Archives par étiquette : Accompagnement

Pourquoi doit-on communiquer avec les personnes en état végétatif ?

Est-ce juste de les considérer comme des « légumes » ?

Les séquelles de certains traumatismes crâniens comme de certaines défaillances cardiaques graves peuvent mener au coma, (du grec κῶμα/kôma qui signifie « sommeil profond »), qui est défini comme une abolition de la conscience et de la vigilance, non réversible par les stimulations, alors même que les fonctions végétatives (par définition les fonctions physiologiques indépendantes de la volonté comme la respiration, la digestion ou la circulation sanguine), sont plus ou moins bien conservées.

C’est ainsi qu’on parle d’EVC (Etat Végétatif Chronique) lorsque l’état végétatif persiste plus de 12 à 18 mois.

On estime que les personnes en EVC :

  • ne témoignent à l’évidence d’aucune conscience d’elles-mêmes ou de leur environnement ;
  • ne présentent aucun signe de compréhension ou d’expression du langage ;
  • n’offrent aucune réponse significative aux stimulations.

On parle plus spécifiquement d’EPR (Etat Pauci Relationnel, du latin « pauci » peu), lorsque ces personnes répondent seulement à quelques stimulations.

Plus l’état végétatif dure longtemps, plus les chances d’une évolution vers un retour à la conscience normale deviennent minimes, même si on a pu exceptionnellement observer des éveils chez des patients qui étaient en état végétatif depuis plus de 18 mois, (une quinzaine de cas seulement auraient été mentionnés dans les revues scientifiques), comme celui du jeune américain Terry Wallis qui est sorti du coma après 19 ans de soins de nursing.

Alors, les personnes en EVC sont-elles des « légumes » ?

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La juste relation d’accompagnement

(ou comment dépasser ses craintes et ses méfiances pour accompagner l’autre)

“Accompagner quelqu’un, c’est se placer ni devant, ni derrière, ni à la place. C’est être à côté.”

Joseph Templier.

Trouver le juste équilibre face à celui que nous nous proposons d’accompagner n’est pas toujours facile.

Même si un dicton de notre culture nous rappelle que « la peur est mauvaise conseillère », nos méfiances comme nos craintes peuvent nous sembler légitimes dans le contexte d’aidés trop entreprenants ou agressifs.

En fait, il existe deux risques, deux écueils pour l’aidant dans la relation d’accompagnement :

  • Etre dans l’affectif (souvent dans la sympathie et la pitié pour l’autre), donc dans la confusion entre lui et nous.
  • Etre distant, se protéger, donc prendre le risque que celui que nous nous proposons d’accompagner rompe sa relation à nous.

Pour pouvoir « garder notre équilibre » dans une relation d’accompagnement, nous avons tous personnellement besoin de « nous situer » par rapport à celui que nous accompagnons.

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Accompagner ou diriger ?

Mémo pour vous aider à garder une relation positive avec la personne en souffrance

« Puis-je me permettre d’entrer complètement dans l’univers des sentiments de l’autre et de ses conceptions personnelles et les voir sous le même angle que lui ? »

Carl Rogers.

Vous êtes un certain nombre, après avoir suivi l’une de mes formations sur la relation d’aide à m’en demander un résumé que voici…

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Comment accompagner un enfant dont la mère se meurt ?

L’éducation consiste à comprendre l’enfant tel qu’il est, sans lui imposer l’image de ce que nous pensons qu’il devrait être.

Krishnamurti.

Question de Solange :

Mon fils est séparé de la mère de ses deux filles (9 et 7 ans)

Elles voient régulièrement leur maman, mon fils entretenant de bonnes relations avec elle. Elle est atteinte d’un cancer très avancé dont malheureusement l’issue est fatale.

Comment préparer mes petites filles à ce terrible drame ?

Elles voient régulièrement un pédopsychiatre car leur comportement est difficile à l’école depuis la séparation des parents.

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Une expérience d’accompagnement de fin de vie

Se retrouver seule, en relation avec un vieux Monsieur mourant qui souffre et refuse qu’on appelle sa famille pour ne pas l’angoisser n’est certes pas facile. Mais c’est compter sans les trésors d’intuition, de délicatesse et d’humanité de Martine… qui découvre que ce Monsieur est le père d’une amie de quartier, au moment où l’imam entre dans la chambre pour les prières…

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Accompagnement à la pratique du travail sur soi

Autopsychothérapie

« Une once de pratique vaut mieux qu’une tonne de théorie ! »

(Proverbe)

Au cours d’un entretien téléphonique faisant suite à un travail thérapeutique par e-mail, il est apparu – selon ses propres dires – que Lili était prisonnière d’une « dynamique à reculons ».

« Parce qu’on ne me l’a jamais permis alors que je l’ai beaucoup demandé, je ne supporte pas qu’un homme soit bienveillant avec moi. C’est ainsi que malgré mon immense crainte d’être abandonnée, tout en moi me pousse à faire ce qu’il faut pour que mon thérapeute se débarrasse de moi. »

Ce qui revient à dire « Je veux être punie » (car quand je suis punie, tout est en ordre).

C’est ainsi que, cherchant inconsciemment la punition, donc interprétant la question que je lui avais posée « Comment se fait-il que vous ayez le besoin compulsif de remercier ? » d’une manière culpabilisatrice pour elle, Lili m’écrit à la fin d’une correspondance :

« Ca ne m’est toujours pas possible de ne pas vous dire : « Merci pour tout ».

Je lui réponds :

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