Être parfait ? Surtout pas !

 

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CC BY-NC-SA 4.0 Être parfait ? Surtout pas ! par Renaud Perronnet est sous Licence Creative Commons Internationale Attribution-Pas d'utilisation Commerciale-Partage à l'identique 4.0 .

12 réflexions au sujet de « Être parfait ? Surtout pas ! »

  1. Fati

    Bonjour,

    Toujours aussi vrai: oui cette injonction à la perfection, à ce dépassement permanent de soi… Quand ça nous fait avancer, oui, pourquoi pas. Quand ça devient la course inutile et sans fin vers un idéal impossible, ça devient destructeur. Je crois l’avoir vécu. Jamais en adéquation avec les gens de mon âge: trop mature à 8 ans car enfant surdouée, j’analysais le monde sans cesse et ne comprenait pas mes camarades. Ado, même chose…adulte, j’ai l’impression parfois d’appartenir à un autre monde. La recherche d’une “perfection” attendue, celle de la norme de la “petite fille modèle”, de “l’ado à la mode”, de “la femme charmante..”: que des idéaux impossibles à suivre. Mais ils m’ont fait souffrir pendant des années. J’avais cette sensation de ne jamais être “comme les autres”, “de ne pas être comme eux, d’avoir les dialogues de leur niveau”. Il a fallu attendre l’âge adulte pour me rendre compte que j’étais juste moi, et rien d’autre. Je vous avais écrit il y a quelques temps sur le fait d’avoir vécu la pauvreté et sur la recherche d’une forme de “légitimation” de mon existence. Cela allait plus loin: chercher la perfection impossible….J’apprécie de vous lire très régulièrement et j’engage en même temps un travail d’analyse réflexive à travers vos écrits et les miens.
    Bon dimanche.

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  2. Florence

    Maintenant que j’ai compris, grâce à ton aide lors d’entretiens, qu’atteindre la perfection est chose impossible, je souhaite partager mon vécu à ce sujet, suite à ton post. Car effectivement, c’est une bien grande erreur que de vouloir être parfaite. Et tellement lassant de ressentir qu’autrui attende la perfection de ma part.
    Car je me rends compte que ce qui est parfait pour moi ne l’est pas pour autrui et donc entrainera de la déception des deux côtés. Nous avons chacun notre définition de la perfection. En voulant être parfaite, j’entre dans le domaine de l’irréalisable.
    Alors, j’ai pris le contre-pied de mon habitude de recherche de la perfection en laissant les choses dans l’imperfection. Cela m’a fait découvrir deux autres facettes de la vie : le contentement et la satisfaction. Et c’est pour moi, source de bonheur. Je me simplifie la vie et je me sens plus libre. Je fais ma part en accord avec moi-même.
    J’apprends qu’être parfaite est une utopie, une injonction et que ne plus suivre le chemin de la perfection ouvre de nouveaux horizons. La vie est mouvement, changement. A moi d’induire le changement que je souhaite.

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  3. Barbara L

    Sans aller jusqu’à la perfection, l’exigence infernale que nous pouvons avoir avec nous-même est un piège subtil. Un exemple. Je fais face à des soucis financiers avec un membre de ma famille qui vit de l’autre côté de la planète. Face à ses exigences, je réponds (par email) en exprimant que ma coopération ne pourra être obtenue qu’à condition d’une clarification de la situation, documents à l’appui. Ma soeur envoie un courrier dans le même sens, mais elle formule différemment, posant des questions et demandant aussi des pièces. Seulement, quand je lis les deux courriers, je ressens une énorme honte du mien. j’ai l’impression que le mien est fait vite (c’es vrai, ras le bol), que je suis dans le “non”, voire la menace (c’est ainsi sinon tu n’auras rien), etc, alors qu’à lire celui de ma soeur il me semble à la fois ferme mais ouvert, presque bienveillant tout en étant clair (elle ne cède rien). J’ai honte de ne pas avoir pris du recul pour écrire un mail “aussi joli”. Je sais que je peux ecrire de tels courriers (ouf!), mais dans ce contexte (cela dure depuis des années) j’en ai assez et cela ressort (la, je me justifie, rire).
    Ici, je me compare et je me fais du mal toue seule. Il n’y a pas de notion d’ideal mais toujours cette injonction à “etre à la hauteur”, ou plutot, toujours, à “ne jamais être à la hauteur”.
    J’ai vu cette petite voix toxique (Surmoi terroriste!), je l’ai entendue dans ma tête. J’y ai prêté ettention, je l’ai reconnue. Elle est arrivée instantanément, cette misère et cette honte, quand j’ai lu le courrier de ma soeur. Je me suis sentie nulle et inadéquate, décevante, etc etc. Ca fait 2 jours que ça tourne dans ma tête et que j’essaie d’en apprendre un truc ou deux. Or, près de moi, comme par hasard, j’avais trois phrases de Renaud d’un échange ou d’un post précédent: “c’est l’étude minutieuse et non culpabilisatrice qui vous permettra de faire se rencontrer la petite fille et l’adulte. … il vous faut mettre à jour la haine de vous-même quand vous êtes juste celle que vous pouvez… le jour où vous oserez non plus vous juger mais vous comprendre (donc voir avez amour pour vous-même que vous jugez)… “.
    C’est difficile de se “décaler de soi” pour voir et comprendre. Mais cet incident de la vie mélangé à ces phrases m’y amène un peu plus. C’est ralant et fatiguant de devoir faire tant d’efforts pour accueillir, accepter et moduler mes pensées reflexes destructrices.. mais j’y crois, ca fait tellement de bien de pouvoir s’auto-pardonner! Pas à pas. Là je comprends “la haine de moi-même”. La honte c’est le mépris que je me voue de ne pas etre aussi que ma soeur (cadette). Mais qui dit cela en moi? qui méprise l’autre, la Barbara gaie, intelligente, vivante? qui me fait tant de mal? oh je vois bien l’injonction paternelle intériorisée, mais je n’arrive pas à aller plus loin. J’aimerais tant faire taire cette Miss Sabotage! Alors oui, j’ai répondu “au mieux au moment où je répondais”, oui, je n’ai pas pris le temps de me poser et de répondre avec plus d’élégance et de diplomatie. Ca s’explique… par bien des choses Ce n’est pas une excuse pour continuer à faire pareil. A moi de décider qu’il est important pour moi que dans mes prochains courriers à cette personne j’essaie d’être contente de moi sur la forme et le fond plutot que d’essayer de me débarrasser au plus vite de cette situation qui m’enquiquine, oui mais si c’est au prix de mon estime de moi, la, ca ne va pas, il faut bien que je fasse un choix (de positionnement, d’attitude). Pour autant, est-ce du perfectionnisme? je ne pense pas. Juste arreter d’etre dans la réaction et faire les choses en conscience pour en tirer du plaisir. Le plaisir, ça ce devrait être le moteur de toute chose. Pas la perfection. Bon, ok, il y en a qui vous le gâchent bien, le plaisir!!

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    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Oui Barbara vous aimeriez tant faire taire cette Miss Sabotage et je crois qu’elle le ressent (mettez-vous à sa place !) et qu’elle n’en est que plus réactive… Essayez juste de la reconnaitre en vous pour l’apprivoiser, elle est là donc elle a besoin d’être accueillie. D’autant plus que l’accueillir ce n’est pas lui obéir.
      Et relisez : L’identification à son enfant intérieur.

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      1. Barbara L

        Miss Sabotage (Surmoi) est casse-pied car elle rappelle à l’ordre Miss Impulsive (mais c’est tellement le fun!) qui ne comprend pas la privation de liberté. Mon souci est donc d’écouter les deux! et de les faire trouver un juste milieu, sinon celle qui est refrénée revient en force. C’est comme avoir deux enfants… dans la tête (!!) et parfois Maman est fatiguée de devoir arbitrer 🙂

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        1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

          Ecouter les deux sera difficile par contre les accueillir en les considérant avec bienveillance pour ce qu’elles sont “des enfants”, peut être envisageable.
          Souvenez-vous il s’agit de réunir et d’harmoniser des parts de vous qui se croient étrangères.
          Pour vous y aider, relisez cette histoire : La division contre soi-même

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          1. Barbara L

            oui tout à fait, et la division contre soi-même me parle bien. Je crois que je vais y arriver. C’est une impression etrange, merveilleuse et incroyable, de prendre l’escalator dans le bon sens (et en plus ca ne demande pas d’effort, juste etre “présent” à soi… je l’ai fait cet apres midi au télépnone avec la personne dont je parlais plus haut. Ah cela ne lui a pas plus, elle a tellement l’habitude qu’on lui obeisse “les yeux fermés”, mais moi, quelle joie intérieure de “me respecter” et sans m’énerver, juste comme cela, simplement. Merci Renaud.

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            1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

              Oui, être présent à soi-même, avec la même bienveillance que celle d’un grand-père qui regarde jouer ses petits enfants, me disait un de mes amis.
              Et pour ce faire il y a besoin d’entrainement.

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  4. marc

    J’ai lu le livre de christophe andré “imparfaits, libres heureux”
    Le probleme c’est que la société dans laquelle on vit est tres comptetitive, particulierement le monde du travail et la il y a des enjeux salariaux etc
    En asie la pression pour reussir ses etudes est tres elevée aussi
    Mais meme quand il n’y pas d’enjeux, sports et loisirs les gens ont tendance a etre tres competitifs en occident
    De plus le politiquement correct fait qu’on ne peut meme plus dire ce qu’on pense ou avoir une pensée divergente sans risque d’exclusion sociale
    J’aimerias bien debattre avec des psy et de coaches mais a mon grand regret ils sont souvent assez fermés

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      1. marc

        Merci de votre reponse.
        Certains de mes amis m’ont dit que j’etaits un des gars le splus ouverts qu’ils connaissaient. soit
        J’ai en effet rencontré certains coaches ou psys (en conference par ex) qui me semblaient particulierement fermés. Or il se fait qu’on est en face d’une science inexacte.
        Pour en revenir a la question, ne pensez vous pas que la pression sociale (qui encourage enormement a la perfection et la competition) est un probleme ? la competition dans le monde du travail est pas triste en occident actuellement, je crois qutil est inutile de develloper.
        De plus cela pose le probleme de notre liberté
        C’est un sujet qui me tient a coeur : quelle est la valeur des conseils en psychologie par rapport aux realités sociologiques. s’affranchir de la pression sociale : le fait est que la plupart des gens sont esclaves de la matrice.
        c’est commes ces electrons libres sur youtube qui vivent aux quatre coins du monde dans leur brousse et donnent des conseils innapplicables a la majorité des gens

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        1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

          Si – je suis d’accord avec vous – la pression sociale est certainement un problème pour ceux qui y cèdent.
          Quant aux conseils psychologiques ils n’ont bien évidemment de valeur que pour ceux qui y accordent de l’importance, ceux qui les demandent. Ce qui tombe bien car ils ne s’adressent pas aux autres.
          Cela dit, pourquoi devriez-vous vous laisser définir par les autres ?

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