Je bats ma femme comment arrêter ?

« Le meilleur service que l’on puisse rendre à l’autre, c’est de lui faire comprendre que c’est l’inconscient qui l’incite à agir et de l’aider à comprendre cet inconscient. »

S. Prajñânpad.

 

« Nul n’est méchant volontairement. »

Socrate.

Question de Casadessus :

Je bats ma femme et la fais souffrir comment faire pour arrêter et plutôt l’aider ?

Ma réponse :

Si la souffrance que vous infligez à votre femme vous fait souffrir (on peut le penser puisque vous posez cette question et dites vouloir l’aider), c’est que vous l’aimez, et que vous êtes suffisamment courageux pour oser poser une question qui remet en cause votre propre comportement.

Oser se remettre en question dans un tel contexte n’est pas une petite affaire. Etes-vous prêt à vous confronter à des vérités qui peuvent être à la fois douloureuses et difficiles à accepter pour vous ? Donc à regarder en face « ce qui vous pousse à la violence » ?

Pour cela vous aurez besoin de comprendre que personne ne nait violent, que la violence est toujours le comportement d’un être en souffrance qui ne sait pas trouver d’autre moyen pour se rééquilibrer.

Celui qui est – ici maintenant – violent est un être qui, dans son passé, a été lui-même soumis à la violence d’un autre, en même temps qu’il a été contraint de considérer cela comme « normal ». C’est donc un être qui dans son passé de victime de la violence n’a pas pu faire autrement que de refouler son énergie de défense au plus profond de lui-même.

Prenons un exemple :

Un géniteur (je n’ose par l’appeler un père), contraint son enfant à lui obéir en le menaçant avec un manche de pioche tout en lui répétant qu’il est un bon à rien. Celui-ci – bien qu’ayant la peur au ventre – tente de lui tenir tête un moment. Il se prend des coups et finit par céder à son géniteur qui lui assène « ça t’apprendra, tu n’es qu’un bon à rien et tu n’avais qu’à m’obéir. » Ce jour là, cet enfant a appris deux choses (auxquelles il a cru) : la première c’est qu’il est un bon à rien, la seconde c’est qu’il est possible de faire obéir un « bon à rien » à coups de manche de pioche.

Remarquez que la rage de cet enfant, qui a dû se conformer aux exigences de son géniteur violent est restée intacte à l’intérieur de lui, mais refoulée (au plus profond), puisqu’elle n’a pas pu s’exprimer. Remarquez également qu’il n’a pas eu d’autre choix psychologique que celui de penser qu’il était un « mauvais » garçon désobéissant. Si, plus tard, on lui demande pourquoi son père l’a frappé, il répondra dans cette logique d’autant plus terrible qu’elle a été inculquée par la violence : « c’est parce que j’ai désobéi à mon père et que je suis un bon à rien. »

Quand un enfant se retrouve devant le choix de devoir renoncer à la perception qu’il a de lui-même, ou de devoir renoncer à la perception négative que son parent a de lui, il préfère renoncer à lui-même pour adhérer à la perception qu’à de lui celui qui détient sa propre survie. C’est ainsi que l’enfant (parce que c’est un enfant – dépendant des adultes pour sa survie) ne pourra pas remettre en cause le comportement violent de son parent et qu’il pensera comme la plupart des enfants battus interrogés « oui, c’est vrai, mon père était violent mais j’étais un enfant dur et je l’ai mérité. »

En fait l’idée que nous nous faisons de nous-mêmes (tant que nous ne l’avons pas remise en cause) est liée à l’idée que se faisaient de nous-mêmes les personnes avec qui nous étions en contact dans les premières années de notre existence.

A travers un tel apprentissage, vous conviendrez que l’idée que cet enfant aura de lui-même sera extrêmement négative et que sa rage due à l’injustice subie, sera d’autant plus potentiellement dangereuse qu’elle sera restée intacte en lui, refoulée dans les profondeurs de son inconscient.

Aujourd’hui, vous vous retrouvez en face de votre femme qui – d’après vous – a fait une erreur. Plutôt que de penser que parce qu’elle est différente de vous, il est tout à fait « normal » que ses comportements soient parfois en désaccord avec ce que vous pensez juste, vous la faites souffrir parce qu’elle ne pense pas comme vous, ou n’agit pas comme vous le voulez. Vous êtes incapable de respect pour elle parce qu’au moment même où vous n’avez pas été respecté vous-même dans le passé, vous avez été dressé à considérer sa différence comme inacceptable (comme votre propre différence, il y a longtemps, apparaissait inacceptable à ceux qui vous ont dressé). L’énergie de l’injustice subie emmagasinée à l’intérieur de vous, il y a pourtant longtemps, est restée intacte, elle vous envahit, ça devient « plus fort que vous ». Au moment où vous l’exprimez contre votre femme, cette énergie négative vous domine et vous devenez son prédateur. Même si après coup il vous arriverait d’en culpabiliser, vous n’y pouvez rien, tant que vous n’avez pas été extirper les causes de votre violence en vous-même.

Cela me fait penser à cet enfant des rues qui, dans le film de Luis Buñuel, Los Olvidados, est régulièrement battu par un aveugle qui l’exploite. Un jour, il est recueilli dans un centre de protection de l’enfance, par un éducateur qui, sachant que cet enfant aime les animaux, lui donne la mission de s’occuper d’un poulailler. Dénoncé au directeur par un de ses camarades parce qu’il a gobé un œuf, l’enfant se bat contre lui et finit par être la risée du groupe. Alors toute la violence subie depuis si longtemps, toute la haine enfouie en lui, remonte ; hors de lui, il prend un bâton et frappe, tue des poules, fait un véritable carnage dans le poulailler.

Plus tard, l’éducateur, un homme lucide et bon, pose une question à l’enfant : « Pourquoi as-tu tué les poules ? » L’enfant répond : « Je ne sais pas ». Mais l’éducateur, lui, a tout compris : « Moi, je sais, tu crois être en prison et tu penses que nous te détestons tous et tu voudrais nous tuer tous. Mais tu n’as pas osé et les poules ont payé, non ? » Le visage de l’enfant s’illumine, il se sent compris, et acquiesce : « Oui, M’sieur ! ». L’éducateur enchaîne : « Fais attention, les poules aussi peuvent se venger. » Ce qui signifie : « la société a ses lois et tu ne t’en tireras pas toujours impunément ».

Pour lui prouver qu’il n’est pas en prison comme il le croit mais dans un centre ouvert, l’éducateur donne de l’argent à l’enfant et lui demande d’aller lui acheter un paquet de cigarettes (il tente par là-même de briser le schéma compulsif de l’enfant qui lui fait croire que le monde entier est contre lui) ; l’enfant, se sentant respecté et reconnu (sans doute pour la première fois de sa vie), court chercher les cigarettes.

Ce personnage lumineux (le seul du film !) avait partagé plus tôt avec ses collègues : « Si plutôt que d’enfermer les enfants, on pouvait enfermer la misère ! ».

Sans doute, dans le monde réel, les êtres humains ne sont-ils pas tous aussi lucides que cet éducateur et beaucoup considéreront un être violent comme un être dangereux (ce qu’il est), et méchant (ce qu’il n’est pas.)

Mais revenons à votre question : il se peut que – dans votre histoire – vous n’ayez eu que rarement l’occasion de vous sentir respecté par l’autre, que vous n’ayez que rarement été considéré par vos proches comme un être humain digne de confiance.

Dans son livre « Les Anatomies de la pensée », Jean-Didier Vincent, neurobiologiste et directeur de l’Institut Alfred Fessart à Gif-sur-Yvette partage :

« Tout notre être est mémoire. (…) Les souvenirs obligent à construire un schéma d’action, souvent bricolé de façon à apaiser une insupportable souffrance. »

Si vous voulez vous extirper de votre schéma destructeur qui vous force à battre votre femme, il vous faut comprendre qu’il va vous falloir commencer par sortir de l’emprise de votre propre mémoire, et que cela passe par rester fidèle à ce que vous êtes comme à ce que vous avez vécu par le passé pour pouvoir l’intégrer et devenir un jour capable de le dépasser.

Ce lent travail d’intégration, vous ne pouvez pas le faire seul, sur la base de votre culpabilité (?) et de vos « bonnes résolutions » . Il se fera pas à pas, si vous le souhaitez vraiment, accompagné par un thérapeute en qui vous aurez confiance.

Merci à vous d’avoir eu le courage de poser votre question, je souhaite qu’elle soit pour vous l’occasion d’une prise de conscience qui vous permettra de vous sentir de plus en plus pleinement responsable de vous-même sur ce chemin de remise en cause de vos comportements destructeurs que vous avez initié en posant votre question. Car vous aurez besoin d’encore plus de courage et de force pour ne pas renoncer à cette entreprise de reconstruction de vous-même et ne pas céder aux sirènes que vous avez vraisemblablement entendues dans votre enfance et intégrées, du genre : « De toutes façons, je suis un bon à rien, incapable de m’améliorer, je n’y arriverai donc jamais. »

© 2010 Renaud PERRONNET Tous droits réservés.

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Pour aller plus loin, vous pouvez lire ces textes d’Alice Miller, docteur en philosophie, ex psychanalyste, qui a passé une grande partie de sa vie à étudier l’enfance dans sa relation à la violence :

Vous pouvez également télécharger les fiches pratiques inédites :

Et lire mon article :

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CC BY-NC-SA 4.0 Je bats ma femme comment arrêter ? par Renaud Perronnet est sous Licence Creative Commons Internationale Attribution-Pas d'utilisation Commerciale-Partage à l'identique 4.0 .

15 réflexions au sujet de « Je bats ma femme comment arrêter ? »

  1. martine

    Ce titre, c’est une horreur!
    Je pleure.
    Je devrais pleurer pour la Femme qui reçoit les coups.
    Mais, non! Je pleure pour Vous Monseur!
    Ce titre, m’a donné une boule à l’estomac!
    Je ne suis pas experte dans le sujet, mais je sens et je comprends que ce sont mes viscères de femme qui vous parlent, Monsieur!
    Ce titre est comme un cri du coeur! un cri d’amour! car je suis sûr que vous êtes rempli d’amour pour votre femme!
    Alors, laissez-moi simplement vous aider à crier avec Vous, Monsieur!
    Car ce titre est un cri d’amour!

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    1. oulahoua samuel

      aider moi je ne veu plu battre ma femme meme si elle me parle mal car jai toujour bocour de regret apres avoir commis cet acte ignoble .pitier aider moi

      Répondre
  2. edith

    c’est très courageux de votre part de partager ce douloureux problème ! Personnellement, ayant vécu une enfance « douloureuse » et maintenant mère de 4 enfants… j’ai eu à lutter contre mes accès de violence dans leur tout jeune âge ! J’ai « compris » pourquoi certaines mères (ou pères) en viennent à tuer leur enfant car il pleurait sans cesse ou les poussait à bout !
    c’est très dur, je sais, et je vous assure que ma lutte intérieure a été très très difficile ! Il est tellement plus facile de dominer un petit bout de choux par la force !
    Le jour où j’ai réalisé que je risquais de « dériver », la fessée devenue trop forte….. même si ce n’était pas encore un enfant battu !!!!, j’ai craqué ! toutes les larmes de mon corps et j’ai réalisé qu’il fallait à tout prix que je me fasse aider car c’était trop dur !
    J’ai donc fait un gros travail avec un psy….. horreur de soulever tout ce passé mais il a bien fallu….. et dès lors les problèmes ont commencé à se résoudre…. avec beaucoup de patience et beaucoup de courage (car il en faut !!!) !
    Mes enfants sont heureux, Maman ne crie plus à tout bout de champ et souvent pour des bêtises (ce dont j’avais conscience après ma gueulante !!! et je m’en voulais… ce qui est dit et dit…..) !
    alors bon courage à vous et faites vous aider !!!

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    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      J’invite tous ceux qui se posent la question de savoir si fesser son enfant c’est le battre, à réfléchir à cet adage anonyme :
      « Pourquoi frapper un animal s’appelle cruauté, frapper un adulte s’appelle agression, frapper sa femme s’appelle violence conjugale, frapper un enfant s’appelle éducation ? »

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      1. edith

        pour moi frapper son enfant ou lui crier dessus est aussi une violence ! il suffit de regarder l’enfant qui subit une colère de son parent pour y voir de la peur !!! c’est bien ce qui m’a fait prendre conscience que sans même les toucher , je pouvais les maltraiter et c’est pourquoi je me suis alors battue contre mes « accès » de colère !

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  3. Guy

    j ai toujours été d un naturel calme et posé.

    Mais depuis maintenant 3ans environ, des évenements, espacés puis de plus en plus proches les uns des autres, m ont montré que je pouvais être violent envers les autres (mon chat tout d abord puis ma copine).

    Ce qui me préoccupe le plus, c est le fait de ne pouvoir me controler du fait justement que je n ai plus le controle d une situation (bien souvent une dispute avec ma femme).

    Bien sûr, comme dans toutes disputes elle me provoque (voir me frappe très légérement) et quelque fois, au lieu de partir m isoler, je lui tiens tête et finit par essayer de la « maitriser ».
    En fait je la violente, sans lui porter de coups, mais en la ceinturant, tenant etc…ce qui provoque des marques sur ses poignets etc…
    Bien sûr, j en ai honte, bien sûr je culpabilise et le plus « paradoxal » c est que bien sûr je l aime.

    Je n ai jamais été victime de violences physiques durant mon enfance et j avoue ne pas savoir quoi faire pour ne plus me retrouver dans une situation périlleuse voir dangereuse pour ma partenaire.

    Qui pour m aider à trouver les causes de mes actes? Dois je partir dès maintenant pour éviter à ma compagne d encore subir ma violence?

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    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Ce n’est pas en partant que vous réglerez les causes de vos comportements violents mais en cherchant activement ce qui chez vous vous pousse ainsi à la violence. Où et avec qui avez-vous appris à vous en prendre à plus faible que vous ? Dans quelles circonstances avez-vous appris à devoir dominer et à considérer cela comme de l’amour ?
      Entreprendre un travail thérapeutique de connaissance de soi peut vous aider à trouver les causes de vos comportements dominateurs.
      Vous pouvez consulter avec profit la rubrique Connaissance de soi.

      Répondre
  4. mika

    moi j’ai eu une enfance malheureuse pére décédé méré scyzophrene j’en ai pris des vertes et des pas mur (coup de ceinture..)j’ai été placé chez mes gd parents puis a mes 20ans il m’on abandonné pour vivre dans le sud (le boulot pour eux se trouve a paris)je me suis sentis délaissé et depuis je suis nerveux je geule sans cesse et je suis impulsif de plus j’ai subit des abus sexuel par un homme étant jeune bref la cata. j’ai 2 enfant et une femme avec mes enfants tous ce passe bien je l’ai aime tellement que je ne peux levé la main sur eux. Par contre il m’arrive parfois de m’enerver avec ma femme et de la poussé et la violenté mais jamais de coup de poing ou de coup méchant je ma pousse ou la choppe par le colbak mais cela reste vraiment rare elle me tien souvent tête et j’ai horreur de sa je lui dit arrete de faire expré de me sortir de mes gong car je sais que je n’arrive pas a controler mon impulsivité. Malgré cela je l’aime énormément et parfois je me demande si je ferai pas mieux de partir afin de ne plus recommencer jamais de ma vie et vivre seul. je suis pourtant quelqu’un de trés calme et gentil mais j’ai un coté bon et un mauvais coté dont j’essaye de lutté. Que doije faire je me suis mis a lire la bible j’en ressent le besoin pour m’appaisé et pardonné a ma mére les souffrances qu’elle m’a fait, j’ai peur du jugement dernier et pas envie d’aller en enfer. Je suis pourtant fidéle aimant et rend ma femme heureuse mais parfois je peux etre vilain cela bien sur quand sa arrive je fais tout pour me faire pardonné. Je répéte que je n’ai jamais battue ma femme mais brusqué car j’arrive a me controlé tout de même je ne vais pas o coup je me le pardonnerai pas et mettrai fin a mes jours

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    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      La première chose à comprendre c’est que, comme le disait Alice Miller, « l’amour et la cruauté s’excluent mutuellement. On ne gifle pas par amour, on gifle parce que dans une situation similaire, alors qu’on était sans défense, on a soi-même été giflé et contraint à considérer cela comme un témoignage d’amour. »
      Pour votre réflexion, je vous invite à lire : Le pardon ou la fidélité à soi-même
      Votre partage fait honneur à votre honnêteté mais il va vous falloir aller beaucoup plus loin pour vaincre vos « monstres intérieurs » et ne pas devoir céder à votre désespoir.
      Vous pouvez également lire : Les racines de la violence.

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  5. Abandon

    Vous dites « Un géniteur (je n’ose par l’appeler un père) » et vous considérez donc que cet homme ne mérite pas le titre de père alors même qu’il a peut être lui aussi été à la place de son enfant et que ce dernier deviendra peut être à son tour violent envers ses propres enfants…

    D’ailleurs, vous dites plus loin que « beaucoup considéreront un être violent comme un être dangereux (ce qu’il est), et méchant (ce qu’il n’est pas.) », or qualifier un père de géniteur ne sous-entend-t-il pas que vous l’avez vous-même considéré comme étant méchant alors qu’il n’est peut être que dangereux ?

    Enfin, si nous ne naissons pas violent, et qu’on ne le devient que de part les souffrances que l’on a vécues, qu’est-ce qui peut en plus nous rendre méchant ? Ou en d’autres termes, comment distinguer un être simplement dangereux d’un être méchant en plus d’être dangereux ?

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    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Vous attribuez une connotation morale à « géniteur » quand je tente juste de décrire des faits : nous avons tous un « géniteur », nous ne sommes pas nécessairement « père » parce que nous avons un enfant. Pour être un père (par exemple), il faut avoir une attitude de père.
      Je suis d’accord avec vous, ce géniteur est certainement dangereux dans sa relation à ses enfants, justement parce qu’il n’est pas père. Je me garde donc de le qualifier de méchant.
      A propos de votre question « qu’est-ce qui peut nous rendre méchant ? » je vous invite à lire mon article : Comment gérer celui qui dit du mal de nous ? Sommes-nous volontairement méchants ? et si vous le souhaitez, à poursuivre la discussion.

      Répondre
  6. Mika

    Quel appaissement je me suis mis au sport et cela fait longhtemp que ma femme et moi n’avons eu d’accro j’en suis plutot fier , maintenant quand je suis en colere je vais au sport mais bon c’est vraiment rare a present hihihi ma femme m’a aidé a oublié mon passé et grace a elle je suis sauvé

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  7. Tatator

    Bonjour,

    Je suis dans une situation de désespoir.

    Voilà, moi aussi j’ai été violent.

    J’ai eu des colères spectaculaires, une fois par an au moins depuis 3 ans.

    Et cela fait trois ans que je suis marié.

    Mais le problème ne vient pas du mariage, mais d’une suite de contrariété qui se sont insinuées dans ma vie et me remplissent de douleur.

    La première est que deux semaines après mon mariage je suis parti un an en formation à Marseille, dans un centre AFPA. Ce n’est pas le centre qui a posé problème mais la population que j’y ai côtoyé, population que je n’ai jamais fréquenté, constitué de drogués, de personnes vraiment antisocial parfois, et cela m’a beaucoup affecté. Je ne me suis pas mis à la drogue,non, et ils n’étaient pas tous comme ça. Mais j’ai trop souffert d’avoir les deux plus grands drogués à mes coté pendant toute la formation. Je n’ai jamais vu ça, et je pense qu’ils vont avoir de sacré problèmes psychologiques à l’avenir. Mais cela m’ a détruit psychologiquement, car j’ai du composé avec eux toutes les semaines, et vraiment, cela m’a sapé.

    Ensuite à la sortie de formation j’ai connu la crise, et des difficultés à trouver un emploi. Je me suis installé en Saone et Loire car une start up m’avait fait une proposition qui a été un écran de fumée : ils m’ont obligé à être auto entrepreneur, pour en pas avoir à me payer.

    L’issue de la formation devait mettre un terme définitif à des années de galère, de sacrifices. Et la crise m’a assommé encore plus. Comme en plus nous avons acheté un appartement dans lequel il a fallu tout refaire, j’ai perdu de vue ma carrière même.

    Alors je me suis retrouvé seul tous les jours, à attendre ma femme qui rentrait de son travail et que je n’osais déranger car elle était naturellement fatigué. J’ai entrepris un Master pensant que cela allait m’occuper, mais non.

    Je suis rentré dans une spiral psychologique que je pensais sans fin. Internet, inactivité, trop de café et de cigarette, là où je n’avais jamais d’addictions, sur poids, régime DuKan, perte de poids et reprise. Peu à peu j’ai eu une phobie sociale, ou presque. Déprimé, incapable de sortir et d’agir, toutes les pensées négatives possibles m’envahissaient. De ma belle mère (c’est tout à fait normal d’avoir des griefs , aussi petits soient ils, de son coté comme du mien, c’est la vie et ça n’empêche pas le monde de tourner, mais ils ont été exagérés dans mon esprit). Toutes les idées les plus noires, les plus négatives ont amplifiées chaque jour pendant presque deux ans. Comme si on montait le volume dans mon cerveau chaque jour un peu plus, en continu. Et parfois tout était tellement fort, tout était tellement de travers, que j’en suis venu à des explosions spectaculaires de colère. Et une fois, j’ai mimé l’étranglement de ma femme, sans non plus la toucher. La dernière fois était la plus désastreuse, j’ai finit par mettre mon alliance à la poubelle.

    J’en suis aujourd’hui l’ être le plus malheureux de la terre. Mais c’est inconcevable de se rendre compte à quel point j’en suis malade. Parce que sur le moment, quand j’explosait, juste avant j’oscillait entre le ‘non, surtout calme toi, ce n’est pas la peine, tu doit attendre un peu que tout se calme’ et le ‘éclate ta colère, il n’y a plus que ça pour que les autres voient que tu existent, parce que c’est inhumain ce que tu vie et que personne n’as bougé le petit doigt pour toi’.

    Alors, il y a une micro seconde ou tout bascule, on ne peut plus faire marche arrière, c’est impossible. On ne se rend même pas compte de ce que l’on fait sur le coup, on est aveugle, un automate. et je faisait des efforts sur humains pour me contrôler.

    Mon dieu, si vous saviez, à quel point nous étions un couple parfait, qui s’aimait plus que n’importe qui, d’un amour pur et sincère. Vous ne pouviez imaginer à quel point nous étions beaux, en harmonie, au dessus de tous, avec un lien inébranlable entre nous. Je n’ai aimé qu’une femme, la mienne. Et aujourd’hui elle demande le divorce, à l’amiable. On se parle toujours, rien d’officiel n’est lancé, mais nous avons vu un avocat pour nous renseigner.

    Elle m’aime toujours et moi aussi, du même amour je pense. Je ne sais pas combien de lecteur ont vécu ça, un amour pur. C’est au delà du simple amour, d’un sentiment, c’est plus que tout. Ce n’est pas que chimique, c’est tout à la fois. Jamais, je n’aurais pensé être le monstre que j’ai été. Elle n’a pourtant jamais porté plainte.

    Alors, que faire pour la reconquérir ? Je vois un psychiatre depuis deux ans, ironiquement c’était pour en pas perdre les pédales pendant ma période de chômage, plus par prévention qu’autre chose car je n’avais aucun problème psycho. Un jour il m’a donné des médicaments qui étaient en phase de test, avec des effets secondaires dévastateurs. Et les effets se sont vite montrés. Extrêmement perturbants, je suis allé au bout de la plaquette qu’il m’ a prescrit, mais sans aller plus loin. Je met en cause une part de mes problèmes dans la prise de ce médicament (Valdoxan je crois), car il a stimulé quelque chose dans ma ‘psychologie’ qui m’a perturbé pendant quelques jours. Et j’en ai eu des effets encore quelques temps après. Quand j’ai explosé, cela faisait quelques jours que je n’en ai pas pris, et pourtant j’en ressentait encore des effets, ou plutôt la présence de cet effet dans mon humeur.

    Voilà, je viens de transcrire en mot ma détresse, c’est une bonne thérapie, je me sens un peu plus libéré.

    Comment renouer dans ce cas ? Comment faire comprendre que je peut changer, que cela n’arrivera plus ? Evidemment, je sais que le manque de communication est à l’origine de bine des choses, mais comment faire ?

    Je travaille avec le psychiatre en ce moment sur mes pulsions, mon relationnel. Sur la demande de ma femme et sur mon initiative.

    C’est depuis peu que je commence à émerger doucement de ma déprime. Et quand je voit les choses plus clairement, je me rends compte de l’horreur que j’ai vécu et que j’ai fait vivre.

    Il m’est impossible d’aimer une autre personne, je sais que les témoignages diront le contraire, que peu de temps après un divorce, on peu refaire sa vie. Mais là non, c’est impossible.
    Croyez bien que depuis quelques semaines, quelques mois maintenant, elle se montre très froide, voire méchante avec moi, malgré tous mes efforts, et que c’est un sorte de violence aussi, encore moins saine, que d’être ignoré, car je suis seul au monde aujourd’hui.

    En aucun cas je ne me cherche des excuses, en aucun cas je nie les faits et la monstruosité de mes actes, on ne peut pas faire ça à l’amour de sa vie, qui nous a dit oui devant un prêtre.

    J’ai pensé au suicide, mais ce serait démontrer encore plus de lâcheté.

    Si quelqu’un de compétent pouvais m ‘écrire pour me donner la bonne solution pour la reconquérir, écrivez moi. Je suis maladroit dans mes excuses et dans ma plaidoirie, je fait preuve de la plus grande volonté du monde, mais sans outils, je ne peut rien.

    J’ai lu énormément de témoignages et insiste bien souvent lors de nos récents échanges qu’en aucun cas je ne veut tomber dans des déviances passionnelles qui ne me ressemblent pas. Mais je suis tellement maladroit…

    Merci de m’avoir lu, je me sent mieux d’avoir livré ma souffrance.

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  8. Chantal

    Pour avoir eu des moments où la violence montait en moi tandis qu’elle m’avait été transmise par mes parents, ne voulant pas lui laisser prendre le contrôle je me suis demandée qu’est-ce qui m’arrivait. Je me suis rendue compte qu’à chaque fois j’étais face à une situation que je croyais ne pas pouvoir supporter ou, plus exactement, que je voulais maîtriser parce qu’elle explosait mes besoins ou mes attentes. En accord avec le sujet je ne parle volontairement que de relation entre adultes, y compris proches. Il faut souligner qu’on se permet souvent plus d’écarts avec nos proches qu’avec des personnes étrangères, c’est un sujet selon moi à méditer. Alors j’ai dis mon besoin, ma peine ou ma difficulté tout à trac, même si cela paraissait incongru à mon interlocuteur. Cela avait pour effet de déconnecter aussitôt ce bouillonnement qui montait en moi et ouvrait des portes à la discussion. Mais pour cela j’ai dû mettre ma pseudo « honte » dans ma poche. Je dis « pseudo » parce qu’en réalité je ne crois pas que ce soit de la honte, même si c’est ce que je ressentais, c’était surtout de l’orgueil. Je ne dis pas que c’est « la » solution mais ça a été « ma » solution.

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