L’attention au monde

à propos des bouleversements du monde et de l’interdépendance

« Il existe un autre univers que celui que nous voyons et rencontrons, c’est celui que nous voyons en réalité mais que nous sommes détournés sans cesse de regarder et qui est caché par l’autre. »

Marcel Proust

Comment ouvrir davantage son être à une approche vivante du monde et des choses ? Comment sortir des habitudes ancrées dans notre relation aux autres ? Comment sortir de ce que notre rationalité moderne nous présente comme étant « la seule réalité » ? 

Peut-être qu’en nous ouvrant un tant soit peu à d’autres cultures, nous découvririons d’autres manières de faire, de voir, d’aborder et d’être au monde, à l’autre et à la relation. En tentant d’autres possibles, d’autres manières d’être en relation avec les principes qui fondent l’existence de tous les hommes…

Le géographe et explorateur Éric Julien[1] écrit dans un livre consacré aux Indiens Kogis[2] de Colombie :

 « Le concept de zigoneshi est au coeur du fonctionnement de la société Kogi. Ce mot signifie plein de choses. Je t’aide et tu m’aides, ou bien je te donne et tu me donnes, il signifie l’échange et l’entraide. Vous nous aidez ? On vous aide. C’est ensemble que nous devons réapprendre à nourrir un seul chemin, une seule pensée, ensemble. Rendre à l’autre, à la nature, ce que nous lui prélevons, faire circuler l’énergie entre le haut et le bas, la vie et la mort, la proie et le prédateur, n’est-ce pas reconnaître et respecter la vie ? (…)

Lorsque vous levez votre visage vers le soleil, que vous vous réfugiez sous les ombres bienfaisantes d’un arbre ou que vous semez quelques graines de radis avec vos enfants, la nature ne vous « facture » pas encore la lumière du soleil, sa chaleur, la fraîcheur de l’ombre où le radis issu du processus de transformation/création du vivant. La nature « donne » pour nourrir l’échange. »

Alors que notre culture a pensé devoir breveter le vivant, que nous mettons l’eau en bouteille pour la vendre, que nous rêvons de gagner davantage d’argent en étant plus efficaces, plus rapides et plus efficients, la vie – elle – est gratuite, sans finalité et sans autre but que celui de l’équilibre.

Simplement elle « est »[3].

Pendant longtemps notre monde a voulu nous convaincre que de même qu’il ne devait exister qu’une seule religion – la religion chrétienne – il n’existait qu’une seule culture dont nous ne pouvions qu’être les champions. Enfant, je croyais de bonne foi que nous étions les « vrais hommes civilisés », parce qu’on m’apprenait à regarder avec condescendance les Indiens – que mes pairs prenaient pour de « grands enfants » ou plutôt des « sauvages ».

Jusqu’à aujourd’hui, beaucoup d’entre nous n’ont pas encore découvert que – pour reprendre la formule de l’anthropologue et ethnologue Claude Lévi-Strauss, « le barbare c’est celui qui croit à la barbarie », et que ce qui conditionne la profondeur de la culture à laquelle nous appartenons est plus la capacité de ses membres à « être » que leur capacité à « avoir ».

Christian Bobin[4] nous livre le secret de notre propension à être quand il écrit :

« Le vrai secret est celui-ci : il n’y a pas encore d’humanité. L’humain est ce qui est à venir. Nous partons de bas, de très bas. Nous sommes si bas que nous ne sommes même pas à la hauteur des yeux d’un enfant. Nous savons donc ce qui nous reste à faire : travailler à rendre vivant ce qui ne l’est pas encore. »

J’ai souvent entendu dire « il nous faut sortir des cavernes », celui qui utilise cette expression ne semble pas avoir conscience que beaucoup de ceux qui vivent dans les cavernes (autrement dit qui sont considérés comme sous-développés par ceux qui associent développement à accumulation des richesses), peuvent être plus humains et plus sages que ceux qui – bien que modernes – n’ont pas encore été capables de sortir du mode de domination de l’homme sur l’homme par la force et la violence.

Comment allons donc nous y prendre pour laisser transparaître – dans notre vie quotidienne avec les autres – une relation au monde qui exprime véritablement les données du vivant ? Une relation capable de mettre en évidence l’essence de la vie en tant qu’elle est abondance, une relation qui commence par donner, pour nourrir d’abord l’échange avec l’autre, une relation de bienveillance et de générosité.

Récemment, je relisais Antonin Artaud[5], artiste visionnaire qui, déjà en 1936, partageait qu’il n’était pas venu chez les Indiens Tarahumaras du Mexique en curieux mais « pour retrouver une Vérité qui échappe au monde de l’Europe » et qu’il pressentait qu’ils avaient conservée.

Parmi les nombreux ressentis et expériences vécus par Artaud au « pays des hommes tombés du ciel dans la Sierra », il en est un qui parle plus particulièrement de la relation entretenue par les Tarahumaras avec le « donner et recevoir ». Un monde différent du nôtre pour des êtres humains qui – au contraire de nous qui limitons le plus souvent l’humanité au groupe humain auquel nous appartenons – n’ont jamais cru que les frontières de l’humanité s’arrêtaient aux portes de l’espèce humaine, des êtres humains qui parce qu’ils sont vivants sont interdépendants avec la nature totale.

Il écrit :

« Quand les Tarahumaras descendent dans les villes, ils mendient. (…) Qu’on leur donne ou qu’on ne leur donne pas, ils se retirent toujours au bout du même laps de temps. Si on leur donne, ils ne disent pas merci. Car donner à celui qui n’a rien n’est même pas pour eux un devoir, c’est une loi de réciprocité physique que le Monde Blanc a trahie. Leur attitude semble dire : « En obéissant à la loi, c’est à toi-même que tu fais du bien, je n’ai donc pas à te remercier. » (…) Cette loi de réciprocité physique que nous appelions la charité, les Indiens la pratiquent naturellement, et sans aucune pitié. Ceux qui n’ont rien, parce qu’ils ont perdu leur récolte, parce que leur maïs a brûlé, parce que leur père ne leur a rien laissé ou pour quelque raison que ce soit dont il n’ont pas à se justifier, arrivent au soleil levant dans les maisons de ceux qui ont quelque chose. Immédiatement, la maîtresse de maison leur apporte tout ce qu’elle a. Personne ne regarde, ni celui qui donne, ni celui qui reçoit. Après avoir mangé, le mendiant s’en va sans remercier ni regarder personne. »

Ainsi l’homme non séparé de la nature, comprise comme étant le monde tout entier de l’altérité, est donc à même de pratiquer la charité sans pitié. Il agit simplement en faisant « ce qui doit être fait ». 

Il vit dans un monde sans justification ni mauvaise conscience. La loi, la vraie, celle qui n’a pas besoin d’être énoncée parce qu’elle est inhérente et intrinsèque à un monde dans lequel l’homme n’est pas séparé de son être, s’applique sans états d’âme. La terre ne remercie pas la pluie quand elle l’inonde, les oiseaux ne remercient pas le vent de les porter, c’est l’interdépendance dans un univers sans séparation.

Il ne nous viendrait pas à l’idée de remercier notre main quand elle porte la nourriture à notre bouche. Pourquoi ces hommes qui mendient remercieraient-ils un autre qui fait partie d’eux-mêmes ?

L’Occident moderne et ses exportations planétaires, matérialisme libéral ou marxisme, a semé son système mental individualiste et narcissique sur le monde. Ceux que Nietzsche[6] appelait « les défenseurs astucieux de leurs préjugés qu’ils baptisent du nom de vérités », ont voulu nous faire croire que les Indiens étaient des lâches et des paresseux, incapables de reconnaissance, au moment même où ils pratiquaient la loi sacrée, immuable et éternelle qui permet à l’Univers de suivre son cours, celle de l’interdépendance.

Loi pour laquelle le Dalaï-Lama partage :

« Tout existe en termes de relation, d’interdépendance. On ne peut rien trouver qui existe en soi et par soi. Il est donc impossible de concevoir son propre intérêt indépendamment de celui d’autrui. » 

La noblesse et la dignité de l’homme résident dans sa capacité à exister et se mouvoir dans la non séparation. Quand – avec arrogance – nous prétendons dominer le monde et la planète, coloniser le vivant, même les autres planètes dans l’idée de les soumettre, nous nous condamnons à nous auto détruire. Et j’écris à une époque où certains d’entre nous préviennent du « grand effondrement » quand d’autres cherchent encore et toujours l’expansion.

Artaud, parlant des Tarahumaras, a remarqué :

« Ils viennent quelquefois dans les villes, poussés par je ne sais quelle envie de bouger, voir, disent-ils, comment sont les hommes qui se sont trompés. Pour eux, vivre dans les villes, c’est se tromper. »

Si nous faisons toujours davantage pour tenter de nous sentir vivants, c’est parce que nous sommes déjà morts.

Comme le dit Le Clézio[7] :

« Leur monde n’est pas différent du nôtre, simplement ils l’habitent, tandis que nous sommes encore en exil. »

Ce que l’on a appelé la « fierté » des Indiens est soutenue par la manière dont ils se sentent faire partie intégrante de l’univers. Ils ne sont pas – du moins dans leur essence – des êtres « séparés » du Tout dans lequel ils évoluent. Ils sont et se sentent être ce Tout indivisible.

Le vide qui nous sépare les uns des autres doit être considéré comme un plein, comme un pont qui nous relie. Nous sommes tous liés, donc reliés. Le moi n’est pas séparé du non-moi, attribuer des propriétés intrinsèques à quoi que ce soit est impossible puisque tout est en relation.

Au regard de la noblesse de ces hommes fiers, parce que fidèles à ce qu’ils sont, il y a tous ceux – dépressifs ou suicidaires – qui peinent à rendre hommage à la beauté du monde parce qu’ils ne se sont jamais eux-mêmes rencontrés, et se condamnent à rester séparés, donc s’excluent eux-mêmes du monde dans lequel ils vivent. Je ne parle pas ici d’exclusion de richesses pour certains, mais de l’exclusion de sa propre relation au monde et à la vie, de l’exclusion par rapport à l’Être. 

Arnaud Desjardins[8] répétait inlassablement : « chaque instant est un instant pour être ». Il racontait également cette histoire pour tenter de nous faire percevoir l’aspect illusoire de tout vécu de séparation :

« Vous êtes au rez-de-chaussée, dans la cour, glacée tant il fait froid, les doigts rouges, les oreilles douloureuses – grelottants et affamés. De la fenêtre du premier étage, quelqu’un vous regarde avec un amour indicible. D’en bas, vous regardez son visage et il vous dit : « Venez ici, montez, ne restez pas dehors, il fait si froid, vous avez si faim, venez ici, c’est admirablement chauffé et il y a de la nourriture partout ; montez, venez. » Mais il ne vous dit pas où est l’escalier. Il vous appelle : « Montez. Aucune porte n’est fermée, il ne tient qu’à vous de venir. » Mais il ne vous dit pas où est l’escalier. »

Il précisait : « Cette comparaison est comme toutes les comparaisons : imparfaite, parce qu’en vérité, vous êtes déjà monté, vous êtes déjà dans la salle du festin. Mais vous ne pouvez pas voir la table qui est à un mètre de vous. »

De même que nous sommes les seuls à pouvoir découvrir, sentir et comprendre que si les Indiens Tarahumaras ne disent pas merci quand on leur fait l’aumône, c’est parce qu’ils ne sont pas séparés du Monde. De même nous sommes les seuls à pouvoir ressentir le désir de découvrir où se trouve l’escalier qui nous permettra de rejoindre le lieu où la vie nous aime, le lieu de l’Unité, le lieu de l’Être. 

Mais faut-il que nous ayons le goût d’aller à la recherche de cet escalier…

Pour aller à sa recherche, pour rencontrer l’Être, Claude Lévi-Strauss nous propose une piste :

« Il est indispensable de brûler ses vaisseaux, de partir à la rencontre de ceux qui semblent le plus éloigné possible de nous-mêmes, afin de chercher ce qui, dans la nature humaine, est constant et fondamental. »

Au cours des différentes étapes de cette quête, il peut bien sûr nous arriver d’avoir peur de ceux qui semblent si « éloignés de nous-mêmes », peur de la différence et de l’étrange étranger. 

À 20 ans, je me suis confronté à mes méfiances dans mes relations à d’autres humains, à d’autres cultures que la mienne. Au fur et à mesure que je me confrontais à elles plutôt que de leur obéir, j’ai découvert, en parcourant le monde, que quelles que soient leurs cultures ou leurs religions, les femmes et les hommes de ce monde me ressemblaient étrangement. 

Elles et ils souffrent et aspirent au bonheur, tout comme moi.

Parfois, il peut aussi nous arriver d’avoir simplement peur de notre ombre. Le poète Rainer Maria Rilke nous propose des pistes de réconciliation avec nous-mêmes mais aussi et surtout avec « l’autre en nous », avec nos ombres, nos peurs et nos méfiances :

« Nous n’avons aucune raison de nous méfier du monde, car il ne nous est pas contraire. S’il y est des frayeurs, ce sont les nôtres : s’il y est des abîmes, ce sont nos abîmes ; s’il y est des dangers, nous devons nous efforcer de les aimer. 

Si nous construisons notre vie sur ce principe qu’il nous faut toujours aller au plus difficile, alors tout ce qui nous paraît encore aujourd’hui étranger nous deviendra familier et fidèle. »

Découverte fondamentale que celle de pouvoir sentir que la vie n’est jamais notre ennemie mais que c’est nous qui – parce que nous ne la comprenons pas – la considérons parfois comme telle. 

Clé de réconciliation avec nous-même et du désir de se connaître que de découvrir que nos peurs n’existent pas en soi, qu’elles sont les conséquences de nos productions mentales, donc des parts de nous-même rejetées, laissées dans l’ombre, que nous pouvons apprendre à rencontrer pour les aimer – ce qui revient à dire pour les dissoudre.

Nous avons donc – de toute urgence – besoin de clarifier nos intentions pour savoir pourquoi nous n’aurons de cesse d’aller « au plus difficile », comme le dit Rilke. À quel monde voulons-nous appartenir ? Voulons-nous quitter le monde de la défiance et de l’agressivité pour rejoindre celui de l’Être ? Voulons-nous marcher « pieds nus sur la terre sacrée »[9] ? Sommes-nous prêts à quitter notre arrogance pour nous ouvrir à nos aspirations les plus profondes ? Sommes-nous prêts à quitter nos peurs comme nous quitterions un manteau pour nous retrouver nus et vulnérables devant l’autre ?

Sommes-nous prêts à entendre – jusqu’à ce que nous puissions en prendre la pleine mesure – cette belle histoire de Rûmî[10] ? : 

L’aimé frappa un jour à ma porte, je regardai à travers une petite lucarne et lui ai dit – qui est-ce ?

– Moi, me répondit-il. J’ai refermé la lucarne et ne lui ai pas ouvert.

Il s’en est allé. Quelque temps plus tard, il est revenu et a frappé à ma porte.

– Qui est-ce lui ai-je demandé ?

– Toi m’a-t-il répondu

– Entre, lui ai-je dit.

Oui nous vivons une époque de bouleversements de toutes sortes, la question essentielle n’étant pas de savoir comment nous allons y résister (on ne peut pas résister à la terre qui se met à trembler), mais comment nous allons accompagner ce qui va se passer (comment nous allons trembler avec elle puisqu’elle est notre Mère).

Notre seule liberté sera dans la qualité d’être avec laquelle nous allons vivre ces bouleversements.

Le choix délibéré d’ouvrir notre cœur à l’autre, à la terre et à la nature, comme aux situations prétendument inopportunes que nous rencontrerons dans le futur, est un choix dont nous devons prendre la responsabilité toutes affaires cessantes. 

En fait nous n’avons pas d’autre choix que ce choix conscient et délibéré, si nous ne voulons pas continuer de participer à la construction de l’enfer sur terre.

« Quand le vent du changement souffle, certains construisent des murs d’autres des moulins à vent », dit un proverbe chinois. 

Puissions-nous construire des moulins à vent pour nous adapter aux changements du monde, plutôt que de nous barricader dans nos certitudes sur l’autre, la nature ou nous-mêmes.

Par-delà mon arrogance, par delà mes prétentions

La porte est là immédiate

De mon ouverture à l’Être qui m’attend

Puissions-nous nous ouvrir et enfin comprendre que nous sommes tous frères et solidaires sur la même planète. Cela revient à comprendre que donner c’est recevoir et que recevoir c’est donner, que quand nous donnons, nous sommes aussi celui-là même qui reçoit, et que quand nous recevons nous sommes aussi celui-là même qui donne. 

C’est là le secret de l’attention au monde, attention dans laquelle on donne à l’autre sans rien attendre.

Antonin Artaud l’avait perçu à travers sa vision des Indiens Tarahumaras, puissions-nous la mettre en pratique.

Notre seule liberté – avant de mourir – n’est-elle pas de pouvoir affirmer : « Oui, j’ai tenté de vivre cette attention au monde ! »

Ainsi l’exprime N. Scott Momaday, Indien Kiowa, dans ce « chant de jubilation » si inspirant : 

Je suis une plume dans le ciel lumineux,

Je suis le cheval bleu qui galope dans la plaine, 

Je suis le poisson qui virevolte et miroite dans l’eau, 

Je suis l’ombre qui suit l’enfant, 

Je suis la luminosité de l’après-midi, l’éclat des prairies, 

Je suis l’aigle qui joue avec le vent, 

Je suis un bouquet de perles étincelantes, 

Je suis la plus lointaine étoile, 

Je suis le grondement de la pluie, 

Je suis le scintillement sur la neige croûtée, 

Je suis la large traînée de la lune sur le lac, 

Je suis une flamme de quatre couleurs, 

Je suis un cerf qui s’éloigne au crépuscule, 

Je suis un champ de sumac et la pomme blanche, 

Je suis un vol d’oies dans le ciel d’hiver, 

Je suis la faim d’un jeune loup, 

Je suis totalement le rêve de ces choses. 

Voyez-vous, je suis vivant, je suis vivant, 

Je suis en bons termes avec la terre, 

Je suis en bons termes avec les dieux, 

Je suis en bons termes avec tout ce qui est beau, 

Je suis en bons termes avec la fille de Tsen-Tainte, 

Voyez-vous, je suis vivant, je suis vivant. 

Illustration :

Un Indien contemplant la montagne, photo de Edward S. Curtis.

Notes :

[1] Éric Julien, Voyage Dans le monde de Sé, Éditions Albin Michel.

[2] Pour en savoir davantage sur les Indiens Kogis et les peuples de la Sierra Nevada en Colombie, vous pouvez consulter le site Survival International, mouvement indépendant qui lutte pour les droits des peuples autochtones du monde entier en leur permettant de défendre leurs vies, de protéger leurs terres et de déterminer leur avenir propre.

[3] Lire mon article : Voir les choses telles qu’elles sont : La leçon des feuilles.

[4] Christian Bobin, Autoportrait Au radiateur, Éditions Gallimard.

[5] Antonin Artaud, Les Tarahumaras, Éditions Gallimard Œuvres complètes Tome IX).

[6] Nietzsche, Par Delà le bien et le mal, Éditions Gallimard.

[7]  J.M.G. Le Clézio, Haï, Éditions Flammarion.

[8] Arnaud Desjardins, Le Védanta et l’inconscient, Éditions de la Table Ronde.

[9] Allusion au titre du livre de T.C. McLuhan & Edward S. Curtis Pieds Nus sur la terre sacrée, Éditions Denoël.

[10] Poète et mystique persan qui a vécu au XIIIème siècle et a profondément influencé le soufisme.

© 2019 Renaud PERRONNET Tous droits réservés.

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7 réflexions au sujet de « L’attention au monde »

  1. Jann

    Oh! Cet écrit me parle un peu, il est très beau et profond.
    Est ce pour cela que j’ai du mal à dire « Merci ».
    Si on me donne, c’est avec le coeur, dont je reçois avec le coeur !
    Nul besoin de dire Merci!

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  2. Sébastien

    Bonsoir. J’avais déjà réfléchi en grande partie à cette question, notamment en me disant qu’un monde sans argent serait possible si nous étions plus civilisés et évolués. En revanche, pour ce qui est de dire merci, j’estime que si ça n’est pas nécessaire, c’est en tout cas un geste positif qui encourage chacun à poursuivre ce mouvement de continuité dans le don. Dans mon merci, je n’entends pas placer de sous-entendu que l’autre me fait une faveur, je le dis parce que c’est une petite action, simple, qui permet, selon mon expérience, de pousser l’autre à réitérer ses actions positives.

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  3. Jann

    Le « Merci », c’est selon notre vécu, selon ce que l’on ressent, il y a aussi des gestes, des attitudes, des regards qui veulent dire merci; l’Autre jour ma petite voisine de maison, une Dame d’origine Arabe habillée dans la coutume, frappa à ma porte. Elle m’apporta, une jolie écharpe, « c’est un cadeau de Noël! » dit elle. J’étais très surprise, j’ai poussé un Oh!! mis l’écharpe autour de mon cou, et on s’est serré fort, dans les bras. Je n’ai pas dit Merci, il y a eu juste ce mouvement, ce geste de gratitude, cette étreinte qui voulait dire, plus qu’un merci!

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  4. Laure ~

    Pourquoi vouloir dire « merci pour ce que Vous ME donnez » ?
    Pourquoi pas « merci pour être dans cet état d’esprit, être cet état, être une partie de cet espoir, être une partie de tout, être ».
    Un très bel exercice, un très beau chemin pour nous, d’apprendre à « ne pas dire merci » sans que rien ne manque, sans léser personne. Et pas en rêve ni en projet. Là, au plus immédiat, tout simplement. Ca ouvre. C’est plein de chaleur.
    Et de façon toute évidente, la première cible pour recevoir cela, est même idéalement … nous même.

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