Archives par étiquette : Traumatisme

Ma petite fille est désagréable avec son frère

Question de @pascal :

Ma petite-fille de trois ans et demi est très désagréable avec son frère, de deux ans son cadet. Elle lui vole ses jouets, lui bloque le passage quand il veut aller quelque part, le pousse… Ses parents ne semblent pas s’inquiéter de cette attitude.

Est-ce que je peux faire quelque chose ?

Mes pistes de réponses :

Votre question est très pertinente, il faut tout mettre en œuvre pour éviter le traumatisme possible de l’aîné à la naissance de son petit frère ou de sa petite sœur.

Je connais des parents conscients qui – à la naissance de leur second – avaient pris soin que le bébé ne soit pas présent au moment des retrouvailles (après l’accouchement) de la mère avec son aîné. Ce n’est qu’après un temps laissé à ces retrouvailles que le nouveau né – qui avait été confié à un proche – a été présenté à l’aîné en pleine relation avec sa mère.

De même ils s’étaient arrangés pour que la naissance du second soit une occasion non pas de couvrir de cadeau le nouveau né qui n’en avait que faire (comme ça se fait habituellement de manière parfaitement inconsciente), mais l’aîné qui a pu ainsi associer sa propre joie à celle de la naissance du second.

Votre petite fille est vraisemblablement très jalouse de son petit frère, elle se ressent douloureusement détrônée depuis sa naissance et ne manque pas une occasion de se faire justice en cherchant à éliminer celui qui n’est pour elle qu’un intrus.

Le pouvoir d’un grand-père est immense puisque vous êtes dans une position privilégiée pour tout mettre en oeuvre afin de réparer son traumatisme. Ne pas intervenir ouvertement contre elle au profit de son petit frère dans les situations qui vous apparaissent comme injuste pour lui, mais a contrario vous y prendre d’une manière suffisamment ingénieuse et habile avec votre petite fille pour qu’elle se sente en quelque sorte « réhabilitée » dans sa place, reconnue et comblée.

Pour pouvoir trouver une relation équilibrée à son petit frère, votre petite fille a besoin de recevoir davantage d’amour, de patience et de reconnaissance.

Tout cela en gardant à l’esprit que c’est à ce prix que son petit frère trouvera la paix dans sa relation à sa grande sœur.

Pour aller plus loin, vous pouvez lire cette si éloquente histoire :

© 2022 Renaud Perronnet. Tous droits réservés

Je n’ai pas de souvenir de mon traumatisme sexuel

Question de @marie :

Est-il possible de guérir d’un traumatisme sexuel dont on n’a aucun souvenir excepté la certitude physique ?

Mes pistes de réponse :

Il n’y a pas d’autre possibilité – pour guérir – que celle de rencontrer ce que l’on a vécu pour le traverser.

Je présume, à vous lire, que votre chemin de réhabilitation de vous-même doit passer par l’accueil de votre « certitude physique », autrement dit entrez en dialogue avec votre corps, de manière à découvrir avec certitude qu’il ne peut pas mentir.

C’est à ce prix que vous pourrez guérir de votre traumatisme en en faisant l’équivalent d’une cicatrice propre.

Pour aller plus loin, vous pouvez lire :

© 2022 Renaud Perronnet. Tous droits réservés

Mon compagnon ne tient pas compte de mes traumatismes, que faire ?

Question de Lison :

Mes rapports avec mon compagnon sont parfois très conflictuels car j’ai subi des agressions sexuelles et des viols à la suite d’une enfance peuplée d’abus émotionnels.

Je pense qu’au départ, même si je le lui ai dit, il n’en a pas saisi les conséquences.

Pour me montrer qu’il m’aimait, il voulait me montrer qu’il avait du désir pour moi (avec son sexe) quand je lui disais que je n’avais plus envie de vivre.

Il dit qu’il a été maladroit, s’en veut. Moi, je l’ai très très mal vécu.

Il a changé d’attitude depuis quelques mois et est plus à mon écoute.

Je ne comprends absolument pas son attitude de départ, pour autant et je reste bloquée là-dessus. Je l’ai déjà traité d’agresseur et de violeur, ne comprenant pas son comportement qui me semble insensé.

Mes pistes de réponse :

La première chose que je vous propose de voir en face c’est que ce n’est pas parce que vous avez « subi des agressions sexuelles et des viols à la suite d’une enfance peuplée d’abus émotionnels », que les rapports avec votre compagnon sont devenus très conflictuels.

Vous vous méprenez sur la cause. La véritable cause de vos conflits avec votre compagnon n’est pas en vous mais en lui, ça me paraît essentiel que vous en conveniez. A penser que vous auriez dû être autre que celle que vous avez été (ce qui est impossible), vous vous mettriez dans un douloureux conflit d’impossibilité, générateur d’injustice et de culpabilité contre vous-même.

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Pourquoi la confrontation au passé ?

Cette réflexion vous intéresse, pour aller plus loin, lisez :

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Traumatisme et présence

Comment s’y prendre avec une personne victime d’un traumatisme ?

Ou comprendre le fonctionnement du traumatisme pour respecter et entrer en relation avec les personnes qui en sont victimes.

Il faudrait agir avec une personne traumatisée comme nous ferions avec une personne blessée, or le plus souvent, le traumatisme ne se voit pas.

« L’amour n’est pas une valeur, mais justement ce qui nous délivre de toute évaluation. La mise en présence la plus pure. »

Fabrice Midal[2]

Question de Daniel :

Je suis le conjoint d’une femme victime d’un viol alors qu’elle avait 16 ans (elle en a aujourd’hui 37). Elle me l’a dit dès notre rencontre il y a 9 ans mais a quitté la phase de déni des conséquences de ce traumatisme depuis seulement quelques mois. Et 20 ans de silence ont gravé beaucoup de choses. Son évolution est très très lente et la honte et la culpabilité sont très présentes. Nous sommes encore loin de l’acceptation, et je ne parle pas de guérison pour le moment. J’éprouve beaucoup de difficultés à l’aider correctement et je suis très souvent maladroit face à des attaques qui ne me sont pas destinées, mais sont dirigées vers moi, au quotidien.

En lisant votre article : « Comment gérer l’agressivité et la violence dans la relation d’aide ? » je me suis reconnu dans les attitudes qui provoquent le conflit et enveniment ces situations.

En tant que thérapeute, considérez-vous que je puisse m’appuyer sur vos travaux concernant les personnels médicaux pour tenter de trouver des éléments de réponse et réussir, un jour, à avoir l’attitude juste face à cette situation ?

Merci d’avance pour votre attention.

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Mémoire traumatique

Jean-Didier Vincent, neuropsychiatre et neurobiologiste, directeur de l’Institut Alfred Fessart à Gif-sur-Yvette, affirme : « Tout notre être est mémoire. (…) Les souvenirs obligent à construire un schéma d’action, souvent bricolé de façon à apaiser une insupportable souffrance. (…) Les représentations se construisent dans le cerveau à travers le filtre des émotions. Emotions et affects servent de support à leur construction. »

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Les racines de la violence

“Si le seul moyen de préserver le moi consiste à perdre autrui, alors l’enfant ordinaire préfère renoncer à son moi.”

Abraham Maslow.

“Car je préfère avoir des crises et te plaire plutôt que te déplaire et de n’en point avoir.”

Marcel Proust, lettre à sa mère.

Avant propos : Comprendre les causes originelles de la violence, c’est pouvoir ne plus se laisser enfermer dans des croyances manichéennes du type : “Dans la vie, il y a les gagnants et les perdants, on ne peut pas en sortir !”. C’est aussi faire renaître l’espoir :

  • L’être humain n’est pas condamné à reproduire indéfiniment les mêmes comportements appris.
  • Le meilleur service que nous puissions lui rendre, s’il le désire, c’est de l’aider à voir les mécanismes qui – chez lui – font qu’il agit comme il agit.

Donc comprendre que les comportements sans cause n’existent pas, que “tout comportement absurde révèle sa logique jusqu’alors cachée, dès l’instant où les expériences traumatiques de l’enfance ne restent plus dans l’ombre.” (A.M.) Continuer la lecture