Archives de catégorie : Connaissance de soi

Du conflit à l’art de l’esquive

Pourquoi devrions-nous nous laisser mener par notre agresseur ?  

Puisque le monde dans lequel nous vivons est difficile à vivre et que nous ne pouvons pas pour autant le quitter, la question est de savoir dans quelle mesure nous pouvons le rendre habitable, ne fût-ce que la brève durée de notre vie éphémère.

Sôseki, Oreiller d’Herbe ou le Voyage poétique, Picquier poche, p. 8

Le jeu de la dualité

On appelle dualisme le fait qu’un objet, un concept, ne puisse pas exister sans son contraire, ne puisse pas exister autrement que par la relation qu’il entretient avec ce qui n’est pas lui, (sinon il n’est rien). Le dualisme implique que l’on ne peut donc connaître quoi que ce soit que par opposition : on ne peut par exemple définir le silence que par rapport au bruit, le bien que par rapport au mal, le bonheur par rapport au malheur, le moi que par rapport au non-moi. Les extrêmes se font mutuellement exister.

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Que veut dire : « Vous l’avez attiré » ?

« Tout ce qui vous arrive, c’est vous qui l’attirez.

Il y a comme un champ magnétique autour de vous1 . »

Swami Prajnanpad

À première vue, cette formule, si elle est adressée à une personne victime d’une agression par exemple, ne peut qu’être maltraitante. Qui pourrait avoir suffisamment d’inconscience, d’indélicatesse et si peu d’empathie pour dire à une personne en souffrance : « Vous avez attiré votre agression », sous-entendant que l’agression a été désirée par la personne qui la subit ?

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Comment ne plus faire le mal qu’on ne veut pas faire ?

(…et parvenir à faire le bien que l’on veut faire ?)

« Personne n’a jamais fait le mal, chacun n’a jamais fait que le bien tel qu’il le comprend. »

Swami Prajnanpad

« Ton travail est de découvrir ton travail puis, de tout ton cœur ; te donner à lui. »

Bouddha, Dhammapada, 62

 

Nous vivons dans un monde régi par la loi de l’impermanence et par la loi de la différence, ce qui signifie que la notion de bien et de mal varie constamment entre les individus et avec les circonstances.

Dans un tel contexte il nous est arrivé à tous de ressentir que nous ne voulons pas le mal – pourtant bien réel pour celui qui le subit – que nous avons fait subir aux autres.

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Je me sens victime, pas légitime, ça me rend triste

Question de @kriss :

Il y a de nombreuses circonstances ou je me sens victime, pas légitime, ce qui me rend triste. J’ai beau accueillir ce sentiment et souhaiter le traverser pour trouver la quiétude, je ne sais pourquoi je n’y parviens pas… peut-être ne dois-je pas « vouloir » trouver la quiétude et que c’est elle qui me trouvera ?

Mes pistes de réponse :

Ce n’est pas tant votre aspiration à la quiétude qui est problématique (elle est légitime), que la manière dont vous vous y prenez pour y parvenir.

A vous lire, j’ai le sentiment que votre émotion de tristesse est la conséquence de la manière dont vous refusez de vous sentir victime en vous jugeant de l’avoir été.

C’est certainement le plus difficile pour une personne qui a été la « victime » d’une autre, d’en convenir en le reconnaissant, et pourtant ce qui s’est passé s’est passé.
Il va vous falloir parvenir à envisager que par définition une victime n’a rien fait de mal.

C’est donc en prenant appui lucidement sur ce qui s’est passé (en le reconnaissant plutôt que de courir le risque de vous infliger une double peine en en ayant honte), que vous parviendrez petit à petit à traverser complètement votre sensation d’avoir été une victime, sans plus ressentir le besoin de vous juger.

C’est après avoir traversé cette sensation que vous parviendrez à trouver l’équilibre et la quiétude. A contrario, tant que le fait d’avoir été victime vous fait réagir en vous rendant triste, vous entretenez inconsciemment votre blessure qui ne pourra donc pas cicatriser.

Pour aller plus loin, vous pouvez lire :

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Pourquoi j’ai des envies de meurtre ?

Question de @coucou :

Que signifie le fait d’avoir des envies de meurtre à l’égard de ses géniteurs quand on a soi-même atteint l’âge de 60 ans ?

J’ai déjà ma petite idée.

Mes pistes de réponses :

Bien sûr que vous avez déjà votre petite idée, vous vous doutez que vos pulsions ne tombent pas du ciel, puisqu’elles sont la conséquence de ce que vous avez vécu dans votre histoire et en particulier dans votre enfance.

Vos envies de meurtre vous mettent à l’épreuve de votre culpabilité et de votre mauvaise conscience qu’il va vous falloir affronter.

À partir de ce travail, vous allez pouvoir vous questionner, quoi que vous en pensiez, quelles qu’ont pu être les horreurs que vous avez pu vivre dans votre relation avec vos géniteurs. Est -il juste pour vous de tolérer indéfiniment d’être la proie de pulsions dont l’origine ne vous appartient pas.

Comme n’importe quelle autre personne, il est juste que vous aspiriez à l’amour et à la paix, vous avez le droit de ne plus devoir crier la nuit à l’occasion de vos cauchemars. Cela passe certainement par la mise au jour de vos pulsions de meurtre à l’égard de vos géniteurs.

Pour aller plus loin, vous pouvez lire :

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Qu’est-ce que l’amitié ?

Question de @marie :

Y a-t-il plusieurs niveaux dans l’amitié ?

Je peux être amie de X mais davantage amie de Y même si les deux savent les mêmes choses de moi ?

Peut on avoir beaucoup d’amis et dire qu’ils sont identiquement amis avec moi, au niveau de l’affectif, de l’envie d’être avec, du désir de se voir, passer du temps ensemble. Quand j’étais jeune, j’avais 4 amies proches et l’une d’entre elle était ma « meilleure amie ».

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Qu’est-ce qui est réel ?

« Bien que rien ne se passe, vous avez l’illusion d’un monde :

parce que tout change, il n’y a jamais d’entité. »

 

R. Srinivasan, Entretiens avec Swami Prajnanpad, p. 26.

 

 

Le chemin n’est jamais rectiligne, il serpente, imprévu et mystérieux, au cœur de nos destinées.

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Je suis envahie par la rage et la haine

Question de @beatrice :

Au fil du temps, j’ai l’impression d’anesthésier mes sentiments sauf la rage et même la haine qui m’envahissent et m’empoisonnent au point que mon âme peut me paraître défigurée.

Mes problèmes anciens sont récurrents.

Que faire ? Merci.

Mes pistes de réponse :

Oui, comprenez qu’une personne blessée vit dans la peur d’elle-même, c’est ainsi qu’elle peut en arriver à anesthésier ses sentiments, à se blinder pour tenter de moins souffrir en ne les montrant pas, c’est à partir de là que peuvent apparaître les émotions de rage et de haine.

Si « votre âme vous paraît défigurée » ne serait-ce pas simplement parce qu’une part de vous-même a conscience de ce qui se joue en vous et le reproche à la part de vous-même qui a peur ?

Ne vous accablez pas, n’en rajoutez pas contre vous-même, vous faites « comme vous pouvez. »

Commencez toujours par la réconciliation (avec vous), pour aller vers l’acceptation. Après (et après seulement), viendra la compréhension (c’est dans cet ordre que les choses fonctionnent.)

Donc « acceptez » d’être – pour le moment – la proie de la rage et de la haine, et en même temps sentez comment vous allez vous y prendre (comment vous allez vous faire aider), pour prendre en compte vos « problèmes anciens » qui ne sont récurrents que parce qu’ils n’ont jamais été mis au jour.

La pratique du déni ne fait qu’amplifier l’étouffement de la part de vous qui aspire à la paix et qui vit l’insupportable.

Laissez tomber vos jugements sur vous-même et prenez le risque d’écouter ce que murmure votre âme. Comme chaque être humain, vous portez en vous-même ce que l’écrivain Yvan Amar nomme un « chant de création », exprimez-le, osez vous laisser inspirer par lui.

Pour aller plus loin, vous pouvez lire :

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Je suis adulte, comment prendre mon envol ?

Question de @oumyahia :

Comment prendre son envol à l’âge adulte si enfant nous étions rejetés, humiliés, rabaissés ajouté à cela un mutisme handicapant ?

Mes pistes de réponse :

La première chose c’est de comprendre que vous avez besoin de vous rapprocher de vous-même : vous n’êtes pas ce que l’on vous a dit que vous étiez.

Pour le moment vous êtes la proie d’un phénomène d’identification à ce que l’on vous a fait croire et subir. Et c’est « normal » un être humain qui a été constamment humilié et rabaissé aura une énorme difficulté à croire en sa valeur. Votre mutisme est vraisemblablement la conséquence de votre peur de « prendre votre place. »

Comprendre cela est immense parce que ça vous permettra de mettre en doute vos propres croyances maltraitantes sur vous-même. Mettre en doute l’idée selon laquelle vous n’auriez pas de valeur.

À partir de cela – pour prendre votre envol – il vous faudra découvrir pas à pas qui vous êtes vraiment c’est-à-dire prendre confiance en vous en vous appuyant sur ce que vous êtes. Cela peut se faire à travers un accompagnement thérapeutique à la connaissance de soi-même.

Pour aller plus loin, vous pouvez lire :

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Comment s’y prendre pour changer sa vieille mère ?

Question posée par Simon :

Ma mère veut tout contrôler. Son mari, l’intendance, sa famille, l’argent… Elle a toujours raison et sait tout sur tout. Elle est hypocondriaque, souvent malade et fait régulièrement des analyses médicales. La seule fois où elle a réellement été confrontée à elle-même en psychothérapie, elle a changé de thérapeute. Je l’aime mais elle est difficile à vivre. Elle a 78 ans.

Comment l’aider à évoluer ?

Mes pistes de réponse1 :

Je vous invite à investiguer l’hypothèse que si votre vieille mère vous épuise, ce n’est pas parce qu’elle veut tout contrôler, mais plutôt parce que vous lui résistez en pensant que si vous ne lui résistez pas vous allez vous faire dévorer par elle.

Que ce sont donc vos propres craintes, et vos besoins d’avoir raison face à elle qui vous font gaspiller beaucoup d’énergie et sont à l’origine de votre façon de la trouver difficile à vivre..

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Je suis bloquée dans ma sensibilité

Question de @mina :

Pourquoi lorsque j’essaie d’écrire mes sentiments rien ne sort de moi ? Je sens qu’il y a quelque chose, mais rien

Mes pistes de réponse :

Vous sentez quelque chose parce que par-delà vos inhibitions à être, vous êtes « vivante. »

Baudelaire écrivait : « Le génie de chacun, c’est sa sensibilité. »

Vous avez vraisemblablement enfoui votre génie au fond de vous-même, peut-être même – comme tant de personnes – avez-vous appris à en avoir honte ?
Pourquoi ? Sans doute pour rester conforme au regard des autres en ne faisant surtout pas de vagues avec votre originalité, votre particularité. Pourquoi êtes-vous mal à l’aise avec votre spécificité ?

Si, aujourd’hui, votre sensibilité ne se laisse pas approcher, apprivoiser, c’est parce que vous vous êtes endurcie, vous vous êtes censurée, sans en avoir conscience.
Il va donc vous falloir apprendre à devenir vulnérable (c’est un apprentissage), en vous laissant sentir les choses et en faisant peu à peu confiance à ce que vous sentez, c’est ainsi que vous pourrez un jour découvrir et exprimer votre sensibilité, c’est ce travail qui vous permettra d’être la femme que vous êtes.

Plus vous vous laisserez toucher par le monde et les autres, plus vous deviendrez capable d’exprimer vos sentiments. Donc arrêtez de vous contrôler et de vous censurer et pour ce faire, laissez vos émotions sortir.

Swami Prajnanpad était très explicite sur ce sujet : « Tant que les émotions refoulées ne sont pas exprimées, il n’est pas possible de fonctionner normalement. »

Si rien ne sort de vous, vous pouvez être certaine que c’est parce que la censure est trop forte, alors apprenez à ne plus avoir peur de vous en vous faisant aider.

Pour aller plus loin, vous pouvez lire :

Vous pouvez aussi faire cet exercice afin de vous mieux connaître :

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Comment ne plus être un « bon garçon » ?

Question de @pascal :

Ma mère était méprisée dans notre famille, car elle n’avait aucun diplôme et n’était pas très intelligente. Mon père régissait à tout.

Pourtant, aujourd’hui, à 60 ans, je me rends compte que j’ai toujours voulu être un « bon garçon » pour plaire à ma mère.

Comment ne plus être un « bon garçon » ?

Mes pistes de réponse :

Il n’est jamais trop tard pour vivre en soi-même une prise de conscience lumineuse.
Oui, vous avez énormément souffert de la manière dont votre père méprisait votre mère. En conséquence vous avez – pendant une grande partie de votre vie – cru qu’il vous fallait être un « bon garçon ». Vous avez cru devoir compenser la relation cruelle qu’entretenaient vos parents.

Aujourd’hui vous découvrez à la fois que vous êtes un adulte et un homme libre, vous n’avez donc plus besoin de plaire à votre mère.

Pour avancer, vous avez besoin d’un but, il vous faut donc réfléchir à ce potentiel de liberté qui est en vous et à ce que vous voulez en faire.

Ne plus être un bon garçon passe par découvrir les stratégies mises en œuvre pour l’être (notamment celle de vouloir racheter les erreurs des autres parce qu’elles vous sont insupportables), afin de parvenir à les déjouer, en vous faisant accompagner si vous ne vous en sentez pas capable seul.

Pour aller plus loin, faites le test :

Et lisez :

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Maltraitée dans l’enfance je me sens en décalage

Question de @dorine :

Mes parents ne sont pas arrivés à avoir une relation heureuse. J’ai grandi autour des cris.

Maltraitée, je n’ai aussi pas reçu d’attention ni de bienveillance. J’ai beaucoup de mal à avoir une relation harmonieuse, mon conjoint a une famille attentionnée.

Je me sens en décalage et triste.

Mes pistes de réponse :

Oui, vous vous sentez d’autant plus en décalage qu’au même moment vous aspirez très fort à parvenir à l’équilibre que vous voyez à l’œuvre dans la famille de votre conjoint et qui vous fait envie.

La première chose à comprendre c’est que s’il vous est difficile de trouver l’harmonie, c’est parce que vous êtes vous-même – pour le moment – inconsciemment conditionnée par les maltraitances que vous avez subies.

Pour sortir de votre conditionnement, il ne vous suffira pas de savoir intellectuellement que vous avez été maltraitée, il vous faudra aussi – à l’occasion d’un travail thérapeutique – rencontrer l’enfant maltraité et humilié que vous avez été pour qu’il vous raconte les souffrances de son histoire refoulée, les injustices et les violences qu’il a subies.

C’est au moment où vous saurez précisément de quoi vous avez souffert et pourquoi, que vous parviendrez à trouver l’équilibre que vous cherchez. Cela revient à développer de l’empathie et de l’amour pour l’enfant que vous étiez, c’est ainsi que vous parviendrez à vous donner à vous-même l’amour et la bienveillance que vous n’avez jamais reçus.

Pour aller plus loin, vous pouvez lire :

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