Bonheur

Réflexion n° 7 :

« Il ne faut pas vouloir que les événements arrivent comme tu le veux, il faut les vouloir comme ils arrivent ; ainsi ta vie sera heureuse », disait Epictète au début de notre ère.

Quand j’ai lu cette sentence pour la première fois, à 18 ans, il m’a semblé que puisque j’avais pris conscience de cela, il ne m’était plus possible d’être fondamentalement malheureux : j’avais fait la précieuse découverte que je n’avais pas d’autre problème que celui de refuser ce qui m’arrivait.

Je me suis alors retrouvé comme ces enfants (trop rares) qui, parce qu’ils ont la certitude d’être aimés de leurs parents, ne peuvent plus craindre grand chose du monde extérieur – l’essentiel ne pouvant plus leur être retiré.

Sauf que dans ce contexte précis, je comprenais que « ce qui ne pouvait plus m’être retiré » ne dépendait pas des autres mais de moi-même.

C’est à ce moment que je me suis retrouvé à l’orée de la découverte de ma responsabilité intime d’être humain, en prenant conscience que ce que je faisais de ce qui m’arrivait était en fait plus important que ce qui m’arrivait.

Comme l’exprime le moine bouddhiste, Matthieu Ricard : « C’est notre esprit qui fait l’expérience du monde et qui traduit cette perception sous forme de bien-être ou de souffrance. Si nous transformons notre façon d’appréhender les choses, nous transformons automatiquement la qualité de notre vie. »

© 2014 Renaud & Hélène PERRONNET Tous droits réservés.

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12 Commentaires
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Pascale
Pascale
18 février 2014 12:44

Bonjour,

Si pour ma part, je pense appliquer assez bien cette manière de voir les choses, il n’en demeure pas moins que lorsqu’une chose désagréable m’arrive, mon premier réflexe sera souvent de penser à la “Caliméro”… Ce n’est que lorsque la première colère sera passée, que je parviendrai alors à orienter mes pensées de manière plus positive.

VERLEY
VERLEY
Répondre à  Pascale
20 février 2014 08:43

A la lecture, c’est une évidence mais la mise en pratique s’avère bien plus délicate ….

Verley
Verley
Répondre à  Renaud Perronnet
4 mars 2014 11:00

Un grand merci pour cette aide précieuse qui m’a éclairée sur mes résistances inconscientes que je ne comprenais pas au regard de ma bonne volonté et malgré une remise en question depuis plus de 2 ans suite à un incident circulatoire du à une hypertension révélatrice. La retraite récente a mis à jour des peurs refoulées qui demandent patience et indulgence pour éclairer l’anxiété qu’elles déclenchent. Je m’en suis racontée des histoires sans m’en rendre compte ! Au regard d’une psychothérapie à tendance analytique datant de plus de 30 ans, j’ai l’impression d’une histoire sans fin mais comme l’avait précisé… Lire la suite »

jean michel
17 février 2014 22:32

Et si l’insatisfaction était un moteur pour pour agir ? Le fait de se sentir dérangé par certaines situations incite à les transformer, dans sa vie personnelle comme dans l’évolutions de l’humanité. Sinon on serait restés intégré entièrement aux aléas de la nature, ou on subirait les incitations multiples et versatiles de la société. Je ressens comme important de porter une appréciation personnelle sur les événements qui nous touchent, ça ne peut pas rester quelconque, car vu qu’on se construit on ne se considère pas soi même comme quelconque. J’ai l’impression que ne rien faire de ce qui nous arrive… Lire la suite »

Anne
Anne
17 février 2014 22:28

C’est bien étrange… Moi aussi j’ai découvert Epictète à 17 ou 18 ans. La citation qui m’avait marquée plus que les autres est bien connue “Il y a des choses qui dépendent de nous et des choses qui ne dépendent pas de nous”… qui va aussi dans le sens de celle que vous citez, Mais voyez ce que j’en ai fait jusqu’à il y a quelques années: Je n’en ai retiré que l’enseignement de la première proposition, et ai conclu que je ne pouvais agir que sur les choses qui dépendaient de moi (ce qui en soi n’est pas faux),… Lire la suite »

Catherine
Catherine
17 février 2014 09:21

Bonjour, j’ai lu Epictète ce n’est pas facile d’appliquer ses préceptes, surtout dans notre monde actuel, mais je trouve que c’est une aide précieuse et la sagesse de la citation de Mathieu Ricard aussi, j’ai longtemps cherché de l’aide, j’en ai trouvé en lisant Pema Chödrön, je suis sortie de ces lectures apaisée, bien sûr n’ayant pas été élevée dans la tradition Bouddhiste, j’ai mis du temps pour comprendre et aujourd’hui encore il faut le dire, ce n’est pas simple et une citation ne va pas changer notre vie, c’est à nous de changer encore faut il le vouloir. Hier… Lire la suite »

Valérie
Valérie
17 février 2014 00:30

Je suis désolée, mais quand ce qu’il m’arrive est un décès, ou une souffrance justement, a moins de faire preuve de déni, il m’est impossible de considérer que mon bonheur se trouve dans ma façon d’appréhender ce qui m’arrive, ou tout simplement de choisir de vouloir ce qui m’arrive. On ne veux pas le deuil, on le traverse, et mm si la perte est un apprentissage, il ne sera que malheur au moment ou celle-ci arrive.

B.
B.
Répondre à  Valérie
17 février 2014 09:05

Bonjour Valérie,

Permettez à une maman endeuillée depuis 3 ans, de partager avec vous cette expérience sans doute incroyable : aujourd’hui, ayant parcouru ce temps de deuil, à la fois je suis profondément triste du départ de cette enfant et à la fois je me sens heureuse de vivre et je goûte la vie qui m’est donnée avec bonheur.
Puissiez-vous aussi, un jour, renouer avec le bonheur !
Je compatis à votre triste expérience et vous embrasse.

Valérie
Valérie
Répondre à  Renaud Perronnet
17 février 2014 15:32

Non, ce que je disais etait la lecture sur l’instant. Bien sur que votre vision des choses est celle que j’adopte en général, mais sur l’instant ? Vous aussi B. , merci pour votre partage, mais c’est aujourd’hui avec du recul que vous tenez ce discours, c’est ce que je disais dès le départ. Quand à votre article Renaud, “La vie n’est pas injuste mais cruelle…”, je l’ai lu et bien apprécié, mais pour moi, cela ne change rien avec la douleur vive de l’instant qui ne permet pas ces phrases que l’on peut entendre qu’avec du recul. D’ailleurs toutes… Lire la suite »