Archives de catégorie : Questions / Réponses

Je n’ai pas accompli ce que je voulais vraiment

Question posée par Marie-France :

Depuis que je suis en retraite j’ai une multitude de projets de vie inaccomplis : déménager, commencer des études universitaires que je n’ai jamais pu faire, m’installer comme thérapeute artiste, publier un livre, créer, voyager, mais cela est-il le résultat de mes frustrations de vie où je n’ai pas accompli ce que je voulais vraiment ? Et comment faire ? Aurai-je le temps, la santé ?

Mes pistes de réponse :

La tradition spirituelle de l’Inde ancienne parle de 4 stades distincts dans la vie d’un être humain :

  1. Bramacharya : période de l’éducation.
  2. Grihastha : période de la vie à la fois active et mondaine.
  3. Vanaprastha : période de méditation et de retraite dans la nature.
  4. Samnyasa : période de renoncement et de détachement complet vis-à-vis du monde qui permet d’atteindre la libération avant la mort.

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Je veux rester zen avec mes enfants !

Question de @nanou :

Maman de 3 garçons, 12, 8 ans et 18 mois. Le 1er est en pleine crise d’ado le 2ème à des soucis émotionnels et de compréhension. Ils me font vivre un peu la misère depuis un moment et du coup je me rends compte maintenant que je suis agressive et vulgaire avec eux. Dès qu’ils répondent et qu’ils n’écoutent pas je sors de mes gonds…

Je cherche une solution pour rester ZEN malgré tout…

Merci !

Mes pistes de réponse :

Il vous faut garder en mémoire qu’en voulant faire le bien, on peut faire son mal : vouloir rester zen « malgré tout » est une voie de maltraitance de vous-même puisqu’elle est une contrainte à devoir réussir en forçant les choses.

Une femme qui s’en veut elle-même ne peut pas réussir à être à la hauteur des besoins de sa famille et de ses propres enfants.

Votre travail est donc de commencer par vous réconcilier avec vous-même plutôt que de vous en vouloir en vous jugeant.

Commencer par convenir que si vous devenez agressive, vulgaire et que vous sortez de vos gonds, c’est que vous êtes dans une fatigue extrême.

La solution que vous cherchez passe donc par accueillir la femme que vous êtes avec douceur et bienveillance, pour lui permettre de s’apaiser. Ce n’est qu’après ce préalable que vous deviendrez capable de trouver un juste équilibre entre votre idéal de mère et la femme que vous êtes.

C’est ainsi que vous parviendrez à découvrir que ce sont, non pas vos enfants, mais vos propres exigences, qui vous poussent à croire que vos enfants cherchent à vous faire vivre la misère.

Pour aller plus loin, vous pouvez lire :

© 2022 Renaud Perronnet. Tous droits réservés

Pourquoi je me sens si agressive ?

Question de @emmy :

Pourquoi lorsque je m’énerve ou me dispute avec quelqu’un j’ai tout de suite cette envie de lui mettre un coup de poing ?

Je me retiens mais c’est dur et c’est pas tout le temps faisable…

Mes pistes de réponse :

Je vous invite à voir les choses avec simplicité : si vous vous sentez agressive face aux autres et même avec des désirs de violence, c’est qu’il y a de la violence refoulée à l’intérieur de vous qui s’infiltre à l’occasion de vos différents avec les autres.

Un travail thérapeutique de connaissance de vous-même vous permettrait d’investiguer pour découvrir que derrière votre agressivité se cache une souffrance qui cherche à se dire depuis longtemps.

Pour retrouver votre équilibre perdu dans vos relations, il vous faut mettre au jour cette souffrance refoulée au fond de vous-même (chercher qui a souffert et de quoi ?), sinon vous courez le risque d’exprimer inopinément votre violence, avec toutes les conséquences notamment pénales auxquelles vous vous exposez.

Pour aller plus loin, vous pouvez lire :

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J’assimile mes deux enfants à une contrainte…

#13 @sandrine :

Comment faire pour ne plus assimiler mes deux enfants (12 et 8 ans) à une contrainte / privation de liberté permanente ?

Je cherche à y voir plus clair dans mes relations avec eux pour mieux vivre avec eux et avec moi-même.

Mes pistes de réponse :

Je crois que votre question parle moins de vos enfants que de votre fatigue extrême. C’est votre fatigue qui vous fait interpréter vos enfants comme une contrainte. Si vous prenez soin de votre fatigue, vous découvrirez nécessairement des changements dans la perception que vous aurez de vos enfants.

Pour ce faire, observez la manière dont vous vous laissez influencer négativement par vos contraintes et pourquoi ? Cela parle aussi sans doute de l’image de « bonne mère » à laquelle vous cherchez à être conforme coûte que coûte.

Victime de votre idéal de mère, vous vous fatiguez trop. Paradoxalement, c’est en permettant à votre idéal de mère de se relâcher que vous parviendrez à être une mère à la fois acceptable et détendue.

Pour aller plus loin, vous pouvez lire:

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Mon fils adopté part en dérive

Question de @jacky :

Mon fils de 18 ans que nous avons adopté dès l’âge de deux mois, né sous X, part à la dérive depuis trois ans, trouble du comportement et des addictions au tabac et fume du cannabis. Il a eu son bac avec mention avec un an d’avance mais depuis reste à la maison.

Mes pistes de réponse :

Votre remarque revient à poser la question : Comment parvenir à entrer en relation réelle avec son enfant en souffrance ? Comment l’écouter pour lui permettre de se dire, de dire ses inhibitions, ses refoulements, ses peurs, ses hantises qui l’empêchent de vivre sa vie en étant à la hauteur de ses capacités et de ses talents ?

Comment votre enfant pourrait-il ne pas souffrir s’il doute de sa légitimité à vivre ?
Aimer son enfant est une chose, parvenir à faire en sorte que son enfant se sente aimé alors qu’il est arrivé sur terre « abandonné » en est une autre, et d’autant plus délicate pour vous qu’elle ne dépend pas que de vous.

Dans sa dérive, votre enfant cherche à se fuir, à se déprécier, à ne surtout pas se rencontrer. Qui donc parviendra à être pour lui un pilier sur lequel il pourra s’appuyer, et qui lui permettra de découvrir que nous n’avons pas besoin d’avoir été accueillis par nos parents biologiques pour nous sentir accueillis par la vie elle-même ?

Courage, si vous vous sentez démuni pour ce faire, prenez vous-même appui sur un professionnel.

Pour aller plus loin, vous pouvez lire :

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Je n’ai pas de souvenir de mon traumatisme sexuel

Question de @marie :

Est-il possible de guérir d’un traumatisme sexuel dont on n’a aucun souvenir excepté la certitude physique ?

Mes pistes de réponse :

Il n’y a pas d’autre possibilité – pour guérir – que celle de rencontrer ce que l’on a vécu pour le traverser.

Je présume, à vous lire, que votre chemin de réhabilitation de vous-même doit passer par l’accueil de votre « certitude physique », autrement dit entrez en dialogue avec votre corps, de manière à découvrir avec certitude qu’il ne peut pas mentir.

C’est à ce prix que vous pourrez guérir de votre traumatisme en en faisant l’équivalent d’une cicatrice propre.

Pour aller plus loin, vous pouvez lire :

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Ressentiment ou responsabilité

En chemin vers la liberté

« Tous nous serions transformés si nous avions le courage d’être ce que nous sommes. »

Marguerite Yourcenar

« Si une femme vous attire, cette femme n’en est pas coupable, c’est vous qui l’êtes, n’est-ce pas ? De là vous en arrivez à la première condition de la vie spirituelle : « Vous êtes seul responsable de toute réaction émotionnelle qui se produit en vous. Il n’y a qu’un seul responsable. Rien d’extérieur. »

Swami Prajnanpad

Question de Lisa :

J’ai besoin de votre aide dans la mesure où je ne comprends pas ce qu’est l’inconscient, ni les notions de responsabilité et culpabilité qui peuvent lui être liés.
Ayant vécu une enfance violente, chaotique et abusive, m’ayant amené à l’âge adulte à subir des viols, je reprends un travail thérapeutique. J’ai encore beaucoup de culpabilité, de honte et de détresse en moi, je trouve, et, ce d’autant que j’ai coupé les ponts avec ma famille proche et éloignée pour m’en protéger. Je ne comprends pas toujours mes réactions mais j’aimerais savoir et comprendre si je suis responsable et/ou coupable quand je ne pose pas des limites. J’ai encore du travail à faire pour soigner mon incapacité à dire non, ou à dire ce que je ressens de peur d’être rejetée, plus aimée, abandonnée, qu’on me crie ou hurle dessus, qu’on m’agresse, que la personne en face ne se contrôle plus. Mon compagnon en fait les frais : j’accepte des choses puis le lendemain, je suis agressive.
Un-e être humain-e est-il coupable et/ou responsable de ce dont il n’a pas conscience et/ou fait de manière automatique ?
Quelle est la manière la plus juste d’y faire face et d’y voir plus clair, selon vous ?
Je vous remercie chaleureusement pour votre réponse.

Mes pistes de réponse :

L’inconscient et ses déclencheurs

La première chose à comprendre c’est que votre inconscient est ce qui en vous vous pousse à agir.
Dire que nous sommes menés par notre inconscient c’est admettre que tout notre être est mémoire et que les drames que nous avons vécus dans notre passé nous obligent à certains comportements dans le présent. Nous sommes en permanence, ici maintenant, les conséquences vivantes de ce que nous avons vécu auparavant.
Swami Prajnanpad expliquait que l’inconscient est « une action non terminée dans le passé qui s’introduit de force dans le présent.1 » Prenons un exemple : un enfant s’est senti abandonné par sa mère ; devenu adulte, il ne supporte pas que sa compagne arrive en retard à un rendez-vous. Il pourra tenter de rationaliser en se disant que sa compagne est simplement en retard et que ce n’est pas grave, mais si cette blessure créée par l’abandon de sa mère est active en lui, elle s’exprimera en lui comme une déflagration lui rendant le retard de sa compagne insupportable. N’ayant pas pu – enfant – exprimer sa souffrance, il sera contraint, malgré lui, d’exprimer sa souffrance sous la forme d’une remarque négative et cinglante à sa compagne.

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Le bordel à la baraque me rend folle !

Question de @iheb :

Ok si mon fils est homo et si ma fille est enceinte à 16 ans mais le bordel à la baraque me rend folle.

Mes pistes de réponse :

En êtes-vous certaine ? Le désordre de votre maison qui vous rend folle ne serait-il pas le symptôme d’un malaise plus profond et dû à la non acceptation de ce que vivent vos enfants ?

Il vous faut regarder ce qui se passe en vous de très près.

En même temps souvenez-vous :

« Vos enfants ne sont pas vos enfants. Ils sont les fils et les filles de l’appel de la Vie à elle-même. Ils viennent à travers vous mais non de vous. Et bien qu’ils soient avec vous, ils ne vous appartiennent pas. »

Khalil Gibran, Le Prophète.

Pour aller plus loin, vous pouvez lire : 

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Comment sortir d’une ambiance incestuelle ?

Question de @sandra :

Comment sortir d’une relation toxique (ambiance incestuelle père-fille) ?

Mes pistes de réponse :

L’ambiance incestuelle créé un climat propice à la confusion et à l’absence de limites qui sera d’autant plus pervers que son auteur le niera systématiquement.
Ce climat s’exprime avec des gestes, des regards, des mots sous entendus, de l’humour déplacé, des comportements (violents ou doux), qui se présentent souvent sous le jour de la liberté, pire encore de la normalité.

Pour mettre en évidence un tel climat il faut donc à la fois avoir des repères solides et des certitudes. Il faut aussi du courage puisque souligner de tels comportements, les dénoncer, c’est courir le risque d’être démenti(e), ridiculisé(e), stigmatisé(e) ou même banni(e).

C’est aussi courir le risque que ce qui est considéré comme ridicule se transforme en culpabilité pour la personne qui le subit.

Le climat incestuel est nécessairement poisseux puisqu’il se nourrit de ce qui est inapproprié, douteux et immoral. Il se nourrit aussi du doute, de la sincérité et de l’honnêteté de la personne qui le subit et cela pour la perdre.

Vous comprendrez que pour commencer à en sortir, la personne qui vit une telle épreuve, aura besoin d’un allié, un témoin (ami, thérapeute) sur lequel s’appuyer et qui validera ses doutes en la croyant.

Pour aller plus loin, vous pouvez lire :

Et regarder cette vidéo :

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Qu’est-ce que l’éveil à sa vraie nature ?

Question de @marylene :

On parle beaucoup de l’éveil à sa vraie nature, de quoi s’agit il vraiment ?

Mes pistes de réponse :

La promesse de la spiritualité c’est qu’elle affirme que tous les hommes vivent dans le sommeil et qu’ils peuvent s’éveiller à leur vraie nature. Cela signifie que nous sommes non pas mauvais mais coupés et séparés de nous-mêmes, qu’il y a en nous tous quelque chose de permanent qui n’est jamais né et qui ne mourra jamais, et que nous pouvons chercher et trouver.

Rencontrer sa vraie nature, c’est donc se retrouver dans cet espace non affecté qui se trouve au-delà de l’identification à ses réactions et à ses peurs.

Cette recherche commence généralement sur la base de la prise de conscience que nous ne sommes ni libres, ni conscients de nous-mêmes, mais que nous pouvons le devenir, que nous pouvons nous évader de notre prison à condition de commencer par nous mettre à l’étudier.

L’allégorie de la caverne de Platon parle de cela, ainsi que la fameuse formule de Socrate « Connais-toi toi-même » dont on ne cite généralement pas la fin : « …et tu connaitras le secret de l’univers et des dieux. »

Pour comprendre mieux cela, je vous invite à visionner cette courte vidéo :

Pour aller plus loin, vous pouvez lire le très concret, précis, pratique et passionnant livre d’entretiens entre Emmanuel Desjardins et son père Arnaud, Spiritualité de quoi s’agit-il ? qui vient d’être réédité en Pocket.

J’ai peur de souffrir et de mourir

Question de @anonyme :

Je suis une jeune retraitée libérée épanouie sauf que j’ai peur de souffrir, de mourir et peur pour tous ceux qui m’entourent. Je suis bénévole en soins palliatifs.

Mes pistes de réponse :

Ce que vous exprimez là est parfaitement cohérent, nous vivons dans un monde dans lequel le plaisir est inhérent à la souffrance et vice versa.

Swami Prajnanpad disait :

« Généralement les gens veulent éviter la souffrance et sont désireux de garder le plaisir ; donc ils obtiennent la souffrance ou le déplaisir. Pourquoi obtiennent-ils le déplaisir ? Le déplaisir n’est rien d’autre qu’une réaction ou le résultat du plaisir. Vous ne pouvez l’éviter, éliminer le déplaisir, parce qu’il n’a pas d’entité indépendante. Dès que vous dites : « Je veux faire quelque chose et y prendre du plaisir », alors vous devez être certain que la souffrance viendra après. »

Votre peur parle de votre absence de confiance en la vie qui ne nous est pas contraire, continuez de vous épanouir, et en même temps, voyez que la souffrance fait intrinsèquement partie de la vie, il n’y a pas de recto sans verso, de lumière sans ombre, de plaisir sans souffrance, pas non plus (vous le savez en tant que bénévole) de naissance sans mort.

Pour aller plus loin, vous pouvez lire :

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Mes parents sont complètement cons

Question @anonyme :

Comment puis-je faire comprendre à mes parents qu’ils sont complètement cons ?

Mes pistes de réponse :

La première chose à faire c’est de comprendre que si vous souhaitez changer vos parents c’est parce que vous les considérez encore comme responsables de votre souffrance.

En les considérant comme responsables de votre souffrance – paradoxalement – vous leur donnez beaucoup de pouvoir.

Parallèlement il est vrai que de vouloir que son enfant soit conforme à ce que l’on veut qu’il soit est absurde et déraisonnable puisque nous sommes tous uniques et différents.

C’est en vous donnant le droit d’être qui vous vous sentez être que vous n’éprouverez plus le besoin de changer vos parents, donc que vous en deviendrez libre.

Pour aller plus loin, vous pouvez lire : 

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Mon ado part chez son père pervers narcissique

Question de @anonyme :

Que faire quand votre ado part vivre chez son père pervers narcissique et se coupe de toute communication avec sa maman ?

Mes pistes de réponse :

On sait que le Syndrome d’Aliénation Parentale (SAP) est aujourd’hui une notion très largement controversée. Pour vous répondre de façon fiable, il faudrait donc investiguer;

Aussi douloureux et injuste que cela soit pour vous dans l’immédiat, tentez de prendre conscience que votre relation à votre enfant ne s’arrêtera pas à aujourd’hui, les drames, comme les choses agréables sont impermanents.

Ce qui se passe aujourd’hui n’est que la conséquence de ce qui s’est préparé hier, et ce qui se passera demain sera la conséquence de ce que vous aurez préparé aujourd’hui. Cela signifie que votre manière d’intervenir dans votre relation à votre fils aujourd’hui conditionnera la relation que vous aurez avec lui demain.

Cela parle en particulier de votre relation à vous-même et à la manière dont vous allez accepter la douloureuse réalité d’aujourd’hui qui est, ne l’oubliez pas, momentanée. Cela parle aussi de votre confiance en la vie, de votre confiance en ce que vous avez semé dans le passé, de votre confiance dans la manière habile dont vous allez prendre les choses et les gérer aujourd’hui afin de pouvoir retrouver – demain – un lien vivant avec votre enfant.

Pour aller plus loin, vous pouvez lire :

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