Neutre

Réflexion n° 48 :

Tout ce à quoi nous accordons de l’attention prend de la valeur à nos yeux. C’est à travers l’attention que nous leur donnons que nous rendons les choses importantes pour nous. Tant que nous ne leur accordons pas d’attention, les choses n’existent pas pour nous et rien ne se produit pour personne.

Prenons un exemple simple. Tant que je ne me suis pas aperçu que l’aile gauche de ma voiture est rayée, je suis en paix puisqu’il n’y a rien pour moi. Au moment où mon regard se pose sur l’aile gauche de ma voiture et que je constate la rayure, c’est ce que je me dis à moi-même à propos de cette rayure qui va déterminer mon état psychique actuel.

En réalité la rayure sur ma voiture est parfaitement neutre, de même le fait que ma petite amie m’ait quitté, ou que mon chat soit mort.

Épictète, au deuxième siècle, l’énonçait déjà : « Ce qui trouble les hommes, ce ne sont pas les choses, ce sont les jugements qu’ils portent sur les choses. »

« C’est ennuyeux que ma voiture ait une rayure, ma petite amie n’aurait pas dû me quitter, mon chat devrait être vivant », sont de simples opinions crées par moi-même quand je ne suis pas d’accord avec les choses telles qu’elles sont.

Si nous voulons comprendre ce qui nous arrive dans le but de moins souffrir, il nous faut donc accorder la plus grande importance aux opinions que nous portons sur les choses.

Le Sin-sin-ming, texte fondateur du Zen écrit au VIIème siècle, explique cela admirablement : « Si une chose ne vous offense pas, elle est comme inexistante ; si rien ne se produit, il n’est point d’esprit. Le sujet disparaît à la suite de l’objet, l’objet s’évanouit avec le sujet. »

Pour que les choses ne nous offensent plus, il nous faut donc les voir telles qu’elles sont : absolument neutres.

A l’instant où vous me lisez, il y a un potentiel infini d’offenses possibles qui font comme graviter autour de votre conscience et qui deviendront réelles pour vous ou non selon l’attention que vous leur accorderez.

Prendre conscience de cela c’est prendre conscience qu’au moins 90 % de nos convictions sont des opinions à propos des choses, des êtres et du monde qui nous entoure.

Pour dépasser notre vision limitée du mental et de l’ego (donc pour nous entraîner à voir les choses telles qu’elles sont) Arnaud Desjardins nous invite à un petit exercice :

« Ouvrez vos fenêtres. Il pleut. Ressentez que, pour vous, c’est difficile de trouver ça neutre, parce que votre pique-nique est à l’eau. Reconnaissez qu’il y a là une opinion, une qualification et essayez de retourner à la réalité. Il pleut, c’est tout. Il pleut. »

Voir les choses telles qu’elles sont c’est donc mettre en doute ses propres opinions à propos des choses pour ne plus être en porte à faux avec elles puisque tout est neutre.

© 2015 Renaud & Hélène PERRONNET Tous droits réservés. 

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CC BY-NC-SA 4.0 Neutre par Renaud Perronnet est sous Licence Creative Commons Internationale Attribution-Pas d'utilisation Commerciale-Partage à l'identique 4.0 .

24 réflexions au sujet de « Neutre »

  1. Juliette

    Bonjour,

    Vous voulez nous faire réagir, oui, vous avez réussie.
    Comment rester neutre devant un enfant violé.
    Merci de nous faire réfléchir et bonne journée.

    Juliette

    Répondre
  2. Al

    Bonjour ,
    Cette lecture de notre vie , je fais avec ( j accepte ) les faits , je les laisse glisser , est parfois trop brutale et vide pour quelqu un en souffrance , car malgré son efficacité , elle est difficile à mettre en pratique même si paradoxalement très simple . Je comparerai cela a des exercices de sport , c est en pratique simple encore de faire 50 abdominaux tous les matins , mais …
    Par expérience , je commence à intégrer que c est ce que l on fait d’un événement qui est bon ou mauvais mais pas l.evenement en lui même , dépasser cette volonté de vouloir changer les gens , le monde pour me libérer moi .Contrairement à ce que l on pourrait penser ce n est pas plus simple que de se torturer à tout analyser .
    J.encourage vivement ,ceux qui doutent de repenser cette notion binaire , pour accepter ses émotions . Respirer ..s élever pour voir les choses avec discernement sans jugement . Cest le jour ou l ´on essaie que l on comprend .
    Merci monsieur Peronnet ,vous m avez transmis cette piste de lecture et depuis tout va mieux.

    Répondre
    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Oui, « c’est le jour où l’on essaye que l’on comprend ». C’est pour cela que plutôt que de se torturer en se disant qu’il faut accepter que les enfants soient violés, il est plus sage de tenter de regarder la pluie quand elle tombe en convenant de tout son coeur qu’elle tombe alors même que le fait qu’elle tombe nous empêche de faire ce que nous avions projeté de faire.
      C’est pour cela que j’ai mis en exergue de mon site la parole de Maître Dongen : « Même si on aime les fleurs, elles fanent. Même si on n’aime pas les mauvaises herbes, elles poussent. »
      Et je le paraphraserai en disant : « Même si ça nous est intolérable que des enfants soient violés, les enfants violés existent. » (Et je vous prie de croire que cela m’est intolérable.)

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  3. Catherine

    Bonjour, hé bien, je suis toujours aussi offensée quand on touche à l’affectif de ma petite personne, je me sens presque le centre du monde comme si il n’existait que moi qui était offensée à ce point, ma mère de 96 ans le sait et en joue encore avec brio. Quelque fois, je me demande si au réveil, dès le saut du lit ma maman ne cogite pas pour trouver un truc à me blesser et si ce n’est pas sa seule raison de vivre qui la maintient éveillée !!
    Je suis fragile de ce coté là, je le sais, je m’en veux de l’être, je m’en défends comme je peux, je suis un Don Quichotte du sentiment je mouline dans le vide, je dis que je m’en fiche, qu’il y a d’autres choses plus importantes dans la vie, que je donne trop de valeur à son regard critique, que finalement il faut que je m’aime comme je suis et pas comme elle me voit…ça marche oui, mais je n’ai pas encore trouvé la véritable barrière pour ne pas que cela m’atteigne du tout, à par de devenir sourde…
    Merci pour cette réflexion

    Répondre
    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Tant que vous cherchez à « mettre une barrière » pour ne pas qu’elle vous atteigne vous renforcez son pouvoir, c’est-à-dire que vous vous y prenez a contrario de ce que vous souhaitez vraiment.
      C’est la manière dont vous vivez votre mère qui est l’obstacle à votre paix, pas votre mère.

      Répondre
      1. Catherine

        Je vous remercie pour votre réponse, bonjour ! Un jour un Psy m’a dit, » votre mère n’arrive pas à vous atteindre, c’est pour cela qu’elle vous attaque en permanence « mais moi je dis que oui elle m’atteint, peut être que je ne le montre pas, faut il lui montrer ? « bien sûr me répondit-il, votre mère est sensible aux larmes… » Bon les larmes ne viendront jamais, par contre elles coulent devant tout autre chose, une catastrophe qui entraîne des milliers de morts, un enfant martyre qui n’a pas pu s’exprimer et qui en est mort, un animal torturé, bref la souffrance m’est difficile à supporter.
        Merci encore pour ce site

        Répondre
  4. Nyls

    Bonjour,

    réflexion intéressante… Je pense que c’est un des thèmes de l’excellent roman de Camus, L’Étranger.
    On peut y voir un personnage que tout semble laisser indifférent. Il ne se ment pas et n’essaie pas de dissimuler la vérité à lui-même ou aux autres.
    Mais faudrait-il pour autant atteindre son degré de « neutralité » ? J’avoue que l’idée semble m’effrayer quelque peu… ( Et pourtant ce n’est qu’une idée ;))

    Répondre
    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Oui, elle m’effraierait aussi, d’autant plus que si je me souviens bien, Meursault est davantage inhibé que rempli de vie.
      Découvrir que tout est neutre n’est certainement pas être indifférent, c’est prendre conscience que ce qui nous sépare des choses et des êtres ce sont nos jugements sur eux donc nos refus qu’ils soient comme ils sont.

      Répondre
  5. Bruno

    Cette dimension de neutralité des évènements est, pour moi, assez facile à comprendre. En revanche, j’ai du mal à me positionner quand à la réaction à ces évènements. Nous avons une conscience, nous avons des émotions, nous sommes conscients de nos émotions car nous les ressentons. En effet, le propre d’une émotion, sa raison d’être, est d’être ressentie.
    Lorsqu’il s’agit d’événement qui entraîne de la souffrance, il est aisé de chercher à se référer à cette dimension de neutralité pour diminuer, voire effacer, cette souffrance car elle est désagréable. En revanche, lorsqu’il s’agit d’événements entraînant un sentiment plaisant comme le plaisir ou la joie, notre réaction naturelle est de vivre pleinement cet état, nous nous sentons bien.
    J’en arrive à mes questions : n’avez-vous pas peur qu’à force de rappel de cette neutralité nous devenions insensibles à ces événements ? Si nous gommons tous ces reliefs que sont nos émotions et nos ressentis, ne risquons-nous pas d’avoir une existence fade et sans couleur ? Cela ne reviendrait-il pas à assimiler le bien-être à une sorte de béatitude ?
    Je pense, aujourd’hui, que le bien-être tend plus au fait d’arriver à accepter que toutes les émotions existent, que, par exemple, pour ressentir la joie il faut ressentir la peine. Existerait-il alors une dimension supplémentaire, ou nous serions capable de « visualiser », comme si nous étions spectateurs, chaque événement et les émotions qu’il entraîne ?
    Bruno

    Répondre
    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      On pourrait dire que notre refus de voir les choses telles qu’elles sont fait comme un écran devant la réalité, tous nos mécanismes de défense sont issus du refus. Or le signal qui nous montre que nous refusons, c’est l’émotion qui met en évidence (si nous voulons bien la voir), le décalage que nous vivons entre ce que nous attendons de la réalité et la réalité telle qu’elle est.
      Le but est donc de vivre le plus complètement possible l’expérience de soi-même afin qu’il n’y ait plus ce décalage, ce qui permettra non pas d’être neutre, insensible ou mort mais en paix avec les choses telles qu’elles sont.
      Accepter les choses telles qu’elles sont c’est seulement accepter ce qui a été, cela ne présuppose donc pas que nous tolérions qu’elles durent.
      Accepter les choses telles qu’elles sont c’est juste être d’accord pour que ce qui est soit car quand nous n’acceptons pas les choses telles qu’elles sont, les choses sont toujours telles qu’elles sont et c’est cela qui nous fait souffrir.
      Après avoir retourné et compris cela dans votre tête, il vous restera à tenter de l’appliquer, ce qui vous permettra de découvrir la véritable cause de tous vos ennuis.

      Répondre
  6. Al

    Rien ne lui est indifférent .Tout est en place .même si …et même si .. C’est ainsi .on fait quoi par contre après ? On vit le mieux possible avec ce décor ,parfois cruel , parfois injuste , mais on peut cueillir les fleurs ,et se contrôler soi meme ,tout un programme déjà .

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  7. Marie

    Ce que je comprends c’est que quand un sujet nous touche, nos jugements, nos émotions, notre égo, notre mental ce qu’on a mis en place pour se protéger prend le dessus, au final elles sont vraiment nos émotions du coup si on ne les écoute pas et qu’on ne les apaise pas on n’est plus neutre envers nous et les autres.

    Répondre
    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Oui, si vous voulez, à la place de dire « émotion », vous pouvez dire « refus de voir les choses telles qu’elles sont ». Il s’agit donc de commencer par accepter d’avoir refusé pour pouvoir accepter les choses telles qu’elles sont.
      Par exemple si je suis en colère et que j’accepte de l’être, ma colère va s’apaiser peu à peu, si au contraire je culpabilise d’être en colère (ou d’avoir peur ou d’être triste) je renforce le refus en moi, je suis en colère d’être en colère, j’entretiens l’émotion et je ne pourrai jamais m’apaiser.
      Travailler à la pratique de la bienveillance avec soi-même, c’est travailler activement à oser accepter, de toute sa force, d’avoir été ce que l’on a été il y a une seconde.

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  8. miny Jean-Michel

    Les événements et circonstances sont riches d’enseignement si on s’interroge à leur propos. Sans vouloir contrarier autrui, j’affirme personnellement qu’il est valable de se faire un avis sur ce qui arrive autour de soi. Je considère que je ne suis pas un animal pour qui l’environnement est neutre, car j’ai un objectif d’amélioration du monde en tenant compte de ce qui arrive aux autres.

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  9. mat

    Bonjour
    Le matin en constatant qu il pleut alors que j avais prévu un pique nique.
    Je suis frustrée!
    Je ne suis pas indifférente ni neutre face à cet aléa, qu est la météo.
    Pourquoi a ce constat, notre esprit est déjà dans l après midi au pique nique?
    Car il y a un problème d’où la frustration.
    Notre esprit est déjà, en regardant la pluie à travers nos yeux, à rechercher une solution.
    J ai souvent constaté qu il m étais impossible de regarder un texte ou un écrit sans le lire.
    A croire que cela est irrésistible
    C’est d’autant plus gênant quant mes yeux se posent malgré moi sur des graffitis, tags, insultants.
    Tel un processeur notre cerveau est une machine à détecter les problèmes et à trouver des solutions.
    On ne peut être indifférent ou rester neutre face à une rayure sur sa voiture comme à notre environnement.
    C’est de l’intelligence.
    Par contre le danger réside dans l’absence de répit pour l’esprit qui en fait trop
    La semaine au travail j’attends le week end pour me reposer et le week end j attends le travail de la semaine qui tout compte fait est plus reposant.
    Je ne sais plus me reposer, m’ennuyer m effraie.
    L oisiveté source d’inspiration est assimilé a de la contre productivité. C’est très dangereux.
    Je programme, je fais, j’anticipe, je m’adapte

    Aussi cette réflexion me rappelle le texte d Harmut ROSA sociologue et philosophe allemand sur la technologie qui serait à l origine de l’accélération des rythmes….
    La technologie permettant à l homme de faire beaucoup plus en moins de temps permet de dégager du temps pour en faire plus.
    L homme à l origine de sa perte.

    Répondre
  10. Mme Fumée

    C’est intéressant en tout cas. Cela me fait penser à l’ancrage, et au besoin d’être ‘présent’. Tout ce qui nous mine n’est, en réalité, que le résultat de nos pensées. Lorsque nous nous contentons d’être « ici et maintenant », alors nous parvenons à la perception de cette neutralité évoqué dans cet article.
    En tout cas, je lis avec plaisir vos réflexions hebdomadaires, et vous invite grandement à continuer ce que vous faîtes. Votre site me fut d’une aide précieuse, et il continue de m’éclairer sur le chemin de ma vie.

    Bonne journée à vous ;

    Répondre
  11. Dominique

    Bonsoir,
    Oui je me disais « tiens, je n’y avais jamais pensé ». Sur le moment, à la lecture de votre réflexion, je comprenais sans comprendre. En étant attentive je m’aperçois bien que cette neutralité est parfois difficile à avoir dés lors que l’on se sent touché de plein fouet par ce qui arrive. La simple remémoration des faits peut refaire le même effet au fil des années et alimenter la souffrance. Donc oui il est nécessaire de repérer comment on fonctionne, au quotidien par rapport à des événements plus ou moins « importants » pour nous. Cette neutralité n’est pas facile à acquérir mais permet d’aller mieux. Ce n’est pas de l’indifférence, c’est arriver à admettre que c’est arrivé et c’est comme ça même si on se dit « pourquoi moi » ou pourquoi encore moi? Je trouve intéressant les exemples que vous prenez, de la pluie qui pour le coup « fait tomber à l’eau » la journée prévue, à des événements à mon sens plus graves. Quelque part, cela veut dire que le mécanisme est le même? C’est ainsi aussi que l’on peut ne pas se comprendre les uns les autres, telle chose glisse sur une personne et pourtant ravage l’autre?
    Merci pour cet écrit, qui comme souvent ouvre à la réflexion.

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    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Oui, une chose peut nous paraître évidente dans un contexte de calme et de paix, qui ne nous le paraîtrait pas dans un contexte de débordement émotionnel.
      Si une chose vous semble juste et censée, vous pouvez la laisser mûrir en vous-même et vous y entraîner, il n’y a certainement rien à « forcer », c’est ainsi que – peu à peu – vous vous sentirez de plus en plus à l’aise avec les choses « qui sont arrivées ».

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  12. martine

    Il est là, deux trous dans le cerveau, des fils reliés à des transmetteurs, sa voix est à peine perceptible, il a changé, il n’est plus le même, je suis aide soignante, et je suis son épouse. Comment rester neutre ?
    Pourtant je le dois, il m’appelle jour et nuit, j’ai mal partout, je suis complément épuisée, je n’y arrive plus, je veux mourir, je mourais avant lui, çà je le sens.
    Puis, je vous lis, je prends lecture de tout votre site, je m’accroche et je crie :
    Non ! Non ! il ne m’emportera pas dans sa maladie ! Non je ne veux pas ! Je l’aime de tout mon coeur !
    Mais je me dois, je dois rester Neutre !
    Il est « Lui » et je suis « Moi », Je n’appartiens à personne ! A Personne ! je dis bien!
    J’appartiens qu’à Moi ! A Moi seulement !
    Je n’ai plus de temps à moi, même à mon travail, je ne peux pas y aller, il me bouffe toute mon énergie ! je n’arrive même plus à parler ! Non ! Il ne me tuera point !
    Je veux vivre, sortir, aller à mon travail, et pour cela :
    Je dois rester Neutre ! aussi par amour pour lui,
    je reste Neutre !

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    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      La réalité est toujours neutre, une autre manière de dire que les choses sont toujours telles qu’elles sont. Mais il n’y a surtout pas à se servir de cette neutralité pour contredire et nier ce que vous vivez vous ! Cela ne veut donc pas dire que vous « devez » rester neutre.
      L’important pour un être dans la souffrance est de rester vrai avec lui-même.
      Donc, la vérité du moment est à la fois (et de tout votre coeur) : Oui la réalité est par définition neutre ; oui je souffre, oui elle m’est insupportable, oui je suis prise dans mes contradictions entre l’aimer et ne pas devoir me laisser tuer par lui parce que je n’appartiens qu’à moi, oui je veux vivre !
      Vous trouverez votre force dans l’adhésion complète à ce que vous vivez sur le moment. Pas de déni, et souvenez-vous : « Quand ça fait mal, ça fait mal. » Ce que je vis, je le vis, oui ! Courage Martine, vous êtes ce que vous êtes, rien d’autre.

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  13. Barbara L

    je crois que l’on peut accepter les choses telles qu’elles sont, ou qu’elles ont été, et que ceci n’empêche pas de ne plus vouloir que cela arrive. Dans les posts tout en haut, face à un enfant violé par exemple, bien sur que nous sommes révoltés, choqués, etc… nous pouvons en prendre conscience et laisser exister nos ressentis pour ce qu’ils sont. Pour autant, ces émotions sont aussi, parfois, des mises en mouvement… on va s’impliquer pour que cela n’arrive plus (si cela est possible)… mais si cela arrive encore (et malheureusement, c’est tout à fait probable, si ce n’est pas ici, ce sera ailleurs), eh bien on le vit avec conscience sans se laisser déborder. Ce qui ne dit pas non plus devenir fataliste et tout accepter n’est-ce pas?

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