Cruauté

Réflexion n° 10 :

« Qui aime bien châtie bien. » Nous avons tous déjà entendu l’adage qui assure que quand un parent ou un éducateur frappe un enfant qui a fait une bêtise, il ne le fait pas parce qu’il lui en veut mais parce qu’il lui veut du bien, que c’est donc pour son bien.

Par quelle habile mystification l’éducation traditionnelle a-t-elle réussi à nous faire croire que l’amour pouvait se confondre avec la cruauté et que le sadisme était légitime ?

Toute l’oeuvre d’Alice Miller nous éclaire à ce propos et plus particulièrement cette affirmation : « L’amour et la cruauté s’excluent mutuellement. On ne gifle pas par amour, on gifle parce que dans une situation similaire, alors qu’on était sans défense, on a soi-même été giflé et contraint à considérer cela comme un témoignage d’amour. »

Dans sa confusion entre lui et l’autre, l’éducateur qui n’est pas capable de convenir que la violence qu’il a subie n’était pas bonne pour lui, se condamne à la perpétrer sur les autres et se dédouane toujours de la même manière : en légitimant sa violence.

Pourquoi appellerions-nous cruauté le fait de frapper un animal, agression le fait de frapper un adulte et éducation le fait de frapper un enfant ?

© 2014 Renaud & Hélène PERRONNET Tous droits réservés.

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5 réflexions au sujet de « Cruauté »

  1. Dominique

    Bonsoir,
    J’ai souvent du mal à commenter, même si mes lectures sur votre blog me suscitent toujours des réflexions qui m’aident à avancer. J’ai souvent le sentiment d’être confuse. Là, « qui aime bien châtie bien », c’est un adage que j’ai toujours détesté, je dirais, de manière « limpide » depuis mon adolescence.
    Une fois, ma fille était revenue de l’école en me disant que dans sa classe, elle était la seule à n’avoir jamais reçu ni claques ni fessées. Ses camarades la croyaient à moitié. Un père d’une élève m’a dit « quand même, pourquoi vous ne vous autorisez pas, ça peut faire du bien à l’enfant ». Je lui ai simplement répondu « ça peut pas faire du bien, ça fait mal ».
    Aimer et châtier, ça ne va pas ensemble. En disant cela, je ne dis pas que j’ai été parfaite dans l’éducation de ma fille, loin de là. Face à une certaine dureté de ma mère à mon égard, enfant, je m’étais jurée de ne jamais faire ça à mon enfant si je devenais mère. Je l’avais compris de manière « intérieure « , et c’est tant mieux. Ce proverbe reste souvent usité dans différentes circonstances, cependant je connais aussi beaucoup de personnes qui n’adhèrent pas.
    Merci pour votre blog.

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  2. jean michel

    Il me parait évident que un problème est vraiment résolu non pas quand la personne à qui on est opposé est réduite, diminuée, ou sous contrôle ; mais seulement quand on a compris ensemble que ce qui s’est passé pouvait être vécu autrement. Si c’est inatteignable on peut essayer d’être d’accord sur ce qui ne va pas, sur ce qui pose une difficulté. La domination équivaut la plupart du temps à un refus du dialogue, à un refus d’une relation de personne à personne. Par ailleurs on agresse bien souvent par peur, soit des conséquences, soit du regard jugeur des autres, soit par manque de temps ou de moyens, donc sur des motifs étrangers au problème réel qui a besoin d’être éclairci et résolu.

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  3. Mimi

    Bonjour,
    Je me suis apperçue il y a quelques années que la cruauté était bien présente dans notre société. Cruauté mentale avec la façon que l’on a de « tirer sur l’ambulance » ou de traiter les victimes en coupable, de leur tourner le dos dans un moment crucial tout en soutenant celui ou celle qui a fait du mal. Cruauté physique de la façon dont nous tuons les animaux que nous mangeons.
    Cette cruauté semble tellement normale que personne ne semble la voir.
    Il me semble aussi qu’embaucher des personnes en difficultés en contrat aidé, les payer le minimum en leur demandant parfois le maximum (comme l’équivalent d’un poste d’encadrement) ou en leur faisant faire ce que les autres ne veulent pas faire, c’est aussi une forme de cruauté. La personne ne peut pas aller mieux, elle se sent utilisée, pas du tout respectée et ressent cela comme cruel pour elle.
    J’habite dans un petit village où règne une grande indifférence envers les autres. Cet hiver, ma voisine, en détresse, a proféré des menaces de suicide. J’ai informé tous mes voisins, en pensant que nous allions ensemble être vigilants et la soutenir. Pas une seule fois en plusieurs mois un voisin n’est venu sonner à la porte de cette pauvre femme pour lui demander comment elle allait. Et quand ses volets ne se sont pas relevés pendant 2 jours, personne, en dehors de moi, n’a bronché ni cherché à savoir si elle allait bien. Elle a fait une tentative de suicide, est revenue chez elle dans l’indifférence générale la plus totale. Eh bien, moi j’appelle ça de la cruauté mentale. Et je me sens très triste de vivre dans une société pareille. Je fais ma part, mais c’est une trop petite goutte d’eau dans l’océan.
    Tout ça pour vous dire que cela plusieurs mois que je réfléchis à la cruauté et que j’ai été contente de voir que c’était le sujet de votre réflexion de la semaine. Je me sens moins seule ! Merci à vous.
    Chaleureusement,
    Mimi

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  4. christine

    ce qui me fait peur aussi dans la violence et j’en suis consciente c’est que si on fait mal (en mots en ce qui me concerne) on sait (c’est mon cas) qu’aprés on va encore avoir plus mal d’avoir fait mal

    c’est comme si je me punissais ….et la douleur est inévitable ..je le sais je suis trés malheureuse ensuite mais je le fais quand même

    quand j’étais gosse et que je faisais une bêtise ma grand mére me disais « je ne t’aime plus « …j’avais mal mais je recommençais toujours

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    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Oui, faire mal aux autres puis se faire mal à soi-même par la mauvaise conscience et la culpabilité est un véritable cercle vicieux.
      Pour en sortir il faut être déterminé à comprendre les mécanismes qui vous poussent à détruire et découvrir que derrière eux se trouve un immense rejet de vous-même, mis en place (me dites-vous) par votre grand-mère.

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