Pourquoi je quitte ma femme que j’aime et qui est géniale ?

Passent les jours et passent les semaines Ni temps passé Ni les amours reviennent Sous le pont Mirabeau coule la Seine.

Guillaume Apollinaire.

(Une histoire de petits seins)

Question d’Alexandre :

Voilà, je sortais avec une femme depuis 1 an et demie. Elle avait un complexe. Sa poitrine. Pendant plus d’un an, elle n’a jamais enlevé son soutien-gorge. Pourquoi ? Elle disait qu’elle avait des cicatrices sur les seins. Pendant tous ces mois, j’ai essayé de lamettre de plus en plus en confiance, la rassurant sur le fait que je les aimerai moi ces cicatrices. Je lui ai même donné le nom d’un chirurgien qui aurait pu les lui enlever. On avançait à petit pas. Etape par étape. Seulement au bout d’un an, je n’en pouvais plus, elle avait beau avoir toutes les qualités du monde et j’avais beau être très heureux avec elle, c’était frustrant et plus parce qu’elle n’avait pas entièrement confiance en moi plus que parce que je voulais voir et sentir sa poitrine contre moi. Il y a deux mois, je l’ai mise face à un dilemme, si elle ne franchissait pas le cap je la quitterais.

Et elle s’est enfin révélée mais pas comme je le croyais. O stupeur depuis ses 12 ans elle portait du rembourrage, elle était hyper complexée par sa poitrine et pour que les mecs la laissent tranquille, elle a inventé ce mensonge de cicatrices.  Pendant presque 10 ans, elle s’est privée de tellement de choses à cause de son complexe de petite poitrine. Seulement voilà, elle m’a menti, et après je n’arrivais plus à lui faire l’amour comme avant. Même si je trouve son corps sublime et qu’elle était maintenant toute nue quelque chose en moi a été cassée, j’avais perdu l’amour aveugle que j’avais pour elle. Et j’ai beau l’aimer encore parce qu’elle est géniale, je l’ai quitté il y a quelques jours. Mais j’aimerais savoir ce que vous en pensez ? Elle a vraiment souffert pendant toutes ses années et là le fait qu’elle se soit livrée à moi est vraiment une preuve d’amour mais n’efface pas pour autant son mensonge. Qu’en pensez-vous ?

Ma réponse :

Pourquoi votre femme vous a-t-elle fait croire pendant si longtemps qu’elle avait des cicatrices sur les seins ? Parce que présupposant que vous ne l’aimeriez pas telle qu’elle est, donc par manque de confiance en elle-même,  c’était le seul moyen qu’elle avait trouvé pour réussir à ne pas vous montrer sa poitrine.

La construction de son affabulation était directement proportionnelle à son complexe, c’est-à-dire à la crainte qu’elle avait que vous ne découvriez ses petits seins et à la certitude qui était la sienne que vous ne l’aimeriez pas ainsi.

Il est vrai que vous faisiez preuve d’amour en lui disant que vous aimeriez ses cicatrices… Vous ne pouviez pas deviner qu’en lui disant cela vous ne faisiez que faire grandir son malaise à elle. Elle s’était mise – sans le vouloir – dans la position impossible d’une femme, condamnée à être de plus en plus angoissée, au moment même où elle pouvait se sentir aimée pour elle-même.

Quand vous étiez persuadé progresser dans sa confiance, elle se sentait de plus en plus acculée dans son mensonge, censé la protéger !

Parallèlement à ses craintes qui l’avaient piégé, comment ne pas comprendre votre point de vue à vous, davantage frustré par l’absence de confiance qu’elle avait pour vous, que par le fait qu’elle vous cachait une partie de son anatomie.

Aujourd’hui – donc après que vous avez découvert la supercherie – vous butez sur le fait qu’elle vous a menti.  Vous convenez pourtant volontiers (en la comprenant) que si elle vous a menti c’est parce qu’elle avait un complexe. Qu’est-ce que cela veut dire ? Jung définit le complexe par « des éclats de personnalité détachés, des groupes à contenus psychiques, qui se sont séparés du conscient et qui ont un fonctionnement arbitraire et autonome, une existence isolée dans l’obscure sphère de l’inconscient, d’où ils peuvent à chaque instant entraver ou favoriser certaines productions conscientes. » Chaque événement traumatisant de l’histoire d’un enfant est susceptible de déclencher la formation d’un complexe : depuis l’âge de 12 ans, (vraisemblablement à cause d’une humiliation, pour elle insoutenable), votre compagne souffrait de la petite taille de ses seins et portait du rembourrage, cette prothèse-mensonge lui permettant d’être en paix avec le regard des hommes, si ce n’est avec elle-même.

Evidemment, de votre point de vue à vous, du point de vue d’un homme capable d’aimer une femme à la petite poitrine, il est facile de conclure « elle s’est privée de tellement de choses », mais qu’en est-il de son point de vue à elle ?

Pendant 10 ans, grâce à cette illusion de coton, elle a pu gérer, tant bien que mal, son point faible en souffrance. Un jour, elle rencontre un homme qui prétend l’aimer, parce qu’elle se sent insuffisamment en confiance avec elle-même, elle se sent incapable de lui révéler son secret et se retrouve piégée par lui au moment où, lui-même troublé par son absence de confiance à elle, la met en demeure de lui montrer sa poitrine. Coincée à son tour, elle se soumet à son chantage et ose se révéler à lui « telle qu’elle est ».

On aurait pu rêver que l’histoire douloureuse de l’apprentissage de la confiance allait s’arrêter là… Qu’ils auraient pu enfin s’aimer tels qu’ils étaient. Mais ça aurait été sans compter sur sa réaction à lui. Est-il déçu par la révélation, n’aime-t-il pas les petits seins ? Non. Il parle toujours d’un corps « sublime » et d’une femme « géniale » mais il la quitte… Quelque chose a été cassé en lui, il dit ne plus pouvoir lui faire l’amour comme avant, « parce qu’elle lui a menti ».

Comme si son histoire personnelle à lui, le contraignait à faire rimer mensonge avec trahison, alors même que pour elle il ne rime qu’avec protection ?

Qu’est-ce qui, au moment même où vous vous approchez très près de votre compagne en la comprenant, « elle a vraiment souffert pendant toutes ces années, et là le fait qu’elle se soit livrée à moi est vraiment une preuve d’amour », vous force à conclure que cela « n’efface pas pour autant son mensonge » ?

Si vous admettez que le mensonge de votre compagne n’est que la part visible de sa souffrance, pourquoi en faites-vous une histoire personnelle ? En quoi, ce mensonge devrait-il vous remettre en cause ? Ne parle-t-il pas d’elle plutôt que de vous ? Qu’est-ce qui est le plus important pour vous ? Est-ce de l’aimer ou de vous sentir blessé par une femme qui ne faisait que tenter d’apaiser sa souffrance comme elle le pouvait ? Pourquoi faire un problème d’un non problème ? Vous semblez comme choisir de vous sentir personnellement blessé par elle, pouvez-vous dire pourquoi ?

Peut-être que si vous l’avez quittée, n’est-ce pas parce qu’elle a commis une erreur en vous mentant, mais parce que votre ego est frustré dans son besoin insatiable d’être confirmé, reconnu et adulé ?

En d’autres termes, je me demande vraiment si vous l’avez jamais aimée…

© 2011 Renaud PERRONNET Tous droits réservés.

VOS COMMENTAIRES SONT EN BAS DE PAGE, JE VOUS RÉPONDRAI LE CAS ÉCHÉANT.

————–

Moyennant une modeste participation aux frais de ce site, vous pouvez télécharger l’intégralité de cet article au format PDF, en cliquant sur ce bouton : 

—————-

Pour aller plus loin, vous pouvez télécharger la fiche pratique inédite :

—————-

CC BY-NC-SA 4.0 Pourquoi je quitte ma femme que j’aime et qui est géniale ? par Renaud Perronnet est sous Licence Creative Commons Internationale Attribution-Pas d'utilisation Commerciale-Partage à l'identique 4.0 .

18 réflexions au sujet de « Pourquoi je quitte ma femme que j’aime et qui est géniale ? »

  1. NATH

    D’entrée de jeu, je ne pige pas…. c’est quoi le mensonge ?
    Comment peut-on, dans un discours qui se veut « évoquer un sentiment d’amour », laisser la place à cette dimension de « mensonge » ?
    Je ne compendrais jamais, qu’on puisse dans une relation, quelle qu’elle soit, évoquer ce terme, à la dimension trop manichéenne.
    Chacun fait ce qu’il peut, dans l’histoire qui est la sienne.
    Ne jamais perdre de vue, que dans une relation amoureuse, c’est avant tout SOI-MEME qu’on aime, parce qu’on permet à des pans de s’exprimer, de s’accomplir et d’exister.
    On met l’amour à toutes les sauces, mais l’amour, ce n’est pas « ça ».
    L’amour permet d’aller au delà de l’histoire de l’Autre et d’accepter que s’il a fonctionné comme « ça », c’est qu’il avait une « bonne raison » de le faire.
    OK, ça fait très monde de « oui-oui », mais aimer l’autre, c’est AUSSI lui faire prendre conscience qu’il a un problème à régler, et que personne ne peut le faire à sa place.
    Après on peut évoquer tout un discours de rupture, de déceptions et de larmes, en attendant une fois de plus, c’est sur soi-même qu’on chiale.
    Alors bravo pour la décision Alexandre, elle n’est pas simple parce qu’elle « coûte », mais pour autant, qui as-tu aimé dans cette histoire ? QUI ? et surtout QUOI ?

    Répondre
  2. jean michel

    Et si la dynamique de l’attachement avait été contrariée? Ma propre expérience de l’échec sentimental m’incite à donner un avis, je ne sais pas si il sera utile. Tout le monde a déja entendu parler du cas de certains enfants, qui à force de faire des gros efforts pour mériter un cadeau presque inaccessible, perdent tout intérêt pour la surprise quand elle leur est enfin proposée, du fait de l’usure du désir qui doit être conforté, comme une pousse dans un jardin doit être arrosée pour grandir. Il me semble qu’il peut y avoir des situations d’épuisement physique, mais peut etre aussi des épuisements émotionnels. C’est intéressant aussi de se demander en quoi consiste le mécanisme de la satisfaction. Qu’est ce qui fait qu’on a l’impression de ressentir qu’on s’accomplit a travers une relation surtout à caractère intime. Je me demande finalement si l’important n’est pas de tirer enseignement de toute relation, qu’elle soit réussie ou non. Une relation qui serait sans problème ou tout irait bien, un peu comme une affaire classée pourrait se révéler moins enthousiasmante que une relation qu’on construit par des échanges mutuels sur ce qui est important dans le vécu et qui ressemble plus à une aventure à deux. Je sais bien que c’est facile de parler, et je reste persuadé que le projet le plus difficile est de réaliser l’union en profondeur de personnes nécessairement différentes. c’est aussi ce qui fait l’intéret de la vie.

    Répondre
  3. Hannah

    Pour moi il y a eu un amour très fort entre ces deux personnes mais à force, ils se sont épuisés. Et la révélation aussi « belle » soit elle, car il s’agit vraiment d’une rédemption, d’un pardon par rapport à elle, à son corps et à lui aussi, quelque chose comme il le dit a été cassé. Quelque chose contre laquelle il aimerait combattre pour rester mais il ne peut plus. C’est plus fort que lui.
    C’est impossible comme histoire. Il lui dit que si elle ne dévoilait pas, il la quitterait et elle l’a fait, il la quitte. Fatalité.
    C’est beau parce qu’elle a franchi le cap et je suis sûre que maintenant elle s’est enfin libérée, enfin je l’espère. Mais c’est triste pour eux parce qu’ils ont l’air d’avoir vécu un sacré truc et oui comme vous le dites, « On aurait pu rêver que l’histoire douloureuse de l’apprentissage de la confiance allait s’arrêter là… Qu’ils auraient pu enfin s’aimer tels qu’ils étaient. »

    Répondre
    1. jean michel

      Je me demande encore si certaines relations sont des aboutissements ou des transitions. En fait le lien et le partage a quelqu’un a souvent un but au delà de ce qui est exprimé et convenu. Il me semble que dans certains cas, la relation sert à franchir un cap, et une fois le cap franchi, une nouvelle liberté ne trouve plus son enracinement dans la relation qui a connu le stade d’avant. Beaucoup de questions et peu de réponses, le relationnel est décidément complexe et plein d’interférences d’incertitudes.

      Répondre
  4. Brigitte

    Cette tranche de vie me rappelle un conte que j’ai lu : celui où une princesse magnifique épouse un prince en lui faisant promettre de ne jamais chercher à découvrir le secret de sa journée passée seule… or le prince, après plusieurs années heureuses et fidèle, un jour découvre le secret et la fait mettre à mort…
    Alexandre, suivez la piste du « pourquoi vous avez agi ainsi avec votre amour ». Votre démarche sur ce site est à votre honneur. Heureux êtes-vous de vous poser cette question qui vous prouve que votre coeur existe et qu’il n’y a pas que votre ego (certes il a été le plus fort cette fois-ci). Soignez votre propre coeur meurtri. C’est une vraie opportunité que la vie vous propose. L’adage : « on voit la paille dans l’oeil de l’autre mais pas la poutre qui obstrue le sien » est tjrs d’actualité. Après vous serez mieux à même d’aider les autres pour de vrai.
    J’ai une pensée toute spéciale pour votre compagne (moi qui suis aussi une complexée) ; j’espère qu’elle saura surmonter sa déception de votre rupture et qu’elle ne fera pas l’amalgame avec son complexe.
    Courage !

    Répondre
  5. Hannah

    Jean-Michel, une fois de plus je trouve votre étude est très sensée. Et je me permets de rebondir sur cette phrase : « la relation sert à franchir un cap, et une fois le cap franchi, une nouvelle liberté ne trouve plus son enracinement dans la relation qui a connu le stade d’avant. » Est-ce que dans ce cas là, si cette femme avait vraiment eu des cicatrices sur la poitrine et qu’elle s’était livrée tardivement, il se serait passé le même épuisement physique et émotionnel dont vous parlez plus haut? Est-ce que cette nouvelle liberté aurait aussi entravé la relation étant donné qu’elle n’était dans leurs habitudes à tous les deux?

    Répondre
    1. S.

      Quand à moi, je suis abasourdie!
      … Je ne pensais pas qu’un jour, j’allais rencontrer la même histoire que la mienne.

      J’ai maudis mon corps « hors-norme » durant toute mon adolescence, priant je-ne-sais-quoi ou je-ne-sais-qui dans le but de voir ma poitrine grandir un jour. Jamais ce n’est arrivé. Je pense faire partie des femmes les plus « plates » du monde!! Et j’ai maintenant presque trente ans. Aujourd’hui, je m’y suis faite, j’ai accepté.

      Pendant 5 ans (collège/lycée) j’ai menti sur mon apparence de la même manière que cette demoiselle. Je me suis fabriquée des faux seins, une carapace, des sortes de bandages cachant de soi-disantes cicatrices aussi.
      Quel enfer! Personne ne peut imaginer les situations de stress, d’angoisse, d’humiliation ou de frustration qu’on peut traverser: pas de piscine, pas de mer, pas de vêtement près du corps (surtout pas de maillots de bain), aucune possibilité de se déshabiller devant quelqu’un, de serrer une personne dans ses bras, interdiction de se faire toucher à cet endroit là, inventer sans cesse des excuses aux petits copains, raconter des bobards aussi aux copines et aux parents, pas de soutien-gorge sexy (je n’en ai jamais porté de ma vie), aucun lâcher-prise durant les rapports sexuels, etc…

      Parce qu’il y a secret honteux sur notre propre identité (en tout cas notre apparence), il y a surveillance constante de soi-même et de son entourage, afin que la supercherie ne se découvre pas. L’âme n’est jamais tranquille. S’ensuit un épuisement physique et psychique. Et un manque total de confiance en soi, d’abord dans notre relation avec un compagnon ; puis, petit à petit, l’estime de soi s’atrophie dans toutes les sphères de la vie. Ce complexe a pourri mon adolescence, faussé mon identité, perturbé ma relation à autrui et aux hommes. Rien que d’y penser, j’ai envie de me cacher, et de pleurer d’incompréhension, d’injustice, de colère.

      Un jour j’ai cessé de vivre cet enfer, parce que je devais partir dans les iles avec des amis, par 40°, pendant les vacances d’été. Impossible de rester enfermée, je ne pouvais plus mentir. D’un soi-disant 90B, je suis passée à « la planche à repasser », et en maillot de bain, en plus! Je me rappelle juste de la terreur que j’ai ressenti lorsque j’ai foulé le sable de la plage devant mes amis, et mon frère. Mais pour tout vous avouer, je n’ai aucun souvenir de la façon dont j’ai géré la situation. Ce que je leurs ai dit, leurs réactions, c’est le trou noir total, je crois que j’ai tout occulté. J’avais trop honte. Et à la rentrée, je me souviens juste d’un énième mensonge : « j’ai été malade, j’ai beaucoup maigri, j’ai perdu plusieurs taille de soutien-gorge ». Et j’en suis restée là.

      Depuis, je me suis rendu compte que pour beaucoup d’hommes, je n’avais effectivement pas assez de poitrine (ceux là, de toute façon, ont l’esprit bien étroit), d’autres par contre, étaient très attirés par mon physique original et androgyne (sans pour autant qu’il y ait une once d’ambiguïté homosexuelle chez eux). Ces homme là étaient extraordinaires, parce qu’à l’inverse de toi, Alexandre, ils étaient la preuve qu’un individu ne se résume pas à son enveloppe.

      Aujourd’hui, je vis avec un homme encore plus extraordinaire qu’extraordinaire, parce qu’en plus de ce coté « femme amputée », je suis très malade. C’est seulement au bout d’un an que je lui ai parlé de ma santé. Et il est toujours à mes côtés. Il a juste compris que parfois, certaines personnes sont si fragiles et ont tellement peur de ne pas être aimé, qu’elles tardent effectivement à annoncer la vérité, parce qu’elles ont peur de souffrir encore plus. Donc elles se protègent. Aux yeux de mon compagnon, le fait que je sois malade ne change en rien la personne que je suis.

      Merci, Mr Perronnet, pour vos mots… Si quelqu’un avait pu me les dire, il y a 15 ans… Je serais moins malade aujourd’hui.

      Répondre
  6. Mel

    J’aimerais comprendre.
    Admettons que c’est elle qui vient vous voir pour vous dire qu’elle a un complexe depuis longtemps et voudrait l’annoncer à son compagnon. Vous lui répondez finalement « s’il vous quitte après lui avoir avoué c’est parce qu’il ne vous aime pas » ?
    L’issue de cette histoire dépend t-elle de comment l’on peut dire les choses ? De sa valeur morale ?
    Dans une histoire d’amour rien n’ai acquis. Chacun évolue avec ses propres expériences de vie, ses limites, ses ressentis…
    Et je m’interroge sur le pourquoi de sa réaction à lui qui est plus condamnable que son comportement à elle ? Un an de mensonge c’est pas rien pour celui qui l’a subi !
    Les deux protagonistes ne doivent-ils pas être à égalité dans la problématique qui est la leur ?

    Répondre
  7. Michelle

    Que connaissons-nous de ses propres méandres et blessures? Est-ce que paradoxalement la blessure qu’Alexandre a infligé à sa compagne, n’apportera-t-elle un déclic chez elle? J’ai vécu des expériences très douloureuses qui m’ont permis de terriblement avancer. Un « mal » peut se révéler un « bien » parfois et le seul fait d’avoir réussi une seule fois à surmonter son « mensonge » va peut-être la grandir. Ils se sont quittés il y a peu: peut-être vont-ils comprendre leurs blessures respectives et cette épreuve va-t-elle renforcer leur amour. Ou les aidera dans leur chemin de vie respectif.

    Répondre
  8. carelle glawdys

    je suis moi aussi très complexée ! j ai une grosse cicatrice sur le sein droit. j ai très peur que mon ami que j aime beaucoup la voie. et pourtant on s entend parfaitement mais à chaque fois qu il veut toucher à mes seins je trouve un prétexte. on s est amorraché deux fois déjà . j aimerai savoir si je dois lui dire à l avance ou alors laisser qu il découvre et expliquer ensuite. merci pour vos réponses

    Répondre
    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Peut-être détenez-vous là le moyen de vérifier l’amour que votre ami a pour vous… Pourquoi pensez-vous que vous seriez moins aimable à cause d’une cicatrice sur le sein gauche ? Sans doute parce que votre complexe vous oblige à vous comparer à un objet. Un objet abimé, on peut avoir envie de le jeter, mais qu’en est-il pour un être humain, pour une femme que l’on aime ? Ne croyez-vous pas que si votre ami devait s’éloigner de vous à cause de cette cicatrice, vous auriez le droit de penser qu’il ne vous valait pas ?
      Allez-vous oser courageusement prendre le risque de la lui montrer ? Et vous autoriser à ne plus devoir craindre son regard sur vous ? Il n’y a pas de réponse préférable à votre question, il y aura juste une opportunité… à un moment précis de votre relation… que je vous souhaite devenir capable de saisir…
      Et surtout souvenez-vous que c’est parce que vous n’aurez plus honte de vous-même que vous permettrez à un homme de vous aimer « telle que vous êtes ».

      Répondre
  9. Aud

    Je suis entièrement d’accord de la réponse de Mr Perronnet à Carelle Glawdys.
    Pour moi, si il tient à vous, il découvrira cette cicatrice, et l’acceptera. Par contre si il ne l’accepte pas…effectivement vous pourriez vous demander si il tient à vous réellement.
    De plus, selon moi, tôt au tard, il verra cette cicatrice car vous êtes un couple. Vous ne pourrez pas le cacher éternellement.
    Pensez au fait qu’une fois qu’il aura connaissance de cette cicatrice et donc qu’il « vous aime telle que vous êtes » (comme l’a dit mr Perronnet) vous pourrez lui en parler librement, vous confiez, lui expliquer à quel point cela vous complexe, et il pourra alors vous rassurez et vous vous sentirez bien mieux 🙂
    Choisissez le bon moment et lancez vous.
    Bonne chance à vous 🙂

    Répondre
  10. So

    Vos histoires sont très touchantes. Mais avec tout ça, je n’arrive toujours pas à avoir confiance en moi. Faire semblant, sans cesse. Donner une fausse image de notre bien-être à notre entourage, souffrir en silence, et tomber dans une longue réflexion dépressive quand on se redécouvre à chaque fois, nue devant notre glace. Passer des heures à les masser, éspérant qu’ils grossissent, ne serait-ce qu’un peu. Croire à tous les conseils inutiles trouvés sur internet, pour arranger la situation. Bien évidémment, rien ne s’arrange. Jamais. J’ai un copain, depuis quelques mois. Il est gentil mais, souvent, il « rigole » avec ses potes, parlant de grosses poitrines – ou pas. Il sait très bien que j’en ai une petite ; du moins, ça se voit. Et je sais qu’il préfère les grosses. Alors, de temps en temps, j’essaie de lui faire comprendre que ça me complexe, indirectement, en faisant des allusions. Sans succès. Et comme «S.», toutes ces histoires de petits seins me hantent énormément. La différence, c’est que je n’arrive toujours pas à m’accepter. J’ai bientôt 17 ans.

    Répondre
    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Vous semblez être assez lucide sur vous-même, avoir confiance c’est oser ne plus obéir à celle qui vous contraint de « faire semblant » dans une vision négative de vous-même. Il s’agit donc moins de vaincre vos complexes que de braver la part de vous-même qui vous oblige à lui obéir. Cela demande honnêteté et courage. Au-delà de cette part, il y a la paix retrouvée et la confiance en vous-même.
      Posez-vous cette question : Dans ma vie, dois-je me sentir obligée de renoncer à moi-même quand l’autre renonce à moi ?

      Répondre
  11. Michel

    Franchement, Alexandre, t’es nul sur ce coup-là. Si tu l’aimais vraiment, tu comprendrais son problème et tu lui pardonnerais de t’avoir « menti ». Au contraire, ton égo démesuré te renvoie à une trahison, alors qu’elle n’a fait que lutter contre sa propre condition. Indépendamment de ce que tu pouvais ressentir, certes, mais comment peux-tu lui reprocher de n’avoir pas fait l’impossible ?
    Plutôt qu’accepter son principe, de la mettre en confiance jusqu’à ce que ce soit elle qui, enfin libérée de sa culpabilité, te confie la vérité, tu as exigé de la connaître, la vérité : le forcing, ça ne marche jamais, avec personne.
    Et je vais peut-être te le dire durement, mais :
    – que tu l’aies quittée, c’est probablement la meilleure chose qui lui soit arrivée.

    Répondre
  12. P

    Bonjour,

    Je voudrais parler aux femmes comme S et comme l’amie d’Alexandre qui souffrent de leur poitrine qu’elles estiment trop petite.

    S;, j’ai été dans ton cas, je me suis beaucoup reconnue dans ton témoignage. J’ai connu les mensonges, la souffrance de voir son torse désespérément plat, mais aussi les commentaires plus ou moins bienveillants qui, de toutes façons, nous ramène toujours à notre « anormalité ».

    Tu parles d »amputation » et je trouve ce mot très juste car il met le point sur le fossé entre l’image que l’on se fait du « soi idéal », et de son avatar réel si décevant. Il y a bien le sentiment d’une perte, d’une amputation, de quelque chose qui existe dans notre imagination mais que le corps n’a pas. Ces seins, ne les a t-on pas rêvés pendant toute notre fin d’enfance, puis notre adolescence ? On attendait avec impatience ces symboles de mâturité et de féminité, garants de notre droit à jouir de ce qui fait de nous une femme. Et puis, on les a vu chez les autres, mais le temps a passé et force fut de constater, à la vingtaine, que notre poitrine n’évoluerait pas.

    Pourquoi ? Qu’a-t-on fait pour ne pas mériter ce corps que l’on souhaitait tant enfant ? Pourquoi n’a-t-on pas le droit de grandir ? doit-on se résigner à la différence, à la solitude ? Et puis, avec l’expérience des hommes viennent d’autres questions : un homme « normal » peut-il m’aimer, non pas malgré ma poitrine mais bien avec elle, sans avoir des penchants que je juge malsains ?

    Outre la culpabilité, il y a la peur d’être révélée au grand jour avec ses faiblesses : son « infirmité », son mensonge et sa peur du regard des autres. Le camouflage est une « solution » temporaire qui ne sera qu’une honte de plus le jour où on est démasquée. Plus le temps avance, plus on ment, plus on honte de soi et de mentir, et plus on a honte d’avoir honte dans cette société qui nous intime de nous « assumer » tout en nous bombardant d’images de corps « parfaits »…

    Je voudrais encore soulever une autre difficulté des ces femmes : les êtres humains sont programmés pour tirer des conclusions sur « l’être » à partir du paraître (par exemple si vous voyez un visage blafard avec de gros cernes, vous penserez qu’il est fatigué, alors qu’il est peut-être très reposé). Or ne parle-t-on pas d’une poitrine « généreuse », « épanouie » ? par « effet de synecdoque », il est plus difficile qu’une autre d’être vue, et pire de SE VOIR soi-même comme une femme généreuse et épanouie…

    J’ai fait le choix de la chirurgie « esthétique », et je pense que c’est une solution à considérer. Personnellement, je l’ai vécue comme une chirurgie reconstructrice, et pas comme un simple caprice. Mon corps me correspond enfin, il n’y a pas de décalage entre lui et ce que je pense être. Cet acte m’a rendu mon corps !
    Ce choix n’est pas facile car il est très décrié. Mais rassurez-vous, mesdames, mesdemoiselles, si les gens qui vous aiment savaient ce que vous enduriez, ils n’envisageraient pas cette solution avec mépris. Il existe bien sûr d’autres solutions pour être heureuse avec son corps, mais je souligne, juste pour que vous vous sentiez plus légère et parfaitement libre, que rien ne vous condamne à vivre avec cette poitrine. Si malgré tout vos efforts vous n’en pouvez plus, eh bien souvenez vous que garder cette poitrine est un choix, et que vous pouvez changer d’avis.

    Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *