Lettre d’une élève infirmière en train de mourir

Et si le soignant osait consacrer le temps dont il dispose à accueillir les espoirs et les peurs de celui qui va mourir ?

Célèbre lettre, anonyme, écrite en février 1970.

Son original est paru (en anglais) dans « The American Journal of Nursing Company. »

Traduite dans le livre d’Élisabeth KUBLER-ROSS, La Mort dernière étape de la croissance, Éditions du Rocher. 1985. p. 51 à 53.

Nouvelle traduction libre de © Renaud PERRONNET

Thèmes principaux :

Et si le soignant osait consacrer le temps dont il dispose à accueillir les espoirs et les peurs de celui qui va mourir ?

Comme le dit Elisabeth Kubler-Ross : « Vous pouvez ajouter encore à la dignité de la mort [de cette femme] en recevant ce message et en l’appliquant. »

La lettre :

Je suis élève infirmière et je suis en train de mourir. J’écris cette lettre pour vous toutes qui vous préparez à devenir infirmières, dans l’espoir de vous faire partager ce que je ressens, afin qu’un jour vous soyez peut-être mieux capables d’aider les mourants.

J’ai encore entre un et six mois à vivre, un an peut-être, mais personne n’aime aborder ce sujet. Je me trouve donc en face d’un mur qui est tout ce qui me reste. Personne ne veut voir le malade mourant en tant qu’être humain et par conséquent ne peut communiquer avec moi.

Je suis le symbole de votre peur, de ce que nous savons pourtant que nous devrons tous affronter un jour. Ne nous disait-on pas, dans les cours de psychologie, que si on approche la pathologie du mourant avec sa propre pathologie, cela ne peut que nuire à la relation d’accompagnement ? Et que pour pouvoir être au clair avec l’autre, il faut connaître ses propres sentiments ?

Vous vous glissez dans ma chambre pour me porter mes médicaments ou prendre ma tension, et vous vous éclipsez une fois votre tâche accomplie. Est-ce parce que je suis élève infirmière que j’ai conscience de votre peur et sais qu’elle accroît la mienne ? Pourquoi avez-vous peur ? Après tout, c’est moi qui meurs !

J’ai conscience de votre malaise, que vous ne savez que dire ni que faire. Mais croyez-moi, vous ne pouvez pas vous tromper en montrant de la chaleur humaine. Laissez-vous toucher. C’est de cela que nous avons besoin, nous les mourants. Nous pouvons vous poser des questions sur l’après et le pourquoi, mais nous n’atten­dons pas vraiment de réponse. Ne vous sauvez pas, j’ai simplement besoin de savoir qu’il y aura quelqu’un pour me tenir la main, le moment venu. J’ai peur. La mort est peut-être devenue une routine pour vous, mais à moi, ça n’est encore jamais arrivé. Pour moi, c’est un moment unique.

Vous parlez de ma jeunesse; mais quand on est en train de mourir, on n’est plus tellement jeune. Il y en a des choses dont j’aimerais parler. Cela ne vous prendrait pas tellement plus de temps car, de toute façon, vous en passez pas mal avec moi.

Si nous pouvions seulement être honnêtes, admettre nos peurs, nous toucher mutuellement. Votre professionnalisme serait-il vraiment menacé si vous alliez jusqu’à pleurer avec moi ? Est-il vraiment exclu que nous communiquions vraiment pour qu’à l’heure où ce sera mon tour de mourir à l’hôpital, j’aie auprès de moi des amies ?

VOS COMMENTAIRES SONT EN BAS DE PAGE, JE VOUS RÉPONDRAI LE CAS ÉCHÉANT.

————–

Moyennant une modeste participation aux frais de ce site, vous pouvez télécharger l’intégralité de cet article (1 page) au format PDF, en cliquant sur ce bouton : 

—————-

Pour aller plus loin, vous pouvez lire sur ce site :

36 réflexions au sujet de « Lettre d’une élève infirmière en train de mourir »

  1. Amélie

    Profession : Aide Soignante.
    Ville : Le François.
    Pays : Martinique.

    Message plein de vérité et de lucidité devant la peur de la mort et la fuite des soignants devant la jeunesse qui se meurt.

    Répondre
  2. Carole

    Profession : Aide à domicile et en formation pour le DEAVS, après AS.
    Ville : Auberchicourt.
    Pays : France.

    C’est tellement vrai mais je suis fortement émue par cette lettre, beaucoup de personnes devraient la lire, franchement bravo de ce courage.

    Répondre
  3. Alexandra

    Profession : Infirmière en gériatrie
    Ville : Prissé la charrière
    Pays : France

    Lettre très touchante, pleine de vérité qui permet une remise en question de chacun de nous par rapport à la mort. Les études d’infirmière nous préparent elles à ces situations ?

    Répondre
  4. Marion

    Profession : En formation d’éducatrice spécialisée

    Cette lettre me conforte dans l’idée que les éducateurs spécialisés ont une place à prendre dans l’accompagnement de personnes gravement malades, en fin de vie. Je crois qu’une collaboration entre éducateurs spécialisés et personnels soignants dans ces cas là peut être bénéfique aux patients. La relation étant la base du travail d’éduc, et cette même relation manquant au patient et étant visiblement difficile à établir avec certains soignants.

    Répondre
  5. Despina

    Profession : Infirmière.
    Ville : Beyrouth.
    Pays : Liban.

    Une lettre que je l’aime en plein coeur, en tant qu’infirmière en 1er année… Bravo !

    Répondre
  6. Dorothy

    Profession : Infimière.
    Ville : Compiègne.
    Pays : France.

    Témoignage émouvant, nous étudiant nous ne nous mettons pas assez à la place des patients, le patient est une maladie. Ce témoignage permet de nous remettre en questions, si nous étions à la place du patient comment voudrions nous être pris en charge ????

    Répondre
  7. Renaud Perronnet Auteur de l’article

    Je veux bien que vous employiez l’expression « se mettre à la place de l’autre », à condition que vous vous souveniez constamment que vous n’êtes pas lui ! A se mettre à la place de l’autre, nous risquons donc de ne pas le respecter… c’est-à-dire de le prendre pour nous… ce qu’il n’est pas…

    Répondre
  8. Patricia

    Bonsoir, Je pense que la mort est très tabou dans notre pays et pourtant nous sommes en 2008 !!! hélas avec les progrès technologiques, on en vient à oublier les rapports humains, on banalise la mort, on applaudit « le jeunisme » et on combat activement la vieillesse.
    Bon courage.

    Répondre
  9. Mamandoudoulailai

    Profession : Cadre de santé
    Ville : Beaumont sur Oise
    Pays : France

    Ce témoignange est brulant de sincérité. au cours de ma carrière j’ai accompagné de nombreux patients vers un ultime voyage. chaque accompagnement est unique car chaque indivdu est unique. il n’y a pas de recette. Il y a votre sensibilité, votre sens de l’ecoute et l’affinité relationnelle avec le patient tout professionnel ne peut accompagner tous les patients un fil d’ariane doit vous relier. Il n’existe pas de professionnel de l’accompagnement mais deux individus se choississent l’un ressentant le besoin de l’autre et l’autre qui se confie plus facilement et choisi ainsi celui ou celle avec qui il veut faire le chemin.

    Répondre
    1. nathalie

      Bonjour Mamandoudoulailai,

      Je vous remercie de votre message concernant l’accompagnement des mourants. Il est très important et necessaire que vous, cadre de santé, vous nous fassiez passer ce message.
      Infiniment merci

      Répondre
  10. Lisa

    Profession : Lycéenne
    Ville : Eure
    Pays : France

    Je souhaite devenir infirmiere mais la seul hantise que j’avais est d’etre face a la mort de voir la realité en face mais ce que tu dis renforce cette envie de devenir infirmiere !!! Parce que si je veux faire ce metier c’est en premier lieu pour aider les personnes pycologiquement aider son prochain. Tu vas peut-etre mourir mais sache que ton message fais refléchir et je suis certaine que depuis il ya des infirmiere plus proche de leur patients. En tout cas sache que tu viens de m’inciter davantage a exercer cette profession pour que je puise apporter un peu d’amour.

    BON COURAGE et que dieu soit avec toi.

    Répondre
  11. Houda

    Profession : Infimière
    Ville : Château-Thierry
    Pays : France

    Ce message me touche énormément, du fait de sa réalité.je suis dans un service de pneumologie et nous accompagnons beaucoup de personne en fin de vie, il faut savoir rester vrai donnée de sa personne et étre a l’ecoute aussi bien avec le patient mais aussi avec sa famille, même si ce n’est pas toujours évident. Je tiens a te remercier de ton courage. Que dieu soit avec toi et tes proche.

    Répondre
  12. Taijoki

    Profession : Infirmière
    Ville : Nevers
    Pays : France

    Douce oh ma douce, part en paix, je ne suis pas la pour tenir ta main… mais je suis là tout simplement, car nous sommes tous là pour ce moment.
    Plus ou moins conscients, mais tous là. Nous n’avons pas d’autres choix ma belle.
    Je suis loin, et pourtant si proche…
    écoute.
    Je t’aime.

    Répondre
  13. Silvana

    Profession : Infirmière
    Pays : France

    Une belle lettre en héritage… simple, humble, émouvante et criante de vérités. Notre maladresse face à la mort tient du fait que nous freinons nos émotions pour laisser parler le professionnel, alors que laisser s’exprimer notre peine, notre compassion, faire preuve d’empathie ne peut pas nous rendre vulnérables ou faibles… mais simplement humains.

    Répondre
  14. Amélie

    Profession : Aide soignante
    Ville : Vignacourt
    Pays : France

    Quelle beau témoignage. Sujet si tabou dans notre pays. La mort est un mot qui fait peur, peur de l’inconnu, si l’on pouvait savoir ce qu’il se passe une fois que les yeux se ferment…. Mais le mystère est immense !!! Quel est notre rôle en temps que professionnel ? Accompagner, rassurer, parler,… Difficile parfois selon les patients peut être… Peur de s’attacher, peur de ne pas savoir quoi dire… qui doit avoir peur !!! Il ne faut pas inversé les rôles… Cela fait partit de notre travail. Dans mon travail je suis confronté à ce moment de la vie ou tout s’arrête et moi je suis là et fais de mon mieux pour que cette étape se passe au mieux. Alors ma belle, sache que je t’aurais tenu la main, parler de tout de rien, écouter, rassurer et peut-être même pleurer avec toi et ca rien ne nous l’interdit…. Courage à vous qui nous quittez trop tôt…

    Répondre
  15. Babette

    Ville : La Seyne sur mer
    Pays : France Commentaire :

    Je suis une maman de 50 ans. J’ai perdu mon fils de 20 ans et là j’ai ressentie la peur de la contagion dans les yeux des autres.
    J’ai souffert des regards soit fuyants ou curieux.
    Il faut que le mourant ou la personne en souffrance n’hésite pas à solliciter les autre.
    Je disais à mon entourage soyez juste là, ne me laissz pas seule.
    Lettre très très bouleversante et reflet de notre culture où la mort est tabou !

    Répondre
  16. Ardy

    Profession : Ashq
    Ville : Ste. Marie aux Mines
    Pays : France

    Une tres belle lettre qui nous donne à réflechir quand on se trouve devant un cas comme celui-là.

    Répondre
  17. Arnaud

    Profession : Elève Aide-Soignant
    Pays : France

    C’est quelque chose que je n’ai toujours pas compris dans ce milieu, j’ai l’impression qu’on nous apprend a mettre cette distance avec le patient ? Pourquoi ? Je n’ai pas encors trouvé de reponse, on nous parle a tout bout de champs de protocoles… mais les patients n’attendent pas forcement que ça (laver de telle ou telle autre facon). J’ai 22 ans et je me pose beaucoup de questions à savoir si je vais continuer dans cette filière, je pense m’orienter dans le social a l’avenir car là il y aura surment plus de communication et de comprehension avec le patient. Je trouve cette lettre trés emouvante et surtout reflétant bien ce qu’il se passe a l’hôpital. Cette fille aurai fait à mon avis une trés bonne soignante.

    Répondre
  18. Romain

    Pofession : Radiologue en pédiatrie

    Je suis médecin radiologue. J’ai 50 ans. J’ai diagnostiqué dans ma profesion beaucoup de maladies graves, des tumeurs touchant des enfants, et j’ai vu l’expression de peine dans leurs pères et de soufrance dans les enfants. J’ai essaié d’être toujour aimable avec ces patients et leur familie mais j’ai jamais pleurer avec eux, j’ai ne les ai pas ambrasses, pas acompanyer dans son angoise au dela de mon examen… et je m’apercois que je les ai abandoné à ses angoises.
    Aujourd’hui je suis en train de mourir et je m’apercois bien comme il serai jolie d’avoir des amis parmis mes soignants, je serai moin seul et cela me fairai plus hereux. N’avez pas peur à vous aprocher plus a vos malades. Je regrette bien avoir ètre si distant.

    Répondre
  19. Renaud Perronnet Auteur de l’article

    Pourquoi devriez-vous culpabiliser des souffrances de ceux et celles que vous avez soignés ? Ne dites-vous pas vous-même que vous avez accompagné ces personnes avec humanité, comme – à l’époque – cela vous apparaissait juste ? Pourquoi pleurer serait-il nécessaire pour montrer son humanité et sa compassion ? Fondamentalement, c’est à chacun de nous de gérer nos angoisses car nous en sommes à l’origine, accompagner c’est « être avec la souffrance » de l’autre et non pas devoir la lui prendre.
    Oui, chacun de nous, au moment de notre mort, récolterons ce que nous avons semé, quitte à être la proie du regret. C’est pour cela que – tant que nous sommes vivants – nous avons toujours l’opportunité de nous ouvrir davantage aux autres en restant fidèles à ce que nous pensons devoir faire.

    Pour aller plus loin, je vous invite à lire (en cliquant sur le lien) :

    Suis-je un soignant insensible ?
    Comment gérer ses émotions dans la relation d’aide ?

    Répondre
  20. Amel

    Profession : Elève infirmière
    Ville : Gennevilliers

    Une belle lettre me frappe en plein cœur parce qu’elle reflet la vérité. Bravoooo.

    Répondre
  21. Justine

    Profession : Etudiante infirmière
    Pays : France

    Qu’es-tu devenues, toi, jeune étudiante infirmière ? J’ai l’espoir, peut être à tort, qu’il te soit arrivé quelque chose de meilleur… Là d’où tu es, j’espère que tu es sereine. Je suis étudiante infirmière en troisième année, je me pose énormément de questions quant à ma future profession et surtout face à la mort. J’aimerais tellement être une bonne soignante, mais comment faire quand on a en face de soi quelqu’un qui se meurt ? J’ai réalisé mon travail de fin d’études sur l’accompagnement des persones en fin de vie, sans trouver toutefois de « recette mirale… » Mais toi, tu m’as apporté des réponses… Merci à toi.

    Répondre
  22. Astu

    Bonjour !
    J’étais venue vous solliciter face à mon désarroi.
    Je « tombe » sur cette lettre et ses réactions si émouvantes.
    Je ne suis pas professionnelle du corps médical.
    Voici mon histoire : cela fera bientôt 12 ans, mon mari et moi, avons vécu une situation assez dramatique dans le cadre de sa profession et de notre vie privée, ayant fortement chamboulé nos vies professionnelles, et surtout émotionnelles.
    Durant les mois de séparation physique volontaire de notre couple, j’ai été hébergée par une famille dont la mère est maintenant victime d’un AVC.
    Je me retrouve face à une psychologue qui a presque perdu l’usage de la parole.
    Les plus de 2000 km qui nous séparent ne me permettent qu’un contact par téléphone assez frustant où je ne sais si devoir parler ou pas.
    J’envisage d’aller passer quelques jours chez elle au mois de Mai. Être présente. Lui préparer de bons petits plats. Lui masser le corps (sans pour autant être professionnelle, j’ ose espérer que ce toucher lui fera du bien…).
    Ma seule question réside dans le comportement du langage. Comment aborder cette douleur ?
    Merci pour votre réponse.

    Répondre
    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Je présume que c’est l’authenticité de cette lettre qui vous touche tant. Cette infirmière parle vrai, elle fait fi d’un certain respect humain, de certaines conventions et ose appeler la peur la peur, le mourir le mourir. Se retrouver en face d’une personne pour qui on a de l’affection et qui devient handicapée ou qui vient à mourir peut nous mettre à l’épreuve, quand nous imaginons que nous devons avoir honte de ce que nous sommes devant l’autre parce qu’il est malade.
      Il va donc s’agir pour vous (quelle belle épreuve) d’écouter votre coeur plutôt que votre peur. Votre peur vous incite à ne pas oser aller la voir parce qu’elle communique peu. Votre coeur vous a déjà dit d’aller lui rendre visite pour lui préparer de bons petits plats et peut-être la masser, même si vous n’êtes pas une professionnelle.
      Je ne connais pas cette dame mais présume qu’elle sera très sensible au fait que vous lui fassiez sentir que vous n’avez pas peur des deuils qu’elle est entrain de vivre dans sa chair. N’est-ce pas cela « aimer » l’autre ? Réussir à lui parler avec votre sensibilité plutôt qu’avec votre mental qui vous dicte d’être mal à l’aise.
      Pour aller plus loin, vous pouvez lire mon article Le travail de deuil et plus particulièrement la fin de l’article (Comment apporter notre soutien à une personne en deuil ?)

      Répondre
      1. Astu

        Bonjour, Renaud et merci pour votre motivante réponse.

        Vous avez raison de mentionner cette peur qui parfois me paralyse jusque dans des actions quotidiennes, anodines pour beaucoup.
        C’est un sentiment qui m’ acccompagne depuis bien longtemps et que je devrais « soigner ».
        Je crois beaucoup en la communication non verbale. Cela a été une sorte de partie invisible de l’iceberg, non négligeable, lorsque je me retrouvais face à des personnes dont je ne partageais pas la langue.
        Être, être présente pour cette amie malade ne pourra me faire que du bien. D’une certaine manière, je me soigne aussi. De l’éloignement physique d’avec ma propre mère, elle aussi très âgée et malade.
        Nous trouverons sûrement à nous deux un langage. Avec ou sans mots, nous éloignerons nos maux. N’est-ce pas là l’essentiel ?
        Votre article sur le deuil a été le premier texte que j’ai lu de vous. Il m’a tellement plû que j’ ai voulu le partager avec ma famille et mes amis.
        Mille Merci !
        Je vous souhaite une belle journée.

        Bien cordialement.

        Répondre
  23. nathalie

    Merci infiniment pour ce vrai témoignage. Le passage de la vie à la mort est quelquechose que quiconque maitrise, ni connait et la peur envahit tout nos êtres dans ces moments-là.

    Le témoignage de cette Etudiante Infirmère est au coeur de l’Humain, elle est là pour nous rassurer, nous mettre en confiance entres tous les êtres ensemble, soignants, soignés, bénévoles…
    Nous ne savons pas toujours nous positionner, ni savoir quoi dire…

    Sommes-nous professionnels ou pas dans nos dires face aux mourants?
    Je pense sincèrement que la personne mourante a besoin de Vérité et d’Amour sans se poser d’autres questions. Il me semble que tout cela fait parti du ressenti et non du fait d’avoir été un professionnel ou pas…Enfin c’est ma façon de voir les choses.
    C’est la moindre des choses que nous pouvons donner à la personne qui va quitter la vie.

    Merci Mmes Kubler-ross. Merci à cette Etudiante Infirmière…BRAVO de nous avoir appris la vie!!!

    Répondre
    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Et si c’était cela « être professionnel » ?…
      Une citation du Dalaï-Lama pour appuyer vos dires :
      « Je pense qu’en général il faut dire la vérité, et que même si on l’exprime en termes durs, cela peut être bénéfique. »

      Répondre
  24. rolande

    beau temoignage.
    pour ma par l’accompagnement doit être fait avec son âme et son coeur et non avec son mental. j’ ai perdu ma maman il y a trois ans,et pendant ses dernières heures je lui racontait des histoires drôles qui lui permettait d’oublier sa fin de vie et de partir sereinement.

    Répondre
  25. TERENCE

    Bonjour,

    Je suis élève infirmier en dernier année et je serais, je l’espère, diplômé dans un mois. Je viens de lire cette lettre émouvante et je tenais à réagir. Il est vrai qu’on ne peut se rendre compte de notre travail et de son impact que quand on est de l’autre côté de la barrière, cette lettre est remplies de vérités, elle devrait être lue dans toutes les écoles d’infirmiers pour que nous puissions, nous tous futur professionnels de la santé, nous rendre compte des petites choses qui pourraient apporter du plaisir aux personnes que nous soignons mourantes ou non.

    J’essayerais à l’avenir de faire beaucoup plus attention à ces petites attentions qui peuvent aiguiller la vie, qu’elle soit longue ou courte, de mes futurs patients.

    Merci pour ce témoignage.

    Répondre
  26. Matthieu

    J’ai vraiment été pris par l’émotion en lisant ta lettre. Je me dis que j’aurais aimé être près de toi et te tenir la main à ce moment. En vérité, en te lisant, j’étais là, je t’ai tenu la main en ami et j’ai pleuré. Puisse-tu reposer en paix.

    Répondre
  27. lécrivain

    On a peut-être besoin de ce genre de témoignage pour changer notre façon de communiquer nous les soignants ; je vais imprimer cette lettre et la montrer à mes collègues en espérant que comme moi ils seront bousculés par ce témoignage et casseront cette routine, derrière qui on se cache parfois pour ne pas à affronter cette peur de la mort.

    Répondre
  28. Catherine

    Bonsoir,
    A toute les étapes de notre vie dont la mort fait partie intégrante, nous avons besoin d’être reconnu en tant qu’être humain, ne devons souffrir d’aucune discrimination, et avons droit au respect.
    Cette peur de celui qui souffre et de celui qui meurt, cette fuite, cette négation est malheureusement le reflet d’une société malade et agonisante qui a perdu ses propres repères.
    Tu es en train de mourir aujourd’hui et c’est moi aussi peut-être demain mais surement un jour.
    Et quand tu meurs c’est un peu de moi qui s’en va puisque nous faisons tous partie de de la même confrérie humaine et n’existons pas les uns sans les autres.
    Je plains ceux qui fuient car ils fuient devant notre conditon humaine et la seule chose qui puisse à mon sens nous aider est le sentiment que notre vie n’existe pas sans les autres.
    La vraie mort est sans doute de l’oublier et de le nier.
    Fraternellement.

    Répondre
  29. Anne-Marie

    Bonjour

    Oui cette lettre est poignante . Je voudrais juste remettre les évènements dans un contexte plus actuel. Elle a été écrite en 1970! Nous sommes en 2018; Je peux dire que d’énormes progrès ont été faits ,tant au point de vue formation des para médicaux ,qu’au point de vue relationnel .
    Les services d’oncologie et de soins palliatifs sont devenus des lieux d’humanité et le personnel qui y travaille , peut assister à des formations et groupe de paroles pour mieux appréhender leur métier .
    Des infirmières sont capables de prendre le temps (meme s’il y a surcharge de travail) de s’asseoir sur votre lit et de partager avec vous quelques paroles ou émotions.

    Répondre
  30. Barbara

    je veux juste abonder dans le sens de la remarque sur la qualité des personnels dans les services specialisés en soins palliatifs.Pour en voir frequenté plusieurs j’ai été épatée et j’ai une immense admiration pour les professionels que j’y ai cotoyé. C’est une leçon d’humanité extraordinaire qui réconcilie avec le genre humain J’aimerais tant qu’au jour de notre passage dans l’au dela chaque humain (voire chaque animal) puisse bénéficier de ce contexte de respect, de dialogue et de bienveillance! il y a un sacré chemin a faire…mais c’est un beau chemin.

    Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *