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Les préalables à l’action

Il y a une façon de penser rigide et automatique qui nous éloigne de nous-même c’est celle qui nous oblige à fusionner avec des règles morales en leur obéissant aveuglément, celle qui nous oblige au devoir comme à un esclavage.

Un être humain qui aspire à être libre ne fait pas les choses parce qu’il le faut mais parce qu’il ressent le besoin de les faire, parce qu’il désire les faire.

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Comment agir ?

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Quel est le critère de l’action juste dans le présent ?

Question de @fabio :

Comment savoir qu’une action est spontanée et sans intention personnelle ? Qu’est-ce que l’action juste dans l’instant ? Pourriez-vous partager un exemple que vous avez vécu ?

Merci.

Mes pistes de réponse :

Chercher le critère d’une action juste dans le présent, c’est commencer par apprendre à différencier une action d’une réaction.
Dans la réaction, vous êtes identifié à votre égocentrisme, c’est-à-dire identifié à vos penchants comme à vos aversions. Dans la réaction, il vous est impossible de tenir compte de l’autre, puisque c’est le « moi exclusif » qui par définition commande.
A contrario, l’action juste vous demande de tenir compte de l’ensemble de la situation dont l’autre fait intrinsèquement partie, ce n’est donc plus le moi exclusif qui fait la loi.
C’est donc en fonction du but que vous vous donnerez à vous même, donc de vos motivations à agir, que vous parviendrez à déterminer si votre action est juste ou non.
Pour ce faire, plutôt que de vous posez la question : « Qu’est-ce que je veux ? De quoi ai-je besoin ? », vous pouvez vous poser plus largement la question : « Qu’est-ce qui m’est demandé ? » C’est ainsi que vous vous aiderez vous-même à composer avec la totalité de la situation dont les autres font partie.

Prenons un exemple dans la vie quotidienne. J’apprends qu’il vient d’avoir lieu un séisme dans une partie du monde, des milliers de personnes sont blessées et sans abri, sans compter les morts. J’estime qu’il est de ma responsabilité (donc qu’il m’est demandé) de faire rapidement un don généreux, en même temps que tenant compte des moyens qui sont les miens, à une association caritative.

Autre exemple, imaginons que je voie mon fils s’énerver ouvertement devant moi contre son enfant, sûr de sa maladresse, j’ai très envie de lui faire une remarque critique. Je me souviens de prendre en compte l’ensemble de la situation (désavouer un père devant son fils est à coup sûr maladroit parce que cela risque de le blesser.) Je contrôle donc ma remarque en la gardant pour moi.

Vous sentirez par vous-même que vous avez agi justement, à la mesure du sentiment d’équilibre (entre trop et trop peu) et de paix intérieure que vous ressentirez après avoir agi.

Pour aller plus loin dans le ressenti de la juste attitude, je vous invite à lire le partage de Martine et ma réponse :

© 2023 Renaud Perronnet. Tous droits réservés

Agir ou réagir ?

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Réaction

« Il est inutile d’accomplir des actions qui sont immédiatement annulées par la réaction de forces égales et opposées », écrit Arnaud Desjardins.

Cette réflexion m’a fait sourire par son évidence, et pourtant n’agissons-nous pas bien souvent comme si nous ne le savions pas ?

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Avons-nous droit aux fruits de nos actions ?

Question de J-M. M. :

Infirmier.

Sans vouloir abuser de votre temps, je me décide à aborder une question qui reste impossible à éclaircir pour moi. J’ai besoin de clarifier une incompréhension d’un avis que vous avez émis lors d’un travail de groupe.

Il s’agit de l’affirmation qu’il est excessif pour notre équilibre personnel d’attendre que le monde nous apporte la satisfaction des désirs et aspirations qu’on en attend.

Selon la formule antique on aurait droit à l’action mais pas aux fruits de l’action. Je conçois qu’il est essentiel de participer à des actions désintéressées, cependant je ne puis me sentir en accord pleinement et je persiste à penser que la personne humaine est en droit d’espérer atteindre un objectif de bonheur qu’elle s’est fixée librement. Quand on met au monde un enfant, c’est probablement dans le but qu’il approche ou atteigne le bonheur qu’il s’est choisi et peut être même de pouvoir le partager avec autrui. Ca ne me parait pas irréaliste ni trop ambitieux, et je me sens être moi-même à travers cette conception.

L’alternative consiste-t-elle soit à renoncer à toute forme d’idéal personnel ou soit à renoncer à connaître la réalité telle qu’elle est ? La prise en compte de la réalité faisant obstacle à la réalisation des désirs, ou la construction de désirs faisant écran à la connaissance de la réalité. Faut-il opposer le moi au soi ?

On disait avant, c’est la faute à Rousseau l’idéaliste, c’est la faute à Voltaire le critique, devrait-on dire aussi c’est la faute à Arjuna l’obéissant, c’est la faute à Prométhée le désobéissant. Finalement le rôle de soignant ne s’oppose-t-il pas à la fatalité de la souffrance ?

En m’excusant pour ces digressions, il m’est difficile d’expliquer autrement comment je ressens cette question.

Encore merci pour tous vos avis conseils et témoignages.

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