Cruauté

Réflexion n° 10 :

« Qui aime bien châtie bien. » Nous avons tous déjà entendu l’adage qui assure que quand un parent ou un éducateur frappe un enfant qui a fait une bêtise, il ne le fait pas parce qu’il lui en veut mais parce qu’il lui veut du bien, que c’est donc pour son bien.

Par quelle habile mystification l’éducation traditionnelle a-t-elle réussi à nous faire croire que l’amour pouvait se confondre avec la cruauté et que le sadisme était légitime ?

Toute l’oeuvre d’Alice Miller nous éclaire à ce propos et plus particulièrement cette affirmation : « L’amour et la cruauté s’excluent mutuellement. On ne gifle pas par amour, on gifle parce que dans une situation similaire, alors qu’on était sans défense, on a soi-même été giflé et contraint à considérer cela comme un témoignage d’amour. »

Dans sa confusion entre lui et l’autre, l’éducateur qui n’est pas capable de convenir que la violence qu’il a subie n’était pas bonne pour lui, se condamne à la perpétrer sur les autres et se dédouane toujours de la même manière : en légitimant sa violence.

Pourquoi appellerions-nous cruauté le fait de frapper un animal, agression le fait de frapper un adulte et éducation le fait de frapper un enfant ?

© 2014 Renaud & Hélène PERRONNET Tous droits réservés.

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christine
christine
10 mars 2014 07:23

ce qui me fait peur aussi dans la violence et j’en suis consciente c’est que si on fait mal (en mots en ce qui me concerne) on sait (c’est mon cas) qu’aprés on va encore avoir plus mal d’avoir fait mal

c’est comme si je me punissais ….et la douleur est inévitable ..je le sais je suis trés malheureuse ensuite mais je le fais quand même

quand j’étais gosse et que je faisais une bêtise ma grand mére me disais “je ne t’aime plus “…j’avais mal mais je recommençais toujours

Mimi
Mimi
10 mars 2014 07:10

Bonjour, Je me suis apperçue il y a quelques années que la cruauté était bien présente dans notre société. Cruauté mentale avec la façon que l’on a de “tirer sur l’ambulance” ou de traiter les victimes en coupable, de leur tourner le dos dans un moment crucial tout en soutenant celui ou celle qui a fait du mal. Cruauté physique de la façon dont nous tuons les animaux que nous mangeons. Cette cruauté semble tellement normale que personne ne semble la voir. Il me semble aussi qu’embaucher des personnes en difficultés en contrat aidé, les payer le minimum en leur… Lire la suite »

jean michel
9 mars 2014 20:44

Il me parait évident que un problème est vraiment résolu non pas quand la personne à qui on est opposé est réduite, diminuée, ou sous contrôle ; mais seulement quand on a compris ensemble que ce qui s’est passé pouvait être vécu autrement. Si c’est inatteignable on peut essayer d’être d’accord sur ce qui ne va pas, sur ce qui pose une difficulté. La domination équivaut la plupart du temps à un refus du dialogue, à un refus d’une relation de personne à personne. Par ailleurs on agresse bien souvent par peur, soit des conséquences, soit du regard jugeur des… Lire la suite »

Dominique
Dominique
9 mars 2014 19:30

Bonsoir, J’ai souvent du mal à commenter, même si mes lectures sur votre blog me suscitent toujours des réflexions qui m’aident à avancer. J’ai souvent le sentiment d’être confuse. Là, “qui aime bien châtie bien”, c’est un adage que j’ai toujours détesté, je dirais, de manière “limpide” depuis mon adolescence. Une fois, ma fille était revenue de l’école en me disant que dans sa classe, elle était la seule à n’avoir jamais reçu ni claques ni fessées. Ses camarades la croyaient à moitié. Un père d’une élève m’a dit “quand même, pourquoi vous ne vous autorisez pas, ça peut faire… Lire la suite »