(et par-delà à tous les êtres humains qui ne s’aiment pas tels qu’ils sont.)
« La vie ne se contrôle pas ; elle se reçoit.
Elle ne se programme pas ; elle se découvre.
Elle ne se garantit pas ; elle se risque. »
Fabrice Midal
Les conséquences du désespoir sont dévastatrices. Chaque année dans le monde, plus de huit cent mille personnes meurent par suicide – acte délibéré par lequel un être humain met fin à sa propre vie – et dix à vingt fois plus, désespérés, tentent de se donner la mort sans y parvenir.
On estime généralement que ces comportements trouvent leur origine dans ce que l’on nomme le désespoir, lequel peut se manifester sous la forme d’une haine de soi et d’un désir de mourir, souvent nourris par une solitude vécue comme angoissante et/ou par un isolement social accablant.
Une personne qui cherche à se suicider par désespoir est avant tout une personne en mauvais termes avec elle-même et le plus souvent avec les autres (parce qu’elle se sent abandonnée ou trompée par eux).
Compte tenu des différences infinies entre chacun d’entre nous, compte tenu des caractéristiques uniques et insondables des souffrances de chacun, personne ne peut en vouloir à quiconque de chercher à fuir la vie parce qu’il ne supporte pas sa souffrance.
Je ne parle évidemment pas, ici, des personnes qui – parce qu’elles sont lucides – décident de mettre fin à ce qu’il est convenu d’appeler un « acharnement thérapeutique » qui leur est devenu insupportable.
Chacun demeure seul juge de sa propre vie et de la manière dont il choisit de la conduire. Dans l’existence, des émotions passagères peuvent susciter des comportements eux aussi passagers ; mais que se passe-t-il lorsque, sous la contrainte du désespoir, une personne en vient à poser un acte définitif ?
Une question s’impose à chacun de nous : sommes-nous réellement lucides envers nous-mêmes lorsque nous sommes saisis par une émotion de désespoir ?
Le regard que nous portons alors sur nous-mêmes, dans la douleur du désespoir, ne peut être ni unique ni définitif. Il a besoin d’être accueilli avec bienveillance, exploré sans jugement, soutenu par une présence attentive, et parfois partagé, afin de s’ouvrir à d’autres possibles.
C’est dans cet esprit que je cherche ici à m’adresser, de manière apaisée, aux personnes en proie au mal de vivre, comme à celles qui songent à mettre fin à leur vie, mais aussi à toutes celles qui peinent à se tenir en présence d’elles-mêmes sans se condamner. J’ai en effet le sentiment que lorsque le désir de mort surgit, ce n’est pas tant la vie qui est refusée que le rapport à soi-même qui est devenu en quelque sorte « inhabitable », une relation à soi-même dans laquelle la possibilité même de s’aimer se trouve empêchée.
Je leur propose simplement de lire ces lignes avec ouverture et bienveillance envers elles-mêmes. Peut-être leur permettront-elles de mieux comprendre ce qui leur arrive, d’envisager une autre manière de percevoir la vie – et de se percevoir elles-mêmes – afin de pouvoir décider de ce qu’elles veulent pour elles-mêmes, avec le plus de lucidité possible.
Quoi qu’il en soit, et quel que soit ce que vous ressentez et percevez en cet instant, je vous souhaite de trouver le chemin qui vous semblera le plus juste pour vous.
Le désespoir, comme la dépression, relèvent d’abord de l’ordre des émotions. Non pas d’une simple humeur passagère, mais d’un affect profond, envahissant, qui modifie le rapport à soi, aux autres et au temps. C’est l’émotion de celui qui, déçu par autrui, ne parvient plus à faire confiance, et qui, dans le même mouvement, cesse aussi d’attendre quoi que ce soit de lui-même, se sentant vidé de toute ressource intérieure.
Un être qui n’attend plus rien de lui-même ni des autres se trouve privé d’horizon ; et lorsque toute attente disparaît, la vie cesse d’apparaître comme une promesse, laissant place à la pensée de la mort.
Sortir du désespoir, ou du moins cesser de lui obéir, et agir pour soi-même, le cœur ouvert, suppose de comprendre ceci : la principale raison pour laquelle le suicide est absurde tient au fait qu’il consiste à faire d’une émotion – aussi imposante soit-elle – le fondement d’un acte irréversible. Il revient à transformer un état émotionnel, vécu à un moment donné, en décision définitive.
Le suicide est un acte total posé en réponse à une souffrance vécue ici et maintenant comme englobante, comme si elle épuisait à elle seule la vie. Or, comme toute émotion, le désespoir est soumis au devenir. Rien de ce qui est vivant n’est figé. La réalité s’organise selon une tension constante entre les contraires : joie et peine, clarté et obscurité, face et revers. L’amour n’échappe pas à cette loi, pas plus que la vie elle-même, traversée par la mort.
L’oscillation est le mouvement naturel de la vie. Tout va et vient, se déplace d’un pôle à l’autre, selon une variation incessante des alternatives, une fluctuation entre les contraires. Tout varie, vacille, bringuebale et chancelle ; rien n’est définitivement stable dans un univers voué au changement. Tout hésite, palpite, tâtonne.
Vivre consiste ainsi à osciller, à passer sans cesse – consciemment ou non – d’un état à un autre. Nos états intérieurs obéissent à cette même loi du devenir. Ils se transforment, se renversent, nous faisant passer de l’élan à l’abattement, de l’espoir au désespoir, sans jamais se fixer durablement.
Imaginons un être qui, l’ayant compris, aurait appris à ne plus redouter ce mouvement – semblable à un enfant en parfaite harmonie avec le va-et-vient de la balançoire, consentant à l’élan comme au retour, prêt à s’offrir à l’alternative des choses.
La sagesse nous invite précisément à cette compréhension : on ne sort pas de l’oscillation. Nous vivons dans la dualité des choses. Il n’est pas de bonne nouvelle sans mauvaise nouvelle, pas de gain sans perte, pas de naissance sans disparition.
Tout ce que nous avons acquis, nous le perdrons. Et comme le dit la prière de Joy Harjo, poétesse et membre de la nation muscogee :
Nous remercions le Créateur
Pour la vie, ces terres
La famille et le fait que le mal est toujours
Suivi par un bien
Pourquoi redouter la mauvaise nouvelle, dès lors qu’elle est inséparable de la bonne, pour des êtres qui ont choisi de donner de la valeur aux choses ?
N’est-il pas insensé de vouloir conférer une valeur au monde, puis de souffrir de ce que ce monde obéisse à la loi même qui rend cette valeur possible – la loi des contraires, de la perte et du gain, de l’apparition et de la disparition ?
Nous n’avons alors pas d’autre choix que celui-ci : TOUT PRENDRE – la joie et la peine, l’élan et le recul, ce qui vient comme ce qui s’en va – non par résignation, mais par fidélité à la vie telle qu’elle est.
Pourtant ce n’est pas là notre fonctionnement. Nous tergiversons sans arrêt. Nous sommes traversés d’émotions contradictoires, tirés tour à tour dans des directions opposées, sans jamais nous fixer durablement.
Or le seul moyen de réconcilier les contraires – et non de les abolir – n’est pas de chercher à mettre fin à l’oscillation, mais de l’accepter pleinement. Ne plus la refuser, ne plus la subir, mais cesser de s’y opposer. Ce n’est qu’en consentant à ce mouvement que l’on cesse d’en être aveuglément la victime.
Tout prendre, alors, non comme une soumission, mais comme une lucidité. Car, comme le disait Héraclite, « les hommes ne savent pas qu’en se contredisant, les choses s’accordent ». Ce qui nous déchire en apparence obéit peut-être à une harmonie plus profonde, que seule l’acceptation du devenir nous permettra d’entrevoir.
Nous rendre à l’évidence que c’est ainsi pour tous les êtres humains : il n’y a pas de joie sans peine. Ce sont les joies ET les peines qui composent l’existence de chaque être.
Refuser la peine, ce n’est pas l’abolir ; c’est s’emballer pour la joie, et préparer, sans le savoir, une peine accrue lorsque le balancier repartira de l’autre côté.
Accepter l’oscillation n’ôte rien à la joie, au contraire ; elle lui rend sa justesse, et rend à la peine sa mesure.
Ordinairement, nous désirons la joie et refusons la peine. Nous souhaitons ardemment que les choses adviennent conformément à ce que nous croyons nécessaire à notre bonheur, tout en rejetant ce qui nous arrive dès lors que cela contredit nos attentes.
En agissant ainsi, nous entrons en conflit avec le mouvement même de la vie. Nous réclamons un monde conforme à nos préférences tout en refusant la loi qui le rend possible. Ce n’est pas tant une faute qu’une méprise : celle d’une conscience encore immature, qui exige sans comprendre, qui veut sans consentir.
Car la vie ne se donne jamais à moitié. Elle ne se plie pas à nos désirs ; elle se déploie selon une logique plus vaste, où ce que nous appelons joie et peine ne sont pas des anomalies, mais les deux versants inséparables d’une même réalité.
Puisqu’il ne peut y avoir de joie sans peine, il n’existe pas d’autre manière de vivre pleinement que d’accepter l’existence dans sa totalité. Tout prendre : les joies avec les peines, le bonheur avec le malheur, non par fatalisme, mais par fidélité à la vie telle qu’elle est.
Vivre pleinement ne consiste pas à trier ce qui nous arrive, mais à consentir à l’ensemble du mouvement. Accueillir ce qui élève comme ce qui éprouve, sans confondre l’un ou l’autre avec une vérité définitive sur l’existence.
Réconcilier les antagonismes – les contradictions, la dualité – consiste à tout prendre. On ne peut pas s’en échapper. Être né, c’est déjà savoir que l’on mourra ; refuser de prendre la mort avec la naissance, c’est se condamner à une lutte perdue d’avance, et donc à la souffrance.
En revanche, avoir l’audace d’accueillir la totalité de la contradiction, consentir à ce qui est sans le retrancher, c’est se libérer du refus qui enferme. Ce n’est pas abolir la douleur, mais cesser de s’y ajouter soi-même. C’est en ce sens – et en ce sens seulement – que l’on peut dire que l’audace nous sauve.
Se laisser entraîner et démoraliser par le désespoir n’est pas plus raisonnable que de se laisser aveugler par l’enthousiasme de la joie. Dans les deux cas, nous nous abandonnons à un seul versant du réel, comme s’il pouvait se suffire à lui-même.
Or toute chose possède son double. Rien n’apparaît sans son envers, rien ne se donne sans la possibilité de son contraire. Tant que nous nous laissons séduire par un seul aspect du tout, nous préparons notre propre souffrance : car la vie, inévitablement, nous présentera l’autre face.
La sagesse ne consiste donc ni à fuir la peine, ni à s’agripper à la joie, mais à demeurer présent au mouvement qui les relie – sans se laisser emporter par l’une ni briser par l’autre.
Seul l’équilibre peut véritablement nous apaiser. Là où il y a un commencement, il y a nécessairement une fin. « Une sucette se termine toujours par le goût du bâton », disait un ami. Mais après le goût du bâton, d’autres sucettes nous attendent.
Nous perdrons tous, un jour, notre jeunesse. C’est le prix à payer. Refuser cette loi, c’est transformer ce qui ne peut pas ne pas être, en l’occurrence l’arrivée et l’installation progressive de la vieillesse, en tragédie intérieure.
Mon ami(e), si le désespoir t’habite, c’est peut-être parce que, dans le va-et-vient de ta vie intérieure, tu continues de croire qu’il devrait être possible d’aller sans jamais revenir. Or être humain, c’est précisément comprendre que nous sommes tous sur une balançoire : elle avance et elle recule, pour nous tous.
Il est possible de prendre plaisir à la balançoire, à condition de ne pas exiger l’immobilité alors qu’elle est en mouvement. La paix ne vient pas de l’arrêt du va-et-vient, mais du consentement à ce rythme. Celui qui ne refuse plus l’oscillation cesse de la subir ; il la traverse.
Quand la balançoire1 bouge, où voudrais-tu être immobile ?
Être d’accord pour se balancer, c’est accepter de tout prendre : ce qui nous convient comme ce qui nous contrarie.
Devenir responsable de soi-même, c’est reconnaître que nous vivons tous dans l’impermanence des êtres et des choses. Aimer intensément une femme ou un homme, s’unir à quelqu’un, c’est nécessairement entrer dans un processus de transformation. Une relation ne demeure jamais identique à elle-même ; elle évolue, se déplace, et ne peut pas évoluer autrement un jour ou un autre que par une séparation, ne serait-ce que par la mort d’un des deux amants.
Celui qui parvient à une certaine maturité le sait : il traversera, tôt ou tard, des moments difficiles. Il ne s’abuse plus à croire que le bonheur, lorsqu’il est là, pourra être figé ou garanti pour toujours. Mais il sait aussi – par expérience et par lucidité – qu’à condition d’accepter ces passages éprouvants, de les traverser sans s’y confondre, d’autres moments de joie redeviendront possibles.
Swami Prajnanpad l’exprimait ainsi :
Le jeune devient vieux.
La mort et la naissance vont côte à côte.
Le corps change, les émotions changent.
Hier, un homme était solide, fort et heureux.
Aujourd’hui, il se sent malade, faible et abattu.
Vous aussi vous changez.
Maintenant vous êtes quelque chose et la minute suivante autre chose.
Le vieux disparaît, le nouveau le remplace.
Le changement n’apparaît pas de temps en temps.
Il se produit chaque jour, à chaque seconde.
Il est continuel, omniprésent, tout puissant et éternel.
Il n’y a pas de sursis au changement.
Srinivasan, Entretiens avec Swami Prajnanpad.
La souffrance, aussi intense soit-elle, n’est jamais permanente. Elle est un état, non une essence. Or, dans les moments de grande détresse, il peut arriver que l’on s’identifie entièrement à ce que l’on ressent, comme si cette douleur disait toute la vérité de l’existence et de l’avenir.
Oublier alors la nature même de la vie – son impermanence, son mouvement, sa capacité de transformation – c’est risquer de prendre l’instant pour l’éternité. Comprendre que tout passe, non pour nier la souffrance, mais pour ne pas s’y enfermer, constitue peut-être l’un des gestes les plus profonds de la responsabilité envers soi-même.
Le désir de suicide, lorsqu’il surgit au cœur d’un moment difficile, peut être compris comme une identification totale à une souffrance en réalité passagère, mais ressentie comme absolue et permanente.
Dans le désespoir, le temps se referme : ce qui fait mal maintenant semble devoir durer toujours. La douleur occupe tout l’horizon, au point de devenir la vie elle-même.
C’est alors que la nature profonde de l’existence, son impermanence, est perdue de vue. L’oublier, ce n’est pas manquer de courage, c’est être momentanément aveuglé par l’intensité de ce que l’on éprouve.
Se souvenir que tout passe n’est pas nier la douleur – c’est lui refuser le droit de durer toujours.
D’autres encore peuvent être traversés par le désir de mourir sous l’effet de la honte ou de la culpabilité, convaincus – avec une sincérité qui ne leur apparaît pas feinte – qu’ils n’auraient pas dû naître. Ils n’ont pas encore conscience que leur relation à eux-mêmes est déterminée par les relations qu’ils avaient avec ceux qui avaient pour mission de les accueillir dans les premières années de leur existence. Mal accueillis, ils se croient être ce que des êtres non accueillants, et parfois maltraitants, leur ont dit qu’ils étaient. Ce sont des êtres « conformes » qui ne savent pas qu’ils sont conformes à une image qui leur a été imposée et qui – tant qu’ils ne le savent pas – restent prisonniers de ce qu’on leur a dit qu’ils étaient.
Nous sommes tous conformes à ce que nous croyons être car ce sur quoi nous portons durablement notre attention finit toujours par prendre une importance démesurée à nos yeux, jusqu’à orienter notre rapport à nous-mêmes.
Lorsqu’un être se perçoit comme indigne ou mauvais, ce n’est pas seulement une opinion qu’il entretient : c’est une grille de lecture à partir de laquelle il interprète chacun de ses gestes, chacune de ses pensées. Peu à peu, cette croyance agit comme une prophétie intime : ce que l’on croit être finit par déterminer la manière dont on se traite soi-même.
Ce qui demeure alors souvent inexploré, ce sont les causes de ces croyances. On oublie de se demander d’où vient ce jugement sévère, à quelle histoire il appartient, et s’il est véritablement le fruit d’une lucidité personnelle ou l’héritage d’un regard ancien et maltraitant.
Il devient pourtant possible de découvrir que ce rapport injuste et dur à soi-même n’est pas né spontanément. Il prolonge parfois, à l’intérieur, le jugement de ceux qui ont fait sentir à l’enfant – par leurs paroles ou leurs actes – que son existence même n’était pas pleinement légitime. Là où l’estime de soi a été atteinte très tôt, le jugement intérieur continue de frapper, longtemps après que les voix extérieures se sont tues.
Mon ami(e) c’est ainsi que tu ne sais pas, pour ne pas l’avoir encore découvert, que ton envie de mourir n’est pas une fatalité mais une prison de laquelle il t’est possible de t’évader. Tu n’as – pour le moment – pas encore conscience de la possibilité de t’en évader, de la possibilité qui est la tienne de considérer les murs qui t’enferment, autrement que comme des limites définitives.
Pour t’évader de ta prison, il te faut commencer par reconnaître que tu es en prison (et ce sera-là ta première démarche), encore rendue impossible à celui qui ne le sait pas. Reconnaître que tu es en prison te demandera de faire un premier pas de côté, condition nécessaire pour avoir le désir de s’en évader. Ce pas de côté effectué, tu vas pouvoir te consacrer à l’étude de ta prison2 de manière à ce qu’elle cesse d’être une évidence.
On n’a rien sans peine et dans cette étude il faut que tu saches à l’avance que comme la dualité est partout (souviens-toi, le mouvement se perpétue à l’infini), il y aura encore des moments où tu oublieras être en prison et l’oubliant, tu t’identifieras encore à ta prison avec des désirs sincères de mourir.
Je dois aussi te dire que ce qui agit en toi lorsque tu veux mourir, n’est pas une vérité sur toi, mais ton identification à une pensée de mort.
Celui ou celle qui se suicide est toujours, à l’instant du passage à l’acte, happé par une identification provisoire qu’il prend pour absolue.
Les êtres humains sont conduits par ce à quoi ils s’identifient. C’est pourquoi la véritable question n’est pas pourquoi souffres-tu ? Mais pour quoi, ou pour qui, te prends-tu au moment de ton désir de mort ?
Si tu t’identifies à ton désir de mort, alors tu meurs – il ne peut en être autrement. Ce ne sont pas les événements qui dressent des barrières contre toi, mais tes constructions mentales lorsque tu les prends pour qui tu es.
À ce stade, tu comprends que l’essentiel est de devenir conscient de tes identifications, car seul celui qui les voit peut parvenir à ne plus leur obéir.
Toute liberté commence par la conscience de soi – par la lucidité à l’égard de ce que nous vivons et des processus qui nous traversent. C’est la lucidité sur lui-même qui permet à un être de devenir libre des émotions par lesquelles il passe. C’est cette simple lucidité qui fait tout. Une simple conscience de soi à l’œuvre met le processus de désidentification à l’œuvre.
Si tout ce sur quoi nous portons notre attention prend de l’importance à nos yeux, alors ce sont nos pensées qui orientent cette attention.
Il n’est nul besoin d’y croire : il suffit de le constater.
À quoi penses-tu maintenant ? Regarde bien : c’est déjà cela que tu es en train de devenir.
Ainsi tu penses : ma femme (mon mari) n’aurait pas dû me tromper ; tu penses : je n’aurais jamais dû agir ainsi avec mon enfant.
Si tu es aujourd’hui en mauvais termes avec ta femme ou ton mari, ce n’est pas d’abord parce qu’elle ou il t’a trompé(e), mais parce que tu entretiens la pensée qu’elle ou il n’aurait pas dû faire – ce qui, pourtant, a été fait.
L’événement est passé. Ce qui agit encore, c’est la pensée qui refuse qu’il ait eu lieu. Ce n’est donc pas le fait qui maintient la souffrance, mais la relation que ta pensée entretient avec ce fait.
En pensant ainsi, tu te mets en porte-à-faux avec la vérité des faits : tu les refuses. Et c’est précisément ce refus qui engendre ta souffrance.
De la même manière, si tu t’en veux aujourd’hui pour la façon dont tu as agi avec ton enfant, ce n’est pas le fait passé qui te fait souffrir et culpabiliser, mais la pensée insistante que tu n’aurais pas dû agir ainsi. Là encore, tu refuses ce qui a eu lieu.
Tant que les faits sont refusés, ils ne peuvent pas être constatés ; et tant qu’ils ne sont pas constatés, aucune adaptation n’est possible. Enfermé dans cette prison intérieure, tu tournes en rond avec ta douleur.
Persuadé que tu ne peux que refuser ce qui ne te convient pas, tu continues de refuser – et donc de souffrir – jusqu’à parfois croire, à tort, que disparaître serait le seul moyen de ne plus souffrir.
Il est vrai qu’en faisant disparaître celui qui souffre, la souffrance disparaît. Mais ce que tu ne vois pas encore, c’est que le moyen le plus juste de faire disparaître celui qui souffre n’est pas de le supprimer, mais de dissoudre la véritable cause de sa souffrance : sa mauvaise manière d’interpréter ce qui est.
Les faits ne font pas souffrir, le refus des faits, oui.
Celui qui accepte le fait avéré que sa compagne ou son compagnon l’ait trompé quand elle (il) l’a fait ne souffre pas, il se soumet au fait.
La souffrance naît lorsque la pensée refuse ce qui est advenu, lorsqu’elle s’arc-boute contre la réalité en répétant : cela n’aurait pas dû être.
Notre douleur n’est donc pas produite par les événements, mais par les pensées qui nous déterminent dans le refus des faits – dans le refus de « ce qui est ».
Nous sommes tous des êtres fins, sensibles et délicats, porteurs d’un désir de vivre. Mais qu’en est-il de toi qui es convaincu de ne pas « mériter » de vivre ?
À ce stade d’identification aux pensées que tu entretiens sur toi-même, il se peut que tu sois devenu étranger à toi-même, en refus de toi, sans même en avoir conscience.
Ayant entendu, un nombre incalculable de fois, que tu n’étais pas « comme il faut », que tu n’étais pas « quelqu’un de bien », tu as appris à te conformer à ces jugements, sans jamais songer à les interroger.
En réalité, personne – aucun homme, aucune femme – ne « mérite » ou ne « mérite pas » de vivre. Il y a des êtres humains qui vivent et demandent à se déployer, c’est tout.
Si tu crois ne pas le mériter, c’est que tu es encore sous l’influence d’un juge intérieur : un jugement ancien, souvent hérité de ceux qui auraient dû t’accueillir, et qui a fini par s’installer en toi au point que tu te juges désormais toi-même, et culpabilises de ce que tu as été, sans même t’en rendre compte.
C’est la lucidité sur toi-même qui te permettra de voir que ce juge est une construction mentale, une illusion entretenue par l’habitude.
En vérité, ce juge n’existe que dans ta tête. Il te fait prendre pour ce que tu n’es pas, mais que tu crois être.
C’est ainsi que tu découvres qu’il va te falloir regarder de beaucoup plus près les pensées que tu entretiens sur toi-même. Ce travail est actif : il demande à la fois ta bonne volonté et une attention soutenue. Rien ne peut s’y faire dans la passivité.
Ta culpabilité – qui alimente ton désir de mort – n’est pas une vérité sur toi, mais un mirage. Elle n’a de pouvoir que parce que tu t’y identifies et que tu y crois.
En vérité, chacun fait avec lui-même et avec les autres exactement ce qu’il peut, comme il le peut, à partir de ce qu’il est et de ce qu’il a reçu.
Et pourtant, sous la diversité des comportements, des erreurs et des maladresses, il n’y a chez les femmes comme chez les hommes qu’une aspiration fondamentale : la paix.
Puisqu’il n’y a pas de juge, tous les êtres sont bienvenus tels qu’ils sont. Mais bien peu le savent, prisonniers des paroles répétées dans leur enfance, qu’ils ont fini par prendre pour des vérités sur eux-mêmes.
Nos projections sont destructrices : elles nous détournent de nous-mêmes et ne nous aident en rien. S’en libérer ne demande pas de les combattre, mais de les reconnaître pour ce qu’elles sont.
Je te propose donc de considérer que dans ces moments de perte de vitesse, dans ces moments de partielle adhésion aux propos du juge qui dans ta tête te dit que tu n’as pas le droit de vivre, tu es comme « assailli par des démons ».
Le propre d’un démon est de chercher à te tenter de manière à ce que tu tombes dans ses pièges. Ici le démon t’attire et est d’autant plus puissant contre toi qu’il te confirme ce que tu penses déjà de toi : oui, tu ne mérites pas de vivre, il t’invite donc à te supprimer.
Regarde, il ne crée rien : il ne fait que répéter en confirmant ce que tu crois déjà être. C’est pour cela qu’il est si convaincant.
Voici une histoire, telle qu’elle est transmise dans la tradition tibétaine, avec toute sa portée intérieure, qui met en évidence la seule pratique possible pour se libérer de ses démons :
Un jour, alors que Milarépa3 méditait dans sa grotte, des démons surgirent pour l’effrayer, le provoquer et le détourner de sa pratique.
Au lieu de les combattre, de les fuir ou de chercher à les chasser, Milarépa les regarda et leur dit simplement : « Puisque vous êtes venus, soyez les bienvenus. Asseyez-vous. Mangez si vous avez faim. Restez si vous devez rester. Partez quand vous partirez. »
À cet instant, les démons perdirent toute consistance et disparurent.
On ne neutralise pas un démon en le combattant, ni en cherchant à le faire taire. On le neutralise en cessant de s’identifier à lui.
Le moment décisif sera celui où tu pourras dire intérieurement : « Voilà la voix du juge. Voilà la tentation. Voilà la pensée. »
À l’instant même où tu la vois comme telle, elle perd sa substance. Un démon vu n’est plus un démon – il devient un phénomène passager. Mais plus tu le crains, plus tu lui obéis. Plus tu cherches à le convaincre qu’il a tort, plus tu restes pris dans son jeu. Mais si tu le regardes sans lui répondre, sans le suivre, sans le croire, alors il n’a plus de prise.
Milarépa en conclut :
Prendre les démons pour des démons, voilà le danger !
Les savoir vains, voilà le chemin !
Les comprendre « tels qu’ils sont », voilà la délivrance !
Les connaître comme père et mère, voilà leur fin !
Les admettre comme créations de l’esprit et ils se changent en ornements !
Ces usages ainsi connus, le TOUT est libéré !
Les démons sont ce que la lucidité moderne nomme : pensées automatiques, schémas appris, voix intériorisées, conditionnements précoces.
Leur fonctionnement est désormais bien connu : une pensée surgit, elle capte l’attention, déclenche une émotion, puis se présente comme une vérité sur soi. Le piège ne réside pas dans la pensée elle-même, mais dans l’identification silencieuse à cette pensée.
Or, une pensée n’est pas un fait. Une émotion n’est pas un verdict. Une voix intérieure n’est pas une autorité.
La lucidité moderne ne cherche ni à supprimer les pensées, ni à les remplacer par des pensées « positives ». Elle consiste en un déplacement simple et décisif : passer de « je suis cette pensée » à « une pensée apparaît en moi ».
Et c’est précisément ce que proposent les approches thérapeutiques contemporaines les plus solides : thérapies cognitives, pleine conscience, thérapie d’acceptation et d’engagement (en anglais, acceptance and commitment therapy ou ACT).
Lorsqu’une pensée est reconnue comme un phénomène mental transitoire, elle perd son pouvoir de contrainte. Ce n’est pas elle qui disparaît d’abord, c’est l’identification qui se défait.
Ainsi, ce que la tradition appelait « accueillir le démon » signifie aujourd’hui : laisser apparaître la pensée sans la suivre, sans la combattre, sans lui obéir. Ce n’est pas la pensée « tu n’as pas le droit de vivre » qui est dangereuse, mais le fait de la croire sans la voir.
« Voir » c’est n’être plus possédé : la liberté, l’évasion de sa prison, ne vient pas de pensées meilleures, mais d’une relation plus juste aux pensées.
Parvenir à savoir que les démons sont vains, sans consistance, c’est les comprendre tels qu’ils sont. Comprendre qu’ils se nourrissent et prospèrent à partir de la crédulité que nous mettons en eux. Pas de crédulité, pas de prospérité pour eux, ils partiront, dégoutés, chercher à se nourrir ailleurs.
Déjouer ses démons c’est parvenir par exemple à ne pas réagir sous le coup de la colère ou de la peur, c’est avoir suffisamment de compassion pour soi-même pour devenir habile avec soi-même. Cela nous sera donné par notre patience – qui ouvre l’éventail de beaucoup de possibles dans notre relation à nous-même.
Pour ce faire, Milarépa nous dit qu’il nous faut apprendre à connaître nos démons aussi bien que nous connaissons nos propres parents, c’est-à-dire à devenir capable de devancer leurs réactions de manière à ne plus pouvoir nous laisser surprendre par eux. C’est là la vraie connaissance de soi-même. Celui qui se connaît tellement bien lui-même parvient à savoir à l’avance comment il va réagir, et devient par là-même libre de sa réaction.
Une fois que, connaissant nos démons, nous deviendrons capables de les admettre comme étant des créations de notre mental, ils n’auront pas plus de pouvoir sur nous qu’un bijou, qu’un ornement, qu’un insigne n’en a sur le revers de notre manteau.
C’est ainsi que la totalité se libère. La peur s’étant dissipée, nous voilà enfin réconciliés avec tout ce que nous sommes, disponibles à ce qui vient, quelles que soient les circonstances.
Dans La Voie commence là où vous êtes, Pema Chödrön, moniale bouddhiste qui a voué son existence à la sagesse et à la compassion, reprend l’histoire de Milarépa d’une manière encore plus saisissante :
« Un soir que Milarépa retournait à sa caverne après avoir ramassé du bois de chauffage, il la trouve pleine de démons. Ils faisaient cuire ses provisions, lisaient ses livres et couchaient dans son lit. Ils avaient pris le contrôle de sa piaule. Milarépa connaissait la non-dualité du soi et de l’autre, mais il ne savait pas comment en finir avec ces énergumènes de sa caverne. Même s’il se doutait bien qu’ils n’étaient qu’une projection de son propre esprit – de toutes les parties de lui-même dont il ne voulait pas – il ne savait pas comment s’en débarrasser.
Il commença donc à leur enseigner le Dharma4. Il s’assit sur un siège d’où il les domina et leur exposa comment nous sommes tous un. Il leur parla de la compassion, de la shunyata5 il leur dit comment le poison est un remède. Cela ne changea rien. Les démons étaient toujours là. Puis, il perdit patience, se mit en colère et leur courut après. Ils ne firent qu’en rire. Finalement, il lâcha prise, s’assit par terre et dit : « Je ne m’en irai pas ni vous, essayons donc de vivre ensemble. »
À ce moment-là tous s’en allèrent sauf un. Milarépa dit : « Ah, celui-là est particulièrement pervers. » Il ne sut que faire et décida donc de lâcher prise encore plus. Il s’approcha du démon et se mit droit dans sa gueule en disant : « Dévore-moi si tu veux. » Alors le démon partit à son tour. »
Le travail que décrit Milarépa dans notre relation aux démons est le travail d’une vie. Mais il dépend de nous, à force de pratique, de nous souvenir que le véritable danger n’est pas la présence des démons, mais le fait de les prendre pour ce qu’ils ne sont pas.
Celui qui prend ses tigres en papier pour de véritables tigres se met en danger, non à cause d’un péril réel, mais parce qu’il redoute un danger qu’il a lui-même fabriqué. Le secret est simple et décisif : les démons n’existent que dans l’esprit de ceux qui les font vivre.
De la même manière, le désir de mort n’est qu’une tentative de fuite face à quelque chose qui, en vérité, n’existe pas en soi. Ce sont nos interprétations qui donnent consistance à nos peurs, et c’est parce que nous les croyons que nous cherchons à leur échapper.
Si, par exemple, je pense que ma femme ne devrait pas me tromper, je produis en moi la peur même d’être trompé. Ce n’est pas l’événement qui crée la peur, mais la pensée qui refuse par avance sa possibilité.
Le monde intérieur fonctionne selon une loi simple : ce à quoi je résiste psychiquement m’obsède. Ce que je refuse d’admettre occupe mon attention, et ce qui occupe mon attention prend une importance démesurée. C’est ainsi que – sans en être conscient – j’attire ce qui m’arrive.
La peur est ainsi un désir inversé : elle fixe l’esprit sur ce que l’on ne veut pas voir advenir, en le maintenant présent à chaque instant. En ce sens, elle est perverse, non moralement, mais fonctionnellement.
Tant que nous nous laissons gouverner par nos désirs et par leurs reflets inversés – nos peurs – nous restons manipulés par des illusions. Ces désirs et peurs ne sont pas des réalités : ce sont des mirages qui fascinent l’esprit tant qu’il ne les reconnaît pas pour ce qu’ils sont.
La stratégie à adopter face à nos démons nous est donnée par le poète persan Jalâl ud Dîn Rûmî6, lorsqu’il nous rappelle que l’être humain est avant tout un lieu d’accueil.
Il nous invite à accueillir nos joies comme nos abattements, nos élans comme nos bassesses, et à recevoir toutes nos expériences intérieures comme des visiteurs inattendus.
Rûmî précise : les pensées noires, la honte, la malveillance – rencontre-les à la porte en riant et invite-les à entrer. Ce rire n’est pas moquerie, il est lucidité car accueillir n’est pas approuver, accueillir, c’est cesser de résister : dès que la résistance tombe, le visiteur perd son pouvoir.
Ainsi, dans la continuité de Milarépa : le démon que l’on accueille cesse d’être un démon. Ce n’est pas l’émotion qui détruit, mais le refus de l’émotion.
Pour se libérer du désespoir comme des peurs, il n’existe pas d’autre voie que de les rencontrer, de les apprivoiser, afin d’apprendre à les connaître. Inviter ses émotions plutôt que les refouler est le moyen le plus sûr de ne plus en être le jouet – et de pouvoir, enfin, agir avec justesse.
Ne pas avoir peur de ses démons, c’est les inviter dans son logis, les regarder sans les croire, pour découvrir qu’ils n’étaient dangereux que tant qu’ils restaient à la porte, dans l’ombre.
Ce que tu invites se transforme.
Ce que tu refuses te gouverne.
Et Rûmî de conclure :
Accueille-les, divertis-les tous
Même s’il s’agit d’une foule de regrets
Qui, d’un seul coup balaye ta maison
Et la vide de tous ses biens.
Chaque hôte, quel qu’il soit,
Traite-le avec respect,
Peut-être te prépare-t-il
A de nouveaux ravissements.
Sois reconnaissant
Envers celui qui arrive
Quel qu’il soit,
Car chacun est envoyé comme
Un guide de l’au-delà.
Ainsi personne ne peut juger celui qui obéit au désespoir en fuyant, mais n’obéit au désespoir que celui qui ne parvient pas encore à le rencontrer.
La vie est aubaine si nous savons nous y prendre avec elle. Tout ce qui vient, vient pour disparaître – à condition d’être regardé et accueilli, plutôt qu’écouté et suivi.
Si vous vous sentez aujourd’hui si malheureux, c’est sans doute parce que vous avez passé votre journée à écouter et à prendre vos démons au sérieux, à leur accorder une autorité qu’ils n’ont pas. Ils sont des tigres parce que vous les prenez pour des tigres. En vérité, ils ne sont que des tigres en papier.
Le démon parle
Tu écoutes
Il grandit
Tu regardes
Il se dissout
Ainsi, ce que tu oses regarder sans y croire cesse aussitôt de te gouverner.
Votre désir d’intégrité révèle la noblesse de votre être. Obéissez à cette noblesse en vous accueillant plutôt qu’en vous jugeant. Il faut tout prendre. Être humain, c’est tout prendre – même le désespoir. Vu pour ce qu’il est, un tigre de papier, le démon n’a plus de pouvoir.
Celui qui veut traverser le désespoir ne peut avoir qu’un seul horizon : tout aimer. Non par naïveté, mais par lucidité.
Comme l’écrit le poète Jean-Pierre Siméon 7 :
Aimer tout aimer
même le froid et ses morsures
même l’heure qui sépare
et les déserts du chagrin.
Aimer l’arbre fendu
la fontaine sans eau
et le visage blessé
où ne vont plus les songes.
Aimer les mains qu’on n’a plus
et la caresse abandonnée
et la saison obscure
qui n’éveille plus l’oiseau.
Croyez-moi
je sais de quoi je parle
cœur léger comme vous
Aimer… à en brûler
l’instant sans joie
qui serre le cœur,
qui serre le cœur.
Tout aimer, c’est ne plus rien refuser – et ainsi rester vivant.
© 2026 Renaud Perronnet. Tous droits réservés.
Notes :
1. Je fais ici allusion au poème de Rabindranath Tagore.
2. Voir à ce propos le diaporama : Étudier sa prison.
3. Milarépa est un grand yogi, poète et saint du Tibet (1052-1135), il est devenu un maître de renom du bouddhisme tibétain.
4. Ensemble des lois de l’ordre universel cosmique.
5. La Sunyata désigne, dans le bouddhisme, la vacuité des êtres et des choses. Elle est liée à ce que l’on appelle en philosophie l’anséité et qui désigne le fait d’exister par soi-même donc de ne dépendre de rien d’autre pour exister.
6. Pour en savoir plus sur Rûmî, maître spirituel soufi, lisez sur Wikipédia.
7. Cliquez ici, pour en savoir plus sur Jean-Pierre Siméon.
Illustration :
Edvard Munch, Désespoir
Pour aller plus loin sur ces thèmes, vous pouvez lire :
- S’initier au travail intérieur
- Est-ce que je ne me ferai pas un film par hasard ?
- Esclavage et liberté
- Comment accepter ce que l’on a subi ?
- Peut-on se libérer des pensées ?
- Voir les choses telles qu’elles sont : la leçon des feuilles
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