Archives par étiquette : Traumatisme

Mon compagnon ne tient pas compte de mes traumatismes, que faire ?

Question de Lison :

Mes rapports avec mon compagnon sont parfois très conflictuels car j’ai subi des agressions sexuelles et des viols à la suite d’une enfance peuplée d’abus émotionnels.

Je pense qu’au départ, même si je le lui ai dit, il n’en a pas saisi les conséquences.

Pour me montrer qu’il m’aimait, il voulait me montrer qu’il avait du désir pour moi (avec son sexe) quand je lui disais que je n’avais plus envie de vivre.

Il dit qu’il a été maladroit, s’en veut. Moi, je l’ai très très mal vécu.

Il a changé d’attitude depuis quelques mois et est plus à mon écoute.

Je ne comprends absolument pas son attitude de départ, pour autant et je reste bloquée là-dessus. Je l’ai déjà traité d’agresseur et de violeur, ne comprenant pas son comportement qui me semble insensé.

Mes pistes de réponse :

La première chose que je vous propose de voir en face c’est que ce n’est pas parce que vous avez « subi des agressions sexuelles et des viols à la suite d’une enfance peuplée d’abus émotionnels », que les rapports avec votre compagnon sont devenus très conflictuels.

Vous vous méprenez sur la cause. La véritable cause de vos conflits avec votre compagnon n’est pas en vous mais en lui, ça me paraît essentiel que vous en conveniez. A penser que vous auriez dû être autre que celle que vous avez été (ce qui est impossible), vous vous mettriez dans un douloureux conflit d’impossibilité, générateur d’injustice et de culpabilité contre vous-même.

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Traumatisme et présence

Comment s’y prendre avec une personne victime d’un traumatisme ?

Ou comprendre le fonctionnement du traumatisme pour respecter et entrer en relation avec les personnes qui en sont victimes.

Il faudrait agir avec une personne traumatisée comme nous ferions avec une personne blessée, or le plus souvent, le traumatisme ne se voit pas.

« L’amour n’est pas une valeur, mais justement ce qui nous délivre de toute évaluation. La mise en présence la plus pure. »

Fabrice Midal[2]

Question de Daniel :

Je suis le conjoint d’une femme victime d’un viol alors qu’elle avait 16 ans (elle en a aujourd’hui 37). Elle me l’a dit dès notre rencontre il y a 9 ans mais a quitté la phase de déni des conséquences de ce traumatisme depuis seulement quelques mois. Et 20 ans de silence ont gravé beaucoup de choses. Son évolution est très très lente et la honte et la culpabilité sont très présentes. Nous sommes encore loin de l’acceptation, et je ne parle pas de guérison pour le moment. J’éprouve beaucoup de difficultés à l’aider correctement et je suis très souvent maladroit face à des attaques qui ne me sont pas destinées, mais sont dirigées vers moi, au quotidien.

En lisant votre article : « Comment gérer l’agressivité et la violence dans la relation d’aide ? » je me suis reconnu dans les attitudes qui provoquent le conflit et enveniment ces situations.

En tant que thérapeute, considérez-vous que je puisse m’appuyer sur vos travaux concernant les personnels médicaux pour tenter de trouver des éléments de réponse et réussir, un jour, à avoir l’attitude juste face à cette situation ?

Merci d’avance pour votre attention.

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Mémoire traumatique

Réflexion n° 20 :

Jean-Didier Vincent, neuropsychiatre et neurobiologiste, directeur de l’Institut Alfred Fessart à Gif-sur-Yvette, affirme : « Tout notre être est mémoire. (…) Les souvenirs obligent à construire un schéma d’action, souvent bricolé de façon à apaiser une insupportable souffrance. (…) Les représentations se construisent dans le cerveau à travers le filtre des émotions. Emotions et affects servent de support à leur construction. »

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Les racines de la violence

« Si le seul moyen de préserver le moi consiste à perdre autrui, alors l’enfant ordinaire préfère renoncer à son moi. »

Abraham Maslow.

« Car je préfère avoir des crises et te plaire plutôt que te déplaire et de n’en point avoir. »

Marcel Proust, lettre à sa mère.

Avant propos : Comprendre les causes originelles de la violence, c’est pouvoir ne plus se laisser enfermer dans des croyances manichéennes du type : « Dans la vie, il y a les gagnants et les perdants, on ne peut pas en sortir ! ». C’est aussi faire renaître l’espoir :

  • L’être humain n’est pas condamné à reproduire indéfiniment les mêmes comportements appris.
  • Le meilleur service que nous puissions lui rendre, s’il le désire, c’est de l’aider à voir les mécanismes qui – chez lui – font qu’il agit comme il agit.

Donc comprendre que les comportements sans cause n’existent pas, que « tout comportement absurde révèle sa logique jusqu’alors cachée, dès l’instant où les expériences traumatiques de l’enfance ne restent plus dans l’ombre. » (A.M.) Continuer la lecture