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Pourquoi je ne réussis pas à me réjouir du bonheur des autres ?

Question de @claire :

J’ai cette volonté d’être une personne meilleure, et je souhaite le bon à tout le monde, mais force est de constater que lorsque une personne réussie, j’ai des difficultés à me réjouir pour elle. Quand je réussis quelque chose je veux garder pour moi ce qui m’a permis de le réussir, comme si, on pouvait me le voler, comme si la réussite de l’autre pouvait effacer la mienne.

Je m’en rends compte et je voudrais être heureuse pour les autres sans amertumes.

Mes pistes de réponse :

On peut tricher avec tout le monde sauf avec soi-même, et vous ne trichez pas avec vous-même quand vous constatez avec lucidité que des forces à l’intérieur de vous s’opposent manifestement à ce que vous voulez dans votre profondeur.
Ainsi, la fausse loi à laquelle vous semblez vous soumettre est de croire que si vous vous réjouissez du bonheur de l’autre vous allez vous appauvrir.
Il semblerait que ce soient des aspects de vous-même actifs – liés au ressentiment et à la rancœur – qui vous condamnent à y croire.
Vous vous sentez donc inconsciemment et constamment menacée, en rivalité avec les autres (comme si cette rivalité était nécessaire à votre survie.) Il vous faut chercher contre qui vous ressentez le besoin d’en découdre ?
Votre travail est de parvenir à vous réunifier, à tout accueillir en apprivoisant éventuellement votre honte à le faire : il n’existe pas de lumière sans ombre.
Si vous parvenez à cette réunification, au fur à mesure de votre détente, vous serez de moins en moins dans la rivalité vis-à-vis des autres et vous parviendrez peu à peu à leur souhaiter le meilleur sans que ce meilleur ne vous fasse de l’ombre à vous.
Que devriez-vous redouter, l’essentiel n’est-il pas acquis puisque vous souhaitez devenir une personne meilleure ?
C’est la manière intelligente dont vous vous servirez de la compréhension fine de vous-même et de vos mécanismes inconscients à l’œuvre qui vous permettra d’avancer de façon à ne plus avoir besoin de l’amertume.

Pour aller plus loin, vous pouvez lire :

© 2023 Renaud Perronnet. Tous droits réservés

Bonheur

« Il ne faut pas vouloir que les événements arrivent comme tu le veux, il faut les vouloir comme ils arrivent ; ainsi ta vie sera heureuse », disait Epictète au début de notre ère.

Quand j’ai lu cette sentence pour la première fois, à 18 ans, il m’a semblé que puisque j’avais pris conscience de cela, il ne m’était plus possible d’être fondamentalement malheureux : j’avais fait la précieuse découverte que je n’avais pas d’autre problème que celui de refuser ce qui m’arrivait.

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Pourquoi n’ai-je pas droit au bonheur ?

Question de Xavier :

Je me rends compte que j’ai toujours eu très dur à accepter et à vivre le deuil d’une rupture.

J’ai perdu mon papa à l’âge de 12 ans, j’en ai 40 et aujourd’hui je découvre que l’on m’a refusé d’aller voir mon père à la morgue pour lui dire un dernier “au revoir” et que cela peut créer un trouble qui peut se déclarer quand on est adulte, notamment la réflexion “Je n’ai pas droit au bonheur”, réflexion que je me fait souvent…

L’année passée, mon meilleur ami m’a fait un électro-choc, car cela faisait 6 ans que je ne parvenais pas à digérer une rupture, la fin d’un rêve, ou plutôt le résultat d’une décision prise en rapport à mon passé : ma copine (21 ans, moi 29) m’annonce un jour qu’elle est enceinte, nous n’avions pas de projet d’avenir commun, que fais-je ? Je ne peux vivre en sachant que j’ai un enfant quelque part, qui ne connaîtrais pas son père. Du coup j’ai pris mes responsabilités, en me disant que l’on pourrait être heureux, ce qui n’a pas été le cas car les bases n’étaient pas fondées, cela a tenu 3 ans…

Après 6 ans donc, je me suis décidé à me laisser vivre, à me tourner vers les autres. Je me suis retrouvé, convivial, joyeux et j’ai fais la connaissance d’une jeune fille de 22 ans. Une amitié est née… l’âge lui importait peu. On se téléphonait tous les jours, on se voyait souvent en toute amitié. Un jour je me suis rendu compte qu’elle avait pris une place importante dans ma vie, que j’en étais tombé amoureux, et qu’elle avait réveillé en moi des sentiments et des envies que je n’avais jamais vécu auparavant, l’envie de fonder une famille !!

Je lui ai avoué mes sentiments, cela l’a mise mal à l’aise, elle a coupé les ponts en disant que cela avait été trop loin, que ce n’est pas normal… Mais ou est la normalité ?

Aujourd’hui, je me sens totalement perdu, démuni, abandonné. Alors vient cette question : pourquoi n’ai je pas droit au bonheur ? Pourquoi ai-je si dur à accepter une rupture et à en faire son deuil ?

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