Relaxation nuage

Attendre le lapin…

Comment s’y prendre pour permettre à l’aidant en perte de vitesse de retrouver le sens de son rôle, afin qu’il accepte que les aidés s’appuient sur lui et qu’il soit capable de réponde à cette demande en ne s’épuisant pas dans sa pratique professionnelle ?

Le gros risque du contexte actuel, régi avant tout par des impératifs économiques de rentabilité, est que l’aidant finisse par en perdre son humanité, et c’est ce qui se passe – malheureusement – de plus en plus souvent…

Un article du journal Le Monde du 09/10/2011, qui traite de la santé des 10 000 salariés du CHU de Nantes le rappelle : « Les signes de souffrance observés chez le personnel ne cessent d’augmenter, tous grades confondus, et notamment au niveau de l’encadrement, ce qui est un phénomène plus récent. (…) Le personnel médical et paramédical se retrouve perclus de « symptômes neuropsychologiques et émotionnels ». Irritabilité, agressivité, anxiété, crises de larmes, syndrome d’épuisement sont relevés. Des troubles du sommeil et de la sphère digestive, mais aussi de multiples affections péri articulaires, sont déplorés. Des cas de tachycardie et d’asthénie sont signalés. »

Or, depuis plus de vingt ans, je le répète inlassablement, dans chacune des formations portant sur l’usure professionnelle, la gestion du stress et le burn-out, que j’anime : 

« Pour pouvoir sortir quelqu’un du bourbier,

il faut avoir soi-même les deux pieds sur la terre ferme. »

Cela signifie que pour que l’aidant ne perde pas son humanité, il est urgent d’être humain avec lui, c’est-à-dire de lui proposer des espaces de soutien adaptés, comme des groupes de parole, mais aussi des groupes de relaxation, dans lesquels il pourra apprendre à pratiquer la détente avec lui-même, ce que le plus souvent son environnement (responsables et collègues), en perte de vitesse lui aussi, ne sait pas non plus faire avec lui-même.

Nous ne le répéterons jamais assez, c’est parce qu’il a confiance en lui, parce qu’il se sent « fiable », que l’aidant peut avoir confiance en sa relation avec l’aidé ; c’est parce qu’il s’accepte lui-même tel qu’il est, comme il se sent, qu’il peut accepter l’aidé tel qu’il est, inconditionnellement.

Permettre à l’aidant de se construire, c’est lui apprendre à gérer son stress et ses risques d’épuisement dans la relation d’aide et d’accompagnement.

Pour ce faire, s’allonger ponctuellement sur le sol, pour apprendre à détendre – peu à peu – les différentes parties contractées de son corps, est infiniment précieux.

La relaxation – pratiquée régulièrement – est un outil solide qui permet :

  • Le ralentissement du métabolisme du corps, ainsi que la diminution du taux de lactate qui s’accumule dans les muscles fatigués.
  • Le ralentissement du rythme cardiaque avec diminution de la tension artérielle.
  • La libération d’endorphines avec activation du système immunitaire (augmentation du nombre des leucocytes.)
  • La lutte contre le stress et le burn-out : on estime que 30 mn en état de relaxation équivalent à 3 heures de sommeil.
  • Une perception sensorielle de soi accrue donc un meilleur enracinement dans le présent.
  • Une plus grande conscience et réunification de soi par le recentrage et l’attention… qui est la condition nécessaire à la connaissance de soi-même.

Comment s’y prendre pour se relaxer ?

Alors qu’il est possible de « faire » une contraction, il n’est pas possible de « faire » un relâchement, la relaxation est donc de l’ordre du « non-faire »… Pour que les muscles se relâchent, il faut réussir à les convaincre !

Arnaud Desjardins nous donne le conseil suivant :

« Soyez patients. Vous ne pouvez pas relâcher de force. Imaginez que vous vouliez voir un lapin sortir de son trou ; ce n’est pas en vous mettant devant le terrier en criant : « lapin, lapin », que vous le ferez sortir. Il faut que vous soyez absolument immobiles et silencieux jusqu’à ce que le lapin daigne sortir. Vous ne pouvez pas intimer aux muscles l’ordre de se relâcher. »

Il poursuit :

« Je vous assure que, si vous découvrez le secret du vrai relâchement, ce sera une révélation pour vous. Je vous assure que simplement par le relâchement dont je parle maintenant, quand j’ai eu ce petit commencement de pouvoir sur moi qui consiste à convaincre les muscles de se détendre, j’ai vu, à chaque onde de relâchement, venir une souplesse que je ne connaissais pas, uniquement par la détente. »

La souplesse, physique et relationnelle (intelligence émotionnelle, capacité à la maîtrise de soi et à l’empathie avec l’autre), n’est-elle pas la ressource dont ceux qui aident ont le plus besoin ?

Pour vous faciliter la pratique, vous trouverez ci-dessous une relaxation enregistrée de trente minutes, guidée par moi-même, sous la forme d’un petit fichier mp3 intitulé « relaxation_nuage », que vous pourrez facilement télécharger sur votre ordinateur ou sur votre baladeur préféré, pour l’écouter à loisir, il vous suffit de cliquer sur le bouton ci-dessous.

Dans un premier temps, allongez-vous ou asseyez-vous, dans un endroit paisible et confortable, dans lequel vous ne risquerez pas d’être dérangé pendant trente minutes.

Puis, mettez vos écouteurs et fermez les yeux…

 © 2011 Renaud PERRONNET Tous droits réservés.

Note : Si vous souhaitez que je vous édite un fichier MP3 avec une relaxation personnalisée, sur un thème précis, contactez-moi en CLIQUANT ICI.

VOS COMMENTAIRES SONT EN BAS DE PAGE, JE VOUS RÉPONDRAI LE CAS ÉCHÉANT.

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Si vous voulez télécharger cette relaxation au format mp3, sélectionnez 1 ou 2 puis cliquez sur le bouton « Télécharger »  : 

Télécharger le mp3

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Pour aller plus loin, vous pouvez lire sur mon site :

Vous pouvez aussi télécharger les fiches pratiques inédites :

…et regarder la vidéo :

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3 réflexions au sujet de « Relaxation nuage »

  1. Aud

    Bonsoir,
    Article très intéressant surtout de nos jours avec cette vie qu’on s’oblige (ou vie qu’on nous oblige ?! ) à vivre à « cent à l’heure ».
    Étant quelqu’un qui de très stressée depuis toujours, cela environ 1 semaine que j’essaye de me « déstresser », de me relaxer quand une situation m’exaspère ou me « pousse à bout ». Pas si simple…
    Il y a quelques jours, une personne (un patient car je suis soignante) sur mon lieu de travail ma « poussée à bout » en me provoquant, j’ai immédiatement réagit en lui disait que : « bon, j’ai l’impression que là vous êtes énervé, je m’en vais, je reviendrais plus tard quand ça ira mieux », en sortant de la chambre, je me suis d’une certaine façon « recentré » sur moi-même et j’ai respiré profondément et ça allait tout de suite mieux. Première fois que ça m’arrive.
    Alors une question : pourquoi je n’arrive pas à le faire à chaque situation de ce genre ? C’est à dire : pourquoi parfois ça marche et pourquoi parfois ça ne marche pas ?
    Merci

    Répondre
    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Vous le dites vous-même, vous êtes quelqu’un de « très stressé » depuis toujours. Nous ne pouvons pas changer nos fonctionnements si facilement, cela demande de la détermination et beaucoup de patience. Mais vous pouvez prendre courage, vous êtes manifestement sur la bonne voie : il s’agit en effet de se « recentrer » sur soi-même donc de se souvenir de soi plutôt que de rester l’otage de l’autre, et là comme vous le constatez déjà, beaucoup de choses vous seront permises, peu à peu.
      Donc vous avez découvert ce que l’on appelle la mise en pratique… « première fois que ça m’arrive » dites-vous, mais certainement pas la dernière, si vous êtes déterminée à poursuivre.
      Bonne pratique Aud et n’hésitez pas à remettre un petit mot pour partager vos progrès ou vos échecs.
      Et puis – parallèlement – n’hésitez pas non plus à pratiquer la relaxation…

      Répondre
  2. Aud

    Tout d’abord, merci de votre réponse.
    J’essaye de ne pas me décourager car ce n’est pas si simple pour moi, de me « recentrer » sur moi… c’est un travail que je n’ai jamais vraiment fait, en général : je m’énerve et hop j’explose…
    Je vais continuer de travailler ça, merci pour tous vos conseils qui, je le pense, me seront d’une grande aide.

    Répondre

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