Si le but d’une vie réussie est de parvenir à être en phase avec soi-même, il est légitime pour chacun(e) de se situer et d’agir par rapport à ses besoins propres, par rapport à ses goûts et ses dégoûts.
Chacun a donc le droit d’aimer ce qu’il aime et de ne pas aller là où il ne souhaite pas aller.
Nous sommes tous ce que nous sommes dans notre différence, il n’est donc pas égoïste, pour une personne de se laisser dicter sa ligne de conduite par ses propres besoins et il serait particulièrement malvenu de le lui reprocher.
Pour parvenir à l’équilibre, pour parvenir à s’épanouir, à se réaliser, chacun devra se réguler par rapport à lui-même et à ce qu’il sent dans sa profondeur, du moment qu’il ne gêne pas l’autre.
Alors qui est égoïste ?
Est égoïste la personne qui cherche à aliéner la liberté d’une autre personne pour son profit, celle qui cherche à utiliser une autre personne pour ses besoins à elle.
Exercer une pression, un chantage, pour que l’autre aille dans la direction dont on a besoin ou que l’on désire est assurément égoïste.
« Tu ne veux pas aller au cinéma avec moi ce soir, tu n’es vraiment pas sympa ! » est à coup sûr égoïste puisque c’est chercher à convaincre l’autre qu’il ne devrait pas avoir le désir qu’il a puisqu’il ne correspond pas au sien.
Par contre, ne pas avoir le désir d’aller au cinéma avec une personne qui nous le demande n’est pas égoïste. C’est juste l’expression de notre liberté puisque personne n’est fait pour être ce que l’autre voudrait qu’il soit.
La personne égoïste agit comme un enfant immature qui – parce qu’il ne parvient pas à se suffire à lui-même – se sert des autres en rêvant de trouver chez eux ce qu’il ne parvient pas à trouver chez lui.
Les personnes égoïstes sont facilement manipulatrices, notamment quand elles traitent ceux qui ne vont pas dans le sens de leurs désirs (mais écoutent avec justesse leurs désirs propres) d’égoïstes.
En matière d’égoïsme, c’est le plus souvent celui qui le dénonce chez l’autre qui l’est. Par définition une personne égoïste qui raisonne en « moi d’abord, les autres après », est incapable de se remettre en cause ; elle ne s’interroge pas sur le besoin qu’elle a de l’autre, il lui semble normal.
D’abord et essentiellement concernée par elle-même, elle ne sait pas que le simple fait de ne pas vouloir faire quelque chose qu’on ne sent pas n’est pas égoïste mais simplement cohérent.
En fait chacun est comme il est, avec ses souffrances et ses blessures qui l’obligent bien souvent à ne pas prendre l’autre en considération. Juger l’autre comme égoïste c’est trouver que l’autre aurait pu faire un effort pour nous. L’égoïsme est cousin du sentiment que l’autre est un ingrat, donc de notre difficulté à pouvoir envisager que l’autre soit un autre. C’est à coup sûr le signe de notre enfermement… dans notre propre égoïsme, que nous cherchons à faire passer sous silence.
Celui qui ne cède pas aux accusations d’égoïsme ne doit pas s’en sentir coupable, il agit en harmonie avec lui-même.
Ce qui ne veut pas dire bien sûr qu’il ne répondra jamais aux attentes de l’autre. Mais quand il le fera ce sera à la mesure de son consentement, en connaissance de ses propres besoins, de manière à éviter d’être dans l’attente d’un retour de l’autre.
© 2026 Renaud Perronnet Tous droits réservés
Pour aller plus loin sur ce thème, vous pouvez lire :
- Égoïsme
- Faut-il et peut-on aider par devoir ?
- Doit-on prendre sur soi pour faire plaisir à l’autre ?
- Culpabilité et amour de soi
Moyennant une modeste participation aux frais de ce site, vous pouvez télécharger l’intégralité de cet article de 2 pages au format PDF, en cliquant sur ce bouton :
Compteur de lectures à la date d’aujourd’hui :
276 vues
ÉVOLUTE Conseil est un cabinet d’accompagnement psychothérapeutique et un site internet interactif de plus de 8 000 partages avec mes réponses.
Avertissement aux lectrices et aux lecteurs :
Ma formation première est celle d’un philosophe. Il est possible que les idées émises dans ces articles vous apparaissent osées ou déconcertantes. Le travail de connaissance de soi devant passer par votre propre expérience, je ne vous invite pas à croire ces idées parce qu’elles sont écrites, mais à vérifier par vous-même si ce qui est écrit (et que peut-être vous découvrez) est vrai ou non pour vous, afin de vous permettre d’en tirer vos propres conclusions (et peut-être de vous en servir pour mettre en doute certaines de vos anciennes certitudes.)


