Archives par étiquette : Aider

Accompagner ou diriger ?

Mémo pour vous aider à garder une relation positive avec la personne en souffrance

« Puis-je me permettre d’entrer complètement dans l’univers des sentiments de l’autre et de ses conceptions personnelles et les voir sous le même angle que lui ? »

Carl Rogers.

Vous êtes un certain nombre, après avoir suivi l’une de mes formations sur la relation d’aide à m’en demander un résumé que voici…

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Faut-il démissionner pour aider ?

Le coup de gueule d’Edith, infirmière en maison de retraite qui refuse de perdre son humanité au profit de la bureaucratie ambiante. Elle explique la nécessité impérieuse de revenir à la présence ici et maintenant ; elle revient à l’essentiel : le bon sens et l’écoute.

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Quelles sont vos croyances d’aidant ?

10 questions / réponses pour apprendre à aider sans se perdre.

(Libre adaptation d’un questionnaire de Michelle Arcand, psychothérapeute.)

L’objectif de ce quizz est de vous aider à réfléchir à la manière dont vous pouvez interpréter votre rôle d’aidant à travers des croyances erronées… au risque de vous perdre et de sombrer dans le burn-out.

Répondez à ces questions, puis lisez leurs commentaires et souvenez-vous que – si vous le souhaitez – vous pouvez engager le dialogue avec moi au bas de cette page…

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Suis-je un soignant insensible ?

Question d’Eve-Marie :

A Audrieu, France.

Au cours d’un stage en psychiatrie dans un service pour psychotiques, un patient est décédé subitement (infarctus). Des membres de l’équipe ont pleuré « à chaudes larmes » le décès de ce patient (hospitalisé depuis une quinzaine d’années). J’ai été surprise de leurs réactions notamment ce reproche qu’ils se sont faits de n’être pas parvenu à le réanimer et enfin de leurs pleurs. Pour ma part, ce décès n’a provoqué chez moi aucun sentiment de tristesse ni de compassion. Je ne connaissais certes pas assez le patient (je suis arrivée dans le service seulement 3 semaines auparavant) mais est-ce normal que l’équipe l’ait autant pleuré, n’y a-t-il pas eu un manque de « professionnalisme » dans leur attitude ou bien est-ce moi qui suis insensible ?

Merci de m’éclairer sur ce point.

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Paroles de déments – Parole aux déments

« J’ai pendant un an rendu visite à mon père dans la maison où jour après jour sa mémoire rétrécissait comme une buée sur du verre, au toucher du soleil. Il ne me reconnaissait pas toujours et cela n’avait pas d’importance. Je savais bien, moi, qu’il était mon père. Il pouvait se permettre de l’oublier. Il y a parfois entre deux personnes un lien si profond qu’il continue à vivre quand l’un des deux ne sait plus le voir. »

Christian Bobin. Ressusciter.

Vous êtes de plus en plus nombreux, dans mes formations ou sur ce site, à me faire part de votre sentiment d’impuissance face aux comportements des personnes atteintes de syndromes de démence (tel celui d’Alzheimer) qui vous sont incompréhensibles.

S’il est parfaitement normal de se sentir désemparé face à ce que l’on ne comprend pas, il est aussi de la responsabilité de l’aidant de tout mettre en œuvre pour – inlassablement – tenter de comprendre.

L’écrivain anglais Chesterton, surnommé « le prince du paradoxe », écrivait : « Le fou est celui qui a tout perdu sauf la raison. » Si nous ne nous fions qu’à l’apparence, les paroles ou les comportements des personnes dont les capacités cognitives se réduisent nous paraissent totalement déraisonnables.

Le mérite de l’article ci-dessous (que je trouve lumineux) est de nous faire percevoir que, si nous abandonnons notre prétention à savoir, si nous osons nous laisser toucher par les personnes dont les paroles ou les comportements nous semblent déraisonnables, nous pourrons découvrir que la profondeur du sens affleure derrière l’apparence de l’absurdité, c’est-à-dire que ces personnes sont parfaitement cohérentes par rapport à elles-mêmes et à leur histoire de vie.

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Comment aider une personne handicapée mentale lors de l’annonce d’un décès ?

Question de Valérie :

Psychologue à Fonsorbes, France.

Je travaille auprès d’une population de personnes handicapées mentales de naissance.

Je me suis toujours posée la question comment pouvait on aborder la notion de mort avec eux du fait des capacités mentales limitées. Ils mettent en avant que les personnes décédées sont parties au ciel.

Comment les aider dans l’annonce du décès ?

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Histoire du papillon

QUEL EST LE CRITÈRE DU BESOIN D’AIDE ?

à tous les thérapeutes, psychologues, coaches et autres aidants…

à propos de notre désir d’aider les autres et de faire « le bien ».

« Quand vous donnez quelque chose à quelqu’un, faites d’abord très attention à la position de sa main, voyez si elle est en position de recevoir. (…) L’enseignant doit attendre que la question soit posée, c’est-à-dire qu’un doute soit apparu dans l’esprit de l’élève. Le doute, le doute, le doute doit d’abord apparaître. C’est cela le critère du besoin d’aide. Quand le doute viendra-t-il ? Seulement après que l’élève aura fait lui-même l’expérience. »

Swami Prajnânpad.

« L’important n’est pas ce que vous dites, même si c’est vrai, mais la manière dont vous le faites passer et en fin de compte le résultat. A quoi bon asséner une vérité si la personne ne peut pas l’entendre ? »

Arnaud Desjardins.

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Un aidant doit-il rester objectif ?

Question d’Abderrazak :

Elève Assistant Social à Bouira, Algérie.

Salam Monsieur c’est un honneur de vous écrire et de vous remercier sur l’aide que vous allez me donner en répondant à ma question, alors je suis élève de 2ème année à l’école de formation paramédicale pour le diplôme d’assistant social.

Le premier principe dans mon travail est de rester objectif face aux usagers (clients) mais je me demande si un jour mon objectivité va nuire ou démolir un de mes principes ! Alors : Que dois je faire pour équilibrer entre l’objectivité et les principes personnels au cas ou ils se contredisent ?

Merci Monsieur et bon courage.

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Comment puis-je aider ma fille qui refuse d’être aidée ?

Question de : Lucette

Profession : Mère

Ma fille de 20 ans a vécu un événement très traumatisant au mois de juillet. Elle a rencontré son ex avec lequel elle était séparée depuis 4 mois, il avait une relation disons amicale mais cette journée là, il a piqué une crise extrême de jalousie et il l’a attaquée, il l’a frappée un peu partout et il y a eu de l’agression verbale aussi, elle a réussi a s’enfuir. Depuis elle n’est plus la même, elle a commencé a s’enfuir de la maison par la fenêtre, à boire, à être boulimique, elle n’est pas capable de fonctionner, elle ne paie plus ses facture etc. Elle ne peut plus travailler, ni aller à l’école. Elle est constamment en conflit avec nous et dernièrement elle a décidé que la solution est de déménager. Ne pouvant pas l’empêcher puisqu’elle est « adulte », nous allons l’aider comme on peut mais elle refuse d’aller consulter.

Que pouvons nous faire ?

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Comment aider une personne qui se déteste ?

Question de Jacqueline :

Profession : Professeur de Yoga

Merci pour ces rappels toujours très éclairants que tout part de cette nécessaire réconciliation avec soi.

J’ai en ce moment, parmi mes amies, une jeune femme, victime d’un traumatisme dans sa jeunesse et qui n’arrête pas de me répéter : « Je me déteste ! Je me déteste ! » Comme elle est très croyante, elle n’ose pas exprimer ce qu’elle ressent vis-à-vis de celle qui l’a agressée et elle tourne sa violence contre elle-même, jusqu’à exprimer des tendances suicidaires.

Pourriez-vous m’aider à l’aider ?

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Une aidante peut-elle embrasser un malade dans une relation d’aide ?

Question de Martine :

Aide-Soignante, France.

Cette nuit à mon travail, j’ai vécu quelque chose d’extraordinaire.

Dans le service, il y a un patient pour lequel la médecine a laissé peu de temps à vivre : cancer de la prostate avec métastase osseuse. Tous les soirs, à la prise de mon service, il me demandait de lui masser les jambes qui lui faisaient mal à cause des oedèmes. Il aimait blaguer à propos d’histoires de Raymond Devos.

Ce patient aujourd’hui a retrouvé un sursaut de vie et repart chez lui à la maison. Il est heureux de sortir et angoisse en même temps. Il connaît sa maladie, mais ne connaît pas la finalité de la chose. Après six mois d’hospitalisation, il avait construit son univers autour de ce lit à l’hôpital. Cette nuit, il a voulu me dire au revoir, « Je vous fais la bise » m’a-t-il dit, et je me suis laissée faire. Tous les deux, nous avions la gorge un peu serrée et les larmes aux yeux. Je m’interroge. Ma conduite envers ce patient est-elle normale ? Je sais, que je dois avoir des limites envers les patients, je sais, que je ne dois pas fusionner avec les patients, je sais que je dois avoir une « carapace », mais cette bise, c’est quoi ? Peut-on parler d’amour entre un soigné et un soignant ? Est-ce de la compassion ? Ou est-ce, une faute grave ?

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Avons-nous droit aux fruits de nos actions ?

Question de J-M. M. :

Infirmier.

Sans vouloir abuser de votre temps, je me décide à aborder une question qui reste impossible à éclaircir pour moi. J’ai besoin de clarifier une incompréhension d’un avis que vous avez émis lors d’un travail de groupe.

Il s’agit de l’affirmation qu’il est excessif pour notre équilibre personnel d’attendre que le monde nous apporte la satisfaction des désirs et aspirations qu’on en attend.

Selon la formule antique on aurait droit à l’action mais pas aux fruits de l’action. Je conçois qu’il est essentiel de participer à des actions désintéressées, cependant je ne puis me sentir en accord pleinement et je persiste à penser que la personne humaine est en droit d’espérer atteindre un objectif de bonheur qu’elle s’est fixée librement. Quand on met au monde un enfant, c’est probablement dans le but qu’il approche ou atteigne le bonheur qu’il s’est choisi et peut être même de pouvoir le partager avec autrui. Ca ne me parait pas irréaliste ni trop ambitieux, et je me sens être moi-même à travers cette conception.

L’alternative consiste-t-elle soit à renoncer à toute forme d’idéal personnel ou soit à renoncer à connaître la réalité telle qu’elle est ? La prise en compte de la réalité faisant obstacle à la réalisation des désirs, ou la construction de désirs faisant écran à la connaissance de la réalité. Faut-il opposer le moi au soi ?

On disait avant, c’est la faute à Rousseau l’idéaliste, c’est la faute à Voltaire le critique, devrait-on dire aussi c’est la faute à Arjuna l’obéissant, c’est la faute à Prométhée le désobéissant. Finalement le rôle de soignant ne s’oppose-t-il pas à la fatalité de la souffrance ?

En m’excusant pour ces digressions, il m’est difficile d’expliquer autrement comment je ressens cette question.

Encore merci pour tous vos avis conseils et témoignages.

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