à propos des parents aux comportements toxiques

Faut-il rester soumis à ceux qui ne nous respectent pas ?

Quel avantage y a-t-il à être attentif à la toxicité de ses parents ?

« Plus le niveau spirituel de l’éducateur est pauvre, plus sa morale est incolore, plus grand sera le nombre des injonctions et interdictions qu’il imposera aux enfants, non pas par souci de leur bien, mais pour sa propre tranquillité et son propre confort. »

Janus Korczak(1)

« C’est notre propre exemple qui apprend à l’enfant à mépriser tout ce qui est faible. »

Janus Korczak

Récemment je conversais avec une personne qui me disait que l’appellation « parents toxiques » qu’elle rencontrait ici et là sur internet lui semblait exagérée, que bien sûr ses parents n’étaient pas parfaits et qu’elle avait été malmenée par eux (comme nous tous, disait-elle), mais que cela ne l’empêchait pas de vivre « normalement. » Elle ajoutait que l’égoïsme faisait des ravages aujourd’hui et que puisque tous les parents avaient eu, eux aussi, leurs problèmes avec leurs propres parents, il était normal de les respecter et de les aimer en leur montrant présence et affection.

Elle estimait aussi que c’était le plus souvent « de bonne foi » qu’un parent obligeait son enfant à agir, qu’il le punissait « pour son bien », et que le simple fait que nos parents nous aient donné la vie et qu’ils aient eu leurs lots de peines et de soucis, justifiait à lui seul notre devoir de reconnaissance et de respect à leur égard.

Alors, devons-nous obligatoirement aimer et respecter nos parents ?

Est-ce que le fait de faire « ce que l’on peut, comme on le peut » mérite le respect ? La volonté de bien faire aboutit-elle obligatoirement à « faire le bien » ?

Avoir peur de convenir que les « parents toxiques » existent, c’est croire qu’il est interdit de « toucher » aux parents sous le prétexte qu’ils sont des parents. Or il existe des parents respectueux de la personnalité et des besoins réels de leurs enfants mais aussi des parents aux comportements déviants, donc nuisibles, dans un monde qui a bien du mal à les repérer.

C’est donc par respect pour tous les parents respectueux de leurs enfants que nous allons tenter de comprendre ce que c’est que la toxicité d’un parent.

Qu’est-ce qu’un parent toxique ?

Bien sûr, on pense immédiatement aux parents alcooliques, coupables de sévices physiques ou d’abus sexuels sur leurs enfants. Ce sont là des comportements extrêmes qui ne doivent pas masquer la toxicité de parents plus « ordinaires » qui sont dominateurs, critiques, méprisants et/ou manipulateurs, et font ainsi preuve d’une toxicité insidieuse qui leur semble naturelle, persuadés qu’ils sont de la légitimité de leur comportement envers leurs enfants.

Les parents inconscients de leurs actes n’ont que rarement l’impression d’être véritablement nuisibles à leurs enfants. Ils sont certains de les aimer suffisamment et ils ne pensent pas pouvoir les maltraiter alors qu’ils sont en train de les humilier par exemple. Sous les apparences de l’éducation, les propos tenus aux enfants sont trop souvent des violences ordinaires qui conduisent à l’opposé de l’intention supposée de l’éducateur.

Par exemple une mère qui passe son temps à répéter à sa petite fille qu’elle va tomber dès qu’elle bouge est un parent toxique inconscient, en ce sens que son angoisse bride l’énergie de vie de son enfant.

En fait, ces parents inconscients s’emploient à infantiliser et à détruire leurs enfants avec des gestes et des paroles négatives, des décisions dévalorisantes parce qu’elles favorisent la dépendance et la perte de confiance en soi-même. C’est ainsi qu’ils provoquent, chez l’enfant sans défense, des dommages émotionnels qui s’insinuent peu à peu dans son être.

Cette façon inconsciemment perverse d’agir, trouve sa principale efficacité dans la répétition, qui structure peu à peu la personnalité de l’enfant, le fait souffrir en le persuadant que sa nature originelle est inadaptée et instille chez lui les poisons de la mauvaise conscience, de la peur et de la culpabilité.

Une toxicité ordinaire : le déni du vécu de l’enfant.

Un enfant tombe en courant dans la rue, il se fait mal, j’oserais dire il se fait « naturellement mal » ; son parent, le plus souvent culpabilisé dans son rôle, lui dira peut-être que ce n’est rien et qu’il n’a pas mal. Il veut le convaincre que la douleur qu’il ressent est moins importante que son désir qu’il aille bien. L’enfant, divisé intérieurement entre son ressenti douloureux et son désir d’être à la hauteur de ce qu’il sent important pour son parent, minimisera sa sensation de douleur en la ravalant, apprenant par là même que dans le choix entre ce qu’il sent par lui-même et ce que son parent lui dit qu’il doit ressentir, il a toujours intérêt à se conformer à la perception de l’adulte s’il veut être aimé, (et un enfant a besoin de se sentir aimé).

Plus tard, devenu adulte, ayant été pour ainsi dire formé à la confusion entre ce qu’il sent de lui-même et ce que sentent les autres de lui, il se méfiera de son propre ressenti et n’osera pas, par exemple, s’engager dans une relation amoureuse parce qu’il n’a jamais eu le droit, dans son enfance, de vivre ses propres émotions et en a très peur. Un homme de 40 ans peut ainsi refouler son désir homosexuel pour ne pas faire de la peine à sa mère. Cet homme croit aimer sa mère alors qu’il est soumis aux peurs de cette femme. Et c’est clair que du côté du parent, on ne peut pas parler d’amour quand on se permet de critiquer les choix de vie de son enfant devenu adulte.

Pourtant quel parent n’est pas un jour ou l’autre tombé dans le piège du « J’ai fait ça pour son bien » qui lui a permis de légitimer son action maladroite, pour ne pas dire maltraitante ?

Certains s’y enferment en n’en démordant pas ; ce faisant, ils deviennent des parents toxiques parce qu’ils ne voient les besoins de leurs enfants qu’à travers leurs besoins à eux, c’est ce que l’on appelle parfois une attitude « incestuelle », parce qu’elle fait obstacle à la séparation en empêchant l’enfant de se développer par lui-même donc d’accéder à son autonomie réelle.

Le parent respectueux de son enfant se remet en question et découvre (parfois même douloureusement) que, puisque son enfant n’est pas lui, il ne lui appartient pas. Il convient alors qu’il ne peut pas toujours savoir « ce qui est bon pour lui ». Il découvre en fait que, dans la plupart des cas, aimer son enfant c’est le laisser faire ce qu’il croit bon pour lui, quand bien même le parent est persuadé – à un moment donné – du contraire.

Wayne Dyer(2) disait : « L’amour est la capacité et la volonté de laisser ceux pour qui on a de l’affection être ce qu’ils choisissent d’être sans exiger que leur comportement vous donne satisfaction. »

Pour permettre à une personne de grandir, il faut la laisser commettre ses propres erreurs, donc la laisser tirer par elle-même les leçons de ses propres expériences.

La fille d’une amie est particulièrement désordonnée. Elle pose les objets n’importe où et passe son temps à les chercher. Le jour où le fait de ne pas retrouver sa carte d’étudiant à temps l’a empêché de passer un examen, elle a eu un choc suffisant pour se donner les moyens de changer. Lui avoir dit et répété que l’ordre est important n’avait servi à rien pendant des années.

C’est la preuve que l’expérience de l’autre n’a jamais été utile à personne. Pour apprendre à se relever, il faut être tombé, et plus un enfant grandit, plus il est à même de s’enrichir à travers ses expériences.

C’est notre peur (égoïste) de parent, qui nous contraint de croire que d’agir « pour le bien de notre enfant » s’appelle l’aimer. Ainsi empêcher un enfant de commettre certaines erreurs c’est lui voler l’outil de sa propre croissance, et c’est ce que les parents « toxiques » ne peuvent ni ne veulent pas voir.

Face à l’erreur de son enfant, le parent toxique râle, crie et lui assène qu’il n’aurait pas dû la commettre sous le prétexte qu’il l’avait prédite à plusieurs reprises ; le parent aimant – lui – comprend, soutient et accompagne alors même qu’il avait envisagé la possible erreur de son enfant, parce qu’il sait qu’il n’y a pas un domaine de l’existence où l’apprentissage ne passe pas par l’erreur.

Bien sûr, si votre enfant de 5 ans se penche par la fenêtre du 3ème étage, vous n’allez pas attendre qu’il tombe pour intervenir rapidement et sans lui demander son avis ; mais s’il a 17 ans et qu’il vit une liaison amoureuse avec une personne qui vous déplaît, le respecter – donc l’aimer – c’est avoir le tact et la douceur de « faire avec » la liaison qui est la sienne.

Les parents toxiques sont donc ceux qui, parce qu’ils sont persuadés du bien fondé de leurs jugements sur les autres, les imposent. Ils font à leur enfant un chantage à l’amour qui se traduit par cette fausse loi inconsciente : « J’ai nécessairement tort quand je ne pense pas ou n’agis pas conformément à la volonté de mon parent qui m’aime. »

Or qu’est-ce qui fait qu’un enfant se sent aimé ?

Un enfant « se sent aimé » par ses parents non pas parce que ceux-ci le lui disent, mais parce qu’il n’a pas besoin d’avoir peur de leurs réactions. Il se sent donc accepté tel qu’il est.

Pour que cette sécurité soit rendue possible à l’enfant, il faut que son parent soit lui-même autonome, c’est-à-dire capable de comprendre et de sentir que les émotions que le comportement de son enfant fait naître en lui (peurs, inquiétudes, angoisses), trouvent leur origine dans sa propre histoire. Ce dont les parents toxiques ne sont pas capables.

Un enfant dont les parents auront développé une réelle autonomie par rapport à leurs émotions, deviendra à son tour capable de développer une réelle autonomie : il pourra avoir ses propres convictions, ses propres sentiments, il sera capable d’être « vrai avec lui-même », il se définira par lui-même en faisant ses choix de vie propres, en accord ou non avec ses parents.

A l’inverse, un parent toxique « crée » le plus souvent des enfants conciliants et soumis qui ignorent leurs propres besoins parce qu’ils les pensent égoïstes. Mais parfois aussi les enfants de parents toxiques réagissent à la maltraitance en se rebellant pour survivre, ils sont alors injustement traités de « méchants » par leurs géniteurs. La peur de l’enfant, issue de la toxicité du parent, l’aliène, l’isole et le referme en créant en retour l’irrespect et la haine qui renforcent la toxicité du parent, dans un tragique cercle vicieux.

Quels que soient leurs comportements, tous ces ex enfants de parents toxiques, une fois devenus adultes valident et minimisent le plus souvent les attitudes maltraitantes de leurs géniteurs par des formules comme : « J’ai reçu quelques baffes mais je les méritais bien, ça m’a forgé le caractère, j’étais un enfant difficile. »

Ce serait trop terrible pour eux d’admettre qu’ils ont été mal aimés étant enfants, de renoncer à l’illusion de l’amour.

C’est au contact de son parent qu’un enfant développe (ou ne développe pas) sa confiance en lui-même et pour que l’enfant développe cette confiance, il faut que son parent le respecte. On pourrait ainsi dire qu’un parent qui respecte son enfant sera nécessairement respecté par lui car l’amour inspire et permet l’amour en retour.

Un enfant respecte naturellement son parent quand il a confiance en lui et c’est cette confiance en lui qui lui permet – par exemple – de ne pas avoir besoin de lui mentir ou de dissimuler (des mauvaises notes à l’école, par exemple.)

Pour un parent, convenir qu’il a pu avoir des attitudes toxiques envers son enfant est une grande opportunité pour lui permettre de réparer certains de ses manquements lorsque cet enfant entre en adolescence.

C’est dans ce contexte qu’un de mes amis me disait : « Parler à un adolescent, ce n’est pas lui dire : « Maintenant je suis là pour t’aider », mais lui dire la phrase complète : « Je sais qu’à des moments, je n’ai pas été là quand tu m’attendais mais maintenant je suis là. » parce que cela seul est générateur de confiance et d’amour. Et le moment de l’adolescence de son enfant pour un parent est un moment propice. En s’y prenant bien, en écoutant beaucoup sans juger, il peut soigner des blessures anciennes.

En réponse à ceux qui pensent que la maltraitance « n’a jamais fait de mal à personne ».

Sous-entendre que « le fait d’avoir été malmené ne nous empêche pas vraiment de vivre normalement », revient à dire aux victimes qu’elles n’ont qu’à se taire et souffrir en silence.  Ne pas croire les victimes, c’est donner de la légitimité aux bourreaux. De même, ne pas oser s’ouvrir à la victime que l’on a été, c’est emprisonner sa colère à l’intérieur de soi-même et prendre le risque de devenir un prédateur pour les autres.

Qu’est-ce que vivre « normalement » ?

Est-ce vivre « normalement » que de craindre – comme tant de gens – le conflit, parce qu’il a toujours été résolu pour nous à travers un rapport de force en notre défaveur ?

Est-ce vivre « normalement » que de croire que le meilleur moyen de persuader un enfant de ne pas recommencer une bêtise c’est de l’en rendre honteux et de le culpabiliser parce que nous en avons nous-mêmes été rendus honteux et culpabilisés ? Ou de lui donner des baffes parce que nous-mêmes en avons reçu dans des contextes similaires ?

N’est-il pas toujours légitime pour une personne qui souffre d’exprimer, de crier même parfois sa souffrance ? Devons-nous expliquer aux victimes qu’elles doivent se taire parce que leur souffrance remet en cause une sacro sainte croyance qui dit que le parent a toujours raison ? Devons-nous penser que les femmes qui, au siècle dernier, ont osé remettre en cause l’autorité de leur époux auraient mieux fait de se taire ? Et si non, pourquoi ce qui a pu nous sembler légitime pour une épouse ne le deviendrait-il pas pour un enfant ou un ex enfant devenu adulte ?

Autant de questions qui – si nous osons nous les poser – nous aideront à convenir que personne, jamais, ne mérite la violence ni la maltraitance, qu’elles soient physiques ou psychologiques.

Ce sont les personnes qui ont été maltraitées qui sont réduites à penser que les claques et les humiliations n’ont jamais fait de mal à personne (pour surtout ne pas s’avouer que leurs parents étaient toxiques.)

Nous vivons une époque dans laquelle nous osons enfin remettre en cause certains tabous qui nous contraignaient jadis à la complicité et à la « loi du silence. »

La condition de la possible remise en cause de nos propres comportements erronés (soi-disant aimants), passe par la constatation de nos erreurs et de nos maladresses et cette constatation passe également par la remise en cause de la possible toxicité des comportements de nos parents, car il est toujours légitime de reconnaître la toxicité d’un acte, fût-il celui de nos géniteurs.

Si nous observons notre enfant de manière neutre, comment ne pas remarquer qu’il est déjà bien ennuyé d’avoir cassé la bouteille de lait sur le carrelage de la cuisine. Comment ne pas remarquer que de lui dire : « Eh bien bravo, tu peux être content, quel maladroit tu fais ! » c’est lui infliger la cruelle injustice d’une double peine.

Il est important pour le parent de découvrir que son attitude culpabilisatrice et moqueuse (comment l’enfant pourrait-il « être content » de sa maladresse ?), n’est que la rançon présente de la manière dont à l’époque où il était lui-même enfant, il s’était senti humilié par ses propres parents et avait été obligé de considérer cela comme une marque d’attention à son égard (ce qui vaut mieux pour un enfant que de ne pas se sentir exister aux yeux de son parent.)

Pour que tous les membres d’une famille apprennent peu à peu à vivre ensemble dans le respect et l’amour, il leur faut ne plus avoir le besoin de se manipuler les uns les autres sous le prétexte qu’il est douloureux de reconnaître ses maladresses. Et ce travail est à initier par le parent qui montre l’exemple et qui dira par exemple à son enfant : « Viens, on va nettoyer ensemble, et je vais te montrer comment tenir cette grosse bouteille… » reconnaissant par là que la bouteille est difficile à prendre pour lui.

N’est-il pas légitime de ne pas nous laisser manipuler par le comportement égocentrique et totalitaire de notre vieille mère qui nous en veut parce que nous lui disons devoir partir, à l’issue d’une visite que nous lui avons faite, au sortir de notre travail, entre les courses et le dîner à préparer à la maison pour notre propre famille ? N’est-il pas légitime de ne pas tenir compte de ses plaintes quand elle nous les présente sous la forme d’un insupportable chantage ?

Pourquoi la parentalité comme la vieillesse devraient-elles donner des droits spécifiques ? Ne devons-nous pas tout bonnement réfléchir et apprendre à nous situer, c’est-à-dire à trouver la réponse juste face à la nocive inconscience de l’autre ? Et pour trouver la réponse juste à la toxicité, ne faut-il pas d’abord apprendre à la reconnaître comme telle ?

Dans le cas de la vieille mère « abusive », ce peut être d’y aller une fois par semaine, pas plus, de mettre en place un réseau d’aide et d’être très ferme sur ses limites.

En conclusion :

Pour pouvoir devenir peu à peu de plus en plus responsables de nous-mêmes, donc pour oser regarder nos propres imperfections en face, il nous faut commencer par balayer devant notre porte, ce qui revient à dire renoncer (au moins en partie) à notre propre tranquillité et à notre propre confort, (c’est-à-dire reconnaître nos comportements toxiques.)

Il est vrai que l’égoïsme fait des ravages aujourd’hui, mais nous ne parlons pas tous du même égoïsme. S’ouvrir à l’altérité, c’est commencer par arrêter de cautionner une culture judéo chrétienne dévoyée qui veut nous faire croire qu’il est égoïste de vouloir penser à soi comme de se préserver soi-même. L’égoïsme c’est de vouloir que l’autre se comporte comme soi. L’égoïsme, c’est l’intolérance de celui qui ne peut pas voir plus loin que le bout de son besoin à lui.

Convenir de son égoïsme est a priori impossible pour le prédateur, et c’est pour cela que nous devons apprendre à reconnaître, pour éviter de continuer à les subir, les comportements toxiques et pervers des autres, et en particulier ceux de nos parents (s’ils les ont eus ou les ont toujours).

Notes  (source Wikipédia) :

(1) Janus Korczak : Médecin-pédiatre et écrivain polonais. Avant la Seconde Guerre mondiale, il est une des figures de la pédagogie de l’enfance les plus réputées. Il laisse son nom à la postérité pour avoir choisi délibérément d’être déporté vers Treblinka avec les enfants juifs du ghetto de Varsovie dont il s’occupait dans un orphelinat.

(2) Wayne Dyer : Psychologue, conférencier et auteur de renommée internationale dans le domaine du développement personnel.

PS : Au moment où je mets cet article en ligne, je lis le livre de le Docteur Muriel Salmona « Le livre noir des violences sexuelles », qui vient de paraître aux éditions Dunod et dont je ne saurai trop vous recommander la lecture.

Il y figure un passage qui éclaire la culture de beaucoup de personnes réticentes à convenir de la toxicité possible du parent. Le voici :

« De fait, l’enfant est encore trop souvent considéré comme la propriété de ses parents, auquel il doit respect et obéissance quoi qu’il arrive. Rappelons que jusqu’à la date récente du 5 mars 2002, l’article 371-1 du code civil sur l’autorité parentale, inspiré du cinquième des dix commandements bibliques, commençait en stipulant : « L’enfant, à tout âge, doit honneur et respect à ses parents. » Modifié, il commence maintenant par : « L’autorité parentale est un ensemble de droits et de devoirs ayant pour finalité l’intérêt de l’enfant, » l’article 371-1 précisant que cette autorité parentale « appartient aux père et mère jusqu’à la majorité ou l’émancipation de l’enfant pour le protéger dans sa sécurité, sa santé et sa moralité, Pour assurer son éducation et permettre son développement, dans le respect dû à sa personne. Les parents associent l’enfant aux décisions qui le concernent, selon son âge et son degré de maturité. »

© 2013 Renaud PERRONNET Tous droits réservés.

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Après avoir lu cet article, je vous conseille vivement de faire le test :

Pour sentir de très près la toxicité des parents à l’œuvre, vous pouvez vous procurer les films éloquents :

Vous pouvez également télécharger les fiches pratiques inédites :

Et lire :

812 réflexions au sujet de « à propos des parents aux comportements toxiques »

  1. Lilou

    Bonjour,

    J ai 33 ans, mon mari 37, établis et autonomes dans la vie. Nous n avons jamais rien demandé à nos parents respectifs pour avoir les biens que nous avons aujourd hui, on a réussi par nous meme . Curieusement on ressent une certaine jalousie de nos parents pas sur ce que l on a mais parce qu ils se sentent depossédés de nous, on a pas besoin d eux, on y arrive sans eux, ça devrait être une fierté pourtant mais non…

    C est surtout du coté de ma mere le problème, (d ailleurs enfant et adolescente ça ne c est pas tjr bien passé). Ma mere est une enfant non désiré par ses parents, elle m a souvent dit que ma grand mère avait été méchante sans raison auprès d elle…et le drame dans tout cela c est qu ils sont morts jeunes tous les deux (63 ans) et qu elle n a pas pu discuter de certaines choses avec eux.
    Et qu elle reproduit avec moi parfois ce que je pense qu elle a vécu elle même.

    On va voir mes parents régulièrement, un week end entier par mois. Ce n est jamais suffisant pour elle… Chaque fois que l on part elle me harcele avec la question quand es ce que l on revient..me faisant culpabiliser si j ai le malheur de donner une date trop éloigné pour elle.. Elle m impose comme à un enfant de venir à certains repas de famille (oncle et tante etc) sans me demander si on est dispos par avance, ca s est passé récemment pour l ascension où elle nous a invité d office chez ma tante sans passer par nous… Nous sommes respectueux de nos parents je ne l ai abandonne pas et estime que j y vais regulierement tout en convenant qu on fait pareil du côté de mon mari et qu heureusement mes beaux parents nous laisse la liberté de choisir quand on vient les voir en fonction de nos occupations. Et que si c est juste un repas le midi et qu on repart le soir je n ai pas de réflexion qu on aurait pu y rester plus.

    Ma mère refuse toute invitation chez nous également, le peu de fois qu elle est venu c est en visite éclair, je ne la sens pas à l aise chez nous, nous sommes qu à 130km de distance.. Et à 60 ans elle me sort que ça fait trop loin pour eux… Pourtant mon frère qui est sur Paris donc à 300kms, elle n hésite pas à y aller plusieurs fois et à y rester 3 jours… Moi si j arrive à la faire venir sur un repas c est exceptionnelle ce n est pas arrivé depuis 2 ans. Par contre nous, nous n avons pas le droit de n y passer que pour une journée, sans entendre des plaintes et limite que je ne suis pas sympa d y rester plus.. Mais on a notre vie, notre travail, nos occupations, notre famille à nous aussi, aller voir ses parents devrait être quelque chose de spontané et non de l obligation mensuel sur un week end entier.

    J en ai marre, je ne sais plus qu elle attitude adopter avec elle, je lui ai dit récemment qu on ne pourrait pas venir avant fin juillet, nous partons 3 semaines debut juillet et avant nous avons nos occupations, nous y sommes passés très récemment durant tout le week end de l ascension dont le fameux repas chez ma tante. J ai eu droit à des réflexions et comment ça se fait, ben quand même vous pouvez pas passé plus tôt, avec son air déconfit me faisant culpabiliser comme si j abandonné une mamie de 90 ans… Je n ai pas lâche le morceau, mais ça me fait mal au fond de moi car mm si je sais que je n abuse pas j arrive à culpabiliser quand meme. Mon mari très compréhensif dont j ai de la chance que ça ne créé pas de dispute entre nous tout ce cirque, me dit aussi de ne pas céder.. Mon frère lui a tous les droits, je trouve qu a l’inverse lui n y va franchement pas souvent alors qu ils sont profs tous les deux et ont donc toutes les vacances.. Pour dire qubil n y va pas souvent c est que en allant chez meq parents à un rythme d une fois par mois sur tout un week end, la dernière fois que j ai croisé mon frère c etait en novembre, il n est mm pas venu pour noel pretextant une excuse superflue…Mais lui il a le droit, il n était pas là pour l ascension mais chez un ami, ben il est excusé on ne l a pas invité d office chez ma tante.

    J ai l impression de devoir compenser des fois l absence de mon frère. Ma mère refuse de voir certaine chose de sa part. Après mon frère a eu la mm enfance dure que moi en éducation et je pense qu il fuit tout ça maintenant. Mais ce n est pas à moi de payer les pots cassés..

    Que faire dans cette situation ? Là elle ne va pas me lâcher au téléphone tant que je ne lui aurais pas trouvé une date plus proche que fin juillet… Elle va faire ses réflexions culpabilisantes..

    Répondre
    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Pourquoi – en effet – vous faudrait-il compenser les troubles de votre mère ? Si vous partagez que vous ne « savez plus quelle attitude adopter avec elle », c’est sans doute que vous cherchez à trouver un moyen qui lui permettrait de changer dans sa relation à vous-même sous le prétexte que vous la recevez comme une injustice pour vous.
      Or votre mère est la femme qu’elle est, à vous lire j’ai l’impression que vous la voyez avec une certaine lucidité : une femme qui a souffert dans son enfance et qui – dans sa souffrance – a développé toutes sortes de comportements abusifs et culpabilisateurs.
      Vous n’avez donc pas le pouvoir de la changer mais le pouvoir de vous adapter à elle et à ses comportements maltraitants.
      Qu’est-ce qui vous empêche de vous adapter à elle en lui mettant les limites que vous estimez devoir lui mettre ? Votre croyance qu’elle devrait être autre et votre propre culpabilité à lui mettre les limites que vous lui mettez.
      C’est ainsi que plutôt que de vous confronter à votre propre culpabilité (ce qui reviendrait à comprendre à quels mécanismes d’assujettissement vous obéissez), vous souhaitez qu’elle change.
      Ouvrez les yeux, à moins d’entreprendre un sérieux travail sur lui-même, un être humain contraint à des comportements négatifs et maltraitants parce qu’il est angoissé ne changera pas.
      Par contre il vous est possible de comprendre, en rencontrant de beaucoup plus près votre mauvaise conscience, qu’il est parfaitement légitime de votre part de cesser d’être sa proie.
      Mais oser vous protéger d’elle, en continuant de mettre de la distance avec elle (et même peut-être encore plus de distance puisque la situation vous pèse encore), suppose que vous restiez autonome donc que vous ne soyez plus dépendante du petit enfant en vous qui sous le prétexte qu’il croit aimer sa maman voudrait qu’elle réponde à ses besoins en se régulant par elle-même.
      Grandir serait devenir capable de vous protéger de votre mère sans avoir mauvaise conscience de le faire. Oui votre mère refuse de voir certaines choses, et ce n’est pas à vous de payer les pots cassés comme vous dites.
      Votre mari compréhensif et lucide vous propose de ne pas céder, donc de rester vous-même. Vous n’êtes en rien responsable des angoisses de votre mère même si par un habile tour de passe-passe elle parvient parfois à vous le faire croire.

      Vous pourrez d’autant plus avoir le coeur déchiré de sentir votre mère incapable de ne pas souffrir de sa propre histoire que vous ne serez pas personnellement dans la confusion avec elle.

      Pour aller plus loin, lisez mon article : L’identification à son enfant intérieur

      Répondre
  2. 1 FOURESTIER

    j’ai 57 ans au rsa ma mère me verse 50 euros par mois car je vis avec 484 euros, je suis sans emplo.i
    et mes 3soeurs et mon frères vivent à 300km et 600 km de chez ma mère. mon frère à la retraite ma soeur ainéee bientôt à la retraite aussi, et moi je vis seule, pas d’avenir professionnel pas de vis affectif,et il y a un an j’ai subis des violences psychologique de ma soeur d’un an plus agée que moi .elle et partis vivre chez ma dernière soeur il y a 7 mois et elles travaillent dans la même usine maintenant et a un cdi.
    j’ai un fils de 36 ans.ma mère n’a que moi pour l’emmener en course elle me dis que dans un an elle ne sera peut-être plus là,mon père est décédé en 2015.Ma dernière soeur n’a même pas voulu me recevoir quelque jour chez elle
    après le dc de mon père ,alors qu’elle a reçu ma mère et mon autre soeur « qu’elle a hebergé cette année ».
    je suis seule j’aimerais changer ma vie je me sens trahis manipulée que faire pour avancer?

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  3. laurane

    et quand la société est aussi toxique que le fut ses parents, on fait comment pour trouver une place d’existence ?

    Répondre
    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Réaliser qu’on ne peut peut pas compter sur ses parents, ressentir qu’on ne peut pas compter non plus sur son environnement social, c’est sans doute pouvoir découvrir qu’on ne peut compter que sur soi-même.
      Le piège étant de croire que pour pouvoir compter sur soi-même il faut nécessairement avoir été aimé.

      Répondre
      1. Luc

        cher monsieur je suis d’accord avec vous, ses parents toxiques ont peut rompre avec meme si c’est pas toujours facile, compter sur soi-même d’accord, mais rompre avec la société dont on ne partage pas les valeurs (société narcissique ultra-individualiste) c’est plus compliqué non ? on a besoin des autres ne fut-ce que matériellement parfois surtout dans nos société complexes (vivre en autonomie est difficile)

        Répondre
          1. Luc

            Je ne vous comprends pas bien, je suis plutôt altruiste et bienveillant.
            J’ai vu que vous parlez d’Alice miller qui a été plus loin que la plupart mais s’est heurtée a des tabous sociaux non ? et il faudrait encore prolonger son raisonnement
            a partir du moment ou les comportement toxiques sont transmis de parent a parent, sont tolérés (en tout cas la violence psychologique), on n’est plus dans le domaine de la psycho mais de la socio. Dans une société narcissique le plus adapté c’est le narcissique non ?
            Les parents « éduquent » leur enfant pour les adapter a la société, idem education nationale etc, pas pour en faire des etres épanouis et libres. La psychologie est aussi normative
            j’ai été a de nombreuses conferences de psychologie et ce qui m’a frappé c’est le nombre de parents qui voulaient que leur enfant soit dans le moule social avant tout et ca m’a meme choqué.
            c’est un sujet tres interessant maisrarement abordé.

            Répondre
  4. Alex

    Mes parents ne sont pas toxiques mais j’ai subi pendant 10 ans environ des violences psychologiques( insultes, rabaissement, humiliations, et menaces) ainsi que physique de la part de mon mari. Je suis aujourd’hui divorcée et je vis seule avec nos jumeaux de 4 ans. Ils ont un comportement très difficile lié principalement au contexte de stress dans lequel ils ont vécu pdt leur 4 premières années… Le problème c’est qu’étant épuisée et détruite psychologiquement je n’arrive pas à prendre sur moi suffisamment pour ne pas être toxique.. Je ne sais pas comment m’en sortir, j’ai conscience que ce n’est pas en me comportant comme mon ex, que leur comportement améliorera mais en étant bienveillante mais c’est tellement plus simple des rabaisser que de prendre le temps d’écouter ce qu’ils ressentent… ( surtout avec 1 des 2 qui a pris  » le relais de son père » il m’insulte, me tape, et crie dès que je le contrarie)
    J’aimerais que Ca change mais je ne sais vraiment pas par où commencer… Si vous avez des solutions je suis preneuse..

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    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Les solutions comme vous dites ne sont pas à l’extérieur de vous mais en vous.
      J’ignore quels ont été les dysfonctionnements de votre famille mais je m’interroge sur le fait que vous ayez pu subir et endurer pendant 10 ans des menaces, des insultes, des humiliations et même des violences physiques.
      A mon sens, cela ne parle pas seulement de votre ex mari mais aussi de vous, de votre relation à votre dignité, de votre confiance en vous-même et du respect que vous vous portez.
      Quelle est la part de vous-même qui a pu consentir à ces humiliations parce qu’elle n’osait pas se rebeller contre son mari aux comportements toxiques ? Une énergie maintenue refoulée – vraisemblablement depuis très longtemps – peut se retourner contre vous-même et les autres.
      Mettre à jour cela dans un travail psychothérapeutique vous aiderait certainement à trouver en vous des ressources afin de ne pas devoir rabaisser et humilier à votre tour vos propres enfants.

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  5. Candyjoly

    Bonjour, je viens vers vous pour avoir un conseil car je suis inquiète des propos tenus par mon petit fils qui n’a pas encore 4 ans. Il vit avec sa mère au quotidien et voit son père en garde alterner 1 week-end sur deux ainsi que la moitié des vacances scolaires. Il est très agréable, sociable et enjoué au quotidien, mais lorsqu’il revient de chez son papa, il tient des propos qui m’effrayaient un peu. Il parle de ses jeux de boxe avec son papa qui lui montre comment être le plus fort et blesser et tuer les animaux en leur mettant les doigts dans les yeux, en lui faisant la démonstration celui-ci l’a même blessé à la paupière ce qui a suscité ma question sur cette griffure et donc la suite des explications à été fournie par mon petit-fils et, il l’incite à la haine de la police qu’il faut combattre et autre. Je doute qu’un enfant de cet age ait inventé ces propos . Pourriez vous me donner un conseil et me dire vers qui me rapprocher pour parler de cela avec sa maman qui est aussi très perturbée par ces propos. Merci par avance de l’aide que vous pourriez nous apporter par votre réponse.

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    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Pour s’adresser à l’autre de manière à ce qu’il nous écoute, il faut d’abord le connaitre. Si vous donnez des conseils à celui qui ne les a pas demandés il ne pourra pas les entendre. Vous me parlez d’un gendre potentiellement violent qui apprend la violence à son enfant : comprenez que le père apprend à son fils ce qu’il connait, c’est sa manière à lui de l’aimer.
      Pour vous répondre, il me faudrait connaitre l’attitude de votre fille face à son compagnon qu’elle ne découvre pas depuis cet incident ? Il me faudrait aussi faire la part des choses entre votre demande et sa demande… votre fille n’est pas vous.
      Que voulez-vous au juste ? Changer votre gendre ? Donner des conseils à votre fille parce que vous ne supportez pas la situation qui est la sienne ? Calmer votre propre émotion de grand-mère bousculée par l’attitude de son gendre dans sa relation à son fils ?
      Il y a autant de paramètres dans cette histoire que de personnes. Pour répondre il me faudrait savoir à qui répondre… Cela demanderait un ou plusieurs entretiens approfondis et ne peut pas être réglé « à la sauvette » sur internet. Désolé !

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  6. Johanne

    Bonjour,

    J’aimerais discuter de mon père, je suis tombée enceinte cette année à 20 ans. C’etait de la manipulation de quelqu’un qui voulait absolument ses papiers mais je n’y ai pas cru tout de suite croyant que tout le monde de mon entourage avait tord à son sujet. Donnant comme argument que j’étais la seule à le connaître et même si j’avais des doutes, je pensais pouvoir le discerner. Enfin, tel n’est pas le sujet du commentaire. J’ai fini par couper les ponts avec cet homme qui au final à prouver qu’il n’attendait que ça et me voilà seule enceinte de 7 mois. J’essaie de remonter la pente et prendre toutes les choses positives que je peux mais à chaque fois que j’ai mon père au téléphone Il me rappelle à quel point j’ai fait une erreur et que je vais en assumer les conséquences. Ça en arrive à même des moments où je me sens heureuse pour mon enfant, il me rappelle à quel point un enfant seul va être difficile et une vie semée d’embuche et puis il me dit souvent que je dois être plus mature etc car il croit que je suis bête et que je vais recommencer. Je ne sais pas si c’est légitime de dire ça, étant donné que je suis une fille qui n’a jamais eu de soucis de ce genre. Je ne cours pas apres les hommes. Mais chaque fois qu’il m’appelle, il me décourage et il se donne en droit de me le rappeler à chaque fois parce que je suis sa fille et qu’il est mon.pere et que je ne comprendrais jamais. Enfin soit, je me dis que pour mon bonheur, je devrais prendre des distances avec lui car chaque bonheur dévient culpabilité et stress et pleur. Ça me fait douter de moi et de mes capacités à pouvoir m’en sortir dans cette situation comme si ma vie était foutue d’avance. Dois-je prendre des distances pendant quelques temps ?

    Merci de votre réponse

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    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Il n’y a – à mon sens – qu’une seule attitude possible qui vous permettra de préserver votre propre dignité alors même que votre père cherche à vous culpabiliser à partir de la manière dont vous vous y êtes prise dans le passé.
      Cette attitude est toujours la même : c’est celle de reconnaitre les faits, exclusivement les faits et de ne pas extrapoler sur leurs possibles conséquences puisque personne ne peut les connaître.

      Oui, vous avez été naïve et vous êtes trompée, vous avez été abusée dans le passé et en même temps la vie se déroule toujours exclusivement « ici et maintenant » (c’est ce que votre père ne sait pas qui reste dans le passé).
      Vous êtes courageuse, vous assumez les choses et puisque « ce qui est fait est fait », vous « prenez toutes les choses positives que vous pouvez ». Tout cela est très juste et va vous permettre de garder votre précieux équilibre.
      Votre père – qui lui n’a pas digéré votre passé – vous accable, non pas en vous disant que vous allez devoir assumer les conséquences de votre passé (parce que cela est vrai), mais en déchargeant sur vous sa négativité en cette occasion : il veut vous faire croire que « d’élever un enfant seul va être difficile et que votre vie va être semée d’embuches », ce qui est faux. Personne ne connait l’avenir, il projette donc ses propres peurs sur sa fille. Votre vie sera « ce que vous en ferez » puisque le bonheur que nous avons d’une chose ne dépend pas de cette chose mais de la manière dont nous la prenons, dont nous l’interprétons.
      De plus votre père en profite pour vous critiquer plus généralement, il semble ne pas avoir compris que vous ne lui appartenez pas, en fait il cherche à déguiser le fait qu’il n’a pas encore accepté que vous ayez été trompée dans le passé.
      A vous lire vous progressez puisque vous devenez capable d’intégrer et de digérer votre passé (qui va vous permettre d’être mère), alors que votre père fait du sur place avec le fait que vous ayez été trompée en cherchant à vous décourager.
      Vous êtes donc la seule à savoir s’il est juste – pour votre bonheur – en effet, de devoir prendre de la distance avec lui. Il n’est certainement pas juste en tout cas que vous le laissiez vous culpabiliser, vous diviser et vous stresser.
      Votre partage et la manière dont vous exposez les faits, montre au contraire votre maturité et votre lucidité. Vous voyez juste : vous êtes la seule responsable de la manière dont vous allez diriger votre vie donc il ne serait pas juste que vous laissiez l’immaturité de votre père vous convaincre que vous êtes « foutue d’avance » !
      Je vous souhaite donc de continuer d’être heureuse pour votre enfant… et pour vous-même (sa mère).

      Pour aller plus loin et comprendre comment « ce qui vous arrive » comme « ce qui va vous arriver » va être conditionné par la manière dont vous allez le prendre, je vous invite vivement à lire cet article : Le vieil homme et le cheval

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  7. Alisa

    Bonjour,
    J’ai toujours eu des problèmes avec ma mère, abusive, bourrée de certitudes ne reposant sur rien d’avéré, égocentrique, narcissique et recourant au mensonge et à la manipulation pour parvenir à ses fins. Elle a fait la loi dans la maison, imposant sa volonté, critiquant ses proches sans arrêt, surtout mon père et moi.
    Je n’ai pu comprendre celà qu’à 50 ans passés.
    Aujourd’hui j’en ai 62 et ma mère 93, elle ne s’est pas arrangée et nos rapports non plus, j’ai perdu mon travail, suis en instance de divorce, déménagement, et mon seul enfant s’est établi à 500 km. Ma mère est veuve et on lui a découvert un cancer il y a un mois, qui heureusement ne devrait pas lui être fatal.
    Elle entend mal, comprend encore moins bien mais continue à se prendre pour le centre du monde, faire celle qui sait tout et ne manifeste aucune compassion envers quiconque et surtout pas moi. Son seul sujet d’intérêt est … elle et accessoirement l’argent.
    Il m’est de plus en plus difficile de la supporter, d’autant plus que je ne peux rien lui dire, elle nie, fait celle qui a oublié, ou ment quand on lui fait un reproche. Je n’aurai jamais d’explication, encore moins d’excuses, je ne sais plus où j’en suis alors que je suis obligée d’être plus présente avec sa maladie. On s’engueule à chaque fois, surtout moi j’ai l’impression de revivre ce que mon père vivait, elle le poussait à bout et il se mettait en colère, détruisant des objets, c’est affreux, je finis par me dire que c’est peut-être moi qui exagère, j’ai bien un psy qui a l’air de me croire mais sa seule réponse c’est « limitez les contacts ». Ca ne m’aide pas beaucoup, j’ai l’impression d’être piégée, je ne vois pas d’issue à cette situation.
    Est ce que c’est possible ce que je décris, suis je aussi coupable que ma mère, est ce que ma mère est folle, toxique, set ce qu’elle se rend compte de ce qu’elle fait… avez-vous une idée ? Merci

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    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Si je vous comprends bien vous faites un travail psychothérapeutique depuis des années. Vous savez donc que les personnes sont mues par leur inconscient et qu’à moins d’être vraiment déterminé, personne ne change.
      Cela est donc vrai pour votre vieille mère qui n’a aucune conscience de ses mécanismes psychologiques éventuellement dysfonctionnels et toxiques.
      Il vous faut donc voir la réalité en face, elle ne changera pas ses comportements. La seule personne qui puisse faire bouger la relation c’est donc vous.
      Vous semblez avoir compris cela quand vous partagez : « Je n’aurai jamais d’explications, encore moins d’excuses », je suis donc d’accord avec vous il est inutile de chercher chez elle ce que vous savez que vous n’obtiendrez pas.
      Paradoxalement vous écrivez : « je ne sais plus où j’en suis ». En effet vous ne savez plus où vous en êtes si vous restez indéfiniment dans l’attente d’un changement chez elle (vous vous comportez alors comme une petite fille perdue parce que dépendante de sa « maman ») ; mais si vous vous comportez comme la femme adulte que vous êtes (celle qui a compris qu’elle n’aura jamais d’excuses ni d’explications), vous devenez « libre » de votre propre mère.
      C’est alors que n’étant plus dépendante d’une culpabilité quelconque, vous vous respectez donc vous-même en ne lui donnant que ce que vous avez vous-même décidé de lui donner de manière délibérée.
      Si vous vous identifiez de façon quasi permanente à la petite fille en vous, je suis d’accord avec votre psy, il va vous falloir limiter les contacts pour moins souffrir.
      Mais si – aspirant enfin à la liberté – vous avez enfin perdu toute illusion quant au changement de votre mère, je présume que vous allez pouvoir – vivant pleinement votre vie à vous – décider par vous-même ce que vous voulez lui donner ou non.

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  8. paty1964

    Bonjour,
    ayant eu un enfance pas heureuse père alccolique j’en ai souffert énormément, puis à 23 ans je suis partie de chez moi , j’ai commencé à vivre, j’ai rencontré un homme , qui après quelques années j’ai vu qu’il ressemblait à mon père il a commencé à boire, au début je ne l voyais pas, puis un jour j’ai vu qu’il cachait ses bouteilles de vins ..
    Il a arrêté après quelques années , il a eu un soucis avec sa mère sa mère la rejeté avait une préférence pour son fils Quand je suis tombé enceinte je pensait qu’il aurait changé erreur il la rejeté son propre enfant une jalousie envers lui il ne c’est jamais occupé de lui quand nous étions avec des amis il disait occupe toi de ton fils. Mon fils en a souffert j’ai fait le rôle de la mère et du père pour qu’il soit stable (maman calin et papa qui gronde) jusqu’à 13/14 ans sa allait et puis quand uil est partis au lycée il a changé j’ai essayé de lui donné une vie stable car son père qui vivait avec nous avait un dénis de son enfant. cela n’a pas éte facile. Il a réussi dans ses études et j’en suis fière , cette semaine il m’a dit que je me suis trop occupé de lui.. vu que son père la rejeté il m’a sortis je n’ai pas de parents (pas de mère et de père) vous êtes rien pour moi .
    Ai je loupé quelque chose ? je ne comprends pas son comportement vis à vis de moi , son père je comprendrais il ne c’est ps occupé de lui, maintenant je suis rien pour lui.
    Par contre quand il à un soucis c’est Allo maman jamais son père dois-je prendre des distances , là j’ai envie de tous coupé avec lui il est devenu ingrat
    Merci de m’avoir lu.

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    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Vous n’avez rien loupé, je pense sincèrement – à vous lire – que vous avez juste fait ce que vous avez pu, pourquoi devriez-vous vous reprocher quoi que ce soit ?
      Essayons de vous comprendre : vous avez tellement essayé de donner à votre enfant dans un contexte familial difficile qu’aujourd’hui, à cause d’une parole maladroite, vous vous sentez profondément blessée. Votre blessure ne parle pas de ce que vous a dit votre enfant mais du sentiment d’injustice qui est le vôtre par rapport à tout ce que vous avez fait pour lui.

      Prenez la mesure de ce que je vous dis : le résultat d’une éducation se mesure quand un être est devenu adulte. C’est donc plus tard qu’il prendra la pleine mesure de ce que vous avez fait pour lui… à condition que vous ne perdiez pas le contact avec lui.

      Votre fils n’est pas ingrat mais simplement inconscient. Il n’a pas mesuré l’impact de sa parole sur vous. Sa parole malheureuse vis-à-vis de vous est juste la conséquence d’une émotion d’incompréhension, d’un accablement de sa part.

      Je suis persuadé qu’il saura – un jour – faire la part des choses entre un père qui était dans le déni d’avoir un fils, et une mère qui parfois, parce qu’elle se sentait seule et sans repère, a pu être maladroite avec son fils en occupant trop de place.
      Sentez qu’il n’y a rien d’irrémédiable entre vous, il est votre fils auquel vous avez tant donné.

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      1. paty1964

        Merci de m’avoir lu et répondu , je pense que 22 ans c’est encore jeune, il ne comprend pas, peut être plus tard .
        Ses paroles pour moi ont été très dures, de dire qu’ils n’a plus parents , alors que j’ai essayé d’être une maman , comme vous dites sans repères j’étais toute seule à élever alors que son père qui vivait avec nous l’ignorais …Ce n’est pas la première fois qui me dis cela, mais cette fois il y a eu un déclic , que voulait il me faire comprendre ?? je c’est que mon fils ne m’appartient pas, qu’il doit vivre sa propre vie et faire des erreurs, tous s’apprend la vie n’est pas facile, j’ai essayé de lui donner une vie remplie d’amour , bien que je n’en ai pas eu , je ne voulais pas reproduire le schéma de mon père.. mais j’ai l’impression qui ressemble à son père , lui le déni de son enfant, et mon fils le déni sa mère.. peut être que je me trompe , et que je suis encore blessé vis à vis de ses mots…

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        1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

          Vous vous sentez blessée mais vous ne semblez pas agressive. Pourquoi ne l’invitez-vous pas – par exemple – un soir au restaurant pour, non pas vous justifier, mais échanger avec lui en l’écoutant le cœur ouvert ? Vous faire « petite » et lui laisser de la place pour essayer de comprendre ce qui se passe en lui ?

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          1. paty1964

            Bonjour,
            J’ai essayé , mais je ressent de la honte vis à vis de moi , quand il était plus petit avant l’adolescent nous faisions çà tous les week-end c’était notre moment à nous deux. maintenant c’est une chose qui ne veut plus, j’ai tout essayer… les seules mots c’est qu’il n’a plus de parents …c’était mon anniversaire il y a deux jours avant il y avait des petits cadeaux qu’il faisait (dessin) maintenant qu’il travail je lui ai fait la remarque , il m’a répondu qu’il faisait des cadeaux a 2 ou 3 personnes qu’ils aimaient. une fois il m’ fait un cadeau et son père lui a été jaloux …alors il me dit j’en fait plus …il m’ignore
            Je ne c’est plus ou j’en suis ..

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            1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

              Oui, la blessure est profonde, il vous a touché là où c’est si douloureux. La réponse faite par votre fils à propos des cadeaux vous montre à quel point il est perdu lui aussi. Il ne sait plus ni quoi ni comment faire, alors il se referme et s’éloigne. Regardez les choses en face, s’il vous ignore c’est pour essayer de moins souffrir parce que c’est trop dur et déchirant pour lui de faire un choix.
              Il vous faut donc de la patience et de la finesse pour ne pas perdre le lien. Entre votre amour propre et votre amour pour cet enfant que vous avez porté à bout de bras une grande partie de votre vie, qu’allez-vous choisir ?
              Courage !

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              1. paty1964

                C’est une blessure j’en suis consciente , de la patience j’en ai , mais j’ai peur que c’est lui qui casse le jour ou il aura son appartement, on verra…
                Le lien d’une maman c’est pour la vie , j’espère quand il sera vraiment adulte il comprendra et que cela ne soit pas trop tard , la vie est courte et il faut en profiter à chaque instant ..c’est ce que je lui ai dit , même si c’est mon enfant la blessure restera c’est une cicatrice qui restera .

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  9. rémi

    Bonjour, j’ai été adopté à l’âge de 4 mois par des parents atypiques : un « père » qui m’a ignoré jusqu’à l’âge de 7 ou 8 ans oui qui piquait de sales colères sur moi …. et je me souviens de ce jour où il m’a dis près du garage : « qu’est ce que tu veux encore, je suis pas ton père moi !!!! »
    Puis est venue ma soeur adoptée aussi; ma mère reprochait à mon père des comportement préférentiels à son égard. Vers mes 8 ans il est devenu « un père ordinaire » puis 11 ans plus tard suite à sa séparation d’avec ma mère, le naturel revint au galop : et là ce fut humiliations, moqueries et hélas je voyais bien qu’au fond de lui c’était bien sa manière à lui sans l’admettre qu’il m’en voulait d’avoir pris une place illégitime dans son foyer; pour preuve, il me fit une sorte de facture écrite lorsque je fus amené à quitter le nid familial. Le détail de ce que je lui avait coûté : electricité, eau, alimentation, medecin etc …..
    Quant à ma mère, je savais que j’avais été le fruit d’un caprice. Pour la petite histoire, il se disait dans cette famille qu’elle ne faisait pas de différence entre des enfants et des poupons…. d’ailleurs il se disait qu’elle n’était pas faite pour cela. Très habile en revanche pour une éducation catho-martinet et pour se lamenter sur son sort.
    Mais chut, on le sait nous les adoptés nous ne savons pas la chance que nous avons d’avoir été adoptés par des parents affectueusements……toxiques….

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    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Oui, les névroses et autres dysfonctionnements des humains font particulièrement de dégâts quand ils influencent leur relations à leurs enfants, adoptés ou pas.
      Si un être humain vous en a voulu d’avoir pris une place soi-disant illégitime dans son foyer, je vous souhaite d’avoir la lucidité de sentir que personne ne peut légitimement vous en vouloir de prendre votre place sur cette planète.

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  10. Jean Michel

    Bonjour
    Je découvre avec stupeur , en vous lisant,que certains comportements que je croyais anodins sont toxiques , générateurs de troubles, d’anxiété et de colères chez mes grands enfants adoptés. Dès lors ma question est triple:
    Commrnt se rendre compte de la toxocité de certains de nos comportements, tant dans notre vie personnelle que dans nos relations parents enfants?
    Comment se juger sans trop s ‘absoudre ou se culpabiliser?
    Comment un parent aimant mais toxique, souvent sans le savoir, peut il devenir un parent aimant et tonique (en le sachant)
    Je vais znalyser cela avec ma psychothérapeute.
    Merci pour votre article il m’a ouvert les yeux.
    Jean Michel (Paris).

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    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Pour se rendre compte de nos erreurs je ne crois pas qu’il existe un autre moyen que de se laisser toucher par elles comme par leurs conséquences.
      L’émotion de culpabilité qui consiste à s’en vouloir de ce que l’on a fait dans le passé n’a que peu d’intérêt puisque nous n’avons pas la possibilité de retourner dans ce passé.
      Par contre, je crois que le fait de prendre conscience, de s’ouvrir et de se laisser toucher par ce que l’on a fait subir à l’autre est LE moyen qui nous permettra de réajuster notre attitude (parce qu’on en souffre), c’est-à-dire de réparer ce qui peut être réparé.
      C’est du moins ce que je souhaite à votre tonicité.

      Pour aller plus loin je vous conseille vivement de lire mon article Comment sortir de sa toxicité de parent ? qui tente de répondre plus précisément à vos questions légitimes.

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  11. Sylvie Beck

    Bonjour, la lecture de cet article m’éclaire. Du coup, je comprends et prends conscience d’une forme plus précise de toxicité.
    Étant enfant (née en 83) jai toujours vécu avec mes 2 parents. Même si je venais à contredire ma mère parce que j’avais le sentiment d’avoir raison, mon père prenait automatiquement la defence de celle-ci.
    Du coup, je n’ai eu que exemple de ce couple m’aimant qd même.
    Aujourd’hui ma fill va ses 11 ans début décembre, jai le sentiment d’avoir tt foiré avec elle. Séparation à ses 1 an, disputes et même « bagarre  » avec son père pendant des années. Lui a refait sa vie, (rien du mien, plusieurs essais mais toutes foireux- sans doute naïve pas suffisamment confiance en moi).
    Du coup ma fille a vécu qques années dans une situation familiale « normale  » avec sous le même toi, son père, sa belle-mère puis une petite sœur arrivée vers ses 6,5ans.
    La garde était partagée.
    Du coup, comme il l’avait moins que moi ils privilégiaient des moments familiaux intenses. Ma fille a fini par le considérer comme « une, sa maman »
    Je me suis exprimée en disant au père que cest extrêmement blessant de me dire ça.
    Sauf que, je pense que ma fille na jamais réussi à trouver son équilibre avec moi (mère seule).
    Elle a fini par me demander daller vivre avec son père. Depuis la séparation avec la belle-mère, on arrivait à un peu plus se comprendre.
    Mais l’adolescence arrive à grand pas.
    Je vis très mal la situation car j’ai réellement l’impression de tout rater avec mon enfant alors que ça se passe très bien avec ceux qui M ont rencontrés (mm difficiles)
    Je suis aujourd’hui dans une impasse, jai eu mon exemple et expérience avec mes parents et je ne suis pas capable d’aller au-delà de mon « émotion » ou « comportement » propre intérieur et passer au dessus de ça pour apporter ce qui est nécessaire à ma fille.
    Cest ce qu’ils me reprochent fortement tout les 2 et sans me ménager.
    Que puis je leur dire pour les rassurer et qu’enfin on arrive à se comprendre.
    Jai le coeur lourd de cette situation qui est aujourd’hui très à chaud, dure pour tous et pleine de rancoeur.
    Merci
    Cdlt
    Sylvie

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    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Je pense en effet que tant que vous êtes dans la rancoeur contre les autres, la rancoeur et la culpabilité contre vous-même, vous vous condamnez à être malheureuse et à souffrir.
      Pour aller au-delà, il vous faut traverser votre souffrance c’est-à-dire reconnaître vos manquements, vos approximations, vos erreurs (donc ne pas chercher à paraître). En réalité vous avez fait « comme vous avez pu », n’est-ce pas ? Alors pourquoi vous charger inutilement de votre passé ? (C’est cela être dans la rancoeur.)
      Pour pouvoir aller au-delà de votre émotion, il vous faut commencer par la reconnaître, oser faire avec puisqu’elle est là et plutôt que de vouloir la rejeter.
      La lourdeur de votre coeur parle de votre amour pour votre fille et croyez que son adolescence (loin d’être un obstacle), peut être une opportunité de rapprochement entre vous.
      Elle grandit, elle s’ouvre à la vie et a plus que jamais le besoin d’une mère par laquelle elle se sentira aimée.
      Le voilà votre objectif, non plus vous affliger, mais réfléchir à la manière dont vous allez vous y prendre avec finesse avec elle pour qu’elle se sente aimée par vous.
      En fait vous n’avez rien « raté » du tout puisque votre vie est ouverte devant vous.

      Répondre
  12. Vanessa

    Merci beaucoup pour votre article il m’a aidé à me rendre compte que, « la poubelle du quartier » comme m’a appelé mon père toute mon enfance n’est pas aussi mauvaise, minable et bête qu’il à bien voulu me faire croire, même si j’ai encore bcp de chemin à faire pour m’en persuader intimement !

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    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Voici un exemple particulièrement odieux de maltraitance psychologique.
      Souvenez-vous en toute votre vie : personne n’est réductible à l’opinion des autres qui ne peuvent pas avoir accès à qui vous êtes.
      Vous êtes donc vous-même dans votre particularité et avec votre intimité. C’est le propre des parents toxiques que d’être dans le déni de cette particularité, de cette intimité, en réussissant à faire croire à leurs enfants qu’ils sont conformes à l’opinion qu’ils ont d’eux.
      Par bonheur il n’est pas nécessaire d’avoir été respecté pour se respecter soi-même c’est-à-dire pour se reconnaître l’entière légitimité à être.

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  13. Melinda

    – A 18 ans je ne pouvais pas circuler comme bon me semblait comme les filles de mon âge qui se rendaient en ville (petite ville de campagne) ou chez des amies sans que leur parents ne s’y opposent. J’avais l’impression d’être une gamine stupide non respectée. Du coup je n’avais pas beaucoup d’amis puisque de toute façon quand on m’invitait je devais demander l’autorisation à ma mère. Toujours. Et à force de leur dire « non, ma mère veut pas » elles finissaient par capituler et par ne plus m’inviter. Normal. J’avais le droit de rien faire !

    – A 17 ans je devais demander l’autorisation pour prendre mon petit cousin dans mes bras. « Non, tu vas le faire tomber ». Allons, je ne suis pas une droguée, comment pourrai-je le faire tomber ??? C’est ridicule. D’autant plus que ma cousine de 4 ans de moins que moi le prenait dans ses bras sans demander l’avis à personne et on ne lui disait rien. A 7 ans ma cousine me donnait même le biberon dans ses bras tout en marchant alors que j’étais un jeune nourrisson, des photos en témoignent alors pourquoi diable moi, j’irai « faire tomber » l’enfant ???? J’avais vraiment l’impression de ne pas être comme les autres et d’être donc une incapable, une moins-que-rien. Du coup à présent je redoute de porter les enfants de collègues par peur de les faire tomber…

    – Ma mère et mon frère de 40 ans décident tout pour moi, même encore lorsque je fais des centaines de kilomètres pour leur rendre visite. Sans me demander mon avis. Alors que ma petite nièce de 5 ans, elle, lorsqu’elle refuse quelque chose on respecte son choix. Moi, je n’ai le droit de refuser de rien. Surtout quand il s’agit de mon frère. Ma mère le voit comme un roi et est à sa disposition et attend de moi que je fasse de même.

    – Ils me jugent sans cesse. Dans mon dos ça parle, ça jacasse et ça me rabaisse par rapport à mes nombreux échecs notamment ceux amoureux. Selon mon frère, je devrais choisir mon copain (et mes amis aussi) en fonction de son statut social. Je ne vois pas les choses comme ça.

    – Ma mère est toujours du côté des autres notamment de la petite-amie de mon frère. Lorsque cette dernière s’était levée pour débarrasser la table, ma mère a lancé un « non, laisse, Melinda va le faire » alors que je suis sensée être l’invitée, que j’avais fait des centaines de kilomètres pour venir.

    – Je ne sais pas ce qui lui a pris, devant mon voisin qui était venu boire le café, ma mère m’engueule devant lui comme si j’étais une gamine de 4 ans « qui a laissé tombé du jus par-terre ??? » alors qu’elle savait très bien que je n’en étais pas l’auteure car je mange rarement des fruits mais je ne sais pas, elle a sans doute voulu montrer au voisin qu’elle « commande ». Mais moi je me suis sentie super gênée et pas du tout respectée. M’engueuler comme ça à 30 ans devant le voisin alors qu’elle savait très bien que je n’avais rien fait… Et puis il y a des manières de s’adresser à quelqu’un.

    – Ma mère m’impose des choses encore à présent alors que nous revenions de courses tous les trois avec mon petit-ami. « Ca sert à rien de retirer ton manteau, on va chez ton frère ». Sans même me demander mon avis. Peut-être que moi (et mon copain aussi) je n’avais pas envie d’y aller mais non, c’est un ordre. Il faut que je vienne car si je ne viens pas elle fait la commission de mon refus à mon frère qui commence à se victimiser « pourquoi tu ne veux pas venir me voir ? Tu ne m’aimes pas, de toute façon personne ne m’aime » et ma mère me reproche dans son regard d’être méchante et sans coeur… Mon copain m’a fait remarquer que ce n’était pas normal et effectivement ça ne l’est pas.

    – A 18 ans je me souviens je m’apprêtais à dormir, il était déjà très tard, j’étais déjà dans mon lit et suite à un refus (de venir à une fête familiale) ma mère et mon frère se sont introduit dans ma chambre (que je partageais d’ailleurs avec mon frère) et se sont assis sur mon lit en me demandant des comptes : pourquoi je ne voulais pas venir. Il faut toujours que je me justifie dès lors ou je refuse quelque chose. Et mon frère m’a harcelée pendant plus de 3h pour qu’à la fin je finisse par céder, épuisée, en pleurs, poussée à bout, blasée.

    – En parlant de compte, j’avais besoin d’un garant pour louer un appartement. Ma mère n’étant pas éligible, j’ai demandé à mon frère, naturellement. Il s’est excité en me balançant en pleine figure « ouais, si je me porte garant je veux que chaque mois tu me montres tes comptes et tous tes tickets de caisse de tout ce que tu achètes »… Donc vous imaginez bien qu’à 22 ans, ayant juste besoin de papiers de garant pour valider mon dossier, je ne réclamais évidemment pas d’argent et ai toujours été sérieuse avec l’argent, j’ai laissé tombé. Les parents de mon EX petit ami se sont portés garants pour moi !

    – Il y a un truc aussi qui m’a beaucoup peinée. Mon père était mourant à l’hôpital, j’avais les larmes aux yeux, je me retenais de pleurer. Cela faisait un an que je le voyais mourir à petits feux. Je n’avais plus d’amis donc je ne me confiais à personne. Et ma mère me regarde et me reproche ma faiblesse et m’engueule « arrête parce que l’infirmière va te mettre des claques ».Alors l’infirmière va me mettre des claques parce que je suis triste ? Parce que mon père est dans le coma alors évidemment comme n’importe quelle jeune fille d’à peine 18 ans j’en avais gros sur la patate et avait envie de pleurer ? J’ai trouvé ça méchant. Du coup j’ai l’habitude encore de tout garder pour moi.

    – J’ai été harcelée au lycée. J’avais tenté d’en parler (et pas qu’une fois) à ma mère et à mon frère « mais arrête tes gamineries, impose-toi. Intègre-toi et elles seront tes amies ». En quoi ce sont des « gamineries » ??? C’était très sérieux au contraire. J’en avais la boule au ventre tous les matins. Je séchais même de temps en temps pour éviter cette boule au ventre. Et comme si je n’avais pas tenté de m’intégrer… Quand un groupe décide qu’il ne t’aime pas c’est comme ça et pas autrement. Et en plus de subir la mauvaise ambiance à la maison dû à la maladie de mon pauvre père, je subissais aussi au lycée des rumeurs injustes et infondées, des moqueries et j’en passe. Du coup, dans ma vie d’adulte, je ne leur parle pas de mes problèmes car je sais que je serai jugée et que ça ne me sera d’aucune aide de toute façon.

    Vous avez raison. Ce genre de comportement que l’on subit laisse des séquelles dans notre vie d’adulte. Surtout si ça n’a pas cessé. Je ne suis pas prise au sérieux et j’ai honte lorsque j’emmène quelqu’un avec moi là-bas car je sais qu’ils vont me rabaisser (comme ils l’ont déjà fait) devant la personne et c’est très handicapant. On ne se sent pas à notre juste valeur. On a l’impression de ne pas être humain. C’est ce que moi j’ai l’impression. Cela me laisse évidemment hésitante dans ma vie de tous les jours, je n’ai pas vraiment d’assurance, je doute beaucoup de moi.

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  14. Janaina Delmaire

    Merci pour cette brillante analyse qui me conforte sur le choix d’avoir mis de la distance entre mes parents et moi-même, car je ressentais notre relation comme étant toxique à mon équilibre général.

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  15. Océane

    Dans quelques jours j’aurai 19 ans, étudiante, je vis toujours chez mes parents. J’ai le malheur de posséder une mère au comportement toxique qui rabaisse et engueule quasi-quotidiennement mon frère, mon père et moi même. Autant vous dire que je vis personnellement très mal cette situation, et cela empire de jour en jour, me fatiguant à la fois physiquement et mentalement puisque j’en suis à un point où elle me laisse à peine dormir, préférant mettre le son de sa télévision à fond et m’hurler dessus pour peu que je lui demande de baisser un peu ou que je sois passée la baisser pendant son sommeil (en faisant la plus grande attention à ne pas la réveiller).

    J’ai longtemps hésité à aller voir un psychologue (ayant décidé cela la semaine dernière à peine) par peur que ma mère ne me traite encore plus de tarée et de folle à interner qu’elle ne le faisait déjà avant, ayant déjà fait le coup à mon frère qui lui,va voir une psychologue depuis quelques années pour peu qu’il se montre un peu capricieux (à vrai dire, à 15 ans c’est normal).
    Son jeu régulier est de faire l’inventaire de mes défauts, de me rappeler à quel point je suis une méchante, égoïste, paresseuse, folle, crasseuse tout en cherchant de quel membre de la famille je pourrais bien les tenir (tous sauf elle bien évidemment sinon ce ne serait pas amusant). Cela a bien évidemment un impact sur ma confiance en moi, n’arrivant pas à me trouver une seule qualité, ce qui est, avouons le, peu pratique pour remplir un CV.

    Il peut arriver parfois qu’à la place des piques lancées, elle menace, par exemple me disant qu’elle allait me démolir parce que j’avais soi disant éteint son réveil alors que celui-ci était simplement tombé en panne. Menaçant encore il y a quelques années de cela, de nous jeter par la fenêtre si on faisait des conneries ou bien, alors que j’avais à peine entre 4 et 6 ans, elle nous menaçait avec le martinet si on ne lui obéissait pas à la fin d’un décompte de 3. Plus récemment, quand j’avais entre 16 et 17 ans, elle me disait sans cesse qu’elle allait me mettre à la porte.
    En toute honnêteté, je crois qu’elle me terrifie, et attise ma haine bien plus que l’anecdotique «  »affection » » que je pourrais être susceptible de ressentir à son égard. Il est probable qu’elle m’aime, mais elle ne le montre pas. Je sais parfaitement que je ne pourrais jamais converser sereinement avec elle à propos de ce que je ressens, toutes mes tentatives d’engager une conversation à ce sujet s’étant soldées à un « te plains pas au moins t’as pas été élevée par ta grand mère! ».
    J’aimerai pourtant énormément avoir une « vraie » mère, une qui ne cherche pas à tout pris à me détruire moralement pour peu que j’entre en contact avec elle une ou deux fois dans la journée, une qui ne me donnerait pas peur de sortir de ma chambre, une avec qui j’aurai activement l’appétit nécessaire pour dîner avec elle lorsque mon père travaille le soir au lieu de crever de faim jusqu’à 0h30 pour manger mon dîner avec lui, une qui ne me donnerait pas autant envie de vivre la nuit à la place du jour pour ne pas entendre ses cris incessants, une que je n’aurai pas à insulter pour protéger le peu de santé mentale qu’il me reste.

    Parmi tout ceci je n’en tirerai qu’une conclusion: c’est bien l’une des raisons pour laquelle je ne veux pas avoir d’enfant, au moins, avec un peu de chance, je ne deviendrai pas comme ma mère.

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    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Votre partage : « J’ai le malheur de posséder une mère au comportement toxique » est révélateur de votre dépendance.
      Tant que vous pensez « posséder » votre mère, vous vous identifiez à elle et vous faites posséder par elle.
      En fait il n’en est rien. Votre mère est la matrice à partir de laquelle vous avez pu vous incarner. Aujourd’hui, vous avez 19 ans et le but de votre vie est de devenir vous-même plutôt que de rester dépendante de votre matrice. Votre mère est comme une mue que vous avez le droit et le devoir de laisser derrière vous si elle est un obstacle à votre développement.
      Donc je ne peux que vous conseiller vivement de vous faire aider à devenir une jeune femme libre.

      Pour aller plus loin faites le test : Êtes vous adulte ou fusionnel dans la relation à vos parents ?

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  16. plouvin

    Bonjour,
    votre article est très bien écrit en effet. Il explique très bien le problème des parents toxiques.
    D’ailleurs, avons-nous des statistiques pour savoir si c’est plus souvent la mère?

    Je souhaiterai rajouter un élément qui complique la vie de l’enfant, son développement psychique : c’est lorsque le parent toxique est parfois toxique et parfois « gentil ». Il est irrégulièrement toxique. Il est capable de te donner des encouragements et des bons conseils, et deux secondes après, il te rabaisse et te traite en objet.
    Bref, l’enfant ne comprend plus rien, il ne sait plus à quel sein se vouer.
    Je sais depuis longtemps que j’ai une mère toxique (vers mes 25 ans). Mais je le redécouvre encore aujourd’hui à 45 ans. Elle ne change pas, même peut-être s’agrave? D’ailleurs est-ce possible?
    Je crois toujours avoir réussit à prendre mes distances quand je vais la voir (pour mes 2 enfants). Mes ses méchancetés arrivent toujours encore à me blesser. Elle insulte aussi mon mari dès qu’il exprime un point de vue différent d’elle. Mes frères et soeurs ont pris le partie de ne pas la contredire et de ne pas tenir compte de ses humiliations. Personne ne lui met jamais aucune limite. Mon père est silencieux.
    Je me demande si leur choix est la meilleure solution pour ne pas rompre le lien (je pense à l’intérêt de mes enfants), ou si mon mari et moi devons nous exprimer même si cela fini en conflit. Sachant que c’est épuisant.
    Je confirme qu’un parent toxique est incapable de changer. A moins d’une exception. En vérité, il n’y a pas de solution. Soit on ne veut pas rompre, et on doit supporter. Soit on ne veut plus supporter et on doit rompre.
    Je confirme aussi qu’un parent toxique est un mal aimant. L’enfant ne reçoit pas d’amour (en anglais love). Il est aimé comme un objet (en anglais like).
    J’encourage tous les enfants victimes à rencontrer un psychiatre pour démarrer une discussion avec lui. faites un pas, ne restez pas dans le déni ou l’à peu près.

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  17. Philip

    Je tiens tout d’abord à vous féliciter pour votre article qui, je trouve, devrait être montré au parents toxiques (encore faudrait-ils qu’ils acceptent de vouloir changer).
    Au vu des commentaires que j’ai lu, je ne sais pas si je peux vraiment me permettre de me plaindre, puisque ma « plainte » n’est qu’une broutille comparé à ce que d’autres ont vécu (qui est beaucoup plus grave), mais je tente malgré tout le coup.
    J’ai dix-huit ans, je suis au Lycée, et le système scolaire me dégoûte de plus en plus (pression infligée à la fois par le système et mon père, incompatibilité avec la vision de l’apprentissage (qui est plus vue de nos jours comme une « assurance » pour pouvoir survivre dans ce monde cruel, où la loi du plus fort règne plutôt qu’un apprentissage culturel, pour enrichir notre culture générale). Je souhaite donc couper les ponts totalement avec ce système qui m’épuise et me dégoûte depuis le début de la première. Pour cela, je souhaite postuler pour un métier sans diplôme. J’en parle d’abord par ma mère qui, au début n’était pas trop d’accord, mais en modifiant mes plans (en ayant un plan b), elle a tout de suite trouvé ça mieux (sans pour autant y adhérer). En revanche, lorsque j’en ai parlé à mon père, ça s’est passé différemment. Il m’a d’abord tenté de me convaincre gentiment avec ça https://www.paris.fr/pages/le-service-civique-2513?fbclid=IwAR2c0Vb8RveT7AVtcQU-uELOduiodaZtCy0l4gpk6P9ISE17yZdYLM8M8_M qui n’a absolument rien à voir avec ce que je veux faire. Alors il a révélé son « autre moi » en disant qu’il exigeait de moi que je passe le bac (par sécurité). J’ai donc essayé de lui faire comprendre ma souffrance envers ce système et qu’il ne me convient pas. Rien à faire, il ne veux rien entendre. Il m’a sorti tous les arguments possibles pour me dissuader de le faire (alors que je me suis renseigné sur la question), et me forcer à finir ma terminale pour avoir mon bac.

    Actuellement, je me pose la question : est-ce que ma demande n’est qu’un « caprice » pour échapper à court terme à ma souffrance et ainsi avoir un bonheur « artificiel », « éphémère », et que tout cela n’est qu’un coup de tête sur le coup du ras-le-bol et de la pression, ou est-ce ici un cas de parent toxique qui veut m’empêcher d’être véritablement heureux et ne respecte pas mes choix qui sont propice à mon bonheur ?

    Si demain toute la société décide de se suicider en sautant d’un pont, est-ce qu’on me reprochera le fait de ne pas avoir sauté comme tout le monde, et ainsi avoir préservé ma vie ?

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    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Celui qui se laisse engloutir par les conditions extérieures de son existence ne peut que faire l’expérience du mortifère et de la dépression. Et c’est ce qui se passe quand vous avez l’impression de « survivre dans un monde cruel » et un système scolaire qui vous dégoûte.
      En fait le monde est certes cruel mais la joie est possible. Avez-vous déjà envisagé de considérer que ce sont vos interprétations du monde dans lequel vous vivez qui conditionnent votre vision des choses ?
      En fait la qualité de votre vie est et sera tout au long de votre existence conditionnée par la perception que vous aurez des êtres et des choses. Intéressez-vous donc davantage à votre perception et n’hésitez pas à la remettre en cause en la relativisant puisqu’elle conditionne la qualité de chaque instant de votre vie.

      Sans doute votre père pense-t-il que ce serait vraiment dommage pour son fils qu’il ne termine pas ses études jusqu’au bac. Sans doute est-ce sa manière à lui de vous aimer ?
      Vous êtes maintenant majeur, c’est donc à vous de décider. Mais il ne faudrait pas que votre vision désabusée du monde (et je ne dis pas que vous n’avez pas de bonnes raisons de l’avoir), vous empêche d’agir positivement pour ce jeune homme que vous êtes, qui aspire à vivre et qui va participer au monde de demain.

      Pour aller plus loin, je vous invite à lire : Pensées, Se connaître , Subjectivité et Projections

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