Prison

Réflexion n° 44 :

J’ai remarqué que beaucoup de personnes entreprennent un travail thérapeutique en s’imaginant qu’il est possible de guérir de ses « schémas » ou de ses « névroses » comme on guérit d’une mauvaise grippe.

Ainsi croient-elles que comme on chercherait à tuer un microbe pour recouvrer la santé, il suffirait de retrouver la ou les causes de ses troubles (le fameux traumatisme) pour en être libre, c’est-à-dire pour pouvoir définitivement sortir de sa prison.

Or ce n’est pas si simple.

Cette jeune fille n’a pas pu faire autrement, depuis son enfance, que de donner son assentiment aux injonctions et aux projections de ses parents toxiques qui ont réussi à lui faire croire qu’elle était mauvaise et égoïste et que sa naissance était à l’origine de tous les malheurs qui leur étaient arrivés à eux, minant ainsi peu à peu sa confiance en elle.

Devenue adulte, façonnée par les regards négatifs que ses parents ont constamment projeté sur elle, elle pense sincèrement que parce qu’elle est égoïste et mauvaise, elle ne peut que porter la poisse à ceux qu’elle rencontre. Conditionnée par les pensées qu’elle a sur elle-même, incapable d’entrer en relation, enfermée dans sa prison, elle souffre.

Peu à peu, au fur et à mesure de l’élaboration du travail thérapeutique de connaissance de soi-même et à travers le nouveau regard sur elle que lui renvoie son thérapeute, elle parvient à faire naitre chez elle une part « adulte » objective, capable de « voir les choses telles qu’elles sont » plutôt que de les interpréter à travers son schéma négatif, une part non conditionnée par son passé ni modelée par ses habitudes qui lui permet de prendre un peu confiance en elle.

Mais ce n’est pas parce qu’elle sera parvenue à faire naître en elle cette part objective qu’elle ne sera soudainement plus conditionnée par les souffrances occasionnées par « l’enfant perdu » en elle – qui pourra continuer pendant longtemps encore de lui instiller des pensées fausses sur elle-même.

Comme le dit Arnaud Desjardins : « C’est l’enfant en vous qui souffre, c’est l’enfant en vous qui ne peut pas ne pas souffrir, c’est l’enfant en vous pour qui c’est terrible, affreux, insupportable. C’est lui qui transpose sur la situation actuelle vécue par le pseudo-adulte non seulement son émotion mais son schéma mental, c’est-à-dire sa conception, sa manière de voir ou plutôt de ne pas voir. »

Parce que rien, jamais, ne pourra faire que notre conditionnement n’a pas existé, il n’y a pas – dans la thérapie – un moment où (comme quand on recouvre la santé), on guérit définitivement parce qu’on a enfin exprimé ou compris quelque chose.

Ce qui est par contre possible c’est, grâce à une détermination et à un constant travail sur soi – éclairés par une lucidité sans faille – que ce conditionnement devienne progressivement de moins en moins prégnant, c’est-à-dire que cela devienne peu à peu de plus en plus aisé de ne plus lui obéir – parce qu’il aura été vu à l’œuvre. C’est donc cette capacité à repérer en soi ses conditionnements destructeurs qui permet de s’en libérer peu à peu. Le fait de voir « l’enfant conditionné en nous » aux commandes et d’oser lui désobéir est le moteur du changement que nous voulons pour nous-mêmes.

Pour nous libérer de la prison dans laquelle nous sommes enfermés, il ne suffit donc pas de simplement retrouver le traumatisme originel qui nous a contraint de nous y enfermer, il faut aussi avoir vu et revu comment ce traumatisme est encore actif en nous et comment il oriente nos manières de penser et d’agir maintenant, ce qui revient à oser mettre systématiquement en doute notre ancienne manière infantile d’appréhender la réalité.

Cela s’appelle reconnaître inlassablement ses conditionnements plutôt que de les justifier à travers sa mémoire traumatique comme bien souvent les personnes qui ont entrepris un simple « bout » de thérapie sans la mener à son terme le font en expliquant qu’elles « savent ».

Une femme pourra dire : « Si je ne m’engage pas dans une relation amoureuse stable, c’est normal, mon « papa » nous a abandonnés quand j’avais 12 ans et j’ai trop peur que ça recommence avec un homme » et ne pas dépasser le stade de la fillette abandonnée, qui est sa prison.

Par définition, on ne peut ni « faire grandir » ni « guérir » l’enfant blessé qui est en nous, mais – pour se libérer de son emprise – on peut apprendre à le reconnaître quand il se manifeste (par une peur anormale au vu des circonstances présentes) et apprendre à constater que l’on n’est plus cet enfant, c’est-à-dire se dissocier de lui.

C’est à ce prix qu’il devient progressivement possible de s’évader de sa prison, en sortant du monde de la victime pour entrer dans celui de l’adulte enfin devenu responsable de lui-même et de ce qu’il veut pour lui-même.

© 2015 Renaud & Hélène PERRONNET Tous droits réservés. 

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23 réflexions au sujet de « Prison »

  1. Dominique

    Bonjour,
    Merci, c’est limpide. J’ai cru pendant « trop » longtemps que une fois repérés les conditionnements, il devait y avoir un mieux rapidement. Puis se « flageller » encore un peu plus de penser ne pas être capable de changer. En fait c’est le début, pas à pas vers la connaissance quotidienne de ce qui fait souffrir pour arriver à le mettre à distance.
    De plus cela permet de ne pas être dans une attente démesurée de ce que peut faire le psy. Il nous aide écoute met sur la voie de soi-même sans complaisance mais avec bienveillance. Faut s’accrocher, mais quel soulagement quand cela commence à « faire de l’effet ». De façon fugace, comme des éclats de joie, là à l’intérieur, se déconditionner un peu.
    Pour ma part en commençant le travail thérapeutique je n’avais pas assez cette notion là à l’esprit.
    Ce que vous écrivez c’est un préalable à toute action thérapeutique que l’on entreprend, comme vous avez raison de le souligner de cette façon simple et directe.

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  2. Marie

    Je me reconnais bien là, merci pour ce rappel. J’aurais bien eu tendance à vouloir tout gommer mais c’est comme si je gommais une partie de moi. Je suis faites de mes blessures et de mes forces. Je ne voyais pas que mes blessures étaient une force. J’avais du mal à trouver mes forces mais en lisant cet article je vois que mes forces sont déjà la façon dont j’appréhende mes blessures. Ça m’a ouvert les yeux pour avancer sur mon chemin. Pour le moment je mets une carapace pour donner l’impression que je suis forte et après plus j’aurais confiance et que je ne me serais plus laisser écraser tout en gardant en moi mon but de reprendre confiance plus j’aurais confiance.

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    1. Alice

      J’ai 50 ans, encore toutes mes dents, mais je n’ai toujours pas réussi à me fabriquer une carapace!!!! La petite fille résiste, continue de victimiser, elle me fait peur, me fatigue… Que faire de plus après effectivement des années de psy. ??? J’ai 2 superbes enfants, un mari attentionné, des amis disponibles et du chocolat noir dans mes placards, mais je souffre toujours, je fais souffrir aussi… Ben oui… Je suis aussi COUPABLE…Les « autres » ne comprennent pas: pourquoi se plaindre quand on a un toit et à manger chaque jour???.
      Merci pour votre commentaire clair et tellement vrai, à faire lire à « ceux qui ne comprennent pas?… »

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      1. Alice

        J’ai oublié de vous dire…
        Cette journée commence bien, grâce à votre site que je découvre, quelque chose me dit que qu’il va m’être TRES utile. MERCI!!

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      2. Yamilé

        Bonjour Alice. Moi aussi j’ai cru longtemps qu’on ne pouvait pas vivre sans souffrir et faire souffrir. Pourtant la peur de rendre malheureux mes enfants m’a obligée à faire un effort pour gérer mes émotions et faire un effort lorsqu’elles se manifestaient trop violemment.Je ne dis pas que ça marche à tous les coups, mais dès qu’il y a danger en la demeure, je me dis que je ne dois pas être un poids pour eux mais plutôt un exemple, dont ils se fichent maintenant, mais que plus tard, quand je ne serai plus là , ils reverront avec une certaine émotion mais surtout, je l’espère avec profit. ça m’a fait beaucoup évolué dans les attitudes positives.
        Bon courage à vous.

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  3. Jann

    Se libérer de sa prison, c’est un dur labeur, qui demande du temps beaucoup de temps.
    Il est quasiment impossible de s’en sortir seul ! Oui, impossible !
    Il faut accepter l’aide qui se présente à nous, il faut accepter le guide d’un professionnel, sinon cette prison se referme autour de nous.
    Au fil des années les barreaux se resserrent jusqu’à nous étouffer, jusqu’à nous écraser ! et jamais l’enfant blessé qui est en nous, verra un jour un rayon de soleil, il nous emportera avec sa blessure enfouie au plus profond de nous.
    Il faut lui permettre d’écarter un barreau, puis un autre, puis encore un autre, jusqu’à lui permettre de sortir une jambe puis l’autre, lui apporter un peu d’air, une grande respiration, un sourire, un souffle de vie qui va l’éblouir ! C’est alors un long voyage qui commence, le voyage de notre épanouissement ! Le voyage de la vie !
    Jann

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  4. Marie

    Oui et ce que je n’avais pas compris c’est qu’une fois l’avoir écouté il ne faut pas l’oublier car il est en moi, il faut continuer à le rassurer, à l’aimer, à lui dire que je le comprend sinon je le laisse tomber encore une fois, il est en moi, il a été blessé c’est un fait qui ne va pas s’effacer donc j’essaie de l’accepter et de le rassurer c’est une partie très difficile je trouve.

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  5. Christine

    Bonjour, excellent article comme toujours C est exactement mon chemin de vie La conscience que « quelque chose n allait pas » je l ai eu dès ma toute jeune enfance. Je suis issue d une famille toxique, d apparence normale, perverse dans l intimité familiale. J ai été séparée en 2 toute ma vie, la 1ère moitié enfant et adulte, terrorisée et incapable d affronter la vie, l autre moitié assoiffée de vie et de l aspect spirituel qui m habitait et m aidait a ne pas sombrer J ai 61 ans, je suis seule sans avoir pu avoir d enfant, mais je ne me sens plus solitaire, je me sens de plus en plus dans la vie. La révélation et l acceptation de la toxicité de ma famille notamment ma sœur et mon frère (que je suis « obligée » de côtoyer du fait de la maladie de ma mère, Alzheimer) s est faite il y a 1 ans et depuis cette part adulte a émergée en moi. C est maintenant une vie -non plus en lutte contre eux et ceux constituant ma vie sociale- mais une vie en conscience pratiquement de tous les instants C est fatiguant très fatiguant parfois Car j attire encore les gens toxiques tant dans les relations amicales que sentimentales Mes sens hyper aiguisés me permettent sinon de les repérer très vite au moins de m en séparer également très vite Je connais également maintenant ce qui est bon, sain et enrichissant pour moi Avant c était très emmêlé C est comme un écheveau que j arrive maintenant bien a dérouler ou a enrouler sans faire de nœuds
    Un point positif : faire 10 ans de moins du fait d une maturité tardive !?
    Mon évolution s est faite doucement mais je ne suis jamais restée inactive
    Recherche spirituelle, thérapies diverses jusqu’à la dernière , pourtant psy très connue , que j ai interrompue car j éprouvais parfois avec elle des émotions et ressentis identiques a ceux ressentis avec ma fratrie !! Mais il est vrai que sur le chemin de la réalisation de soi, les rencontres voulues et spontanées sont indispensables. Nous faisons partie d un tout Même les rencontres toxiques ont leur place a condition de le savoir, les reconnaitre et vouloir s en séparer
    Une chose encore: je me suis toujours sentie différente tout enfant déjà, me sens encore ainsi, et je pense être ressentie comme telle par les autres. Comme si ce chemin de conscience me différenciait, ce qui doit être vrai. j ai conscience la encore que je dois arriver à en faire une force et non plus une gêne.
    Merci encore

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  6. Miny Jean-Michel

    Se dissocier de l’enfant qu’on a été peut apporter un soulagement, mais pas forcément une évolution à mon sens. On peut aussi l’accueillir et l’accompagner pour mieux comprendre ainsi les causes de souffrances à chaque étape de vie. L’enfant qu’on a été rappelle son existence, donc si on l’écarte, qui d’autre pourra l’aider à résoudre son problème que la personne actuelle qui lui est la plus proche ? Notre personnalité est une résultante de multiples expériences et stratégies vécues. Réunir différents aspects me semble une solution à long terme à la fois apaisante et dynamisante.

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    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Accueillir l’enfant, le comprendre, l’écouter doit servir à l’apaiser afin d’opérer cette dissociation qui n’a pas d’autre but que de permettre à l’adulte en nous d’être aux commandes.

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  7. Marie-Paule KASTLER

    Pour moi le commentaire prison est vraiment d’actualité. Arriver à reconnaître le souvenir de cette petite fille très malheureuse et triste trouvant du réconfort dans la nourriture – Oh que cette tartine était bonne ! le souvenir est très très présent et très très fort, alors que sa maman s’occupait des clients du magasin.
    Pouvoir se dire que c’est uniquement la petite fille et que moi je suis une personne de 60 ans. Nom d’une pipe que c’est dur de pouvoir prendre cette petite fille dans ses bras et la consoler. Pour le moment je n’y arrive pas et cela me fait tourner en bourrique.

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    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Il ne s’agit pas de « se dire » mais d’oser en faire l’expérience. Or pour pouvoir en faire l’expérience il faut la voir à l’oeuvre, c’est là le travail thérapeutique.

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  8. mat

    Bonjour

    Oui, j adhère a cette reflexion.
    Voir et Comprendre ses schémas c’est un labeur qui dure toute la vie.
    Cela me rappelle mon sevrage à la cigarette.
    Je me suis forcée à arrêter de fumer.
    Mon premier combat et première victoire : très dur
    15 ans plus tard je me souviens toujours du plaisir que cela me procurait.
    Et parfois l’envie, le plaisir,en un fragment de seconde,me reviennent.
    La raison reprend vite le dessus et je suis heureuse d’avoir fait le choix d une vie plus saine.
    Les schémas Polluent l’existence comme la nicotine…
    J’avoue que je reviens vers ses schémas ou ses schémas s’imposent à moi je sais plus.
    C est comme un éclair et je me sens en refuge.
    Je vous prie de m’excuser si mon texte n’est pas très clair ou précis.
    Je bataille tous les jours contre des schémas néfastes et je me prive beaucoup pour éviter des dérapages que je sens encore très présents et forts.
    Ma vie est certes austère mais elle me sied, en tout cas pour le moment, car moins en conflit avec moi même.
    Bien à vous

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    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Un schéma ne s’apaise pas en se forçant car ce qui est forcé créé nécessairement une réaction… qui fait ressurgir le schéma.
      La manière dont vous vous y êtes prise pour tenter de résoudre votre dépendance à la cigarette est explicite : 15 ans après l’arrêt, vous en êtes encore nostalgique !

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  9. Marie

    Je me reconnais dans cet article. J’ai toujours cru que j’étais la cause des malheurs des autres et que je pouvais les aider en les laissant me faire du mal. Aujourd’hui, je comprends que ce n’est pas vrai mais c’est très dur de remonter. Quand une personne est méchante avec moi je me dis que ça lui fait du bien. Depuis que j’ai découvert ce site je comprends que ça fait du bien à personne car la personne en face au lieu de voir la tristesse qu’elle a en elle et se libérer se venge sur les autres mais j’ai mis énormément de temps à le comprendre et mon schéma revient souvent, je dois apprendre à m’aimer ce qui n’est pas facile quand on vous a répété toute votre vie que vous étiez chiante et que vous étiez là pour aider et ne pas faire trop de bruit mais maintenant que je reconnais ma tristesse d’enfant que j’ai le droit d’être comme je suis et qu’on n’a pas à me dévaloriser j’essaie d’y faire attention même si ça va prendre du temps de reprendre confiance.

    Quand on me disait que je portais la poisse ça m’énervait mais j’essayais de me battre c’est comme ça que j’ai eu des tocs et depuis que je vois moins les gens qui m’ont dit que j’étais chiante toute ma vie j’en ai pratiquement plus je n’avais jamais fait le lien. Je crois que c’est la première fois que je parle de toc car les gens quand on en parle nous prennent pour des fous alors qu’on met juste ça en place pour se défendre et je dirais même que c’est parce-qu’on essaie de se battre que cela se met en place j’en ai jamais eu au point que cela me paralyse dans la vie mais je pense que les tocs c’est comme l’anorexie, la boulimie c’est notre corps qui se bat et on ne devrait pas se moquer mais je suis issue d’une famille où même de ça on se moquait c’est comme ça mais je ne suis pas d’accord avec ça c’est notre corps qui se bat.

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  10. marie

    Merci pour cet article qui m’aide à comprendre. Mon enfance m’a conduite vers un pervers que j’ai quitté il y a seulement 2 ans. Mes enfants, ma famille, m’ont « abandonnée » Je pense d’ailleurs que « grâce » à cet abandon, j’ai réussi à m’en sortir ( plus de chantage affectif possible, plus de contacts toxiques). J’ai compris et je suis arrivée justement à l’étape de combattre en moi ces fameux schémas négatifs. J’étais un peu perdue et votre réflexion me fait comprendre que c’est « normal » Il y avait en moi la crainte d’avoir toute ma vie besoin d’une aide thérapeutique, je sais maintenant que simplement, le travail n’est pas terminé.

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  11. Enilorac

    Il m’aura falu 14 ans de thérapie, de silences, d’évitements, de résistances, de rage pour enfin pouvoir voir les choses différemment, pour entendre ce que ma psy disait.
    C’est long et douloureux. J’ai piétiné, je me suis obstinée, je voulais toujours avoir raison. 
    Je ne voulais pas laisser ma douleur. Sinon que me restait-il? 
    Il m’aura fallu apprendre à sortir ma colère et à sortir de ma colère pour enfin accepter la douleur et l’impuissance que j’ai ressenti enfant.
    Ainsi il n’est pas question de ne pas écouter l’enfant blessé en soi. Bien au contraire. Il faut l’accueillir mais ne pas le laisser tout diriger et trouver des solutions d’adulte à des situations où l’on se sent blessé. Il s’agit de répondre d’une manière différente aux besoins légitimes de cet enfant, d’une manière constructive, respectueuse de soi-même pour ne plus se réfugier derrière le rôle de victime. 
    Et je ne dis pas que c’est gagné pour la vie! 
    Mais j’ai compris qu’il fallait que je sois très vigilante, non pas avec les autres mais avec moi-même pour ne pas retomber dans un shéma connu et stérile. 
    Je me sens plus forte, plus responsable, plus puissante. 
    Et je vous remercie pour cet article qui m’encourage dans cette voie!

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  12. Jessica

    Mon qui est justement arrêté ma therapie récemment, je perçois cette réflexion d un oeil un peu pessimiste.. mais malheureusement bien juste. Ça aide à réfléchir et à réaliser justement que le travail n est pas terminer alors que je le pensais (peut etre parce que ça m’arrangeais…)

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  13. Marie

    Je me rends compte qu’on a tous une perception différente de la vie et chacun à sa vision par rapport à ce qu’il a appris, je viens tout juste de le comprendre alors qu’on me l’a dit mais tant que je ne l’avais pas vu je ne comprenais pas et du coup un schéma c’est notre vision disproportionnée, nos émotions disproportionnées, c’est comme ça qu’on peut changer nos schémas en écoutant nos émotions et c’est pour ça qu’il nous faut de l’aide car comme on est dans nos schémas on ne s’en rend pas compte, on voit juste qu’on est en colère ou triste ? Je me rends compte également qu’à ne pas vouloir écouter l’aide qu’on me donnait j’ai mis du temps à comprendre tout ça à toujours me méfier à vouloir tout savoir pour ne pas qu’on me dise que je suis bête j’ai mis du temps mais ça faisait partie de mes schémas, entendre un encouragement quand on y arrive ça fait du bien et l’aide des autres aussi.

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  14. Marie

    En fait, écouter nos émotions pour en prendre conscience, les analyser pour ne pas retomber dedans, pour prendre soin de nous, sinon on retourne toujours vers ce qu’on connait, utiliser nos deux parties nos émotions, et notre analyse, il y a du bon et du mauvais dans les deux parties si on laisse nos émotions prendre toute la place on ne se protège pas si on laisse notre analyse prendre toute la place on ne s’accepte pas. Je relis vos articles un an après le travail que je fais avec vous et je les vois d’une autre façon.

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  15. Marie Paule

    Le témoignage de Marie est celui que je vis actuellement.
    plus je suis consciente plus je suis dans l inspir-expir, plus je suis bienveillante avec moi-même, plus j accepte, plus je contrôle et accueillie mes émotions mieux je me porte.
    Et combien je suis encore en colère la seule chose c est restée centré sur la respiration cela aide indubitablement
    Lâcher prise sur tous mes états d âme
    mes colères mes convoitises.
    Ne plus laisser le mental dirigé ma vie.
    Moi Je donne les instructions à mon cerveau.

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