Archives de catégorie : Textes et Histoires

L’enfant et les ballons

À propos de l’expérience du désir et de son refoulement

« Quand un enfant demande à être guidé, éclairez le sujet de la discussion autant que possible et permettez à l’enfant de décider. Faites un effort pour encourager l’enfant à trouver, à faire l’expérience. Il faut donner à l’enfant les trois L : Love (Amour), Light (Lumière ou explication), Liberty (Liberté ou absence de contrainte). »

Swami Prajnanpad

Un enfant demande, c’est naturel. Il ne sait pas encore refouler ses désirs. C’est à l’adulte de sentir s’il est juste de lui donner ce qu’il demande à ce moment-là ou pas.
Beaucoup de parents parlent des caprices de leurs enfants mais ce sont les mêmes qui les « gâtent » en leur offrant des objets que parfois ils ne désirent pas (encore).
Peu nombreux sont les parents qui savent qu’un désir refoulé et interdit prend une place démesurée ensuite dans la psyché de l’enfant.
Il peut souffrir vraiment du refus de son parent – qu’il ne comprend pas – et ensuite, après coup, dans son existence, en réaction à son refoulement, faire exprès des choses interdites et parfois dangereuses.
En vérité si un enfant a une attraction spécifique pour quelque chose, c’est en lui permettant de faire l’expérience de cette attraction de manière pleinement délibérée et consciente que son parent parviendra peu à peu à épuiser son désir, donc à le rendre heureux.

Pour illustration, cette courte histoire racontée par Swami Prajnanpad (Entretiens avec Swami Prajnanpad, Éditions Accarias L’Originel, p. 21, 22) :

Un jour un père emmena sa fille à une fête foraine. Ils faisaient le tour des attractions quand ils virent un homme qui vendait des ballons multicolores. L’enfant eut envie d’un ballon et demanda à son père de lui en acheter un. Le père accepta, l’enfant joua pendant un moment avec le ballon qui éclata. La petite fille se sentit très triste. Elle demanda un autre ballon. Le père lui en acheta un autre qui subit le même sort. Elle en demanda encore un autre en hésitant. Le père consentit à satisfaire sa demande et lui en donna un autre. Ensuite quand le ballon éclatait, le père lui en donnait un autre avant même qu’elle le demande. Ainsi il acheta 30 ballons pour elle ce jour-là et le trentième éclata aussi. Alors le père demanda : « Dois-je acheter un autre ballon ? » « Non », dit l’enfant, « cela suffit je n’en veux plus ». Ainsi ils retournèrent tous les deux à la maison et la petite fille n’eut plus jamais envie de ballons.

On voit ici les étapes par lesquelles un enfant doit passer pour accéder à la libération de son désir – étapes liées à la vigilance de son parent dans les réponses qu’il lui donne.

Il aura fallu que son parent lui permette d’accéder à son désir en lui achetant un ballon.
Il aura fallu que ce parent comprenne que l’émotion de tristesse de son enfant, déçu à la vue du ballon éclaté, était le signe du non-assouvissement de son désir et qu’il lui en achète un second.
Il aura fallu que ce parent – toujours vigilant – ne se lasse pas et offre un ballon une troisième fois et plusieurs autres fois, et donc qu’il se rende prêt à répondre au désir de son enfant, tant qu’il est inassouvi.

Quand le père demande à la fin « dois-je acheter un autre ballon ? » il sait pertinemment ce qu’il fait : il mesure la maturité du niveau d’adaptation de l’enfant à la vie telle qu’elle est. Au moment où l’enfant répond non, il sait que ce dernier a enfin compris et accepté – à travers son expérience vécue – cette loi qui dit qu’un ballon en baudruche est fragile, donc éclate facilement.
Ce père averti sait que les expériences des autres ne peuvent pas permettre à un enfant en développement d’apprendre. Il laisse donc son enfant faire l’expérience des choses de manière autonome pour qu’il puisse apprendre par lui-même, se convaincre par lui-même de la réalité des choses. Patiemment il attend que la compréhension mûrisse chez son enfant plutôt que de lui imposer une interdiction inhibitrice de son désir.
Le rôle du père ici (mais quel père est capable de cela ?) est d’encourager son enfant à faire ses expériences afin qu’il puisse en tirer ses propres conclusions.
Être parent c’est aussi laisser son enfant faire l’expérience de l’impossibilité des choses. Si le ballon éclate ce n’est pas parce qu’il est « méchant » mais parce que les lois de la physique le font éclater quand il est soumis à une certaine pression. Il aura fallu trente expériences pour que l’enfant comprenne et renonce en étant en paix.

En résumé, il aura fallu que ce parent conscient ait pour but de se mettre littéralement au service de son enfant (et de son désir) afin que ce dernier puisse expérimenter la réalité selon son besoin à lui. Cela n’est possible que si l’enfant se sent inconditionnellement accepté et aimé par son parent – qui le guide et l’initie à la vie.
Ce parent sait que c’est à ce prix qu’il permettra à son enfant de faire l’expérience de son désir jusqu’au bout. Il sait qu’ainsi son enfant aura appris à vivre à travers l’expérience qu’il aura eu des choses plutôt qu’au travers de principes moraux et le plus souvent hypocrites.

S’il est vrai qu’une éducation réussie permet à un enfant de pouvoir faire ses expériences, cette histoire nous aide aussi à comprendre la manière dont un parent (s’il est convaincu) peut s’y prendre avec les désirs de son enfant et les risques de refoulement sans avoir peur d’être jugé comme trop généreux par les autres. Ce qui veut dire aussi que ce parent exceptionnel est libre du regard de l’autre.

Un désir refoulé – par nature – revient toujours en s’amplifiant parce qu’il n’a pas été satisfait. Cela veut dire que ce que nous portons en nous d’accomplir ne nous lâchera pas. Par contre ce qui a été satisfait ne revient pas, on en devient libre, comme la petite fille de cette histoire.

Et l’apprentissage de la frustration dans l’éducation, me direz-vous ?

C’est en effet bien là qu’une éducation réussie doit arriver : à ce que la frustration ne soit pas vécue comme un drame puisqu’elle est inévitable.
Pour que la frustration d’un être humain puisse – un jour – ne pas être vécue par lui comme un drame et une injustice (ce que revivent tant d’adultes aujourd’hui quand ils se retournent sur leur passé), il faut que son parent lui ait permis de connaître dans sa petite enfance, au moins quelques fois, une pleine satisfaction de ses désirs.
(On comprendra ici à quel point est dommageable la théorie selon laquelle il faut apprendre tôt la frustration à l’enfant, sous le prétexte qu’elle est inévitable. Cette théorie ne peut qu’être née du cerveau névrosé d’êtres eux-mêmes frustrés, mutilés, incapables de s’offrir aux besoins de vie de leurs propres enfants.)

Un enfant qui aura ressenti que ses désirs étaient reconnus et acceptés par ses parents pourra devenir un enfant heureux et c’est précisément un enfant heureux qui – devenu adaptable à travers ses multiples apprentissages – sera à même de gérer sa propre frustration de manière équilibrée. À contrario de « l’éternel frustré » qui ne peut que coller à son sentiment d’injustice et de colère contre la vie et qui continuera de lutter, désespérément.

© 2019 Renaud PERRONNET Tous droits réservés.

Pour aller plus loin je vous invite à lire :

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Retour au Réel : Urgence

Écologie ou barbarie : à propos du début de la Survivance

« L’effondrement est un appel à l’action. »

Delphine Batho

« Souvent les gens ne veulent pas voir, entendre et parler de la vérité parce qu’ils ne veulent pas que leurs illusions soient détruites. »

Friedrich Nietzsche

Pourquoi un article sur l’écologie sur un site consacré à la relation aux autres et à la connaissance de soi-même ?

C’est qu’il m’apparait tout simplement vain de pouvoir continuer de s’intéresser aux autres et à soi-même dans un monde dans lequel tout peut disparaître parce que tout est déstabilisé : un monde dans lequel nos besoins les plus essentiels (respirer, boire, manger) sont menacés par le chaos climatique et la destruction du vivant sur terre. 

Pour que l’humanité puisse continuer de vivre sur terre, il nous faut ouvrir les yeux sur la dynamique d’effondrement que nous avons engagée :

  • Le dérèglement climatique devient une donnée sensible dont nous sommes en train de faire les frais.
  • L’affaiblissement progressif et régulier de nos capacités de production alimentaire va commencer.
  • On estime que la pollution de l’air tue 7 millions de personnes chaque année dans le monde.
  • Les 4/5èmes de la population mondiale sont aujourd’hui menacés par le manque d’eau.
  • 75% des insectes volants ont disparu en 27 ans.
  • Les populations de vertébrés sauvages ont chuté de 60% entre 1970 et 2014.
  • L’ensemble de nos activités économiques reste tributaire à 80% des énergies fossiles.
  • L’ensemble de nos capacités extractives mondiales ont cessé de croître en 2006, aujourd’hui elles stagnent et finiront par redescendre.
  • Sur la planète, 8 individus détiennent autant de richesses que les 3,6 milliards des personnes les plus pauvres.
  • On estime à 213,9 millions le nombre de réfugiés climatiques entre 2008 et 2016, ils seront 1 milliard en 2050.

Comme le clame avec force Delphine Batho dans son « hymne à la vie  sur Terre », l’alternative est aujourd’hui entre l’écologie et la barbarie, entre les deux il n’y a plus rien. 

Cliquez sur le livre pour voir la vidéo de son interview à propos du Manifeste (5:10)

Son livre – le manifeste d’une femme éclairée  dont je vous fais la promotion – appelle à une intense prise de conscience mais pose aussi un cadre qui permet de comprendre les principes de bases de ce qu’elle nomme « l’écologie intégrale démocratique », une pensée politique « radicalement nouvelle, proposant le cadre théorique à même de dessiner des solutions et d’offrir aux luttes écologiques une perspective de conquête du pouvoir. »

Êtes-vous Terriens ou Destructeurs ? Il y a urgence à sortir du déni écologique, procurez-vous et lisez sans attendre ce Manifeste d’une petite centaine de pages qui va à l’essentiel. 

C’était il y a bientôt 50 ans, au début des années 70 à Paris. Je me souviens avoir un jour découvert sur une affiche de la permanence du petit groupe Greenpeace, pas loin de Notre-Dame, cette magnifique réponse faite en 1854, par le chef Indien Seattle, au gouvernement américain, qui lui proposait d’abandonner sa terre aux blancs et lui promettait une « réserve » pour le peuple indien.

(Même si je sais qu’il existe des désaccords sur l’attribution de ce discours qui a été remanié, il n’en reste pas moins magnifique parce que prophétique, son remaniement n’enlève rien à la stature historique du Chef Indien Seattle, rien à son don de clairvoyance, rien à sa manière d’alerter sur ce que l’homme faisait déjà subir à la Terre. Vous trouverez donc ci-dessous la traduction française de la version de Ted Perry, qui était celle proposée par Greenpeace à l’époque.)

Ainsi le Chef Indien Seattle déclara :

« Le Grand Chef Blanc, à Washington, nous salue avec de l’amitié et de la bonne volonté. Ceci est gentil de sa part, car nous savons qu’il n’a pas beaucoup besoin de la nôtre, d’amitié. Il nous fait savoir qu’il veut acheter notre terre et nous laisser une réserve pour y vivre sans encombre. Cette offre paraît juste et même généreuse, car l’Homme Rouge n’a plus de droits à faire valoir face à l’Homme Blanc qui peut venir avec ses fusils.

Comment pouvez-vous acheter ou vendre le ciel, la chaleur de la terre ? L’idée nous paraît étrange. Si nous ne possédons pas la fraîcheur de l’air et le miroitement de l’eau, comment pouvez-vous les acheter ?

Chaque parcelle de cette terre est sacrée pour mon peuple. Chaque aiguille de pin luisante, chaque rive sableuse, chaque lambeau de brume dans les bois sombres, chaque clairière et chaque bourdonnement d’insecte est sacré dans le souvenir et l’expérience de mon peuple. La sève qui coule dans les arbres transporte les souvenirs de l’Homme Rouge.

Les morts des Hommes Blancs oublient le pays de leur naissance lorsqu’ils s’en vont se promener parmi les étoiles. Nos morts n’oublient jamais cette terre magnifique. Car elle est la mère de l’Homme Rouge. Nous sommes une partie de la terre et elle fait partie de nous. Les fleurs parfumées sont nos sœurs ; le cerf, le cheval, le grand aigle sont nos frères. Les crêtes rocheuses, les sucs dans les prés, la chaleur du poney et l’homme : tous appartiennent à la même famille.

Aussi, lorsque le Grand Chef à Washington envoie dire qu’il veut acheter notre terre, demande-t-il beaucoup de nous. Le Grand Chef envoie dire qu’il nous réservera un endroit de façon à ce que nous puissions vivre confortablement entre nous. Il sera notre père et nous serons ses enfants. Nous considérerons donc votre offre d’acheter notre terre. Mais ce ne sera pas facile. Car cette terre nous est sacrée.

L’eau scintillante qui coule dans les ruisseaux et les rivières n’est pas seulement de l’eau mais le sang de nos ancêtres. Si nous vous vendons notre terre, vous devez vous rappeler qu’elle est sacrée et vous devez l’apprendre à vos enfants et que chaque reflet spectral dans l’eau claire des lacs parle d’événements et de souvenirs de la vie de mon peuple. Le murmure de l’eau est la voix du père de mon père.

Les rivières sont nos soeurs, elles étanchent notre soif, elles portent nos canoës et nourrissent nos enfants. Si nous vous vendons notre terre, vous devez vous rappeler, et l’enseigner à vos enfants, que les rivières sont nos soeurs et les vôtres, et vous devez désormais montrer pour les rivières la tendresse que vous montreriez pour une soeur.

Nous savons que l’Homme Blanc ne comprend pas nos mœurs. Pour lui, une parcelle de terre ressemble à une autre, car c’est un étranger qui arrive dans la nuit et prend à la terre ce dont il a besoin. La terre n’est pas sa soeur, mais son ennemie, et lorsqu’il l’a conquise, épuisée, il va plus loin. Il abandonne la tombe de ses aïeux, et cela ne le tracasse pas. Il enlève la terre à ses enfants et cela ne le tracasse pas. La tombe de ses aïeux et le patrimoine de ses enfants tombent dans l’oubli. Il traite sa mère la terre et son frère le ciel comme des choses à acheter, piller, vendre, comme les moutons ou les perles brillantes. Son appétit dévorera la terre et ne laissera derrière lui qu’un désert.

Nos mœurs sont différentes des vôtres. La vue de vos villes fait mal aux yeux de l’Homme Rouge. Mais peut-être est-ce parce que l’Homme Rouge est un sauvage et ne comprend pas.

Il n’y a pas d’endroit paisible dans les villes de l’Homme Blanc. Pas d’endroit pour entendre les feuilles se dérouler au printemps, ou le froissement des ailes d’un insecte. Mais peut-être est-ce parce que je suis un sauvage et ne comprends pas. Le vacarme semble seulement insulter les oreilles. Et quel intérêt y a-t-il à vivre si l’homme ne peut entendre le cri solitaire de l’engoulevent ou les palabres des grenouilles autour d’un étang la nuit ? Je suis un Homme Rouge et ne comprends pas. L’Indien préfère le son doux du vent s’élançant comme une flèche à la surface d’un étang et l’odeur du vent lui-même, lavé par la pluie de midi ou parfumé par le pin pignon.

L’air est précieux à l’Homme Rouge, car toutes choses partagent le même souffle : la bête, l’arbre, l’homme, tous partagent le même souffle. L’Homme Blanc ne semble pas remarquer l’air qu’il respire. Comme s’il mettait plusieurs jours à expirer, il est insensible à la puanteur. Mais si nous vous vendons notre terre, vous devrez vous rappeler que l’air nous est précieux, qu’il partage son esprit avec tout ce qu’il fait vivre. Le vent qui a donné à notre grand-père son premier souffle a aussi reçu son dernier soupir. Et si nous vous vendons notre terre, vous devrez la garder à part et la tenir pour sacrée comme un endroit où même l’Homme Blanc peut aller goûter le vent adouci par les fleurs des prés.

Nous considérerons donc votre offre d’acheter notre terre. Mais si nous décidons de l’accepter, j’y mettrai une condition : l’Homme Blanc devra traiter les bêtes de cette terre comme ses frères.

Je suis un sauvage et je ne connais pas d’autre façon de vivre. J’ai vu un millier de bisons pourrissant sur la prairie, abandonnés par l’Homme Blanc qui les avait abattus d’un train qui passait. Je suis un sauvage et ne comprends pas comment le cheval de fer fumant peut être plus important que le bison que nous tuons, nous, uniquement pour subsister.

Qu’est-ce que l’homme sans les bêtes ? Si toutes les bêtes  disparaissaient, l’homme mourrait d’une grande solitude de l’esprit. Car ce qui arrive aux bêtes, arrive bientôt à l’homme. Toutes choses se tiennent.

Vous devez apprendre à vos enfants que le sol qu’ils foulent est fait des cendres de nos aïeux. Pour qu’ils respectent la terre, dites à vos enfants qu’elle est enrichie par les vies de notre race. Enseignez à vos enfants ce que nous avons enseigné aux nôtres : que la terre est notre mère. Et que tout ce qui arrive à la terre arrive aux fils de la terre. Si les hommes crachent sur le sol, ils crachent sur eux-mêmes.

Nous savons au moins ceci : la terre n’appartient pas à l’homme, l’homme appartient à la terre. Cela nous le savons. Toutes choses se tiennent comme le sang qui unit une même famille. Toutes choses se tiennent et tout ce qui arrive à la terre arrive aux fils de la terre. Ce n’est pas l’homme qui a tissé la trame de la vie : il en est seulement un fil. Tout ce qu’il fait à la trame, il le fait à lui-même.

Même l’Homme Blanc, dont le Dieu se promène et parle avec lui comme deux amis ensemble, ne peut être dispensé de la destinée commune. Après tout, nous sommes peut-être frères. Nous verrons bien. Il y a une chose que nous savons et que l’Homme Blanc découvrira peut-être un jour, c’est que notre Dieu est le même Dieu. Il se peut que vous pensiez maintenant le posséder comme vous voulez posséder notre terre, mais vous ne pouvez pas. Il est le Dieu de l’homme, et sa pitié est égale pour l’Homme Rouge et le Blanc. Cette terre Lui est précieuse, et nuire à la terre, c’est accabler de mépris son créateur. Les Blancs aussi disparaîtront ; peut-être plus tôt que toutes les autres tribus. Contaminez votre lit, et vous suffoquerez une nuit dans vos propres détritus.

Mais en mourant vous brillerez avec éclat, ardents de la force du Dieu qui vous a amenés jusqu’à cette terre et qui, pour quelque dessein particulier vous a fait dominer cette terre et l’Homme Rouge. Cette destinée est un mystère pour nous, car nous ne comprenons pas. Lorsque les bisons seront tous massacrés, les chevaux sauvages domptés, les coins secrets de la forêt chargés de l’odeur de beaucoup d’hommes et la vue des collines en pleines fleurs ternies par des fils qui parlent…

Alors, où seront les fourrés ? Disparus.

Ou sera l’aigle ? Disparu.

Ce sera la fin de la Vie et le début de la Survivance. » 

LE DÉBUT DE LA SURVIVANCE EST ARRIVÉ, C’EST MAINTENANT !

SUIS-JE TERRIEN OU DESTRUCTEUR ?

NOUS SOMMES ARRIVÉS AU TEMPS DU PREMIER APPEL INTERNATIONAL DES TERRIENS À LA GRÈVE MONDIALE POUR LE CLIMAT LES 15 & 16 MARS 2019

MAIS IL Y EN AURA D’AUTRES, BEAUCOUP D’AUTRES !

CAR IL N’Y A PAS D’AUTRE PERSPECTIVE QUE CELLE D’OFFRIR AUX LUTTES ÉCOLOGIQUES UNE CONQUÊTE NON VIOLENTE DU POUVOIR 

QUE CETTE PRISE DE CONSCIENCE NOUS INSPIRE TOUS ! 

Depuis des années, des hommes et des femmes luttent partout dans le monde de manière héroïque pour que cesse la destruction de la planète et de leurs moyens de subsistance.

Mais ce qui change aujourd’hui c’est que des enfants et des adolescents, conscients de l’urgence à protéger ce qui peut encore l’être, ont décidé de prendre leur destin en main. Il m’apparaît donc évident – que cela nous plaise ou non – que le changement arrive et que nous sommes parvenus (comme le disait déjà le Chef indien Seattle en 1854) à la fin d’un monde et au début de la Survivance.  

A partir de maintenant nous sommes (et serons) amenés à vivre avec les manifestations d’une prise de conscience sans précédent des Terriens dans le monde. Celle des Terriens qui comprennent que, par delà nos différences, ce qui compte c’est notre condition commune avec pour enjeu la possibilité de pouvoir continuer de vivre sur la planète Terre.

Illustrations :

Têtes de mort mexicaines. La tête de mort est souvent associée à l’expression latine « Memento mori » qui signifie « Rappelle toi que tu vas mourir. » La symbolique du crâne est donc associée aux vanités humaines.

© 2019 Renaud PERRONNET Tous droits réservés.

Petit sondage à propos de l’Écologie Intégrale - qui considère qu’il n’y a pas d’autre perspective que celle d’offrir aux luttes écologiques une urgente conquête non violente du pouvoir :

(Commencez par lire cette page jusqu’en bas puis revenez sur ce questionnaire en sélectionnant le numéro correspondant à votre opinion. Enfin cliquez sur "Votez" et vous découvrirez les résultats complets de ce sondage.)
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Télécharger gratuitement l’intégralité de cet article de 7 pages (avec le discours du Chef Indien Seattle), au format PDF, en cliquant sur ce bouton :

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LES DÉBUTS DU PREMIER APPEL INTERNATIONAL DES TERRIENS À LA GRÈVE MONDIALE POUR LE CLIMAT :

Comment les choses sont-elles arrivées ?

Aux yeux de la jeune génération, les adultes n’ont pas conscience de la catastrophe qui s’annonce et sont donc incapables de prendre les mesures parfois radicales qui s’imposent. 

Partie de Suède à la rentrée scolaire 2018, la mobilisation des écoliers a essaimé en Australie, aux Pays-Bas, en Allemagne, en Suisse, en Belgique, au Canada, aux États-Unis, en Irlande et au Royaume-Uni. 

Une jeune Suédoise de 15 ans, Greta Thunberg, a été la première à manifester à Stockholm – seule – devant le Parlement de son pays au lieu d’aller en cours. Elle s’y est rendue tous les jours pendant trois semaines avant les élections de septembre 2018, pour demander au Premier ministre suédois de se conformer à l’Accord de Paris. 

Elle proclame que la date butoir pour s’y conformer est trop lointaine et que les gouvernements doivent agir plus vite. Elle intime les dirigeants mondiaux à mettre en œuvre les mesures nécessaires à limiter le réchauffement à +2°C, idéalement +1,5°C, par rapport à l’ère préindustrielle. 

Début décembre, elle a impressionné par un discours argumenté lors de la 24e conférence des Nations unies sur le climat à Katowice, en Pologne.

Elle appelle à une grève mondiale des écoliers le 15 mars.

Au Forum Économique Mondial de Davos, Greta Thunberg met les bouchées doubles en proclamant de façon poignante :

« Je ne veux pas de votre espoir, je veux que vous paniquiez, que vous ressentiez la peur que je ressens tous les jours et que vous agissiez ! » 

Des Australiennes lui emboîtent le pas

Harriet O’Shea Carre et Milou Albrecht, 14 ans, étudient dans un collège à 1h30 au nord de Melbourne. Elles ont voulu organiser une première « Climate strike » en Australie le 30 novembre, dans une ville de leur État, la Virginie. Dans une tribune publiée sur le site du Guardian, elles témoignent de leur quotidien dans une zone rurale, où elles font l’expérience des dérèglements climatiques extrêmes. « Notre gouvernement est censé nous protéger, pas détruire nos chances d’avoir un futur sans danger », regrettent-elles, alors que les émissions de CO2 en Australie repartent à la hausse. Elles interpellent les politiciens : « Il est temps de nous écouter. »

La mobilisation en Belgique

Elle a commencé le mardi 20 novembre 2018, à l’initiative d’élèves de l’Ecole européenne de Bruxelles II, qui ont créé un événement sur Facebook. D’autres étudiants s’y sont joints. La centaine de jeunes manifestants s’est réunie sur un rond-point de la capitale, dans le quartier de la Commission européenne.

La jeune flamande Anuna De Wever à la base du mouvement « Youth For Climate » en Belgique, proclame :

« Je tiens à dire aux jeunes qu’il est primordial qu’on lutte tous pour avoir une meilleure politique en matière de climat. On doit tous travailler ensemble. On doit vraiment se rapprocher les uns les autres et voir plus loin que les partis politiques. On est tous ensemble sur la planète Terre donc on doit vraiment travailler ensemble pour essayer de réparer notre maison, car notre maison est en feu. Il faut aller chercher de l’eau et éteindre le feu et le faire ensemble maintenant. »

Une élève de 17 ans décide de se lancer et organise, avec l’aide d’une amie la mobilisation du 10 janvier 2019 avec pour slogan « Arrêtez de nous voler notre avenir ! »  3 000 jeunes répondent présents ; depuis, leurs rangs ne cessent de grossir.

« Youth for Climate » a l’intention de continuer la mobilisation en Belgique jusqu’aux élections européennes de mai.

Au Canada, Rebecca Hamilton – 16 ans – amorce l’action

Le vendredi 7 décembre 2018, des élèves ont manifesté simultanément dans neuf villes du Canada : Sudbury, Vancouver, Victoria, Winnipeg, Fredericton, Ottawa, Toronto, Kingston et Kitchener.

Rebecca Hamilton déclare au micro de CBC News :

« Le changement climatique va avoir un impact sur notre futur mais nous ne pouvons pas voter, nous n’avons pas de voix. Donc c’est notre manière d’exprimer notre frustration. »

Du 14 au 18 février 2019, à Ottawa, le mouvement « PowerShift : Jeunes en action » a réuni des centaines de jeunes avec des ateliers, des conférences, des formations, et des tables rondes pour réfléchir sur la manière dont il est possible d’agir face à la crise climatique. Des groupes de travail ont notamment été créés pour apprendre à lancer une campagne et à influencer des décisions (notamment pour faire reculer le gouvernement canadien sur la question des pipelines et des sables bitumineux).

Et en France ?

Le 28 août 2018, Nicolas Hulot « Ministre de la transition écologique et solidaire » annonce sa démission.

Le vendredi 11 janvier 2019, Ysée Parmentier (14 ans), décide de faire grève à son cours d’histoire-géographie et explique à son professeur : « Cette grève consiste à faire acte de présence en classe mais sans travailler, pour lutter contre l’inaction des adultes face au réchauffement climatique », reprenant l’idée de la jeune adolescente suédoise Greta Thunberg.

Elle est immédiatement renvoyée devant le principal adjoint, qui lui demande de suspendre son action. Elle explique à La Dépêche :

« Je trouve ça effrayant que l’on n’agisse pas plus. Tous ceux que j’avais prévenus au collège de mon acte m’ont dit que c’était génial. Mais je suis sûre qu’il y a beaucoup de mes copains qui n’ont pas conscience de tout ce qu’il se passe. Ça leur passe au-dessus. »

Aujourd’hui elle continue son combat au sein de l’association « Little Citizen for Climate »

L’extension du domaine du « nous » :

À ce jour aucune mesure d’envergure n’a été prise pour limiter le réchauffement climatique et éviter le désastre alors que le rapport du GIEC à destination des décideurs politiques le recommande.

Le 10/01/2019, dans la lancée d’un mouvement mondial de 1200 procès climatiques 4 ONG (Greenpeace, Notre Affaire à Tous, OXFAM et la Fondation pour la Nature et l’Homme) ont décidé d’attaquer l’Etat en justice pour inaction face au changement climatique.
La pétition « L’affaire du siècle » recueille plus de 2 millions de signatures.

Si ce n’est pas déjà fait regardez cette vidéo, vous pouvez signez ici.

Le 6 février 2019, le militant écologique Brice Montagne interpelle les députés Luxembourgeois avec une question pour le moins gênante, regardez :

Le 17 février 2019, des centaines de lycéens et étudiants français rejoignent la grève pour le climat lors d’une première manifestation. Certains enseignants souhaitent accompagner leurs étudiants dans leur combat le 15 mars. 

En octobre 2018 nait en Angleterre le mouvement international Extinction Rebellion (XR), c’est un mouvement social international qui vise à :

« Susciter un changement radical, par le biais d’actions directes et d’une résistance non violente, afin d’éviter le réchauffement climatique et de minimiser le risque d’extinction de l’humanité et d’effondrement écologique. »

Début 2019, la branche française du mouvement – Extinction Rébellion France I Se Rebeller pour la Vie – établit quatre revendications que vous trouverez ICI.

20/02/19 Message de Nicolas Hulot face aux périls climatiques et environnementaux, mais aussi face à la haine et aux divisions :

« Ai-je la vue troublée ? Est-ce le changement climatique qui perturbe ma perception du réel ? Je vois s’agglutiner et s’exprimer au quotidien la somme de toutes les haines, de tous les mépris, l’addition de tous les rejets ; sans doute l’expression sordide de toutes les peurs : envers le politique, le flic, le nanti, le pauvre, le journaliste, la féministe, l’Europe, l’Etat, et plus tristement habituel encore, la haine du juif, du musulman, de l’homosexuel, de l’étranger, de l’autre… »

« On dit que l’on entend le fracas des arbres qui tombent et pas le murmure de la forêt qui pousse. Alors, cette bile nauséabonde est-elle une goutte d’eau qui dissimule un océan de sagesse ? Ou, au contraire, est-elle l’émergence et l’expression de quelque chose de plus noir, de plus profond ? Je veux continuer à croire qu’il y a une société invisible, silencieuse, qui, à un moment, se dressera massivement contre cette bête immonde. Certains signes m’en donnent l’espoir : une jeunesse qui se mobilise, des initiatives collectives, des marches… »

« Là où les passerelles sont nécessaires, se dressent des murs, des barrières physiques ou virtuelles, notamment celles des idées reçues. Et comme dit René Char « partout l’essentiel est menacé par le superflu » et pire encore le faux dissimule le réel. »

« Nous devons agir dès maintenant de manière coordonnée avec une vision partagée ou nous allons tous sombrer comme des crétins ! L’heure est à l’écoute, à l’empathie, au discernement, à la coopération, à l’union, à l’humilité, si l’on veut une issue favorable. »

« Se battre, se déchirer, s’injurier, s’entretuer est un grand classique de l’histoire soyons moderne, faisons une révolution pacifique ! »

« Un monde meilleur pour toutes et tous est encore possible mais à la seule condition de se libérer de la haine. Gardons à l’esprit que la solidarité ne peut être que notre seule boussole. »

21/02/19 Des chercheurs et des universitaires rompent avec leur devoir de réserve et appellent à une grève climatique mondiale et à la désobéissance civile (pour savoir qui ils sont et lire l’intégralité de leur appel rendez-vous sur le site du journal Le Soir) :

« Depuis des années, nos travaux disent des vérités difficiles à entendre sur l’état de la planète et du monde, et en particulier sur la menace existentielle que représentent les bouleversements climatiques et la destruction de la biodiversité. »

« Nous avons ressenti l’angoisse de chercheurs face à l’abîme auquel les confrontent des dangers inédits : ceux des effondrements en cours et probables de la civilisation thermo-industrielle et de l’épuisement de nos ressources naturelles. »

« Nous avons alerté mille fois l’opinion publique et les citoyens. Nous avons nourri le débat public, ouvert la science à l’expertise citoyenne. Nous avons tout essayé. Et pourtant… »

« Le péril ne cesse de croître, et se dérobe même ce qui sauve ! Jamais en effet l’abîme n’aura été si béant entre ceux qui tiennent le manche, décident de l’orientation à prendre, et ceux qui souffriront de l’obstination des premiers à ne pas voir l’effritement physique et biologique du monde autour d’eux. Figurent parmi les premiers les actuels détenteurs du pouvoir économique, ceux pour qui seul compte de vendre plus, quel que soit ce qui est vendu et ses conséquences ; ceux qui maintiennent des procédures biaisées d’évaluation du risque des pesticides et autres substances dangereuses ; ceux qui proposent des investissements juteux dans les produits fossiles. Y figurent encore moult dirigeants, ceux qui depuis des décennies ont bradé le pouvoir de régulation des États, ceux qui signent des accords commerciaux multilatéraux assortis d’une justice féodale à la solde de géants industriels ; ceux qui orientent la colère des foules vers des cibles trompeuses ou secondaires. »

« Épouser et soutenir le mouvement d’une civilisation mortifère, c’est loin d’être neutre. Le dénoncer et le refuser nous paraît simplement constituer un acte citoyen. »

« C’est pourquoi nous rompons avec le devoir de réserve que nous nous sommes si souvent imposés. Nous soutenons et rejoignons les enseignants comme les chercheurs, femmes et hommes, qui s’engagent à des titres divers auprès de la jeunesse. Nous ferons nous aussi la grève scolaire pour le climat le 15 mars. Nous comprenons un mouvement de désobéissance civile comme Extinction Rebellion, dont la radicalité relève du réflexe de survie. Une radicalité bien faible face à celle de ceux qui veulent nous faire survivre hors sol, ou nous promettent de nous conduire sur Mars, c’est-à-dire sur une planète morte, après avoir rendu la nôtre impropre à la vie ! »

Pablo Servigne – dans son livre sur l’effondrement – explique comment les choses peuvent se passer :

« Il faut selon moi voir cela comme une succession de catastrophes, ponctuelles dans le temps et dans l’espace, sur fond de dégradation globale et irréversible. On a malheureusement tendance à percevoir l’effondrement comme un seul événement, en faire une singularité dans le temps, ce qui biaise l’analyse et empêche d’y répondre correctement au niveau imaginaire, émotionnel, politique. »

22/02/19 Un millier de jeunes mobilisés à Paris autour de Greta Thunberg.

Je vous invite vivement à regarder le message existentiel de Greta Thunberg (durée 3:52) à l’adresse d’Emmanuel Macron :

« Vous devez agir maintenant et pas simplement dire que vous allez le faire. Si vous continuez à faire comme si de rien n’était, vous allez échouer. Et si vous échouez, vous allez être perçu comme l’un des pires méchants de l’histoire de l’humanité. »

27/02/19 Cyril Dion tweet :

Ce que le gouvernement n’a pas assimilé c’est que nous devrions baisser nos émission de 65% d’ici 2030. Et que les seuils d’irréversibilité pourraient être franchis dans la décennie. Tant que ce constat n’est pas partagé aucune mesure ne sera crédible.

05/03/2019 Nicolas Hulot et Laurent Berger (secrétaire général de la CFDT) font au gouvernement 66 propositions pour un pacte social et écologique dans le but de concilier la transition environnementale et l’équité :

06/03/19 Près de 140 ONG (de Greenpeace France à la Fondation Nicolas Hulot, en passant par SOS Racisme, Ni putes ni soumises, ATD Quart Monde, Les Amis de la Terre, ou encore 350.org et Alternatiba) réclament des « changements immédiats » dans la lutte contre le réchauffement climatique et contre les violences sociales.

Ils appellent à la Marche du Siècle le 16 mars 2019 (cliquez sur l’image pour lire le texte de l’appel unitaire )  :

« Fin du monde et fin du mois relèvent du même combat »

13/03/19 Selon une nouvelle étude, la pollution de l’air tue deux fois plus que ce qui était estimé : les particules fines seraient à l’origine de 800 000 morts prématurées par an en Europe et de près de 9 millions à l’échelle de la planète. (Le Monde 12/03/19)

On estime que 25% des morts et des maladies sont liées aux atteintes à l’environnement.

« La santé humaine est dans une situation désespérée si des mesures urgentes ne sont pas prises pour protéger l’environnement », écrit l’ONU.

15/03/19 Des manifestations dans plus de 123 pays, plus d’un million de jeunes manifestent dans le monde, plus de 160 000 marchent pour le climat en France.

« Moins de banques, plus de banquise ! »

« Je ferai mes devoirs quand vous ferez les vôtres »

Un lycéen

Colmar, rue Kléber à 17h, plus de 300 jeunes applaudis par les passants.

16/03/19 Marche pour le climat, plus de 100 000 personnes à Paris :

Colmar, rue Vauban vers 15h30, 700 personnes marchent pour la Terre :

Nous sommes entrés dorénavant dans l’ère de l’urgence climatique et de la transition écologique juste et solidaire !

LE TEMPS DU RETOUR AU RÉEL EST ARRIVÉ

UN EFFONDREMENT GÉNÉRALISÉ EST EN COURS

Par «  effondrement » Yves Cochet désigne un processus qui conduirait les Etats et les organisations centralisées à ne plus pouvoir assurer à la majorité de la population les besoins essentiels : nourriture, eau potable, chauffage, électricité, soins, éducation…

LA PREMIÈRE GRÈVE MONDIALE POUR LE CLIMAT A EU LIEU

MAIS IL Y EN AURA D’AUTRES, BEAUCOUP D’AUTRES !

Des Terriens, de plus en plus nombreux, comprennent que par-delà nos différences, ce qui compte c’est notre condition commune, avec pour enjeu la possibilité de pouvoir continuer de vivre sur la planète Terre.

(Dessin trouvé sur Twitter le 06/05/19)

Pour la suite, n’hésitez pas à cliquer sur mon compte Twitter :

https://twitter.com/renaudperronnet

La division contre soi-même

Premier obstacle à notre équilibre

« Que peut un royaume divisé contre lui-même ? » Marc 3:24

Pascal de Duve était écrivain et professeur de philosophie. Il est mort du sida à 29 ans. Juste avant de mourir, il a écrit un livre au sous-titre magnifique : « Vingt-six jours du crépuscule flamboyant d’un jeune homme passionné » dans lequel il partage ceci : « Mon histoire commence le jour où j’ai décidé de ne plus vivre ma vie comme on remonte un escalator qui descend. »

Devoir remonter un escalator qui descend, c’est être écartelé entre ce qu’on sent qu’on a à faire et ce qu’on pense qu’on doit faire, c’est ne plus savoir quelle direction est la bonne et courir le risque de tomber en s’emmêlant les jambes. C’est contradictoire et malsain parce qu’un escalator qui descend est fait pour descendre, pas pour monter.

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Le vieil homme et le cheval

ou comment s’y prendre pour ne plus souffrir inutilement ?

Marc-Aurèle[1] nous explique « Si tu t’affliges pour une cause extérieure, ce n’est pas elle qui t’importune, c’est le jugement que tu portes sur elle. Or ce jugement, il dépend de toi de l’effacer à l’instant. »

Si nous nous inquiétons à propos d’une chose qui ne dépend pas de nous, ce n’est pas la chose qui ne dépend pas de nous qui nous inquiète mais la manière dont nous interprétons cette chose.

Et Marc-Aurèle de conclure : « Ne dis rien de plus à toi-même que ce que directement t’annoncent les représentations. »

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Le mental

« Le mental a son origine dans le refus d’une réalité impossible à supporter. »

Arnaud Desjardins

On ne répétera jamais assez que nous nous faisons principalement souffrir à cause des pensées que nous avons sur nous-mêmes, que nous croyons et auxquelles, sans songer à les remettre en cause, nous obéissons aveuglément.

Ces pensées sont le plus souvent insidieuses et déraisonnables puisqu’elles sont issues de notre expérience propre distordue et de ce que les autres ont raconté à notre propos et que nous continuons obstinément de croire en infidélité complète avec qui nous sommes.

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La solidarité des convives

Vous connaissez peut-être la célèbre formule de Martin Luther King qui, le 31 mars 1968 à Washington, cinq jours avant son assassinat, s’exclamait : « Il nous faut apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous allons périr ensemble comme des imbéciles. » 

Cette courte histoire issue de la tradition hassidique pour vous le faire sentir de plus près : Continuer la lecture

Le vizir et la mort

« Nous sommes tous créatures d’un jour. Et celui qui se souvient, et l’objet du souvenir. Tout est éphémère. Et le fait de se souvenir, et ce dont on se souvient. Aie toujours à l’esprit que bientôt tu ne seras plus rien, ni nulle part. »

Marc Aurèle

Beaucoup de thérapeutes se gardent de prendre en compte de manière explicite l’angoisse de mort de leurs patients alors que d’autres sont persuadés que, dans une thérapie approfondie, il est à la fois nécessaire et précieux d’aider les patients à accueillir cette angoisse pour s’y confronter et l’élaborer.

Entrer en thérapie c’est notamment se confronter au mécanisme du refoulement et découvrir qu’il est une peur fondamentale : celle de l’idée que chacun se fait de la mort et de l’inéluctable.

Pour vous faire sentir le mystère et l’implacabilité de l’inéluctable et de la mort, je propose à votre réflexion cette histoire qu’on prête à Farid al-Dîn Attar, poète et mystique soufi de la Perse du XIIIème siècle. Continuer la lecture