Une réflexion au sujet de « Amour et culpabilité »

  1. Amy

    Oui pour tout.
    Oui, loin d’être une preuve d’amour, la culpabilité est une manifestation dysfonctionnelle.
    S’épancher auprès de son enfant de sa culpabilité de n’avoir pas eu le bon comportement est une double peine pour l’enfant.
    Cela ne répond pas plus à ses besoins que le comportement inadapté qui a précédé, et cela lui fait porter un fardeau (malsain) de plus : le mal-être et l’impuissance de son parent, auxquels il ne peut rien faire puisqu’ils ne sont pas à lui, et qui peuvent tragiquement l’amener à nier son propre ressenti : « Mais non Maman/Papa, ce n’était pas grave, ne te sens pas coupable »… L’inversion des rôles où l’enfant prend soin du parent.

    Oui, au moment d’exprimer sa culpabilité, le parent ne montre pas son amour ni ne répare, mais au contraire, dans son inconscience, aggrave la situation : il accentue le tort causé à son enfant en y ajoutant un autre comportement tout aussi inadapté que la malveillance qui a précédé.

    La culpabilité, comme tous les comportements et fonctionnements dysfonctionnels, donc non-ajustés, a sa racine (et donc cause) dans le passé de la personne qui la ressent. Non dans la situation présente.
    Un parent qui aime son enfant – et souhaite donc lui faire sentir son amour – aura à coeur, s’il sait être sujet au ressenti de culpabilité, de traiter de son côté ses enjeux émotionnels traumatiques personnels pour devenir capable de traiter son enfant avec amour ; dans le cas présent, de ne pas faire de lui le dépositaire de quelque chose de toxique qui n’a rien à voir avec lui et le prend en otage.

    Un parent aimant, qui souhaite être là de toutes ses forces pour son enfant, devra donc prendre la mesure de la responsabilité qui est la sienne et, s’appuyant sur son envie d’aimer son enfant, trouver le courage et la détermination de se guérir.
    Il sera alors un parent sain, et donc aimant, pour son enfant.

    Et l’on peut aussi, évidemment, et même en premier lieu et avec ou sans enfant, par amour pour soi, se guérir des culpabilisations injustes dont on a pu être le dépositaire dans son enfance et qui entravent sa capacité à vivre sa vie d’adulte. Mais c’est un autre sujet.

    Merci – tant ! – pour votre site.

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