Le pervers narcissique

La violence psychologique, c’est de la violence tout court

« Le bourreau ou « pervers narcissique » peut être un homme ou une femme. La violence morale n’est pas l’apanage des seuls hommes, bon nombre de femmes sont des tyrans domestiques. Les médias donnent trop souvent l’impression que les harceleurs sont tous des hommes et nous devons bannir ce jugement erroné en nous souvenant que les hommes victimes ont tout simplement plus de mal à parler de leurs souffrances.

Quel que soit son sexe, son âge, sa nationalité, le bourreau a toujours le même comportement, il vampirise sa victime, buvant son énergie vitale. On peut mettre des années avant de se rendre compte du processus de destruction mis en place. Au commencement, il peut n’y avoir que des petites brimades, des phrases anodines mais méprisantes, pleines de sous-entendus blessants, avilissants, voir violents. C’est la répétition constante de ces actes qui rend l’agression évidente. Souvent un incident vient déclencher la crise qui amène l’agresseur à dévoiler son piège. En règle générale, c’est la prise de conscience de la victime, et ses sursauts de révolte, qui vont déclencher le processus de mise à mort – car il peut y avoir véritable mise à mort psychique, où l’agresseur n’hésitera pas à employer tous les moyens pour parvenir à ses fins : anéantir sa proie. »

Marie-France Hirigoyen

L’expression « pervers narcissique » a été popularisée dans les années 1990, notamment par l’ouvrage très médiatisé de Marie-France Hirigoyen (Le Harcèlement moral : la violence perverse au quotidien).

Le mot perversion provient du latin perversio qui signifie invertir, changer de sens. Il y a perversion quand on change le but ou l’objet « normal » d’une pulsion. Pour ce faire, le pervers utilise des mécanismes fondés sur la projection ou le déni.

Le « narcissisme » fait allusion au mythe grec de Narcisse qui, ayant un jour aperçu son image dans l’eau d’une fontaine, s’éprit de lui-même.

La perversion comme le narcissisme sont des tendances que nous retrouvons chez tous les êtres humains (par exemple à travers l’égoïsme et le repli sur soi), mais chez le pervers narcissique elles s’expriment à l’exclusion de toutes les autres.

Par ailleurs, le pervers narcissique est fin, intelligent et bon psychologue. Il paraît donc particulièrement sympathique, brillant et même tourné vers les autres.

Mais sa caractéristique principale est d’être un déviant (pervers) par rapport à la morale et aux normes établies dans la vie en société, cette déviance lui permettant souvent d’être considéré comme original, donc attirant aux yeux des autres.

Il se choisit une proie et utilise toutes sortes de stratagèmes pour détruire l’intégrité psychique de cette dernière et cela dans le but de satisfaire son bien-être personnel.

De manière très simple on pourrait dire que pour le pervers narcissique, l’autre n’existe pas en tant qu’autre différencié. L’autre n’existe que comme objet pour lui-même.

Le pervers sait ménager ceux dont il a besoin pour aller dans le sens de son image narcissique.

Il est incapable de ressentir de l’empathie ou de la bienveillance pour les autres puisqu’il est avant tout calculateur pour son propre compte.

Il séduit sa victime tout en maintenant avec elle une distance affective qui lui permettra de ne jamais pouvoir l’aimer. En fait, il mise constamment sur l’incapacité de sa victime à pouvoir réaliser qui il est parce qu’elle ne peut pas être comme lui.

Les pervers sont souvent des personnes frustrées et jalouses qui, parce qu’elles n’ont pas pu se réaliser, cherchent à se donner de la satisfaction en jouant avec la vulnérabilité des autres, en cherchant à blesser, à avilir et à humilier.

Le pervers est volontiers mythomane, le mensonge est chez lui une seconde nature, il est cynique, et pense – par exemple – que les promesses n’engagent que ceux qui y croient. Il s’arrange très facilement avec sa conscience. Il n’hésite pas à mentir avec un aplomb sidérant, dès lors que cela sert ses intérêts, il en arrive à croire lui-même à ses propres mensonges, ce qui le rend d’autant plus dangereux – parce que non soupçonnable.

Derrière une apparence généreuse, un côté bon vivant et charmeur, il ne pense qu’à son intérêt à lui.

Il sait souffler à la fois le chaud et le froid ce qui permettra à sa victime de douter d’elle-même. Il n’hésite pas à lui jurer qu’il va changer (pour resserrer son étau quand il se relâche). Il se venge toujours sur sa victime quand il est seul avec elle et donc sûr de pouvoir la dominer. Il fait peu à peu régner la terreur dans la famille.

Pour résumer, il n’a bien sûr jamais « aucun problème » (selon lui) et excelle dans l’art de la manipulation, de la dissimulation, du mensonge, de la fourberie et est volontiers procédurier.

Sa sexualité est bien souvent déviante en ce sens qu’il arrive à obtenir de sa victime qu’elle consente à des comportements qu’elle réprouve et n’ose pas refuser par peur de représailles (physiques comme psychologiques). Le pervers narcissique sait parfaitement s’y prendre pour circonvenir et manipuler les personnes, on le retrouve donc dans de très nombreux cas d’incestes.

Ces principales caractéristiques du pervers narcissique, vous allez maintenant les voir à l’œuvre à travers cet excellent court métrage de 15’ 44’’ intitulé : Fred et Marie, pour un couple sur huit, ceci n’est pas une fiction, réalisé par TheDeck & Lenitch, sur une initiative de la Fédération Wallonie-Bruxelles, de la Wallonie et de la CoCoF.

Note :

© 2017 Renaud & Hélène PERRONNET Tous droits réservés.

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13 réflexions au sujet de « Le pervers narcissique »

  1. Mathilde Willerval

    Bonjour et merci pour cette vidéo et l’article que j’ai trouvés très intéressants et bien faits. J’ai trouvé, malheureusement, très réaliste aussi (et pas que pour un couple sur 8, peut-être un peu plus…) l’absence de réaction des amis (sauf une) et le temps de paroles des hommes par rapport aux femmes. Bref, un court métrage sur le machisme, en même temps que sur les pervers narcissiques je trouve. En tout cas, pour l’avoir vécu personnellement, je sais que pour certaines femmes c’est difficile de prendre ouvertement parti dans une telle situation par peur de se trouver juste « intégrée » au groupe de la victime et mise à mal également (avec peut-être même une amplification des violences, et tout un discours type « ha vlà les féminismes qui rappliquent » qui peut facilement rassembler les autres hommes autour de la table de façon encore plus agressive ». Alors que si un seul homme ose dire ce qu’il pense de la situation (je l’ai vu faire, rarement, mais parfois), ça « calme » beaucoup plus la situation (peut-être que ça montre une forme de virilité qui fait envie, d’une certaine façon, au macho, et puis, de voir la réaction d’admiration des femmes aussi). Bref, j’aimerais dire aux hommes, et aux femmes, bien sûr, qui sont témoins de situations similaires, « dites quelque chose » (en sachant que ce n’est pas forcément facile, et sans prétendre que j’y arriverais).

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  2. Léa

    Bonjour,
    Pensez-vous qu’une mère qui objétise son mari, un de ses enfants, et tous ceux qui l’entourent finalement, qui ne cherche constamment qu’à satisfaire ses intérêts sans se soucier des émotions des autres, qui humilie constamment pour se valoriser, qui pense être la personne la plus malheureuse de la terre et joue sur ce point pour susciter la compassion et ainsi ne pas être blâmée.
    Pensez-vous que ce type de mère qui prétend être hyper sensible et ne jurer que par les siens alors qu’elle passe son temps à les rabaisser (mine de rien), les avilir, une mère qui ne se nourrit que de malheur, qui voit le mal partout et s’évertue à faire en sorte que ceux qui l’entourent fassent de même, pensez-vous qu’elle puisse être une « perverse narcissique » ?
    Merci, et merci pour tous vos articles.

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    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      La première chose que vous devez savoir c’est que la perversion narcissique n’est pas un trouble clinique reconnu mais un concept popularisé par les médias à la suite de la parution du livre de Marie-France Hirigoyen.
      Donc il ne s’agit en aucun cas pour moi de poser des diagnostics, qui plus est « à distance » et sur des personnes que je ne connais même pas.
      D’ailleurs l’important est moins le diagnostic que vous devez poser sur votre mère que la prise en charge de votre propre souffrance compte tenu de ses comportements.
      Je sais à quel point il est extrêmement difficile – pour l’ex-enfant que vous êtes – d’arriver à convenir de la souffrance qui est la vôtre à travers les comportements de votre mère et c’est pourtant bien là une grande partie de l’enjeu de votre travail thérapeutique.

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  3. Luisier Y.

    Rien que le fait de lire votre article déclenche chez moi des sueurs ! Âgée de 57 ans, et fille de parents au comportement toxique, j’ai dû, par un dernier sursaut de survie, rompre les relations avec mon père il y a trois ans. Ça a été hyper-douloureux mais je ne l’ai jamais regretté. Après avoir suivi votre blog et lu quantité d’ouvrages sur le sujet, je peux affirmer sans l’ombre d’un doute maintenant que mon géniteur appartient à cette sinistre catégorie.
    Par vos articles inspirants, vous contribuez beaucoup à ma reconstruction et je vous adresse un immense MERCI.

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  4. Robin

    La lecture de l’article m’a donné beaucoup de frissons, j’ai probablement été psychiquement tué par une femme aillant ce genre de fonctionnement. Entre temps je me suis réveillé et je suis en voie de guérison (j’y arrive lentement mais sûrement), je commence depuis peu à ressentir un certain apaisement.
    Mais si la perversion et le narcissisme sont des tendances qu’on retrouve chez tout être humain, n’est-il pas inopportun de désigner quelqu’un du doigt en disant qu’il est pervers narcissique ? Après je m’imagine bien que beaucoup de personnes puissent user de ce genre de comportements à en devenir monstrueuses.
    Certains se battent pour faire reconnaître ce trouble de la personnalité en justice, mais ils se basent sur un cumul de critères et restent avec une définition bien vague.
    En fait je pense que la perversion narcissique existe partout à des degré divers et qu’il est donc impossible de mettre qui que ce soit dans une case « pervers narcissique ».
    L’article reste quand même très intéressant parce qu’il parle de personnes potentiellement dangereuses.

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    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Merci à vous de mettre le doigt sur ce point.
      Merci de votre régulation.

      Les comportements inhumains et monstrueux existent, c’est indéniable, mais – comme vous le pressentez – un être humain est suffisamment complexe pour n’être pas réductible à l’un de ses comportements.
      Votre partage me fait penser à cette réflexion de Hannah Arendt :
      « Le mal est un phénomène de surface, nous résistons au mal en refusant de nous laisser submerger par la surface des choses, en nous arrêtant et en réfléchissant, c’est-à-dire en dépassant l’horizon du quotidien. Plus une personne est superficielle plus elle est susceptible de céder au mal. C’est la banalité du mal. Un indice de cette superficialité est l’usage des clichés. »

      Il nous arrive à tous de parler « sur les autres » pour éviter de regarder en nous-mêmes, et pour ce faire d’utiliser des expressions toutes faites et d’autant plus stigmatisantes (des clichés), qu’elles prétendent dénoncer le mal chez l’autre pour le mettre à distance de nous.
      S’arrêter et réfléchir c’est non seulement prendre en compte dans sa totalité celui que nous stigmatisons mais également regarder ce qui nous anime en le dénonçant.
      En faisant cela nous découvrirons si nous sommes mus par la haine ou par le toujours légitime besoin de nous protéger de la violence ou de la perversité de l’autre.

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  5. Prin-abeil gisele

    J’ai vécu avec un homme qui est devenu mon mari ensuite ! J’avais déjà une fille de 7 ans ! Il se montrait une personne rigolote et qui assumait et protecteur ! Afin de me convaincre et je ne l’ai su que tres longtemps apres par elle qu’il avait demande a ma fille de l’appeler papa en echange d’un mac do ! Petit à petit et je ne m’en suis pas rendu compte ! Je croyais être aimé ! Je me suis retrouvé dépendante de lui et de mes me- connaissances ! Je
    N’avais plus confiance en moi ! J’ai doute parfois mais je me suis battue
    Je ne savais pas que des gens comme cela existaient ! Je croyais juste qu’il ne savait pas ! Ns avons eu 2 autres enfants ! Tout à continue et comme je croyais que c’était ma faute et un manque de dialogue de communication ! J’ai lu et fais des conférences Jacques Salomé et thérapie pour aider mes filles et lui je pensais qu’il était ainsi parce qu’il reproduisait un schéma ! Tout à été bon pour lui ! Pour me détruire et m’atteindre vis a vis des enfants ! je
    passe sur les mensonges et tellement de choses que je ne comprenais pas ! Tout cela pour à la fin me dire qu’il n’avait pas d’amour à me donner ! Que s’il faisait souffrir les filles c’était à cause de moi de ne pas faire ce qu’il voulait ! Puis m’a demande de demander le divorce puis il est revenu en me disant de tout arreter que j’etais la mere de ses enfants qu’il avait fait des betises et que cela se reproduirait ! Moi encore aujourd’hui j’arrive pas à m’en remettre ! Je l’ai écoute et entendu et j’ai compris avec grasse ! Je n’ai donne aucune suite j’étais capable d’y voir clair ! Alors il n’a eu de cesse pendant 10 ans de me faire payer !

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  6. Lisa

    Bonjour Monsieur PERRONNET,

    Je consulte régulièrement vos articles qui m’éclairent, étant donné la nuit noire dans laquelle m’a plongée ma famille pendant des années.

    Je comprends bien que vous insistiez pour que nous allions consulter un(e) thérapeute; seulement je n’y arrive pas car ma famille m’a fait vivre dans le mensonge et le silence pendant des années.
    Je souffre beaucoup de ne pas être capable, d’être en totale incapacité de communiquer et partager mon histoire.

    Néanmoins, de récents épisodes très douloureux m’ont amenée à fuir mon milieu familial complètement pathogène car j’ai eu des prises de conscience successives.

    C’était tellement le brouillard car tout était embrouillé, rien de clair, tout obscur, que je m’en suis moi-même remise aux faits plutôt qu’à mes croyances.
    Malheureusement, cela me plonge encore plus dans le désarroi et le désespoir car je commence à mesurer la conséquence de la violence de mon milieu d’origine et cela me dévaste, d’autant qu’il n’y a jamais eu reconnaissance de la violence et qu’ils ont de plus en plus bétonnée à mesure que je m’éloignais d’eux, renforçant ainsi leur attitude non coupable, évacuant ainsi toute leur responsabilité et tout lien de causalité !

    Vos articles permettent de remettre mon histoire en perspective; jusqu’à présent, ce sont surtout les livres, les écrits qui m’ont permis d’y voir plus clair, en plus de différent(e)s ami(e)s qui me récupéraient dans un état catastrophique. Et je vous avoue que c’est assez l’hécatombe, puisque vous indiquez, racontez, expliquez ce qui est de l’ordre du normal et de l’anormal voire du pathologique.

    J’ai compris assez récemment que ma grand-mère maternelle était donc une sacrée perverse et qu’elle utilisait les autres dans son propre intérêt, ma mère -sa fille- tout comme son mari et leur fils ont eu des comportements très pervers avec moi, comme vous le dites en inversant la charge de la violence et son cortège d’agressions.
    Tout le monde ment dans cette famille nous réduisant en esclavage puisque l’on ne sait pas qui a fait quoi, tout a été parfaitement travaillé, réfléchi pour que les gens aillent très mal.
    Certain(e)s de mes cousin(e)s et moi-même allons donc très mal puisque de nombreux lavages de cerveaux ont eu lieu.
    Ma grand-mère maternelle se faisait passer pour une éternelle victime et mettait tout en oeuvre pour que ce soit mon grand-père maternel qui endosse la responsabilité de ses malheurs et de ceux de ses enfants et petits enfants. Sauf que j’ai récemment eu enfin dans mes mains à force de poser des questions, le témoignage d’une cousine me racontant une toute autre histoire que celle que m’a narrée ma grand-mère pendant plusieurs décennies. Je précise qu’elle a réduit mon grand-père maternel au silence et que celui-ci vivait comme un chien retranché dans leur garage à n’avoir pratiquement plus aucune compagnie, ma grand-mère le rabaissant sans cesse et dirigeant sa vie, le ramenant à l’état d’objet -et non de sujet et lui faisant payer toute rebellion, toute vélléité, le réveillant la nuit par exemple quand il dormait car elle, elle n’arrivait pas à dormir!- c’est elle qui choisissait ce qu’il mangeait, ce qu’il buvait, lui affirmant (et à toute l’assemblée) qu’elle ne pouvait pas prendre un seul repas tranquille, se levant pour lui apporter le plat principal après avoir servi l’entrée, mon grand-père avait beau dire que ce n’était pas vrai (avant donc de ne plus parler du tout), qu’elle pouvait très bien rester assise, qu’il n’était pas du tout l’homme qu’elle décrivait ou qu’elle faisait croire qu’il était.
    Elle brossait un portrait de lui qui n’était pas du tout vrai et avant qu’il ne meure, il m’a racontée que sa femme était très très jalouse, ce à quoi elle répondait que ce n’était pas vrai du tout!
    Elle a trois fils dont l’un a aussi été réduit en esclavage car dès qu’il vient la voir, elle aime à raconter (elle passe toute sa journée au téléphone, je vous laisse imaginer la vie qu’elle a fait vivre à son mari…avec toutes les saloperies qu’elle a pu dire sous couvert de se faire passer sempiternellement pour LA victime s’attribuant par là-même LE meilleur rôle, une vraie actrice!) qu’il est un « bon gamin » , sous entendant par là-même qu’il serait un mauvais fils s’il ne sacrifiait pas sa vie pour elle(!!!).
    Sa dernière compagne ne l’aime pas du tout et à cause d’elle, elle a développé une très sérieuse sclérose en plaques qui la condamne à la mort! De ce fait, son premier fils donc a 3 enfants mais ne leur parle pratiquement jamais, ne pouvant pas s’intéresser ni à ses filles ni à ses petits-enfants tant elle l’emprisonne.
    Elle use de sa toute puissance et de sa position de mère pour lui massacrer sa vie.
    Son deuxième fils a toujours fui dans une carrière professionnelle très brillante mais a laissé tomber tout le monde dont moi car j’ai eu l’outrecuidance de lui demander une fois son aide et il a comme tout le monde dans cette famille, au moment où j’aurais eu besoin d’une main secourable, ni respecter les épreuves si douloureuses que je venais de vivre et donc mon chagrin et ma plainte, ni même respecter mes besoins de calme et d’attention, me mettant en concurrence même pour obtenir l’amour de l’un de ses petits-fils (qui se trouvait là lors de mon séjour) qui ne voulait absolument pas partager, me jetant à la porte de chez lui, car je m’entendais bien avec lui, une honte ! J’espère qu’il mourra dans d’horribles tourments, tout comme leur troisième fils qui a accepté de m’héberger quelques jours après un de mes passages en maison de repos puis hop! plus personne par la suite. Leurs comportements sont monstrueux à tous!
    J’ai aussi été renvoyée dans mes goals par l’un des cousins de ma mère arguant du fait qu’il était sous le choc de ce que je lui racontais et qu’il avait besoin de vacances (lui aussi a eu une carrière brillante) alors que je n’avais nul part où aller.
    C’est un concours de lâcheté et de monstruosité dans ma propre famille!
    Quant à mes parents, ils ont passé de très nombreuses années à crier et hurler comme des putois, quand j’étais triste, anxieuse, me dépouillant de mon estime de moi et de mon âme, avec l’aide de leur fils qui est devenu un autre agresseur et leur a emboîté le pas.
    On marche donc totalement sur la tête, d’autant qu’aucune de ces personnes ne veut reconnaître sa cruauté, ce qui me perturbe énormément mais toutes et tous s’accordant à me renvoyer à la figure que je suis une malade mentale, puisqu’à force, j’ai subi aussi d’autres harcèlements extérieurs et ai fini en HP car les médecins de garde avaient peur pour ma vie mais mes séjours m’ont énormément traumatisée!!!
    Du côté de mon grand-père paternel, il ne fallait pas se plaindre et obéir car il avait fait la guerre, lui! Aucune personne, aucun lieu où j’aurais pu être tout simplement un être humain! Et ce dès mes 6 ans!
    Bref, j’ai navigué dans un climat de violence extrême durant des années, j’ai connu la violence du milieu psychiatrique, avec toutes ces formes de perversité et de pouvoir et d’incompréhension car je n’ai au final rencontré que très peu d’êtres humains qui avaient tout simplement une attitude humaine, empreinte d’amour, de réconfort, de soutien indéfectible (même si je comprends parfaitement que oui, une personne très dépressive et très suicidaire, c’es très lourd pour les autres à vivre).

    La non -reconnaissance de leur maltraitance me fait un mal fou.

    Si je suis en vie, c’est car j’ai enfin été capable d’avoir un comportement moins destructeur et que mon compagnon m’y aide, qu’il m’a tendue une main salvatrice, et qu’il me dit qu’il veut avant tout me protéger et m’aider car je me suis enfuie sans laisser ni de traces ni d’adresse car ces gens sont tout simplement fous à lier!

    A présent que je suis capable d’analyser tout cela et que je n’erre plus dans mon auto-sabotage ou mon désespoir intense et dans la pauvreté, je suis comme une personne qu’ils ont laissée pour morte et une fois de plus, je n’arrive même plus à sortir dans la rue ou à faire un pas devant l’autre. J’ai trop honte.

    Je vous remercie de m’avoir lue.
    Merci beaucoup pour vos articles et quand vous prenez le temps de répondre, trouver une oreille attentive alors qu’ils ont fait de moi quelqu’un de si isolée, de si singulière est très difficile mais j’essaie de m’en ouvrir ne serait-ce que grâce à mon compagnon et car avant de le rencontrer, différentes rencontres et la lecture assidue de livres m’ont fait faire un travail sur moi.
    Mais mon histoire continue de m’effrayer et de me rendre très sensible, très en difficulté dès que je vois des gens et cela laisse un sentiment d’ambivalence amour/haine que j’ai pour mon compagnon -qui lui aussi s’était quasiment retranché hors de la vie- ce qui me laisse dans un désarroi aussi profond.

    Lisa

    Répondre
      1. Lisa

        Oui, je le sais et ai déjà vu juste quelques fois une thérapeute par ci, une autre par là.

        Il faut être prête pour entamer un vrai travail et il faut avoir l’envie.

        J’en discute plus ouvertement avec une amie et c’est un premier pas, elle ne me juge pas.

        Enfin, croyez-moi que j’en ai rencontré quelques psychiatres et infirmiers psy en tant que jeune adulte et personne n’a pensé à me mettre à l’abri de ma famille, j’en ai vu une pendant 10 ans mais très franchement comme ils connaissaient mes géniteurs, en 10 ans, je crois n’avoir même pas eu une seule fois l’idée de dire ce que j’avais subi (je n’allais pas bien du tout et ma priorité était de continuer mes études car j’ai été harcelée à l’école car très bonne élève et harcelée dans un groupe car poids et taille en dessous de la norme à l’époque à cause des maltraitances psy et physiques donc railleries sur mon physique) et je me dirais toute ma vie que ces gens-là m’ont maintenue dans un lien terriblement dysfonctionnel et que les seules choses qui me proposaient étaient de me médicamenter, de me « psychiatriser », et j’ai été hospitalisée de force.

        Eux qui étaient équilibrés et en position de force m’ont enfermée (privation de liberté, patients plus ou moins déséquilibré(e)s, petits pouvoirs de chefaillons d’infirmiers…) alors que je subissais énormément de violence et elles(eux) n’ont même jamais pensé à le verbaliser pour moi et me mettre hors de danger, pardonnez-moi mais c’est totalement, complètement insensé, non?

        Qui plus est, je n’avais pas d’argent à l’époque et étais totalement dépendante du CMP et des finances de mes géniteurs.
        Ca compte aussi dans une thérapie et très franchement, j’ai vraiment beaucoup de mal quand on dit aux patient(e)s qui sont dans mon cas, au delà du nombre de charlatans qui exploitent la misère que payer participe à la guérison : non, on ne nous a déjà pas respectés enfant et je ne vois pas pourquoi sur mes deniers personnels, j’entamerai une thérapie. C’est pervers car comme vous le dites si bien, ça change le sens.
        En Allemagne, une psychanalyse est prise en charge.
        En France, l’Etat met énormément d’argent (exemple pour un enfant placé : 44 000 euros!) dans la répression, c’est n’importe quoi!

        N’y a -t-il aucune autre solution possible en France que d’hospitaliser les adultes en HP ou de les mettre en prison (pratiquement 100% des femmes en prison ont subi des violences conjugales!)?

        Votre site est très bien et j’aime aussi celui de Anne-Laure Buffet : vous mettez gracieusement votre travail, votre compréhension de l’être humain sur Internet pour que nous -les enfants maltraités (coups psychiques accompagnés ou non de coups physiques et de coups financiers(privations matérielles/privations culturelles))- ayons enfin accès à un début de compréhension, à un début de lecture normale de notre histoire (comme vous l’avez très bien compris, l’enfant maltraité est anéanti car il est absolument déboussolé, (qu’est ce qui est normal? qu’est- ce qui ne l’est pas?), votre site est donc d’utilité publique, mais pourquoi êtes-vous donc bien les seuls (oui, il y aussi, Alice Miller, Muriel Salmona, La Douceur mène à tout, Jacques Lecomte…)?

        Personnellement, comme tous les enfants maltraités qui sont devenus des adultes, je m’entends le mieux avec mes soeurs et mes frères de tristesse infantile.

        J’ai connu trop de psy et d’infirmiers qui avaient pitié ou trop de condescendance et cela c’est horrible, ils ne devraient pas faire ce métier, c’est criminel. Et ils m’auront traumatisée, ils auront ajouté du traumatisme aux traumas.

        Merci de m’avoir lue.
        J’irai lire votre article.

        Lisa

        Répondre

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