Archives de catégorie : Questions / Réponses

Une femme n’a plus d’intérêt pour moi, que faire ?

Question de @abed :

Comment faire quand une femme n’a plus d’intérêt pour toi. Et t’ignore volontairement ?

Mes pistes de réponse :

Le processus du deuil commence avec l’acceptation de la perte.
Si une femme vous montre ostensiblement qu’elle n’a plus d’intérêt pour vous en même temps qu’elle fait manifestement exprès de vous ignorer, de quoi est-ce le signe selon vous ?
Seulement voilà tant qu’on n’accepte pas de l’avoir perdue, il reste impossible de faire son deuil d’une relation.
Le mental est donc à l’œuvre : on pense, on rêve, on se dit des choses à soi-même qui vont dans le sens de l’illusion dont on est persuadé avoir besoin pour vivre.
Remarquez que penser avoir besoin d’être en relation avec une personne pour vivre n’est pas de l’amour, mais juste une dépendance (qui cherche à vous persuader que c’est de l’amour.)
Que faire alors ?
Tenter de parvenir à voir les choses telles qu’elles sont : voir qu’on cherche à entretenir l’illusion, qu’on cherche à se mentir à soi-même et que c’est ainsi qu’on entretien la souffrance : si l’autre ne consent pas à vous aimer où vous situez-vous ?
Trouver en soi la force de se rendre à l’évidence de la réalité plutôt que de faire durer les choses en entretenant le rêve donc en souffrant.
Oser rompre à son tour, c’est oser regarder volontairement ailleurs pour parvenir à revivre enfin. Ce peut être assez difficile au début mais – à moins de s’enfermer dans une pitié de soi mortifère et à coup sur pathologique – cela passe. La vie ne s’attarde jamais avec hier ce qui signifie que votre vie est ailleurs que dans votre passé.
N’étiez-vous pas vivant avant cette rencontre ?
Se respecter soi-même, n’est ce pas parvenir à ne plus être dépendant d’un être qui nous ignore ? Votre vie n’est-elle pas pleine et riche au-delà de vos dépendances ? Si non, c’est ce ce côté qu’il vous faut aller voir.

Pour aller plus loin, vous pouvez lire :

© 2023 Renaud Perronnet. Tous droits réservés

à propos des secrets de famille

Question de @mary :

Ma mère âgée de 90 ans m’a dit récemment qu’elle a un terrible secret sur sa famille dont elle ne nous a jamais parlé. Dois-je la pousser a se confier, pour ne pas peser sur les nouvelles générations par exemple, ou dois-je laisser ce secret à jamais voilé ?

Mes pistes de réponse :

C’est le plus souvent par inconscience des risques encourus qu’une personne consent à recevoir un secret d’une autre personne.
A contrario, révéler un secret de famille, est un acte courageux de la part d’un être qui ne consent plus à demeurer l’otage d’un autre.

J’ai le sentiment que vous vous donnez une responsabilité qui n’est pas la vôtre : le secret de votre mère pèse avant tout sur elle, il est comme un deuil indicible qu’elle a enfoui à l’intérieur d’elle-même comme on enfouirait un fantôme, et qui la hante depuis de longues années. Ce qu’elle vous a dit vous montre qu’elle ressent le besoin de parler, elle n’attend donc que votre écoute pour se soulager. Il ne vous reste plus qu’à l’accueillir avec simplicité et ouverture dans ce qu’elle a à vous dire afin que cela soit enfin su par l’ensemble de votre famille. Prenez garde à ne pas consentir au secret, si elle vous le demandait, vous en deviendriez prisonnière à votre tour.
Les secrets sont à coup sûr des non-dits pathogènes (perte, injustice, crime, inceste, bâtardise) qui ne peuvent que produire de l’angoisse chez ceux qui les gardent plutôt que de les révéler. Ils produisent des morts non enterrés, des fantômes, qui poursuivent leur œuvre en silence en hantant les vivants qui ne parviennent pas à comprendre pourquoi ils vivent ce qu’ils vivent. Ils peuvent ainsi se transmettre de l’inconscient d’un parent à l’inconscient d’un enfant en pesant sur des générations successives.
En écoutant votre mère, vous lui permettrez – sans doute – de pondérer ses angoisses, ce faisant, vous contribuerez certainement, au soir de sa vie, à l’aider à partir en paix.
Et comme vous le pressentez vous même, vous permettrez aussi aux générations successives de ne pas demeurer hantées par des fantômes.
Être dépositaire d’un secret est le plus souvent mortifère, s’en libérer c’est s’ouvrir à la vie qui ne s’attarde pas avec hier. Se libérer d’un secret c’est se libérer d’un poids, d’un mort, c’est le révéler en le parlant afin de l’identifier consciemment. Le démasquer c’est le dire puisque sa force ne réside que dans la manière dont nous allons implicitement l’approuver à travers notre silence.

Comme l’écrivaient dans L’écorce et le noyau, les psychanalystes Nicolas Abraham et Maria Török, qui ont été les premiers à poser la question de la transmission psychique transgénérationnelle :

« Dans le ventre de la crypte se tiennent indicibles, pareils aux hiboux dans une vigilance sans relâche, des mots enterrés vifs. Tous les mots qui n’auront pu être dits, toutes les scènes qui n’auront pu être remémorées, toutes les larmes qui n’auront pu être versées. »

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Comment aider mon mari qui m’agresse ?

Question posée par Moscou :

Je cherche le professionnel qui pourra aider mon conjoint à gérer son agressivité (jusqu’aux violences conjugales) qu’il justifie par son diabète type 1.

A qui nous adresser ?

Comment faire ?

Mes pistes de réponse :

Il est vrai que des études ont mis en évidence que – dans certains contextes psychologiques – le diabète peut être la cause de problèmes émotionnels qui mènent à l’anxiété, à l’irritabilité et même à la dépression.

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Comment ne plus souffrir du regard de ceux qui m’aident ?

Question posée par Clau :

Je suis handicapée… je sais combien cela peut être fatigant d’aider une personne avec plusieurs déficiences aussi je prends soin de mettre des distances… mais pourquoi depuis quelques temps, je ne ressens que de la pitié dans l’aide apportée par certains de mon entourage ?

Mes pistes de réponse :

Oui, il faut comprendre à travers vos questionnements qu’un être a d’autant plus de mal à assumer le regard de l’autre qu’il n’est pas en paix avec le regard qu’il pose sur lui-même.

Je présume donc que votre difficulté provient de la mauvaise relation que vous entretenez avec vous-même.

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Dois-je changer la nature toxique de mon conjoint ?

Question posée par Agathe :

Je suis pour une parentalité consciente malgré la toxicité, agressivité que je porte et mon envie de changer.

Mon conjoint est moins « agressif » en surface mais davantage dans l’humiliation, la gentille moquerie, les étiquettes et dès que je lui fais remarquer, il se braque, dit qu’il n’a pas à se remettre en question et que tous ces trucs de psycho sont des conneries.

Dois-je arrêter d’essayer de changer sa nature ?

Mes pistes de réponse :

Oui car votre difficulté ne peut pas se résoudre de la manière dont vous l’abordez…

Il s’agit moins d’être pour ou contre un type d’éducation que d’être dans une relation d’amour et de bienveillance avec l’autre dans le couple de manière à ce qu’il ne se braque pas, de manière à ce que – se sentant respecté par vous – cet autre ait lui-même le désir de respecter l’enfant qu’il a eu avec vous.

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Comment trouver la paix avec un père égocentrique ?

Question posée par Urbain :

Après leur séparation, mon père a été très absent et lâche. 0 communication, 0 complicité, 0 soutien. Puis il n’est pas venu à mon mariage. Puis il n’est pas proche de ma vie actuelle. Sauf pour me demander de l’appeler et de venir le voir pour me narrer les lourdes difficultés qui régissent sa vie. Si j’accepte je me soumets, si je lui en parle il s’excuse et recommence, si je l’esquive je culpabilise.

Comment faire pour trouver la paix ?

Mes pistes de réponse :

Si – comme je le pressens à travers votre partage – vous aspirez à un rapprochement avec votre père malgré ce qu’il vous a fait subir, il n’existe pas d’autre moyen pour vous que celui de l’accepter tel qu’il est.
Pour ce faire, il vous faut commencer par comprendre que tant que vous resterez affectivement et émotionnellement dépendant de votre père, il vous sera impossible d’être en paix avec vous-même.

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Comment parvenir à me faire respecter par ma famille ?

Question de @whiteporpoise :

Merci pour tout ce que vous êtes et partagez.
J’ai coupé avec ma famille. J’ai écrit à ma mère au moins 2 fois que je ne voulais plus que l’on s’écrive, se voit ni se parle. Aucun membre de ma famille (car ils s’en mêlent tous, mon frère, mes sœurs) n’accepte. Mon frère me reproche de mettre la pression et est venu chez moi (heureusement je suis à randonner en itinérance). Ma mère est venue ou voulait venir.

Que dois-je faire ? Déménager, changer de ville ?
Que les étoiles scintillent pour vous.

Mes pistes de réponse :

Alice au chat du Cheshire :
« Voudriez-vous, je vous prie, me dire quel chemin je dois prendre pour m’en aller d’ici ?
Cela dépend en grande partie du lieu où vous voulez vous rendre », répondit le chat.

Ce que vous devez faire dépend donc de ce que vous voulez, de ce qui est vraiment important pour vous. Mais le savez-vous ?

Vous pouvez utiliser – de manière ferme et résolue – la procédure dite du « disque rayé » : répéter inlassablement à votre mère (et à votre famille), que vous ne souhaitez plus la voir, lui parler ou même lui écrire, que vous êtes déterminée, que c’est ainsi pour le moment et que si vous changez d’avis vous le lui ferez savoir. Auquel cas il n’y aurait rien d’autre à faire que de lui montrer votre résolution en n’entreprenant plus aucune sorte de discussion avec elle (ni avec votre famille).

Il est toujours légitime de fuir pour un être qui se sent en danger. Harcelée par votre mère comme par votre famille incapable de vous entendre et de vous respecter, il peut être juste de décider de vous mettre physiquement hors de portée d’eux, ce qui reviendrait à être résolue à « partir sans vous retourner » dans la perspective de mener votre vie à vous – enfin – à l’abri définitif d’influences que vous estimez toxiques. Auquel cas changer de ville ou de région peut être en effet une option salvatrice.

Mais vous pouvez aussi vous poser la question de ce qui nécessiterait votre fuite ? Qu’est-ce qui ferait que vous devriez vous considérer comme leur victime ? Qu’est-ce qui vous empêcherait de les regarder dans les yeux, non pas pour les agresser, mais pour parvenir à vous faire respecter d’eux ? Observez éventuellement en vous ce qui fait que vous n’y parvenez pas ? Que vous continuez de discuter à propos de sujets sur lesquels vous ne voulez plus discuter ? Que vous vous considérez en quelque sorte et malgré vous comme « leur chose » et non pas comme une femme libre et souveraine d’elle-même ?

Vous m’aviez récemment posé la question : « L’entourage peut-il avoir eu une telle force inhibitrice de notre être, qu’aujourd’hui nous en soyons à craindre et redouter nos capacités ? » La réponse est oui, certainement. Auquel cas c’est un travail psychothérapeutique qui pourra vous aider à trouver votre place légitime, notamment en apprenant à affronter votre mauvaise conscience à être par vous-même en prenant votre place.

Pour aller plus loin, vous pouvez lire :

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Pourquoi je ne réussis pas à me réjouir du bonheur des autres ?

Question de @claire :

J’ai cette volonté d’être une personne meilleure, et je souhaite le bon à tout le monde, mais force est de constater que lorsque une personne réussie, j’ai des difficultés à me réjouir pour elle. Quand je réussis quelque chose je veux garder pour moi ce qui m’a permis de le réussir, comme si, on pouvait me le voler, comme si la réussite de l’autre pouvait effacer la mienne.

Je m’en rends compte et je voudrais être heureuse pour les autres sans amertumes.

Mes pistes de réponse :

On peut tricher avec tout le monde sauf avec soi-même, et vous ne trichez pas avec vous-même quand vous constatez avec lucidité que des forces à l’intérieur de vous s’opposent manifestement à ce que vous voulez dans votre profondeur.
Ainsi, la fausse loi à laquelle vous semblez vous soumettre est de croire que si vous vous réjouissez du bonheur de l’autre vous allez vous appauvrir.
Il semblerait que ce soient des aspects de vous-même actifs – liés au ressentiment et à la rancœur – qui vous condamnent à y croire.
Vous vous sentez donc inconsciemment et constamment menacée, en rivalité avec les autres (comme si cette rivalité était nécessaire à votre survie.) Il vous faut chercher contre qui vous ressentez le besoin d’en découdre ?
Votre travail est de parvenir à vous réunifier, à tout accueillir en apprivoisant éventuellement votre honte à le faire : il n’existe pas de lumière sans ombre.
Si vous parvenez à cette réunification, au fur à mesure de votre détente, vous serez de moins en moins dans la rivalité vis-à-vis des autres et vous parviendrez peu à peu à leur souhaiter le meilleur sans que ce meilleur ne vous fasse de l’ombre à vous.
Que devriez-vous redouter, l’essentiel n’est-il pas acquis puisque vous souhaitez devenir une personne meilleure ?
C’est la manière intelligente dont vous vous servirez de la compréhension fine de vous-même et de vos mécanismes inconscients à l’œuvre qui vous permettra d’avancer de façon à ne plus avoir besoin de l’amertume.

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Peut-on dire à sa famille qu’on la hait ?

Question de @whiteporpoise :

Peut-on écrire à sa famille : Je vous hais et je hais le lien qui nous unit.
Merci pour votre conseil.
Que Dame Nature vous enveloppe dans toute sa tendresse.

Mes pistes de réponse :

J’entends le besoin qui est le vôtre d’exprimer votre ressentiment vis-à-vis de votre famille à une personne qui vous écoutera, vous comprendra et ne vous jugera pas, par exemple à un thérapeute. Mais écrire à votre famille que vous la haïssez, pour qu’elle en garde la trace et s’en souvienne, pourrait-il être autre chose qu’une réaction hâtive ? Un besoin de vengeance actuel que vous pourriez regretter un jour ?

Je crois que – dans un monde régi par l’impermanence – il est nécessairement imprudent de tenir des propos définitifs à un autre, a fortiori à sa famille.
La haine n’est pas une liberté mais un assujettissement. Avez-vous déjà songé que votre haine pourrait être une dépendance négative à votre famille ? Il y a semble-t-il en vous un besoin interdit qui cherche à s’exprimer et vous contraint à la haine.

Derrière votre haine interdite se cache une blessure inavouée qui demande à être accueillie et écoutée grâce à un travail de connaissance de vous-même.
Vous ne devez rien à votre famille en ce sens que vous ne leur avez rien demandé, et en même temps, avez-vous conscience qu’elle est le moule à travers lequel il vous est permis d’être vivante ?

Quels qu’aient été les différents que vous avez pu avoir avec votre famille (et je sais que la vie en est riche), vous éprouverez peut-être un jour le besoin de leur dire « Je vous remercie pour ma vie ».

Il ne s’agit certainement pas de chercher à nier quoi que ce soit en vous, mais à moins de haïr votre propre existence, comment pourriez-vous haïr le moule qui l’a permise ?

Pour parvenir à effacer certaines traces de souffrances encore vives dans votre cœur, je vous invite à prendre par la main pour le chérir, l’enfant encore blessé qui est en vous. Une fois qu’il se sera senti accepté et aimé par vous, je peux vous affirmer que le regard que vous poserez sur les autres et le monde sera différent.

Pour aller plus loin, vous pouvez lire :

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Quel est le critère de l’action juste dans le présent ?

Question de @fabio :

Comment savoir qu’une action est spontanée et sans intention personnelle ? Qu’est-ce que l’action juste dans l’instant ? Pourriez-vous partager un exemple que vous avez vécu ?

Merci.

Mes pistes de réponse :

Chercher le critère d’une action juste dans le présent, c’est commencer par apprendre à différencier une action d’une réaction.
Dans la réaction, vous êtes identifié à votre égocentrisme, c’est-à-dire identifié à vos penchants comme à vos aversions. Dans la réaction, il vous est impossible de tenir compte de l’autre, puisque c’est le « moi exclusif » qui par définition commande.
A contrario, l’action juste vous demande de tenir compte de l’ensemble de la situation dont l’autre fait intrinsèquement partie, ce n’est donc plus le moi exclusif qui fait la loi.
C’est donc en fonction du but que vous vous donnerez à vous même, donc de vos motivations à agir, que vous parviendrez à déterminer si votre action est juste ou non.
Pour ce faire, plutôt que de vous posez la question : « Qu’est-ce que je veux ? De quoi ai-je besoin ? », vous pouvez vous poser plus largement la question : « Qu’est-ce qui m’est demandé ? » C’est ainsi que vous vous aiderez vous-même à composer avec la totalité de la situation dont les autres font partie.

Prenons un exemple dans la vie quotidienne. J’apprends qu’il vient d’avoir lieu un séisme dans une partie du monde, des milliers de personnes sont blessées et sans abri, sans compter les morts. J’estime qu’il est de ma responsabilité (donc qu’il m’est demandé) de faire rapidement un don généreux, en même temps que tenant compte des moyens qui sont les miens, à une association caritative.

Autre exemple, imaginons que je voie mon fils s’énerver ouvertement devant moi contre son enfant, sûr de sa maladresse, j’ai très envie de lui faire une remarque critique. Je me souviens de prendre en compte l’ensemble de la situation (désavouer un père devant son fils est à coup sûr maladroit parce que cela risque de le blesser.) Je contrôle donc ma remarque en la gardant pour moi.

Vous sentirez par vous-même que vous avez agi justement, à la mesure du sentiment d’équilibre (entre trop et trop peu) et de paix intérieure que vous ressentirez après avoir agi.

Pour aller plus loin dans le ressenti de la juste attitude, je vous invite à lire le partage de Martine et ma réponse :

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Comment faire passer l’acceptation de ce qui a été du cerveau aux tripes ?

Question de @marie :

Bonjour,
63 ans, enfant non désirée, abusée par un oncle vivant chez nous, élevée par des parents se souciant peu de moi. Grâce à une longue thérapie, j’ai compris le pourquoi de mes actes et réactions. Mais mes réflexes de défense, de protection disproportionnés persistent.

Vous dites que les émotions enfouies doivent être « vécues » pour être « dépassées ». Mais, concrètement, comment faire ? Comment faire passer l’acceptation de ce qui a été, du cerveau « aux tripes » ?

Merci beaucoup.

Mes pistes de réponse :

Le travail est de parvenir à vous réconcilier avec la part de vous qui a été si douloureusement blessée (et qui refuse jusqu’à ce jour de l’avoir été.)
Comprendre le pourquoi de vos actes est insuffisant, il vous faudra aussi comprendre que derrière le pourquoi de certaines de vos réactions, se cache encore la peur et peut-être la colère, autrement dit des émotions encore non exprimées parce qu’interdites. Vos réactions sont le produit du refus de ce que vous avez vécu dans le passé.
Pour se faire il vous faudra commencer non pas par comprendre avec la tête mais par voir avec les yeux du cœur et pour cela vous entraîner à avoir le goût de la vérité : le goût des choses telles qu’elles sont.
C’est à partir de cet entrainement que vous parviendrez un jour à « accepter » avec la totalité de vous-même ce que vous avez vécu donc à faire en sorte que votre passé ne laisse plus de trace en vous.
C’est un travail long et exigeant que celui de s’ouvrir à sa propre souffrance : sentir les choses avec la vulnérabilité de son cœur pour soi-même. C’est une alchimie intime et c’est votre cœur qui doit se rapprocher de vous-même d’abord. La compréhension viendra naturellement après.
« Voir1 », c’est dissiper l’illusion, l’esprit veut des recettes, on ne peut se réconcilier avec ce qui a été qu’en « voyant » inconditionnellement la réalité telle qu’elle est.
Par exemple, réussir à accepter n’avoir pas été désirée revient à consentir un jour à ne plus en avoir besoin, notamment parce que ce qui est certain c’est que vous avez été désirée par la vie puisque vous êtes vivante. Personne ne peut créer de toutes pièces un tel consentement, il s’agit de s’ouvrir à l’évidence, de vous laisser toucher par ce qui est là, pas loin, tout près de vous.
Pour ce faire, prenez-vous pour une chercheuse, il faut que vous parveniez à vous rencontrer d’une manière nouvelle de façon à vous accepter totalement.

Pour aller plus loin, vous pouvez lire :

Note :

1. À propos de « voir », lisez : Dissiper l’illusion, pour découvrir ce qui empêche de voir, lisez : Le Mental

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Comment surmonter ma soumission, mon patron me gronde ?

Question de @whiteporpoise :

Monsieur,
Merci énormément pour les étoiles que vous rayonnez.
Face à un patron qui s’en prend à moi injustement, je reste paralysée incapable de répondre. J’ai l’impression d’être une petite fille.
J’ai beau avoir compris ce qui s’était passé dans mon enfance, l’histoire de mes parents, je reste incapable de réagir quand on me gronde comme une petite fille.
Comment parvenir à surmonter cette soumission ?
Que Dame Nature vous emmène dans sa valse sémillante et joyeuse.

Mes pistes de réponse :

S’il n’y a pas d’effet sans cause, c’est la connaissance de soi-même qui permet de connaître la cause de nos comportements.
C’est ainsi que le comportement de votre patron réveille en vous une petite fille interdite et terrorisée qui n’a jamais pu s’exprimer et qui a appris à se soumettre pour survivre.
Cela signifie qu’en vous faisant une remarque, votre patron vous oblige à redevenir la petite fille que vous n’êtes plus et cela parce qu’elle n’a jamais été véritablement entendue jusqu’à ce jour.
Tant que votre histoire n’a pas encore été émotionnellement mise au jour, elle vous hypnotise. Des émotions interdites restent dangereusement enfouies à l’intérieur de vous qui – tant qu’elles ne se sont pas exprimées – vous empêchent de vous défendre, au minimum de répliquer.
C’est un travail psychothérapeutique qui vous permettra de rencontrer pour les apaiser, des parts de vous-même qui vous obligent à des comportements que vous ne voulez plus.

Pour aller plus loin, vous pouvez lire :

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Comment s’y prendre avec des personnes handicapées ?

Question de @floggy :

Est-il possible d’utiliser le mimétisme en miroir avec des personnes handicapées afin de leur faire prendre conscience qu’elles se parlent mal entre elles ?

Mes pistes de réponse :

Avant toute chose il me semble important de savoir ce que vous voulez faire avec elles, c’est-à-dire de savoir quel est votre rôle ? Aider des personnes handicapées à faire avec leur handicap, y compris dans leurs relations sociales, ou chercher à les éduquer pour les changer ?

Votre rôle est-il de réussir à faire en sorte que ces personnes ne se parlent plus mal ? Ou, plus humblement – compte tenu de leur handicap – de savoir les prendre d’une manière suffisamment non dramatisante pour parvenir à ce que le fait qu’il arrive à ces personnes de se parler mal ne soit plus un problème pour elles ni pour vous ?

Cela pour faire l’hypothèse qu’il est possible que vous souhaitiez éduquer ces personnes parce que leurs comportements vous déplaisent et vous sont trop difficiles à gérer ?

Puisque nos neurones miroirs, s’activent quand on fait quelque chose ou qu’on regarde une personne faire quelque chose, il va vous falloir, en tant qu’aidante, prendre toute votre responsabilité par rapport à ce phénomène : oser être à la fois en écoute active et en empathie avec ces personnes handicapées, vous adapter à elles, quels que soient leurs comportements, ce qui est – à ce niveau – assez éloigné de chercher (de près ou de loin) à les faire évoluer.

Et là – grâce à votre patience et aux neurones miroirs – peut-être découvrirez-vous des changements inespérés ?

En voulant obtenir des changements des personnes handicapées, en voulant les éduquer, vous courez le risque de l’épuisement. Par contre en restant vous-même, consciente des comportements professionnels qui vous sont demandés, sans trop vous soucier des comportements des personnes dont vous vous occupez, je fais le pari que vous resterez une professionnelle à la fois satisfaite et équilibrée.

Pour aller plus loin, vous pouvez lire :

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