Pensées

Réflexion n° 13 :

Observer la manière dont nous adhérons sans sourciller à ce que nos pensées nous racontent est très intéressant car cela nous permet de découvrir que nous en sommes les esclaves.

Il suffit que nous pensions, par exemple, après coup, que nous aurions dû être plus à l’écoute des plaintes de notre voisine ou que nous aurions dû rendre visite à notre vieille tante au lieu d’aller au cinéma, pour aussitôt culpabiliser.

Nous continuons, adultes, à fonctionner comme des enfants, avec un juge intérieur qui commente sans arrêt ce que nous faisons en le taxant de « bon » ou de « mauvais » (selon les critères de nos parents et de nos éducateurs – que nous n’avons jamais remis en cause). Et nous nous identifions à ce juge intérieur sans jamais nous poser la question de savoir « qui », en nous, est d’accord ou pas avec ce que nous pensons.

Red Hawk écrit à ce propos : « La pensée ne peut pas résoudre le problème de ma vie parce que c’est la pensée qui est le problème. »

Découvrir que c’est la pensée qui est le problème c’est envisager d’arrêter de lui obéir aveuglément. Elle n’est pas « nous », même si le plus souvent nous nous prenons pour elle.

Arnaud Desjardins précise : « Notre indépendance intérieure par rapport à nos pensées conditionne notre indépendance extérieure par rapport aux événements. »

Moins nous nous sentirons obligés de croire ce que nos pensées nous disent, plus nous parviendrons à être libres d’accueillir les événements tels qu’ils arrivent.

Si – par exemple – nous nous sentons aujourd’hui encore honteux face au regard de l’autre, c’est parce que nous avons cru, dans l’enfance, au moment où nous étions si vulnérables, que le jugement de l’autre sur nous était la vérité, et que donc nous n’étions pas OK tels que nous étions.

Découvrir que « ce qui nous oblige » ainsi à la honte n’est qu’une pensée à laquelle nous adhérons et que nous n’avons jamais songé à remettre en cause est tout bonnement renversant.

© 2014 Renaud & Hélène PERRONNET Tous droits réservés.

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8 réflexions au sujet de « Pensées »

  1. Pascale

    Bonjour,

    Mon interrogation sera peut-être un peu décalée par rapport à votre pensée… Toutefois, en lisant la phrase suivante : « Il suffit que nous pensions, par exemple, après coup, que nous aurions dû être plus à l’écoute des plaintes de notre voisine ou que nous aurions dû rendre visite à notre vieille tante au lieu d’aller au cinéma, pour aussitôt culpabiliser. », je n’ai pu m’empêcher de m’interroger par rapport à la chose suivante :

    Les personnes qui ont besoin de prendre leur distance par rapport à une autre, ont bien souvent du mal, me semble-t-il, à émettre un message clair à ce sujet. Fréquemment, au lieu de dire franchement à l’autre « J’ai besoin d’être seul pour le moment, peux-tu me laisser tranquille », ou « Je préfèrerais que nous ne poursuivions pas cette relation », par exemple, les personnes réagissent par des faux fuyants qui au bout de compte sont bien plus blessants pour la « victime » de cette lâcheté. Pensez-vous que cette façon d’agir serait en lien avec d’éventuels sentiments de culpabilité ? Que la personne aurait été plus franche si elle avait ressenti moins de culpabilité par rapport à son légitime besoin de prendre ses distances ?

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    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Oui vraisemblablement. Les personnes qui n’osent pas être elles-mêmes, cherchent des prétextes et des excuses justement parce qu’elles culpabilisent d’être comme elles sont.
      Elles obéissent ainsi sans discuter à l’injonction intérieure qui leur faire croire qu’il ne faut pas qu’elles soient comme elles sont. (Mais la semaine prochaine, nous parlerons de la culpabilité !)

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  2. Mimi

    Bonjour,
    Je me sens confuse sur le sujet d’être OK telles que nous sommes.
    Quand nous avons de mauvaises habitudes, qui nous nuisent ou nuisent aux autres, sommes nous OK telles que nous sommes ?
    Une mère qui bat son enfant est-elle OK comme elle est ? Un mari qui cherche à détruire sa femme est-il OK comme il est ?
    Des personnes aux comportements toxiques sont-elles OK comme elles sont ?
    Merci de m’éclairer.
    Cordialement.

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    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Cela signifie que nous avons tous « une bonne raison à nous » d’être ce que nous sommes et que nous ne pouvons évoluer que sur la base de l’intégration de cette bonne raison, jamais sur le rejet de nous-mêmes.
      Il ne s’agit pas de juger les personnes OK comme elles sont, il s’agit, pour une personnes en chemin, de commencer par se réconcilier avec ce qu’elle est.
      Vous ne savez rien des motivations profondes de ceux que vous jugez si facilement. Nous ne pouvons parler que de nous-mêmes en essayant de comprendre nos motivations à agir, c’est cela le travail thérapeutique.
      La base du travail est de se comprendre, plutôt que de se juger et la compréhension permet la détente. Essayez !
      Pour aller plus loin, je vous invite à lire mon article :
      Sommes-nous volontairement méchants ?

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  3. Martine

    Bonjour,
    Je suis aide soignante, en milieu hospitalier, et j’ai appris à travailler avec mes cinq sens (la Vue, l’Ouïe, l’Odorat, le Toucher, le Goût), mais depuis quelque temps, j’y ai inclus, la Pensée, et cela m’aide beaucoup, énormément.
    C’est à dire, être là ! avec l’équipe, être là ! avec le patient, sans porter de jugement, être simplement là ! ici et maintenant avec eux ! sans pensées, ni lendemain, c’est extraordinaire comme la relation avec le Patient, comme l’échange avec l’équipe est complètement différente, on ne se raconte pas de bobard, elle est réelle, vivante, elle est présente là, ici et maintenant !
    C’est bien simple, lorsque je quitte mon poste et que je salue l’équipe, j’ai pris l’habitude de dire, non, ce n’est pas un au revoir, ni une bonne journée, je leur dit simplement ces quelques mots, de Ejo Takata :
    « Mental Vide, Coeur plein »

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  4. el hedri

    Bonjour!
    De deux heure à cinq heure nuit blanche, un fleuve constant de pensées. Impossible de m’extraire du flux.Je tente chaque fois que je le peux de sortir la tete hors de l’eau, de voir comment les pensées s’enchainent…Pour y parvenir sans etre emporté à nouveau je parle à …mon cerveau…: »comment en est on arrivé à cette pensée? Il y avait ça puis ça …et apres? je vois pas le lien? Il faut qu’on trouve, cherche, aide moi! » silence pendant un bon moment, là il faut savoir attendre (…sans impatience…respectueusement)et hop toute l’info arrive…et là il faut savoir dire merci.
    C’est vraiment interessant. A tous les niveaux émotions, affect, intellect, lien corps-esprit,etc.. une seule passion comprendre comment « ça marche  » tout ça,et…dans un esprit d’emerveillement et de gratitude.Il me semble que c’est aussi un pas de plus vers la liberté.
    Quand aux pensées qui sont à la source de nos émotions et qui nous manipulent secrètement avec la puissance de véritables « diktats », elles sont entrées à notre insu dans les circuits de notre ordinateur cérébral d’ou elles assurent leur role chaque fois que sous l’effet des évènements notre psychisme se jette dans l’arène pour protéger « le territoire ».
    Aller à la rencontre de « tout ce Monde » en nous c’est rencontrer toute l’humanité. Nous sommes tous pareil. Pour moi l’observation sans AUCUN JUGEMENT de pensées… »limites »…qui me venaient à l »esprit et les suivre mentalement pour les explorer(comme un médecin qui explore ce qu’il a sous les yeux. Et apres tout meme la maladie c’est de la vie!), un peu comme un épidémiologiste qui observant un simple moustic pressentirait qu’à partir de cette réalité devenue banale…pour nous…on pourrait comprendre…la malaria, cela et je le répète sans émotions ni jugements, c’est la clef, m’a conduit à des expèriences intérieures tres profondes. Cela me rappelle une phrase de Eno: « La foi c’est la sincérité » et la sincérité nous donne les tripes necessaires pour observer notre propre esprit en face calmement sans trembler et c’est là qu’on finit un jour par comprendre que tout ce qui nous amenait à des conduites d’evitement n’etait finalement q ue des grimaces que nous faisions nous-memes devant la glace pour nous faire …fuir..! Stupide mais efficace.
    Salutations et merci pour tous vos témoignages qui personnellement m’apportent beaucoup.

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    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Si – à force de lutter contre le courant – vous avez parfois la sensation de prendre le risque de couler. Il existe une autre méthode pour s’en sortir : faire la planche. (Ce qui revient à dire ici se concentrer non sur vos pensées mais sur vos sensations.)

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  5. Catherine

    très bon sujet mais pas facile du tout, merci également pour ces témoignages, j’ai beaucoup de mal à vous répondre, je dirais seulement que nos pensées sont aussi des vagabondes et que, si on devait les mettre par écrit on serait sans doute surpris en les lisant quelques temps plus tard, je voudrais savoir autre chose, par exemple pense-t-on de la même manière dans toutes les langues ?
    Merci pour votre site

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