Pourquoi j’aime un pervers narcissique ?

(ou Le piège de la fausse compassion)

Question posée par Sophie :

Je viens de vivre une relation avec un homme pervers narcissique (diagnostic posé par un professionnel). J’ai lu votre article sur la compassion… Comment ne pas se mettre en danger en voulant être dans la compassion avec des personnes présentant ce trouble ? J’ai aimé et j’aime encore cet homme, mais j’ai beaucoup souffert…

Mes pistes de réponse :

À la question : « Comment ne pas se mettre en danger avec un pervers narcissique ? » il existe une réponse très simple : en se séparant de lui dès que vous identifiez que c’est un pervers narcissique.
Seulement votre question n’est pas exactement celle-ci.
Précisément, vous me demandez comment ne pas vous mettre en danger avec une personne diagnostiquée pervers narcissique et avec laquelle vous vous sentez liée par un devoir de compassion.
Les choses deviennent alors beaucoup plus complexes. Comment pourriez-vous à la fois chercher à le quitter et penser devoir rester avec lui ?


À raisonner ainsi, vous vous enfermez dans un piège. Pour en sortir, il n’y a qu’un seul moyen : découvrir comment – par quelle supercherie – vous vous êtes laissée enfermer, et c’est ce que je vais tenter de vous faire sentir.

« Je l’aime » arguez-vous, et la question est précisément là : comment en êtes-vous arrivée à aimer (et à continuer d’aimer dites-vous), un prédateur qui vous maltraite dans la durée ? Comment vous y êtes-vous prise pour tolérer l’intolérable ?
Si l’intolérable vous était apparu comme tel, vous vous seriez respectée et auriez agi en conséquence. Je fais donc l’hypothèse qu’il vous est d’autant plus facile de tolérer l’intolérable que l’intolérable ne vous apparaît pas comme tel. Cela signifie que vos comportements peuvent être dictés par une part active de vous-même qui prend le pouvoir sur vous et qui vous empêche de mettre une limite à celui qui cherche à vous dominer, de lui dire non, comme de faire respecter votre différence et votre spécificité. Si (comme c’est souvent le cas), vous n’avez pas (ou bien peu) d’estime pour ce dont l’autre abuse en vous-même (par exemple vos sentiments), il devient cohérent de votre part de laisser faire votre bourreau contre vous-même.

Dans ces moments de maltraitance, vous pressentez sans doute qu’il y a un danger, mais vous n’en percevez pas clairement les contours. Dans une telle relation de domination, vous ne comprenez pas bien ce qui se passe, vous vous laissez abuser sans prendre la mesure du danger puisque vous vous répétez que vous aimez votre abuseur. Vous êtes sincère, en même temps que vous vous sentez perdue. Parfois, même si vos ami(e)s ou vos relations tentent de vous ouvrir les yeux, vous refusez de les écouter, dans votre peur de vous confronter à celui qui vous domine. Dans votre peur du conflit, vous regardez ailleurs, votre monde tangue, vous vous sentez à la fois malheureuse avec celui que vous pensez sincèrement aimer et incomprise par ceux qui vous aiment vraiment et vous invitent à ouvrir les yeux. Là, vous vous accablez vous-même, en vous persuadant que vous êtes une incapable et vous sentez encore plus perdue.
C’est parce que vous êtes en déficit d’estime de vous-même que vous tolérez que votre compagnon vous manipule : vous doutez de vous-même et de ce que vous ressentez (donc également de ce que l’autre vous fait subir) et ne parvenez pas à accéder à votre légitime besoin de vous défendre d’un être qui vous manipule. Si on vous a raconté dans votre enfance que vous comptiez pour du beurre et que vos besoins n’avaient aucune importance, vous avez appris à les refouler au plus profond de vous-même, quitte à croire que vous n’en aviez pas et que tout vous était égal.
Dans de tels moments vous vous racontez que les comportements de celui qui vous manipule ne sont pas bien graves, vous les minimisez en pensant qu’il ne faut pas en faire une histoire et que vous n’avez qu’à vous adapter. Vous avez pris l’habitude de vous adapter contre vous-même, vous n’y faites même plus attention.
Pour parachever votre maltraitance contre vous-même et dans votre croyance malsaine à penser qu’il est égoïste de penser à soi, vous parvenez à vous convaincre que vous aimez celui qui est pour vous cause de souffrance. Devenue soumise, incapable de voir que vous êtes sous emprise relationnelle, prenant toujours davantage sur vous-même et contre vous-même, vous vous conditionnez à devoir être souple et conciliante avec lui en refoulant complètement une colère qui vous serait salutaire.

L’emprise

L’emprise relationnelle progresse insensiblement en faisant passer un être de l’appropriation (tu es à moi), à la dépossession (dommage que tu sois comme tu es). Une fois qu’un être se sent dépossédé de lui-même, il devient facile, pour son bourreau, de le dominer pour le soumettre. La stratégie du pervers – en alternant la séduction et la domination – est de parvenir à obtenir le consentement de celle ou de celui que systématiquement il dénigre. Il pourra, par exemple, souffler le chaud et le froid sur sa victime en commençant par lui faire un compliment, aussitôt suivi d’une critique. Si, se sentant malmenée, sa fragile victime réagit, il pourra lui asséner par exemple qu’elle n’a vraiment pas le sens de l’humour. Sa tactique étant invariablement d’alimenter son doute à propos d’elle-même.
Cela s’appelle une entreprise de déstabilisation, d’autant plus pernicieuse qu’elle est opérée par un être qu’on croit aimer et dont on admire souvent l’humour et les talents. Tous les êtres humains ont des talents, mais la constante du pervers narcissique c’est de savoir se servir de ses talents au détriment de ses proies. Certains hommes s’y prennent avec beaucoup de cruauté et parviennent à faire rire aux dépens de leurs compagnes.
Devenu déstructuré, morcelé, un être est facile à soumettre. Un être occupé à survivre dans une relation perd ses repères, il est dans le brouillard. Au début d’une relation, il peut désespérément tenter d’esquiver les dénigrements et les violences psychologiques mais rapidement, il s’adapte à son agresseur, quitte à faire lui-même des choses qu’il aurait désapprouvées avant d’être sous son emprise.
C’est ainsi que subrepticement, la personne sous emprise renonce à sa propre dignité et perd tout esprit critique comme toute lucidité à propos de ce qu’elle vit.

Estime de soi et peur de passer pour égoïste

Votre détermination à ne pas vouloir être égoïste, peut être un piège impossible à déceler. En apparence, quoi de plus noble ? Et c’est justement à partir du retournement de ce qu’il y a de plus noble en vous que le pervers narcissique parviendra à ses fins.
Vous serez d’autant plus facilement persuadée que c’est vous l’égoïste qu’on aura critiqué impitoyablement vos comportements d’enfant en vous divisant contre vous-même, par exemple en ayant réussi à vous convaincre que vous êtes une mauvaise personne qui ne tient pas compte des autres (donc bien sûr et précisément de ceux qui vous critiquaient !). Ayant été éduquée dans la mauvaise conscience à être qui vous étiez, vous sentez d’autant plus impossible pour vous aujourd’hui d’oser être ce que vous êtes. Dans un tel état d’esprit, songer à vous défendre est devenu impensable pour vous. Comment un être, persuadé être mauvais, pourrait-il trouver en lui le courage d’être lui-même ? C’est ainsi que, par exemple, une femme soumise à des violences par son compagnon, ayant cependant réussi à porter plainte contre lui, retirera le plus souvent sa plainte après quelques jours, convaincue par sa mauvaise conscience qu’elle n’est pas « gentille » et qu’il ne faut pas qu’elle la maintienne. À agir ainsi, cette femme n’a probablement jamais pensé que son compagnon narcissique n’a pas besoin qu’on l’aide à renforcer son estime de lui-même, mais qu’il a simplement besoin d’apprendre à respecter les autres. Si une plainte contre lui peut l’amener à se remettre en cause pour réfléchir sur lui-même et ses comportements, pourquoi pas ? Mais cette femme qui retire sa plainte, incapable de se défendre, est davantage mue par sa peur de n’être pas gentille que par un quelconque souci de faire justice à elle-même ou aux autres victimes de son compagnon.
Le manque d’estime de soi d’une victime, sa cécité, son incapacité à maintenir sa dignité dans la durée, profite toujours à son bourreau qui sait parfaitement s’en servir en appuyant précisément sur le talon d’Achille de sa victime.
Le manque d’estime de soi d’une victime se trouve à l’origine de son drame parce qu’elle l’empêche de pouvoir s’appuyer sur elle-même, d’avoir confiance en elle-même. L’estime de soi, estime Christophe André , est « ce qui peut nous permettre de tirer le meilleur de ce que nous sommes à l’instant présent, en fonction de notre environnement. » Par contre, l’estime de soi construite sur la base de l’ego tentaculaire d’un enfant roi jamais détrôné (donc d’un être qui souffre d’un complexe de supériorité), peut le mener à la perversion.
On pourrait dire qu’une saine estime de soi mène à l’oubli de soi, parce qu’elle ne flatte pas l’ego, alors qu’une estime de soi flatteuse de l’ego mène à l’infatuation, à un narcissisme qui peut devenir rapidement pathologique parce qu’il nie résolument l’existence de l’autre.
La promotion, à la mode dans nos sociétés, de l’estime de soi du type « je le vaux bien » peut donc avoir aussi bien des effets heureux que désastreux. Tout dépendra de ce que ce « je le vaux bien » confortera chez un être : oser courageusement prendre sa place ou dominer ses semblables ?
Quoi qu’il en soit, l’autocompassion n’entraine pas les effets indésirables de la surévaluation de soi, les personnes qui souffrent d’un déficit pathologique d’estime de soi feraient bien de la pratiquer en se demandant ce qui est bon pour elles, en se traitant avec bienveillance et douceur en même temps qu’en acceptant leurs limites.
Il leur faudrait aussi méditer la formule de Montaigne :

« De toutes les maladies, la plus sauvage, c’est de mépriser notre être. »

Nous avons parlé du harcèlement de l’autre mais nous devons aussi parler de l’autocritique pathologique, du harcèlement de soi-même par l’intérieur, quand « une partie de soi en accuse constamment une autre, qu’elle hait et méprise. »
Il faudrait que toutes les personnes qui se sentent comme « mortes de l’intérieur », parviennent à sentir que c’est parce qu’un être se laisse émouvoir par les souffrances qu’il a endurées à cause de son mépris de lui-même – cause de son incapacité à être – qu’il parviendra pas à pas à renforcer son désir de guérir.

La « fausse compassion »

Vous parlez de votre relation au passé, vous êtes donc parvenue aujourd’hui à quitter votre compagnon diagnostiqué pervers narcissique, mais ce n’est pas pour autant que vous vous sentez en paix puisque vous semblez être encore sous emprise.
Vous restez ébranlée, votre mauvaise conscience vous taraude, d’autant plus que votre culture vous persuade qu’il vous faut être dans la compassion. Nouvelle répression contre vous à devoir être ce que vous ne vous sentez pas être. Le désir de compassion se présente à vous comme un nouveau piège.
Manipulée par vos propres contradictions, divisée entre votre mauvaise conscience à être ce que vous êtes, et votre devoir à être ce que vous pensez que vous devriez être et que vous n’êtes pas, vous continuez de souffrir sans comprendre.
La division que vous subissez vous condamne à rester hostile à vous-même au moment où votre besoin le plus grand est de vous réconcilier avec vous-même et avec la manière dont vous avez agi.
Vous réconcilier avec vous-même serait de parvenir à sentir, pour le découvrir, que c’est votre hostilité vis-à-vis de vous-même, ajoutée à vos idées fausses sur la compassion, qui vous obligent à croire encore aimer ou à devoir encore aimer un être qui vous a fait souffrir. Une fois encore, l’hypocrisie comme l’autodestruction trouvent leur origine dans la condamnation de soi.
Ce serait aussi découvrir avec simplicité que la compassion qui mène au masochisme ne peut qu’être le fruit d’une immense naïveté, d’une « fausse compassion » agie par votre mauvaise conscience. À croire qu’il vous faudrait être dans la compassion pour votre ex-compagnon, vous surestimez votre part de responsabilité personnelle, en même temps que vous sous-estimez la sienne en vous livrant à votre mauvaise conscience.
Il y a, dans votre manière d’exprimer votre volonté à être dans la compassion, à la fois une compulsion et une obligation qui sont incompatibles avec la compassion.
Comment en êtes-vous arrivée à croire que la compassion, (donc l’amour) pourrait vous demander de subir les comportements maltraitants d’un homme ?
C’est parce que vous ne vous aimez pas vous-même qu’hostile à vous-même, vous cherchez inconsciemment à atteindre la compassion par la force en vous en faisant un devoir.

À vous contraindre à être ce que « vous voulez être » pour l’autre (à vous forcer à l’être), vous vous laissez manipuler par l’importance que vous voulez donner à votre moi et dont vous pensez avoir besoin pour exister.
Vouloir être dans la compassion, c’est comme « essayer d’être gentil », c’est juste un moyen hypocrite (parce qu’il vous demande de vous trahir vous-même), de chercher à satisfaire son désir de satisfaction de soi.
Ouvrir les yeux c’est découvrir que vous êtes enfermée dans un schéma psychologique qui vous oblige à continuer de prétendre aimer et à penser devoir aider, un homme qui est la cause de votre souffrance.
Ce que vous nommez abusivement « compassion » pour votre bourreau n’est qu’une compulsion qui vous oblige en même temps qu’elle vous ligote à lui, et qui demanderait à être regardée de très près, pour être dénouée, dans un travail psychothérapeutique.

L’amour a besoin de la confiance, si aimer, c’est sortir de la dualité du « moi » par rapport à « l’autre », comment serait-il pour vous possible d’en sortir tant que vous vous sentez dans la nécessité de veiller à ne pas vous mettre en danger ?
Regardez les choses en face, si votre désir d’aider l’autre n’est que la conséquence de votre devoir de le sauver, cela ne parle que de vous et de la contrainte inconsciente et mortifère que vous exercez sur vous-même à vouloir le sauver.

A ce stade, la véritable question devient pour vous, non pas : Comment ne pas me mettre en danger en voulant être dans la compassion avec une personne qui me maltraite ? mais : Comment vais-je m’y prendre pour retrouver ma dignité et mon intégrité, afin d’achever de me protéger d’un homme qui me maltraite, et ainsi parvenir à ne plus souffrir ?

N’oubliez pas que le sens véritable de « devenir soi-même », c’est d’accéder à son être réel, donc de se libérer de son « faux moi » (facilement reconnaissable à ce qu’il nous oblige à céder à notre mauvaise conscience), en renonçant à certaines idées reçues depuis l’enfance (parmi lesquelles, celle de croire qu’il faut nous sacrifier pour les autres.)

Ce n’est pas en vous obligeant à être dans la compassion pour un homme qui vous a maltraitée que vous parviendrez à améliorer votre estime de vous-même. Une mère qui se sacrifie pour sauver son enfant n’est pas dans la compassion pathologique, par contre, une femme qui sacrifie sa vie en se liant aux besoins d’un homme psychopathe est une personne en danger, et son sacrifice a d’autant moins de sens que la puissance de l’aide qu’elle aspire à lui délivrer étant elle-même liée à sa souffrance ne pourra jamais parvenir à guérir son bourreau.
N’oubliez pas qu’un psychopathe (ou personnalité antisociale) est une personne qui peut être aimable quand elle le désire, mais qui est dénuée d’empathie pour les autres et en particulier pour vous qui lui serviez de proie. Ce n’est donc pas à vous d’intervenir pour la sauver !

La vraie compassion

La vraie compassion n’est pas la pitié, elle se fonde sur le discernement et l’ouverture du cœur. L’enseignant spirituel tibétain Chögyal Trungpa la définit comme « une clarté qui contient la chaleur primordiale », elle est une immense générosité, elle ne peut pas être un assujettissement, ni une inquiétude supplémentaire (donc une mortification) qui demanderait de se sacrifier pour l’autre.

C’est notre culture judéo-chrétienne qui nous a appris à désirer être ce que nous ne sommes pas. Or il ne peut pas y avoir de devenir heureux sans une préalable réconciliation avec ce que nous sommes. Comprenez qu’à vouloir être dans la compassion coûte que coûte, donc à chercher à vous sacrifier, vous ne pouvez que vous éloigner de vous-même.

Ressentir de la compassion pour une personne, c’est ressentir au même moment une joie et une satisfaction profonde. Le simple fait que vous vous sentiez vous-même en détresse, doit suffire à vous persuader que vous n’êtes pas dans la compassion. Ressentir le sentiment de compassion est nécessairement un bonheur, et ce bonheur ne peut engendrer ni fatigue, ni souffrance.

© 2022 Renaud Perronnet. Tous droits réservés

Illustration :

Picasso, La femme qui pleure.

Pour aller plus loin, je vous invite à lire :

Et à regarder la vidéo :


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22 Commentaires
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Jocelyne
Jocelyne
21 novembre 2022 18:45

Il y a un prix énorme à payer d’aimer et d’entretenir une relation avec une personne narcissique, c’est mettre en danger toute notre personne sur le plan émotionnel , psychologique et parfois physique. La personne met en danger son estime d’elle-même. Quel besoin se cache de vouloir être cette personne ? Quel sont les gains que vous allez récoltés ? Mais plus encore quels seront vos pertes d’être dans une telle relation ?? Quelle est la valeur que vous ne vous donnez comme personne ?

Sandrine de Monsabert
Sandrine de Monsabert
22 novembre 2022 12:41

Bonjour. Les pervers narcissiques n’existent pas. C’est une invention populaire et journalistique pour décrire une relation dans laquelle ni l’un ni l’autre ne sait identifier ses propres sentiments et besoins et compte sur l’autre pour soulager leurs manques. Cette symétrie dans l’incompétence s’accompagne d’une dissymétrie dans la gestion de ces troubles : l’un a l’audace et la détermination de chercher et imposer des solutions pour mieux vivre, l’autre n’a pas l’audace de demander quoi que ce soit. J’ai des patients qui consultent se disant victimes d’un pervers narcissique ou d’un profil autistique (une autre version plus contemporaine des plaintes sur… Lire la suite »

Dernière modification le 14 jours il y a par Renaud Perronnet
wendela
wendela
Répondre à  Sandrine de Monsabert
26 novembre 2022 18:20

« Pervers narcissique » est une étiquette, qu’on a mis sur une personne avec des comportements toxiques. Il ne me semble pas très important de dire que les « pervers narcissiques » n’existent pas, mais plutôt de reconnaître que les comportements de ces personnes sont bien réels et cruels pour ceux qui les subissent. Faire de la thérapie conjugale avec l’une des deux parties dans le déni de ses comportements toxiques, plus le risque que le thérapeute ne le décèle pas, peux devenir dangereux pour la victime. Les « pervers narcissiques » sont des gens qui excellent dans la triangulation,… Lire la suite »

Sandrine de Monsabert
Sandrine de Monsabert
Répondre à  wendela
27 novembre 2022 12:23

Bonjour madame. Je suis thérapeute et spécialisée dans les troubles du stress post traumatique. Je répondais à une question d’une personne qui 1- en aime une autre affublée de l’étiquette pervers narcissique. 2- souffre du comportement de cette autre 3- cherche une solution pour ni fuir en situation de souffrance, ni continuer à endurer la souffrance. Ma proposition de considérer que le pervers narcissisme n’existe pas , et de considérer la dimension systémique dans les expériences vécues par l’auteur de la question mais aussi de tous les “Souffre-douleurs-de-pervers-narcissiques” est de faire entendre qu’il y a bien une solution ailleurs que… Lire la suite »

wendela
wendela
Répondre à  Sandrine de Monsabert
28 novembre 2022 09:24

Bonjour Madame,
Tant mieux que vous arrivez à obtenir des résultats positifs pour les deux parties et je reconnais que après lecture, ma perception sur la première lecture était erronée. Veuillez m’en excuser. Bien cordialement

Nita
Nita
Répondre à  Sandrine de Monsabert
27 novembre 2022 14:36

Et pourtant… Cette étiquette de “pervers narcissique”, proposée par mon thérapeute (avec toutes les pincettes nécessaires) au sujet de mon conjoint, m’a probablement sauvée. Mettre un nom sur les choses, me rendre compte du caractère anormal de la relation, a été une vraie libération. Et le reste a suivi, le travail sur les causes etc. Quand bien même l’étiquette serait fausse, elle m’a beaucoup aidée.

Sandrine de Monsabert
Sandrine de Monsabert
Répondre à  Nita
27 novembre 2022 17:00

J’en suis ravie pour vous! s’il fallait ce déclic d’accusation de l’autre pour vous libérer de vos culpabilités et autres stratégies d’évitement et de controle il est heureux que le thérapeute ait su vous guider pour que vous le viviez. Et après? comme vous dites, un déclic n’est même pas le premier pas, c’est le tour de clef dans la serrure. Tout reste à faire et ça marche d’autant mieux qu’on est lucide et donc ça marche d’autant mieux si on n’est pas à se défausser à chaque fois de la vérité en se cachant derrière des représentations. En vérité,… Lire la suite »

francoise
francoise
Répondre à  Sandrine de Monsabert
30 novembre 2022 09:30

Non, on n’est pas du tout dans une symétrie d’incompétences, ou alors fortement déséquilibrée!…. le vrai pervers narcissique n’est pas du tout névrosé, n’est absolument pas, lui, dans la dépendance , n’a aucune compétence émotionnelle et se situe à le limite de la sociopathie, le pervers narcissique ne consulte d’ailleurs quasiment jamais.

Sandrine de Monsabert
Sandrine de Monsabert
Répondre à  francoise
2 décembre 2022 08:18

Bonjour madame, Qu’avez vous entendu dans mon expression symétrie d’incompétences? Pour ma part, je voulais signifier que celui qui est étiqueté pervers et narcissique, et sa victime ont des incompétences qui se “répondent” particulièrement. Il y a des personnes dont les troubles psychiques auraient pu dériver vers un comportement “pervers narcissiques” qui se trouvent vivre avec des partenaires qui ne donnent pas de prise à ces dérives. Et leurs comportements sont maintenus, et les dérives limitées. Si apparemment le pervers narcissique ne consulte pas c’est que son comportement lui est une ressource suffisamment forte pour lui permettre de se représenter… Lire la suite »

wendela
wendela
Répondre à  Sandrine de Monsabert
2 décembre 2022 13:56

Bonjour Madame, Je suis tout a fait d’accord avec vous sur le fond, et je suis d’accord que cela serait très salutaire pour celui qui a des comportements toxiques à l’égard d’autrui qu’il puisse en prendre conscience et les reconnaître, que personne est la pour juger mais plutôt comprendre (et que la plus part du temps leurs comportements relèvent de leurs propres traumas d’enfance non revisité ou résolues) mais la réalité souvent est, qui malheureusement empêche la prise de conscience, est le déni ou la minimisation de leurs comportements, la culpabilisation et d’autres stratégies de défenses (souvent par loyauté inconsciente… Lire la suite »

Sandrine de Monsabert
Sandrine de Monsabert
Répondre à  wendela
2 décembre 2022 16:45

Vous avez tout à fait raison. Dans une société où on donne des fessées aux enfants pour leur apprendre, on apprend d’abord que la souffrance est compatible avec l’amour, qu’endurer la souffrance est une vertu. Dans une société où on fait des reproches longs et fréquents et des compliments courts et rares, où en classe aussi, les brimades sont légions, on entraine les générations à se soumettre à des logiques relationnelles absurdes. Mais si aujourd’hui vous en prenez conscience, sachez que la communication non violente met en échec ces stratégies et que meme le pire des pervers narcissiques peut se… Lire la suite »

wendela
wendela
Répondre à  Sandrine de Monsabert
2 décembre 2022 19:05

Bonjour Madame, Nous avons plus ou moins les mêmes formations, j’ai commencé mes formations et études dans la matière en 1993, mais n’ai jamais ressenti le besoin de m’étaler sur mes compétences ou mes diplômes auxquels, il est vrai, il fut un moment je me suis identifié, mais pour avoir dépassé le stade qui est plutôt, que mes études et formations sont aux service de celui qui souffre. Je lis que vous voulez m’éduquer sur la communication non violente et vous me conseillez de rechercher sur Youtube les vidéos de Marshall Rosenberg, sans m’avoir posé la question de savoir si… Lire la suite »

Sandrine
Sandrine
Répondre à  wendela
3 décembre 2022 09:24

Bonjour collègue. Sur ce forum qui ne m’appartient pas, je participe a une réponse à une question d’une femme qui s’interroge sur ses relations à elle même et à son PN. Même si je rebondis à une autre réponse d’un participant qui ne se presente pas ,mes réponses sont encore destinées à la question initiale avec pour objectif d’outiller la personne qui partage sa douleur. A part de l’aide par de l’information ou des propositions de recentrage je n’ai rien à donner et surtout pas des conseils. Quant à vous chèr(e) collègue, j’ai effectivement pas identifié que vous vous adressiez… Lire la suite »

Christiane
Christiane
21 novembre 2022 06:44

Bonjour, je me pose une question. Les pervers narcissiques ont-ils toujours existé, est-ce que c’est parce qu’on a appris à les repérer ou bien est-ce notre société qui en crée plus qu’auparavant ? Et enfin, comment devient-on PN ? peut-on l’être sans s’en rendre compte ?

Anavlis
Anavlis
Répondre à  Renaud Perronnet
4 décembre 2022 17:17

Merciii!

Sandrine de Monsabert
Sandrine de Monsabert
Répondre à  Christiane
2 décembre 2022 16:36

Bonjour Le monde n’est pas plus cruel aujourd’hui , et les gens ne sont pas plus seuls que naguère ou jadis. Mais les auteurs, leurs oeuvres, les médias aident à observer des profils génériques dans lesquels le public se plaisent à y reconnaitre leurs propres souffrances. Dès qu’on peut mettre une “étiquette” sur une douleur, on est moins démuni et il nous semble souffrir moins, car on est moins dans l’inconnu. Une caractéristique du PN est qu’il souffre. Avouez que c’est banal. nous pourrions etre tous PN! Une seconde caractéristique est qu’il a la volonté et la détermination d’apaiser sa… Lire la suite »

Christiane
Christiane
Répondre à  Sandrine de Monsabert
2 décembre 2022 17:12

oui, et pour pouvoir aider quelqu’un , il faut qu’il demande à être aidé. Ce qui n’est pas le cas des PN .La seule solution reste donc la fuite , éviter de faire partie de leur vie privée. Merci pour vos réponses à tous deux

Sandrine de Monsabert
Sandrine de Monsabert
Répondre à  Christiane
2 décembre 2022 18:50

ou alors vous les aimez, avec une immense compassion, histoire d’activer leurs neurones miroirs et sans oublier de vous aimer vous meme, puissamment, et donc de poser des limites… avec humour, avec distance et détermination. Le tout étant possible si on n’a pas peur : La peur est ce qui transforme des etres libres en victimes, persécuteurs ou bourreau. Soyez libre, n’ayez pas peur. Et si le PN crie, on l’invite à ne pas crier, sans crier, et si il se met en colère on accueille sa colère et on l’invite à écouter ses besoins et à les apaiser tout… Lire la suite »