Bonheur

Réflexion n° 7 :

« Il ne faut pas vouloir que les événements arrivent comme tu le veux, il faut les vouloir comme ils arrivent ; ainsi ta vie sera heureuse », disait Epictète au début de notre ère.

Quand j’ai lu cette sentence pour la première fois, à 18 ans, il m’a semblé que puisque j’avais pris conscience de cela, il ne m’était plus possible d’être fondamentalement malheureux : j’avais fait la précieuse découverte que je n’avais pas d’autre problème que celui de refuser ce qui m’arrivait.

Je me suis alors retrouvé comme ces enfants (trop rares) qui, parce qu’ils ont la certitude d’être aimés de leurs parents, ne peuvent plus craindre grand chose du monde extérieur – l’essentiel ne pouvant plus leur être retiré.

Sauf que dans ce contexte précis, je comprenais que « ce qui ne pouvait plus m’être retiré » ne dépendait pas des autres mais de moi-même.

C’est à ce moment que je me suis retrouvé à l’orée de la découverte de ma responsabilité intime d’être humain, en prenant conscience que ce que je faisais de ce qui m’arrivait était en fait plus important que ce qui m’arrivait.

Comme l’exprime le moine bouddhiste, Matthieu Ricard : « C’est notre esprit qui fait l’expérience du monde et qui traduit cette perception sous forme de bien-être ou de souffrance. Si nous transformons notre façon d’appréhender les choses, nous transformons automatiquement la qualité de notre vie. »

© 2014 Renaud & Hélène PERRONNET Tous droits réservés.

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12 réflexions au sujet de « Bonheur »

  1. Valérie

    Je suis désolée, mais quand ce qu’il m’arrive est un décès, ou une souffrance justement, a moins de faire preuve de déni, il m’est impossible de considérer que mon bonheur se trouve dans ma façon d’appréhender ce qui m’arrive, ou tout simplement de choisir de vouloir ce qui m’arrive. On ne veux pas le deuil, on le traverse, et mm si la perte est un apprentissage, il ne sera que malheur au moment ou celle-ci arrive.

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    1. B.

      Bonjour Valérie,

      Permettez à une maman endeuillée depuis 3 ans, de partager avec vous cette expérience sans doute incroyable : aujourd’hui, ayant parcouru ce temps de deuil, à la fois je suis profondément triste du départ de cette enfant et à la fois je me sens heureuse de vivre et je goûte la vie qui m’est donnée avec bonheur.
      Puissiez-vous aussi, un jour, renouer avec le bonheur !
      Je compatis à votre triste expérience et vous embrasse.

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    2. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Vous conviendrez sans doute que l’importance personnelle que vous accorderez au décès d’une personne conditionnera l’intensité de votre souffrance en retour.
      En ouvrant la rubrique nécrologie d’un journal, vous ne ressentez vraisemblablement pas de peine particulière. C’est donc votre degré d’attachement personnel à une personne décédée qui conditionne votre souffrance.
      Si vous êtes « prête » ou « d’accord » (comme cela arrive avec une personne âgée) pour qu’une personne qui meurt meure, votre deuil en sera d’autant plus facilité.
      La perception que nous avons de ce qui nous arrive est donc directement la cause de notre souffrance.
      Heidegger disait « L’enfant qui nait est déjà assez vieux pour mourir », en énonçant cette vérité, il se préparait déjà à la mort inéluctable de cet être.

      Pour aller plus loin, vous pouvez lire :
      La vie n’est pas injuste mais elle est cruelle

      Et regarder :
      Sommes-nous prisonniers de nos perceptions ? afin d’envisager une autre perception des choses.

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      1. Valérie

        Non, ce que je disais etait la lecture sur l’instant. Bien sur que votre vision des choses est celle que j’adopte en général, mais sur l’instant ? Vous aussi B. , merci pour votre partage, mais c’est aujourd’hui avec du recul que vous tenez ce discours, c’est ce que je disais dès le départ.
        Quand à votre article Renaud, « La vie n’est pas injuste mais cruelle… », je l’ai lu et bien apprécié, mais pour moi, cela ne change rien avec la douleur vive de l’instant qui ne permet pas ces phrases que l’on peut entendre qu’avec du recul.
        D’ailleurs toutes les phrases, dites « bateaux », d’encouragement prennent leur sens quand on a assez de recul.
        Merci en tout cas pour vos réponses, et rassurez vous, je vais bien ;), je suis de nature sensible et par conséquent je me place toujours dans la position de celui qui souffre quand je lis.

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  2. Catherine

    Bonjour, j’ai lu Epictète ce n’est pas facile d’appliquer ses préceptes, surtout dans notre monde actuel, mais je trouve que c’est une aide précieuse et la sagesse de la citation de Mathieu Ricard aussi, j’ai longtemps cherché de l’aide, j’en ai trouvé en lisant Pema Chödrön, je suis sortie de ces lectures apaisée, bien sûr n’ayant pas été élevée dans la tradition Bouddhiste, j’ai mis du temps pour comprendre et aujourd’hui encore il faut le dire, ce n’est pas simple et une citation ne va pas changer notre vie, c’est à nous de changer encore faut il le vouloir.
    Hier soir un parent m’a fait une désagréable réflexion, comme je ne l’ai pas relevée, il en a fait encore une autre plus piquante, il y a quelques années j’aurais bondi, hier soir je n’ai pas bronché, j’ai poursuivi ce que j’étais en train de faire et j’ai souri, puis j’ai jeté un oeil à son visage il était blanc et crispé et il l’a gardé toute la soirée ainsi, alors je me suis dit que c’était lui qui était malheureux et pas moi et que c’était son problème et plus le mien
    Bon courage à tous

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  3. Anne

    C’est bien étrange… Moi aussi j’ai découvert Epictète à 17 ou 18 ans. La citation qui m’avait marquée plus que les autres est bien connue « Il y a des choses qui dépendent de nous et des choses qui ne dépendent pas de nous »… qui va aussi dans le sens de celle que vous citez, Mais voyez ce que j’en ai fait jusqu’à il y a quelques années: Je n’en ai retiré que l’enseignement de la première proposition, et ai conclu que je ne pouvais agir que sur les choses qui dépendaient de moi (ce qui en soi n’est pas faux), et ai développé une stratégie « terriblement  » volontaire, déployant une énergie colossale pour investir ce qui dépendait de moi, sans regarder le prix à payer…. et sans m’intéresser à ce qui ne dépendait pas de moi… J’ai ainsi complètement occulté l’aspect qui à vous vous est apparu essentiel, à savoir que ce que je faisais de ce qui m’arrivait était plus important que ce qui m’arrivait…. et suis restée totalement dépendante ou victime du monde extérieur, en attente de celui-ci ou dans sa crainte, sans découvrir l’essentiel en moi-même qui ne pouvait pas m’être retiré. Cela simplement parce que je ne m’appartenais pas, étant vidée de ma substance du fait de mon histoire personnelle
    Ainsi les meilleures citations, elles aussi, ne donnent que ce qu’on en comprend et sait en faire. Merci Renaud pour cet éclaircissement qui m’aide à orienter mon travail.

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  4. jean michel

    Et si l’insatisfaction était un moteur pour pour agir ? Le fait de se sentir dérangé par certaines situations incite à les transformer, dans sa vie personnelle comme dans l’évolutions de l’humanité. Sinon on serait restés intégré entièrement aux aléas de la nature, ou on subirait les incitations multiples et versatiles de la société. Je ressens comme important de porter une appréciation personnelle sur les événements qui nous touchent, ça ne peut pas rester quelconque, car vu qu’on se construit on ne se considère pas soi même comme quelconque. J’ai l’impression que ne rien faire de ce qui nous arrive c’est demeurer passif, alors que avec modestie bien sur on s’emploie à transformer le monde, avec des projets, des idéaux, même si on est né un peu par hasard, ça n’induit pas forcément une sorte de dépendance vis à vis des circonstances. Ne pas tout admettre, ne pas exécuter chaque influence, même si on n’a aucune efficacité concrète, réfléchir et dire ce qu’on en pense, ça me semble être fidèle à soi même, sans excès bien sur, pour chacun soit respecté et accueilli dans le dynamisme des interactions, nos savoir et nos expériences étant complémentaires face à tout ce que l’existence charrie d’imprévu et de contradictions.

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  5. Pascale

    Bonjour,

    Si pour ma part, je pense appliquer assez bien cette manière de voir les choses, il n’en demeure pas moins que lorsqu’une chose désagréable m’arrive, mon premier réflexe sera souvent de penser à la « Caliméro »… Ce n’est que lorsque la première colère sera passée, que je parviendrai alors à orienter mes pensées de manière plus positive.

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        1. Verley

          Un grand merci pour cette aide précieuse qui m’a éclairée sur mes résistances inconscientes que je ne comprenais pas au regard de ma bonne volonté et malgré une remise en question depuis plus de 2 ans suite à un incident circulatoire du à une hypertension révélatrice.

          La retraite récente a mis à jour des peurs refoulées qui demandent patience et indulgence pour éclairer l’anxiété qu’elles déclenchent.

          Je m’en suis racontée des histoires sans m’en rendre compte !

          Au regard d’une psychothérapie à tendance analytique datant de plus de 30 ans, j’ai l’impression d’une histoire sans fin mais comme l’avait précisé le psy : « c’est le travail de toute une vie ».

          Cordialement.

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          1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

            Oui, comme le répétait Arnaud Desjardins, il s’agit de « voir et reconnaitre objectivement ce qu’il y a de plus subjectif en nous » et cela n’est rendu possible qu’à travers la confiance. La confiance envers la personne qui nous accompagne bien sûr, mais aussi la confiance (qui grandit peu à peu) en la légitimité de tout ce que nous ressentons.

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