Le jeu de la Victime

Auteur : © Renaud PERRONNET

Thèmes principaux :

Le triangle dramatique S.V.P. (Sauveur, Victime, Persécuteur)

(Un outil de travail avec soi-même, pour nous aider à débusquer nos jeux de pouvoir et ceux des autres.)

« Je crois qu’il y a violence dès que nous utilisons notre force non pour créer, stimuler ou protéger mais pour contraindre, que la contrainte s’exerce sur nous-même ou sur les autres. »

Thomas d’Assembourg (1)

Avant propos sous forme de mise en garde :

Vous conviendrez sans doute facilement que quel que soit l’outil que vous utilisez, vous pouvez vous en servir pour faire votre bonheur comme votre malheur… Avec un couteau, on peut étaler du beurre sur son pain mais on peut aussi tuer quelqu’un. Il en est de même de l’outil psychologique « Triangle dramatique ». Si vous vous en servez dans le dessein de vous comprendre pour vous améliorer il peut devenir pour vous une aide précieuse… mais si vous le retournez contre vous, il ne fera que générer – à l’intérieur de vous – encore davantage de mauvaise conscience et de culpabilité.

La lecture de cet article n’est donc pas conseillée aux personnes dépressives ou angoissées parce qu’elles risqueraient de l’utiliser contre elles.

Avant toute chose, souvenez-vous que l’attitude de base de tout changement positif est une attitude de bienveillance vis-à-vis de qui nous sommes et n’oubliez pas que nos attitudes négatives (vis-à-vis de nous-mêmes et des autres) sont toujours la conséquence d’une souffrance intolérable pour nous-mêmes.

Nous avons tous eu dans notre histoire de bonnes raisons de nous comporter en Victimes. Alors que nous demandions quelque chose à notre mère et que celle-ci nous le refusait, il a pu nous apparaître avantageux de nous plaindre afin de l’obtenir. C’est ainsi que la plupart d’entre nous avons trop rapidement conclu que de devenir la victime de l’autre nous permettait d’obtenir ce que nous ne savions pas obtenir autrement… en oubliant d’en considérer les aspects morbides.

Parallèlement nous avons également appris qu’en faisant plaisir aux autres, en leur rendant service ou en nous soumettant à leur autorité, nous attirions leur reconnaissance, c’est ainsi que nous nous sommes inconsciemment appréciés dans un rôle de Sauveur qui nous rapportait… en oubliant d’en considérer les effets secondaires délétères.

Quand, embourbés dans les complications émotionnelles et relationnelles de nos schémas de victimes et de sauveurs, il nous arrivait de ne plus en pouvoir – suffoquant d’injustice – nous basculions dans l’amertume et le ressentiment et espérions nous en sortir grâce au rôle de Persécuteur… en oubliant d’en considérer les effets pervers en retour.

C’est ainsi que les trois rôles sont intimement liés et forment la triade :

Une personne ne se cantonnera pas seulement à entrer dans le rôle du Sauveur, de la Victime ou du Persécuteur mais sera les trois à la fois à des moments différents, dans des situations différentes, car une fois entré dans le « triangle dramatique » (ainsi nommé par le psychothérapeute Stephen Karpman), on adopte tôt ou tard et obligatoirement… les autres positions.

Avant toute chose et pour vous permettre de vous retrouver personnellement dans ces rôles, je vous invite à répondre à ces trois questionnaires (mis au point d’après un test de Lilyane Clémente) :

Pour savoir si vous êtes un SAUVEUR, une VICTIME et un PERSECUTEUR malgré vous, je vous invite à faire ce test :

 

Pour sortir de ce mauvais rôle de Sauveur, tentez de répondre honnêtement aux questions suivantes :

1) Qu’espérez-vous obtenir en jouant au bon samaritain ?

2) Et si vous commenciez par oser vous dire honnêtement à vous-même vos propres besoins ?


Pour sortir de ce mauvais rôle de Victime, tentez de répondre honnêtement aux questions suivantes :

1) Qu’est-ce qui vous pousse à croire que vous ne pouvez rien faire d’autre que de subir des Sauveurs et des Persécuteurs ?

2) De quoi avez-vous peur ? Pourquoi avez-vous ainsi tendance à vous justifier ?

3) Croyez-vous vraiment qu’il soit possible de s’épanouir dans la plainte ?

4) Que se passerait-il pour vous si vous osiez énoncer clairement vos limites ?


Pour sortir de ce mauvais rôle de Persécuteur, tentez de répondre honnêtement aux questions suivantes :

1) Votre propension à la domination cache un besoin, pouvez-vous l’exprimer clairement ?

2) Qu’est-ce qui est si douloureux pour vous dans le fait d’avoir un problème et d’en convenir ?

3) Etes-vous certain(e) que le jeu de Persécuteur ne se retourne pas contre vous ?


Après avoir répondu à ce questionnaire, sans doute êtes-vous maintenant convaincu que la grande majorité d’entre nous joue des rôles S.V.P.

Pourtant ces rôles nous mettent en porte-à-faux vis-à-vis de nous-mêmes comme vis-à-vis des autres, ils nous usent et nous mènent au burn-out.

Ils peuvent également être des obstacles qui nous empêcheront d’aider les personnes qui ont légitimement besoin d’aide et le demandent.

Maintenant que vous en savez un peu plus sur vous-même, regardons ensemble en détail les caractéristiques de chaque rôle qui compose cette triade S.V.P.

Le SAUVEUR :

Déguisé en conseiller, en justicier ou en protecteur, il croit que le monde a besoin de lui et cherche à aider alors même que l’autre ne demande rien, il place donc l’autre en incapacité. Il souffre de la souffrance de l’autre (parce qu’il s’identifie à lui), il le prend en pitié en lui apportant une aide inefficace (alors même qu’il agit avec une bonne intention) parce qu’il prend garde de ne pas vérifier le désir réel de l’autre. Son but inconscient est d’entretenir la Victime dans son rôle afin de rester dans le sien dans lequel il se sent briller. En faisant « à la place » de l’autre, il crée donc de la passivité et de la dépendance pour se faire du bien. Mais souvent il s’épuise, finit par s’irriter et se transforme en Persécuteur… victime de l’agressivité de la Victime-Persécutrice.

Son problème caché : Il tente de recevoir quelques miettes de reconnaissance parce qu’il en manque… mais il a peur de faire de la peine en imposant des limites. Il accumule donc les rancœurs, culpabilise et ne sait pas ne pas en faire trop et s’épuiser en pure perte.

La VICTIME :

Le rôle de Victime (parce qu’il attire l’attention sur lui) est très prisé, on se l’arrache car il apporte des bénéfices secondaires de reconnaissance. Parce qu’elle ne veut pas de l’aide qu’elle demande (qui lui ferait abandonner son rôle), la Victime s’arrange pour se plaindre auprès de personnes qui, le plus souvent (bien sûr), n’ont pas la compétence pour l’aider. Ainsi elle apitoie (le Sauveur), et attire inconsciemment la brimade et les critiques (du Persécuteur).

Son problème caché : La Victime a honte et manque de confiance en elle. Elle a peur d’exister par elle-même, de s’affirmer et accumule ainsi les rancunes. Elle a aussi souvent peur de manquer, de perdre, d’échouer ou d’être abandonnée. Pleurs, incrédulité, révolte, rancœurs sont ses modes d’expression.

Le PERSECUTEUR :

Parce qu’il cherche à se libérer de ses pulsions, il fait preuve de colère, de sévérité, d’agressivité. Il attaque, infériorise, ordonne, dévalorise, critique, fait la morale et provoque la rancune des autres en triomphant. Il s’arrange pour ridiculiser, ironiser et attaquer la Victime ou le Sauveur « par en dessous » en les culpabilisant s’il le peut.

Son problème caché : Il craint essentiellement de montrer sa vulnérabilité et sa frustration, il tient à ce que les autres pensent qu’il n’a pas de problème, qu’il est fort. Il cherche donc à dominer l’autre et pense en termes de rapport de force, puisqu’il vit dans la peur secrète d’être démasqué. Il cherche donc inconsciemment à se venger de sa frustration, en passant dès que possible du statut de victime à celui de bourreau.

Un exemple pris dans le contexte professionnel :

  • Ce conseiller à l’emploi est bien ennuyé, c’est la seconde fois que l’usager qu’il doit rencontrer ne vient pas au rendez-vous qu’il lui a fixé et ceci sans décommander. Il veut conserver l’image d’une personne aidante donc ne lui fait aucune remarque et gère comme il peut son emploi du temps perturbé. En s’abstenant de faire une remarque à l’usager, il ne respecte ni l’usager ni lui-même. Il se conduit ainsi en Sauveur et pense intérieurement : « Le pauvre, il a assez de problèmes comme cela…
  • Cet usager est particulièrement déprimé et aigri d’avoir perdu son emploi. Il ne dit pas à son conseiller à l’emploi que quand il prend rendez-vous avec lui c’est « pour lui faire plaisir ». Puisqu’il pense inconsciemment de lui-même qu’il ne vaut pas grand-chose, il se dit qu’il n’a aucune chance de retrouver du travail et vit ce conseiller comme un obstacle à sa liberté. Il se présente donc en Victime (qui manquera les rendez-vous pris) et qui cherche un Sauveur… ou un Persécuteur.
  • Cet autre conseiller à l’emploi est lui aussi souvent la victime d’usagers qui ne viennent pas aux rendez-vous convenus. Depuis des années qu’il fait ce métier, il prend sur lui-même pour ne pas exploser et se répète intérieurement : « les gens se foutent du monde ». Lors de ses entretiens avec eux, il ne perd jamais l’occasion de leur faire la morale et de les culpabiliser en leur répétant que s’ils manquent à un rendez-vous, c’est parce qu’ils ne veulent pas retrouver de travail. Il se présente ainsi comme un Persécuteur.

Vous comprenez facilement que ces histoires n’en resteront pas là… et que quand ces personnes se rencontreront, leurs rôles se télescoperont, s’inverseront.

C’est ainsi que si nous ne nous sommes pas lucides par rapport à la manière dont les autres entrent en relation avec nous, ni nous-mêmes avec eux, nous avons toutes les chances de tomber dans les pièges inconscients que les autres et nous-mêmes tendons.

Pour pouvoir assainir notre relation aux autres, n’est-il pas utile de voir de près comment nous nous y prenons avec eux ?

ALORS, COMMENT SORTIR DE CES RÔLES ? OU PLUTÔT NE PAS Y ENTRER ?

Pour détecter notre entrée dans le « triangle dramatique », il faut :

1. Comprendre pourquoi nous avons besoin d’y entrer :

Guy Corneau (2) nous explique : « Nos rôles reposent sur des besoins frustrés qui sont eux-mêmes articulés sur des blessures (…) Ces blessures viennent du passé : elles ont été infligées par des événements qui ont dû se répéter puisqu’il y a eu formation d’un programme inconscient. »

Parce que le passé non résolu continue de vibrer à l’intérieur de nous, nous attirons involontairement ce que nous ne voulons pas.

2. Comprendre comment nous nous y prenons pour y entrer :

Pour survivre à l’intolérable, nous nous identifions à l’un de ces trois rôles, c’est-à-dire que nous devenons dupes de la nature de la réaction intérieure qui nous anime.

Seule notre capacité à poser un regard lucide sur nous-même peut nous permettre de sortir de cette mécanicité qui nous rend esclave de nos blessures anciennes. Car c’est en reconnaissant les origines de nos comportements… que nous pourrons agir dessus.

Pour sortir du « triangle dramatique » dans la pratique d’une relation d’aide à soi-même :

1) Trouvez une situation à la fois problématique et répétitive qui entraîne pour vous un vécu difficile.

2) Notez les gratifications inconscientes qui sont attachées à vos comportements (bénéfices cachés donc « non avoués » de vos comportements compulsifs et contraignants de Sauveur, Victime et/ou Persécuteur.)

3) Trouvez comment vous pourriez échanger ces récompenses contre d’autres réellement gratifiantes.

Accepter de voir qu’il y a des bénéfices cachés dans ce qui nous détruit, c’est prendre conscience que nous sommes attachés à ce dont nous prétendons vouloir nous débarrasser. Cela est thérapeutique et pacificateur, parce que cela nous aide à découvrir qu’il ne s’agit pas de se juger, mais de se regarder agir avec bienveillance (comme un grand-père regarderait jouer ses petits enfants.)

Pour ne pas entrer dans le « triangle dramatique » dans la relation d’aide aux autres, il faut :

1) Avoir personnellement soigné ses blessures passées.

2) Avoir le désir de respecter l’autre et d’être empathique.

3) Être « adulte » donc lucide et conséquent, c’est-à-dire ne pas entreprendre ce qui ne nous est pas demandé.

Pour ce faire, répondre aux 5 questions suivantes avant d’agir peut nous aider :

1) Y a-t-il un besoin explicite – donc une demande clairement formulée – chez celui que nous nous proposons d’aider ? (Afin de ne pas risquer de le sauver malgré lui.)

2) Qu’est-ce que – précisément – l’autre attend de moi ? Pour cela écouter et questionner afin de cadrer précisément la demande et ses limites. (Et ne pas proposer ou donner ce qui n’est pas demandé.)

3) Ai-je la compétence nécessaire pour aider dans ce cadre ? Se souvenir que nous ne devons à personne ce que nous ne pouvons pas faire ou être (que nos compétences sont nécessairement limitées), nous permettra de ne pas être un Sauveur déçu, contraint de se transformer en Persécuteur, parce qu’il se sent Victime.

4) Ai-je vraiment la disponibilité de faire ce que l’on me demande ? Donc recadrer la demande dans le temps et l’espace. (Afin de ne pas devenir une Victime.)

5) En ai-je véritablement envie ? En ai-je le goût ? Sinon je me ferai rattraper par la situation et rentrerai dans le « triangle dramatique » en me plaignant. Cela implique donc que je ne me laisse pas manipuler par la culpabilité ou la peur de déplaire aux autres. Le Sauveur n’est que la Victime de lui-même.

En guise de conclusion :

« Celui ou celle qui a un penchant pour le sauvetage devrait s’entraîner à répondre ceci aux Victimes qui croisent sa route (après les avoir écoutées avec respect et compassion) : « Mon Dieu ! C’est terrible ce qui t’arrive ! Qu’est-ce que tu penses faire, dans la situation ? » Il renvoie ainsi la Victime à sa responsabilité. Ce qui ne veut pas dire qu’il ne l’aidera pas, à condition que celle-ci formule une demande claire. La faiblesse du Sauveur (ou de la Sauveuse) vient de ce qu’il se précipite au-devant de la Victime en disant : « Mon Dieu ! C’est terrible ce qui t’arrive… Qu’est-ce que je peux faire pour toi ? » – quand il prend la situation en charge sans même attendre la réponse, c’est ça qui trahit son problème personnel. » (2)

Pour sortir de ces jeux maléfiques, il nous faut avoir le courage de ne plus nous mentir à nous-mêmes, donc de ne plus nous justifier à nos propres yeux par des excuses qui ne servent qu’à nous entretenir dans l’inconscience la plus totale des jeux que nous menons avec nous-mêmes et les autres.

Ne serait-il pas plus simple et moins épuisant pour nous dans nos relations – avec nous-mêmes et les autres – de prendre le risque de notre vérité, en partageant, quand nous l’estimons nécessaire, nos sentiments et ce que nous pensons ?

Car oser être soi-même c’est se souvenir que puisque chacun est différent, il ne nous est pas possible de ne pas être parfois la cause indirecte des problèmes et des difficultés des autres.

Notes :

(1) Thomas d’Assembourg, « Cessez d’être gentil, soyez vrai », Éditions de l’homme, 2001, dont je ne saurai trop vous recommander la lecture.

(2) Guy Corneau, « Victime des autres, bourreau de soi-même », Éditions Robert Laffont, 2003.

© 2010 Renaud PERRONNET Tous droits réservés.

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Moyennant une modeste participation aux frais de ce site, vous pouvez télécharger l’intégralité de cet article et de ce test avec ses réponses (11 pages) au format PDF, en cliquant sur ce bouton : 

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Pour aller plus loin et apprendre à évaluer le juste critère du besoin d’aide, vous pouvez visionner le diaporama :

Pour aller plus loin vous pouvez lire :

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Vous trouverez ci-dessous la liste complète des questionnaires et tests de ce blog :

    CC BY-NC-SA 4.0 Le jeu de la Victime par Renaud Perronnet est sous Licence Creative Commons Internationale Attribution-Pas d'utilisation Commerciale-Partage à l'identique 4.0 .

    23 réflexions au sujet de « Le jeu de la Victime »

    1. debeire edith

      Je ne suis guère surprise de me retrouver dans le rôle de « sauveur »… mais aussi parfois victime…..!
      Encore beaucoup de petits conseils pour mieux se connaître à travers ce questionnaire et surtout les réponses…!
      Comme toujours, le passé nous rattrape et plus le temps passe, plus je pense que l’oublier est impossible mais composer avec ce passé oui, sans pour autant y rester enchaînée.
      Par contre mon action va désormais consister à être attentive aux besoins de l’autre, mais aussi et surtout, d’attendre une demande d’aide de sa part et non pas de la devancer …..!

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    2. jacques

      C’est étrange ce croquis ! cet triade, me fait penser à la petite fille aux oreilles !
      C’est un peu dur à comprendre tout ce texte !
      Comment comprendre, si on ne s’est même pas que l’on est victime ?
      Comment comprendre, si on ne connaît pas la signification de ses mots : Sauveur ou Persécuteur, dans la vie de tous les jours !
      Vous voulez nous parler de notre façon d’être, notre façon d’exister, de notre comportement ?
      Mais nous avons tous notre propre caractère, notre propre comportement ! Sinon, nous serions tous pareils ! Il y a certainement des sauveurs, des victimes ou des persécuteurs ! c’est la vie, c’est comme chez les animaux, c’est la loi de la jungle !
      A nous de nous en sortir ! Je ne comprends pas ! Il y a t-il du mal dans tout celà ?
      J’ai beaucoup de mal à comprendre ce texte !

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      1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

        Il est vrai que beaucoup d’entre nous nous comportons comme de véritables prédateurs sans en avoir conscience…. parce que des forces obscures sont à l’oeuvre à l’intérieur de nous qui résident dans l’inconscient. Cet outil peut aider ceux qui le souhaitent (donc ceux qui sentent parfois plus ou moins confusément qu’une alternative est possible à la loi de la jungle) à comprendre les mécanismes internes qui font qu’ils se comportent en prédateurs sans le vouloir.
        Plus nous comprendrons que c’est l’inconscient qui nous incite à agir, et plus nous essaierons de comprendre cet inconscient à l’oeuvre, en le mettant à jour, plus nous en serons libres donc plus nous nous donnerons la possibilité d’agir (avec nous-même et les autres) comme un être humain plutôt que comme un prédateur.

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      2. debeire edith

        Pour répondre à Jacques,
        Je pense que le questionnaire a justement pour but de nous faire prendre conscience de ce que nous sommes le plus souvent (sauveur, victime ou persécuteur) mais aussi de ce que nous sommes parfois…..!
        Il ne s’agit pas de changer notre caractère mais quand on prend conscience de certaines « erreurs » il est plus facile de les analyser et d’essayer de les corriger.
        C’est exact que ce texte est dur à lire; mais je l’ai relu plusieurs fois et j’en tire personnellement quelque chose !
        Nous traînons tous un passé , et nous agissons et réagissons en fonction de ce passé; nous ne changerons pas tout mais avec « la sagesse » de l’âge et justement l’analyse de nos attitudes et du « pourquoi j’agis ainsi? » , »est-ce bien juste? », nous pouvons être « meilleurs » dans nos actions au quotidien, tant pour les autres que pour nous mêmes.

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      3. Sashabelle

        Autre réponse à Jacques pour cette citation : « A nous de nous en sortir ! Je ne comprends pas ! Il y a t-il du mal dans tout celà ? J’ai beaucoup de mal à comprendre ce texte !  »
        Certaines personnes sont tellement vulnérables, désemparées, seules… qu’elles ont besoin d’un appui. Il n’y a pas de mal à « être », qui que nous soyons, mais sachez concéder à certains leur statut de demandeur d’aide et à d’autres leur statut d’aidant, surtout empreints de conscience collective comme on peut le sentir dans ce site.

        Personnellement, connaissez-vous beaucoup de professionnels de la relation d’aide qui mettent gracieusement leurs connaissances à disposition ? Pour ma part, c’est la première fois !
        Nous sommes tous touchés par la vie a des degrés différents. Si vous l’êtes peu, comme cela semble être le cas, essayez simplement de soutenir les initiatives personnelles positives quand vous pouvez les rencontrer, c’est ainsi que la vie en société prend tout sons sens.
        Bien humblement…

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        1. martine

          Bonjour Demoiselle ou Madame Sashabelle.
          Je partage complètement votre point de vue, et je remercie vraiment Monsieur Renaud Perronnet, pour le magnifique travail de son site, de son aide et de toutes ses réponses, Oui vraiment , Merci Renaud !
          Mais Demoselle ou Madame, ai-je le droit de ne pas comprendre ?
          Vous semblez me dire que je suis peu touché par la vie, si c’est votre sentiment, l’inverse, ne peut-il pas être possible aussi ?

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          1. Sashabelle

            Désolée de n’avoir pas pu répondre plus tôt, j’espère que vous me lirez ! Il semble qu’il y ait un malentendu, mon commentaire faisait référence aux affirmations de Jacques et non aux vôtres. J’essayais juste de faire toucher du doigt le bonheur que l’on peut ressentir de juste  » soutenir  » l’autre quand on le peut.

            Dans tout les cas, j’essaie de pratiquer l’acceptation inconditionnelle de l’autre, ce qui vous confère tout à fait le droit de ne pas comprendre et qui me confère également, selon votre ressenti, l’insensibilité de ne pas être touchée par la vie. Je ne pense pas que cela s’applique à moi, mais mon manque de recul sur moi-même peut m’induire en erreur.

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            1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

              « Jacques » et « Martine » ne sont qu’une seule et même personne… il n’y a donc pas de malentendu !

              Répondre
    3. André

      Hier, j’ai fait des commentaires durs à ma petite fille de 11 ans sur son haut degré de dépendance face aux choses du quotidien. Elle se fait toujours servir, plutôt que de se lever et d’aller chercher le lait ou autre dont elle a besoin. Ma conjointe m’a reproché ces commentaires non constructifs plus tard dans la soirée. J’avais d’ailleurs réalisé que je n’étais pas correct avant qu’elle ne m’en parle. J’aurais pu lui dire la même chose sans la diminuer ou tenter de l’humilier pour qu’elle change. Elle me disait d’ailleurs que notre fille ne demandait rien en général, que c’était souvent nous qui faisions les choses pour elle. C’était donc injuste et ça aurait dû être à elle de recevoir mes commentaires si je considérais qu’elle l’a materne trop.
      Ce n’est pas la première fois que je constate que j’ai tendance à rabaisser les autres, malgré que j’ai aussi souvent tendance à en aider d’autres. Je ne crois pas que je suis pas une mauvaise personne dans le fond. Je ne réfléchis probablement pas assez et je laisse mes pulsions, comme vous dites, émerger. Curieusement, étant abonné à votre liste d’envoi, j’ai lu par hasard votre courriel sur ce sujet ce matin (il est peut-être arrivé plus tôt, j’étais en vacances).
      Donc, il y a quelques années que je cherche à comprendre mon attitude persécutrice pour la corriger (ma tendance à rabaisser). Je comprends un peu mieux la démarche à entreprendre pour y parvenir éventuellement.
      La première question à résoudre est: Quelles seraient mes blessures passées à soigner? Il me semble en effet qu’il a là sûrement une partie importante du problème, mais je ne saurais identifier ces blessures. Je ressens intuitivement qu’il y en a, mais j’ai l’impression que je ne pourrai y voir clair ou trouver des indications à ce sujet sans une aide spécialisée.
      Si j’ai bien compris, il y a une association étroite entre être persécuteur et vouloir cacher sa vulnérabilité. Souvent, j’ai constaté que, il me semble, je suis plus sensible ou émotif que la moyenne des gens autour de moi. Il y aurait donc des pistes à analyser ici, mais je me sens perdu dans l’analyse ou la recherche des blessures à soigner. Je suis conscient que pour corriger un comportement, il faut d’abord en identifier la source. Là est mon dilemme.

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      1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

        Sans doute vos commentaires étaient-ils plus blessants que non constructifs. Et nous avons toujours une « bonne raison qui nous appartient à nous » de blesser l’autre. (Ce qui ne justifie en rien que nous le blessions.) Que nous reste-t-il à faire quand honnêtement nous convenons que nous avons commis une erreur ? Dans un premier temps nous excuser de l’avoir commise, tenter de la réparer ; dans un second temps en tirer les leçons, qu’est-ce qui me pousse ainsi à la commettre ?
        Sans doute votre comportement était-il plus négatif qu’il était injuste. Blesser l’autre peut-il être justifié d’une quelconque manière ?
        Reconnaître que vous blessez l’autre est le premier pas sur le chemin de pouvoir un jour créer une relation positive avec lui. Bien sûr que ce n’est pas parce que vous êtes une « mauvaise personne » que vous blessez parfois l’autre, mais parce qu’il y a un sentiment d’injustice caché à l’intérieur de vous-même qui n’a jamais été reconnu et qui se réveille à l’occasion d’un comportement particulier de cet autre.
        Ce sentiment d’injustice ne demande qu’à être élucidé (et c’est seulement pour cela qu’il remonte). Il s’agit donc de l’accueillir et de le comprendre, plutôt que de le rejeter en culpabilisant. Comme vous le savez, il n’y a pas de fumée sans feu, quelque chose – en vous – cherche à se venger… Ne croyez-vous pas qu’un homme qui cherche à humilier et à rabaisser, est un homme qui a été humilié et rabaissé dans son histoire ? Cela vous parle-t-il ?
        Mettez-vous honnêtement à l’écoute de vous-même et si – seul – vous n’y parvenez pas, faites-vous aider par un thérapeute avec qui vous aurez instauré une relation de confiance.

        Répondre
    4. Aud

      Au jour d’aujourd’hui en faisant ce test, le résultat est : un peu plus souvent victime que sauveur (à 1 point près)… peut-être surtout en cette période un peu difficile pour moi…
      Pour ce qui est du problème caché de la victime et du sauveur je trouve qu’ils se complète très bien dans ma situation. Je n’en avait pas vraiment conscience mais en le lisant ça je peux le dire : oui, c’est vrai !
      Bonne journée à tous 😉

      Répondre
    5. emi-chan

      Bonjour,

      Si j’avais fait ce test il y a 2 ans, j’aurais à coup sûr été un mélange de victime et de sauveur. Mais après de longs mois de thérapie, et ayant identifié mes blessures et ce besoin avide de reconnaissance, d’amour « à tout prix » (au détriment de ma dignité) j’ai pu enrayer la machine.

      J’ai encore quelques restes. J’ai du mal à m’aimer et à m’accepter mais je ne me laisse plus envahir. Quelle libération! Les persécuteurs passent leur chemin. Les victimes qui croisent ma routent jouent les victimes dans leur coin je n’ai plus envie de les sauver. J’ai bien failli quand même passer du côté des persécuteurs du coup, lorsque la colère et la frustration ont éclaté. Mais à quoi bon. Ce n’est certainement pas en rabaissant les autres qu’on avance, qu’on vit mieux. Et ça laisse des traces chez ceux à qui on a pu faire du mal. Cette période n’a pas duré, heureusement 🙂

      Maintenant si quelqu’un me demande de l’aide, je l’aiderai, si cela ne me coûte pas plus en énergie que celle que je possède. Et si on me sollicite trop eh bien je dis non. Tout simplement. Et quand on me fait du mal, je ne me laisse plus faire. Même mon « manipulateur » d’ex mari n’a plus de prise sur moi. Il essaie de me faire enrager alors je me mets en colère certes mais plus dans des états de désarroi profond. Il est cinglé, je l’ai quitté. Fin de l’histoire. Maintenant nous avons des enfants en commun et il y a du boulot mais ce n’est plus la fin du monde comme ça l’a été.

      C’est chouette en tout cas, je le souhaite vraiment à tous. Vivre pour soi, avec les autres, avec les gens qu’on aime, et non pas en fonction des autres, en fonction souvent de parfaits inconnus d’ailleurs, de parasites.

      Je suis « tombée » sur votre article via une recherche sur le sujet et je tenais à poster un petit commentaire positif. Et d’ailleurs il est important de souligner en effet que ce test pourrait avoir un effet négatif sur des personnes ayant pour habitude de s’auto flageller. C’était mon cas avant 🙂 Il faut beaucoup de force pour aller vers le chemin de la connaissance de soi. C’est pas toujours simple mais ça vaut le coup 🙂

      Merci je m’en vais explorer votre site 🙂

      Répondre
      1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

        Le choix de vos mots, la tournure de vos phrases, la lucidité de vos propos, reflètent le chemin parcouru.
        Bonne chance sur votre chemin de vie dans le respect de vous-même !

        Répondre
    6. Fumée

      Intéressant tout ceci … Et une fois encore, je m’y retrouve.
      En tant que Sauveur, que Victime à temps plein, et rarement – mais cela vient, je le perçois – de Bourreau. Intéressant de constater que oui, je me savais une Victime, mais tiens, je découvre que je suis aussi un peu Sauveur ou Bourreau.
      Que j’aimerais pouvoir me sortir de là !
      Mais las ! j’attends encore la « potion magique » par peur de ce que je vais trouver en moi … Je vais continuer de m’accrocher, merci encore pour vos articles qui m’aident.

      Répondre
      1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

        Hé oui, peut-être qu’à force de vous y retrouver, vous aurez la force de prendre en compte cette part blessée en vous qui crie depuis si longtemps.
        Trouver cette force c’est entreprendre un travail thérapeutique par amour pour vous.

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        1. Fumée

          Je l’entreprends présentement par moi-même, mais pas par amour pour moi, plutôt parce que je sais que je ne peux pas continuer ainsi.
          Viendra le temps où je pourrai le faire par « amour pour moi-même ». Et peut-être même avec une personne compétente – mais là, c’est une question de moyen. En attendant, je sais que je veux en sortir et que je finirai par y arriver. Je l’espère sincèrement, en tout cas.
          Merci encore.
          Mme Fumée

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    7. bernadette

      Il faut être très claire avec soi-même et avec autrui lorsqu’on veut aider quelqu’un. Avec soi-même, ne tombons pas dans le piège de l’orgeuil . Sincèrement, je crois lorsqu’on aide quelqu’un (qui vous le demande) il ne faut rien attendre. On aide et puis c’est tout. On n’attend pas de remerciement ou de la gloire, une forme de récompense ou que l’on parle de vous… ce sont les pièges de l’égo. Lorsqu’on aide q.q.’un, Il y a comme une espèce dedette qui se crée automatiquement entre l’aideur et l’aidé. Par la suite, l’aidé peut agir de deux façons différentes, soit en vous témoignant de la gratitude, soit en se retournant contre vous (ainsi la dette est effacée). L’aide demande beaucoup d’intelligence. On ne peut pas aider n’importe qui. Mais il y a aussi plusieurs façons d’aider, par ex. par la prière, en silence, en visualisant la personne et lui envoyer de la lumière. ainsi, il se crée éternellement des liens karmiques entre les personnes. La leçon à retenir, si un jour, vous avez été aidé, rendez-le et aidez à votre tour. On n’est pas infaillible !

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      1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

        Tout cela fait beaucoup de « il faut » !
        Cet article vous propose un simple outil pour vous aider à devenir plus claire avec vous-même quand justement vous ne l’êtes pas.

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        1. bernadette

          Alors remplaçons les « il faut » (il n’y en a que 2) avec « soyons ». Les être humains ont besoin de règles, de disciplines pour guider leurs actes, leurs paroles, leurs pensées. La discipline est une référence qui nous rassure, nous montre le bon chemin à suivre. Le triangle, dont vous parlez, est toujours ressenti par des égos, car l’égo a besoin d’exister. Or, lorsque nous aidons quelqu’un sans EGO, nous n’attendons rien. L’EGO est le pire ennemi de l’homme car il vous donne toujours le sentiment d’exister sérarément des autres. Bien à vous.

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          1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

            Je ne crois pas que le pire ennemi de l’homme soit son ego car il faut un ego d’une certaine solidité pour découvrir que l’ego est une illusion.
            Vous n’avez pas de baguette magique, ce n’est pas parce que vous parlerez à l’impératif en disant « soyons », que les choses se réaliseront soudainement. Nous ne pouvons avancer qu’à partir de là où nous en sommes, donc à partir de nos blessures et de nos erreurs.
            Qui (en vous) parle « d’aider quelqu’un sans ego » puisque (comme moi) vous en avez un ?
            Par contre vous avez le pouvoir de « faire avec cet ego » en découvrant que ce qui fait le plus souvent obstacle dans notre relation à l’autre c’est en effet notre besoin que cet autre réponde à notre attente. C’est alors que vous pourrez travailler sur vos attentes afin de laisser respectueusement l’autre être « ce qu’il est ».
            Et peut-être qu’à force de travailler humblement sur vos attentes, vous parviendrez à l’état sans ego…

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    8. marianna

      Bonjour, ce texte parle beaucoup de moi dans mon passé, j’ai toujours voulu « sauver » et j’ai été aussi victime. Je pense être guérie. Souvent maintenant, je me pose la question « comment à t elle fait pour en arriver là ?  » J’ai appris à exister pour moi même à m’aimer et me respecter, je sais aussi maintenant me protéger. Je reste quand même aux aguets quand une victime se présente, je suis à l’écoute mais je reste sur mes gardes. Mon problème venait de ma maman, elle culpabilisait, sauvait, avait pitié, j’étais devenue aussi sa béquille, elle ne se rendait pas compte bien sur. Elle même était victime aussi de son passé. Voilà l’enchainement, aujourd’hui j’essaye de bien vivre pour donner aussi l’exemple à mes enfants. J’espère laisser des traces de mon bien être, bien vivre au présent. Je suis plus consciente de ma deuxième vie. Merci de pouvoir s’exprimer.

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