Réaction

Réflexion n° 6 :

« Il est inutile d’accomplir des actions qui sont immédiatement annulées par la réaction de forces égales et opposées », écrit Arnaud Desjardins.

Cette réflexion m’a fait sourire par son évidence, et pourtant n’agissons-nous pas bien souvent comme si nous ne le savions pas ?

Pourquoi (par exemple) dire à une personne en colère de se calmer quand on sait que l’énergie de colère qui se trouve en elle va lui interdire de s’ouvrir à l’idée même de calme ? (Pire, cela risque de rajouter de l’huile sur le feu !)

Pourquoi (par exemple) dire à un enfant qu’il n’est pas bien de parler si négativement de son professeur quand on sait pertinemment qu’il ne pourra pas l’entendre parce qu’il est (momentanément) la proie de sa révolte contre lui ?

En fait, accréditer cette évidence, c’est ne plus laisser ses besoins réactionnels prendre le pas sur la vision objective de la situation. Je constate qu’il est en colère, j’attends que ça passe de soi-même (une émotion qui n’est pas nourrie se dissipe en quelques minutes).

Et c’est parce qu’on aura laissé l’autre exprimer sa colère, en prenant garde de ne pas l’alimenter et qu’on gardera soi-même son calme qu’on évitera la réaction de force égale (et opposée à ce qu’on voulait) en disant à l’autre de se calmer. De même c’est parce qu’on aura laissé son enfant parler négativement de son professeur, qu’on l’aura aidé à revenir à lui-même, qu’il pourra convenir avec nous qu’il s’était laissé emporter par son énervement, qu’il y était allé un peu fort.

© 2014 Renaud & Hélène PERRONNET Tous droits réservés.

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CC BY-NC-SA 4.0 Réaction par Renaud Perronnet est sous Licence Creative Commons Internationale Attribution-Pas d'utilisation Commerciale-Partage à l'identique 4.0 .

8 réflexions au sujet de « Réaction »

  1. Ivy

    Bonjour,
    Je trouve cette réflexion est intéressante. Je voulais étayer un peu ce texte en renvoyant vers un livre de Katherine Dumonteil-Kremer « Parler pour que les enfants écoutent…Ecouter pour que les enfants parlent ». Ce livre s’applique donc essentiellement à l’enfant mais permet aux parents de mettre concrètement en pratique cette réflexion de la semaine!
    En effet, dans cette réflexion, l’exemple de l’enfant en colère contre son professeur m’a directement fait penser à cet ouvrage qui utilise l’écoute active dans l’éducation des enfants. Pour les élever dans le respect et non plus pour les dresser.
    Par rapport à cette réflexion, quoi de mieux que d’accueillir les sentiments sans lutter contre eux afin d’avancer? de respecter? soit-même, les autres?

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  2. Pascale

    Bonjour,

    Même s’il s’agit d’un enfant dans l’exemple exposé, je pense que cette réflexion s’applique à toutes les catégories d’âge, adultes y compris. Car aussi adultes que nous soyons, ne sommes-nous pas au fond de nous de « grands » enfants ?

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    1. Ivy

      Oui bien sûr que cette réflexion s’applique à tous et à toutes, adultes et enfants, mais l’exemple prit par l’auteur me faisait penser à mon expérience de lecture qui s’appliquait aux enfants et que je souhaitais partager.

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  3. jean michel

    Peut être que j’ai tendance à être trop méfiant, mais il me semble que réagir sur le coup n’est pas agir, car agir selon moi est plus construit pour correspondre à quelque chose qu’on livre de soi même véritablement. Et aussi quand on réagit impulsivement on perd de son indépendance, on est induit dans des voies qu’on n’aurait pas choisi soi même de la même façon. Pourtant, dans les situations d’urgence il est utile bien sur de réagir en ne se posant que les questions essentielles du moment présent, afin de ne pas nuire à l’efficacité concrète de nature immédiate. C’est tout de même intéressant d’observer ce qui nous entraîne à régir, ça permet de mieux se connaître soi même, les situations et motifs qui apparaissent alors compensent peut être notre manque d’objectivité habituel sur soi même. Une question importante est de savoir si on est vraiment concerné parce qui nous donne envie de réagir, et de quelle manière on l’a ressenti par rapport au contexte.

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  4. el hedri

    je pratique la meditation assise depuis maintenant plus de cinq ans et très régulièrement or depuis quelque chose m’est apparu très précieux : surtout ne plus dilapider ce trésor, l’energie. La vie passe tres vite, il s’agit de savoir ce qu’on veut l’efficacité ou la pagaille. Cette magnifique énergie qui circule en nous nous propulse vers l’amour de l’harmonie et du coup, malgré les frottements, nous souhaitons profondément ce meme bonheur aux autres.

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  5. Marie

    Bonjour
    J’ai lu avec beaucoup d’attention votre réflexion et les différents commentaires.
    Je suis ce que l’on nomme  » une soupe au lait » et que d’autres disent « caractérielle ».
    Il y a, je pense, une petite part génétique et une plus importante « d’éducation ». J’en suis consciente, j’ai mis de longues années à chercher et comprendre le « pourquoi », puis le « quoi » et maintenant je travaille sur le « changement ».
    Je peux donc percevoir les 2 faces du miroir.

    Et, s’il est vrai que se taire permet à la colère de l’autre de retomber comme un soufflé, il reste nécessaire de revenir, une fois les esprits calmés, sur le point d’achoppement qui a provoqué cette colère. Sans reprocher cette hyper-reaction, contre productive de surcroit…
    Cela permet au colérique de se rendre compte et d’intégrer petit à petit que les problèmes peuvent se résoudre dans le calme.

    Le silence sans action par la suite peut être vécue comme de l’indifférence. Et les reproches ou remarques désobligeantes comme la négation du ressenti du colérique ( à ne pas confondre avec l’expression inadaptée de ce ressenti).
    Ces deux situations sont un extraordinaire terreau pour les colères à venir.

    J’espère ne pas avoir été trop confuse
    Avec mes remerciements
    Marie

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