Archives de catégorie : Textes et Histoires

La civilisation moderne

De quoi souffrons-nous ?

« La contestation violente ou non violente du monde moderne et de la société de consommation prend chaque année plus d’ampleur. Mais les articles et les livres qui traitent de cette question entre toutes importante pour l’humanité et pour chaque homme en particulier, ne concernent que la surface des événements. Même ceux qui cherchent à dénoncer les causes derrière les symptômes méconnaissent que ces causes ne sont elles-mêmes que des effets, et qu’il est impossible d’y remédier tant que les principes mêmes sur lesquels repose notre civilisation actuelle ne seront pas à leur tour mis en cause. »

Arnaud Desjardins, Monde moderne et sagesse ancienne, Éditions La Table Ronde, 1973, p. 5.

Nous sommes aujourd’hui de plus en plus nombreux à nous poser des questions à propos du possible effondrement proche de notre monde (déjà commencé depuis plusieurs décennies) et de « l’après ».

L’autre jour à la télévision, l’astrophysicien artiste et philosophe Aurélien Barrau, très engagé sur les questions d’écologie politique, exprimait, avec sa fougue et sa perspicacité habituelles, aux oreilles d’un homme d’affaires à la fois éberlué et ahuri, ceci :

« La croissance, ça ne m’intéresse pas du tout, ce qui est intéressant c’est le progrès, c’est le bien vivre, c’est l’amour, c’est la créativité. La décroissance, je l’appelle de mes vœux, elle ne doit pas faire peur. Le PIB on s’en fiche complètement, c’est pas ça qui est important dans nos vies. Je m’inscris parfaitement en faux par rapport à ce dogme qui relève de la pensée magique qui voudrait que la croissance soit quelque chose d’indépassable, de fondamentalement bon pour nos vies. »

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L’enfant et les ballons

À propos de l’expérience du désir et de son refoulement

« Quand un enfant demande à être guidé, éclairez le sujet de la discussion autant que possible et permettez à l’enfant de décider. Faites un effort pour encourager l’enfant à trouver, à faire l’expérience. Il faut donner à l’enfant les trois L : Love (Amour), Light (Lumière ou explication), Liberty (Liberté ou absence de contrainte). »

Swami Prajnanpad

Un enfant demande, c’est naturel. Il ne sait pas encore refouler ses désirs. C’est à l’adulte de sentir s’il est juste de lui donner ce qu’il demande à ce moment-là ou pas.
Beaucoup de parents parlent des caprices de leurs enfants mais ce sont les mêmes qui les « gâtent » en leur offrant des objets que parfois ils ne désirent pas (encore).
Peu nombreux sont les parents qui savent qu’un désir refoulé et interdit prend une place démesurée ensuite dans la psyché de l’enfant.
Il peut souffrir vraiment du refus de son parent – qu’il ne comprend pas – et ensuite, après coup, dans son existence, en réaction à son refoulement, faire exprès des choses interdites et parfois dangereuses.

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Retour au Réel : Urgence

Écologie ou barbarie : à propos du début de la Survivance

« L’effondrement est un appel à l’action. »

Delphine Batho

« Souvent les gens ne veulent pas voir, entendre et parler de la vérité parce qu’ils ne veulent pas que leurs illusions soient détruites. »

Friedrich Nietzsche

Pourquoi un article sur l’écologie sur un site consacré à la relation aux autres et à la connaissance de soi-même ?

C’est qu’il m’apparait tout simplement vain de pouvoir continuer de s’intéresser aux autres et à soi-même dans un monde dans lequel tout peut disparaître parce que tout est déstabilisé : un monde dans lequel nos besoins les plus essentiels (respirer, boire, manger) sont menacés par le chaos climatique et la destruction du vivant sur terre. 

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La division contre soi-même

Premier obstacle à notre équilibre

« Que peut un royaume divisé contre lui-même ? » Marc 3:24

Pascal de Duve était écrivain et professeur de philosophie. Il est mort du sida à 29 ans. Juste avant de mourir, il a écrit un livre au sous-titre magnifique : « Vingt-six jours du crépuscule flamboyant d’un jeune homme passionné » dans lequel il partage ceci : « Mon histoire commence le jour où j’ai décidé de ne plus vivre ma vie comme on remonte un escalator qui descend. »

Devoir remonter un escalator qui descend, c’est être écartelé entre ce qu’on sent qu’on a à faire et ce qu’on pense qu’on doit faire, c’est ne plus savoir quelle direction est la bonne et courir le risque de tomber en s’emmêlant les jambes. C’est contradictoire et malsain parce qu’un escalator qui descend est fait pour descendre, pas pour monter.

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Le vieil homme et le cheval

ou comment s’y prendre pour ne plus souffrir inutilement ?

Marc-Aurèle[1] nous explique « Si tu t’affliges pour une cause extérieure, ce n’est pas elle qui t’importune, c’est le jugement que tu portes sur elle. Or ce jugement, il dépend de toi de l’effacer à l’instant. »

Si nous nous inquiétons à propos d’une chose qui ne dépend pas de nous, ce n’est pas la chose qui ne dépend pas de nous qui nous inquiète mais la manière dont nous interprétons cette chose.

Et Marc-Aurèle de conclure : « Ne dis rien de plus à toi-même que ce que directement t’annoncent les représentations. »

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Le mental

« Le mental a son origine dans le refus d’une réalité impossible à supporter. »

Arnaud Desjardins

On ne répétera jamais assez que nous nous faisons principalement souffrir à cause des pensées que nous avons sur nous-mêmes, que nous croyons et auxquelles, sans songer à les remettre en cause, nous obéissons aveuglément.

Ces pensées sont le plus souvent insidieuses et déraisonnables puisqu’elles sont issues de notre expérience propre distordue et de ce que les autres ont raconté à notre propos et que nous continuons obstinément de croire en infidélité complète avec qui nous sommes.

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La solidarité des convives

Vous connaissez peut-être la célèbre formule de Martin Luther King qui, le 31 mars 1968 à Washington, cinq jours avant son assassinat, s’exclamait : « Il nous faut apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous allons périr ensemble comme des imbéciles. » 

Cette courte histoire issue de la tradition hassidique pour vous le faire sentir de plus près : Continuer la lecture

Le vizir et la mort

« Nous sommes tous créatures d’un jour. Et celui qui se souvient, et l’objet du souvenir. Tout est éphémère. Et le fait de se souvenir, et ce dont on se souvient. Aie toujours à l’esprit que bientôt tu ne seras plus rien, ni nulle part. »

Marc Aurèle

Beaucoup de thérapeutes se gardent de prendre en compte de manière explicite l’angoisse de mort de leurs patients alors que d’autres sont persuadés que, dans une thérapie approfondie, il est à la fois nécessaire et précieux d’aider les patients à accueillir cette angoisse pour s’y confronter et l’élaborer.

Entrer en thérapie c’est notamment se confronter au mécanisme du refoulement et découvrir qu’il est une peur fondamentale : celle de l’idée que chacun se fait de la mort et de l’inéluctable.

Pour vous faire sentir le mystère et l’implacabilité de l’inéluctable et de la mort, je propose à votre réflexion cette histoire qu’on prête à Farid al-Dîn Attar, poète et mystique soufi de la Perse du XIIIème siècle. Continuer la lecture