Je culpabilise d’avoir laissé ma mère mourir seule

Question d’Ahmed :

Technicien à Vauréal.

Bonjour, j’ai quitté mon pays il y a 15 ans, j’ai laissé mes parents, mes frères et sœur pour essayer d’améliorer mon quotidien et le leur bien sûr. On n’avait pas grand chose, elle s’est battue jusqu’à son dernier souffle à nous offrir tout ce qui pouvait pour notre survie. Il y a deux ans je suis allé la voir. J’avoue que cela m’a fait un grand bien. Malgré la difficulté de la vie, maman est resté elle même, souriante, courageuse, aimante…

Le 6 décembre 2008, maman vient de partir au ciel, je dis bien de partir car je ne supporte pas le mot « mort ».

Ce qui me fait mal c’est que je n’étais pas là, auprès d’elle et je culpabilise. Je ne peux vous dire ou décrire le chagrin que j’ai en ce moment et je ne sais plus quoi faire.

Ca me fait horriblement mal.

Ma réponse :

Oui Ahmed, vous ne supportez pas le mot « mort » car pour vous, ce mot est synonyme d’anéantissement. Or l’amour, l’amour si fort que vous portez pour votre mère, pour celle qui vous a tant donné en sachant rester « souriante, courageuse et aimante », cet amour, peut-il être anéanti ?

La culpabilité qui est la vôtre de n’avoir pas été à son chevet au moment de son grand départ est le simple reflet de votre amour pour elle et de votre impuissance à avoir pu l’accompagner. C’est ainsi que la douleur de sa perte est amplifiée par votre frustration de ne pas avoir pu lui exprimer tout ce que vous portiez en vous de lui dire. Et cela, manifestement, vous ne vous le pardonnez pas.

Vous portez donc toujours en vous le besoin de lui parler à cette mère si chère, et il n’est pas juste pour vous de penser qu’il est trop tard, puisqu’elle s’en est allée.

En fait votre mère est juste partie « suivre le chemin qui est le sien », elle est partie « de l’extérieur de vous », car en effet « à l’extérieur », vous ne la reverrez plus jamais. Par contre elle restera toujours présente dans votre mémoire, dans vos pensées et même certainement dans vos rêves. En fait votre mère ne partira jamais de « l’intérieur » de vous donc de votre cœur.

Alors tournez-vous simplement vers vous-même pour lui parler et lui dire enfin tout ce que vous portez en vous de lui dire. Cela vous demande juste de prendre le temps, de fermer les yeux et de sentir « tout ce qui demande et aspire à s’exprimer » à l’intérieur de vous. Pour ce faire, vous pouvez aussi vous associer à quelque chose qu’elle aimait, ce peut être la nature, un morceau de musique ou une prière si vous êtes religieux. Associez-vous à sa présence qui est en vous si forte, et laissez aller vos mots, à voix haute, assis dans un endroit tranquille, laissez aller vos larmes aussi et, de toute la force de votre intention, peut-être oserez-vous lui souhaiter « Bon voyage maman ».

Sans doute serez-vous très ému si vous osez cette pratique que je vous recommande. Ne vous occupez pas de cela, laissez faire et quand vous en éprouverez le besoin, renouvelez cette expérience très intime avec toute la force dont vous vous sentez capable. C’est ainsi que – peu à peu – votre douleur s’atténuera.

Il y a encore quelques temps, la douleur occasionnée par l’exil, vous faisait ressentir votre mère si lointaine. Puissiez-vous aujourd’hui, la ressentir si proche de vous.

« En automne, je récoltai toutes mes peines et les enterrai dans mon jardin. Lorsque avril refleurit et que la terre et le printemps célébrèrent leurs noces, mon jardin fut jonché de fleurs splendides et exceptionnelles », disait le poète Khalil Gibran.

© 2008 Renaud PERRONNET Tous droits réservés.

VOS COMMENTAIRES SONT EN BAS DE PAGE, JE VOUS RÉPONDRAI LE CAS ÉCHÉANT.

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3 réflexions au sujet de « Je culpabilise d’avoir laissé ma mère mourir seule »

  1. Mary

    Profession : Conseiller en relation d’aide
    Pays : France

    J’ai rêvé de ma mère hier elle est décédée en janv 2007, mais Noël me la rappelle encore plus fort, car elle était vraiment faible en ce dernier noël…
    J’ai rêvé qu’elle venait de découvrir que son cancer était impossible à soigner et qu’elle allait mourir (elle est morte d’un cancer)…
    Je me suis sentie si impuissante, et je me suis posée la question de savoir comment consoler qqn qui vous apprend qu’il n’y a plus aucun espoir de guérison…
    J’ouvre ma messagerie, et je tombe sur votre article, il n’y a pas de hasard, vous savez trouver les mots même s’ils sont adressés à ce jeune homme, qui j’espère a trouvé autant de réconfort que moi en les lisant, je me les approprie, et ça me fait un bien fou…
    Et je me sentirai moins démunie face aux êtres qui ont perdu un être cher. Merci.

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  2. Christiane

    Ville : Hénin-Beaumont
    Pays : France

    Votre article est comme un doux message car mon meilleure ami s’est tué accidentellement il y a juste 2 mois et j’ai cru devenir folle. Nous échangions d’âme à âme et j’ai mesuré toute l’ampleur et la pureté de ce que nous partagions aprés son départ. C’était exceptionnel, au-delà des mots.
    Il est encore plus vivant dans mon coeur et je lui parle tous les jour. Je pensais que je devenais folle et j’ai même failli vous écrire mais je vois que tout est normal. Le temps fera le reste alors oui, l’amour ne meurt jamais et vibre de multiples façons. Il suffit juste de laisser parler son coeur.
    Plein d’amour et de lumière à ceux qui vivent la même épreuve.
    Un grand merci pour ces articles qui nous aident à passer les difficultés !

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  3. Bryan

    Moi ma mère est morte juste après l’anniversaire de ma soeur le 15 mais elle a 3 ans j’ai pleurer car je ne l’ai pas su tout seul je l’ai su a l’aide de ma meilleur a mie Mélissa on etait a l’hopital et opn a entendu le medecin le dire a mon enfin mon amie la entendu elle venu me le dire et je suis assit je me suis sentit mal et j’ai comencé a pleurer ma meilleur amie Mélisssa est venu me le dire en pleurant elle etait très proche de mère et nous nous somme séré dans les brat elle n’a plus sa maman elle considéré ma mère comme la sienne et j’ai pleurer averc ma soeur nous etions ensemble entre 3 coeur détruis

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