons accompagné jusqu’à son dernier souffle. Nous n’avons. pas eu un mot humain. Non un infirmier est venu arrêter le respirateur des que l’appareil à sonné. Le reanimateur a enlevé la tracheo sans aucune délicatesse puis il a pris une eguille qu’il a tordu pour coudre le trou béant. Je leur en veut terriblement. Ils entre horribles, et ça continu.

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      1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

        Oui, je ressens bien combien votre ressentiment est un obstacle à un possible apaisement. Mais par-delà ces relations si peu humaines, pouvez-vous vous tourner vers votre mère pour lui dire ce qu’au fond de vous-même vous ressentez de lui dire ?

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  2. Martine

    Profession : Aide Soignante

    Merci de votre réponse, merci à Cloé, merci à Brigitte, vos interventions me vont droit au cœur, je suis très émue et rassurée.
    De nos jours, les « Usines » ferment, et les « Hôpitaux malades » se remplissent de personnes malades du « Cancer ». Bien sûr ces personnes malades ont besoin de soins de confort, mais elles ont besoin aussi de sentir que nous sommes là, à leur écoute. Je n’ai pas peur de m’approcher de ces personnes malades et, dans le service, je vis avec elles, je suis au service de l’autre ; évidemment en restant dans la limite de mes compétences.
    J’accompagne ces personnes malades et j’accompagne aussi leurs familles, je leur ouvre mon cœur et je les accueille parce qu’elles ont besoin d’APPRENDRE et elles ont besoin de se RECREER.
    Pour moi, c’est une nouvelle approche du Soin à l’hôpital.
    Pas besoin de grandes études pour apprendre tout cela, il suffit tout simplement d’être HUMAIN.

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  3. Brigitte

    Vous vous demandez si vous êtes normale. J’ai envie de vous répondre ceci : j’espère de tout mon cœur rencontrer une aide-soignante qui pourra me prendre en charge avec autant de respect et d’amour lorsque le moment arrivera pour moi de vivre la mort de ma maman. Et c’est ce que je souhaite aussi pour mes filles quand leur tour sera venu de me dire adieu.
    A la lecture de votre message j’ai ressenti une immense gratitude pour vous.

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  4. Elisa

    Je vais bientôt avoir 24 ans et ma maman est décédée il y a près d’une semaine suite à un cancer. Je serais éternellement reconnaissante à l’aide soignante qui m’a soutenue ces derniers mois. Son regard, son sourire et ses mots m’apaisaient et m’aidaient à mieux me préparer à l’échéance. Je me souviens qu’elle tenait les mains de ma maman qui lui disait « merci de vous occuper si bien de moi ». Aujourd’hui ma maman n’est plus, je suis envahi par le chagrin et souvent je pense à cette dame qui m’a tellement réchauffé le coeur.
    Et à travers ce mot, je veux encore lui dire merci.

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  5. Marie-Laure

    Je suis issus de famille nombreuse et ça fais du bien de pouvoir se parler, moi j’ai perdu ma mère l’année dernière mais je ne savais pas ce qu’étais la mort d’un proche, j’ignorai et ma mère était tellement dure de caractère, elle était envahissante, toujours derrière moi, car j’étais sa seule fille, j’ai pas compris sur le coup, encore aujourd’hui puisqu’elle à toujours été là, elle m’a mise au monde, m’a guidé, m’a faite, me prenait même le choux (elles sont là pour ça) mais je pleure beaucoup encore en cachette car je peux pas me retenir, et je suis sur les nerfs car il faut que je réaprenne à vivre sans elle, à prendre mes déçision sans elle alors que lui confiait tout d’habitude, c’est difficile de faire son deuil mais on m’a dis qu’il fallait environ 18 mois pour faire son deuil, si au dela ça ne va pas mieux il faut se faire aider, mais je voulais dire que perdre sa mère c’est perdre une partie de sois, j’en suis sure car depuis je me sens moins forte merci de m’avoir écouter.

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  6. Renaud Perronnet Auteur de l’article

    Oui Marie-Laure, c’est bien difficile de perdre une mère, c’est difficile de faire le deuil d’une personne à laquelle on est attaché. En fait vous avez perdu la mère qui est à l’extérieur de vous, mais la mère qui est à l’intérieur de vous, vous pouvez continuer de lui parler et de la sentir (avec votre coeur.) Et plus vous vous autoriserez à le faire, comme plus vous vous autoriserez à accepter votre tristesse et vos larmes, plus vous sentirez, peu à peu, la vie revenir en vous.

    Christian Bobin écrivait : « Il y a une heure où, pour chacun de nous, la connaissance inconsolable entre dans notre âme et la déchire. C’est dans la lumière de cette heure-là, qu’elle soit déjà venue ou non, que nous devrions tous nous parler, nous aimer et même le plus possible rire ensemble. » Et là, vous aurez accepté vie « totale », avec la naissance et la mort.

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  7. Marie

    Depuis quarante ans je pleure ma mère adorée, en faire le deuil c’est impossible et même ridicule a laisser supposer, la seule chose que j’ai pu faire durant tout ce temps de souffrance c’est de lui parler et l’invoquer car j’ai toujours pensé qu’elle n’avait pu m’abandonner même dans l’au de là car elle m’aimait et continuerait à me protéger.

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  8. Renaud Perronnet Auteur de l’article

    Je suis d’accord avec vous, puisque votre chère mère vous aimait, elle n’a pas pu vous « abandonner ». Donc la meilleure façon de l’aimer à votre tour, c’est de la laisser partir, là où elle doit aller, en lui souhaitant de tout votre cœur « Bon voyage. »

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  9. Laetitia

    Moi aussi je viens de perdre ma petite maman il y a 15 jours. J’ai 34 ans et deux enfants et depuis quelle es partie j’aie mal je souffre et pourtant j’ai la chance de lui dire au revoir et de l’acompagner ses derniers moments de vie je lui es tenue la main jusqu’au bout et j’essayais de l’apaiser de lui dire quelle ne s’inquiete pas pour mes enfants et moi car elle etait tres proche de ses petits enfants. Mais ses extremement douloureux d’aider sa mere a mourir alors que je n’en avait pas envie je voulais la garder pres de moi pour toujours. Maintenant j’essaye de tenir ma promesse et de continuer de vivre comme elle l’aurait souhaitée. Une pensée a toute celle qui on perdue leur maman et devienne adulte.

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  10. Valérie

    Profession : Mère au foyer
    Ville : Compiègne
    Pays : France

    Moi j’ai perdu ma mère le 24 janvier 07, elle est décédée dans mes bras après de longue souffrance du a un cancer du pancréas. J’en veux beaucoup a cette maladie d’avoir pris ma p’tit maman. J’arrive pas faire son deuil. Ma mère a fait don de son corps à la médecine, donc pas d’enterrement, j’ai été seule à la morgue, la scène était insoutenable, à l’hôpital il nous avais promis à mon père et à moi qu’il allais la préparer, la laver et l’habiller, ils n’ont rien fait. La dernière image de ma mère est celle de sa souffrance à l’hôpital, de son décès dans mes bras et la morgue. Mon père et moi nous n’avons pas eu la chance d’être soutenu part le personnel. J’ai toujours pas réussi à faire le deuil de ma mère chaque 24 de chaque mois je pleure, dans un mois c’est les fête de fin d’année et les faire sans elle sera très dur, le mois de décembre est pour moi le mois que je redoute le 15 c’est son anniversaire, le 20 l’anniversaire de ma dernière et c’est ma mère qui l’a mise au monde, et couper le cordon, le 24 le repas familial cette année avec une chaise vide pour moi c’est dur. Mon père c’est pareil ce laisse mourir ne veux plus se soigner depuis que ma mère est parti, elle a laisser un très grand vide en moi comme si une partie de moi est mort avec elle. Même écrire là maintenant est dur, les larmes me coulent, je ne sais pas si un jours j’arriverais à faire mon deuil.

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  11. Renaud Perronnet Auteur de l’article

    Oui Valérie c’est dur, vous aimiez, vous aimez votre mère et ne plus pouvoir être en contact avec son corps physique est très dur pour vous. D’autant plus qu’il ne vous a pas été possible de la voir une dernière fois « en paix », de garder une dernière image d’elle sereine. Et vous me dites que ça a été son désir à elle de faire cadeau de son corps à la science. Pouvez-vous la rejoindre – de tout votre cœur – dans ce dernier désir ? Sentir que le respect de ce dernier souhait de votre mère est le dernier cadeau que vous lui avez fait, même si – par ailleurs – ce cadeau vous a empêché de rendre un dernier hommage à son corps physique ?

    Vous vous demandez si vous arriverez à faire votre deuil. Cela dépendra de la manière dont vous parviendrez à la laisser vivante dans votre cœur. Son corps physique n’est plus mais sa présence est-elle vivante ? Vous reliez-vous à elle ? Lui parlez-vous ? Voudriez-vous envisager la possibilité d’être en paix avec elle alors qu’elle est dans ce « nouvel état » ? Votre mère n’existe plus à l’extérieur, elle ne peut exister pour vous qu’à l’intérieur de vous. Les dates anniversaires sont souvent les moyens que nous utilisons pour regretter une présence physique plutôt que pour nous rapprocher d’une présence intérieure qui nous est si douce. Pourquoi ?

    Lui ouvrir votre cœur c’est aussi pouvoir lui dire : « Maman, tu es morte, moi, je reste encore un peu en vie et puis je mourrai à mon tour. » Et peut-être découvrir que les morts font partie de la vie, que la mort fait partie de la vie. Quand une mère met un enfant au monde, on dit qu’elle lui a donné la vie… et on oublie qu’au même moment, elle lui a aussi donné la mort. Votre mère était une amie de la vie, c’est elle – me faites-vous remarquer – qui a mis votre dernier enfant au monde et qui a coupé son cordon. En faisant cela, elle se reliait à la grande fête de la vie : la succession des naissances et des morts.

    Sentir cela, c’est se souvenir de notre condition impermanente et cela est une grande aide pour nous permettre d’accepter les « départs » qui ne sont que l’autre face des « arrivées ». Il ne peut pas y avoir d’arrivée sans départ. Les portes d’entrée sont aussi des portes de sortie et, un jour, à notre heure, chacun de nous les emprunterons, comme votre maman l’a fait, dans l’autre sens.

    Vous pouvez, en osant vous ouvrir à la totalité de la vie (arrivée et départ), découvrir que malgré la mort, vous n’êtes pas séparée d’elle. Là, vous serez en paix avec elle et cette paix, je vous l’affirme est possible.

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  12. Nadia

    J’ai tout perdu mon enfance ma jeunesse.. à cause du décès de mes parents.. à 7 ans j’ai perdu mon papa.. Je n’ai pas fait son deuil jusqu’à présent et là à 27 ans je viens de perdre l’être que j’ai le plus cher dans ce monde ma si chère maman m’a quitté le 15 juin 2007 suite à une hémorragie cérébrale.. maman avait 58 ans.. Je savais k elle allait nous quitter car elle était hémiplégique suite à un accident vasculaire cérébrale en 2005.. Mais plus le temps passait plus je m’attachais a elle.. Je n’ai même pas pu lui dire adieu car elle est tombée dans le coma profond.. Je trouve tout cela injuste.. J’ai appris sa mort à l’hôpital on m’a tout simplement dit « votre maman est morte !! » je me souviens encore de mes cris, mes larmes.. Je ne pouvais pas accepter son départ malgré k elle souffrait… Je suis partie la voir à la morgue et j’ai regretté de l’avoir fait.. Toutes les nuits je fais des cauchemars de ces images.. Je n’ai plus envie de vivre.. Maman était tout pour moi.. Elle me manque tant.

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  13. Renaud Perronnet Auteur de l’article

    Oui Nadia, plus un être humain est dans la confusion entre lui et ses parents, plus il souffrira de la perte de ses parents. Que signifie « être dans la confusion » ? Cela ne signifie pas « aimer » mais ne pas savoir véritablement quelle différence il y a entre lui et eux.

    Vos parents ne semblent pas vous avoir permis d’être « vous-même », d’autant plus que votre père est mort alors que vous n’aviez que 7 ans, vous avez donc grandi sur la base de ce « manque ». Votre relation confusionnelle ne vous a pas permis d’exister « par vous-même » et aujourd’hui, vous vous retrouvez désespérément seule alors que votre mère à son tour « part ».

    Je vous invite à lire et à relire le début de mon article intitulé « Le travail de deuil ».

    Aimer, c’est « laisser partir » celui qui part mais ce n’est certainement pas audible pour vous si votre besoin personnel d’attachement est plus fort que votre sentiment d’amour pour eux.

    Ce qui fait partir les aînés avant qu’à notre tour nous ne partions est éternel, cela s’appelle la « loi de la vie », plus vous y résistez, plus vous serez malheureuse, par contre si vous osez la considérer et vous y soumettre, il est possible que vous soyez heureuse en gardant le souvenir éternel de ceux que vous aimez, au fond de votre cœur. Mais cela n’est possible que si vous les « laissez partir. » Pour cela vous pouvez peut-être comprendre que si votre mère vous « manque tant », cela parle plus de votre besoin d’amour que de votre envie de lui donner à elle.

    Ce « travail de deuil » est long et difficile mais il est possible, si vous ne parvenez pas à le faire seule, pourquoi ne vous feriez-vous pas aider par un thérapeute ? Vous avez manifestement besoin d’exprimer et de vous sentir écoutée dans votre immense sentiment d’abandon.

    Répondre
  14. Nadia

    Je tiens à vous remercier infiniment de m’avoir répondu, ça ma fait beaucoup de bien de lire vos conseils et l’article sur le deuil… Je pense que vous avez raison et que je dois faire une thérapie car je suis envahie d’une tristesse profonde…
    Encore une fois merci du fond de mon coeur de m’avoir écoutée, j’en avais tant besoin.

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  15. Murielle

    Ville : St. Brieuc
    Pays : France

    Je viens de perdre ma maman que j’aime elle avait 59 ans il y 15 jours aussi du cancer, j’ai passé les 15 derniers avec elle à l’hôpital pour l’accompagner, je la vois me sourire, me toucher et me prendre dans ses bras pour me dire au revoir. Je n’arrive pas à me consoler, il n’y a pas un jour ou je ne pleure pas tellement mon chagrin est immense. Je m’énerve sur mon mari ainsi que sur mes enfants pourtant, je sais que je leur fait du mal. J’ai perdu déjà ma soeur et mon père il y a 16 ans je n’ai plus de famille, il ne reste plus que moi.
    Je voudrais avoir de l’aide SVP.

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    1. DOURNEL

      BONJOUR en voyant se message sa ma fait penser beaucoup a moi car j ai perdu ma maman l le 22 janvier 2008 je ne me suis toujour pas remise et comme beaucoup de personne je n ai pu lui dire que je l aimais elle me manque terriblement je n ai que 34 ans je mettais rattacher a mon papa et malheureusement se 1 janvier 2010 mon papa et partie rejoindre maman en 2 ans j ai tout perdu je ne suis pas d une grande aide mais j ai besoin dans parler beaucoup il nous faut beaucoup de courage les gens qui ne sont pas passer par la ne peuve pas nous compendre je te dit accroche toi a ton mari et a tais enfants ils ont besoin de toi .

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      1. nathalie

        moi aussi j’ai perdu ma maman le 21 mai 2010 et je comprend votre douleur j’ai 38 ans et je suis marié et j’ai 3 enfants j’en es voulu a la terre entière du départ de ma mère mais je sais tant bien que mal que les autres n’y pouvait rien j’ai énormément de chagrin mais je ne le fait pas voire tout es a l’intérieur de moi il m’arrive de regarder sa photo et de me mettre a pleurer ces horrible de perdre un être cher une maman on as en qu’une je n’es pas vue mon père depuis maintenant presque 15 ans et j’ai qu’un frère qui lui ne réalise pas le départ de notre mère je me raccroche a mon marie et mes enfants et a ma seule amie Sylvie qui es elle aussi passer par la se sont les seules qui me donne la force et le courage d’avancée. Accrochée vous a tout ceux qui vous aiment et vous verrez sa fait du bien notre chagrin et notre peine seront toujours présents et sa nous n’y pouvons rien.

        Répondre
        1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

          Notre chagrin et notre peine seront toujours présents si nous nous agrippons a notre refus d’accepter que ceux que nous aimons partent.
          Si – par amour – nous les laissons partir, nous pouvons les « porter dans notre cœur » et être heureux.

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  16. Eloise

    Profession : Etudiante

    J’ai perdu ma mère en août 2007 du cancer du sein… elle avait 50 ans …. cela faisait au moins 7 ans que sa maladie avait été déclaré, ablation du sein chimio, elle a eu le droit a tout et pourtant sa n’a pas suffit, d’année en année je voyais son état se détériorer…. et les deux dernières années de sa vie je me suis rapproché d’elle, beaucoup rapproché… elle ne pouvait + marcher, perdait la tête, mon père l’amenait de plus en plus en vacance avec lui… la dernière fois ou je l’ai eu bien elle était avec lui et je lui annonçait que j’avais eu mon bac… Quand elle est rentré elle avait des convulsions et disait n’importe quoi… quand elle est parti a l’hôpital, même si elle avait déjà fait plusieurs séjour la bas, j’ai senti que c’était son dernier voyage… je l’ai prise dan mes bras et lui est dit « meurt pas maman meurt pas !! » on l’a placé en soin palliatif je ne l’ai vu que 2 fois la bas…. et ce n’était plus elle… bourrée de morphine … on est partis en vacance sans elle et elle croyait quelle allait nous rejoindre…. mon père est resté avec elle et on l’a revu pour la dernière fois avec mon frère et ma soeur je me rapercher toujours de mon voyage en train… je savais que se serait la dernière fois que je la verrai…. sa me faisait peur… chaque jours j’avais l’angoisse de la perdre et la c’était la dernière fois que je la verrai…. j’ai été profondément choqué…. elle n’était presque plus humaine et voulais pas qu’on reste longes… elle a dit a mon père de bien s’occuper de nous et on est reparti avec mon frère en vacance…. elle est tombé dan le coma peu après et est décédé kan on a été encore dans le Sud… mon père lui même n’a pas pu la voir… pris dans les bouchons… En rentrant, j’ai vu son corps, reposant dans un cercueil… on aurait dit qu’elle dormait, comme elle le faisait souvent, c’est ma dernière image d’elle… sa famille été la et ils mon tous serré très fort… je sui physiquement le sosie de ma mère et je savais que sa leur faisaient mal de me voir…. surtout a ses parents et oncles….. même maintenant ils me prennent pour elle … Je pleur encore en cachette mais d’un coté je me sens soulagé… libéré…. je n’ai plus a m’inquiété pour elle car je sais qu’elle ne souffre plus… je me suis pas mal rapproché de mon frère de mes amis, je sui plus ouverte, je sors plus… mais sa ne va pas, j’ai l’impression d’être une intrus dans ma famille a des moment… seul elle me comprenait vraiment… il n’y a qu’a elle que je racontai tout sans tabou… il n’y a pas longtemps encore j’ai cru que tout sa été un cauchemar.. qu’elle était simplement parti a l’hôpital pendant quelque mois… quand je vois ses photos je vois une sorte de barrière, de flou que je ne pourrai plus jamais enlever… parfois j’aimerais quelle vienne me chercher… mai je ne me rappel + des bons moment, juste des mauvais comme ses derniers jours ou ses cri quand elle tombai…. je sais que tout sa va passé mai je ne supporte pas de devoir me retrouver seul avec mon père et mon frère ! je veux m’éloigner d’eux vivre ma vie… mais d’un coté je sui encore assez jeune et je n’en est pas l’utilité et d’un autre tout les 2 ne veulent pas…. quand je sui avec mon père seul l’atmosphère est souvent pesante et je fui quand mon père se met a pleuré… je n’ai jamais été vraiment proche de lui et la je me trouve obligé de l’être même s’il par souvent pendant parfois des semaines entière… mais je me sens mieux quand je sui seul avec mon frère ou sans personne…

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  17. Sophie

    Ville : Finistère
    Pays : France

    J’ai perdue ma maman le 17 janvier 2007 après qu’elle est passée 3 mois a l’hôpital, tous les jours j’étais avec elle mais elle est partie un matin, toute seule, je m’en voudrais toujours de ne pas avoir été là, elle est partie toute seule et pour moi c’est insupportable ! je n’ai pas pu lui dire ce que j aurais du lui dire depuis longtemps, que je l’aimais, c’est atroce de vivre ça, je ne m en sortirais jamais, elle n’avais que 60 ans ! c’est injuste, j’en veut au médecins qui pour moi n’ont rien fait pour sauver ma petite maman, je ne c est plus comment m’en sortir, je n’avais qu’elle car je ne vois plus mon père, j’ai mes deux soeurs mais ça ne me suffit pas, j’ai souvent envie d’aller rejoindre ma petite maman qui me manque tant et pour qui je pleure chaque jours.

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  18. Martine

    Profession : Aide Soignante

    Pleurez, pleurez, accueillez vos émotions, laisser le temps au temps. Perdre sa petite maman, c’est perdre tous nos points de repère : On en veut à la terre entière. Pourquoi ? Que vais-je faire ? Vers qui aller ? Où aller ? des tas de questions envahissent notre mental ! Mais un jour vos yeux s’éclairciront, et si vous avez besoin de dire « je t’aime » à votre petite maman, faites-le ! Ecrivez lui, envoyez ou pas votre lettre ! Il y a un proverbe Indien qui dit : « Les Mots se répandent dans l’Univers ».
    De tout coeur avec vous, dans ces durs moments, je me permets, je vous embrasse.

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  19. Valérie

    J’ai 42 ans maman est partie quand j’avais 20 ans et je ne cesse de penser à elle tous les jours. Je ne peux pas faire le deuil d’ailleurs qu’est ce que ça veut dire… On peut pas. C comme ça. J’ai moi même deux filles et un garçon mais elle me manque. Je ne comprends pas le monde féminin j’aurais tellement voulu parler avec elle. A 20 ans je vivais ma vie, elle elle étais mal. A la fois je me dis que je n’ai pas le droit de partir pour mes enfants et pourtant il y a un côté auto destruction chez moi comme si je voulais la retrouver. Pourtant je suis quelqu’un de très positive, pas dépressive, pas suicidaire. Mais bon je ne comprends pas quand on me dit faire le deuil on peut pas C clair.
    On doit vivre avec. Je me sens orpheline et se sera comme ça tout le temps. Qui pourrait me dire le contraire. Quand on perd sa mère on perd la moitié de soi. Je me sens rebelle, et je ne comprends pas les autres, je suis jalouse des autres filles qui ont encore leur maman. J’y peux rien mais ce n’est pas malveillant.

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  20. Renaud Perronnet Auteur de l’article

    Je suis d’accord avec vous, on doit « vivre avec » et il est possible de « vivre avec » de deux manières différentes : « Vivre avec » dans la nostalgie, le regret, le manque et le refus de la mort de l’autre ou « vivre avec » le cœur ouvert à l’amour de l’autre à travers son souvenir heureux.
    Faire son deuil, c’est intégrer la mort de l’autre, donc continuer de vivre ce qui nous reste à vivre plutôt que de gâcher le présent au nom de ce qui n’aurait pas dû (selon nous) se passer, alors même que cela s’est passé.
    Pour en savoir plus, je vous invite à lire mon article en cliquant sur : « Le travail de deuil ».

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  21. Annabel

    Moi aussi, je viens de perdre ma maman cet été, d’un cancer foudroyant. J’ai grandit dans l’angoisse de la perdre car elle même avait perdu sa maman d’un cancer alors qu’elle n’avait qu’une vingatine d’année et n’avait jamais fait le deuil. Elle m’avait transmit cette angoisse de l’abandon. Et voilà que les choses se répètent. J’ai 30 ans et pas encore d’enfants. C’est très dur de se dire qu’elle n’est plus là et de ne plus avoir son oreille attentive et ses bons conseils. Elle est dans mon coeur et me tient chaud mais c’est difficile.

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  22. Angélique

    Profession : Aide-Soignante
    Ville : Loyettes
    Pays : France

    Je suis aide soignante aussi… J’ai vécu les moments difficile à l’hopital à la mort de patients.. On en sais pas quoi dire, plus quoi faire.. On se sent inutile… Malheureusement aujourd’hui pour moi, je me retrouve à la place de la famille… Maman est entrain de mourir de son cancer… Dans quelques jours elle ne sera plus là… Ma vie s’effondre, maman est tout pour moi. J’ai 23 ans, ma soeur 17… Le plus dur reste a venir… Le vide, le gouffre qu’elle va laisser… Nous l’aimons tellement… Je ne sais pas ce que je vais devenir sans elle… Courage à vous tous en tout cas qui vivez l’une des choses les plus insurmontables de la vie : perdre l’être qu’on chérit le plus…

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  23. Martine

    Profession : Aide-Soignante

    D’accord avec vous c’est le vide le plus absolu ! Il n’y a rien à faire d’autre que de l’accepter ! Et quand çà fait mal, çà fait mal ! Quand j’ai perdu ma mère, je suis rentrée bien vite chez moi et je me suis mise à crier de toute mes forces, mon mari m’a serré bien fort dans ses bras et il m’a laissé faire. Je disais en quelque sorte au revoir à son corps, je me détachai de son enveloppe corporelle, je ne la verrai plus ! Je ne la toucherai plus, je ne la sentirai plus, bizarrement, je me suis sentie mieux après ; car je sais qu’elle sera toujours là, et restera toujours dans mon coeur. Bien avec vous dans ces durs moments.

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  24. Amandine

    Profession : Manager
    Ville : Magland
    Pays : France

    Moi aussi j’ai perdu ma Maman le 23 Octobre 2007. Elle s’est suicidée suite a une terrible maladie qui est la dépression.
    Je n’ai pas pu lui dire au revoir et je m’en veux terriblement de n’avoir pas su l’aider.
    Depuis qu’elle nous a quitté j’ai du mal a reprendre le cours de la vie. Je ne réalise pas vraiment que c’est fini, que je ne la reverrai jamais…

    Répondre
  25. Stéphanie

    Profession : Secrétaire Médico Sociale
    Ville : Paris
    Pays : France

    J’ai perdu ma maman adorée ma vie mon ame tout ma reine, ma vie est detruite, cela fait 4 long mois, je n’ai pas supporter les images de la reanimation tous ces tuyaux branchés en elle, ces machines qui là tenait, sa chair meurtrie opérée lacérée de partout mon ange m’a quitter sous mes yeux, l’infirmiere de réa a ete adorable elle pleurait, elle a tout fait pour qu’elle parte belle, elle l’a coiffée la détachée, apres le deces, je lui ai demander de la pouponner le temps que j’aille crier dans les couloirs « je n’ai plus de maman » et je voyais noir apres l’etape de la morgue quand ils l’ont pris pour l’emmener on m’enteandait hurler, une horreur, j’ai mal a cette organe indolore le coeur, il est percé de douleurs, a cause de ce foutu cancer du foie, tu meritais pas de partir pas toi, notre amour si fusionnel, tu m’as abandonné maman, toi qui a tant souffert je sais que tu es au paradis…

    Répondre
  26. Anonyme

    Je pleure, et j’ai mal avec vous. Oui ! elle est au paradis votre maman, mais, je suis sûr que de là-haut elle continue à vous guider !

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  27. Florence

    Profession : Mère au foyer

    J’ai bientot 40 ans et moi aussi j’ai perdu ma maman qui etait atteinte de la maladie d’alzheimer cela va faire bientot 4 ans. mais jai l impression que cela fait beaucoup plus lomptemps car cette maladie change la personne qui en est atteinte. ma maman n etait plus la meme. j etais tres proche d elle et je ne pouvais plus lui parler me confier a elle quand ca n allait pas. pour moi elle est morte quand la maladie a ete diagnostiquee. j ai perdu ma maman a ce moment la . je dois dire que j avais perdu mon papa depius deja quelques annees et elle etait tout ce qui me restait. et quand elle est partie j ai eu et j ai encore tellement mal que je sais que ma vie ne sera plus jamais la meme. ily aura toujours dans mon coeur un vide et une sensation abandon parce que le pire est que je lui en veut. je lui en veut d avoir eu cette maladie qui m a prive de ma mere. je sais que c est egoiste mais j ai l impression quelle m a laisser tomber. j ai tellement besoin d elle. je pense qu on ne peut pas faire son deuil de sa maman. moi en tout cas je sais que je ne le ferrais jamais. je suis seule mon mari est depressif et donc ne peut pas beaucoup m aider. ma seule joie est mon fils mais son role n est pas de me soutenir. il doit vivre sa vie. je n ai pas d amie. et je sais que je devrais vivre toute ma vie comme ca avec ce manque a l interieur de moi l absense de ma maman. j envoie des poignees de courages a toutes celles et ceux qui ont perdus leurs mamans.

    Répondre
  28. Renaud Perronnet Auteur de l’article

    Oui, tant que vous serez dans la dépendance vis à vis de votre mère, vous serez condamnée à souffrir de son départ sans pouvoir faire son deuil, c’est-à-dire sans pouvoir lui dire au revoir, et en lui en voulant d’être partie.

    Pourtant vous êtes lucide vis à vis de votre fils en disant de lui « il doit vivre sa vie »… Et vous ? Ne croyez-vous pas que comme tout être humain vous avez le droit aussi de vivre la vôtre ? Pourquoi ce qui serait juste pour votre fils ne le serait-il pas pour vous ? Il est possible pour un être humain de sortir de sa dépendance vis-à-vis de ses parents, d’accéder à une conscience existentielle accrue, à une autonomie, qui ne retire rien à l’amour…

    Pour aller plus loin lisez : Le travail de deuil.

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  29. Martine

    Profession : Aide-soignante
    Ville : Gorcy

    Poignées de courage à Vous ! Egalement à Florence !
    Jodorowsky disait : « Gardons dans notre coeur les défunts que nous avons aimés, mais ne nous enfermons pas avec eux dans leur cercueil… Qu’ils demeurent dans notre mémoire, qu’ils nous nourrissent de leur souvenir, mais construisons sans tarder une nouvelle vie. »
    Bien avec Vous.

    Répondre
  30. Elisa82

    Ville : Toulouse
    Pays : France

    Comme je vous comprends… je viens de perdre ma maman il y a 15 jours… d’un cancer du foie diagnostiqué depuis 3 ans… après opérations, chimio etc.. on essaie de se préparer mais quand ça arrive, on est JAMAIS prêt !!!! ma mère et moi étions tellement proche, si on ne se voyait pas on se téléphonait tous les jours et aujourd’hui, PLUS RIEN… si vous saviez comme elle me manque !!! 3 jours avant son départ, on était tous les 4, mon père, mon frère et moi en train de parler de tout et de rien, de rigoler ensemble à l’Hôpital… le lendemain ca se dégrade et le surlendemain, j’arrive à l’hôpital après mon travail et là ma mère (sous pompe à morphine) est tellement endormie qu’on arrive pas à la réveiller… ça c’est trop dur, je n’ai même pas pu lui parler une dernère fois, qu’elle me voit, qu’elle sache que j’étais là… je lui parlais mais elle dormait… l’infirmière nous a dit de preparer des affaires… elle nous a quitté le lendemain matin, le 1er mai à 7h30… j’ai tellement mal… J’ai 32 ans,un mari et une petite fillle de 9 mois mais je n’arrête pas d’avoir des montées de larmes et souvent il me semble qu’elle va arriver, me dire que ce n’est qu’un mauvais rêve, qu’elle va me téléphoner… mais non… c’est la dure réalité qu’aujourd’hui j’ai énormément de mal à gérer… ma maman que j’aimais tellement !!!! la fête des mères arrive, j’essaie d’être forte pour ma petite fille, mon père et mon frère mais c’est tellement dur.
    Je souhaite bcp de courage à vous toutes.

    Répondre
  31. Radhia

    Profession : Commerciale
    Ville : Nice

    C’est dur de lire tous vos commentaires si personnels. J’ai perdu ma mère il y a 10 mois, et depuis il n’y a pas un seul jour qui passe sans que l’amertume me gagne. Ma vie n’a plus aucun sens, plus de goût depuis qu’elle est partie. Elle était tellement tout pour moi. Elle est partie toute seule, elle venait d’avoir 51 ans et 1 mois jour pour jour et une hémorragie l’a emporté, seule dans cette chambre d’hôpital alors que mes soeurs et moi étions loin. L’horreur de ce jour me hante, dès que j’ouvre les yeux le matin, chacune nuit avant de m’endormir je pleure. Je l’aimais plus que ma vie, et moi qui ai toujours été près d’elle, même à 26 ans, à rentrer tous les weekends la voir, pour son sourire, ses calins, ses mots doux, sa façon de nous dire qu’à ses yeux on sera toujours ses bébés. Je n’attends qu’une chose, la rejoindre en espérant qu’on nous gardera une place à ses côtés. Elle était mon tout, mon seul Amour, mon coeur est éteint depuis qu’elle est partie. Moi qui ne vivait que pour lui rendre tout ce qu’elle m’a donné. Elle ne s’est jamais plainte du mal qui la rongeait depuis 30 ans, une polyarthrite rhumatoide qui s’est emparée d’elle à ses 20 ans. Je ne suis plus la même, « je » suis partie avec elle.
    Je sais ce que vous ressentez et la seule chose qui m’aide à tenir le coup (malheureusement) c’est de me dire que c’est la vie et que je n’ai aucun droit de croire que les personnes qu’on aime sont là indéfiniment. Nous sommes tous amenés à partir mais il faut tenir le coup pour ceux qui restent.
    Courage à vous tous et toutes.

    Répondre
  32. Renaud Perronnet Auteur de l’article

    Si vous souhaitez vous comprendre, y voir plus clair en vous, savoir pourquoi vous vivez des émotions aussi intenses à la mort de votre mère, lisez mon article « Le travail de deuil » et notamment la partie consacrée aux obstacles au deuil.

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    1. Jipé

      Bonjour Martine,
      Je découvre ce 14 juillet 2010 votre post remontant au 23 novembre 2006 et cette question: « Pas un Homme ne répond à ce témoignage ! Pourquoi ? Messieurs ! Vous cachez-vous pour pleurer ? Pourquoi ? ».
      Alors, je vais y répondre brièvement en espérant que vous recevrez mon message. Et si non, cela m’aura peut-être soulagé un peu.
      Je suis un homme, j’ai 38 ans (39 dans 13 jours), je vous écris de Belgique. J’ai perdu ma maman le 14 juillet 1987, c’est moi qui l’ai dépendue et n’ai rien pu faire pour la sauver (ni le smur). Encore aujourd’hui, 23 ans après, je ne suis toujours pas parvenu à faire mon deuil. Elle est partie si soudainement que je n’ai pas pu lui dire au revoir ni lui dire que je l’aimais. mon père buvait régulièrement et avait la boisson « agressive »; l’ambiance était régulièrement très électrique dans la maison et j’ai assisté à de très nombreuses scènes de violence intrafamilliale ! On n’avaient donc pas l’habitude d’être très démonstratifs au niveau des sentiments, pas beaucoup de moments câlin entre mère et fils…Pourtant, je sais qu’elle m’aimait mais j’ai compris aussi qu’elle avait un grand besoin d’amour, besoin qu’elle n’a jamais pu exprimer (j’ai beaucoup analysé durant toutes ces années, il serait beaucoup trop long de vous exprimer mes arguments) et je souffre ainsi de n’avoir pu clairement lui signifier mon amour. Cela restera toujours et toujours sans réponse parce qu’elle n’est plus là pour affirmer ou infirmer ce que je ne peux à présent que extrapoler. Elle est partie avec sa tristesse (je ne peux oublier ses larmes et sa détresse après cette nième dispute violente avec mon père) et l’avoir laissé partir dans « cet état » me poursuis inlassablement. Elle m’a envoyé faire des courses, sachant que j’en aurais au minimum pour 2 heures de temps, et lorsque je suis rentré il y avait ce mot : « je suis au grenier. Signé Maman ». A l’instant même, immédiatement, j’ai compris du haut de mes 15 ans que c’était une tragédie. J’ai gravi à toute allure les volées d’escalier et arrivé à l’entre-porte du grenier, elle était là, pendue, la tête penchée. Je pense n’avoir touché que très très peu de marches pour redescendre, bondir chez mon voisin d’en face (dont la fille était une amie d’enfance) et lui dire que ma maman s’était pendue et qu’il me fallait un couteau. Je me suis alors emparé d’un grand couteau de cuisine et je suis remonté tout aussi vite que je n’était descendu. Je l’ai alors soulevé d’un bras (on a de la force dans ces moments là) et de mon autre main j’ai coupé la corde. Ensuite, j’ai quelques trous de mémoires entre cet instant et l’arrivée des équipes médicales. Je me souviens de toutes les opérations médicales, de la réa, du bruit de la pompe d’aspiration, du défibrillateur et l’instant ou la doctoresse m’a dit « désolée, il n’y a plus rien à faire ». Ensuite, le gros trou noir durant quelques heures, je suis, encore aujourd’hui, incapable de me rappeler cette fracture de plusieurs heures…C’est un processus classique lorsqu’il y a effraction dans l’appareil psychique… Je n’ai jamais voulu (ni pu) faire de thérapie, j’ai trouvé ma méthode de survie: j’ai été volontaire croix-rouge, ensuite ambulancier SMUR, ensuite pompier-ambulancier SAMU volontaire durant 12 ans, j’ai un diplôme d’ingénieur biotechnologie complété par un troisième cycle en prévention/sécurité/hygiène, je dirige un service de prévention et protection au travail et je termine un DES en victimologie / psychotraumatologie. J’oeuvre autant que possible pour le bien-être des travailleurs et des humains en général et j’approfondis, dans la cadre de mon DES, mon approche de la maltraitance des enfants. Cette hyperactivité est ma thérapie. J’entame en 2011 un master en Psychologie.
      Néanmoins, avec tout cela, il m’arrive encore souvent de pleurer en cachette (et oui) parce que j’ai deux soeurs et que je ne veux pas qu’elles sachent combien je souffre intérieurement ni qu’elles sachent comment se sont déroulés exactement les faits. Elles savent bien évidemment que notre maman s’est suicidée mais une certaine « pudeur » nous empêche de parler de cet vécu. J’ai également une femme et une admirable fille de 22 mois.
      Voilà ma petite histoire, brièvement, et je ne peux donc répondre à la place de personne à la question « comment gérer le désespoir d’une femme qui vient de perdre sa mère » Je dirai simplement que vous avez agit admirablement, avec votre coeur. Cela ne s’apprend pas, même après 7 ans d’études en psycho ou autres, si l’on n’est pas sensibilisé aux rapports avec les autres (le bagage académique n’est là que pour renforcer vos attitudes et vous stabiliser professionnellement, surtout lorsque l’on travaille dans l’accompagnement des victimes) . Par ailleurs, les réponses de Monsieur Perronet (que je ne connais pas mais en rapport duquel je vais effectuer quelques recherches car il me paraît rejoindre un domaine que j’ai particulièrement apprécié durant mes études en victimologie appliquée) me paraissent absolument réfléchies, nuancées et pertinentes.

      Je vous transmets donc mes meilleures salutations et me permets de vous féliciter pour la manière avec laquelle vous assumez votre travail. Néanmoins, protégez-vous psychologiquement et n’hésitez pas à parler de certains ressentis (comme vous l’avez d’ailleurs fait ici).
      Bien cordialement et avec respect !
      Jipé.

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      1. martine

        Bonjour Jipé
        Je suis profondément touchée par votre témoignage! Merci.
        Il m’arrive aussi de pleurer en cachette, parce que nous pleurons tous en cachette.
        Peut être que ses larmes versées en cachette, tout simplement on n’a pas envie de les partager, on a envie de les garder pour soi, comme-ci que dans les larmes que nous versons, il y a dedans notre cher parent défunt, c’est un moment peut être privilégié,un moment sacré, un moment à nous de rester, de sentir, encore le contact de notre parent mort, oui ce moment nous appartient!
        Peut-être que un jour, vous partagerez ces larmes avec vos deux soeurs.
        Je reste stoïque devant votre témoignage et votre parcours dans la vie! Je vous félicite!
        Malgré les durs épreuves traversées, surtout à 15 ans, vraiment vous avez été très courageux! Vous n’y pouvez rien, votre maman a été ce qu’elle a été.
        Peut être qu’à travers votre hyperactivité, vous rendez hommage à votre maman, vous lui dites que vous l’aimez, et que vous la protégez, oui même dans l’au-delà , vous la protégez.
        Tout ceci, je suis certaine que votre maman le sait!
        Je vous souhaite beaucoup de bonheur avec votre femme et votre petite fille! mais ne courez pas si vite! n’allez pas si vite! arrêtez vous un peu.
        L’Amour est là ! autour de Vous!
        Merci, encore Merci
        Du plus profond de mon coeur, je vous salue, et je vais oser même vous serrez bien fort dans mes bras avec tendresse et beaucoup de respect.
        Martine
        bien respectueusement

        Répondre
  33. Karen

    Profession : Service clientèle

    J’AI 20 ANS et jai perdu ma mere cherie il y a moins de six mois d’un cancer. je suis teriblement troublee dans le sens ou je lai soutenu durant les 5 mois de sa maladie et je priai meme pour quelle soit soulager. Je l’ai accompagner tous les jours car je rester a la maison afin de la soutenir et l’aider pendant cette epreuve. Son cancer a ete decouvert a travers une simple operatioin et cette nouvelle nous a donc ete fatale a ma famille et a moi meme vu que personne ne s’y attendai. Aujoud’hui j’en suis au point ou je me demande ou elle est et quand elle reviendra. la seule image qui me reste vraiment est le moment de son deces qui me tourmente. la maladie ne se fait sentir qu’apres le depart finalement. apres sa mort je me suis di que jallai effacer de ma memoire toute cette souffrance par laquelle elle est passer ainsi que toute sa maladie. mais aujourd’hui je suis face aux faits et a L’ABSENCE. comment ignorer un vide qui nous ronge quotidiennement. comment vivre sans une personne qu’on voyai tous les jours ?? commet l’accepter, realiser et s’habituer a ce nouveau rythme sans que qui que se soit nou ai demander notre avis. comment reprendre gout a la vie quand une moitie de nous est paiti a jamais ? quelqu’un pet-t-il e conseillr s’il vous plait. je ne peut vivre dans une tele souffrance.. 🙁

    Répondre
    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Comment ? Arriver peu à peu à ce que votre amour pour elle (qui vit à travers votre souvenir) soit plus grand et plus fort que votre souffrance de l’avoir perdue.

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    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Il s’agit d’un dessin de Martin Vivès de 1952 : « Maman, le deuil », pour découvrir son oeuvre, cliquez ICI.

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  34. Anne

    Bonjour Jipé.
    Votre témoignage m’a bouleversée, et me voilà en larmes. Pour vous. Pour vous c’est-à-dire à votre place ? ou devant votre chagrin et votre souffrance ? L’intensité de votre hyperactivité témoigne de leur importance. Cela vous fait certainement du bien de pleurer encore souvent, et le fait que vous arriviez à le faire montre qu’heureusement votre sensibilité est intacte à l’intérieur de vous. Mais je me demande pourquoi vous le faites en cachette ? Pourquoi ne voulez-vous pas que vos deux sœurs sachent combien vous souffrez ? Vous-même avez vous une idée de leur souffrance ? Peut-être que de vous voir pleurer les soulagerait, les laisserait s’autoriser à la dire, et finalement vous permettrait à tous les trois de progresser dans votre travail de deuil. Celui-ci ne peut avoir qu’une action favorable sur votre famille actuelle, en particulier pour votre petite fille, qui à 22 mois peut percevoir quelque chose de votre chagrin mais risque de sentir qu’il y a un tabou autour de cela, et serait heureuse de voir son papa moins (pré-)occupé. Enfin… C’est ce que je sens, mais M. Perronnet saura certainement beaucoup mieux parler de cela. En tout cas vous faites déjà beaucoup de choses : vous êtes conscient de ce qui sous-tend votre hyperactivité, vous pleurez en cachette, vous vous exprimez sur ce site, peut-être prochainement vous sentirez vous mûr pour faire une thérapie? Elle n’effacera pas cette peine immense, mais peut-être vous aidera-t-elle à ne pas la potentialiser en vous crispant dessus, à pouvoir en parler en famille et vous permettra de vous montrez à ceux que vous aimez tel que vous êtes : un homme courageux qui a tant souffert d’assister impuissant à la détresse et au désespoir de sa maman, qui a voulu protéger les siens, mais qui sait simplement dire qu’il a toujours encore beaucoup de chagrin. Alors vous aurez moins besoin de votre hyperactivité… Pour le plus grand bonheur de votre femme et de votre petite fille. C’est ce que je vous souhaite de tout mon coeur. Merci pour votre témoignage ! Je pense que si les hommes disaient plus souvent leur douleur, comme vous le faites, il y aurait moins de souffrance par le monde. Alors merci à vous ! Tous mes vœux vous accompagnent. Anne

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  35. phiroma3

    Bonsoir,

    Voilà que je viens de perdre maman moi aussi. Je suis pourtant très contente de l’avoir accompagnée jusqu’à son dernier souffle avec ma soeur et mon frère mais voilà…. la tristesse m’envahit de jour en jour.
    J’ai beau me dire que ma tendre maman voudrait me voir avec pleins d’élan et que je continue ma vie si pleine de joie et de tendrese… au lieu de tou ça je me réfugie au cimetière effondrée par la douleur de son absence!
    Alors comment être forte devant mes trois enfants?

    Répondre
    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Ne refoulez pas votre tristesse sous le prétexte que votre mère aimerait vous voir heureuse ; par contre il n’est pas nécessaire d’inquiéter vos enfants outre mesure, vos débordements émotionnels peuvent aussi s’exprimer en leur absence…

      Répondre
  36. Laurence

    Bonjour a tous et toutes ,

    Me voilà un peu déconfite , je n’ai pas perdu mes Parents , ils sont encore là quel merveilleux cadeaux et en bonne forme chacun , avec toute leur tête , leur projet , leur joie , leu conseils précieux …Papa va sur ses 82 ans et Maman sur ses 77 ans … ( j’avais tapé 17 ans !!!) et chaque soir je me couche en priant Dieu car malgré tout une échéance de vie normale sera là tôt ou tard , j’aimerais tant arrêter l’horloge du temps et ne point vivre cette épreuve de les perdre .
    c’est une épreuve que j’appréhende , quand je pense que devant ma soeur qui m’exprime aussi sa fragilité je lui réponds que nos Parents nous font ce beau cadeau d’être avec nous aujourd’hui alors que tant a notre place les ont déjà perdu bien avant …j’essaie d’assurer , de réconforter , d’apaiser mais véritablement au fond de moi ….euh ….au secours !!!!

    Bien sûr de vous lire tous et toutes les larmes ont coulé , certains de vous si jeune , mon coeur est près de vous tous ,

    Tendrement,

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  37. chiara

    Bonsoir,
    ma maman est morte il y a un mois et demi, à l’age de 68 ans, d’une terrible maladie neurodégénérative qui l’a enfermée peu à peu (en 6 ans environ) dans son corps, qu’elle ne maitrisait plus et qui était devenu son geolier et tortionnaire…A la fin de sa vie elle était paralysée, grabataire nourrie par sonde, mais avait encore sa tête. Nous l’avons accompagnée mon père et moi dans les quelques heures qui ont précédé sa mort, et le souvenir de son agonie me tord le coeur. Elle qui avait peur de mourir étouffée est morte des suites d’une pneumopathie d’inhalation….Elle me manque terriblement, je navigue entre indifférence au monde qui m’entoure, et tristesse. Tout m’ennuie, mon boulot, les gens autour de moi…je n’ai pas grand chose à quoi me raccrocher, je me sens comme une vieille coquille bien vide…je n’ai pas d’enfants et la vie me parait ainsi bien futile, tout ça pour ça alors? ma pauvre mère a perdu un fils (mon frere), a souffert dans sa vie et, voilà? c’est fini! elle est partie, et …plus rien!

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  38. Humana Causette

    j’ai besoin de revenir écrire chez vous…. mais à cette heure, avoir la gorge serrée n’est pas évident à gérer, alors je tenterai demain…
    J’ai perdu ma maman il y a maintenant presque 8 mois. J’ai 35 ans, elle avait 57 ans.. J’ai l’impression de pleurer et souffrir à retardement, de plus en plus…

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    1. jf

      L’impression. Que sa empire et de faire marche arrière est normal il n’y a rien de plus naturel il faut juste accepter ces émotions qui nous accompagneront toutes notre vie et les laissées parler c’est par ces émotions que les personnes qui nous ont quitté continue de vivre et de réchauffer nos cœurs <3 courage

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  39. Jéromine

    Bonjour,
    merci pour ces mots magnifiques. La qualité de ces échanges est confondante. Je voudrais dire à tous quelque chose de réconfortant. Vous pleurez à cause d’un manque qui est en vous mais vous avez eu la chance d’avoir une maman aimante et tendre, et ceci, personne ne peut vous l’enlever.Je ne suis pas jalouse de vous, mais moi, j’ai eu une mère destructrice et quand elle est décédée je n’ai pas pleuré, hélas. Je pleure en vous lisant tous, en enviant quand même un peu vos larmes, et en mêlant mon empathie à la vôtre. J’ai une fille que j’aime de tout mon coeur et j’ai donc brisé le cercle de la destruction. J’en suis fière. Je souhaite mourir le plus tard possible pour que ma fille accepte au mieux le chagrin que vous décrivez. Je vous embrasse tendrement.
    Jéromine, 58 ans
    PS Je me rends compte qu’il y a plein de femmes et d’hommes qui meurent à mon âge et c’est beaucoup trop tôt ! Profitez de chaque instant pour vous et vos proches. « Il faut essayer d’être heureux, ne serait-ce que pour donner l’exemple », je ne sais plus qui a dit ça.

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