N’ayez pas peur !

« Le plus grand ennemi de l’homme, c’est la peur – qui apparaît sous des formes aussi diverses que la honte, la jalousie, la colère, l’insolence, l’arrogance… Quelle est la cause de la peur ? Le manque de confiance en soi. »

Swâmi Prajnânpad

« La peur n’évite pas le danger. »

Proverbe

Dans son livre Ma Plus belle évasion, Michel Vaujour[1] « ennemi public n°1 » à l’époque, multirécidiviste de l’évasion, (notamment de la prison de la Santé à bord d’un hélicoptère piloté par son épouse), partage : « Quand le regard de l’adversaire détermine notre attitude, alors on a perdu. »

Ce qu’il veut dire c’est qu’alors (quand notre attitude est déterminée par le regard de notre adversaire), nous consentons à nous laisser dominer par lui et renonçons à l’action (attaquer pour nous défendre) et devenons donc la victime de la peur qu’il nous inspire et, dans ce cas, nous sommes vraiment mal partis.

C’est certainement ce que voulait dire le pape Jean-Paul II[2] quand il a repris à son compte la célèbre formule de l’Ancien Testament : « N’ayez pas peur ! »

Par ces paroles fortes prononcées au tout début de son discours d’intronisation en octobre 1978, il mettait en garde contre le mécanisme – à proprement parler « diabolique » – d’un certain type de peur.

Or si nous voulons pouvoir agir sur quelque chose, il ne faut pas que nous en ayons peur !

Comment ne plus succomber à la peur ?

Les sketches d’André Sauvé[3], auteur, scénariste et acteur québécois, ont la particularité de nous faire sourire et en même temps de nous proposer une réflexion profonde sur la vie et sur la manière dont nous la vivons.

C’est ainsi que le jovial et sympathique Mr. Ramesh (alias André Sauvé) nous invite, dans cette petite vidéo (2:45), à nous ouvrir à la première vertu du philosophe, celle d’être curieux devant l’inconnu… et finit par nous proposer une fine mise en pratique dans notre relation à notre peur, regardez :

Je reprends les premiers mots de Mr. Ramesh : « Le problème n’est pas la peur elle-même mais de n’être pas assez curieux. »

Devenir curieux signifie devenir capable de s’interroger sur ses propres représentations mentales afin de découvrir si elles sont fiables ou non, si nous pouvons – ou non – leur faire confiance.

Il existe en réalité deux sortes de peurs :

Prenons un premier exemple avec l’injonction : « Arrête de te pencher par la fenêtre, tu me fais peur ! » Tout dépend à qui cette mise en garde est dite. Nous faisons tous la différence entre une personne qui a peur que son enfant de deux ans se penche par la fenêtre du quatrième étage, et une personne qui reprocherait à un adulte de se pencher par la même fenêtre. L’une a une peur légitime – parce qu’il est vrai qu’un petit enfant (qui ne connaît pas les lois de la physique) peut tomber, l’autre (celle qui panique quand un adulte se penche), est simplement une personne angoissée, victime de sa peur pathologique et qui tente de convaincre l’autre qu’il y a un danger là où il n’y en a pas pour lui.

Il existe donc deux peurs bien distinctes : la peur-signal qui nous permet de « voir les choses telles qu’elles sont », (utile car elle va nous aider à agir de manière appropriée), et la peur émotion pathologique, issue de notre mémoire traumatisée qui – elle – va nous induire en erreur en nous faisant craindre ce qui n’est pas un danger pour nous.

Notre travail personnel est d’apprendre à les différencier pour « obéir » à l’une et surtout pas à l’autre.

Prenons un autre exemple : une personne rescapée d’une explosion dans le métro aura légitimement (pour elle) peur de reprendre le métro. On peut même dire que cette personne (compte tenu de ce qu’elle a vécu) est cohérente avec elle-même. C’est ainsi qu’il nous est facile de convenir qu’une personne ayant été traumatisée ait une peur qui serait considérée comme pathologique par ceux qui n’ont pas été traumatisés. Il ne serait évidemment pas juste d’essayer de la convaincre (sous quel prétexte que ce soit) qu’elle ne devrait pas avoir peur car ce serait oublier qu’elle est traumatisée, en l’exposant à la violence de notre jugement sous le prétexte que sa peur est pathologique.

Est-ce à dire pour autant que nous devons tous avoir peur de prendre le métro ?

Ou d’aller assister à un concert ?

Ou de prendre un pot à Paris sur une terrasse ?

Et la peur du le terrorisme alors ?

Pour y voir plus clair par rapport à ce contexte de triste actualité, je reproduis ici un extrait éloquent du blog de Matthieu Ricard[4] qui parle de notre peur du terrorisme :

« En dépit de l’énorme écho médiatique des actes de terrorisme, selon la plus grande base de données disponible, le nombre des morts imputables au terrorisme est infime comparé à d’autres causes de mort violente. Selon le Global Terrorism Database, depuis l’attentat du 11 Septembre, le terrorisme a causé la mort de 30 citoyens américains, soit 3 par an contre 18 000 homicides et 40 000 morts dans les accidents de la route. Comme le souligne le politologue John Mueller, un Américain moyen risque plus d’être tué par la foudre, l’allergie aux cacahuètes, les piqures de guêpes et l’embrasement d’une chemise de nuit que par un acte de terrorisme. Les experts ont montré qu’en fin de compte, la peur du terrorisme a provoqué six fois plus de morts aux États-Unis que le terrorisme lui-même. Ils estiment que 1500 américains sont morts sur la route par crainte de prendre un avion qui pourrait être détourné ou attaqué, sans se rendre compte que la probabilité de mourir d’un accident d’avion lors d’un vol de 4000 kms est équivalente au risque encouru en faisant 20 kms en voiture.

Cette paranoïa du terrorisme est reflétée de manière tragi-comique dans les résultats d’un questionnaire soumis à des usagers des transports aériens, lequel a révélé que 14% des sujets interrogés se sont déclarés être disposés à souscrite une assurance couvrant les actes terroristes contre 10% seulement pour une assurance tous risques (qui par définition inclut la première !)

Les politologues John Mueller et Mark Steward de l’Université de l’Ohio estiment que le gouvernement américain a dépensé 1 trillion de dollars pour la prévention du terrorisme qui, en évaluant les attaques qui ont été ainsi déjouées, ont peut-être sauvé la vie à 2300 personnes selon les estimations de ces experts, ce qui place le coût à 400 millions de dollars par personne. La valeur de la vie humaine n’a pas de prix, mais les mêmes ressources financières auraient permis de sauver la vie de plusieurs millions de personnes dans d’autres domaines (santé, éradication de la pauvreté, etc.) »

A ce stade, et pour vous aider à ouvrir davantage les yeux, je vous invite à regarder cette seconde petite vidéo[5] de Louis T. (4:41) qui – de manière humoristique et statistique – nous démontre que nos « raisons d’avoir peur » du terrorisme sont aujourd’hui infimes.

Si nous voulons vivre en équilibre, donc sortir de nos peurs pathologiques, nous n’avons pas d’autre moyen que de les interroger. Autrement dit, si nous voulons nous donner une chance de pouvoir constater que notre peur est totalement disproportionnée et irrationnelle, il faut d’abord que nous ne lui obéissions pas en fuyant !

C’est ce que les plus angoissés d’entre nous sont incapables de mettre en œuvre.

Comment « travailler » sur ses peurs ?

Dans un tel contexte on comprendra que le meilleur moyen de « gagner du terrain » sur ses peurs c’est d’avoir une attitude « active » avec elles donc de s’informer de leur pertinence pour – au besoin – les démystifier (à l’inverse, on sait qu’être confronté à ses peurs sans pouvoir agir est le plus sûr moyen de les accroître.)

Se dire qu’on ne devrait pas avoir peur quand on a peur (donc en avoir honte), c’est refouler sa peur et la renforcer ; par contre apprendre à la « domestiquer » pour la rencontrer et s’y confronter donne d’assez bons résultats.

Prenons un exemple de peur démystifiable par la compréhension : la peur des turbulences en avion (souvent assimilées à la possibilité d’un accident aérien). Savoir ce que sont exactement ces turbulences est une information importante. Savoir qu’elles sont des phénomènes naturels (dus le plus souvent au cisaillement du vent), auxquels les personnels de bord sont tout à fait habitués, est rassurant. Savoir que les pilotes ne les considèrent pas comme un problème de sécurité, l’est davantage encore. Entendre dire un pilote qu’il n’a pas le souvenir d’un seul accident d’avion de ligne causé par des turbulences l’est encore plus[6].

En fin de compte – de la même manière que nous devons nous confronter à nos préjugés, à nos « idées reçues » et à nos superstitions pour ne plus y croire, il nous faut nous confronter à nos peurs pour les connaître et ne plus être leur esclave quand elles sont disproportionnées.

Et cela ne devient possible qu’à celui qui ose sentir les choses « telles qu’elles sont » et apprend à faire confiance à ce qu’il ressent, autrement dit à celui qui a confiance en lui.

Notes :

[1] Je ne saurai trop vous conseiller de lire ce livre et de vous procurer le film Ne me libérez pas j’men charge, véritable « voyage initiatique » et pas seulement intérieur, d’un homme qui a préféré la liberté à la sécurité et à la loi.

[2] Lire l’article de La Vie : Jean Paul II, le pape du « n’ayez pas peur. »

[3] Quand on demande à André Sauvé s’il continue sa thérapie commencée dix ans plus tôt, il réplique : « La scène est devenue ma thérapie ! Le rire permet de dédramatiser bien des affaires. J’ai toujours été enclin à l’humour mais la scène c’est très fort. (…) Je me dis qu’à un moment la vie suffit à la vivre. Ça été utile mais il faut savoir quand arrêter. Sinon ça devient une espèce d’univers à huis clos et on est plus dans la réalité. Le but d’une thérapie, c’est de ne plus en avoir besoin. »

[4] Partage de Matthieu Ricard du 02/05/12 que vous trouverez ici. 

[5] C’est quoi l’problème de Louis T. Je remercie au passage nos amis québécois ainsi que Mathilde qui me l’a fait connaître.

[6] Lire l’article : Pourquoi il est inutile d’avoir peur des turbulences en avion ?

© 2015 Renaud & Hélène PERRONNET Tous droits réservés.

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20 réflexions au sujet de « N’ayez pas peur ! »

  1. Pascale Lorenc

    Géniale cette video de Mr. Ramesh! Elle tombe à pic, juste au moment où je suis en pleine peur existentielle de l’avenir (raisons matérielles) et que je la ressens très consciemment. Oh oui! que cela vibre en moi, et pas un peu…
    Mr. Ramesh aide à dédramatiser. Merci.

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  2. Scellier

    Très intéressante, toute cette déclinaisons des peurs…Je n’avais pas pensé auparavant à relier tous ces sentiments ou émotions à la peur…

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  3. mat

    Bonjour
    Thème de Réflexion très à propos.
    Oui la peur est malheureusement un sentiment que je connais bien.
    La peur est un sentiment effectivement qui reflète un manque de confiance en soi.
    Les mêmes situations sont considérées comme quelquonque, importantes, inquiétantes pour certains, voir effrayant pour d’autres car cela renvoi dans nos esprits à un traumatisme
    Oui c est un sentiment excessif et nocif.
    Dark wador dans Star wars en est un exemple d’ailleurs.
    Si on ne sort pas de la peur notre angoisse trouve des ramifications dans la violence et la haine…Le côté obscur de notre personne prend le dessus
    Par exemple je crains l’attitude des gens indifférents face à une situation que je considère comme inquiétante.
    Quand je vais vers ces personnes, bien souvent la peur laisse une place à la colère.
    Je ne sais pas ou ne veut pas être rassurée car je crains de banaliser une situation…..
    La peur ne doit pas isoler paralyser.C est de l énergie très positive
    Mais comment la positiver?

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  4. Catherine

    Excellent article, merci beaucoup, je me souviens qu’enfant j’étais plutôt téméraire par rapport à mon frère aîné de 8 ans de plus que moi et qui avait peur de traverser le jardin dans le noir pour rejoindre sa chambre qui ne communiquait pas avec la maison, il me demandait de l’accompagner, ce que je faisais sans aucune appréhension et je faisais le chemin de retour seule, et ce fût toujours le cas aussi lorsque j’étais au scouts, j’accompagnais les copines aux toilettes la nuit car elles avaient peur d’y aller seules, et pourtant.
    Quand il faisait jour ces êtres là étaient d’une méchanceté incomparable, aussi bien mon frère que les copines, mon frère crachait dans mon dessert pour pouvoir le terminer et ainsi me le voler et les copines des scouts étaient de véritables harpies se jalousant l’une et l’autre, arrivant même à se crêper le chignon pour une place à la messe.
    Ma plus grande peur ? les rencontrer de nouveau.

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  5. Sumie

    Comment combattre la peur psychologique ? Celle où nous nous imaginions des “scénarios catastrophes” dû à notre manque de confiance en nous et quand nous sommes défaitiste ?

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  6. Léa

    Bonjour, tout d’abord je tiens à vous féliciter pour ce bel article qui semble en avoir remotivé plus d’un. J’ai cependant une autre question à vous poser…Comment faire lorsque j’ai une peur/ des angoisses incontrolables à mon sujet ? Moi qui n’ai jamais été de nature violente, très compatissante, tournée vers les autres…je me retrouve à avoir peur de moi même au point d’en tomber dans la dépression !Il a suffit d’une soirée, d’une sorte de flash dans ma tête pour entraîner une quantité monstrueuses de pensées intrusives…J’en viens parfois à me demander si je suis la personne que j’ai toujours crus être ou alors celle qui, comme dans mes pensées, fait du mal aux gens de manière très violente…Il y aurait un tas de choses à dire mais le plus important est là, je ne supporte plus de me regarder dans le mirroir, je ne veux pas être un monstre mais mes pensées semblent me montrer le contraire…Que faire alors ? Qui croire ? Tout ce que je veux c’est retrouver ma vie d’avant, simplement des réponses qui me diront si ces pensées font ou feront de moi un monstre…Merci d’avance.

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    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Ces flashs que vous avez eu ne font pas de vous un “monstre” (les monstres n’existent pas), mais une femme qui a vraisemblablement subi un traumatisme qui – aujourd’hui – se manifeste à votre conscience. Vos angoisses comme vos peurs incontrôlables ne viennent pas de nulle part. Elles ont une cause qu’il s’agit de mettre à jour dans une relation psychothérapeutique pour vous en débarrasser.

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      1. Léa

        Merci pour la rapidité avec laquelle vous m’avez répondu..Je suis un peu rassurée.
        Un rendez-vous psychologue est prévu mais dans un laps de temps qui me devient vraiment intolérable…Y a-t-il un moyens de gérer ces pensées autrement qu’avec des médicaments en attendant ?

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  7. planchon

    Depuis quelques années j ai peur du regard des autres qu ils ne me trouvent pas assez aimable et ça fortement dans mon travail. Déjà que mon travail me plait moyennement, il est plus alimentaire qu autre chose. Je n ai plus de désirs d aller travailler et cherche toujours à fuir pour ne pas avoir à supporter mes collègues. ça devient insupportable pour moi, je pense même à refuser pour me donner du courage, je vois bien que c est n importe quoi, mais je ne trouve pas de solutions pour apaiser mes peurs qui me pourrissent la vie e me donne aucuns courage, Qu en pensez vous? Cordialement. Isabelle

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    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Juger vos peurs en vous disant à vous-même que c’est “n’importe quoi” ne risque pas de vous apaiser, il vous faut d’abord comprendre que votre peur n’est pas “folle”, qu’elle répond à des mécanismes inscrits en vous.
      Puis regarder en face ce que vous redoutez tant dans le regard des autres.
      Pour aller plus loin je vous invite à lire : Comment parvenir à guérir de son enfance ?

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  8. Chantal

    Cet article sur la peur tombe à pic, moi qui suis en pleine remise en question de mes “croyances” instillées par des parents toxiques. Ils m’ont tellement fait vivre dans la peur perpétuelle, pour ne pas dire la terreur, que chaque fois qu’un employeur me conseillait de me mettre à mon compte certain que j’avais “les épaules pour ça” je répondais que cela me faisait trop peur. Leur réponse était systématique, je devais affronter mes peurs pour me rendre compte qu’il n’y avait pas derrière le monstre que je croyais. Plusieurs Directeurs de grandes multinationales m’expliquaient ainsi qu’eux-mêmes se faisaient peur chaque jour en prenant des décisions qui pouvaient mettre leur société en péril mais que “on n’avance que comme ça”.

    Terrorisée jusqu’à présent à l’idée d’affronter l’inconnu de ces peurs qui me faisaient si peur je n’ai pas décollé de postes qui bien qu’à responsabilité me frustraient de ne pouvoir concrétiser pleinement mes compétences de “leader né” qu’on m’avait si souvent attribuée et dont je sentais bien qu’elles constituaient le moteur de mes actions. Un employeur pour qui j’avais travaillé vingt ans auparavant s’interrogeait ainsi sur le fait de me voir encore à des “postes subalternes” tandis que j’avais “le charisme pour être dirigeant d’entreprise”.

    Un autre exemple qui m’a marquée. A trente ans, à l’issue d’une formation au managing d’équipe dirigée par le fondateur des restaurants “Hyppopotamus” ce dernier me prenait à part et me faisait une proposition impensable. A l’époque il me parlait du métier de Coaching d’Entreprise qui existait depuis longtemps aux Etats-Unis mais pas encore en France m’affirmant “Allez-y Chantal ouvrez la voie vous avez les épaules ça” en m’assurant même de son appui financier et de ses conseils le temps nécessaire.

    Ma première réaction a été la fuite dans des prétextes en réalité bidons qui n’ont pas échappé à sa sagacité ni à celle du psychologue qui l’accompagnait. Ils avaient compris que je manquais de confiance en moi engluée dans mes “peurs”. Il m’a alors fait cette proposition qui m’a scotchée “Je vous donne dix ans chantal, si dans dix ans vous êtes prête contactez-moi je serai là pour vous”. Son collaborateur me disait ensuite en aparté que depuis dix ans qu’il travaillait avec lui c’était la première fois qu’il le voyait faire une telle proposition à quelqu’un et que je pouvais compter sur lui il tiendrait sa promesse. Lui aussi m’a conseillée d’affronter mes peurs “Votre seul frein”.

    Cet épisode de ma vie est resté gravé dans ma mémoire tellement d’un côté j’étais fière d’une telle preuve de confiance dans mes capacités, même si ça n’était pas la première fois, mais c’était la première fois que je n’en revenais pas de “valoir autant” !?! Vingt-sept ans plus tard je n’ai toujours pas déployé mes ailes mais j’ai enfin compris à quel point il est important que j’aille fouiller dans ces peurs insensées qui ont tant paralysé ma vie et la paralysent encore pour l’instant tandis qu’en grande partie, voire même en totalité, elles ne m’appartiennent pas. Etre “curieuse” de moi-même pour enfin oser retrouver mon essentiel, Ma Vie, Moi. De petits pas en petits pas et avec l’aide d’un thérapeute sérieux je veux trouver cette paix au fond de moi qui me parlera enfin de Moi, débarrassée de ce qui n’est pas à moi.

    Répondre
    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      A énoncer les choses aussi clairement vous semblez être lucide. Alors qu’est-ce qui vous inhibe encore ?
      J’espère simplement que ce n’est pas la relation avec le même thérapeute depuis si longtemps et avec si peu de résultats ?
      Souvenez-vous que c’est moins la peur qui vous inhibe mais la peur de la peur…

      Répondre
      1. Chantal

        Merci Monsieur Perronnet pour votre réponse aussi rapide. Votre question “Qu’est-ce qui vous inhibe encore ?” a trotté dans ma tête et vient de faire tilt. En effet ce qui me faisait si peur c’est la peur de décevoir, d’avoir “réussi à tromper mon monde”, à “faire croire que je valais plus que ce que je ne valais en réalité”.

        Paroles d’une mère désaxée, perverse, maladivement jalouse et mortifère qui est même allée jusqu’à tout mettre en oeuvre pour entraver certains de mes succès d’adulte lorsqu’ils lui devenaient insupportables. Je réalise maintenant, en écrivant ces lignes, à quel point mes dépressions lui sont finalement “profitables”. C’est là une piste qu’il faut que j’explore pour répondre à une question centrale, est-ce que je me donne le Droit de réussir, en d’autres termes est-ce que je me donne le Droit d’être Moi, une adulte Libre et Autonome ? Il est temps de grandir.

        Quant à ce pseudo “thérapeute” il n’a plus le droit d’exercer suite à de nombreuses plaintes, tant mieux ! Encore Merci pour votre Justesse

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  9. FÜNFSCHILLING

    Je suis inquiète de constater que je ne rencontre que des personnes malveillantes à mon égard. J’ai peur de mourrir sans avoir connu des gens bienveillants, des gens sincères. Oui j’ai peur de ces gens qui m’ignorent qui me maltraitent ils me font perdre toute ma confiance. Je suis victime de mon passé.
    Dans mon travail à distance, je me bats contre ma peur de téléphoner.j’essaie de tisser des liens et au bout d’un certain temps, pas mal ne répondent plus, je leur rend service et après on me jette comme une malpropre. C’est la même chose en famille, c’est toujours moi qui téléphone. C’est épuisant de se retrouver sans soutien, seul. C’est le drame de ma vie.J’ai l’impression d’être une paria. Je n’ai jamais eu la possibilité d’avoir un poste à responsabilité et je me suis toujours sentie frustrée. Malgré cela, j’ai fait des études supérieures, cela m’a redonné confiance en moi. Je voyais une psy et j’ai parlé de cette peur je croyais l’avoir surmontée mais elle est toujours présente quand il s’agit d’agir, je dois toujours faire un effort. J’ai dû mal à me plonger dans mon inconscient.

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    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Pourquoi devriez-vous rester éternellement victime de votre passé ? Savez-vous que vous pouvez entreprendre un travail de connaissance de vous-même qui vous permettra de mettre à jour ces peurs qui inhibent l’ensemble de votre existence ?
      Tant que vous restez persuadée d’être une paria, vous ne pouvez pas vous comporter autrement que comme une paria. Il vous reste donc à reprendre contact avec votre psy.
      Pour aller plus loin, lisez : Comment parvenir à guérir de son enfance ?

      Répondre
  10. Chantal

    Bonjour Fünfschilling, enfant et adolescente maltraitée j’ai fait pendant longtemps tout ce que j’ai pu pour être “Acceptée”, pour “Plaire” tellement j’avais une “Peur” viscérale (inconsciente) d’être “Rejetée” jusqu’à me convaincre aux tréfonds de moi-même, sans me l’avouer, que j’étais “Indigne d’être Aimée”.

    En agissant ainsi je ne me rendais pas compte que dans ma quête désespérée je me jetais toute seule dans la gueule du loup puisque je privilégiais (à mon insu) les Besoins des Autres aux dépends des Miens. Jusque-là, malgré plusieurs années de thérapie, je n’avais jamais eu idée d’interroger mes Emotions, celles-là mêmes qui me parlaient de mes Peurs pourtant si puissantes.

    Je me sentais la “Victime” impuissante d’un Passé que je croyais insurmontable. A présent j’ai compris, grâce aux écrits de Monsieur Pierronnet, qu’il n’y a rien d’insurmontable, rien d’inaccessible là-dedans, rien dont on ne puisse avoir “Conscience”. Pour cela il faut s’arrêter sur nos ressentis ou plus exactement sur ces émotions mêlées de peurs qui nous envahissent si fréquemment.

    Ainsi, comme le conseil Monsieur Pierronnet dans son article sur les Emotions, repensez à un événement qui vous a profondément troublée tant sur l’instant, à chaud, il vous a fait vous dévaloriser et/ou culpabiliser. Avec le recul, à froid, sans honte ni jugement, notez ce que vous avez ressenti à ce moment-là, qu’est-ce qui “parlait” en vous, que vous disiez-vous à vous-mêmes ?

    A partir de là repensez aux insultes et/ou aux reproches, ouverts ou insidieux, que vous ont fait subir vos parents (voire votre entourage), ce qu’ils vous ont “Fait Croire” de vous et l’image de vous que cela vous a renvoyé à tort. Ajoutez-y peut-être votre peur de porter en vous ce qui rend ces personnes “Inacceptables”.

    Finalement faites le lien avec ce que vous vous êtes imposée à vous-même comme si cela vous définissait. N’oubliez pas que personne n’est parfait et qu’à l’impossible nul n’est tenu. C’est dans ce questionnement, aidée par la neutralité et la bienveillance d’un(e) thérapeute, que vous identifierez peu à peu vos peurs, celles qui parlent en réalité de “Vos Besoins” et, par là-même, vous feront discerner les personnes qui ne vous correspondent pas.
    Bonne route…
    Je rajouterais que lorsque je parle des « Besoins des Autres », j’entend aussi ce que l’on « croit » trop souvent être leurs Besoins.

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