11 réflexions au sujet de « Qu’est-ce qu’accepter ? »

    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      En apparence oui, mais je vous invite à aller plus loin Marie-France.
      Qu’est-ce que l’espérance sinon l’espérance que les choses se passent telles que nous en avons le désir ?
      N’avez-vous pas remarqué que les choses ne se déroulent presque jamais de cette manière ? N’avez-vous pas remarqué que comme le disait le Maître zen Dogen : « Même si on aime les fleurs, elles fanent ; même si on n’aime pas les mauvaises herbes, elles poussent. » ?

      Il n’y a pas de place pour l’espoir parce que l’espoir mène à l’attente qui est le véritable problème car elle mène à la déception et à la frustration.
      Le tragique de la vie, ce sont les espoirs déçus. Swami Prajnanpad répétait : « En entretenant de faux espoirs on ne fait que nourrir la souffrance. »
      Observez le nombre de fois où vos faux espoirs ont été à l’origine de vos souffrances dans votre vie.

      Accepter les choses telles qu’elles sont ne doit donc pas être une résignation, mais l’acception joyeuse de la personne qui a compris qu’elle n’avait pas d’autre choix que celui d’accepter. Condition nécessaire à la poursuite de la vie : c’est bien parce que vous acceptez d’être tombée que vous pouvez trouver la force en vous-même de vous relever pour poursuivre votre route.
      Tant que vous maugréez sur le fait d’être tombée, vous vous perdez en entretenant votre souffrance et en perdant votre temps.
      C’est en acceptant que les choses se soient passées comme elles se sont passées que vous parviendrez, peu à peu, à vivre une vie davantage pleine et authentique. Vous n’aurez donc plus besoin de l’espoir qui – dans une vie insatisfaisante – est une compensation illusoire puisque les choses n’arrivent , en définitive jamais, comme nous l’aurions espéré.

      Pour aller plus loin lisez :
      Esquiver ou digérer
      Peut-on dire que la maladie nous rend service en nous alertant ?

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  1. Mylene

    Merci pour cette réflexion qui vient pile dans mon cheminement personnel où je reste dans l’espoir d’un meilleur.
    Et j’en arrive alors à la question : Qu’est ce qui fait que l’on entretien notre souffrance ? Pourquoi continuer à se morfondre alors que l’on sait que ce n’est pas la réponse. Est ce une nécessité pour extérioriser la tristesse, la frustration et la déception ? Est Ce une question d’éducation ou de répétition d’un schéma familial ? Je n’arrive pas à sortir de cette tristesse.
    Merci encore pour tout votre éclairage si précieux.

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    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Se morfondre c’est bel et bien entretenir sa tristesse et sa déception en continuant de diriger son attention vers le passé.
      Posez-vous la question de ce qui est vraiment important pour vous. Et en même temps observez comment vous vous y prenez pour y renoncer.
      Prenez courage, c’est bien vous qui maintenez les conditions de votre souffrance.

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  2. Sylvie

    Accepter c’est être active tout en renonçant à l’espoir.
    Oui je suis d’accord et je tâche de mettre en pratique : ce qui est est.
    J’ai une question au sujet de la différence entre espoir et espérance.
    Cela part d’un conte dans lequel 10 jeunes filles répondent à une demande précise. : éclairer à l’aide de lampes à huile une allée par où vont passer un couple de mariés. 5 d’entre elles, dites raisonnables prennent uniquement leurs lampes, les 5 autres, dites avisées emportent également une réserve. Ce qui n’arrive jamais arrive, et c’est ainsi, le marié est en retard…Et voici ce qui est dit à propos des 5 jeunes filles avisées : pour elles l’avenir n’est pas un présent bêtement étiré et répété, pour elles le présent transformé est le fruit de l’avenir anticipé : voilà l’espérance  » Passer par demain pour être mis en mouvement aujourd’hui »… « saisir cette éternité de Dieu (Brahma) qui vient rencontrer notre aujourd’hui »
    Pourrais-je entendre votre réflexion au sujet de l’espérance en regard de l’espoir ?
    Bien à vous.

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    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Renoncer à l’espoir comme à l’espérance, c’est comprendre qu’il n’y a pas de place pour l’espérance dans un monde où tout dépend de facteurs extérieurs à nous-mêmes.

      Les jeunes filles dites « avisées » sont sages en ce sens qu’elles tiennent compte de la dualité du monde : si elles prennent une réserve, c’est qu’elles acceptent par avance le retard possible des mariés, elles le prévoient comme possible et sont d’accord pour être l’instrument de ce possible.
      Si nous voulons vivre en paix il nous faut donc – à travers un assentiment joyeux – nous mettre à la disponibilité du monde.

      Mais peut-être ces jeunes filles avisées vont-elles se mettre à espérer que le marié ne soit pas trop en retard ? Auquel cas leurs réserves seraient vite épuisées…
      Peut-être sont-elles tout bonnement entrain de rêver ? Comme Tchouang Tseu qui après avoir rêvé qu’il était un papillon, se réveilla, ne sachant plus s’il était Tchouang Tseu qui venait de rêver qu’il était papillon ou s’il était un papillon qui rêvait qu’il était Tchouang Tseu…

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  3. Dominique

    Bonjour,
    C’est bien intéressant et cela m’aide à réfléchir. Cependant et trés prècisement concernant le chômage, le demandeur d’emploi » comme nous sommes appelés, je n’arrive pas à comprendre ce renoncement au mot espoir.
    Quand cela dure dans le temps…accepter, j’accepte c’est ma réalité; moi comme tant d’autres on répond à des annonces et de plus en plus nous n’avons même pas de réponse…soit j’accepte. Mais ces annonces on on voit que l’on a bien le profil suscitent de l’espoir, on y croit à chaque fois (beaucoup me disent la même chose). « On » sait que ce qu’il faut c’est des contacts et le marché caché ne fonctionne pas pour tout le monde quand pour des raisons diverses le réseau est maigre voir quasi inexistant. Nous sommes en quelque sorte « obligés » d’espérer et on nous demande ces comptes et on s’attache à faire ce qui a à faire dans la mesure de nos possibilités. Compulser tous les site d’emploi avec les annonces plus ou moins redondantes, qui ne sont pas mises à jour. On se remobilise pour faire une nouvelle lettre de motivation, adapter le CV, et l’annonce en fait n’est plus valable, cela arrive trop souvent. Les employeurs, bien sur ils sont dans le moove, n’ont pas comme priorité de tenir à jour leurs annonces, de les retirer…voir elles sont parfois trés mal écrites. En fait c’est de plus difficile de trouver de l’aide face au fait de trouver un emploi. Pôle Emploi ne dispose pas de moyens vraiment efficaces sont soumis à des régles trés précises, les conseillers sont boostés (ils n’ont pas le choix) à un hyper povitivisme. Le mot espoir, espérer est bien dans leur vocabulaire. En fait il n’y a plus je crois du travail pour tout le monde. Nous espérons tous que cela se débloque au mieux, un jour, à force, pour soi. Mais c’est comme faire ce qu’il y a à faire, jouer vraiment le jeu, mais l’extérieur ne répond pas, ne peut pas? répondre.
    J’ai travaillé 35 ans sans discontinuer, j’accepte cette épreuve, je n’ai pas le choix, sans plus savoir que faire par moment pour débloquer. Ainsi réguliérement j’espére (nous espérons) à nouveau et je (nous) refaisons les mêmes choses, dans ce cadre difficile de savoir quoi faire d’autre ou de différent, malgré les 1000 modéles de lettres, CV, techniques de recherche d’emploi initiées. Dans ce cas précis de l’emploi à demander il y a un grand vide et c’est difficile de nous aider. Le pire pour moi est le sentiment de perte de compétences au fil du temps.
    Beaucoup de personnes « comprennent », mais personne ne peut débloquer cela, mon psy est attentif et me soutien, et je le remercie mais sur ce plan il ne peut rien pour moi . c’est compréhensif.
    J’espére ne pas être à côté de la plaque en réponse à ce post.
    Merci

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    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Je vous remercie pour votre question qui me donne l’opportunité de développer un thème important pour nous tous.
      D’abord, si vous agissez, c’est toujours avec l’espoir d’obtenir quelque chose, il ne peut pas en être autrement.
      Il est donc parfaitement légitime de votre part de vous poser la question de savoir quelle est la meilleure méthode pour obtenir ce que vous voulez, quitte à changer de méthode ou de comportement quand vous vous apercevez que vous n’obtenez pas ce que vous désirez.
      Souvenez-vous aussi que vivre c’est agir en fonction du changement qui est par nature permanent, c’est en ce sens que vous adapterez le plus possible votre action à ce qui vous apparaitra être le plus approprié pour obtenir ce que vous voulez obtenir.
      Cela dit il vous faut garder constamment à l’esprit que vous ne pouvez pas contrôler le résultat, les conséquences de vos actions. Même si vous faites « tout ce qu’il faut pour que cela marche », cela ne fonctionnera pas toujours. En être persuadé, le savoir, vous évitera de nombreux déboires, cela vous évitera la lassitude : il est « normal » qu’ayant fait tout ce que vous pouvez faire pour obtenir quelque chose, vous ne l’obteniez pas.
      Pourquoi est-ce « normal » ?
      Parce que si vous parvenez à contrôler votre action, vous ne pouvez pas contrôler l’extérieur, le ce sur quoi vous allez agir. Cet « extérieur » ne dépend pas de vous, il serait donc inconséquent de vous en vouloir de ne pas pouvoir agir dessus, vous n’y êtes pour rien, vous ne contrôlez pas l’extérieur…

      Il est donc parfaitement légitime que vous mettiez tout en œuvre (et de manière appropriée), pour trouver du travail si vous êtes au chômage. Et en même temps il vous faut accepter que ne contrôlant pas le monde du travail (l’extérieur), il est tout à fait possible que vos actions ne portent pas leurs fruits, cela signifie que ce n’est pas une injustice puisque ce n’est pas vous qui « dirigez » les choses. Vous avez donc le droit d’être en paix avec cela en l’acceptant, c’est ainsi, et vous ne pouvez pas le changer.
      En même temps, puisque nous vivons dans un monde dans lequel tout change tout le temps, il est légitime de votre part de ne pas vous désespérer et de continuer inlassablement à chercher (de manière appropriée donc en tenant compte de cette impermanence des choses) puisque vous en avez besoin.
      Il vous faut donc apprendre à tout faire pour que cela marche en même temps que de vous souvenir qu’il y a de grandes chances pour que cela ne marche pas.

      C’est en ce sens que l’espoir que vos actions portent toujours les fruits que vous escomptez qu’elles portent est insensé. Ça ne peut pas « le faire » comme on dit familièrement, en ce sens que cela ne peut mener qu’à la déception et à la frustration. (Il n’y a donc pas de place pour l’espoir.)

      Peu à peu, vous allez vous construire, c’est-à-dire découvrir que vous pouvez cependant obtenir de la satisfaction dans le fait (qui dépend de vous) d’avoir tout mis en œuvre pour que cela fonctionne. (Le jour où vous avez répondu à une annonce en peaufinant votre CV vous pouvez goûter votre satisfaction d’avoir fait ce qu’il est en votre pouvoir de faire.)
      Cela va-t-il porter ses fruits ? Vous ne pouvez pas le savoir.
      J’espère avoir pu vous éclairer Dominique, courage et détermination dans ce qui dépend de vous !

      Pour aller plus loin, lisez sur ce site : Avons-nous droit aux fruits de nos actions ?

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  4. Dominique

    Merci de votre réponse, oui c’est éclairant.
    L’article conseillé à la fin « Avons-nous droit aux fruits de nos actions » compléte bien la réflexion.
    Dans ce cadre de la recherche d’ emploi (entre autres) cela permet de remettre les choses à leur place. essayer de ne pas se dévaloriser et continuer à agir « au mieux ».

    Bien à vous

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